Fayard/Pauvert

  • Quand le désastre de la pandémie éclata, les Journaux de confinement fleurirent comme autant de bruyères à la Toussaint. Car comment la littérature, qui aime tant se mesurer à l'histoire, pouvait-elle rester silencieuse devant cette tragédie  ? Mieux encore  : la littérature n'était-elle pas, en définitive, la seule à pouvoir rendre compte d'un événement d'une telle ampleur dans toute sa complexité et toute sa puissance de sidération ?
    Quand la marche du monde se fait tumultueuse, la France, comme par réflexe, en appelle à ses écrivains. Grands si possible.
    Mais qu'est-ce qu'un «  Grand écrivain  »  ? Comment se construit, entre écriture et politique, cette figure légendaire  ? Et quel insatiable sinon coupable désir se propose-t-elle d'assouvir  ?
    Convoquant Michel Houellebecq, Virginie Despentes, Sylvain Tesson, Emmanuel Carrère ainsi que Sartre, Zola ou Hugo notamment, ce livre tâche de décrypter ce mythe bien français, et les fatales névroses qu'il engendre.
     
    Johan Faerber est docteur en littérature, critique et éditeur. Il est notamment l'auteur d'Après la littérature  (PUF, 2018). Il est l'un des co-fondateurs du magazine culturel  Diacritik.

  • Quel point commun entre Billie Holiday et Stephen King ? Entre Amy Winehouse, Marguerite Duras et l'auteure de ce livre ? L'art - l'art et l'addiction.
    Après ses Examens d'empathie, Leslie Jamison se penche sur les liens entre écriture et toxicomanie, en commençant par sa propre expérience. De sa première gorgée de champagne au délitement de sa vie de jeune adulte, Leslie Jamison livre un témoignage sincère sur l'emprise de l'alcool et son chemin vers la sobriété. Elle met en regard sa propre trajectoire éthylique avec celles de femmes et d'hommes de lettres tels que Raymond Carver, William Burroughs, Jean Rhys et David Foster Wallace, déboulonnant page à page le mythe de l'ivresse inspirée. Ce choeur de voix dessine les contours d'un récit commun qui en dit autant sur les toxicomanes que sur la société qui, selon la couleur de leur peau, leur origine sociale ou leur genre, réécrit leurs histoires.
    À la croisée de l'enquête socio-littéraire et des mémoires, le nouveau livre de l'héritière de Susan Sontag et de Joan Didion est un témoignage fascinant ainsi qu'une somme d'une prodigieuse érudition sur l'addiction, et, plus encore, une cure collective salutaire.
    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Emmanuelle et Philippe Aronson
     
     
    « Un témoignage d'une justesse pénétrante et d'une grande tendresse. »The Washington Post 
     
    « L'exemple rare d'un témoignage sur l'addiction qui devient encore meilleur une fois que la sobriété reprend ses droits. »The New York Times

  • Quatorze écrivains parlent du désir. Après le moment «  Me too  », dans une société post-Weinstein, post-Polanski, post-Matzneff, comment penser cet élan, tumultueux et vital, ce qu'il engendre ou bien entraîne ? Dans notre monde fracturé où tout est à la fois plus chaotique et plus conditionné, comment comprendre ses désordres ? Et qui mieux que des romanciers pour en saisir les enjeux politiques ou intimes, en explorer les ambivalences, les tensions, la beauté ?

  • "Depuis Autobiographie de mon père, j'étais fasciné par ses livres, par cette voix sourde et obstinée, par cette façon de regarder sans ciller tout ce qui compose une expérience humaine. Toute son oeuvre est un exercice d'intranquillité et de vigilance."
    Emmanuel Carrère (extrait de la préface)
     
    Ce volume contient  :
    Autobiographie de mon père
    Le Grand âge
    Bêtise de l'intelligence
    Conversations à Jassy
    L'oeuvre des jours
    Adieu
    L'Amour dans le temps
    Devant ma mère
    Sans amour
    Préface d'Emmanuel Carrère
    Postface de Martin Rueff
    Notices d'introduction de Yaël Pachet
     
    Écrivain, essayiste, traducteur et critique littéraire, Pierre Pachet (1937-2016) s'est intéressé aussi bien au sommeil, à la littérature de l'Est, de Kafka à Soljenitsyne, qu'à l'Histoire et à la politique. Mais au-delà d'un apparent éclectisme, il a surtout laissé une oeuvre littéraire de premier plan. Le choix proposé dans ce volume, orienté vers l'écriture de l'intime, à l'écoute de personnes aimées et proches mais aussi des laissés pour compte de la vie moderne, permet de mieux saisir l'individu Pierre Pachet  : un grand écrivain contemporain aux aguets, sensible au «  devoir que l'on a d'être celui que l'on est  ».

  • Tu es un bourgeois.
    Mais le propre du bourgeois, c'est de ne jamais se reconnaître comme tel.
    Petit test  :
     
    Tu votes toujours au second tour des élections quand l'extrême droite y est qualifiée, pour lui faire barrage.
    Par conséquent, l'abstention te paraît à la fois indigne et incompréhensible.
    Tu redoutes les populismes, dont tu parles le plus souvent au pluriel.
    Tu es bien convaincu qu'au fond les extrêmes se touchent.
    L'élection de Donald Trump et le Brexit t'ont inspiré une sainte horreur, mais depuis lors tu ne suis que d'assez loin ce qui se passe aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne.
    Naturellement tu dénonces les conflits d'intérêts, mais tu penses qu'en voir partout relève du complotisme.
    Tu utilises parfois (souvent  ?) dans une même phrase les mots racisme, nationalisme, xénophobie et repli sur soi.
    Tu leur préfères définitivement le mot ouverture.
     
    Si tu as répondu oui au moins une fois, ce livre parle de toi.
    Prends le risque de l'ouvrir.
     
     
    Romancier, essayiste et dramaturge, François Bégaudeau est l'auteur de nombreux ouvrages parmi lesquels Deux singes ou ma vie politique (Verticales, 2013) et En guerre (Verticales, 2018).

  • La piste, le chemin, la route, l'autoroute ont progressivement, depuis l'Antiquité, quadrillé les territoires. Ces lignes ont tracé au fur et à mesure un réseau de communication entre les villes. Elles ont dessiné ainsi dans l'espace de nouveaux paysages. Cette histoire est connue, de même que celle des pratiques de représentation qui l'accompagne : des cartes aux plans.
    Pourtant, si on se place dans la perspective de l'infra-ordinaire, chère à Georges Perec, si on envisage la route comme un dispositif, alors elle apparaît comme un lieu inconnu.
    Convoquant la littérature, la psychanalyse, le cinéma, la photographie et même les manuels de conduite, ce livre montre comment la route, loin d'être un simple moyen de se rendre d'un endroit à un autre, devient ce lieu en soi, avec son régime propre d'inscriptions, des inscriptions qui ont le pouvoir extraordinaire de construire des espaces nouveaux, propices à la fiction.
    N'est-ce pas sur la route qu'OEdipe croisa son père sans le reconnaître, et qu'une banale querelle de priorité l'amena à commettre son geste fatal, donnant ainsi naissance à l'un des mythes les plus révélateurs de notre inconscient  ?
     
     
    Philippe Artières, Directeur de recherche au CNRS, à l'EHESS (Paris), ancien pensionnaire de la villa Medicis à Rome (section Littérature), a notamment publié une série d'ouvrages sur l'histoire contemporaine de l'écriture dont La Clinique de l'écriture (La Découverte poche, 2013), mais aussi plusieurs récits dont Vie et mort de Paul Gény (Le Seuil, 2013) et Miettes. Une histoire ordinaire de l'année 1980 (Verticales, 2016).

  • Dans une maternité, une femme épuisée, sous perfusion. Elle vient d'accoucher d'une fille, Adèle, et contemple le berceau, entre amour, colère et désespoir. Quelque chose la terrifie au point de la tenir éveillée, de s'interdire tout repos : la loi de la reproduction. De génération en génération, les femmes de sa lignée transportent la blessure de leur condition dans une chaîne désolidarisée, sans merci, où chacune paye l'ardoise de la précédente. Elle le sait, elle en résulte, faite de l'histoire et de la douleur de ses aînées. Elle voudrait que ça s'arrête. Qu'Adèle soit neuve, libre.
    Alors comme on vide les armoires, comme on nettoie, elle raconte. Adressant à Adèle le récit de son enfance, elle explore la fabrique silencieuse de la haine de soi qui s'hérite aussi bien que les meubles et la vaisselle. Défiance du corps, diabolisation de la séduction, ravages discrets de la jalousie mère-fille... Elle offre à Adèle un portrait tourmenté de la condition féminine, où le tort fait aux femmes par les femmes apparaît dans sa violence ordinaire.
    Et c'est véritablement un cadeau. Car en mettant à nu, rouage après rouage, la mécanique de la transmission, elle pourrait parvenir à la détruire.
    Maria Pourchet est romancière. Elle a notamment signé Rome en un jour (Gallimard, 2013) et Champion (Gallimard, 2015).

  • De son séjour à Séoul, le narrateur de cet étrange récit aurait pu rapporter le souvenir du café aromatisé à l'orange, le goût des tempuras de crevette, ou un selfie devant la tour la plus célèbre de la capitale coréenne, dont   le nom sonne en français comme celui d'un poisson. Mais si bien sûr comptent les lieux, les ambiances et les rencontres de hasard, si l'effet de dépaysement est aussi inévitable que séduisant, plus que d'un récit de voyage, il s'agit surtout du récit de l'éloignement et de la solitude. Car il faut sans doute s'éloigner pour comprendre qu'on finit toujours par réduire l'immensité d'une ville aux rues qu'on y a parcourues  ; le monde à ce qu'on en a vu. Mais aussi pour découvrir que c'est dans la conscience de ce rétrécissement que l'immensité reprend ses droits.

  • Pourquoi le mot « dandy » serait-il réservé aux hommes ?
    L'histoire de cette mouvance d'origine anglo-française apparue vers 1800 montre que ce sont les hommes qui en ont posé les bases. Mais, près de deux siècles plus tard, n'est-il pas nécessaire de leur présenter celle qu'ils n'ont jamais vraiment reconnue : la « Lady Dandy » ?
    Car aucun de ce qu'on pourrait appeler les « dandy commandements » - élégance formelle, esprit, anticonformisme et surtout le fameux je-ne-sais-quoi, cette arme secrète qui permet de rester insaisissable - n'échappe aux compétences féminines.
    Des salons parisiens aux cocktails new-yorkais, de Sarah Bernhardt à Dorothy Parker en passant par Marlène Dietrich, de l'art de porter le pantalon à celui de faire scandale, du sens de la répartie aux mille et une façons de claquer son argent, ce livre démontrera que, oui, décidément, les femmes savent y faire.

  • Après avoir commis « la seule faute impardonnable du début du XXIe siècle » - exprimer publiquement une opinion impopulaire -, Adeline, célèbre illustratrice de bande dessinée, devient la cible d'attaques haineuses sur les réseaux sociaux. Ellen, une jeune femme de vingt-deux ans sans histoires, subit le même sort lorsque des photos de ses ébats sexuels avec son petit ami du lycée se propagent de manière virale sur la toile. Dans le San Francisco de 2013, elles ont
    fait l'erreur d'être des femmes au sein d'une société qui déteste les femmes.
    Dans Je hais Internet, Jarett Kobek pose un regard satirique sur une société hyper-connectée, tout acquise au virtuel, intrusive. Il s'en prend à l'idéal libertaire aux origines d'Internet, et se demande comment les géants du net ont réussi à générer des milliards de dollarsen exploitant la créativité d'internautes impuissants, sans rencontrer d'opposition. À l'ère du sacre des réseaux sociaux, un récit jubilatoire et salutaire.

  • Peintre colombienne renommée, Emma Reyes était également une conteuse hors pair. Encouragée à écrire par Gabriel García Márquez, elle fit de son enfance accidentée dans la Colombie des années vingt le plus étonnant des récits.
    Dans ces vingt-trois lettres inédites adressées à son ami Germán Arciniegas entre 1969 et 1997, Emma Reyes raconte à travers la lorgnette d'une petite fille à l'imagination fantasque les aventures terribles, cocasses, émouvantes qui ont jalonné son enfance.
    Fille illégitime, ses premières années furent cousues d'errances, de misère et de mauvais traitements. Jusqu'à son évasion rocambolesque du couvent où elle fut recueillie avec sa soeur, et dont elle sortit sans savoir lire ni écrire à l'âge de dix neuf ans.
    Sans détour ni pathos, dans une langue spontanée, éprise de rébellion, Emma Reyes livre des mémoires épistolaires hauts en couleur, qui tiennent à la fois de Márquez, Dickens et des grands récits de la littérature picaresque. Publié pour la première fois en 2012, Lettres de mon enfance est aujourd'hui un classique, traduit dans le monde entier.

  • Imprimé en 1941, puis en 1945, à un très petit nombre d'exemplaires, Madame Edwarda a été édité pour la première fois en librairie en 1956, sous le pseudonyme de Pierre Angélique. Seule la préface était signée de  Georges Bataille. C'est en 1967 que Madame Edwarda a reçu définitivement le nom de son véritable auteur.

  • Marianne et le garçon noir veut apporter une parole de l'intérieur sur l'expérience des noirs de sexe masculin dans la France de notre temps, en particulier sur le sol hexagonal. Plus largement, c'est sur la présence noire que se penche l'ouvrage, afin d'en explorer les particularités dans l'espace français. Les contributions sont de divers ordres, mais elles prennent appui, pour l'essentiel, sur le vécu des auteurs. Le projet est né à la suite de violences policières impliquant des jeunes hommes noirs. A partir du regard posé sur le corps, des fantasmes suscités par lui ou d'autres éléments, l'objectif est de rendre audible une parole sensible et politique, parfois inattendue, tant les représentations transmises depuis des générations sont réductrices.  L'influence de Marianne se déployant au-delà de ses frontières déjà complexes - la France étant un grand archipel - il m'a semblé pertinent d'associer à cette prise de parole une voix subsaharienne. En effet, le garçon noir qui cherche à arracher sa souveraineté aux rets de l'entreprise criminelle connue sous le nom de Françafrique est, lui aussi, concerné. De plus, dans l'environnement mondialisé où les réseaux sociaux abolissent frontières et distances, le sort des Noirs en France ne laisse pas indifférent en Afrique subsaharienne.

  • Conscient que sa tentative de fuir l'Europe était vouée à l'échec, Walter Benjamin s'est suicidé à Port-Bou en 1940.
    Avec lui, c'est une part de la conscience européenne qui a trouvé la mort.
    Sébastien Rongier s'est retrouvé par hasard dans la petite localité espagnole, lieu à la fois solaire et tragique où les apports majeurs de l'écrivain et philosophe allemand à l'histoire de l'art et de la pensée prennent un relief particulier.
    Où mieux qu'ici prendre conscience de la fragilité d'une pensée face au totalitarisme ? L'auteur trace le chemin qui l'a conduit vers ce penseur, au milieu des livres et des villes. Il dessine son portrait, entre souvenirs et mémoire des dernières années de l'existence de Benjamin. Celui qui avait à coeur de penser en dehors des systèmes s'est pourtant retrouvé acculé dans une impasse par le pire des systèmes qui soient. Et c'est autant l'impossibilité de penser autrement que celle de fuir qui l'a conduit à son geste fatal.
    En ce début de XXIe siècle, cette impossibilité ne menace-t-elle pas à nouveau ?

  • Ce livre, nous l'avons imaginé comme une promesse faite à nous-mêmes et à ceux qui s'y reconnaîtraient. Balbutiant, c'est un rendez-vous donné à notre propre avenir. Car pour beaucoup d'entre nous, l'idée même de résignation est obsolète et nos vies, ces anecdotes uniques et non reproductibles, nous aimerions en faire des paris.
    Après la sidération du siècle achevé, le nihilisme et les cendres, nous renaissons aujourd'hui, vulnérables mais attentifs aux lueurs qui pourraient surgir dans un monde brutalement rappelé au tragique, où il n'y a plus une seconde à perdre.
    Tout change à chaque instant : c'est une chance.

  • Si les plus célèbres résidents du Chelsea Hotel - Andy Warhol, Leonard Cohen ou Patti Smith, pour en citer quelques-uns - ne hantent plus ses couloirs depuis longtemps, l'atmosphère festive et fantasque associée à ce lieu mythique de New York est demeurée intacte. Fille d'un avocat devenu romancier au goût prononcé pour les vêtements bien coupés et d'un ancien mannequin désormais artiste de renommée mondiale, Nicolaia Rips a grandi dans cet écrin d'artistes et d'originaux. À l'école, Nicolaia est l'objet des quolibets de ses camarades de classe, filles à la mode un peu pestes ou garçons tapageurs. Il faut dire que ses tentatives maladroites d'intégration se soldent systématiquement par des échecs fracassants. Et si son principal talent, celui de porter des toasts, fait la fierté de son père, il se révèle peu utile pour nouer des amitiés avec les autres enfants. C'est donc naturellement dans la faune excentrique du Chelsea Hotel qu'elle trouve sa véritable famille - sa voisine (ou son voisin ?) Stormé, une asperge albinos de quatre-vingts ans qui porte toujours un pistolet rose sanglé à la cheville ; Jade, sa baby-sitter le jour qui pourrait bien être escort girl la nuit ; ou encore Artie, ancien propriétaire de l'une des boîtes de nuit les plus prestigieuses de New York.
    Avec délicatesse, candeur et humour, Nicolaia Rips livre le récit haut en couleur de son enfance singulière, et dresse le portrait d'une tribu baroque et survoltée.  
     
    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Cécile Dutheil de la Rochère
     
    Nicolaia Rips, âgée de 18 ans, est étudiante à l'université Brown. Garder la tête hors de l'eau est son premier livre.
     

  • Une partie de pierre-feuille-ciseaux avec un gangster ivre mort dans un jazz club mal famé de Pékin ; des dialogues en mandarin appris phonétiquement pour donner la réplique à Melle Fan, la vedette la plus populaire de Chine ; la rencontre de pandas dépressifs ; la dégustation de testicules de cerf ; un pèlerinage sur les traces des jésuites de Chine... Ce qu'a vécu Melvil Poupaud dans l'Empire du Milieu était bien plus qu'un simple tournage : une aventure épique, un voyage initiatique, un télescopage de planètes.
    Mais s'il relate les mille et un événements qui ponctuent la fabrication d'un long métrage - angoisses et secrets de comédien, incidents techniques, relations avec l'équipe, bref tout ce qui fait ce fameux « envers du décor » auquel le spectateur n'a jamais accès -, ce livre, ouvertement atypique, réinvente en même temps le journal de voyage et constitue un témoignage unique et intime sur ce qu'est véritablement le métier d'acteur.
    À l'autre bout du monde, mais au coeur du cinéma.
     
    Melvil Poupaud est comédien, musicien et réalisateur.

  • Elles se rendent pas compte paraît pour la première fois en 1950 sous le nom de Vernon Sullivan, traduit par Boris Vian. " D'abord, ça devrait être interdit, les bals costumés. Ça assomme tout le monde et au vingtième siècle, on n'est tout de même plus d'âge à s'habiller en bandit sicilien ou en grand air de la Tosca juste pour avoir le droit d'entrer chez des gens dont on fréquente la fille... ".

  • Théatre

    Boris Vian

    Boris Vian naît le 10 mars 1920 à Villed'Avray. - Elevé dans le plus parfait mépris de la Trinité Sociale : Armée, Eglise, Argent" (Noël Arnaud), il passe son baccalauréat latin-grec à quinze ans. Il apprend la trompette. 1939 : le 6 novembre, il est admis, avec un rang moyen, à Centrale. 1943 . ingénieur à l'Association Française de Normalisation, Vian s'y distingue en établissant une "Norme des Injures", Il écrit "Troubles dans les andains" (qui ne paraîtront qu'en 1966) et "Vercoquin et le Plancton", texte que Jean Rostand fait lire à Queneau. Sartre, Camus, Prévert sont de ses amis. 1946: Vian entre à l'Office Professionnel du Papier et du Carton, et c'est la qu'il termine "l'Ecume des jours", puis "l'Automne à Pékin", Il publie, sous le pseudonyme de Vernon Sullivan, "J'irai cracher sur vos tombes". Gros succès (un demi-million d'exemplaires vendus), et scandale (le livre est interdit). 1947:Boris Vian renonce à son poste à l'Office. Il fait désormais figure de "roi" de Saint-Germain-des-Prés. Il joue au Tabou, puis publie "L'Ecume" et "L'Automne". C'est le temps des caves. Mais Vian se détachera bient6t d'un quartier qui lui doit sa légende. 1950 : représentation de "L'Equarrissage pour tous". Echec. 1950/1951 : Vian écrit l'Arrache coeur, que Gallimard refusera. "Découragé, harcelé ", écrit Noël Arnaud, Vian met un terme à sa carrière de romancier. Il abandonne la trompette. 1953 : Vian publie "L'Arrache coeur", avec un avant-propos de Queneau. 1955: entre ses diverses activités (trompette, littérature, bricolage d'envergure, économie, sciences, Journalisme), Boris compose des chansons (plus de 400), parmi lesquelles le Déserteur. 1959 : Boris Vian donne des signes d'extrême fatigue. Il meurt le 23 juin, à 39 ans, pendant la projection privée du film tiré de "J'irai cracher sur vos tombes".

  • Paru pour la première fois en 1948, Et on tuera tous les affreux est le troisième ouvrage de Boris Vian écrit sous le pseudonyme de Vernon Sullivan.Sexe, sang, anticipation scientifique, suspense, espionnage et froide rigolade y sont superbement dosés.

  • Bien sûr, on le sait poète. Grand maître de l'improvisation, capable d'enchanter le monde dans ses refrains. On l'imagine moins absorbé dans le silence, penché des heures durant sur ses cahiers. Inspiré, concentré, traquant sans se lasser le mot
    le plus juste, le plus pertinent, le plus étonnant.
    Tel est pourtant Jacques Higelin. Auteur acharné qui, depuis près de quarante ans, noircit des pages où se côtoient l'humour, le désir, les tourments, le plaisir, la sagesse, la folie. 
    Ce trésor d'écriture, il l'avait jusqu'ici gardé secret.
    Aujourd'hui, Jacques Higelin a choisi de publier une centaine de ces textes inédits, longs ou brefs, épiques ou incisifs, écrits entre 1982 et 2015. Par petites touches, le livre nous dévoile aussi quelques uns de ses secrets d'écriture.
    Un recueil tour à tour drôle, surprenant, bouleversant. Ode à la créativité et à la liberté.

  • La France, selon l'expression de l'historien britannique Sudhir Hazareesingh, serait un pays qui « aime les idées ». Malheureusement, elle les aime au point de les préférer au réel, et d'attendre que le réel s'y conforme. Ainsi la diversité ethnique et religieuse désormais avérée de sa population est-elle depuis des années maintenue sous le boisseau par une République qui ne se proclame plus « une et indivisible » que de façon purement incantatoire.
    Pourtant, la France aurait tout à gagner à redescendre du ciel de ses principes pour accorder une reconnaissance sensible à ses enfants les plus vulnérables, ceux issus des immigrations postcoloniales. A envisager qu'une authentique rencontre puisse remplacer l'assignation à l'assimilation. N'y a-t-il vraiment qu'une seule manière d'« être français » ? Et si, plutôt qu'« une et indivisible », la République se voulait simplement réunie ?

  • Suffit-il d'écrire dans la langue de Molière pour être  reconnu comme un « écrivain français » ? Ou la littérature entretient-elle, en France, un rapport trop étroit avec la nation pour que ce soit si simple ? Amoureuse de sa langue, la France en est aussi jalouse. Pour tous ceux qui l'ont en partage ailleurs dans le monde, elle devient alors un objet de lutte, de quête et de conquête.
    Retraçant les carrières de cinq écrivains algériens de langue française (Kateb Yacine, Assia Djebar, Rachid Boudjedra, Kamel Daoud et Boualem Sansal), Kaoutar Harchi révèle qu'en plus de ne s'obtenir qu'au prix d'authentiques épreuves, la reconnaissance littéraire accordée aux écrivains étrangers n'est que rarement pleine et entière. Car si la qualité du style importe, d'autres critères, d'ordre extra-littéraire, jouent un rôle important.
    Souvent pensée en termes de talent, de don, de génie, la littérature n'est-elle pas, aussi, une question politique ?

  • Comment éprouve-t-on la souffrance de l'autre ? Qu'est-ce que ressentir la douleur d'autrui, sachant que cette douleur peut être acceptée, déformée ou contrefaite ? En se confrontant à la douleur - la sienne et celle des autres, simulée ou réelle -, Leslie Jamison découvre la nécessité pressante, personnelle et culturelle de ressentir. À partir d'expériences vécues, elle explore la question en étendant son champ de curiosité bien au-delà de son cas particulier : de sa pratique d'actrice médicale - payée pour feindre des symptômes que les étudiants en médecine doivent diagnostiquer - à son agression au Nicaragua, d'une réunion de personnes pensant être atteintes d'une même maladie imaginaire au Los Angeles des gangs, de la téléréalité à l'expérience de la prison.
    Dans ce recueil de textes virtuoses et audacieux qui tiennent à la fois de l'essai, des Mémoires, de la critique littéraire et du journalisme d'investigation, Leslie Jamison interroge avec grâce et humilité une dimension essentielle de notre rapport à l'autre.
     
     
    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Emmanuelle et Philippe Aronson
     
     
    « Éblouissant, exigeant et magistral. »
    The New York Times
    « Leslie Jamison pourrait être la petite-fille de Joan Didion et Susan Sontag, et pourtant elle se distingue totalement par un mélange unique d'esprit et de vivacité. »
    The Atlantic
    « Nous traversons un âge d'or de l'essai, et Leslie Jamison en est sans aucun doute l'étoile montante. »
    The Boston Globe
     
    Leslie Jamison est une jeune essayiste et romancière américaine. Après avoir étudié à Harvard, elle travaille actuellement à une thèse à Yale. Elle est l'auteur d'un roman, The Gin Closet, paru aux États-Unis en 2010. Ses essais ont été publiés dans The Believer, Harper's, Oxford American, A Public Space, Tin House et The Best American Essays. 

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