Les Presses de l'Université de Montréal

  • Études françaises. Vol. 57 No. 2,  2021 Nouv.

    Depuis une trentaine d'années, l'intérêt pour la frontière séparant la littérature et l'histoire est indéniable. Cet objet complexe a été abordé de part et d'autre de la limite disciplinaire, tantôt à partir des humanités[1], tantôt à partir de la littérature[2]. Certaines publications témoignent encore plus directement de cette porosité de la frontière entre littérature et histoire en faisant intervenir des spécialistes issus des deux disciplines[3]. La question demeure néanmoins ouverte dans la mesure où il s'agit d'un problème insoluble. Si « l'imagination a une capacité de déchiffrement de l'histoire[4] », une telle lecture du passé doit affronter des écueils éthiques et esthétiques dans la saisie et l'interprétation auxquelles elle procède, soulignant la difficulté inhérente à l'appariement du véridique et du vraisemblable. Les démarches de narrativisation faisant très souvent appel à la mémoire (exprimée de première main ou prise à distance), le problème éthique s'en trouve complexifié d'autant que la mise en récit soulève également la question de la fidélité au réel (ou, au contraire, son éloignement).

  • Le cauchemar de la chute de Phonsine dans un puits possède une extraordinaire résonance dans les écrits de Germaine Guèvremont. Clé de l'oeuvre, ce rêve, qui est l'expression d'importants traumatismes ayant marqué l'autrice, synthétise les enjeux de son écriture et en révèle les fondations mêmes.

    Une idée reçue voudrait que Germaine Guèvremont soit l'autrice d'un seul roman : cet essai montre au contraire qu'elle a écrit un vaste cycle qui traverse les époques, les genres et les médias, et qu'il faut l'étudier dans son ensemble pour prendre la pleine mesure de l'ambition et du talent de sa créatrice. À partir d'une étude psychocritique du rêve de Phonsine, David Décarie met en lumière une poétique du Cycle du Survenant en s'appuyant sur les recherches qu'il mène depuis une dizaine d'années. Il s'intéresse à trois aspects de la vie de Guèvremont - le deuil, les secrets de famille, l'enfant de remplacement - qu'il met brillamment en rapport avec des procédés d'écriture qui structurent l'oeuvre. Ce faisant, il lève le voile sur l'une des plus grandes écrivaines du Québec.

  • Tantôt échafaudage, tantôt squelette, parfois patron de couturière, la contrainte est un réglage intentionnel et ad hoc servant à la confection d'un texte. Fer de lance des membres de l'Ouvroir de littérature potentielle (Oulipo), cette pratique d'écriture peut se concevoir dans toutes les langues, à toutes les époques. Le Québec ne fait pas exception, avec des oeuvres aussi diverses et originales que celles de Nicole Brossard, Raôul Duguay, Guy Delahaye ou Anne Archet.

    La 'Pataphysique, le formalisme et les machines - trois points d'ancrage de la littérature à contraintes -sont ici envisagés à même un corpus exclusivement québécois, composé d'une centaine d'oeuvres publiées entre 1910 et 2019. L'autrice en profite pour réfléchir aux enjeux qui émergent d'une analyse inédite et audacieuse : l'alliance du rire et de la science, le féminisme, la potentialité. Elle fait ressortir un aspect méconnu de la littérature québécoise, tout en soulignant l'influence littéraire et la puissance théorique de cette écriture pour le moins singulière.

  • La forme vitale est-elle virtuellement fixée dans le germe ou se détermine-t-elle au cours du devenir embryonnaire ? Dans les années 1880, Wilhelm Roux cherche à résoudre ce problème par la création de l'embryologie expérimentale. Au moyen d'une reconstruction rationnelle des étapes historiques de cette discipline, cet ouvrage montre l'importance des concepts de préformation et d'épigenèse aux origines de celle-ci. L'analyse porte sur trois périodes charnières : la réforme mécaniste et darwinienne de l'embryologie morphologique par Ernst Haeckel (1866) ; l'avènement d'une physiologie réductionniste du développement avec Wilhelm His (1874) ; et la création d'une « mécanique du développement » par Roux ainsi que les interprétations néo-darwinienne, néo-vitaliste et organiciste de ses résultats les plus significatifs (1888-1908). L'auteur y soutient que ces développements suivent une logique de la découverte, selon laquelle les modèles mécaniques d'explication doivent être renouvelés lorsque leur examen empirique engendre la découverte de nouveaux phénomènes de régulation.

    Ce livre traite donc d'un enjeu fondamental de la philosophie des sciences : le rapport entre la rationalité scientifique et la découverte. Il offre aussi un éclairage sur une question très actuelle de la philosophie de la biologie, soit les transformations du concept d'épigenèse en rapport avec les théories épigénétiques contemporaines. La méthodologie adoptée ici s'inscrit dans la tradition de l'épistémologie historique, consacrée à l'étude des transformations du savoir scientifique, fondée sur l'analyse historique de diverses sources documentaires. Un éclairage théorique constitué de modèles provenant de la philosophie des sciences et de connaissances scientifiques demeure ici indispensable.

  • Les monstres ont toujours existé, et on les représente au moins depuis l'Antiquité. Pourtant, ce terme qui était populaire il y a quelques décennies à peine est rarement énoncé de nos jours, sauf - essentiellement - dans une perspective morale (ou moralisatrice). On peut néanmoins trouver un sens à la monstruosité ; mais comment la définir de la manière la plus neutre possible ? On pourrait avancer, prudemment, qu'il s'agit d'un écart marqué par rapport à une norme qui elle-même varie en fonction du contexte culturel, social ou politique.

    Le Frankenstein de Mary Shelley, la figure la plus ancienne examinée dans cet ouvrage, sert un peu de fil conducteur à ce parcours qui s'attarde sur des oeuvres de fiction dans lesquelles le monstre est pensé par la science et la technologie, ou plutôt par leur imaginaire souvent débridé. Dans ce cadre précis, le fantasme du monstre permet de diverses façons de se pencher sur des concepts comme ceux d'hybridité, d'altérité, de cyborg, d'animalité humaine et sur des rapports plus complexes que prévu entre nature et culture. Penser le monstre comme une figure épistémique pour réfléchir aux savoirs de tous les temps : un but ambitieux, que l'auteur de cet essai atteint sans encombre.

  • L'originalité de ce livre réside avant tout dans le fait que s'y développe un savoir affectif dans lequel la pensée ne domine pas l'affect, ni l'affect la pensée. Trop souvent en effet, la science et la philosophie nient le rôle vital de ce dernier - ce à quoi ne font pas exception les études regroupées sous le nom d'affect theory. Toute la difficulté est là, et c'est ce qu'entend réussir cet essai : théoriser l'affect sans, par conséquent, le récuser. Dans sa tentative de le comprendre comme un état essentiellement subjectif, l'auteure se tourne vers l'expression artistique et littéraire, particulièrement celle de l'oeuvre de l'écrivaine autrichienne Ingeborg Bachmann.

    Bachmann elle-même n'a pas théorisé l'affect, mais la variété de ses écrits (une thèse sur Heidegger, dont elle critique la conceptualisation abstraite de l'angoisse, de la poésie, des essais, une pièce de théâtre radiophonique, des romans, des nouvelles) et de ses obsessions (la souffrance, le mal, le virus du crime, les femmes malades, amoureuses, les failles du langage) permettent d'élaborer un savoir affectif, dont Marie-Eve Fleury explore ici brillamment certains aspects, en suivant le fil, parfois rompu, d'une pensée qui se déploie dans un essai fouillé, évocateur et... tout en affect.

  • Études françaises se rappelle qu'il y a cinquante ans, en 1970, elle couronnait du deuxième prix de sa jeune histoire L'homme rapaillé de Gaston Miron, ce recueil publié par les Presses de l'Université de Montréal qui a tant marqué, et continue de marquer la littérature et la société québécoises.

    Fondée en 1965 au département d'Études françaises (devenu le département des Littératures de langue française en 2003) de l'Université de Montréal, la revue Études françaises a souhaité prolonger son action en créant en 1966 un prix littéraire « à l'intention des écrivains francophones ». Directeur de la revue de 1966 à 1978, Georges-André Vachon l'avait nommé « prix de la francité » : « "francité", au sens où nous l'employons, désigne la francophonie moins la France », écrivait-il en 1968, « toutes les régions périphériques du domaine français ». Le premier lauréat de ce « premier prix international décerné par un jury canadien-français » fut le romancier ivoirien Ahmadou Kourouma, appelé à devenir l'un des écrivains majeurs de l'Afrique francophone. Couronné dans les locaux de la délégation du Québec à Paris le 23 février 1968, Les soleils des indépendances, qui lançait son oeuvre, demeure une date dans l'histoire de la littérature africaine.

  • Cet ouvrage retrace la passion d'un acteur porté par l'art de l'improvisation. Sa structure en trois parties se fait l'écho d'un cheminement jamais démenti.

    Sources - la découverte bouleversante de l'improvisation et les rencontres qui constituent le creuset dans lequel se fondent la pratique et la réflexion;

    Manifeste - le moment de l'analyse et du regard critique sur les dérives de la Ligue nationale d'improvisation, qui a progressivement écarté du paysage culturel l'art de l'improvisation libre;

    Manuel - ou la démarche de transmission, legs d'un artisan et d'un professeur passionné aux apprentis comédiens.

    Acteur influent et observateur attentif de la culture depuis cinq décennies, Raymond Cloutier raconte un large pan de l'histoire de la création en collectif au Québec. C'est tout à la fois une autobiographie, un ouvrage critique et un ouvrage pédagogique qu'il offre au lecteur.

  • Ce dossier pluridisciplinaire s'inscrit dans le cadre du cent cinquantenaire de l'insurrection algérienne de 1871. Il est composé de six articles écrits à partir de l'objectif commun de cerner les représentations, les interprétations et la mémoire de cet événement en France et en Algérie. Depuis ce point de vue fédérateur, les différents contributeurs du dossier analysent des oeuvres et des sources diverses, qu'il s'agisse de romans, de représentations théâtrales, de chroniques ou de recueils poétiques. La matière historique que constituent ces événements se résume ainsi. Pour la France en guerre, depuis des mois, contre les armées allemandes coalisées autour de la Prusse, l'année 1870 s'achève sur un bilan négatif. Après Sedan, la capitulation de Napoléon III et la chute du Second Empire, le gouvernement républicain a échoué à repousser les armées qui ont envahi une partie du territoire français et à débloquer Paris alors assiégé. L'armistice signé le 28 janvier 1871 met fin à des combats dans lesquels ont été engagés, notamment, des régiments de tirailleurs algériens. Au cours du printemps 1871, la guerre franco-allemande se prolonge dans des affrontements sur l'autre rive de la Méditerranée. Dans un contexte d'épidémies, de famine et d'endettement, le départ d'une partie de l'armée d'occupation vers la métropole en guerre, les défaites militaires face à l'Allemagne, la chute du Second Empire, l'installation de la République qui est réputée favorable aux colons avides de terres nourrissent une résistance face à la domination coloniale.

  • En 1986, on prenait en photo de nombreux paysages de la MRC de Memphrémagog jugés d'intérêt supérieur. Trente années plus tard, on refaisait l'exercice en photographiant à nouveau quelque 50 de ces sites, dans des conditions semblables, afin de pouvoir en comprendre l'évolution. Que sont devenus ces paysages ? Pourquoi certains sont-ils restés inchangés alors que d'autres se sont profondément transformés ?

    Cet ouvrage unique au Québec présente une sélection de photos de cet ambitieux projet, tout en prenant appui sur les informations recueillies auprès des habitants et des intervenants de la région. Par-delà le plaisir qu'il nous donne de voir comment les lieux évoluent, il fait une démonstration éclatante de l'utilité de ce genre d'observatoire photographique. Cela permet de réfléchir non seulement à l'avenir de nos paysages, leur mise en valeur et leur protection, mais aussi à l'importance qu'ils revêtent auprès de la population. On y trouvera les outils et les voies d'actions dont disposent les municipalités et les MRC pour un aménagement durable de leur territoire et, plus particulièrement, des réponses pratiques et théoriques sur les moyens de valoriser notre patrimoine paysager.

  • Depuis une trentaine d'années, on a tendance à amplifier, parfois grossièrement, la portée de la mondialisation et à en déformer la réalité. Selon plusieurs, l'accélération de la mondialisation conduit à l'avènement d'un monde « sans frontières », exacerbant la concurrence entre les nations.

    Ces critiques face à la mondialisation sont-elles justifiées ? C'est en examinant les données sur la performance économique et sociale des pays sociaux-démocrates et libéraux, en décortiquant la situation de l'emploi et en expliquant les inégalités qui y sévissent que nous pouvons cerner la portée de la mondialisation dans nos vies. Les conclusions sont claires : l'État-providence est bien vivant et la social-démocratie est toujours le modèle économique et social le plus performant.

  • Comment les oeuvres d'Hervé Bouchard et de Michael Delisle abordent-elles la paternité ? Comment la fonction paternelle - au sens de la psychanalyse - est-elle révélée et subvertie au sein de leurs poétiques ?

    Pour parler de Bouchard, d'abord, l'auteur de ce livre fait un détour du côté de Freud et de son célèbre Totem et tabou. Il revisite le mythe du père de la horde et montre comment la prose bouchardienne est marquée par un désir de déclarer le leurre supposé de la loi symbolique, désir détecté dans une entreprise de « totémisation » de l'écriture. Puis, s'intéressant à l'oeuvre de Delisle, il s'attarde à la conception lacanienne du mythe individuel afin d'analyser la tentative toujours réitérée de l'artiste d'atteindre le père. Chez Bouchard et Delisle, la paternité est ainsi une place vide autour de laquelle les fils créent et se définissent.

    Ce parcours permet de dégager un ressort poétique inédit : la père-mutation. La figure du père, disséminée et fragmentée dans les écrits de ces deux auteurs québécois contemporains, fait l'objet d'un travail d'élaboration poétique que la psychanalyse permet de reconnaître. Louis-Daniel Godin l'observe et la dissèque avec une grande perspicacité fondée sur la connaissance profonde de ses sujets : littérature, paternité et psychanalyse.

  • À l'époque du retour turbulent des identités, notamment religieuses, et dans un contexte d'érosion relative des solidarités citoyennes et des loyautés constitutionnelles, les polarisations sociales qu'engendrent les extrémismes de tout acabit nuisent à la cohésion sociale et fragilisent les fondements de nos sociétés démocratiques. Où en est la recherche en sciences sociales sur cette question ? Quels sont les débats récurrents et les enjeux qu'elle soulève ? Comment peut-elle contribuer à mettre en place des solutions ?

    En regroupant plus d'une quarantaine de spécialistes et de chercheurs issus de différentes disciplines dans une dizaine de pays occidentaux, cet ouvrage participe à sa façon à l'enrichissement des connaissances. Sur le plan théorique, d'abord, en revenant sur l'apport de plusieurs disciplines et modèles conceptuels qui permettent d'éclairer divers aspects de ce phénomène complexe. Sur le plan empirique, ensuite, en s'inscrivant dans un effort de contextualisation de l'extrémisme violent et en présentant des études de cas dans plusieurs pays occidentaux. Sur le plan des pratiques, enfin, en analysant les réponses et les politiques mises en place (ou non) pour contrer ces extrémismes en Occident.

  • Surtout utilisée dans le monde des affaires, l'analyse du risque politique fait son entrée à l'université. À la fois une trousse à outils et un programme de recherche novateur, cet ouvrage unique en français se veut une référence pour ceux et celles qui souhaitent s'initier à cette pratique émergente. Il intéressera les étudiants, les chercheurs et les praticiens soucieux d'explorer la science politique de manière appliquée. Assorti d'études de cas que les professionnels de divers milieux (financier, sécuritaire, contre-terroriste, etc.) explicitent avec leurs grilles de lectures et leurs méthodes de travail, il inscrit l'analyse du risque politique dans une démarche rigoureuse, collaborative et interdisciplinaire. Conscients des limites et des effets des analyses, les auteurs repensent et mesurent les risques en fonction de l'évolution du monde en montrant comment, dans plusieurs domaines, les décisions de nature politique sont prises. Cet ouvrage entend ainsi appréhender l'incertitude et concevoir les futurs, tout en gardant une saine distance critique.

  • Les baby-boomers ont-ils jeté le religieux avec l'eau bénite ? Sont-ils vraiment athées ? Comment donnent-ils un sens aux grands événements du cycle de la vie ? Que cache l'invisibilité ou même le tabou du religieux au Québec après le déclin du catholicisme ? Bref : que reste-t-il de l'héritage du catholicisme auprès de la génération issue du baby-boom ?

    À partir de récits de vie recueillis auprès d'une centaine de Québécois nés catholiques dans les années 1950, les auteurs explorent la recherche de sens des expériences individuelles et collectives. En dépit de l'invisibilité du religieux sur la place publique, la plupart des personnes rencontrées affichent des croyances et des pratiques qui leur sont propres. Si ces dernières empruntent à divers registres religieux inspirés de la diversité culturelle, la mémoire et l'éducation catholiques restent présentes dans les récits comme dans les pratiques, parfois teintée du vocable de la spiritualité. Ce livre brosse un portrait de la modernité québécoise et de la sécularisation de la société en montrant notamment les débats identitaires qui animent l'imaginaire collectif et qui façonnent les consciences individuelles. Surtout, il vient combler un vide dans les écrits sur les comportements religieux au Québec.

  • En présentant les grands principes de l'analyse criminelle, cet ouvrage vise un premier objectif : bénéficier du savoir des études menées depuis deux siècles qui ont permis des avancées notables et qu'il ne faudrait pas oublier. Dès le 19e siècle, en effet, on réalisait des travaux d'analyse criminelle pour répondre à la nécessité d'augmenter l'efficacité de la police dans sa lutte contre la criminalité.

    L'analyse criminelle est un travail complexe et sa formation doit en rendre compte. D'un côté, les analystes et, plus généralement, les criminologues se professionnalisent : il importe donc de bien définir en quoi consiste leur travail. C'est loin d'être facile, d'autant que la criminologie est elle-même un amalgame de domaines : géographie, psychologie, sociologie, travail social, droit, etc. D'un autre côté, il n'est pas évident de distinguer les analystes criminels des chercheurs en criminologie, puisqu'ils utilisent tous deux des méthodes et des processus semblables. Pourtant, tout comme les chercheurs sont considérés comme des « spécialistes en recherche », les analystes devraient être reconnus comme des experts en leur domaine. Cet ouvrage répondra à cet objectif de reconnaissance de la profession en en montrant toutes les facettes, de façon théorique, bien sûr, mais aussi en utilisant des exemples tirés de cas réels.

  • La traduction a toujours joué un rôle important dans la communication humaine, dans tous les domaines. Elle continue de le faire, particulièrement dans l'émergence aujourd'hui d'une culture et de discours sur l'environnement, dans une perspective de durabilité, et ce, partout dans le monde. Ce livre explore les mots et les concepts liés à l'environnement dans plusieurs langues, et fournit un profil linguistique des éléments clés : dimensions et processus à l'oeuvre dans la traduction, diffusion, adaptation et évolution des cultures et des discours. Il met l'accent sur la temporalité, la spatialité, la spécificité culturelle et la comparabilité interculturelle des pratiques environnementales locales. La nature dynamique des différentes cultures environnementales y est mise de l'avant grâce à des recherches linguistiques empiriques, comme la modélisation statistique des données numériques multilingues relatives à l'environnement, recueillies dans les documents originaux et traduits.

  • Depuis la Seconde Guerre mondiale, le système commercial multilatéral a été soutenu par les idées des Lumières et une vision libérale de paix et de prospérité partagée. On l'a aussi considéré comme un frein au socialisme et au protectionnisme européens, d'abord, puis à celui des pays en voie de développement. En ce sens, on ne peut envisager la diplomatie commerciale, qui vise la constitution des règles objectives communes, sans prendre en compte les considérations géoéconomiques et géostratégiques mondiales. Sur fond de la montée en puissance de la Chine, du Brexit, des velléités protectionnistes un peu partout dans le monde, notamment aux États-Unis, et d'une économie toujours plus interdépendante, cet ouvrage fait le point sur les diverses initiatives commerciales et les stratégies de négociation nationale.

    Si on peut lire chaque contribution séparément, l'ouvrage n'en recherche pas moins à offrir au lecteur un panorama des grandes négociations en cours, de leurs dynamiques et, surtout, de façon prospective, de la nouvelle gouvernance mondiale. Il est le fruit de la réflexion collective de vingt-trois experts.

  • Comment les campus universitaires ou collégiaux, par les nombreuses composantes qui les façonnent, contribuent-ils à offrir des lieux propices au développement et à la diffusion du savoir ? C'est ce que cet ouvrage entend montrer en examinant chacun des éléments constituant ces ensembles, des auditoriums aux laboratoires et aux bibliothèques, en passant par les résidences étudiantes, les équipements sportifs et culturels, sans oublier les espaces verts et l'art public qui s'y déploie.

    Tirés des quelque 300 institutions auxquelles l'auteur fait référence, les nombreux exemples, souvent illustrés par des photos et des plans, mettent en évidence la diversité et la complexité des solutions qui sont apportées aux problèmes posés par la mise en place d'un lieu qui favorise la mission d'enseignement et de recherche de l'université. Le livre met en lumière les richesses souvent insoupçonnées que réservent les campus à qui leur prête attention. Il intéressera les architectes et les urbanistes, en plus des professeurs et des chercheurs dans les domaines les plus variés ainsi que tous ceux et celles qui s'interrogent sur les universités, soit pour y poursuivre des études, soit pour participer à des activités de divers types.

  • Malgré l'abondance des travaux féministes et théologiques produits au Québec depuis plus de quarante ans, il n'existait toujours pas, avant ce livre, de synthèse sur le féminisme en regard de la spiritualité. Il était plus que temps de rassembler dans un ouvrage ses principales théoriciennes : voilà une lacune comblée.

    L'autrice fait ici un retour sur les idées fortes élaborées durant ses quelque trente années d'enseignement et de recherche dans le domaine. « Le personnel est politique... et théorique », dit le slogan féministe dont elle s'est inspirée. Sa démarche, qu'elle qualifie d'existentielle, l'a amenée à relire l'histoire de sa vie, ses engagements et ses postures théoriques pour poser des questions essentielles. Quelles intersections construire entre le féminisme et la spiritualité ? Comment vivre dans ce temps de transformations des relations ? Comment des féministes chrétiennes québécoises ont-elles relu le christianisme et parlé de la Dieue, de Christa, de la trinité et de Marie ? Comment se vivent les solidarités interspirituelles ? Et comment déconstruire le patriarcat néoconservateur religieux ? En parlant de l'ultime à travers l'intime, l'autrice dans cet ouvrage fondamental pose les jalons de la transformation du féminisme dans le domaine du religieux et du spirituel.

  • En se penchant sur l'histoire des enfants handicapés physiques du Québec, ce livre éclaire un passé méconnu et rend compte des représentations sociales de ces enfants et de l'évolution des divers services qu'on leur a offerts pendant près d'un siècle, entre 1920 et 1990. L'autrice aborde les thèmes de l'assistance, de l'éducation et de la santé en s'appuyant sur un vaste corpus d'archives qui met au jour l'histoire de certaines associations philanthropiques jusqu'ici demeurées dans l'ombre. Des entrevues enrichissent la narration et brossent un portrait inédit de ces enfants dont le statut a été déterminé par une double tension : entre exclusion et intégration, d'une part, et entre médecine et éducation sociale, d'autre part. Ces dynamiques contradictoires révèlent, de façon nuancée et sensible, trois figures de l'enfance handicapée : la victime angélique, l'enfant-citoyen réadapté et le monstre. Comment se construit une norme ? Comment s'expriment les phénomènes de rejet, de ségrégation et d'exclusion dans une société ? De quelle façon les mouvements de défense des droits de « l'enfance irrégulière » se sont-ils organisés au Québec ? Autant de questions fondamentales qui intéresseront les étudiants, les professionnels et le grand public ouvert aux questions éthiques et sociales touchant l'enfance et le handicap.

  • Face à la complexité du monde du travail, la société doit pouvoir compter sur une discipline scientifique qui en étudie les différents aspects et qui forme des personnes aptes à comprendre et à solutionner les problèmes qui en découlent. Le champ des relations industrielles occupe cette fonction depuis près d'un siècle en Amérique du Nord. À l'occasion de son 75e anniversaire, l'École de Relations industrielles de l'Université de Montréal a demandé à ses professeurs et professeures de joindre leurs voix pour produire un ouvrage qui mettrait en évidence le riche savoir et l'excellence de la recherche de cette discipline. En acceptant l'invitation, ces spécialistes répondent ici, avec enthousiasme et rigueur, à des questions d'actualité concernant le monde du travail, notamment celles-ci :

    La gestion des ressources humaines est-elle « humaine » ?
    Quel rôle joue l'éthique dans ce domaine ?
    Comment améliorer l'image du syndicalisme auprès des jeunes ?
    Existe-t-il des différences de valeurs entre les générations dans une même organisation ?
    Les programmes d'accès à l'égalité au Québec fonctionnent-ils vraiment ?
    Les entreprises transnationales ont-elles une responsabilité sociale ?
    Que sait-on de la santé et de la sécurité des jeunes au travail ?
    Pourquoi avons-nous besoin de recherches comparatives transnationales en relations industrielles ?
    Comment devenir un négociateur compétent ?
    Les relations industrielles en questions

  • Depuis toujours, les travailleuses sociales collaborent de très près avec les professionnels du monde de la santé, les médecins et les infirmières au premier chef. Or la formation de ceux-ci a peu à offrir sur la nature et l'importance de cette affiliation. Cet ouvrage cherche à mieux faire comprendre les raisons de l'écart qui existe entre formation et pratique et met au jour les liens bien réels, même si souvent occultés, entre le travail social et les disciplines de la santé. Les travailleuses sociales trouveront ici des informations essentielles pour bien s'intégrer aux domaines de la médecine, des sciences infirmières, de la réadaptation ou au monde des aides-soignants. Avec une visée pédagogique assumée, les auteurs décrivent et analysent l'apport de ces travailleuses en santé publique, auprès des personnes vulnérables ou dans divers contextes de pratique médicale. Ils montrent sans équivoque qu'il faut soutenir la collaboration interprofessionnelle dans le vaste réseau de la santé et des services sociaux et proposent des pistes sur la formation en travail social.

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