Métailié

  • L'amygdalite de Tarzan Nouv.

    «Je me sens aussi forte que Tarzan au bord d'un fleuve puissant où même les crocodiles le respectent... »déclare la délicieuse Fernanda Maria, qui se sert des sentiments comme Tarzan des lianes pour traverser intacte les turbulences latino-américaines des trente dernières années, dont les survivants ne peuvent qu'être des athlètes de la vie. Lui, il vit en Europe, il l'aime, reçoit ses lettres et rêve de revenir au jour où il n'a pas su la séduire pour toujours. Alfredo Bryce-Echenique écrit ici une histoire d'amour à rebondissements, pleine d'humour et de tendresse. Il nous entraîne dans une aventure littéraire qui marque un tournant dans son oeuvre.   " Il cultive la plus folle et la plus profonde des nostalgies, celle de la paix, du bonheur simple, de la tendresse pleine et tranquille. L'utopie par excellence." Le Monde

  • Richesse oblige Nouv.

    Au XIXe siècle, les riches créaient des fortunes et achetaient des remplaçants pour que leurs enfants ne partent pas à la guerre. Aujourd'hui, ils ont des héritiers très riches et des descendants inconnus mais qui peuvent légitimement hériter !

    En 1870 l'un des fils d'une grande famille d'industriels a été un utopiste généreux et a reconnu un enfant illégitime.
    En 2016, Blanche, la non-conformiste aux béquilles, entend parler des deuils qui frappent cette famille sans scrupule et découvre qu'elle pourrait très bien elle aussi accéder à cette fortune.
    Devant le cynisme affairiste, elle va faire justice en se servant de tout ce que la modernité met à notre portée. Une incroyable galerie de personnages : des méchants imbuvables, de riches inconscients, des idéalistes, une île où règne le matriarcat, des femmes admirables, avec en toile de fond une évocation magistrale de Paris assiégée par les Prussiens et le déménagement du Palais de Justice aux Batignolles. Hannelore Cayre est avocate pénaliste, elle est née en 1963 et vit à Paris.
    Elle est l'auteur, entre autres, de Commis d'office, Toiles de maître, Comme au cinéma et La Daronne (Grand Prix de la littérature policière 2017 ; Prix du Polar européen 2017). Elle a réalisé plusieurs courts métrages, le long métrage de Commis d'office, et co-écrit le scénario de La Daronne.
    "J'ai adoré les personnages et leur esprit retors. Un vrai coup de coeur !" - Blog Nourritures en tout genre
    "Un roman vraiment réussi, un plaisir de lecture garanti, une joie revancharde contre les avanies de notre époque." - Double marge

  • Trahison Nouv.

    Trahison

    Lilja Sigurdardóttir

    Après plusieurs missions humanitaires éprouvantes, Úrsúla accepte de remplacer au pied levé le ministre de la Justice en attendant les prochaines élections. Elle découvre très vite que son administration n'est là que pour bloquer toutes ses initiatives.
    Aussitôt après sa première intervention publique, elle devient la proie d'un cyber-harcèlement menaçant et doit engager un garde du corps. Elle est également poursuivie par un sdf agressif, qui sort d'un hôpital carcéral.
    Catapultée dans ce nouveau monde, cible systématique d'attaques sur les réseaux sociaux, elle découvre aussi l'attitude faussement compatissante mais réellement méprisante de ses confrères politiques. Elle tente cependant de faire son travail tout en affrontant le stress post-traumatique résultant de ses missions humanitaires ainsi que sa culpabilité vis-à-vis de son mari et de ses enfants.
    Elle est, certes, entourée de gens en lesquels elle a confiance, mais la trahison ne vient-elle pas toujours des plus proches ?
    Lilja Sigurdardottir est née en 1972, elle est auteur de théâtre et de romans noirs, et participe à l'organisation du Festival Iceland Noir de Reykjavík. Elle vit entre l'Islande et Glasgow.
    Sa trilogie Reykjavík Noir est traduite en huit langues et a rejoint la liste des best-sellers dans de nombreux pays. Elle est aussi choriste du groupe de rock Fun Lovin' Crime Writers.

    "Je me suis régalé en lisant ce nouvel ouvrage de cette auteure islandaise particulièrement talentueuse." - Froggy's delight

  • Rien à perdre Nouv.

    Rien à perdre

    Roberto Montana

    Quelques kilos en plus, beaucoup de cheveux en moins, trois copains se retrouvent lors d'une réunion d'anciens élèves d'un lycée de Buenos Aires.
    Wave, rockeur fainéant, convainc deux de ses anciens camarades de partir en voyage sur une plage en Uruguay. À bord d'une vieille Ford Taunus, Mario, le Nerveux et Wave prennent la route. Au lieu de retrouver leur adolescence, c'est rapidement leur présent qui s'impose : l'un vit encore chez sa mère, l'autre risque de divorcer et le dernier vient d'apprendre que sa femme le trompe (avec un gars « qui passe son temps au gymnase et écoute Shakira. Shakira ! Tu y crois, toi ? »). Accompagnés d'une jeune auto-stoppeuse très enceinte, entre moqueries et petites misères du quotidien, tout bascule au moment où l'un d'entre eux transpire trop au moment de passer la frontière...

    Truffé de malentendus, ce road-trip se transforme vertigineusement en roman noir, mais les héros ressemblent davantage aux Marx Brothers qu'à Marlowe. Avec un style percutant et des dialogues désopilants, l'auteur nous fait voyager avec une bande de bras cassés, salauds et finalement sympathiques.

  • Nourrir la bête : portrait d'un grimpeur Nouv.

    Durant presque trente ans, Mo Anthoine a grimpé les sommets les plus difficiles du monde - des Alpes à l'Everest, de l'Argentine à l'Écosse, en passant par les montagnes des jungles tropicales - mais n'a jamais voulu devenir professionnel : pour lui, boire des pintes avec ses potes était plus important que faire la une des journaux. Avec lui nous découvrons un adolescent parti de chez lui en stop vers la Nouvelle-Zélande avec seulement 35£ en poche, un grimpeur chevronné participant aux expéditions les plus difficiles du monde, un type qui a été la doublure de Sylvester Stallone dans Rambo III et un homme qui sent et qui décrit l'escalade comme "l'art de jouer aux échecs avec son propre corps".
    /> Al Alvarez, écrivain et poète admiré par des auteurs comme Phillip Roth, Sylvia Plath, John Le Carré et J.M. Coetzee, et grimpeur lui-même, nous livre ici les coulisses et le vertige des grandes et petites expéditions - dont certaines dignes d'un blockbuster -, tout en nous montrant comment les grands aventuriers cherchent leurs limites, mentales et physiques, en cherchant à « nourrir la bête ».
    Une prose étincelante au service du goût de l'aventure, du risque et de la camaraderie.

  • États Unis de la Terre, 2109. Les réplicants meurent dans des crises de folie meurtrière tandis qu'une main anonyme corrige les Archives Centrales de la Terre pour réécrire l'histoire de l'humanité et la rendre manipulable.
    Bruna Husky, une réplicante guerrière, seule et inadaptée, décide de comprendre ce qui se passe et mène une enquête à la fois sur les meurtres et sur elle-même. Aux prises avec le compte à rebours de sa mort programmée, elle n'a d'alliés que marginaux ou aliens, dans ce tourbillon répressif de vertige paranoïaque. Rosa Montero choisit un avenir lointain, hérité de Philip K. Dick et de Blade Runner, pour nous parler de ce qui fait notre humanité, , la certitude de notre mort et de celle de ceux que nous aimons. Ses personnages sont des survivants qui s'accrochent à la morale politique, à l'éthique individuelle, à l'amitié et à l'amour.
    Elle construit pour nous un futur cohérent, une intrigue vertigineuse et prenante pour nous parler de notre mort et de l'usage que nous faisons du temps qui nous est imparti. Elle écrit avec passion et humour, les outils essentiels pour comprendre le monde.

  • Bruna Husky, la réplicante de combat des Larmes sous la pluie, a du vague à l'âme, la brièveté de sa vie programmée l'angoisse. Sa nouvelle enquête l'embarque dans une sombre affaire de poubelles atomiques aux confins du monde connu, dans une zone où règne une guerre permanente. Elle est accompagnée dans son aventure d'un "tripoteur" séduisant autant qu' inquiétant et d'une réplicante née de la même matrice industrielle qu'elle, son portrait craché. Cet alter ego plus jeune l'amène à s'interroger sur son humanité et son destin. Ses vieux amis, Yiannis l'archiviste, qui change d'humeur au gré de sa pompe à endorphines, Bartolo le boubi glouton, le taciturne inspecteur Lizard sont toujours là pour lui sauver la mise. Bruna Husky est une survivante qui se débat entre l'indépendance totale et un besoin d'affection désespéré, un animal sauvage prisonnier de sa courte vie. Rosa Montero construit des mondes extraordinaires, étranges et cohérents, avec une maestria de conteuse hors pair. Elle écrit tout à la fois un roman d'aventures politique et écologique, un thriller futuriste, une réflexion sur la création littéraire, une métaphore sur le poids de la vie et l'obscurité de la mort... et rappelle l'urgence de vivre et d'aimer quel que soit le monde qui nous est dévolu.

  • Maldonnes

    Serge Quadruppani

    Dans sa jeunesse révolutionnaire, Antonin a voulu être bandit, mais il a dû admettre qu'il n'était pas doué pour ça, et il est devenu auteur de romans noirs et traducteur. Un matin, des décennies après, alors qu'il attend Olga, boxeuse féministe et amour de sa vie, apparaît Guillaume. Fils d'un droguiste assassiné par un braqueur dont Antonin a soutenu la libération, il est venu lui demander des explications. La rencontre de ces trois-là va engendrer la catastrophe qu'Antonin attend depuis toujours.
    Polar ou autofiction mensongère ? On plonge dans l'histoire agitée de la fin du XXe siècle, dans une étrange course au trésor évoquant de célèbres affaires politico-judiciaires, de l'après-68 et des années Mitterrand au G8 de Gênes. Antonin, le narrateur funambule mais quelque peu démuni devant les changements du monde, tourne autour de la question : comment se mettre à la place d'un autre, en particulier quand on est un intellectuel et que cet autre tue ? L'auteur, lui, relève le défi dans une intrigue formidablement bien construite autour de personnages inoubliables, avec les armes de la littérature : la verve, l'humour, le style.


  • « Je suis venue en Allemagne pour dormir d'une traite », dit la narratrice - une jeune femme argentine sans nom - de cet admirable premier roman.

    Pour des raisons qu'on ignore, la narratrice s'est extirpée de sa vie (de sa maison, de son travail, de son ex, de son chien) à Buenos Aires pour atterrir à Heidelberg, ville où elle a vécu les premières années de sa vie lorsque ses parents fuyaient la dictature. Avec quelques petites économies en poche, aucun plan et la certitude qu'elle ne veut ni étudier ni travailler, elle réussit à trouver une chambre dans une résidence universitaire. Entourée d'étudiants de différentes nationalités, tous plus jeunes qu'elle, elle essaie de trouver sa place, ce qui se complique lorsqu'elle apprend qu'elle est enceinte. Dans ce roman qu'on pourrait qualifier de « non-apprentissage », l'héroïne est une femme qui agit à peine mais à qui il arrive tout un tas de choses extraordinaires.
    Au lieu d'avancer elle hésite, mais cette vacillation devient suspense, débordant d'intensité.
    Les personnes qui l'entourent - un compatriote provincial, un photographe turco-allemand, une Japonaise angoissée et sa mère, extravagante et intrusive - la conduisent vers des situations improbables qui ne peuvent arriver que quand on est à l'étranger.

    Ce livre est aussi une réflexion sur les multiples possibilités et façons de vivre l'immigration, sur la difficulté de vouloir être uniquement dans le présent et sur cette intimité parfois tendre, parfois gênante entre étrangers qui partagent la vie loin de chez eux. Carla Maliandi s'adresse à l'âme de tous ceux qui ont voulu un jour partir loin, qui ont déjà songé à un nouveau départ.

    Carla Maliandi, née au Venezuela en 1976, est une dramaturge, metteuse en scène et professeur universitaire argentine. Une chambre en Allemagne, son premier roman, a été salué par de nombreux critiques comme l'un des meilleurs livres publiés en Argentine en 2017 et a déjà été traduit en anglais et en allemand. Elle vit à Buenos Aires.

  • Au début des années 90 à San Salvador, Olga María Trabanino est froidement assassinée d'une balle dans la tête. Qui peut donc avoir voulu la mort de cette jeune femme apparemment sans histoires ?
    Au fil de l'enquête, sa meilleure amie, Laura, cancanière, hystérique et jalouse, découvre incrédule tout ce qu'elle lui avait caché : son passé, ses fréquentations, ses vices... Le portrait qui se dessine alors est celui de la bourgeoisie tout entière, qui abrite ses turpitudes et sa corruption sous le masque impavide de la respectabilité. Le jour où l'assassin s'évade de prison, elle voit le piège se refermer sur elle.
    Avec cette intrigue menée d'une plume haletante, l'auteur poursuit sa radiographie au vitriol de la société latino-américaine, gangrenée par les luttes politiques et le trafic de drogue. Sex and the City vu par Thomas Bernhard.

  • Kate, étudiante à la dérive, fait des "enquêtes' cinématographiques dans les rues désertées des banlieues pavillonnaires. Son père vient de mourir brutalement et elle noie son chagrin dans la défonce.
    Au cours d'une de ses déambulations, elle rencontre Jean, une vieille dame en pleine forme qui coupe son bois et prépare des thés délicats.
    Jean propose un étrange marché : elle veut bien raconter ses histoires, mais à condition que Kate cesse de boire. Tandis que Jean déroule le mirage du rêve américain et règle ses comptes avec quelques fantômes, Viêtnam, guerre froide, mouvements contestataires, Kate affronte enfin son deuil impossible et retrouve une place dans le monde.
    Avec sa prose magnétique et tendre, John Burnside rend le monde aux vivants et rappelle que seules les histoires nous sauvent.

  • Fissuré

    Odéric Delachenal

    Odéric Delachenal a vécu en Haïti de 2008 à 2010. Il travaille pour la délégation catholique pour la coopération. Le 12 janvier 2010, à 16:53:10, il vit le grand séisme de Port-au-Prince. Cet après-midi-là, la capitale s'effondre avec lui. Alors, sans relâche, le jeune éducateur erre dans des décombres de fin du monde. Protéger, rassembler les enfants épars pour les mettre à l'abri. Courir la ville écrasée, en quête des siens. Soigner, secourir, fouiller les gravats, tirer des bâches sur les parkings-dortoirs. Il arpente la ville exsangue, à la recherche de ses amis, des enfants qu'il est « censé » protéger. Comment se détacher du pire quand, atteint au coeur, on est désemparé ? Comment continuer lorsqu'on rentre en France, « ce pays en paix », et qu'on s'immerge dans l'absurdité d'un travail social où on doit « trier » les enfants migrants auprès de la Protection de l'enfance ?
    L'auteur examine ici, avec une sincérité déchirante, les contradictions et les cicatrices de ceux qui rêvent d'aider, de changer le monde, et qui se rendent compte qu'ils sont à peine des minuscules pansements, hantés par la brutalité de leur insignifiance, de ce qu'ils ont vu et de ce qu'ils côtoient au quotidien. Comment refuser à ceux qui se noient quand ce sont les villes entières qui s'abîment... ? Dix ans après son expérience à Haïti, l'auteur lit Dany Laferrière et comprend qu'il y a des gens comme des maisons « qui sont profondément fissurés à l'intérieur et qui ne le savent pas encore... [ceux-ci] sont les plus inquiétants, le corps va continuer un moment, avant de tomber en morceaux un beau jour. Brutalement. Sans un cri ».
    Odéric Delachanel décide donc de témoigner, de mettre son cataclysme en mots avec une force narrative magistrale, de montrer l'envers du décor du costume du bon Samaritain, au nom des vivants comme des morts, au nom de ses amis haïtiens qui versaient tous les matins une goutte de café à terre pour tous ceux qui étaient partis.

  • Samantha doit s'occuper de sa petite soeur quand sa mère est emprisonnée et voit son rêve d'aller à l'université s'évaporer. Mais elle se rend compte de ce que c'est de se sentir impuissante quand un hacker la fait chanter, d'autant plus qu'elle est très douée pour l'informatique.
    Jack Parlabane est journaliste d'investigation. Il vient de retrouver du travail dans un tout nouveau site d'information en ligne après avoir commis des erreurs graves lors d'une enquête récente. Mais sa nouvelle réussite doit beaucoup à une source anonyme qui peut lui créer des problèmes avec la loi. Se rendant compte qu'ils ont un ennemi commun, Samantha et Parlabane vont s'associer pour mener cette enquête et réaliseront que cet ennemi n'est pas la seule chose qui les lie...
    Comme dans Sombre avec moi, Chris Brookmyre construit ici un thriller implacable où il fait non seulement monter le suspense à des niveaux presque insupportables mais manipule aussi le lecteur avec des twists surprenants et un dénouement machiavélique.

    Une expérience de lecture inquiétante et jouissive.

    « L'un des thrillers les plus ingénieux que j'aie lu depuis très longtemps. » - The Washington Post
    « Un roman exceptionnellement bien tissé sur la cybercriminalité, mais où ce sont les nuances des aspects humains qui le rendent unique. » - Kirkus Reviews
    Chris Brookmyre est né à Glasgow en 1968. Il a d'abord été journaliste avant de devenir un écrivain prolifique et reconnu, notamment avec sa série Jack Parlabane. Son précédent livre est Sombre avec moi (Prix McIlvanney du polar écossais).

  • Remords

    Luiz Ruffato

    Un voyage au centre d'un Brésil scindé dans lequel tout dialogue semble être devenu impossible.
    Après plus de vingt ans d'absence, un homme abandonné par sa femme et son fils décide de revenir dans sa ville natale, au centre du Minas Gerais. Tous les liens des familles émigrées italiennes qui s'y étaient installées et en formaient le tissu social ont été détruits par les problèmes économiques qui les ont dispersés à travers le pays. On le suit pendant six jours, il va retrouver ses frères et soeurs, rencontrer d'anciens condisciples et de vieilles connaissances locales. L'ombre du suicide de sa jeune soeur et l'impossibilité de toute communication avec ceux qu'il retrouve accompagnent ses tentatives de renouer avec le passé.
    Le roman se livre à une réflexion sur une société où les différentes classes sociales ne peuvent plus dialoguer et dans laquelle, selon l'un des personnages, elles sont devenues « des planètes errantes » prêtes à entrer en collision et à se détruire.

  • Danni a disparu, elle se droguait, ses grands-parents font appel à Konrad, un policier à la retraite.

    Une fillette retrouvée noyée dans le lac du centre de Reykjavik en 1947 hante les rêves d'une des amies de l'ex-policier. Comment la police a-t-elle mené ces enquêtes ?
    À des années de distance les mêmes erreurs semblent se répéter. Konrad, solide, têtu, coléreux et rompu par son enfance auprès de son père à toutes les ruses des voyous, n'hésite pas à bousculer les conformismes.
    Il sait aussi écouter les fantômes.
    Dans une construction particulièrement brillante, Indridason crée un suspense et des attentes sur des plans différents et surprenants.
    Il captive le lecteur et le tient en haleine avec brio. Il est ici question d'espoirs déçus et d'enfants que personne ne protège.

  • En 1994, avant de quitter la maison, sa mère lui a offert un livre sur les origamis, elle les a embrassés, lui et sa grande soeur, et a laissé une lettre. Le père dit qu'elle est partie rejoindre le sous-commandant Marcos et soutenir le soulèvement zapatiste. Ce départ inattendu change l'équilibre familial, et le narrateur, du haut de ses dix ans, doit apprendre à vivre avec une soeur adolescente qui l'ignore et un père qui, jusqu'alors, n'était pour lui « qu'un élément parmi d'autres de l'infrastructure domestique, une sorte d'hybride d'animal de compagnie et d'appareil ménager ». Mais l'abandon est pesant quand on n'est plus obligé d'aller à l'école et qu'on passe ses journées seul à faire des origamis, sans aucun talent apparent pour le noble art japonais, d'ailleurs. Fort de ses lectures de la série Choisis ta propre aventure, lassé par la « méchanceté en pantoufles » de son père et aidé par le petit ami de sa soeur, il décide de partir en bus à la recherche de sa mère à l'autre bout du Mexique.
    Un roman faussement candide qui vous déchire le coeur, un voyage qui nous montre la cruauté du monde, mais aussi la tendresse désintéressée des inconnus. Un personnage principal qu'on n'oublie plus et une oeuvre limpide sur la fin de l'enfance.

  • - 54%

    L'ange déchu

    Chris Brookmyre

    Toute la famille Temple se retrouve dans la maison de vacances au Portugal après la mort du père, un professeur de psychologie reconnu pour sa méthode de discréditation des théories complotistes. Pour Amanda, la nouvelle nounou des voisins, ils semblent tout avoir : la mère a été une actrice célèbre, les trois enfants sont des adultes comblés. Mais la perfection n'existe pas, et moins encore en famille. Leur passé commun les met en face des comptes à régler. Seize ans auparavant, la petite Niamh Temple est morte dans cette maison. Amanda commence à penser que l'un des membres de la famille cache quelque chose d'inavouable... et avoir des soupçons peut s'avérer dangereux.
    Une intrigue psychologique tendue et palpitante, où même les twists ont des twists. Avec un talent hors pair, l'auteur nous mène de chausse-trapes en impasses jusqu'au bout. Un roman qui montre la séduction des théories du complot et à quel point les pires mensonges sont ceux que l'on se raconte à soi-même.
    Un thriller familial étouffant, surprenant et subtil qui vous fera réfléchir à deux fois avant de partir en vacances avec une famille élargie.

  • Ruossabáhkat, « chaleur russe », c'est comme ça qu'on appelait ce vent-là. Ruossabáhkat, c'est un peu l'histoire de la vie de Piera, éleveur de rennes sami dans la vallée de Pasvik, sur les rives de l'océan Arctique. Mystérieuse langue de terre qui s'écoule le long de la rivière frontière, entre Norvège et Russie. Deux mondes s'y sont affrontés dans la guerre, maintenant ils s'observent, s'épient. La frontière ? Une invention d'humains. Des rennes norvégiens passent côté russe. C'est l'incident diplomatique. Police des rennes, gardes-frontières du FSB, le grand jeu. Qui dérape. Alors surgissent les chiens de Pasvik.
    Mafieux russes, petits trafiquants, douaniers suspects, éleveurs sami nostalgiques, politiciens sans scrupules, adolescentes insupportables et chiens perdus se croisent dans cette quatrième enquête de la police des rennes. Elle marque les retrouvailles - mouvementées - de Klemet et Nina aux confins de la Laponie, là où l'odeur des pâturages perdus donne le vertige.
    Olivier Truc nous raconte le pays sami avec un talent irrésistible. Il sait nous séduire avec ses personnages complexes et sympathiques. Et, comme dans Le Dernier Lapon et La Montagne rouge, il nous emmène à travers des paysages somptueusement glacés.

  • Trois générations de femmes, une guérilla populaire, des forêts reculées.
    Elle a survécu à la guerre, abandonné les armes, mais conservé le vertige, maintenant que sa lutte est de protéger ses filles dans une après-guerre où la paix, la justice et la dignité sont plus que relatives. Pas de noms propres, on est la mère ou la fille, de la première à la cinquième, ou la mère de la mère, ou la tante, ou celle qui...
    À travers ces femmes sans nom, avec une écriture brute, précise et élégante, c'est le point de vue de celles qu'on entend rarement, femmes du peuple qui se sont retrouvées propulsées dans l'Histoire et doivent ensuite retrouver la vie « normale » : le patriarcat, le harcèlement, le ménage. Des destins précis, une portée universelle. Si le monde était bien fait, c'est à ce premier roman puissant que ressemblerait le meilleur de la littérature féminine : l'histoire des femmes, depuis toujours gardiennes et garantes de la famille, de la transmission, depuis toujours flouées et reléguées dans l'obscurité de leurs cuisines, même quand elles ont pris part aux durs combats des hommes. Défricher, couper, brûler : une manière de survivre quand tout est à reconstruire.

  • Une affaire italienne

    Carlo Lucarelli

    Pendant le fascisme, le commissaire De Luca était le meilleur flic d'Italie. Avec la guerre froide et l'arrivée de la frivolité médiatique, les homicides deviennent de plus en plus étranges et on lui demande de devenir un nouveau type de policier. Dans une Bologne sous la neige, quelques jours avant Noël 1953, la très belle épouse d'un professeur universitaire est retrouvée noyée dans une baignoire. Pour découvrir ce qui s'est passé, la police a besoin d'un vrai limier et fait appel au commissaire De Luca, policier de renom pendant la période fasciste et qui avait été mis sur la touche depuis cinq ans. Mais malgré les pistes, les traces et les indices qui s'offrent à De Luca, rien n'est ce qu'il paraît. Épaulé par un jeune policier censé l'aider (ou l'espionner), séduit par une très jeune chanteuse de jazz avec un passé de partisane, le commissaire se retrouve au milieu d'une affaire ambiguë et dangereuse qui l'obligera à s'immiscer dans les coulisses des guerres politiques et du milieu musical et mondain de la ville.
    Avec son talent pour construire des intrigues convaincantes et ses solides connaissances historiques, Carlo Lucarelli écrit un récit au charme puissant dans l'Italie de l'après-guerre, entre frivolités du festival de San Remo et violences sourdes de la guerre froide. Le retour d'un personnage littéraire qui a fait le succès de Lucarelli, best-seller en Italie.

  • Des chrysanthèmes jaunes

    Rafael Reig

    Gouvernée par la main ferme des bonnes soeurs, l'enfance de Pedrito n'a pas été facile et l'adulte qu'il est devenu n'arrive pas à s'en défaire. Pourtant, c'est à ce moment-là qu'il rencontre ses meilleurs amis, Escurín, avec ses yeux de garçon de café portugais, et Pardeza, démocrate en devenir qui penche autant à gauche qu'à droite, ainsi que Mercedes, l'amour de sa vie, hautaine, légèrement exhibitionniste et à peine au courant de l'existence de Pedrito.
    Tandis que l'Espagne de l'après-Franco découvre une vague érotique, la vie de Pedro est bouleversée lorsque ses grands-parents apparaissent pour lui offrir un « Grand Avenir » au beau milieu de la petite-bourgeoisie madrilène, là où pullulent les « gens charmants ». Loin de ses amis, « les invisibles », mais toujours accompagné de la Vierge Marie - qui lui apparaît régulièrement pour le conseiller, quoique parfois un peu dévêtue et toujours pressée - et d'un nouveau copain, le grand Carlón - un jeune Sherlock Holmes en surpoids -, Pedrito décide de devenir affreusement riche, malgré les risques que cela comporte.
    Avec un humour féroce et un sens de la repartie inégalable, Rafael Reig dresse ici le portrait d'une génération désenchantée qui pense qu'elle en a peut-être fini avec le passé, mais le passé n'en a pas fini avec elle. Les années 70 et l'après-Franco vus par des orphelins - canailles, ironiques, roublards - élevés dans un foyer tenu par des bonnes soeurs strictes et cachottières. Un roman féroce sur l'amitié et le temps qui passe.

  • Troisième roman de la série Konrad, plus simenonien et mélancolique que jamais.


    Une femme est assassinée chez elle.

    Sur son bureau, on retrouve le numéro de téléphone de Konrad, ancien policer. L'enquête révèle rapidement qu'elle l'avait contacté récemment pour lui demander de retrouver l'enfant qu'elle avait mis au monde cinquante ans plus tôt, et qu'elle avait abandonné juste après sa naissance.
    Maintenant désolé de lui avoir refusé son aide, Konrad s'emploie à réparer son erreur. Il retrouve les membres d'un mouvement religieux contre l'avortement et reconstruit l'histoire d'une jeune fille violée dans le bar où elle travaillait.
    Il retrouve aussi un clochard équivoque, des trafiquants de drogue et même des fragments de l'histoire de la mort violente de son père.
    Au fil de l'enquête, il mesure l'ampleur de la tragédie dans laquelle son intuition et son entêtement l'ont plongé. Konrad se révèle un enquêteur sensible à la souffrance des autres, d'une humanité touchante.

    Dans une construction particulièrement habile et haletante, La Pierre du remords est un roman captivant et impitoyable sur la honte, le désespoir et l'intensité des remords qui reviennent nous hanter.

    « Un véritable conteur. » - The Guardian
    « L'étoile polar de la littérature islandaise. » - La Croix

  • Analphabète

    Mick Kitson

    Sur son lit de mort son père lui a fait promettre de ne jamais essayer de retrouver sa mère qui les a abandonnés quand il était bébé. Mais comment trouver Mary Peace, cette femme élevée dans une communauté créée par son père, gourou et cultivateur de fraises. Il lui a lu dès l'enfance la Bible, le Coran, le Livre des Morts tibétain, Mein Kampf, Le Manifeste communiste... mais ne lui pas appris à lire et à écrire. Elle n'est jamais allée à l'école. Elle se débrouille avec les nombres, elle sait faire sa signature. En fait, elle sait faire tout un tas de signatures en fonction de ce qu'elle signe. Il lui a aussi appris à ne rien vouloir de matériel, mais, sur ce coup-là, il n'a pas réussi. Elle adore le luxe. Elle arnaque, vole et fuit. Les hommes riches et naïfs sont sa proie de prédilection. Mary a du métier et sait effacer ses traces.
    Mais cette fois c'est Jimmy Shaski, un jeune homme débrouillard, son fils, qui est à ses trousses. Ainsi que Julie Jones, la flic tenace. Un roman drôle, puissant et lumineux.
    Dans un style simple et fluide, l'auteur touche à des sujets complexes comme l'abandon, la misère et la déception, avec un humour et une légèreté qui captivent et émeuvent.

  • Dans une banlieue de Luanda près d'une petite plage, GrandMèreDixNeuf (on l'a amputée d'un orteil) s'occupe de toute une bande de gamins, curieux et débrouillards, amateurs de baignades et de fruits chapardés. Des coopérants soviétiques construisent un Mausolée gigantesque pour la momie de Agostinho Neto, le père de la Révolution. La guerre civile est terminée, ils vont moderniser le quartier si bien situé au bord de la mer. L'un des officiers est ami de la GrandMère, sa maison a toujours de l'électricité grâce à la dérivation qu'il lui a installée. Il souffre de cette chaleur, de ce soleil impitoyable, il rêve des hivers russes.
    Les enfants ne veulent pas qu'on touche à leur quartier, ils prennent les choses en main pour pouvoir continuer à plonger dans la mer pour pousser des "cris bleu".
    Un roman au charme plein d'humour, une Guerre des boutons tropicale, et une traversée de l'histoire de l'Angola, quelques fantômes discrets. Le tout servi par une écriture élégante, poétique et ironique. Un régal de lecture.

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