La Volte

  • Idem's Nouv.

    Idem's

    Philippe Curval

    • La volte
    • 14 Octobre 2021

    IDEM4S est un roman-feuilleton composé d'enquêtes menées par deux personnages dans une même enveloppe. Ciryl et Ælita, à la suite du terrible drame qui les a éloignés, sont en effet parvenus à fusionner en un seul corps. Un cerveau double leur confère une extrême vivacité d'esprit. À la manière du Dr Jeckyll et d'un Mr Hyde, ils peuvent agir sous une forme féminine ou masculine selon les circonstances. Afin d'accomplir un projet dont on ne connaîtra la nature qu'à la fin du roman, ils ont créé une agence tout à fait exceptionnelle pour résoudre moult affaires mystérieuses. Enquêtes qu'ils font payer à prix d'or.
    L'agence REPONSATOU est équipée d'un matériel technologique de pointe qui leur permet de s'attaquer à des problèmes souvent fantastiques : l'existence d'un jardin cannibale dans une petite commune de province - les étranges rapports entre un confiseur et son robot - l'apparition en Indonésie d'un virus dont l'activité ne ressemble à rien de connu - un ténébreux procès en Uruguay où les mirages de la réalité sont sans cesse remis en cause - une caméra au pouvoir étonnant qui les fera voyager dans le temps et rencontrer un extraterrestre très excitant - l'expérience d'un exalté qui veut revivre la carrière d'Errol Flynn - un abominable trafic de migrants noyés, etc.
    Durant un séjour dans leur villa sur la côte mexicaine, Ciryl et Ælita voient leur fusion cesser. C'est grâce à cette séparation corporelle qu'ils vont se retrouver charnellement et enfin réaliser leur fabuleux projet.

  • Collisions par temps calme Nouv.

    Sylas mène une vie heureuse sur son île. Il fait le métier qu'il aime, dans la maison qu'il aime, entouré des rares personnes qu'il aime. Mieux que ça : il sait que le monde est beau, paisible, fluide grâce à Simri, l'artefact sapiens présidant au confort de l'humanité depuis 50 ans. Une super-IA, en gros, dont le déploiement global a porté l'humanité vers un avenir serein. Sylas partage sa vie entre son travail d'analyste système au service de Simri et sa passion pour la conception de bateaux. Oui, le monde est beau et va bien, vraiment, pour tous. Mais Calie, la soeur de Sylas, veut quitter ce monde. Demander à quitter le giron protecteur de Simri, qui veille au bien-être de tous, c'est rare, mais possible. Simri accorde aux personnes qui le désirent le droit de se soustraire à son attention. Mais Sylas ne s'attendait pas à ce que cela arrive à sa soeur, et cela lui est douloureux. S'il espère la faire changer d'avis, il sait que leurs trajectoires respectives ne peuvent aboutir qu'à une collision. Une collision par temps calme dans un ciel sans nuages.
    Collisions par temps calme raconte les déchirements entre un frère et une soeur n'ayant pas le même point de vue sur le monde. L'un s'en satisfait, l'autre n'y trouve pas sa place. Tour de force métaphysique et littéraire, alternant les deux points de vue de façon originale, le dernier livre de Stéphane Beauverger est la chronique d'une utopie qui a réussi, acceptant ceux qui n'en veulent pas. Écho de ce que pourrait être notre monde s'il avait pris une voie différente.

  • Comme ce monde est joli Nouv.

    Comme ce monde est joli

    Karen Joy Fowler

    • La volte
    • 23 Septembre 2021

    Fantastiques, intimistes, réalistes, fantasy ou science-fiction, les 17 nouvelles rassemblées dans ce recueil rendent compte de la variété des registres de Karen Joy Fowler, à travers lesquels elle explore les conventions sociales et les relations familiales. Des textes parfois cruels, parfois sardoniques, révélant dans les rapports à l'autre, à l'étranger, au non humain, la topographie de nos inconscients et de nos peurs.

  • Melmoth furieux

    Sabrina Calvo

    • La volte
    • 2 Septembre 2021

    Elle est née à l'Orée du bois, une cité réduite à néant par les bulldozers des médias et de la finance. Hantée par les ruines de son Eden foiré, elle a rejoint la commune solidaire à Belleville, où l'on s'organise et lutte en marge du système répressif. Elle, c'est Fi. Quarante piges à tenter de trouver de la beauté dans ce monde fatal : Fi est un chaos de fils et d'aiguilles, de coutures impossibles. Car Fi est couturière. Et Fi est en colère.

    Quand son frère Mehdi s'est immolé le jour de l'inauguration d'Eurodisney - le 12 mars 1992 - elle s'est juré de comprendre son geste. Elle a entendu les rumeurs sur l'ancien parc devenu véritable camp de concentration, les horreurs qu'on raconte sur les enfants emprisonnés. Elle ne rêve que de tout brûler. Mais on fait comment quand on est coincée dans un quartier assiégé par une police républicaine hors de contrôle et que reviennent se venger les spectres d'un événement sanglant ?

    Aidée par le mystérieux François Villon, ami d'enfance de Mehdi et clé des secrets du parc, Fi se lance dans l'impossible - la trouille au ventre, prête à remuer les tréfonds de cet enfer : monter une croisade d'enfants pour partir raser Eurodisney. Pour débusquer le rongeur dans sa forteresse noire, maître invisible d'une doc-trine totalitaire. Dans le merveilleux d'une robe magique, les émotions pour tissus, Fi va libérer l'imagination.

    Tout en douceur.

    Ce roman tant attendu fait écho à Toxoplasma, confirmant le tournant résolument poétique et politique de Sabrina Calvo.

  • Le premier souper

    Alexander Dickow

    De ce livre surgissent trois univers, une réfraction de trois perspectives, la révolte de l'opprimé, le conflit colonial, la guerre religieuse : un monde où faute de pouvoir s'alimenter, le prolétariat, incarné par les mineurs, ne mange que de la pierraille ; un deuxième où les hommes mènent une lutte acharnée contre des âmes venues d'une autre dimension qui moissonnent les chairs des êtres vivants ; puis la chronique de la persécution des allophages, répugnants personnages qui se nourrissaient de végétaux et de viande - autre que la leur. Dans la tourmente, quelques-uns témoignent que la rencontre demeure possible.
    Parmi ce théâtre d'ombres, celui d'un savant disparu, Ronce Albène, fait irruption, proposant des versions grinçantes de ces trois mondes en crise, les transformant en paraboles énigmatiques et désaxées. Son livre se dérobe : reste Le Premier Souper, ronde de cauchemars et de carnavals. 
    Les corps mis en scène ressemblent à des éruptions de besoins tous plus ou moins dépravés : dévorer, pénétrer, engloutir. Un roman qui admet des physiologies autres, primitives ou inouïes. Un premier roman en éclats, à la langue torrentielle, qui creuse jusqu'à nos tréfonds la question de l'appétit insatiable de l'homme envers les autres, envers le monde.

  • Un homme d'ombres

    Jeff Noon

    • La volte
    • 11 Février 2021

    Ici les horloges tournent et ne sont jamais les mêmes. Le temps s'emballe, se règle et se dérègle d'une rue à l'autre, sous un ciel que personne n'a jamais vu. À la place, une voûte gigantesque de pure lumière, un dôme d'éclairages artificiels supprimant toute zone d'ombre, sans interruption. Bienvenue dans l'enfer de cette ville embrasée où tous courent après les innombrables lignes temporelles.
    John Nyquist, détective privé, est engagé pour retrouver Eleanor Bale, une jeune fugueuse de dix-huit ans. Dans quel recoin a-t-elle bien pu se cacher, alors qu'il n'existe aucun lieu épargné par la lumière?? Dans les ténèbres de Nocturna ou bien plus loin encore, au-delà des frontières de cette cité double?? Pour Nyquist, il ne s'agit pas d'une affaire de routine?: à ses trousses, un serial killer invisible surnommé le Vif-Argent sème la panique. Au cours de son enquête, John Nyquist s'aventurera jusqu'au Crépuscule, cet entre-deux abominable où grouillent la menace et les silhouettes obscures, afin de sauver Eleanor... et probablement la ville tout entière.
    Un homme d'ombres est un roman construit par touches impressionnistes mais d'inspiration surréaliste. Ce polar new weird est éblouissant, flirtant avec l'étrange. Les lecteurs ne manqueront pas de se laisser emporter par ses contradictions temporelles et son fantastique angoissant, au fil d'une exploration poétique du temps, de la réalité, de l'humanité.

  • Comme toutes les aventures de l'inquisiteur, les fils narratifs s'entrelacent habilement à travers trois périodes pour constituer une même trame par-delà les siècles.

    1378. Évadé de la prison dans laquelle le roi d'Aragon l'avait fait enfermer, Eymerich arrive à Rome, où le pape Grégoire XI a transféré le siège pontifical. Grégoire est en train de mourir et la discorde qui aboutira au Grand Schisme d'Occident s'installe autour de lui. L'inquisiteur se rend compte que les querelles entre cardinaux cachent tout autre chose?: un culte païen oublié est sorti de l'oubli et a contaminé le haut clergé.

    À une époque plus proche de la nôtre, dans le futur, la République libertaire de Catalogne est le seul État européen resté neutre dans un conflit mondial dévastateur. Le physicien Marcus Frullifer et ses théories capables de bouleverser notre notion de temps y trouvent refuge. La Catalogne n'est pas l'État parfait qu'il imaginait, mais il parvient quand même à construire l'astronef Malpertuis, mû par des forces psychiques - qui apparaît dans le premier roman du cycle (Nicolas Eymerich, inquisiteur).

    Dans un futur lointain, sur une autre planète, l'humanité évolue vers quelque chose d'autre. Elle franchit les limites physiques établies dans le passé et s'approche du point Oméga, l'extrémité de l'univers imaginée entre autres par le jésuite Teilhard de Chardin. Un mystérieux Magister régule le dernier soupir du genre humain. Mais est-ce vraiment le dernier, dans un cosmos spiraliforme??

    Une conclusion astronomique des aventures de cet inquisiteur honni, dans laquelle N. Eymerich rencontre son fantôme, son double, ou une autre version de lui-même.

  • Le paquebot immobile

    Philippe Curval

    • La volte
    • 15 Octobre 2020

    Septième continent construit avec les matériaux de l'île poubelle, plastiques agglomérés, déchets de l'humanité, voilà le Paquebot immobile. Une utopie libertaire créée à force d'imagination par des pacifistes lassés des turpitudes du monde. Une nation ultra moderne, riche de l'exploitation de technologies surprenantes. Trente ans après la naissance du Paquebot, Pairubus profite de la disparition de Robur, le guide spirituel de l'île, pour s'imposer à une population de Paquiennes et Paquiens pétrifiés par le bonheur, ou en proie à des querelles idéologiques. Sur les vestiges d'un tsunami dévastateur, il organise une tyrannie mortifère. Les fondateurs, aux noms issus des héros de Jules Verne, tentent de coordonner la résistance. Dès lors s'engage un combat à armes inégales dans un univers en reconstruction, transcendé par une myriade d'innovations, aux décors toujours plus insolites. D'autant plus qu'il faut convaincre les membres de communautés extravagantes, Végéludes, Athéoristes, Piloufaciens. Et délivrer de Pairubus la mystérieuse Véra, sa captive, son fétiche.

    Philippe Curval s'amuse et surprend sans cesse par un récit foisonnant d'idées nouvelles ou détournées ; un roman malicieux au rythme endiablé, tous les éléments d'un genre oublié : la sotie !

  • Sauve qui peut, demain la santé

    Collectif

    • La volte
    • 17 Septembre 2020

    Entre futurs proches et galaxies à des années-lumière de notre XXIe siècle, Demain la santé explore la manière dont politiques de santé, technologies, marchandisation du soin transforment notre rapport au monde et donnent naissance à de nouveaux imaginaires, de nouveaux langages.
    Comment faire société quand le système de santé broie et exclut?? Peut-on rêver d'un accès aux soins universel et open source?? Et si l'insurrection était la voie vers la démocratie sanitaire, la seule réponse à la violence multidimensionnelle de nos gouvernants?? Et s'il s'agissait avant tout de réinventer notre rapport au vivant, d'aimer un nénufar ou un enfant-chat, de soigner des espèces extraterrestres déracinées, de redécouvrir, au détour d'une planète aseptisée, le lien qui se crée entre celui qui est soigné et celui qui soigne??
    Dans un monde en suspens, sur fond de crise écologique et démocratique, 15 nouvelles de science-fiction explorent les visages à venir ou oubliés du soin et de la santé, comme un nouveau souffle pour nous aider à tenir la distance et nous émanciper de la mécanique froide de la langue officielle.
    Un thème choisi en 2019, après celui du travail en 2017, pour évoquer les enjeux déjà très forts qui pèsent sur notre système de santé et que la pandémie de 2020 n'a fait hélas que mettre en exergue. À l'heure du confinement, de la distanciation sociale et de la nécessité de penser l'Après, Demain la santé ranime le souffle du combat et invite à repenser le lien qui nous attache à notre environnement intime, social et politique.

  • Agrapha

    Luvan

    • La volte
    • 10 Septembre 2020

    À l'origine fut un manuscrit du xe siècle. Apocryphe, peut-être pas.À l'origine furent huit femmes, chacune venue d'un lointain horizon, unies dans une grotte au coeur de la forêt.Ensemble, elles racontent ou taisent leur vie de recluses, leur destinée loin du monde et pourtant si proche de lui. Elles parlent mille langues en une seule, mêlant leur âme en un poème morcelé que l'autrice ensuite cimente d'or et de miel. Et de cette tresse de mots naîtra l'apocalypse.Dans ses cahiers, l'autrice a minutieusement recousu l'histoire de cette constellation féministe, désormais sanctuaire que le temps s'est chargé d'éroder. Mais son enquête se dilue avec sa mémoire. Les souvenirs se troublent : n'est-ce pas elle, cette entité manquante, la neuvième femme ayant appartenu à ce clan d'illuminées radieuses ? A-t-elle réellement écrit ces fragments aux côtés de ses soeurs d'antan ?

    Il subsiste de leurs existences des traces indicibles que seule l'écriture parvient à faire rejaillir. Parmi les odeurs d'écorces et les accents d'anciens parlers, c'est à l'aube de l'an mil qu'irradient le vécu de ces femmes et leur puissance épiphanique.Aux antipodes du roman historique ou du roman de fantasy, Agrapharenoue avec les sources de la matière médiévale tout en proposant une expérience historique à la fois plus immersive - donc familière - grâce à son processus narratif ; et plus étrangère - donc plus exotique - grâce à son parti-pris langagier radical.

  • Lorsque Klorathy se rend dans l'Empire volyen pour s'enquérir d'Incent, un émissaire de Canopus victime d'une attaque de Rhétorique, il y constate les ravages causés par la langue. En effet, dans ce coin d'univers où gronde la rébellion, les paroles attisent les foules et bouleversent les destins. Incent en subit les affres depuis qu'il s'est lancé sur les traces d'un Agent d'une civilisation malveillante, et lutte depuis contre ces accès de sentiments qu'il avait pourtant appris à combattre.
    C'est sur la voie de la guérison que Klorathy accompagne l'émissaire?: un chemin nécessaire, périlleux et semé d'écueils, afin de recouvrer l'Harmonie égarée. Mais la situation est si explosive sur les trois planètes volyennes que les actes d'un seul individu sont susceptibles de faire basculer un monde.
    Pour ce dernier roman de sa constellation «?Canopus dans Argo?: Archives?», Doris Lessing, prix Nobel de littérature en 2007, explore avec esprit la nature politique de toute société.

  • Jamais sans doute n'a-t-on connu personnalité plus énigmatique qu'Adorée Floupette, ni ouvrage plus mystérieux encore que son propre auteur que ces Affaires du club de la rue de Rome écrites par cette même Adorée Floupette. Ces enquêtes composent une saga d'aventures historiques prenant place dans le Paris fin-de-siècle, entre les brumes de la gare Montparnasse et les berges de Seine encombrées par les bouquinistes d'époque. Jadis intitulé M***, 1890's, ce recueil de mystères policiers met en scène Stéphane Mallarmé, Pierre Louÿs ou Octave Mirbeau, sur la piste de disparitions inexpliquées ou de crimes surnaturels. Autour d'eux règne un Mal ambigu, indéfinissable et effroyable, dont on ne sait s'il se joue des détectives ou du lecteur.

  • Résolution

    Li-Cam

    • La volte
    • 24 Novembre 2019

    L'Adelphie est une communauté affranchie du continent, un îlot indépendant du reste du monde sis à Langlade et construit selon les principes et valeurs d'un seul être humain: Wen. Ce qui fut au commencement un simple blog où la jeune femme exprimait ses pensées ou désirs, Le Monde selon Wen, est devenu la pierre d'angle d'une utopie exceptionnelle sur laquelle veille une Intelligence Artificielle au comportement solaire: Sun. Et parce que Wen -solitaire, militante, inspirée- était la candidate idéale désignée par le jeune docteur Yao Kouamé, elle a donné à son double électronique l'humanité qu'il lui manquait, afin de rendre compte de ce nouveau modèle de vivre-ensemble. Alors qu'au dehors la société n'a pas résisté au grand effondrement et que les huit milliards d'êtres humains se sont enlisés dans un système absurde, les Adelphes réinventent une harmonie que d'autres avaient jugé illusoire. De cette résolution est née un espace où le libre-arbitre et la libre-existence sont roi et reine: c'est une société neuve, fragile, appuyée par des innovations technologiques audacieuses qui se bâtit. Et chaque jour, Ben, Jenny, Laura, Vanilla, Simon, Yao et leur entourage en font l'expérience. Le ton des cahiers de Wen, protagoniste hors norme et visionnaire, fait écho à la voix de Lauren du très grand roman d'Octavia Butler, La Parabole du semeur.

  • Trafalgar

    Angelica Gorodischer

    • La volte
    • 10 Octobre 2019

    En Argentine, Angélica Gorodischer est un auteur aussi important que J.L.Borges, J. Cortazar, A. Bioy Casares, E.Sabato, et pourtant elle n'a jamais été traduite en France, à l'exception d'une nouvelle dans l'anthologie bilingue de Mathias de Breyne consacrée aux auteurs argentins contemporains. Ses ouvrages sont en revanche lus dans de nombreux pays étrangers - Kalpa Impérial est notamment traduit par Ursula Le Guin en anglais. Son oeuvre a reçu plusieurs prix de fantasy bien que les douze autres livres de l'écrivain, hormis Trafalgar, ne s'attachent à aucun genre défini ni à aucune frontière littéraire ; son écriture altière, flamboyante, brasse à elle seule de multiples horizons.

    Parce que les oeuvres d'Angélica Gorodischer méritent leur notoriété, La Volte a pour projet de les faire connaître au lectorat francophone.

    Trafalgar Medrano n'est pas n'importe quel commercial. Certes, comme beaucoup de marchands et autres conseillers de vente, il aime parler. Raconter son quotidien professionnel en buvant sept double cafés entrecoupés de temps en temps par une cigarette, quand il ne les fume en parallèle. Car il en a des choses à dire, Trafalgar Medrano. Et pour cause, ses voyages l'entraînent de planète en planète à la rencontre de populations toutes plus originales les unes que les autres, en des lieux où le vraisemblable n'a plus lieu d'être... Pourtant, tout ce qui sort de la bouche de Trafalgar est vrai, authentique, c'est garanti! Personne ne saurait vérifier si ce qu'il relate tient du réel ou de l'imaginaire...Publié en 1979, Trafalgar est le deuxième roman de l'Argentine Angélica Gorodischer, encore inédit en France. Jouant des tropes de la science-fiction traditionnelle, l'auteure nous présente, tel une figure jumelle de l'écrivain, le personnage de Trafalgar Medrano qui, au cours de neuf histoires, nous déroule le tourbil-lon de ses aventures intergalactiques. Affabulateur de génie ou baroudeur fantasque? Cette Schéhérazade de l'infini et au-delà nous emporte avec humour et mystère au coeur d'un réjouissant et extraordinaire périple parmi les étoiles.

  • La Planète 8 est un petit miracle d'harmonie. Créée par le puissant empire Canopus, elle jouit d'un climat aussi charmant que ses habitants, lesquels vivent des jours paisibles au coeur d'une nature des plus fertiles. Jusqu'à l'apparition des premiers flocons de neige. Jusqu'à ce froid d'autant plus mordant que rien n'aurait pu l'anticiper.

    Dès lors, la Planète 8 ne sera plus jamais la même ; confrontées à l'inexorable refroidissement de leurs terres, les populations entament la construction d'un gigantesque Mur censé les protéger de l'hiver qui progresse depuis les pôles. Doeg en est l'un des Représentants, en liaison avec le délégué canopéen Johor. Sous ses yeux s'entament les transitions sociales, alimentaires, architecturales, indispensables à l'évolution de leurs communautés : face à la glace, à ce blanc mortel, toute créature doit s'adapter, survivre, ou bien mourir. Mais le sacrifice de soi est-il forcément le prix à payer pour dépasser les frontières de son être ? C'est ce long et douloureux apprentissage que relate Doeg, celui d'un peuple qui voit son monde basculer et les mutations s'imposer, jusqu'à un avenir que seul un représentant de Canopus pouvait concevoir.

    Quatrième tome du cycle « Canopus dans Argo : Archives » dont les trois premiers ont été publié à la Volte, L'Invention du Représentant de la Planète 8 a recueilli nombre de suffrages lors de sa parution. Tour à tour « métaphore de notre époque décrite dans sa forme la plus extrême » (The Guardian), porteur d'une valeur « hautement biblique et universelle » (The Daily Telegraph) ou « thriller écologique », il laisse le New York Times ébahi : « The Making is splendid... like wow ! » C'est que l'ouvrage emprunte à de nombreux genres - l'allégorie, la fable, la fantasy futuriste, le documentaire - en plus d'être profondément inspiré par le voyage de Scott en Antarctique, qui avait fasciné Doris Lessing. Doué d'une poésie aussi belle que terrifiante, cette poignante histoire de résilience glace les sangs et réchauffe le coeur.

  • Les furtifs

    Alain Damasio

    AVERTISSEMENT DE L'ÉDITEUR : Alain Damasio et l'éditeur ont créé une police exclusive par laquelle des personnages sont désignés dans le texte. Il est donc fortement recommandé d'utiliser la « police de l'éditeur » (ou « police d'origine ») dans les paramètres de texte de votre logiciel de lecture.

    Ils sont là parmi nous, jamais où tu regardes, à circuler dans les angles morts de la vision humaine. On les appelle les furtifs. Des fantômes ? Plutôt l'exact inverse : des êtres de chair et de sons, à la vitalité hors norme, qui métabolisent dans leur trajet aussi bien pierre, déchet, animal ou plante pour alimenter leurs métamorphoses incessantes.
    Lorca Varèse, sociologue pour communes autogérées, et sa femme Sahar, proferrante dans la rue pour les enfants que l'éducation nationale, en faillite, a abandonnés, ont vu leur couple brisé par la disparition de leur fille unique de quatre ans, Tishka - volatisée un matin, inexplicablement. Sahar ne parvient pas à faire son deuil alors que Lorca, convaincu que sa fille est partie avec les furtifs, intègre une unité clandestine de l'armée chargée de chasser ces animaux extraordinaires. Là, il va découvrir que ceux-ci naissent d'une mélodie fondamentale, le frisson, et ne peuvent être vus sans être aussitôt pétrifiés. Peu à peu il apprendra à apprivoiser leur puissance de vie et, ainsi, à la faire sienne.

    Les Furtifs vous plonge dans un futur proche et fluide où le technococon a affiné ses prises sur nos existences. Une bague interface nos rapports au monde en offrant à chaque individu son alter ego numérique, sous forme d'IA personnalisée, où viennent se concentrer nos besoins vampirisés d'écoute et d'échanges. Partout où cela s'avérait rentable, les villes ont été rachetées par des multinationales pour être gérées en zones standard, premium et privilège selon le forfait citoyen dont vous vous acquittez.
    La bague au doigt, vous êtes tout à fait libres et parfaitement tracés, soumis au régime d'auto-aliénation consentant propre au raffinement du capitalisme cognitif.

  • L'enfer des masques

    Jacques Barbéri

    • La volte
    • 7 Février 2019

    Si l'on excepte ses tendances lunatiques - ainsi qu'elle préfère les nommer -, Nora Keller est une jeune fille ordinaire, férue de cinéma, cultivant la différence et les crises existentielles en plus d'exécrer les secrets. Surtout ceux qui entourent son père, et que sa psychanalyste de mère persiste à protéger contre son obsession de vérité. Quand Nora découvre une piste sur l'identité de son géniteur, elle s'y précipite en compagnie de Régis, matheux cinéphile et petit ami en devenir. Retrouver son paternel depuis le coeur de Nice n'est cependant pas mince affaire, a fortiori lorsque le candidat le plus pertinent se relève aussi le plus défavorable à l'idée d'avoir une fille... En contre-point, l'infortunée Priscilla se morfond dans la clinique où elle s'est réveillée amnésique et paralysée, quelque part dans la baie de San Francisco. Elle ne manque pourtant pas d'amour en la présence de Nick Dickovski, son époux, qui la veille jalousement tout en assurant le programme de sa rééducation, mais d'étranges phénomènes ne tardent pas à immiscer le doute en elle. Pourquoi lui promet-on une sortie qui n'arrive jamais? Pourquoi les télécommandes rampent-elles au sol comme des insectes? Et pourquoi personne ne veut répondre à ses questions? Le temps, la mémoire, la perception du réel, les métamorphoses de la chair: autant de thèmes chers à Jacques Barbéri qu'il aborde avec un oeil passionné de cinéaste. Ce thriller psychédélique, flirtant avec le rêve et les bestiaires de toutes sortes qui firent sa réputation, annonce un terrifiant voyage sans retour, entre possibles scientifiques et monstruosité de l'amour.

  • 1374. Nicolas Eymerich est chargé par le pape d'enquêter sur un conseiller du roi d'Aragon accusé d'hérésie et de pratique des arts magiques. En effet, dans le sillage du dignitaire se multiplient phénomènes célestes inexpliqués, apparitions mystérieuses et miracles, ce qui ébranle l'Église catholique, déjà en lutte contre les actions des évangélistes vaudois. Ces derniers, dont l'autorité prospère de la Provence aux Alpes piémontaises, ne tardent pas à attiser les soupçons d'Eymerich : une terrifique conspiration est en marche.

    Au XXIe siècle, le scientifique Marcus Frullifer a détruit les fondements de la physique moderne grâce à une découverte sans précédent. Mais sa formule mathématique, à l'origine du bouleversement, intéresse beaucoup l'Ordre des jésuites qui le séquestre dans un observatoire astronomique. Leurs motivations seraient elles liées aux fragments retrouvés de L'Évangile de la lune, ce livre rédigé dans un lointain futur ? Mais en quoi les recherches de Frullifer servent-elles leur dessein ?

    Ce que l'on nous a appris sur le passé et le futur est un mensonge. La mort est un leurre, un accident transitoire à dompter, et le temps, une simple limite à dépasser : voilà la vérité qui terrifie l'Église. Voici ce contre quoi Eymerich devra lutter, s'il ne souhaite pas que l'univers s'écroule, et avec lui tout ce en quoi il croit.

    Une conclusion inattendue pour le cycle du célèbre inquisiteur, dont les aventures temporelles ont enthousiasmé des générations de lecteurs à travers le monde !

  • Way inn

    Will Wiles

    • La volte
    • 20 Septembre 2018

    Il a la tête de l'emploi et le nom de son métier : Double. Neil Double.
    Agent anonyme chargé de remplacer les hommes d'affaires lors de salons auxquels personne ne souhaite se rendre, ce professionnel de la doublure passe sa vie entre hôtels de chaînes internationales et conventions en tous genres, logé de chambre en chambre au gré de ses déplacements. Et il aime ça. Une petite routine sans histoires où les draps sont propres et sans pli, où les savonnettes sont livrées sous emballage plastique sur le rebord de la baignoire et où le sourire ultra-bright des employés accompagne chaque service commandé en temps et heure. Dans ce schéma policé, Neil Double n'a à s'occuper de rien en dehors de son travail, dans les méga-centres de congrès. Il ne s'en plaint pas, car les nombreux avantages qu'il retire de la situation le satisfont au mieux. D'ailleurs, il aurait pu continuer longtemps ainsi, à profiter d'aventures sans lendemain, des serviettes chaudes et repassées et de petits-déjeuners continentaux passés à bavarder avec ceux qui le prennent pour un confrère ou un concurrent sur les salons. Oui, il aurait pu, lui qui ne commet jamais d'impair.

    Mais il faut qu'un grain de sel, fatalement, enraye un jour cette mécanique trop bien réglée.
    Expulsé du congrès des organisateurs de congrès, Neil Double deviendra la cible de la machinerie administrative et sera précipité dans un broyeur aux accents kafkaïens. Victime à son insu, tel le protagoniste de Brazil, il ne pourra plus ignorer le labyrinthe de l'hôtel qui s'étend au-delà du réel ni ses inquiétantes énigmes...

    Après Attention au parquet !, Will Wiles dépeint dans Way Inn un univers professionnel, sans frontières ni aspérités ; il démonte - et détraque - les rouages de notre société de consommation avec la minutie d'un Bret Easton Ellis. À travers le parcours de son héros moulé dans sa routine bien rodée, répétant une existence parfaitement maîtrisée, l'auteur ne se contente pas de mettre en scène les absurdités de cette comédie humaine, il nous plonge dans un roman qui se fait de plus en plus délirant, surréaliste, jusqu'à basculer dans le fantastique.

    Devenu cauchemardesque tout en demeurant drôle, ce séjour dans l'antre du conformisme est un ingénieux objet littéraire, original et corrosif.

  • Black bottom

    Philippe Curval

    • La volte
    • 6 Septembre 2018

    Professeur réac' en grève-maladie illimitée, Beth Raven décide de s'implanter une puce iCortex dans le cerveau afin de diffuser un blog vengeur, lequel gagne de plus en plus en notoriété chaque jour. Son style décadent à souhait attire bientôt l'oeil d'un dénommé Festen, artiste maudit et scandaleux aux oeuvres interdites. Rejoints par Bill, charcutier d'art de son état, les deux comparses mettront au jour les obscures tractations du maire de Paris, qui fomente des opérations de recel d'oeuvres. Commence alors une vertigineuse chute aux enfers pour Beth.

    Trompé par sa compagne, emprisonné au motif d'une schizophrénie aggravée, puis précipité dans une Venise aréelle, labyrinthique, il se retrouve piégé entre sa folie et sa réalité disparue. Au coeur d'une Sérénissime de cauchemar, ici photographiée par l'écriture, Beth va s'engager aux côtés d'Avaro, créature interactive d'art vivant, dans le dédale des événements qui les emportent.
    Et si l'ultime voie pour s'arracher à ses angoisses était celle de « l'art terroriste » ?

    Philippe Curval s'amuse. D'un blog mâtiné de parler picard à une traversée féroce du monde international de l'art, en passant par l'émergence d'une nouvelle dimension aux propriétés incertaines, il nous mystifie avec une comédie exubérante au rythme du Black Bottom, une danse des années 20 aux accents vaudous.

  • La Terre, Shikasta, est l'enjeu de pouvoir entre trois civilisations galactiques très avancées : Canopus, Sirius et leur ennemie Puttiora. Mélangeant mythes, fables et allégories, Doris Lessing nous livre une vision originale et incroyablement vaste de notre humanité, de son berceau à sa chute. Ambien II est l'une des Cinq, l'organisation présidant aux destinées de Sirius, au contact de Klorathy, émissaire de Canopus, elle va petit à petit remettre en question sa conception du cosmos.

    Ainsi, à travers le regard de sa protagoniste et du méticuleux rapport qu'elle rédige, Les Expériences siriennes explore la lente prise de conscience d'un individu face aux limites et aux dérives de sa propre nation. A son insu, inéluctablement, elle s'éloignera du mode de pensée de sa société jusqu'à intégrer des idées plus progressistes, s'érigeant a l'encontre de l'Histoire officielle, prenant parti dans la lutte de pouvoir entre Sirius et Canopus au point de se transformer elle-même.

    Après Shikasta et Les Mariages entre les Zones Trois, Quatre et Cinq, l'auteur développe ici bien plus qu'un simple rapport d'événements, mais plutôt un véritable plaidoyer en faveur de la désobéissance civile. Une harangue pour oser faire face aux conséquences de nos propres actes et à ce destin que l'on croit tout tracé.

  • Hildegarde

    Léo Henry

    Religieuse, visionnaire, scientifique, poétesse et compositrice, l'abbesse Hildegarde de Bingen n'a cessé, depuis sa mort, d'inspirer femmes et hommes. Figure totale du Moyen-âge européen, elle déborde des limites du XIIe siècle et de la vallée Rhin où elle vécut : depuis sa berge de fleuve, entre Mayence et Cologne, Hildegarde rayonne sur l'univers entier. Née au moment où la première Croisade arrive à Jérusalem, elle meurt tandis que naissent les premiers chevaliers de romans. A son expérience de femme de pouvoir, son oeuvre mêle observations et visions, unissant sous une même énergie vitale les mondes réels, imaginaires et divins. Léo Henry crée, autour de Hildegarde, un livre-monde qui emprunte ses formes autant au récit épique, qu'à l'hagiographie ou au roman picaresque. Une fresque, qui court de la création du monde à l'Apocalypse, et explore l'intrication du temps qui passe et des histoires que nous nous racontons. Inclassable et foisonnant, Hildegarde est un roman merveilleux, un roman de l'émerveillement.

  • Amatka

    Karin Tidbeck

    Une fable politique, dans la lignée de 1984, sur le contrôle social, la peur du changement et la plus insensée des révolutions.

    « Bienvenue à Amatka... où chacun joue un rôle, où le langage possède d'étranges propriétés et où rien - pas même la texture de la réalité - ne peut être garanti.»

    Ainsi se présente Amatka, cette austère colonie antarctique aux ambiances post-soviétiques. Amatka, lieu interdit à la dissidence et aux sentiments, espace exigu où la liberté niche dans les recoins obscurs du langage, est une communauté heureuse mais totalement figée. Lorsque Vanja, une « assistante d'information », est envoyée en mission là-bas pour y collecter de l'intelligence à des fins gouvernementales, elle comprend rapidement que son séjour qu'elle prévoyait expéditif sera moins routinier qu'envisagé. Et pour cause, le point de bascule n'est jamais très loin dans cette colonie d'hiver, de sorte que Vanja sera amenée à enquêter parmi les ombres d'Amatka, celles qui revendiquent l'insurrection...

    Jeff Vandermeer, anthologiste du Big Book of Science-Fiction et du recueil The Weird, a considéré ce roman dès le premier instant, louant cette « exploration époustouflante et véritablement originale des mystères du réel et de ce que signifie être humain ». Fille par les lettres de Margaret Atwood et d'Ursula K. Le Guin (pour son approche sociale des Dépossédés), la suédoise Karin Tidbeck dresse avec Amatka une fable d'anticipation aussi réflexive qu'inventive, s'intéressant davantage aux mécanismes du changement qu'à ses seuls effets. Par son style concis et efficace, elle nous offre le portrait d'une société où les mots, dépouillés jusqu'à l'os de leur polysémie, deviennent à la fois un objet de répression et une arme, et où la communication est au coeur des rapports de force.

  • Susto

    Luvan

    • La volte
    • 18 Janvier 2018

    Sur l'île de Ross, aux confins de l'Antarctique et à une date indéterminée, le volcan Erebus couve la ville de Susto, métropole mythique à la population cosmopolite, fourmilière de colons, de mineurs, de triades, de minutemen et d'enfants perdus. Cité en éventail scindée par des murs jadis protecteurs, mais devenus instruments d'oppression, Susto est le théâtre des soubresauts des derniers représentants d'une humanité aux abois. Les sustoïtes tentent de s'y bâtir une existence, grondent à l'unisson, résistent, se repoussent et s'attirent au coeur de cette Pompéi australe.

    À l'instar des romans picaresques et des feuilletons du XVIIIe, le récit brasse tous les genres à sa disposition - comics, voix radiophoniques, pulp et roman populaire jusqu'au théâtre antique - en une fresque chorale qui épouse le rythme de l'éruption, volcanique et sociale. On y croise une vulcanologue étudiant les stades du cataclysme ; un héros masqué devenu le porte-drapeau des mineurs hispano-japonais spoliés ; un espion qui écoute pour le compte du gouvernement ; une prophétesse (aux accents volodiniens) scandant les appels à la révolte dans des messages poétiques cryptiques ; une ancienne incantatrice...

    Mais quel désastre, de la colère d'Erebus ou des révolutions humaines, aura finalement raison de leurs faibles espoirs ? Susto désigne, dans la langue des Indiens d'Amérique, la « maladie de la frayeur », celle qui « laisse l'âme ailleurs » et niche en chacun de nous.

    Susto est le roman de nos peurs collectives, une fresque urbaine dont la conclusion funeste se veut d'emblée irrévocable.

    À lire également...

empty