Institut de la gestion publique et du développement économique

  • De l'estime au cadastre en Europe ; l'époque moderne Nouv.

    Deuxième volume d'une ambitieuse enquête sur les cadastres en Europe du Moyen Âge à la période contemporaine, ce livre poursuit aux temps modernes les thématiques traitées précédemment. À travers les documents cadastraux se révèlent des sociétés, des stratégies politiques, des cultures qui se croisent, s'influencent ou divergent à travers tout le continent. Après les illustres arpentages romains et un essor cadastral au Moyen Âge sur les bords italiens de la Méditerranée, l'horizon s'élargit et couvre une Europe de l'Atlantique à l'Oural, remontant jusqu'à la mer Blanche. Au XVIe et au XVIIe siècles, Hongrie, Moscovie, Pologne et Suède font leur entrée dans le monde des cadastres. Les réalisations cartographiques prennent plus d'importance. Au XVIIIe siècle, les États s'échangent modèles et expériences. Un saut d'échelle s'est produit depuis les initiatives médiévales, prises principalement par les municipalités. Au sein de cette « République des administrateurs » où ne manquent guère que les Anglais, qui échappent à la notion même, se forge une modernité fiscale européenne, autour de l'usage renouvelé de pratiques anciennes, théorisé par les physiocrates, et débouchant, au-delà du fisc, sur des objectifs de développement et d'aménagement du territoire promis à l'avenir. Des documents suédois, espagnols, poméraniens et ottomans, rares dans la bibliographie française, ainsi qu'une chronologie générale complètent cet ouvrage auquel ont collaboré vingt-quatre des meilleurs spécialistes français et étrangers.

  • On a longtemps décrit les campagnes d'Ancien Régime comme un monde de l'argent rare, gouverné par le troc et l'auto-consommation. Et bien des études de la « modernisation » rurale ont fait la part belle, par conséquent, au lent développement des échanges monétaires et à la fameuse « ouverture » des campagnes au marché, assimilant celle-ci à une monétarisation progressive des échanges. Or, avec le renouvellement récent de l'historiographie du monde rural, bien des remises en cause sont venues bousculer nos anciennes représentations. La journée d'études L'argent des campagnes. Échanges, monnaie et crédit dans la France rurale d'Ancien Régime a permis de rouvrir le dossier des formes de l'échange dans le monde rural, en s'attachant à repérer toutes les modalités de micro-circulations de valeurs et de biens, en se plaçant en somme le plus possible « au ras du sol ». L'argent caché, ou masqué, apparaît alors un peu mieux, dans l'étendue de ses multiples canaux d'irrigation. Et l'on aperçoit bien que les pratiques économiques ne peuvent être considérées en dehors de leur signification sociale et des mentalités qui les sous-tendent.

  • Troisième et dernière étape de la vaste enquête sur les cadastres du Moyen Âge à l'époque contemporaine, ce volume est consacré au développement des systèmes cadastraux en Europe aux XIXe et XXe siècles. Consacrant le droit de propriété et l'égalité des citoyens devant l'impôt, les Constituants ont décidé la réalisation d'un cadastre fiscal en mettant à profit les expériences des précédentes décennies. La loi du 15 septembre 1807 donne au cadastre parcellaire une efficacité supplémentaire en lui permettant de certifier la propriété et d'être un outil d'intérêt général. Les États européens l'ont inégalement adopté. Les Pays-Bas et les États allemands en font un Grand Livre foncier ; l'Italie et la France pendant longtemps un simple instrument fiscal. D'autres pays s'opposent à sa création, soit parce que les élites veulent rester maîtresses de la répartition de l'impôt comme en Espagne, soit parce que l'ingérence du pouvoir central dans la propriété privée est vécue comme une atteinte à une liberté fondamentale comme en Angleterre. Aujourd'hui, la récente arrivée du cadastre numérisé fait l'unanimité. Elle permet la représentation de la propriété, et plus largement, la gestion des responsabilités qu'elle induit. De plus, les collections anciennes lui confèrent une valeur patrimoniale inestimable.

  • Lancée depuis quelques années, l'ambitieuse enquête sur l'évolution qui a lentement transformé l'Europe méditerranéenne des estimes en Europe des cadastres, est arrivée à son terme avec la publication de trois ouvrages sur le Moyen Âge, l'époque moderne et la période contemporaine. Dans ce premier volume, vingt-neuf des meilleurs spécialistes français et étrangers s'interrogent sur le vaste mouvement qui, de la fin du XIIe siècle à l'aube de la Renaissance, a conduit villes, princes et états du pourtour méditerranéen à recenser de manière systématique les hommes, leurs terres, leurs maisons et leurs avoirs. Ils en recherchent les origines profondément ancrées dans les permanences d'une romanité tenace, scrutent les savoirs de ceux qui ont présidé à la rédaction de ces livres d'estimes, compoix et « cadastres » d'une infinie variété dont ils suivent la longue genèse, analysent les typologies complexes et tentent de comprendre la subtile construction. Recenser, situer, délimiter et estimer en vue de saisir la relation de l'homme à la richesse et à l'espace, voilà bien la mission assignée à ces extimatores qui devaient devenir les hommes du cadastre, comme leurs livres d'estimes sont devenus le cadastre. Ce document dont la mission n'est autre que d'inscrire le droit dans la mémoire de la terre et d'en peser la valeur, avant de la dessiner dans ses moindres contours.

  • Jamais entreprise collective n'a suscité autant de publications que les réflexions conduites autour de la genèse de l'État moderne depuis une quinzaine d'années. Remodelés, intégrés dans un ensemble, liés entre eux par une suite de présentations qui les regroupe en quatre parties, les dix-huit articles ici réunis sont exclusivement consacrés à ce thème pour la période du bas Moyen Âge. L'ouvrage qui s'ouvre par une large rétrospective en manière de bilan et se termine par l'évocation de nouvelles perspectives de recherche, s'interroge en quatre temps sur quatre facteurs déterminants dans la reconstruction de l'État depuis le début du XIIIe siècle jusqu'à l'aube du XVIe siècle. Convient-il, dans cette évolution, d'accorder à la romanité un rôle aussi déterminant qu'on a bien voulu le dire? Dans quelle mesure le pouvoir royal restauré de faire loi a-t-il constitué un instrument de premier ordre pour redonner vie au politique ? Quelle place revient, dans cette vaste entreprise de reconstruction d'un appareil d'État, à des structures politiques et administratives profondément repensées ? Enfin, et peut-être surtout, comment évaluer à sa juste mesure l'impact d'une fiscalité nouvelle dont on a voulu faire un des facteurs déterminants de la genèse de l'État moderne? À travers elle, c'est tout le problème qui est posé de la puissance de l'argent au coeur de l'État médiéval.

  • Quel rôle ont joué les ministères des Finances et de l'Économie dans la construction européenne ? Comment ont réagi les différentes administrations, les hauts fonctionnaires face aux nouveautés structurelles, monétaires et fiscales ? Quelles solutions a-t-on trouvé hors de l'Hexagone ? Les trente intervenants réunis lors de ce colloque apportent leurs réponses à ces questions. Leurs communications sont regroupées autour de quatre thèmes : politiques économiques et concertations dans les années soixante et soixante-dix ; administration et culture européenne ; naissance d'une politique monétaire européenne ; négociations de la PAC et du GATT. Ces Actes sont complétés par la publication du témoignage d'acteurs de la construction européenne autour de l'union monétaire, des plans Barre et Werner et de l'harmonisation des taxes sur la valeur ajoutée dans les années soixante et soixante-dix.

  • Lancée en France en 1968, la rationalisation des choix budgétaires, dite RCB, constitue une séquence importante des politiques de réforme de l'État sous la Ve République. Elle est la première tentative d'une introduction généralisée du management dans la gestion des finances publiques. Croisant les approches d'historiens, de sociologues, de politistes et de juristes, cet ouvrage rassemble des enquêtes originales qui analysent les nombreuses dimensions de cette politique : la genèse et le développement des savoirs et des techniques de rationalisation des choix budgétaires ; le processus de réforme, les coalitions et les luttes de pouvoir au sein de l'appareil d'État auxquelles il donne lieu ; enfin, son institutionnalisation dans l'administration française, ainsi que les appropriations variées dont la RCB a fait l'objet dans les différents ministères. Ce livre est le troisième volume d'une série d'ouvrages sur l'histoire de la gestion des finances publiques au xixe et au xxe siècle. Le premier volume (1815-1914) étudiait le développement intriqué d'un droit public financier et des premiers instruments gestionnaires lui donnant corps dans l'administration. Le deuxième volume (1917-1967) mettait en évidence la figure dominante du contrôle, sous toutes ses formes, appliqué à la dépense et à la gestion des services publics. En étudiant les dynamiques de réforme rangées sous le nom de rationalisation des choix budgétaires, le présent ouvrage montre comment la RCB se situe à la charnière de deux périodes et de deux conceptions du pilotage de l'État central : celle de la planification et des instruments de programmation de l'action publique ; celle du management public et du développement des méthodes modernes de gestion.

  • Depuis l'Ancien Régime, la France doit faire face à l'émergence de nouveaux compétiteurs qui attaquent ses productions traditionnelles. La différenciation des produits et l'amélioration de leur qualité vers le haut de gamme peuvent être des solutions efficaces pour réussir dans le cadre d'une libéralisation des échanges internationaux et d'une concurrence mondialisée. La montée en gamme apparaît comme un enjeu crucial que l'histoire économique peut éclairer. En effet, le made in France évoque l'histoire d'un produit, d'une entreprise, d'un territoire mais également la mobilisation de savoir-faire uniques et ancestraux. Issu d'un colloque international et pluridisciplinaire, cet ouvrage s'attache à comprendre les spécialités du commerce extérieur français du XIXe au XXIe siècle, en regard du dynamisme de ses voisins, allemand notamment. Il interroge en outre le succès des « articles de Paris », des parfums et vins français, des entreprises familiales françaises du luxe mais également des montres suisses, des créateurs et créatrices de mode italiens et de l'industrie automobile allemande. Enfin, il invite à repenser les notions de terroir, de cluster (réseau d'entreprises locales) ou encore de marque.

  • Les finances de la monarchie française constituent, depuis un certain temps, un des sujets privilégiés des historiens de l'Ancien Régime qui les avaient trop longtemps délaissées. A la faveur de ce salutaire engouement, il a semblé judicieux et même indispensable de rendre accessible l'une des sources les plus complètes de l'histoire des finances. Jean-Roland Malet eut une étrange destinée, mais peut-être moins rare qu'il n'y paraît. D'origine modeste, il parvint à mourir noble, riche, et « immortel ». Surtout fut-il de 1708 à sa mort, en 1736, premier commis du contrôleur général des finances. C'est à ce poste qu'il rédigea en 1720 ses Comptes-rendus restés inédits jusqu'en 1789. Ceux-ci, avec une exactitude assez remarquable, retracent les finances de la monarchie depuis le début du XVIIe siècle. Richard et Margaret Bonney ont effectué sur les chiffres de Malet un formidable travail de vérification, de correction et de mise en tableaux et graphiques. Ainsi présentées, les données de Malet permettent de saisir plus facilement les grandes évolutions des finances françaises d'Ancien Régime, l'importance relative des différents impôts, la part qui remontait jusqu'au Trésor Royal... Le présent ouvrage peut à juste titre être considéré comme une somme indispensable à tout historien de l'Ancien Régime.

  • Lors de la préparation du passage à l'euro, le Comité pour l'histoire économique et financière de la France a souhaité accompagner cet événement monétaire par une série de conférences intitulée « Les Français et leur monnaie : le louis, le franc, l'euro et les autres ». Cinq historiens de renom - Jean Favier, Guy Antonetti, Jean Tulard, Alain Plessis et Jean-Charles Asselain - ont répondu à l'invitation en offrant aux auditeurs une réflexion sur la monnaie en France du Moyen Âge à nos jours. Une table ronde, réunissant Raymond Barre, Jacques Delors et plusieurs hauts fonctionnaires acteurs des réformes monétaires des trente dernières années, ainsi qu'une allocution de Laurent Fabius, alors ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, ont clôturé ce cycle le 18 février 2002, lendemain du retrait de la monnaie nationale. Ces textes accessibles au plus grand nombre, accompagnés de glossaires et d'une chronologie détaillée, offrent des points de repère précis sur l'histoire de la monnaie depuis la naissance du franc en 1360 jusqu'à l'avènement de l'euro. Ces interventions soulignent l'importance de la monnaie comme instrument économique et financier et comme symbole et outil politiques. Elles rappellent également les conséquences des évolutions monétaires successives sur la vie quotidienne des Français. Cet ouvrage, préfacé par Thierry Breton ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, intéressera aussi bien les étudiants en histoire économique et financière que les numismates, et plus largement tous ceux qui auront connu la fin du franc.

  • L'obtention en 2019 du « Nobel » d'économie par Esther Duflo et ses collègues Abhijit Banerjee et Michael Kremer marque le sacre d'une méthode d'évaluation d'impact : les expérimentations aléatoires. Similaires aux essais cliniques randomisés, elles visent à mesurer l'effet d'un « traitement » à l'aide de la constitution aléatoire de groupes que l'on compare. Pour les promoteurs de cette méthode, elle serait le « gold standard de l'évaluation » Dans cet ouvrage, Arthur Jatteau s'interroge sur la nature de cette « preuve par le chiffre ». L'histoire - méconnue - des expérimentations aléatoires mérite d'être défrichée, car elle offre des pistes intéressantes pour comprendre leur succès aujourd'hui et, plus encore, leurs limites. Une attention particulière est accordée à la médecine, où la longue et vaste expérience en essais cliniques est riche d'enseignements. La construction de la « preuve par le chiffre » est explorée, en insistant sur ses effets heuristiques et politiques. Que vaut la preuve produite par les expérimentations aléatoires ? Pour y répondre, l'auteur mobilise une diversité de sources, s'appuyant sur de nombreux entretiens. Il montre qu'il convient d'investiguer comment, en pratique, sont élaborées les expérimentations aléatoires, pour saisir plus justement leur valeur. Les aspects politiques de ces dernières sont également analysés, non sans s'interroger sur le rôle plus général de la quantification dans nos sociétés.

  • Alors que s'achève le beau XIIIe siècle si porteur de croissance, de paix et de bonne monnaie, les années 1300 marquent l'ère d'un temps nouveau. Celui des réalités qui se muent en mythes, celui de la croissance qui se transforme en crise, celui du vassal qui devient sujet. Elles sont aussi celles de l'aménagement du socle à partir duquel s'édifie lentement un État royal que Philippe le Bel sut toujours habilement utiliser comme levier de sa politique. Un État qui se construit autour de schémas intellectuels et de modèles institutionnels. Un État qui utilise la monnaie comme un authentique instrument de pouvoir, sans ne jamais cependant parvenir à définir un outillage conceptuel qui aurait permis d'en maîtriser efficacement les évolutions. Un État qui, plus que d'autres, à la même époque, joue des mutations monétaires lorsque les rentrées fiscales ne suffisent plus. Un État qui peine à faire basculer l'ensemble de la fiscalité dans le camp de la souveraineté en dépit du poids de la guerre, d'une inventivité constante et d'une incontestable avancée dans l'agencement des mécanismes financiers. Onze spécialistes éclairent de leur savoir cette importante mutation monétaire, fiscale et financière de la France de Philippe le Bel pour laquelle ils souhaitent aussi ouvrir la voie à des interrogations nouvelles.

  • La politique fiscale mise en place en France depuis la Révolution a longtemps eu une mauvaise réputation auprès des historiens. Elle a été jugée archaïque, inefficace sur le plan de la productivité et injuste sur le plan social. Cette dénonciation du système fiscal s'est poursuivie après l'adoption de l'impôt progressif sur le revenu en 1914. En parallèle, force est de constater que ce pan de l'histoire économique et financière n'a pas suscité chez les chercheurs un intérêt majeur. Afin de contribuer à une meilleure connaissance de l'histoire fiscale française, économistes, juristes et historiens ont confronté leurs travaux lors de ce colloque international. Qu'en est-il de l'évolution du poids de la fiscalité française ? Comment les différentes catégories socioprofessionnelles et les différentes sensibilités politiques se sont-elles positionnées face à l'impôt ? Quels ont été les grands débats ayant entouré les principales réformes de la politique et de la législation fiscale ? Sur le long terme, quelles sont les traductions économiques et sociales de la fiscalité française ? Existe-t-il un modèle fiscal français ? Autant d'approches qui permettent de mieux cerner la question de l'impôt en France aux XIXe et XXe siècles. Outre les spécialistes d'histoire fiscale, cet ouvrage s'adresse à tous ceux qui s'intéressent à l'histoire contemporaine. La diversité des thèmes abordés en fait un volume riche et captivant.

  • Les communications rassemblées dans cet ouvrage portent sur Sully lui-même en son temps, sur son héritage et sur la façon dont sa personne et son oeuvre ont été perçues à travers les siècles. Ces interventions permettent de faire le point sur les travaux menés depuis une vingtaine d'années, notamment à l'École des chartes, sur le grand ministre d'Henri IV et de dégager de nouvelles pistes de recherches. Cette journée d'études, sous la direction scientifique de Jean-Pierre Babelon, membre de l'institut et président de la société Henry IV, a été organisée le 23 octobre 1999 à l'occasion du transfert des cendres de Maximilien de Béthune, duc de Sully, et de son épouse Rachel de Cochefilet, au château de Sully-sur-Loire.

  • Ouverture à la concurrence, développement des énergies renouvelables, volatilité des prix du pétrole, réchauffement climatique... Avec la généralisation de la prise de conscience des défis à relever, les questions énergétiques passionnent. Ces défis ne sont pas uniquement économiques mais sont aussi de vrais sujets de société. C'est sur les spécificités « du modèle énergétique français » et du rôle de l'État que se sont penchés, régulièrement durant trois ans, historiens, économistes et acteurs lors d'un séminaire organisé par le Comité pour l'histoire économique et financière de la France. En effet, s'il est bien un domaine industriel dans lequel l'État a été, depuis le début du XIXe siècle, tout à la fois législateur, opérateur, régulateur et financier, c'est celui de l'énergie. Véritable secteur moteur des différentes phases d'industrialisation, l'énergie (charbon, gaz, électricité, pétrole) s'est révélée stratégique tout en étant le champ privilégié de l'émergence de la notion de service public. Quels sont les différents rôles de l'État dans ce domaine ? Comment se sont élaborés, dans la longue durée, ces rapports complexes entre l'État et les opérateurs ? Quelle est la généalogie du modèle de la grande entreprise publique qui mettait son monopole au service de la nation ? Pourquoi l'énergie est-elle un secteur privilégié de l'action publique ? La trentaine de textes et de témoignages rassemblés dans ces actes retrace, analyse et permet de mieux comprendre les principaux mécanismes de cette histoire.

  • Pour une histoire de la bureaucratie II permet d'aller plus loin dans l'exploration de cette histoire qui est encore toute neuve. Comment faire apparaître les histoires à naître ? Comment étudier l'avancement, la passion du pouvoir, les échecs, les conflits ? Comment faire l'histoire du vécu, du mouvant, de l'éphémère ? Que peut-on attendre de l'histoire des épouses de fonctionnaires ? Autant de questions auxquelles dans ces vingt-quatre leçons Guy Thuillier tente d'apporter des réponses, mais on est dans un domaine bien incertain. L'histoire de la bureaucratie est une histoire qu'il faut sans cesse compliquer, elle exige de la souplesse, une certaine expérience de l'administration, de l'esprit d'entreprise, du courage - mais l'historien y jouit d'une étonnante liberté de jeu.

  • L'histoire de la bureaucratie est une discipline neuve, une histoire-carrefour : peut-on en faire la théorie générale ? Quelles sont les difficultés doctrinales rencontrées par l'historien ? Quels sont les moyens, les méthodes qu'il doit mettre en oeuvre ? Comment développer cette histoire souvent piégée ? Ce sont là des questions difficiles, auxquelles on ne peut apporter que des réponses provisoires, incertaines. Guy Thuillier cherche à dégager des principes d'action, à montrer les règles de prudence que l'on doit observer ; c'est une histoire qui exige de l'historien de la flexibilité, de l'invention, du courage, de la prudence, le sens du « probable ». une certaine expérience de la vie et une bonne connaissance des techniques administratives. L'historien n'a pas de modèle à suivre, il doit inventer son chemin, il a toute liberté pour créer ses règles du jeu - ce qui est fort rare en histoire.

  • L'historien ne travaille que sur des choses douteuses, incertaines, il ne peut en tirer que des conclusions « probables ». Qu'est-ce que le probabilisme en histoire? Quelle est l'importance du jeu du probable? Comment constater nos ignorances? Comment, avec l'âge, l'expérience renonce-t-on aux explications « certaines » et glisse-t-on à un certain probabilisme ? Autant de questions auxquelles dans ces vingt-quatre leçons Guy Thuillier tente d'apporter des réponses. Le probabilisme n'est pas un corps de doctrine, comme le souligne François Monnier dans sa préface, mais une expérience personnelle, chacun doit la mener pour son compte, et inventer ses méthodes pour mettre en doute ses idées, suspendre son jugement. L'historien est condamné à vivre dans le doute, l'incertitude, l'inquiétude ; rien n'est stable, tout est provisoire.

  • Comment décrire les principes de l'histoire économique ? Comment fixer des règles du jeu ? Comment faire la part du probable, de l'erreur ? Comment évoquer le rôle des personnalités créatrices ? Que sera cette histoire en 2050 ? Quels conseils donner aux jeunes chercheurs ? Dans ces quinze leçons Guy Thuillier cherche à répondre à ces questions difficiles et à montrer la complexité de cette histoire très technique, qui exige beaucoup de l'historien.

  • Raisonner sur 2050 est une nécessité pratique, car l'histoire est chose mouvante, flexible, il est impossible de croire qu'en 2050 elle sera identique à celle que nous connaissons : les centres d'intérêt, les manières de connaître, les méthodes seront bien différents (il suffit de saisir les changements pour les années 1950-2000). Aussi bien une prospective 2050 oblige- t-elle à jeter un regard autre sur notre présent, un regard libre, assuré, et à pressentir des mutations dont souvent, par prudence, on préfère ne pas parler. Ces quinze leçons cherchent à esquisser les mutations d'ici à 2050 de quelques disciplines (l'histoire de la bureaucratie, l'histoire économique, l'histoire sociale)t à analyser les changements probables du système (par exemple pour la formation, l'ingénierie historique, les archives, la communication). Ces esquisses à l'échelle de 2050 permettent de saisir les zones d'incertitude, les facteurs d'évolution, elles montrent aussi ce qu'il serait important de faire ; elles introduisent à une vision différente de l'histoire, et François Monnier dans sa préface explique bien le sens de ces explorations, qui sont propres à susciter l'inquiétude : réfléchir sur l'historien de 2050 n'est pas innocent.

  • La fraude est ici appréhendée dans toutes ses dimensions, spatiales, temporelles, politiques, économiques, juridiques et sociales. Ce livre est le résultat d'un vaste programme de recherches internationales et entend surtout éclairer les relations entre fraudes et territoires. La porosité des frontières politiques ou « naturelles » - mais chaque frontière est artificielle - délimite avant tout une géographie des contournements. Placée dans une perspective de longue durée, car le phénomène de la fraude est ancestral, la fraude se sert des difficultés, voire de l'absence de volonté, des États à contrôler tous les flux ou plutôt les marges. La fraude est une activité économique, par définition mal connue, qui, dans certaines circonstances (guerre, occupation, pénurie...) prend une place prédominante dans la vie quotidienne des populations. Elle peut aussi devenir une question de survie. Les règles juridiques et légales, qu'elles soient douanières ou fiscales, induisent des comportements frauduleux qui proviennent parfois de traditions commerciales préexistantes aux normes étatiques. Enfin, la fraude, malgré ses dangers, fait vivre les fraudeurs et engendre des corps de contrôle. Du Tonkin à la Guadeloupe, en passant par l'Empire espagnol et le Benelux, de Marseille à Londres, en passant par Newport, Calais, Lille, Anvers, le Dauphiné ou encore l'Anjou, les textes de cet ouvrage pluridisciplinaire offrent un vaste panorama des modalités et des acteurs de la fraude. Ils soulignent à la fois les constantes et la diversité des trafics illicites (denrées alimentaires, armes, brevets, sel, monnaies...) dans le monde depuis le XIIIe siècle.

  • Ce livre a pour objectif de soumettre à l'expertise des historiens la question qui agite autant le monde savant que les politiques, les citoyens et les médias : comment un État ou un groupe d'États peut-il entrer dans une crise de la dette publique et comment peut-il s'en sortir ? Il semble bien en effet que les historiens disposent d'un vaste champ expérimental, susceptible d'autoriser les comparaisons dans le temps et dans l'espace. Au-delà des variations fortes du contexte dans lequel leurs observations s'insèrent, leurs constats peuvent ainsi entrer en résonance avec les théories ou les faits énoncés ou révélés par les économistes et les sociologues, ouvrant ainsi la voie à un véritable dialogue interdisciplinaire. Les exemples ne manquent pas, ils foisonnent, de moments critiques où les États se sont trouvés dans une situation de surendettement qu'ils ne parvenaient plus à surmonter. Ce livre entend rendre compte de ces épisodes sans doute improprement appelés « crises ». Il s'agit, en effet, d'interroger les auteurs sur un faisceau d'expériences historiques depuis le XVIIIe siècle jusqu'à nos jours, et de leur demander d'analyser à la fois les évolutions qui ont conduit à une montée de la dette publique et les remèdes qui ont pu être appliqués pour tenter de la juguler. De l'Amérique latine à la Russie, le spectre géographique de cette publication a une large portée internationale, l'ouvrage ne délivre certes pas de recettes mais apporte un nouvel éclairage sur des processus qui peuvent faire déraper la dette publique et sur les méthodes employées pour la réduire, l'endiguer, voire l'annuler.

  • The papers published in this book were initially prepared for the conference held at the Ministère de l'Économie et des Finances on the 9th and 10th of March, 2017 (Inter-firm credits in Europe 1880-2010), organized by Michel Lescure in the context of the work of the IGPDE (Institut de la Gestion Publique et du Développement Économique) and of the CHEFF (Comité pour l'Histoire Économique et Financière de la France). The conference and the book have been financed by the IGPDE, the Crédit Agricole, the Société Générale, the IDHE.S Nanterre (Institutions et Dynamiques Historiques de l'Économie et des Sociétés, UMR-CNRS 8533) and the Doctoral School of EOS (Économie-Organisation-Société) of the University Paris-Nanterre. We would like to thank these institutions. The translation of communications by non French-speaking academics was produced by the translation centre of the Economic and Financial Ministries.

  • Malgré la financiarisation des économies le crédit inter-entreprises occupe aujourd'hui une place majeure dans la structure financière des firmes petites et grandes dans le monde. Malgré cela, il a longtemps été négligé par les historiens de l'économie qui préfèrent travailler sur des sources de financement plus accessibles et plus formalisées. Les études historiques présentées dans ce livre analysent sur un long xxe siècle le crédit inter-entreprises en Europe occidentale, à la fois sous sa forme de crédit commercial (la première source de financement à court terme des firmes) et celle de crédit financier (financement direct interentreprises, crédit intra-groupe, crédit de la famille et/ou du réseau...). Réalisé par une équipe internationale de chercheurs, ce recueil livre une première contribution à l'histoire du financement inter-firmes des entreprises européennes, dont on retrouve bien des traits aujourd'hui dans les flux massifs de capitaux circulant à l'intérieur des groupes mondialisés. Il montre que loin de se réduire à une forme archaïque de financement qui résulterait des imperfections du marché des capitaux, le crédit interfirmes correspond à un besoin de coordination et d'adaptation des firmes à leur environnement et au progrès technique.

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