Libertalia

  • Feu, abécédaire des féminismes présents Nouv.

    Elsa Dorlin fait appel à une soixantaine d'autrices pour revenir sur la période 2000-2020, période au cours de laquelle le mouvement féministe a connu un renouveau, une accélération, de nouveaux canaux de diffusion. Nous avons choisi de laisser la parole aux autrices avec des textes longs, pour prendre le temps d'expliciter leurs travaux et de creuser des problématiques qui nous sont chères. Les autrices (universitaires, associatives, écrivaines, agitatrices...) ont participé à cette nouvelle vague, à sa politisation, et dénoncent la violence structurelle de la domination masculine dans la société, au coeur du néolibéralisme, à l'encontre des femmes et des minorités sexuelles et de genre.

    Elsa Dorlin est professeure des universités, elle enseigne la philosophie sociale et politique à l'université Paris-8-Vincennes/Saint-Denis. Elle a publié et dirigé plusieurs ouvrages, parmi lesquels La Matrice de la race. Généalogie sexuelle et coloniale de la nation française, La Découverte, 2006 (poche, 2009) ; Se Défendre. Une philosophie de la violence, Zones, 2017 (poche, 2019).

  • Après des décennies de militantisme vasectomiste, la stérilisation et la contraception masculines apparaissent toujours comme des sujets d'actualité et suscitent un intérêt croissant. Alors que la libéralisation et la médicalisation de la contraception laissent de plus en plus poindre les contreparties pour les femmes, le partage des responsabilités contraceptives questionne la relation des hommes à leur masculinité et à la virilité.Au-delà des questions de genre, réintégrer la vasectomie dans l'histoire et l'actualité de la contraception permet de décaler le regard sur les enjeux politiques de la procréation. Et de finalement poser une question toute simple : alors les gars, quand est-ce que vous vous y mettez ?

    Élodie Serna est docteure en histoire contemporaine. En 2018, elle a soutenu à l'université de Genève sa thèse Faire et défaire la virilité. Les stérilisations masculines volontaires en Europe dans l'entre-deux-guerres (à paraître, PUR). Chercheuse indépendante associée à l'université de Lille, elle poursuit ses travaux de recherche, notamment au croisement de l'histoire de la médecine et de la sexualité.

  • Une polémique sur les poilus de Verdun, un hommage à l'OAS, l'accueil en grandes pompes d'Éric Zemmour... voilà autant de faits qui devenus l'ordinaire de Béziers. Ce qui se joue là est construit et s'inscrit dans un système qu'il faut replacer à une échelle nationale. Certains polémistes revendiquent ouvertement le fait de mener la «guerre de l'histoire» pour enraciner leurs concepts idéologiques. Robert Ménard ne fait pas autre chose. La position de l'élu, au carrefour des médias et de la politique, lui confère une place stratégique dans la diffusion de l'idéologie de l'extrême droite. Par son statut de maire d'une ville de province déclassée, grâce à son accès aisé aux médias, il s'attribue le rôle de porte-parole d'une France des oubliés, dans une dialectique entre local et national.

    Richard Vassakos est professeur d'histoire-géographie et chercheur associé au sein du laboratoire CRISES de l'université Paul Valéry Montpellier III.

  • Valérie Rey-Robert résume, dans un texte court et concis, les principaux sujets qui animent le féminisme aujourd'hui. Ceux-ci ne sont pas récents, mais depuis le hashtag #MeToo, ils trouvent un écho inédit dans l'espace public : la charge mentale, le travail, les inégalités, les violences, l'éducation... Valérie Rey-Robert, autrice féministe militante, s'est attachée à donner en 10 courts chapitres des arguments et des chiffres pour armer les esprits et rendre accessibles ces thèmes de lutte au plus grand nombre. Pour compléter ce tour d'horizon, elle revient sur l'histoire des différentes vagues et courants féministes, mais aussi sur celles qui les ont incarnés et théorisés, en faisant un détour par les idées reçues et les dissensions que traversent le mouvement.

    /> Valérie Rey-Robert anime le blog féministe Crêpe Georgette. Elle est l'autrice d'Une culture du viol à la française (Libertalia, 2019) et de Le Sexisme, une affaire d'hommes (Libertalia, 2020).

  • Là où le feu et l'ours est l'histoire de la rencontre entre une jeune femme et un ourson que l'on suit dans une steppe traversée d'incendies, puis dans une oasis où se pratiquent d'autres manières de vivre.Ce texte empreint d'imaginaire, romanesque et intemporel, se teinte en filigrane de thématiques actuelles liées au climat, à la gestion des communs et au rapport au vivant - sans sombrer dans le didactisme.Là où le feu et l'ours est un texte empli de sensations et d'émotions, qui emporte loin et déploie un univers singulier, attachant et extrêmement vivant. Une fiction qui, sans être naïve, dégage beaucoup de douceur, loin des violences que l'on retrouve trop souvent dans certains romans jeunesse et récits dits « post-apocalyptiques ».

    Corinne Morel Darleux est l'autrice de Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce.

  • Fin des animaux sauvages dans les cirques, actions militantes devant des boucheries, remise en cause de l'élevage, vidéos dénonçant la réalité des abattoirs... tout ceci donne du crédit au mouvement «antispéciste».Le mot «spécisme» est entré dans les dictionnaires récemment, mais son usage se répand rapidement pour désigner des discriminations fondées sur l'espèce. Une des conséquences de l'antispécisme est le véganisme.Cet ouvrage percutant permet de comprendre les liens de ce mouvement avec des courants de pensée comme le socialisme, l'anarchisme et le féminisme. Il appréhende son rapport avec l'écologie, les religions et la critique du capitalisme, et finalement aborde la question de la convergence des luttes, mais aussi d'une redéfinition de la place de l'humain sur notre planète.

    Jérôme Segal est un essayiste et historien franco-autrichien, maître de conférences à Sorbonne Université ainsi que chercheur et journaliste à Vienne, en Autriche. Il est l'auteur de Animal Radical. Histoire et sociologie de l'antispécisme, (Lux, 2020), Athée et Juif. Fécondité d'un paradoxe apparent, (Matériologiques, 2016).

  • Des livres de Jack London, il y en a beaucoup.
    Mais les grands livres de cet auteur se comptent sur les doigts des deux mains.
    Depuis 1925, personne n'avait jamais retraduit cet immense roman, pas même la Pléiade.
    Voici enfin la traduction intégrale de ce chef d'oeuvre de la littérature anticarcérale, également roman précurseur des littératures de l'imaginaire.

    Jack London, rude gaillard californien, littérateur (1876-1916). Compagnon de route, de longue date, des éditions Libertalia.

  • En 1857, dans une Angleterre victorienne patriarcale, William Morris, poète de 23 ans proche du mouvement préraphaélite, s'empare de la légende arthurienne qui connaît alors une popularité croissante. Mais, au lieu de célébrer les exploits des chevaliers, l'auteur décide de donner pour la première fois la parole à la reine Guenièvre. Reprenant l'un des épisodes les plus célèbres du mythe du Camelot durant lequel la souveraine est accusée d'adultère avec Lancelot, William Morris place Guenièvre au centre de son récit et lui laisse le champ libre pour qu'elle présente seule sa défense devant un parterre de juges : tous des chevaliers, tous des hommes. La reine développe alors ses arguments, défend son amour et montre qu'elle a aussi été contrainte dans une condition qu'elle n'a pas voulue.

    William Morris (1834-1896), poète, romancier, imprimeur, penseur libertaire, est l'auteur des Nouvelles de nulle part (nouvelle édition à paraître chez Libertalia en 2022). Il est considéré comme l'un des précurseurs de la pensée écologique radicale.

  • May Picqueray (1898-1983) n'a loupé aucun des grands rendez-vous de l'histoire du XXe siècle. Dès 1921, elle proteste contre la condamnation à mort de Sacco et Vanzetti. En novembre 1922 elle est mandatée au congrès de l'Internationale syndicale rouge, à Moscou. Elle monte sur la table pour dénoncer un congrès en train de se goberger pendant que les ouvriers russes crèvent de faim, chante Le Triomphe de l'anarchie et refuse de serrer la main de Trotski. Pendant la guerre, elle fabrique des faux papiers. Puis s'investit dans les mobilisations de mai 1968, du Larzac, de Creys-Malville, oeuvre en faveur des objecteurs de conscience. Rien ne prédisposait cette petite Bretonne ayant commencé à travailler à 11 ans à côtoyer Nestor Makhno, Emma Goldman, Alexandre Berkman, Marius Jacob, Durruti...

    May Picqueray (1898-1983) fut l'une des grandes figures féminines du mouvement libertaire français du XXe siècle.

  • Voici la première biographie en français de Léo Frankel (1844-1896), seul élu étranger de la Commune de Paris (1871). Militant de la Première Internationale, dont il intègre la direction lors de son exil à Londres, il est un proche de Karl Marx. Il est emprisonné sous le Second Empire. Pendant la Commune, il est élu à 27 ans responsable de la commission du Travail, puis condamné à mort par contumace par les Versaillais.Ouvrier d'orfèvrerie, puis correcteur, enfin journaliste, il travaille et milite dans de nombreux pays d'Europe (Hongrie, Autriche, Allemagne, France, Grande-Bretagne). Véritable internationaliste, son parcours militant et ses articles montrent l'aspiration à un socialisme révolutionnaire qui réaliserait l'autoémancipation ouvrière.

    Julien Chuzeville est historien. Il est l'auteur d'Un court moment révolutionnaire (Libertalia, 2017).

  • La guerre menée par le gouvernement versaillais de Thiers contre la Commune de Paris, accompagnée, dès son début, par des exécutions de prisonniers le 3 avril 1871, s'est conclue, avant les condamnations à mort, à la prison ou à la déportation, par les massacres de la « Semaine sanglante » du 2 au 28 mai.

    Paradoxalement, cet événement a été peu étudié en lui-même, depuis les livres de Maxime Du Camp (1879) et Camille Pelletan (1880).

    C'est cette étude qui est entreprise dans ce livre.

    Michèle Audin est mathématicienne, romancière et spécialiste de la Commune de Paris.
    Elle a notamment coordonné deux livres avec Libertalia, l'un sur Eugène Varlin (2019), l'autre sur Alix Payen (2020).

  • La Ferme des Animaux [Animal Farm], publiée en langue anglaise en 1945, est l'un des livres les plus célèbres de George Orwell. Dans cette fable, Orwell décrit une révolte qui aboutit au renversement du fermier et à la prise du pouvoir par les animaux. Rapidement, le rêve égalitaire d'harmonie et de justice cède la place au doute puis au désarroi à mesure que se recrée une autocratie dirigée par les cochons, lesquels vont rapidement s'entretuer pour la place de chef et tyran.

    George Orwell (1903-1950) est l'un des plus grands auteurs d'expression anglaise. Il a notamment écrit 1984et Hommage à la Catalogne. Toute son oeuvre traduit son aspiration au socialisme libertaire.

  • Comment faire de la classe un lieu d'action collective tout en permettant à chacun de s'engager individuellement ? Comment analyser le monde et s'y engager de façon critique ?

    Née de la rencontre de la pédagogie Freinet, du marxisme, de l'autogestion, de la psychanalyse et des sciences humaines, la pédagogie dite "institutionnelle" cherche des outils théoriques et pratiques pour penser le rapport aux contenus, aux élèves, au monde en s'inscrivant clairement dans une démarche d'émancipation.

    Les Chemins du collectif se veut une entrée en pédagogie institutionnelle.En partant de pratiques de classes, chacun·e peut découvrir les éléments fondateurs de la pédagogie institutionnelle, percevoir leur dimension révolutionnaire pour questionner et transformer ses propres pratiques.

    Andrés Monteret est enseignant depuis 2001. Il travaille à Paris en éducation prioritaire. Syndicaliste, il est membre du collectif d'animation du site et de la revue Questions de classe(s) et du groupe de pédagogie institutionnelle de Paris-Créteil.

  • Bob Coates est un sale type. Fils du peuple, bigot, sexiste et raciste, il aime l'ordre et l'autorité.

    En cette année 1877 qui marque le début du récit, son pays est en proie à l'agitation ouvrière. Cet Américain moyen choisit de se ranger du côté du manche, il devient un nervi au service de la fameuse agence Pinkerton, qui donnera plus tard naissance à la CIA.

    Pendant cinquante ans, l'homme infiltre des luttes, attise les tensions internes, passe à tabac les grévistes, nulle abjection ne l'arrête.

    Dans ce roman inspiré de faits réels, troisième volet de la trilogie américaine (après Anthraciteet Nous ne sommes rien soyons tout), Valerio Evangelisti donne à voir les heurs et malheurs de la classe ouvrière américaine organisée du début du siècle XX.

    Valério Evangelisti, auteur italien né en 1952 à Bologne, est l'auteur de nombreux romans parmi lesquels tout le cycle SF Nicolas Eymerich.

  • Hiver 1910. Jean-Jacques Liabeuf, 24 ans, ouvrier cordonnier dans le quartier des Halles, est injustement condamné pour proxénétisme par des ripoux de la brigade des moeurs. Il entreprend de laver son honneur par ses propres moyens : des brassards cloutés, une lame affûtée et un revolver. Il devient un légendaire « tueur de flics » dont l'action d'éclat fera de nombreux émules, tout en gagnant la sympathie de la presse révolutionnaire. Après un procès retentissant, son exécution donnera lieu à l'une des plus grandioses émeutes populaires du XXe siècle, aux cris de : « Vive Liabeuf et mort aux vaches ! » Un an plus tard naissait la bande à Bonnot.

    Yves Pagès est auteur et éditeur chez Verticales (Gallimard).

  • Christophe Naudin est le coauteur de Charles Martel et la bataille de Poitiers. De l'histoire au mythe identitaire (Libertalia, 2015). Enseignant dans le second degré, il était au Bataclan le 13 novembre 2015.
    Il a assisté au concert du groupe Eagles of Metal le soir de l'attaque terroriste. Il y a perdu l'un de ses proches amis. Rescapé, il a rédigé un journal. Ce livre reproduit ce journal poignant, accompagné d'une forte postface contextualisante. Ce document unique porte une lumière particulière sur la trajectoire de cet enseignant en histoire médiévale, spécialiste de l'Islam, résolument progressiste.

    Christophe Naudin est le coauteur de Charles Martel et la bataille de Poitiers. De l'histoire au mythe identitaire (Libertalia, 2015). Enseignant dans le second degré, il était au Bataclan le 13 novembre 2015.

  • Vers la plus queer des insurrections est la traduction en français d'une anthologie du mouvement queer insurrectionnaliste Bash Back. Les textes ont été écrits par une constellation d'individus et de groupes et adoptent une multitude d'approches pour creuser des thèmes obsédants, tels que la lutte contre l'intégration aux normes hétérosexuelles, l'usage des identités, l'attaque du christianisme puritain, l'action directe, le rapport à la violence, la vengeance, la pratique des émeutes et autres moments corporels collectifs, la stylisation du corps, l'esthétique de soi, la criminalisation, les stratégies de survie au sein du capitalisme.

    Les auteur-e-s : Fray Baroque et Tegan Eanelli sont deux anarchistes queers, participant-e-s à Bash Back ! et vivant aujourd'hui à Oakland et San Francisco. Ielles sont né-e-s dans les années 1980 et 1990.

  • Mark Twain, le rappeur Jay Z, Marion Zimmer Bradley, George Romero, Robert Taylor, Alexandre Astier, John Fitzgerald Kennedy, Jack Kirby, Lawrence d'Arabie, John Boorman, les Kinks, les Who, Jackie Kennedy, Steven Spielberg, John Steinbeck, Terry Gilliam, Winston Churchill, Éric Rohmer, Alan Stivell, le rappeur Fianso, tous ont en commun d'avoir été influencés par la légende du roi Arthur.Inventée au Moyen Âge, celle-ci a longtemps été l'apanage des nobles et des souverains qui s'en servaient comme modèle ou comme justification de leurs conquêtes. En grande partie ignorée aux XVIIe et XVIIIe siècles, elle fait un retour fracassant sur le devant de la scène en Angleterre au début de la révolution industrielle. Mais c'est surtout grâce à la culture populaire américaine que se diffuse le mythe de la Table ronde : cinéma, romans illustrés, musiques rock et folk, bande dessinée (notamment les super-héros), et plus récemment jeux de rôles et jeux vidéo.Ces médias donnent un sens nouveau à la geste arthurienne. On a vu ainsi apparaître des Arthur anticolonialistes, des Lancelot en lutte contre le communisme, des Merlin écologistes, des Morgane féministes.La légende de Camelot, ici décryptée de façon savante et passionnée, semble en passe de devenir l'un des premiers mythes mondialisés, traversant les continents et les cultures pour mieux questionner les peurs et les espoirs des sociétés contemporaines.

    William Blanc est médiéviste et spécialiste en médiévalisme, c'est-à-dire qu'il s'intéresse principalement aux représentations et utilisations contemporaines des figures médiévales. Il est l'auteur de cinq livres chez Libertalia, et coauteur du Dictionnaire de la fantasy (Vendémiaire).

  • Ce livre regroupe 18 témoignages écrits par des volontaires étrangers du YPG ayant participé au Rojava (nom du Kurdistan syrien) à la guerre contre Daech ou l'armée turque. Le YPG (Unités de protection du peuple) est l'armée des Kurdes syriens. Elle se bat pour un projet révolutionnaire fondé sur la commune, le socialisme, l'égalité entre les femmes et les hommes, la laïcité ainsi que l'égalité entre groupes ethniques et religieux.

    L'ouvrage est présenté et coordonné par André Hébert, auteur de Jusqu'à Raqqa (Belles Lettres, 2019). Il comprend les contributions de 18 combattant·es internationalistes, de 12 nationalités différentes.

  • Dans The Dream of Debs (1909), une nouvelle d'anticipation, Jack London ranime le spectre de la grève générale. Un matin, les notables de San Francisco s'éveillent et le personnel manque à l'appel. Les ouvriers ont déclenché une grève interprofessionnelle illimitée. La pénurie s'organise et la détresse des possédants progresse. Mais l'armée veille au grain...

    South of the Slot (1909) relate la vie de Freddie Drummond, un sociologue conformiste dont l'objet d'étude porte sur le monde ouvrier. Régulièrement, l'habitant des quartiers riches troque son costume pour le bleu de travail et devient « Big Bill », le camionneur syndicaliste. Progressivement, Freddie se sent mieux dans cette société ouvrière où les rapports sont plus francs, où la solidarité n'est pas un vain mot...

    Jack London (1876-1916), pirate, révolutionnaire, boxeur et romancier. Héros du rock'n'roll (live fast, die young).

  • En 1922, le poète portugais Fernando Pessoa publiait Le Banquier anarchiste, mettant en scène un personnage surprenant: banquier et anarchiste. La question que tentait de résoudre le banquier reste ouverte: la véritable liberté ne s'obtient-elle qu'au prix de l'individualisme, qui permettrait seul d'échapper à l'argent et l'esprit grégaire?

    Un siècle plus tard, deux lecteurs de Pessoa, Adeline et Édouard, font la rencontre fortuite à Paris d'un vieillard qui prétend être le fameux banquier du dialogue entamé avec Pessoa. Tout en cherchant à percer le mystère de sa longévité, ils le prennent au mot et renouent le fil de la discussion en passant un pacte: pendant sept jours, ils ont le droit de lui poser toutes les questions et de lui opposer tous les arguments qui leur viennent à l'esprit.

    Adeline Baldacchino, née en 1982, est écrivain. Elle a publié des recueils de poésie, dont Théorie de l'émerveil, un roman Celui qui disait non (Fayard) et deux essais, La Ferme des énarques (Michalon) et Notre insatiable désir de magie (Fayard).

    Édouard Jourdain, né en 1981, est docteur en science politique et en philosophie, il est l'auteur de Proudhon, un socialisme libertaire (Michalon), Proudhon contemporain (CNRS Éditions), L'anarchisme (La Découverte).

  • Août 2003. Une crise sanitaire sans précédent s'abat sur la France. La raison? Il fait trop chaud. Des milliers de personnes âgées meurent d'hyperthermie dans l'indifférence. Malgré les signaux d'alarme, le gouvernement ne prend pas la mesure du désastre dans le huis clos des hôpitaux. Jean Stern, journaliste, est alors opéré à Tenon, dans le XXe arrondissement de Paris. Dans un récit intime et halluciné, il raconte de l'intérieur la réalité dramatique de ces petites vieilles et petits vieux fauchés par l'hécatombe. Ce cri d'alerte sur l'hôpital et ses personnels soignants, déterminés autant que démunis, résonne avec la nouvelle crise sanitaire que nous subissons aujourd'hui.

    Jean Stern a publié Les Patrons de la presse nationale, tous mauvais (La Fabrique, 2012) et Mirage gay à Tel Aviv (Libertalia, 2017). Il collabore au site Orient XXI à La Chronique d'Amnesty International.

  • Qui étaient les pirates ? Au nom de quel idéal ont-ils hissé leur drapeau à tête de mort, cet énigmatique « Jolly Roger » ? En quoi ont-ils perturbé durablement le commerce colonial et les traites négrières du début du XVIIIe siècle ?
    Dans cet ouvrage passionnant et novateur, Marcus Rediker raconte une fabuleuse histoire. Celle des quelques milliers de « scélérats » qui refusèrent de se soumettre à l'ordre mercantile et à l'exploitation pour préférer la liberté et la jovialité, dussent-ils le payer de leur vie.

    Professeur d'histoire à l'université de Pittsburgh, spécialiste incontesté de la piraterie et du monde de la mer, Marcus Rediker est l'auteur de L'Hydre aux mille têtes (éditions Amsterdam); À bord du négrier (Le Seuil, 2013) et Les Révoltés de l'Amistad (Le Seuil, 2015). Sa thèse, Between the Devil and the Deep Blue Sea, a paru en 2010 sous le titre Les Forçats de la mer (Libertalia).

  • " Je défais mon drapeau qui était enroulé autour de ma poitrine. Je me souviens du premier jour où il nous fut remis, frais et brillant, avec son inscription en lettres dorées : "Défenseurs de la République" ; comme nous étions enthousiastes ce jour-là. Je me souviens des luttes que nous avons soutenues à l'ombre de ses plis flottants au vent lorsqu'il reçut les cinq premières balles, ses glorieuses blessures ranimaient notre courage. [...] Que de héros morts en le contemplant ! Maintenant, c'est moi qui dois le brûler ! Notre drapeau renaîtra de ses cendres ; alors l'idée renouvelée et plus vivace que jamais, mieux comprise, aidera la marche du progrès vers un avenir social meilleur et plus humain. "

    Publié initialement en 1909, ce texte de Victorine Brocher (1839-1921) est l'un des rares et forts témoignages de femme du peuple, issue d'une famille militante, ayant traversé les insurrections de 1848 et de 1871. Ambulancière pendant la Commune, elle relate en une langue simple des événements vécus dans sa chair : le Second Empire, le siège de Paris, les privations, la mort de ses enfants, les espoirs nés avec la République sociale, la Semaine sanglante, l'exil et la survie enfin.

    « Victorine B. (de son vrai nom Victorine Brocher, 1839-1921) : une femme du peuple, une Parisienne. Elle a connu, elle a intensément vécu deux révolutions : celle de 1848 et celle de 1871. Elle était encore enfant lors de la première. Sous l'Empire, elle a, avec son mari, participé, dans un milieu très populaire, aux activités des internationalistes. Elle a vécu la Commune comme l'explosion de la colère du peuple contre toutes les trahisons de la bourgeoisie. »

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