Eres

  • L'individu produit la société qui le produit et inversement,  on ne peut donc changer l'un sans l'autre. Le théâtre d'intervention offre un espace transitionnel qui permet de mieux saisir ces interférences, de ne pas se figer dans un rôle, de se dégager de ses identités assignées, de se distancier de la façon dont le passé est  agissant en nous.  Jouer avec la vie, jouer avec sa vie, cet engouement proprement humain, peut être un formidable vecteur d'émancipation.

    Le théâtre n'est qu'un moment dans un processus d'intervention. Les étapes antérieures permettent d'établir la confiance, d'analyser la demande, de construire un cadre contenant, de circonscrire les problèmes, d'inscrire l'intervention dans une temporalité précise. Les étapes postérieures consistent à mentaliser les effets cathartiques par un double travail de réflexivité mentale et de perlaboration psychique. La verbalisation des émotions éprouvées par les participants, acteurs et spectActeurs, la discussion collective après chaque saynète, le relevé de conclusions, le moment sociologique, l'élaboration de préconisations, la mise en oeuvre de pistes d'action sont autant de mobilisations individuelles et collectives qui consistent à prendre conscience des origines de la violence, de la genèse des conflits, des actions souhaitables et possibles pour améliorer les choses.

    Les effets de ce processus se déclinent au niveau des personnes impliquées, des collectifs et des organisations concernées et, plus largement, au niveau politique de l'ensemble de la Cité.

  • L'amour est au commencement de l'histoire de la psychanalyse. C'est en cela que s'origine la question du transfert comme l'un des quatre concepts fondamentaux a partir duquel Freud et Lacan vont aborder les éléments liés a la technique, mais aussi au dispositif de la cure. Le transfert est amour, mais tout transfert est-il amour, tout amour est-il transfert ?

    Dans la cure, qu'y et qui y rencontre-t-on ? Au coeur de l'expérience analytique se trouve l'objet qui articule pulsion, désir et amour. Si l'amour est par essence narcissique, alors qui aime-t-ton ? L'amour implique deux positions subjectives : aimer et être aimé. Le sujet ne sait jamais quelle position il occupe pour l'autre dans le fantasme. Avec Lacan nous savons qu'il n'y a pas de rapport sexuel qui puisse s'écrire, ce à quoi l'amour peut suppléer sur le plan imaginaire, en offrant l'illusion de faire Un. L'impossibilité de renoncer à occuper la place d'objet a pour l'autre peut conduire à des formes d'amour extrêmes.

    dans lesquelles le sujet se perd, jusqu'à se faire l'objet de maltraitances. Même si les analystes ont à entendre les récits des rencontres amoureuses dans ses effets heureux et désastreux, du côté du ratage ou du ravage, la psychanalyse n'a pas pour visée de donner une éthique de l'amour.
    L'amour est au commencement de l'histoire de la psychanalyse. C'est en cela que s'origine la question du transfert comme l'un des quatre concepts fondamentaux a partir duquel Freud et Lacan vont aborder les éléments liés a la technique, mais aussi au dispositif de la cure. Le transfert est amour, mais tout transfert est-il amour, tout amour est-il transfert ?

    Dans la cure, qu'y et qui y rencontre-t-on ? Au coeur de l'expérience analytique se trouve l'objet qui articule pulsion, désir et amour. Si l'amour est par essence narcissique, alors qui aime-t-ton ? L'amour implique deux positions subjectives : aimer et être aimé. Le sujet ne sait jamais quelle position il occupe pour l'autre dans le fantasme. Avec Lacan nous savons qu'il n'y a pas de rapport sexuel qui puisse s'écrire, ce à quoi l'amour peut suppléer sur le plan imaginaire, en offrant l'illusion de faire Un. L'impossibilité de renoncer à occuper la place d'objet a pour l'autre peut conduire à des formes d'amour extrêmes.

    dans lesquelles le sujet se perd, jusqu'à se faire l'objet de maltraitances. Même si les analystes ont à entendre les récits des rencontres amoureuses dans ses effets heureux et désastreux, du côté du ratage ou du ravage, la psychanalyse n'a pas pour visée de donner une éthique de l'amour.

    À rebours des prises de position de certains qui en font une valeur purement sociale et morale éminemment variable, simple fruit d'un apprentissage, d'une soumission, d'une intériorisation, d'une norme changeant selon l'histoire et la géographie, les auteurs considèrent la pudeur comme une constante présente dès le plus jeune âge. Les effets des atteintes de la pudeur, qu'elles soient le fait des armes, des tortures, voire du harcèlement mis en actes par des pouvoirs bureaucratiques, en sont d'autant plus graves.

    Philosophes, psychanalystes, juristes et artistes ont été invités par le Centre Primo Levi à réfléchir, face aux personnes victimes de violences politiques, sur les moyens de reconstruire une pudeur, de protéger ce qu'il en reste, d'inventer des manières de dire et de faire avec la pudeur comme socle commun. Penser, témoigner, écrire participent du travail de préservation de l'humain auquel la violence politique du monde en guerres nous convoque.

    Par son engagement auprès des personnes victimes de traumatismes et réfugiées en France, cet ouvrage a pour ambition de contribuer à la formation des professionnels, des bénévoles et des autres acteurs qui doivent faire face à une demande croissante d'accueil, d'aide et de soin.

  • Qu'il s'agisse du bébé ou de l'adolescent, la référence au clivage prend de multiples visages. Pourquoi, à ces différents âges de la vie sommes-nous souvent contraints de prendre en compte son existence et d'en préciser l'influence ? Serait-ce le fait de la menace constante des enjeux de la construction de la psyché ? Ou encore, celui de la difficulté à établir des liens avec soi et avec l'autre ? L'aptitude à se diviser intérieurement ne vaut-elle pas comme une ressource humaine qui nous mène de l'amour primaire à l'ambivalence ? Face au bébé et à l'adolescent, les ponts semblent parfois rompus, menaçant les uns et les autres d'une déchirure si ce n'est d'un effondrement. Le clivage permettrait-il alors de freiner le tourbillon des séparations et d'éviter ainsi les ruptures intrapsychiques, intersubjectives et interpersonnelles ?

    À partir de leurs pratiques cliniques, les auteurs interrogent cette notion psychanalytique, en allant au-delà de la seule référence au clivage du moi comme processus de défense face au « conflit entre la revendication de la pulsion et l'objection faite par la réalité » (Freud, 1938).

  • Dans cette nouvelle édition actualisée, Françoise Molénat rend compte d'une démarche éthique novatrice, initiée en fin des années 1970, actuellement en pleine dynamique. Elle pose les bases éthiques de tout travail de prévention précoce mené par les équipes de périnatalité auprès des familles en souffrance.

    La prévention de la maltraitance, des troubles du développement, des dépressions parentales est à portée de main. Changer les habitudes exige un effort collectif pour que les regards se croisent, que les cultures se métissent et que la position de « prévenance » s'impose avant la survenue des troubles en santé mentale. Pour cela, sont requises la rigueur interdisciplinaire et surtout une exigence éthique quant au respect de la place de sujet de chaque interlocuteur concerné, sans laquelle des parents blessés dans leur image d'eux-mêmes risquent de fuir toute proposition d'accompagnement.

    Des témoignages émaillent cette réflexion qui s'appuie sur la subjectivité des parents, mais aussi sur celle des intervenants proches d'une famille en construction. Les questions éthiques inhérentes à l'avancée dans la part intime des familles sont le fil directeur de l'ouvrage.

  • Soignants et parents se questionnent : mettre au monde un enfant dont la vie s'est arrêtée ou va s'arrêter précocement, être impliqué dans la décision d'interrompre son existence in utero, vivre un arrêt de grossesse quels que soient le terme et le contexte, accueillir l'enfant suivant, vivre le décès d'un proche alors qu'une naissance s'annonce...

    À partir de situations concrètes sont retracées les trente années de réflexion pluridisciplinaire depuis l'avènement du diagnostic anténatal au coeur des maternités. De la sage-femme au foetopathologiste, les professionnels impliqués dans cette aventure humaine, de la salle de naissance jusqu'au retour à domicile, prennent la parole. Des témoignages de parents enrichissent la réflexion à chaque étape : expériences partagées, rencontres inattendues, stratégies humaines s'entremêlent pour dépasser l'épreuve.

    Au fil des chapitres, des outils se dessinent pour oser la  rencontre avec les parents afin de briser la spirale des non-dits si préjudiciables dans la construction des liens familiaux. Ensemble, professionnels et parents ne cessent d'inventer de nouvelles pratiques face à l'imprévu pour que malgré tout, malgré l'absence, la vie puisse continuer. Côte à côte, ils font avancer le lecteur dans cet espace-temps de la naissance où vie et mort se confondent sur fond d'espoir et d'avenir.

  • Avons-nous toujours besoin d'un père et d'une mère ? À l'évidence oui ! Un enfant a bien sûr une mère. L'enfantement l'impose. Quant au père, si le doute subsiste, sauf à recourir à l'ADN, nous ne manquons pas de stratagèmes - fictions ou semblants : mariage, présomption de paternité et dogme du patriarcat - pour consolider sa place, sinon sa fonction, à la mesure de son incertitude.

    Mais l'évidence aveugle ! Répondre par la positive aussi vite à cette question revient à faire l'impasse sur le fond : de quoi parlons-nous lorsque nous parlons de père ou de mère ? S'agit-il d'un rôle à jouer ou d'une place à occuper selon qu'on est homme ou femme ? Dans moult organisations familiales d'ici ou d'ailleurs, tout se passe bien différemment. Et finalement, l'enfant n'y grandit pas si mal, même en l'absence de père et/ou de mère !

    En écho aux évolutions sociétales qui bouleversent nos modalités de « faire famille » et le traitement social qui en découle, les auteurs se livrent à une opération de déconstruction, c'est-à-dire d'analyse (théorique et non pas idéologique) de ces catégories chargées d'histoire, de sens et d'affects - père, mère, papa, maman... - et dont l'évidence des significations qu'elles véhiculent forcent le sens et empêchent la connaissance.

  • Ce n'est pas vraiment un lieu musical l'hôpital, on imagine plutôt cris et silence. Et pourtant... l'hôpital devrait mettre en musique à satiété le quotidien des soins qu'il prodigue aux enfants. Ce livre, mêlant témoignages de terrain et réflexions théoriques, vous expliquera pourquoi la musique a toute sa place en milieu hospitalier.

    Longtemps vécue comme négligeable voire dérangeante dans les établissements de soin, la musique est devenue alliée thérapeutique, passeuse de culture, ouvreuse d'imaginaire, ferment de liens, coéducatrice ou rééducatrice, nourriture affective, sociale et esthétique... On n'en finit pas de découvrir ses « bienfaits ».

    La présence et le travail du musicien auprès d'enfants et d'adolescents malades s'inscrivent dans le mouvement d'humanisation et d'ouverture du monde de la santé. Ses champs d'intervention sont multiples : ateliers réguliers en institution, concerts, résidences artistiques, interventions au chevet du malade, réflexion sur l'environnement sonore en néonatologie, formation des soignants... Philippe Bouteloup, pionnier depuis plus de vingt ans de ces pratiques humaines et musicales, nous livre ici un vibrant plaidoyer et un riche témoignage pour que la musique fasse partie intégrante de la vie des enfants à l'hôpital.

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    À rebours des prises de position de certains qui en font une valeur purement sociale et morale éminemment variable, simple fruit d'un apprentissage, d'une soumission, d'une intériorisation, d'une norme changeant selon l'histoire et la géographie, les auteurs considèrent la pudeur comme une constante présente dès le plus jeune âge. Les effets des atteintes de la pudeur, qu'elles soient le fait des armes, des tortures, voire du harcèlement mis en actes par des pouvoirs bureaucratiques, en sont d'autant plus graves.

    Philosophes, psychanalystes, juristes et artistes ont été invités par le Centre Primo Levi à réfléchir, face aux personnes victimes de violences politiques, sur les moyens de reconstruire une pudeur, de protéger ce qu'il en reste, d'inventer des manières de dire et de faire avec la pudeur comme socle commun. Penser, témoigner, écrire participent du travail de préservation de l'humain auquel la violence politique du monde en guerres nous convoque.

    Par son engagement auprès des personnes victimes de traumatismes et réfugiées en France, cet ouvrage a pour ambition de contribuer à la formation des professionnels, des bénévoles et des autres acteurs qui doivent faire face à une demande croissante d'accueil, d'aide et de soin.

  •  « Comment se fait-il que le corps d'un être humain puisse me transmettre une telle joie lorsque je le vois dansant, s'élever vers le ciel ? Inversement, comment se fait-il que, si ce corps trébuche et tombe à terre, je puisse être enclin à rire, à ricaner, comme si le spectacle, offert au mauvais oeil, si fugitif soit-il, de la possible déchéance humaine, pouvait faire jaillir l'étrange plaisir d'un rire méchant ?

    Ce mauvais oeil, qui se réjouit de la déchéance humaine, est une des manifestations de la voix qui dit ceci à l'instant précèdant ma chute : `Tu n'as pas le droit de t'envoler pour danser car tu n'es rien d'autre qu'un corps pesant voué à la chute des corps !' Cette voix est celle du surmoi, cette force aveugle qui s'oppose à la création du sujet, que ce soit dans sa propre vie ou dans son rapport à l'art. 

    Comment le sujet fait-il face à cette injonction ? Va-t-il la transgresser ou va-t-il lui obéir en vertu d'une stupéfiante obéissance ? Il existe ainsi un doute qui est l'effet de la coexistence des deux lois auxquelles il est exposé. L'une lui dit : `Oui, élève-toi !', l'autre lui répond : `Non ! Ta place est au sol, dans cette tombe dans laquelle tu vas tomber !' »

    Alain Didier-Weill remonte à l'invention de Saint Paul (le péché originel et la culpabilité) pour expliciter la notion psychanalytique complexe du Surmoi. Il appuie son essai psychanalytique sur un dialogue théâtral qui met en scène Saint Pierre et Saint Paul et illustre ce que le texte théorique ne pouvait aborder que difficilement.

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    Sur la base d'interviews et d'observations dans des collèges et lycées, les auteurs ont conduit une recherche originale qui articule les violences scolaires ordinaires et les rapports entre filles et garçons. Ils mettent en évidence un fonctionnement hiérarchique à deux niveaux des violences genrées entre élèves liées à des modèles de virilité et de refus du féminin. Entre garçons, et dans une moindre mesure entre filles, ils observent une hiérarchie instable où le statut de chacun est mis à l'épreuve dans chaque interaction. Entre garçons et filles, il s'agit de l'emprise stable d'un groupe sur l'autre. Ce système se manifeste crûment en milieu populaire et sous une forme plus euphémisée dans un milieu social privilégié.

    L'observation révèle que tout en luttant contre ces violences quand elles sont transgressives, les adultes ont tendance, dans leurs interactions quotidiennes, à soutenir le système hiérarchique qui les fonde, sans le savoir et en dépit de leurs intentions.

    Scientifiquement novateur par son approche psychosociologique et son point de vue délibérément interdisciplinaire, cet ouvrage apporte des éléments concrets pour faire évoluer les politiques publiques et les pratiques éducatives dans le cadre scolaire afin de combattre efficacement l'inégalité sexuelle.

  • Cet ouvrage présente une clinique sociologique qui a une double ambition, celle de transformer les situations de travail elles-mêmes en augmentant la puissance d'agir des hommes et des femmes qui l'exercent mais aussi celle d'indiquer la voie qui permet la promotion, au coeur même de sa pratique, d'un régime démocratique de production des savoirs.  

    En effet, pour qu'il y ait changement, l'intervenant-chercheur ne peut se contenter de porter à la connaissance des salariés les savoirs acquis au cours des recherches sociologiques. Il doit les confronter à ceux des acteurs et surtout construire avec eux des savoirs inédits à partir de l'expression de leurs ressentis et de l'expérience collective de penser ensemble. C'est en se mettant eux-mêmes en travail qu'ils peuvent transformer leur travail.

    En prenant appui sur des situations de travail concrètes relevant de différents champs professionnels, Pierre Roche décrit et fonde cette fonction de tiers-aidant dans une éthique démocratique.

    Destiné aux chercheurs et aux consultants qui s'intéressent à la clinique du travail, cet ouvrage sera utile aux étudiants qui veulent s'y former, aux militants de l'éducation populaire qui défendent le principe de la co-construction des savoirs qui la sous-tend et, enfin, aux professionnels soucieux de réfléchir sur leur pratique et leurs positionnements et de les transformer afin de gagner en puissance d'agir.

  • Les enfants exposés aux violences collectives ont été confrontés à des traumatismes individuels, familiaux et/ou groupaux qui fragilisent leur développement. La perte des enveloppes culturelles et/ou familiales peut alors générer la « crainte de l'effondrement » psychique de ces enfants en mettant à mal leur continuité d'existence.

    A partir de cinq histoires collectives - la Shoah, la colonisation franco-algérienne, les familles tamoules exilées en France, le génocide au Rwanda et les violences de l'histoire d'Haïti - cet    ouvrage analyse l'impact des violences collectives sur les enfants (bébés, enfants et adolescents) et leur construction subjective.

    A l'articulation de l'individuel et du collectif, de la psychanalyse, de l'histoire et de l'anthropologie, les auteurs apportent un éclairage sur les ébranlements du processus de développement. Ils proposent des analyses étayées sur des observations fines menées dans différents contextes et dessinent des pistes pour penser les modalités de soins.

  • Le père fait-il  symptôme  aujourd'hui ? Louis Sciara revient sur les élaborations théoriques de Freud et de Lacan pour penser la clinique contemporaine et avancer de nouvelles hypothèses sur la fonction paternelle.

    À travers trois cas cliniques, il interroge ce qui résulte du « déclin social de l'imago paternelle » pour la fonction paternelle. L'évanescence progressive de l'autorité du père, voire sa disqualification, la dénonciation ou même la vindicte qu'il suscite parfois, contribuent-elles à modifier cette fonction ? Dans quelle mesure la fonction paternelle serait-elle menacée de désuétude et même d'obsolescence ? Ne serait-elle pas plutôt une fonction intemporelle, inhérente à notre condition humaine, celle qui fait de nous des parlêtres, des êtres qui énoncent la parole, qui sont assujettis aux lois du langage et structurés par le désir qui les interpelle, chacun le temps d'une vie ?

    La différenciation entre phénoménologie (variabilité des phénomènes) et structure (invariance de la structure subjective) s'avère précieuse pour répondre à ces questions. Elle sert de fil conducteur à l'ouvrage. L'auteur démontre que la fonction paternelle relève de ce qu'il appelle un « principe d'invariance », car elle s'appuie sur les conditions structurales qui régissent les lois du langage. Celles-ci sont pérennes, indépendantes des mutations sociales, culturelles, sociétales.

  • Une des composantes de l'empathie est la capacité, propre à l'espèce humaine, de prendre le point de vue d'un autre, tout en demeurant soi-même. L'empathie nous permet de ressentir les émotions des autres, d'accéder à certaines de leurs intentions, de faire des hypothèses sur leurs motivations et leur prêter des représentations. Elle est au coeur des pratiques professionnelles en périnatalité et dans toutes les relations de soin.

    Comment mieux la définir et en comprendre les différentes dimensions ? Comment se développe-t-elle chez le nourrisson ? Et entre celui-ci et ses parents ? Et entre ses parents et ceux qui les entourent (soignants ou groupe familial) ? Pourquoi est-elle indispensable à la fois au fait de se sentir soi et à la relation à l'autre ? Peut-elle être altérée ? Comment la cultiver ? Et surtout quel rôle joue-t-elle dans les soins médicaux et les soins psychothérapiques d'un bébé, de la mère, du père, de la dyade, de la triade ? Quelle place doit-elle prendre dans la formation des soignants ?

    Les auteurs, chercheurs et cliniciens, issus de métiers et disciplines différents, s'attachent à répondre de manière concrète à partir de leur pratique et de leurs expériences aux nombreuses questions suscitées par le renouveau du concept d'empathie aujourd'hui.

    Une des composantes de l'empathie est la capacité, propre à l'espèce humaine, de prendre le point de vue d'un autre, tout en demeurant soi-même. L'empathie nous permet de ressentir les émotions des autres, d'accéder à certaines de leurs intentions, de faire des hypothèses sur leurs motivations et leur prêter des représentations. Elle est au coeur des pratiques professionnelles en périnatalité et dans toutes les relations de soin.

    Comment mieux la définir et en comprendre les différentes dimensions ? Comment se développe-t-elle chez le nourrisson ? Et entre celui-ci et ses parents ? Et entre ses parents et ceux qui les entourent (soignants ou groupe familial) ? Pourquoi est-elle indispensable à la fois au fait de se sentir soi et à la relation à l'autre ? Peut-elle être altérée ? Comment la cultiver ? Et surtout quel rôle joue-t-elle dans les soins médicaux et les soins psychothérapiques d'un bébé, de la mère, du père, de la dyade, de la triade ? Quelle place doit-elle prendre dans la formation des soignants ?

    Les auteurs, chercheurs et cliniciens, issus de métiers et disciplines différents, s'attachent à répondre de manière concrète à partir de leur pratique et de leurs expériences aux nombreuses questions suscitées par le renouveau du concept d'empathie aujourd'hui.

  • La psychothérapie interpersonnelle (PTI) est une psychothérapie de courte durée fondée sur la théorie de l'attachement.  Partant de l'idée que la détresse interpersonnelle a un lien étroit avec les symptômes psychiatriques et la souffrance psychologique générale, elle a pour objectif d'aider les patients à optimiser leurs relations et à faire appel au soutien affectif et pratique dont ils ont besoin pour mieux gérer leur détresse. Elle est particulièrement adaptée pour le traitement des dépressions du post-partum.

    La PTI se distingue ainsi des traitements cognitivo-comportementaux (TCC), centrés principalement sur les schémas cognitifs du patient, et des thérapies psychanalytiques où l'intérêt est avant tout porté sur les origines précoces du fonctionnement psychique. En effet, la PTI se concentre avant tout sur les interactions de l'individu avec les autres, à tous les niveaux de son réseau social. Elle se propose d'aider le patient à améliorer sa communication et son soutien social dans le présent.

    Ce guide méthodologique et clinique rend la psychothérapie interpersonnelle accessible aux professionnels désireux de la pratiquer.

  • Le concept « sense of being », introduit par Winnicott à la fin de sa vie, peut se traduire en français par l'expression « sentiment d'être » ou par celle de « sentiment d'exister ».

    Or ces deux composantes sont fort différentes dans la mesure où le sentiment d'être est sans doute inhérent à tout organisme vivant alors que le sentiment d'ex-ister fait référence à l'extérieur, à l'environnement et aux objets relationnels qui le composent.

    Il apparaît aujourd'hui que le bébé peut se représenter psychiquement le lien avant de pouvoir se représenter l'objet concerné par ce lien. Le soin du lien est donc essentiel car c'est par là que le bébé va progressivement découvrir l'autre (accès à l'intersubjectivité) et par son truchement se découvrir lui-même comme un sujet, comme une personne (travail de subjectivation).

    Alors que la pédiatrie a fait d'énormes progrès pour aider les bébés à mieux naître physiquement, le défi de la périnatalité est de prendre soin des liens précoces afin d'aider les enfants à mieux naître psychiquement, sans violence ni traumatisme développemental.

  • Le temps de la gestation et de la naissance est parfois celui d'une menace d'anéantissement ou d'une rencontre avec la mort. Hémorragie de la délivrance, mort de l'enfant in utero ou à l'accouchement, décès ou séjour en réanimation de la mère en couches, pathologie foetale menaçant l'un des jumeaux, accident de la route chez une femme enceinte, violence conjugale, agression sexuelle, mais également interruption volontaire, médicale ou sélective de grossesse, ou encore épisode psychiatrique aigu, etc. Les circonstances périnatales ne manquent pas qui exposent la triade père-mère-enfant (à naître ou nouveau-né), et les soignants qui les accompagnent, à un événement potentiellement traumatisant.

    Qu'est-ce qu'un traumatisme psychique ? Quels sont ses effets possibles ? Comment y faire face et lui résister ? Quelle est l'actualité des recherches autour de ce sujet ? Quels soins mettre en oeuvre ?

    Mais la venue d'un enfant fait parfois ressurgir aussi des traumatismes passés : traumatisme sexuel de la femme ou de l'homme, maltraitance physique ou morale, violences conjugales des parents, etc. Quel est l'impact de ces traumatismes passés sur l'accès la parentalité ? Comment accompagner ceux et celles qui y sont exposés ?

  • « J'ai fait mon analyse avec Lacan dans les années 1970. Quarante ans après sa mort, j'ai eu envie de revenir sur ce qui s'était passé au 5 rue de Lille.

    Si mon travail avec Lacan ne m'a pas définitivement délivrée de l'angoisse, il a changé ma vie. Lacan a éclairé ma route en permettant à une descendante d'immigrants libanais, victime de la xénophobie des autres et de la sienne propre, de s'accepter enfin. Il n'était pas guidé par le temps de Kronos, celui de la durée qui s'écoule, mais par celui de Kairos, moment fugace où se présente une opportunité qu'il faut savoir saisir. En empruntant cette voie, aujourd'hui encore controversée, Lacan a bouleversé la psychanalyse et lui a rendu la virulence de ses débuts.

    Je ne me souviens pas de tout ce qui s'est passé pendant l'analyse. Mais ce qui a été décisif, je ne l'ai pas oublié. J'ai même conservé de certains faits une mémoire photographique. »

  • Ce livre est l'aboutissement d'un travail de deux années réalisé au cours d'un séminaire de recherche universitaire organisé dans le cadre du Séminaire international interuniversitaire sur la clinique du handicap (siiclha). Il montre la diversité des soins psychiques qu'il est possible de proposer aux personnes en situation de handicap et à leurs proches, à tous les âges de la vie. Il évoque aussi la multiplicité des pratiques en cabinet privé, à domicile, au téléphone, en institution médico-sociale, à l'hôpital.

    L'objectif des auteurs est de dépasser la phase d'une pure description pour aller vers une véritable pensée de la pratique, sa fabrique en quelque sorte, y compris dans l'exploration des lieux souterrains que la rencontre clinique impose par le truchement du transfert et du contre-transfert. Cette exploration faite de l'intérieur du dispositif est nourrie par les approches théoriques qui sous-tendent leur conception du fonctionnement intrapsychique, familial, institutionnel. Il s'agit de rendre les pratiques visibles et transmissibles, d'expliciter les fondements théoriques et surtout les effets du travail psychothérapeutique.

    Les praticiens verront dans ce livre une porte ouverte vers l'échange, la diffusion, la réflexion autour de ces pratiques peu souvent enseignées à l'université et les chercheurs y trouveront des pistes originales de réflexions théoriques et cliniques.

  • L'évolution de la société dans la prise en compte du handicap a permis l'émergence de structures de soins comme les sessad, tournées vers l'accompagnement du sujet au plus près de ses besoins et de son environnement.

    Partant du constat d'un décalage entre les attentes du public concernant l'accompagnement des personnes porteuses de handicap et le manque de visibilité des sessad durant les cursus de formation des professionnels, l'auteur questionne la place de ces dispositifs dans l'offre de soins contemporaine ainsi que leur développement futur. En quoi l'évolution des idées concernant la place du sujet dans le projet de soin est-elle venue influencer la création de services externalisés ? Dans quelle mesure ceux-ci viennent-ils révéler le basculement opéré dans l'accueil de l'enfant handicapé à l'école ? À l'heure des grandes réformes budgétaires, sociales, idéologiques, les sessad, aujourd'hui, seraient-ils le prototype du soin de demain ?

    Loin de vouloir figer les propos et les points de vue, ce livre se donne pour objectif d'ouvrir à la réflexion et de contribuer à favoriser une démarche clinique résolument prospective.

  • Cet ouvrage relate douze scènes de la vie d'une éducatrice spécialisée auprès d'enfants, d'adolescents et de jeunes adultes, dans différents lieux d'accueil et d'hébergement. Il montre l'importance de la rencontre authentique, de la disponibilité à l'imprévu, de l'écoute de l'Autre, de l'ouverture à ce qui « fait signe », à ce qui fait sens et priorité chez un humain en mal de « grandir ».

    Les situations rapportées mettent en lumière l'importance de l'engagement dans le champ de l'éducatif. Elles saisissent la poignante complexité des réactions d'un humain privé d'enfance, proie de violences et de tensions incompréhensibles pour lui. Leurs dénouements - parfois improbables - révèlent les possibilités surprenantes de l'éducatif appréhendé en tant que « mise au travail » de personnes se réconciliant avec elles-mêmes et leur environnement, en s'autorisant à exister.

    Les deux auteurs s'accordent sur la place des émotions et sur la prise en compte des vulnérabilités en tant que creusets du travail d'humanisation dont l'éducatif est en charge. Ils insistent sur l'indispensable capacité du professionnel à se reconnaître lui-même vulnérable afin de pouvoir « faire rencontre » avec des personnes démunies. Ils alertent sur la double nécessité de l'implication et de la réflexion, tant personnelle que collective, afin de décrypter le sens sous-jacent qui fait énigme et permettre au professionnel une distanciation de ses propres affects et des « prêts-à-penser ».

  • La comparaison semblera désuète à certains, absurde ou dangereuse à d'autres, pourtant la métaphore du vin qui, vieillissant, se bonifie ou s'abîme est intéressante à filer, à explorer. Les interactions entre ce qui fait l'individu et son environnement sont multiples, l'art d'élever un enfant vers son épanouissement et l'art de guider un vin vers sa maturité ont sans doute plus d'un point commun, même s'il peut paraître un peu osé de les mettre en évidence ; notre rapport au vin aurait-il une composante trop jouissive pour que l'on se permette d'y faire ainsi référence ?

    Les recommandations d'usage raisonnable du vin ne manquent pas, on le comprend mais il se pourrait cependant que le plaisir du vin et le plaisir de vivre ne soient pas étrangers... Plaisir de vivre, longtemps, très longtemps, à en devenir vieux, très vieux, même.

  • Ce livre a l'originalité d'évoquer les questions culturelles avec toutes leurs richesses et leurs fragilités. Il s'agit de comprendre les enjeux amenés par ces différences et de voir comment les travailler avec les conjoints.

    L'auteur retrace d'abord l'histoire du mariage et du couple en Occident, puis en Afrique, plus particulièrement au Sénégal. Ce regard mixé, nourri d'une double appartenance, s'intéresse aux différences dans le fonctionnement du couple en Afrique et en Europe. En effet, en Afrique, la culture musulmane, la prédominance de l'homme sur la femme, les croyances animistes et religieuses, encore très présentes, ont un impact sur les partenaires. L'union de deux êtres engage l'union de leurs familles et presque de toute leur généalogie. En Europe, les partenaires se choisissent aujourd'hui librement, indépendamment des familles. L'Européen doit se débrouiller seul et le mythe de l'autonomie ne le rend pas toujours heureux. Étonnamment, les processus de différenciation sont parfois difficiles et les couples ont plus tendance à se séparer qu'à se différencier...

    C'est à ces difficultés, entre autres, que les couples mixtes sont confrontés, et même si c'est la différence qui les a attirés l'un vers l'autre, chacun recherche du « semblable »... Comme dans toute relation de couple, il faut désidéaliser le couple rêvé et créer une « identité conjugale » forgée  sur une double appartenance. Sans doute est-il important de trouver un compromis entre tradition et modernité, qui possédent chacune des valeurs essentielles. Pour chaque partenaire, il ne s'agit pas de renoncer à ses appartenances mais de reconnaître celles de l'autre et de les mixer avec les siennes.L'essentiel n'est-il pas le partage d'un même sens des valeurs ?

  • L'idée de cet ouvrage s'appuie sur la rubrique que tient Laurent Bachler depuis 2016 dans la revue Spirale, où il parcourt l'histoire de la philosophie, la pensée des grands philosophes, à la recherche de l'enfance. Aucun grand traité de philosophie n'accorde une place centrale à la question de l'enfance. Souvent négligée, parfois simplifiée, celle-ci semble absente de l'histoire de la philosophie.

    Or l'auteur montre que l'enfance traverse discrètement mais profondément les grands questionnements philosophiques : le rêve, la liberté, l'imagination, le bonheur, l'idéologie, le langage, la mort, la vie, le temps, la totalité et l'infini. Sur chacun de ces thèmes, un détour par l'enfance est essentiel pour comprendre et saisir la dimension métaphysique de toute existence humaine.

    Les chapitres sont tous indépendants et peuvent être lus dans l'ordre que l'on veut en se laissant guider par les philosophes eux-mêmes. Au fil des pages, peu à peu, le discours philosophique devient l'occasion d'une réflexion personnelle sur l'enfance, sur notre enfance, et sur tout ce qui fait que l'enfance reste quelque chose de vivant en nous.

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