Maison des Sciences de l´Homme d´Aquitaine

  • L'intention du petit groupe que nous avions réuni à Bordeaux en janvier 2017 dans le cadre du CEMMC (Centre d'études des mondes moderne et contemporain), composé d'historiens et d'historiens de l'art venant d'universités européennes très variées, était de réfléchir à une synthèse sur les hôtels particuliers et les demeures des élites urbaines à partir d'une succession de livres élaborés en commun. Trois thèmes se sont dégagés au cours de nos échanges qui fourniront l'armature de ce premier ouvrage qui a été élaboré à Poznan en Pologne : l'hôtel et son insertion dans l'espace urbain, les usages de l'hôtel particulier et enfin une série de monographies nationales ou urbaines permettant de saisir toute la diversité de la notion. Au Siècle des Lumières, la demeure n'était certes plus l'apanage de la noblesse mais bien de ceux qui avaient les moyens financiers de la faire construire, que cela soit des nobles d'épée ou de robe, des financiers, des grands bourgeois, bientôt des industriels... Sorte de châteaux urbains ou de palais à l'italienne selon les référents, ces hôtels étaient un signe de magnificence, d'ostentation, de prestige et un enjeu entre les élites anciennes et les nouveaux riches issus de la bourgeoisie. Le fait d'aller de l'Espagne à la Lituanie et des Provinces-Unies à l'Italie a permis aux auteurs de faire apparaître des similitudes stylistiques à une époque où tout circulait à commencer par les architectes et les maçons mais aussi de dresser une typologie régionale.

  • À la suite du colloque franco-polonais organisé en 2004 en Pologne, « Noblesse française et noblesse polonaise : mémoire, identité, culture », une nouvelle rencontre a eu lieu en octobre 2008 à Bordeaux, consacrée au « Rayonnement français en Europe centrale du xviie siècle à nos jours ». Les riches matériaux de ce colloque sont réunis aujourd'hui dans cette publication de la Maison des Sciences de l'Homme d'Aquitaine et du Centre d'Études des Mondes Moderne et Contemporain, fruit d'une collaboration étroite entre les historiens de l'Université Nicolas Copernic et leurs partenaires français, notamment de l'Université de Bordeaux 3 et de l'Université Paris IV-Sorbonne, mais aussi des chercheurs venus de République tchèque, de Hongrie et de Slovaquie. Dirigé par Olivier Chaline, Jaroslaw Dumanowski et Michel Figeac, le présent ouvrage aborde le rayonnement culturel de la France en Europe centrale, phénomène de longue durée et de large rayonnement, du xviie jusqu'à nos jours à travers plusieurs thématiques : l'armée et la diplomatie françaises, le livre français, la culture matérielle et les moeurs, l'influence artistique ou encore économique. Il est donc normal que les auteurs s'attardent sur les succès français, tout en distinguant des intensités du rayonnement selon les États, les régions, les périodes et les catégories sociales. Le rayonnement de la France ne peut être étudié isolément. Comment a-t-il pu s'imposer à certains moments ? Comment s'est-il combiné avec d'autres ? Que représentent la langue et la culture françaises pour ceux et celles qui se tournent vers elles ? Quelles images de la France peut-on mettre en évidence ? Est-elle un modèle ou bien un contre-exemple ? Aujourd'hui, avec la chute sensible de l'influence française en Europe centrale, cet ouvrage est un encouragement à trouver dans le passé des modèles pour de futurs échanges.

  • L'activité numérique des cadres sur leurs différents terminaux électroniques mobiles s'intensifie au rythme des nouvelles injonctions à communiquer des organisations contemporaines. Connectés, hyper connectés, débordés, comment les cadres vivent-ils leurs pratiques des outils de communication mobiles? Comment font-ils face à ce qui est parfois évoqué comme une « laisse électronique » ? À travers plusieurs enquêtes qualitatives et quantitatives, auprès de cadres, de directeurs des Ressources Humaines et de responsables syndicaux, cet ouvrage dresse un panorama nuancé des pratiques et des usages numériques dans les entreprises contemporaines. À la veille de l'édification du Droit à la Déconnexion (issue de l'article 55 de la Loi n°2016-1088 du 8 août 2016), ce livre apporte un double éclairage : d'une part, il rend compte du sens des pratiques numériques mises en oeuvre par les individus et collectifs de travail pour mener à bien leur activités quotidiennes, et, d'autre part il pointe les écueils d'une forte prescription des usages technologiques, en termes d'appropriation, de liberté et d'autonomie dans le travail.

  • Cet ouvrage consacré au grand savant russe Vladimir Ivanovitch Vernadsky (1863-1945) vise à réparer une injustice. En effet, dans les discussions qui se multiplient aujourd'hui sur la Biosphère, Gaïa et l'Anthropocène, il est bien fait mention de celui qui, dans les années 1920, à Paris, avec Teilhard de Chardin et Le Roy, développait déjà des idées proches des débats actuels, mais elles étaient alors incomprises ou condamnées. Elles concernaient l'unité vitale de toute l'humanité avec la vie sur Terre et dans le Cosmos. A Paris, Vernadsky a rencontré Bergson. Il a enseigné La Géochimie à la Sorbonne et a travaillé dans le laboratoire de Marie Curie. En 1929, il a publié en français son ouvrage La Biosphère, qui lui apporte de nos jours une renommée mondiale, après un oubli scandaleux. Il considérait la France comme sa deuxième patrie scientifique, mais, même aux plus dures heures du stalinisme, il ne décida jamais d'émigrer et, rentré dans la nouvelle URSS, il continua à collaborer avec les savants occidentaux et à correspondre avec ses enfants émigrés aux États-Unis. Cet ouvrage qui rassemble des contributions d'auteurs russes et français, s'inscrit dans une politique scientifique développée à la MSHA depuis plusieurs années, et visant à faire mieux connaître en France certains aspects ou grands noms de la culture russe, oubliés du fait des circonstances politiques ou méconnus à cause du manque de traduction. Vernadsky est de ceux-là. En Russie, il bénéficie d'une grande notoriété. Dans la sphère francophone, Jacques Grinevald, qui a participé à l'élaboration de cet ouvrage, travaille depuis de nombreuses années à faire reconnaître la place de Vernadsky dans le domaine des sciences de la Terre, du vivant et de l'Homme, et à démontrer l'actualité de sa pensée. Guennady Aksenov, qui dirige cet ouvrage en collaboration avec Maryse Dennes, est un spécialiste russe reconnu de la vie et de l'oeuvre de V.I. Vernadsky, de même que les autres auteurs russes de cet ouvrage, qui apportent des éclairages variés sur cette oeuvre étonnante, en révélant son fort ancrage dans la culture russe. Il ne s'est pas agi, dans ce livre, de cantonner Vernadsky à la France et à la Russie. Esprit cosmopolite comme Goethe et Humboldt, Vernadsky se sentait profondément européen. Sa vision scientifique de l'Homme autant que ses engagements politiques et sociaux l'orientaient vers un idéal d'ouverture, d'échange et de générosité qui transcendait les frontières et les nations. Européen, il était réellement un citoyen du monde. Ce livre espère contribuer à diffuser davantage l'héritage de cette grande figure russe, et à donner à ses lecteurs l'envie d'en savoir davantage.

  • Avec l'effervescence que suscite la possible réussite d'une candidature prochaine de la ville de Paris pour accueillir les Jeux olympiques d'été de 2024, entre autres événements sportifs majeurs déjà programmés, il n'était pas inutile de consacrer l'Université sportive d'été 2015 à ce thème. La métaphore filée autour des cathédrales du sport, jointe à la ferveur des officiants et fidèles qui s'y pressent nous est soufflée par de fameux gens de plume comme Per Olov Enquist, Christian Montaignac et quelques autres. Le tropisme qu'exerce aujourd'hui le Qatar va-t-il précipiter la bascule d'une religion du sport... à une autre ? Par l'intermédiaire de Qatar Sport Investments, le pays mise sur le sport, « seule religion universelle », selon l'Émir du Qatar, pour construire sa réputation. L'argent des hydrocarbures est devenu roi, dans ces affaires-là, combiné avec des facteurs géopolitiques et des logiques intra et intercontinentales. La 33e Université sportive d'été s'est portée sur la ville de Limoges qui possède d'incontestables atouts et les organisateurs de l'USE (UNCU & UJSF) savaient pouvoir s'appuyer sur le Limoges Étudiants Club. L'Université de Limoges abrite l'équipe du Centre de Droit et d'Economie du Sport de réputation nationale et européenne, et la Capitale du Limousin est aussi l'une des grandes villes du basketball avec son club historique, le CSP Limoges. Pendant quelques jours, les participants ont tenté d'apporter des éléments de compréhension, d'évaluation et de prospective, y compris dans une démarche critique, à propos de questions pour lesquelles, dans les convictions et les réponses exprimées par les parties prenantes, la passion le partage avec la raison, l'optimisme avec le scepticisme, et pas toujours dans des proportions satisfaisantes.

  • Cet ouvrage présente les résultats d'une recherche menée sur la motivation des adultes francophones pour apprendre le basque, une langue conservant un statut minoritaire et non-officiel en France. L'objectif principal de ce travail est de décrire plus amplement le processus d'apprentissage du basque par les adultes dans ses différentes étapes : les motivations, le cadre de formation, la connaissance et l'usage de la langue. Pour ce faire, la méthodologie de la recherche conjugue deux approches, une étude quantitative réalisée par le biais d'un sondage téléphonique auprès de cinq cents apprenants et une étude qualitative reposant sur l'analyse de trente-cinq entretiens semi-directifs. Les résultats témoignent de la complémentarité des deux procédés méthodologiques, à la fois, à travers l'apport de précisions statistiques inhérentes aux différents types de motivation, mais aussi, par un approfondissement de la notion de motivation mettant en relief le caractère conscient et inconscient de la démarche d'apprendre le basque.

  • Les études réunies dans cet ouvrage constituent le premier volet, consacré aux savoirs médicaux, d'un projet plus ample qui a eu pour but de contribuer à l'analyse des formes du savoir scientifique à la Renaissance. Elles résultent des réflexions menées pendant plusieurs années au sein de deux séminaires, l'un ayant porté sur la « Pratique du dialogue et de la dispute dans les textes médicaux (1450-1650) », l'autre ayant exploré les « Formes du savoir » de 1400 à 1750, ainsi que d'une journée d'étude consacrée aux régimes de santé à la Renaissance. À travers des approches variées, les auteurs qui ont contribué à ce volume s'interrogent sur la spécificité du savoir médical renaissant et sur sa mise en forme par rapport aux savoirs antiques et médiévaux. L'ouvrage est organisé en deux parties : l'une, plus théorique, porte sur l'analyse générale des formes du savoir médical dans leur ensemble, l'autre, plus pratique, est consacrée au genre épistémique du régime de santé.

  • La codification et la normalisation des pratiques renvoient à la modernité sportive où seule compte l'excellence. Quant à la post-modernité, elle plébiscite le jeu avec la pesanteur et la gravité afin d'éprouver l'extase et le vertige de l'activité physique sans poursuivre d'autre motif d'existence que de jouir de l'instant présent. Les contributions réunies dans cet ouvrage s'efforcent de dépasser ce clivage en considérant que le surf n'est pas uniquement le sanctuaire des performances ou passions sportives, mais qu'il est aussi, et surtout, une expérimentation charnelle de l'intensité de l'être-au-monde. Surfeurs pour la plupart d'entre eux, et ainsi forts d'une « participation observante », les auteurs de cet ouvrage adoptent un nouveau point de vue fondé sur l'analyse du sensible, de l'intime, de l'imaginaire, et des interactions symboliques. En questionnant le sens que les surfeurs donnent à leurs existences, ces recherches révèlent que les accomplissements inhérents à cette pratique singulière dépassent les frontières du champ sportif ; qu'ils recouvrent des dimensions culturelles, sociales, esthétiques, éthiques et politiques dont la portée dépend étroitement de la profondeur des relations à la Nature, au Corps, à Soi, à l'Autre, et à l'Espace ! Le surf est envisagé comme une épiphanie des dynamiques sociales, c'est-à-dire un marqueur emblématique d'une société en transition. Inscrites à contre-courant, ces recherches entendent consacrer la légitimité du surf en sciences humaines et sociales.

  • Né à Marseille en 1818, Marius Petlpa a effectué l'essentiel de sa carrière comme danseur, puis maître de ballet à Saint-Pétersbourg. Ces carnets, rédigés au cours des dernières années de sa vie (1903-1907), dévoilent le quotidien de l'illustre chorégraphe, décédé en 1910. Ils nous révèlent les coulisses du Ballet impérial et éclairent la vie d'un Français de Russie au début du xxe siècle. Au fil des pages, nous croisons des noms illustres (Preobrajenska, Pavlova, Fokine, Karsavina...), annonciateurs de la glorieuse épopée parisienne des Ballets russes. Petlpa fut également confronté aux événements tragiques de l'année 1905 qui plongèrent la Russie dans une fièvre révolutionnaire affectant jusqu'aux danseurs du Mariinski... Fruit d'un travail scientifique de chercheurs, ce livre offre au public français un témoignage inédit, enrichi de photographies rares de l'auteur de La Belle au bois dormant et de son entourage.

  • L'omnisports n'est ni une alternative au sport de haut niveau, ni une marge du sport et encore moins un modèle d'organisation dépassé. Tout au contraire, le principe de l'omnisports est une composante essentielle du sport et une solution d'avenir. Le maillage des clubs omnisports se trouve d'une part en relation verticale avec les instances nationales (les ministères dont celui de la Jeunesse & Sports, les fédérations unisports), soutenus en cela par leurs propres fédérations multisports, et, d'autre part, en prise directe sur les territoires de proximité en développant de nombreuses initiatives innovantes avec le soutien des collectivités locales. Cependant, les transformations observables dans ce domaine suscitent des inquiétudes, tant certaines ruptures l'emportent sur le dialogue et la concertation. Les clubs universitaires s'interrogent sur le niveau de reconnaissance que leur témoignent les Universités. Selon la FFCO, les clubs omnisports sont une pièce majeure dans l'organisation du sport en France, par delà la spécificité des racines historiques, des itinéraires singuliers et des logiques affinitaires. Au terme des échanges engagés avec la FSGT, la FSCF, l'UFOLEP et l'UNSLL, de fortes convergences se vérifient : sur les projets, les conceptions éducatives, les actions conduites, la diversité des publics, les valeurs à porter. Ce 30ème volume des Cahiers de l'Université Sportive d'Été en prend acte. Sans l'omnisports, modèle plus que centenaire et jalonné jusqu'à aujourd'hui d'innovations et de métamorphoses heureuses, qui pourra soutenir que le sport en France a un avenir pleinement assuré ?

  • Cet ouvrage est l'aboutissement d'un dialogue franco-russe en philosophie, qui a été développé pendant plusieurs années (2010-2015) sous la direction de Maryse Dennes dans le cadre d'un programme de recherche de la MSHA et à travers des séminaires et des colloques organisés à Bordeaux, Paris, Moscou, Jérusalem, et Cerisy. La participation assidue de François Laruelle à toutes ces manifestations scientifiques a conduit les chercheurs russes et français engagés dans ce dialogue à faire de son oeuvre la pierre angulaire de leurs réflexions communes. L'ouvrage permet de présenter un panorama de la philosophie russe actuelle en y repérant les auteurs, les thèmes ou les orientations qui la rendent particulièrement apte à recevoir la pensée laruellienne. La non-philosophie vs Quantique se trouve présentée, par François Laruelle et ses plus proches collaboratrices, dans la dernière étape de son développement : à partir de l'epistemologie générique, elle s'ouvre sur la messianité et la musique, et offre ainsi un accès privilégié à la philosophie russe, en y trouvant d'étonnantes résonnances et de nouvelles voies d'interprétation.

  • Les travaux présentés ici s'inscrivent dans le cadre d'un atelier intensif, lieu de conception et de fabrication du projet architectural et urbain in situ et de ses développements dans le cursus semestriel de l'enseignement de l'architecture en dernière année d'études de Master ; l'autre est celui de l'échange par la coopération avec un établissement universitaire chinois, l'Institut de construction urbaine de la Faculté d'urbanisme de l'Université de Wuhan (WUDA), en 2005 et 2006. Le thème de la coopération, sur proposition du Département de l'urbanisme de la Province du Hubei auprès de l'Université de Wuhan, porte sur la mise en place d'un programme de mise en valeur du patrimoine et du développement urbain, intégrant leur dimension touristique, des centres anciens de villes moyennes de la province, implantées ici sur les rives du Yangtze (Jingzhou) et de son affluent, la rivière Han (Xiangfan), ayant conservé leurs fortifications urbaines. Cela constituait une opportunité de faire découvrir à des étudiants de nouveaux champs possibles de connaissance et de créativité, tout en précisant l'enjeu particulier que représente la conservation, la mise en valeur de ce patrimoine devenu rare et l'inéluctable transformation des centres anciens aujourd'hui au regard du développement urbain contemporain en Chine. La première partie part d'un bref aperçu sur la notion et les enjeux du patrimoine en Chine et plus précisément de celui des fortifications urbaines. Il s'agit ensuite de mettre en perspective la question des rapports entre patrimoine et projet en insistant sur l'importance d'une approche culturelle du projet, de l'importance d'une analyse fine et d'un diagnostic considérant l'architecture héritée comme enjeu culturel et marchand, soumis de ce fait à des affrontements sans cesse renouvelés. Cette approche s'inscrit aussi dans l'évolution des mouvances et des approches en architecture depuis les années 1950. Finalement, les remparts et les ensembles qui les accompagnent, les paysages et la présence de l'eau, constituaient non plus des objets mais véritablement un système porteur des projets. Dans la deuxième partie partant d'une brève présentation du contexte régional, celui de la province du Hubei et du fleuve, matrice de nombre d'implantations de villes depuis l'Antiquité, Il s'agit de resituer les caractères spécifiques de chacun des deux centres anciens choisis et de leurs fortifications, du point de vue de l'histoire et des enjeux actuels de l'évolution. Une stratégie de projets est présentée dans une vision disciplinaire large du projet architectural et urbain au coeur des questionnements du renouvellement urbain et de ses développements pour ces villes moyennes : y sont questionnés les enjeux des échelles de projet dans une stratégie globale et une dynamique d'interventions sectorisées. Les troisième et quatrième parties présentent les projets sur chacune des deux villes, à l'aide de planches graphiques et de textes issus des travaux des étudiants. Troisième partie : le projet intitulé « Autour des remparts de Jingzhou » considère une double échelle, celle de la ville « historique » et celle d'opérations ponctuelles ; se saisissant des remparts comme fil conducteur, il s'agit d'un plan d'ensemble global urbanistique et de quatre projets ponctuels dans la ville ancienne, illustratifs de la démarche globale, et portant sur des territoires échantillons à développer à différentes échelles en trouvant sens et cohérence à l'ensemble des actions. Quatrième partie : le projet intitulé « Sur les deux rives de Xiangfan » s'organise à partir de la réflexion sur la condition du fleuve Han et de ses liens à la ville située sur ses deux rives. Comme à Jingzhou s'est mise en place une stratégie globale du projet à l'échelle urbaine et à celle de quatre secteurs, territoires échantillons, de part et d'autre du fleuve. Considérant que chaque projet de secteur pouvait illustrer une démarche et une méthode incluant des spécificité...

  • La notion de patrimoine audiovisuel est réifiée par des approches nouvelles de la notion de patrimoine, comme celle de patrimoine naturel dont les traits sont fixés par l'image fixe ou animée. La première partie traite de l'aspect patrimonial de l'image visuelle en Aquitaine. Une deuxième partie aborde l'image en tant que représentation mentale du patrimoine. Conscientes des enjeux politiques, commerciaux et culturels que recèle la notion de patrimoine, municipalités, conseil départementaux et régionaux développent différentes politiques patrimoniales pour promouvoir leurs territoires en les singularisant. Le tourisme, le vin de Bordeaux, l'école participent à la reconstruction de l'image patrimoniale de l'Aquitaine. Que ce soit au niveau national ou régional, les médias, particulièrement la télévision et la presse écrite, contribuent largement à la promotion de la notion de patrimoine. En enracinant l'actualité dans le passé, ils créent du patrimoine et de l'identité, deux notions inséparables.

  • Sous l'Ancien Régime, les parlements, de Paris comme de province, étaient au coeur du fonctionnement de l'État. Têtes du système judiciaire français, mais aussi dépositaires des lois autant qu'administrateurs des questions les plus diverses, ils assumaient bien des aspects de la bonne marche du royaume. Cependant, ces cours avaient la réputation non usurpée de se montrer régulièrement indociles, voire rebelles aux yeux de certains ; la Fronde au xviie siècle et les querelles chroniques du xviiie siècle en sont les signes les plus manifestes. Pourtant, au sein de ces cours, le pouvoir royal a toujours eu des partisans, qu'il s'agisse de personnes étant, de par leur fonction, les « représentants » de la monarchie au sein de la cour (les gens du roi) ou de magistrats qui, pour des raisons personnelles et de façon informelle, défendaient la position du souverain (les hommes du roi). Or, si les procureurs généraux sont de moins en moins pour nous des inconnus, on sait en revanche peu de choses des premiers présidents au parlement, tandis que les partisans du pouvoir royal sont souvent ignorés au profit de ceux qui ont incarnés l'opposition à la monarchie. Les seize contributions réunies dans cet ouvrage se proposent de compléter notre connaissance historique de ce groupe politique et social, en s'intéressant â la manière dont ces magistrats ont pu servir le roi, à leurs carrières, à la façon de mener leur travail, et en se focalisant tout particulièrement sur les premiers présidents.

  • Très souvent méconnue ou mésestimée dans ses effets les plus graves, la transphobie regroupe de nombreuses discriminations dont sont victimes les transidentités, qu'elles se définissent comme transgenres, transsexuelles ou en tant qu'identités alternatives. Les données recueillies lors d'un travail d'enquêtes et d'entretiens laissent entrevoir que l'acte transphobe peut aussi bien être le fait de la personne lambda que des institutions censées protéger les personnes. Quels sont les mécanismes à l'oeuvre ? Quelle est la part du social, du politique voire du culturel dans ce qui concoure à la disqualification de l'autre et de la différence ? Cet ouvrage propose un état des lieux de la question en France et des pistes de réflexion à la lumière des Sciences Humaines et Sociales, tout en relayant et en analysant les témoignages sans ambiguïtés du quotidien des personnes concernées. Une sociologie de la transphobie est un travail de recherche qui pose des questions et propose des pistes de réflexions comme autant de réponses possibles aux processus de discriminations.

  • En Russie, dans les années 1920, des conditions de vie postrévolutionnaires suscitent une effervescence intellectuelle qui remet en question des considérations idéologiques, parmi lesquelles figurent les notions de lois naturelles et de lois culturelles. Les lois naturelles, dans le monde du vivant, sont les processus biologiques (tributaires de la matière inerte) qui déterminent l'évolution de la vie ; les lois culturelles sont les processus qui fondent le développement des sociétés. Du degré de perception de leur interdépendance résultent les stratégies de vie et de survie de ces sociétés, des individus qui peuplent la terre ; il en découle également des réflexions sur la nature de l'esprit et de la matière, de la séparation du corps et de l'esprit ou de leur unité : celle-ci peut s'entendre en termes de prééminence, et celle du corps présuppose une matérialité du langage, de la pensée, de l'esprit, dès lors qu'il peut leur être refusé tout caractère abstrait. Dans cet ouvrage, on s'interroge sur la façon d'établir précisément cette interdépendance, ce faisant en se référant avant tout aux réflexions d'un philosophe russe, Gustave G. Chpet, personnalité intellectuelle de premier plan, exilé en Sibérie, puis fusillé en 1937, mais également particulièrement aux travaux de trois scientifiques russes, Lev S. Vygotski, Vladimir I. Vernadski et Alexandre 1. Oparine, qui, en se situant par rapport au matérialisme historique imposé, ont abordé la question de l'évolution, du hasard et de la sélection naturelle. Dans son approche des phénomènes culturels comme réalité matérielle « détachée », Chpet privilégie l'étude du langage verbal, entendue comme système de signes constituant l'espace et le temps historiques - champ de reconnaissance et de survivance. En approfondissant l'étude de la notion de forme interne du mot, on y révèle des processus cognitifs qui, présentés comme des lois à signifiance sociale, peuvent, selon nous et à rebours de l'idéalisme, du matérialisme historique et du structuralisme confondus, être apparentés aux lois à signifiance biologique dont parle Darwin : le propos de cet ouvrage, faisant référence aux apports actuels de la paléoanthropologie, de l'éthologie animale, de la génétique et de la neurobiologie, est d'affirmer que l'esprit n'est ni incorporel ni immatériel, dès lors que cette qualification s'applique au langage verbal.

  • Les sports d'eaux vives sont devenus un atout majeur dans le développement des activités sportives, estivales et de tourisme. En liaison avec les rivières et les gaves, l'édification des stades d'eaux vives est aussi un élément important de réhabilitation et de reconversion de nombreux espaces urbains périphériques et sinistrés. De l'organisation de compétitions internationales à l'initiation sportive des jeunes scolaires, en passant par un éventail de stages diversifiés (préparation olympique, sélections régionales, initiations-découvertes tous publics, etc.) ou d'accueil journalier, ces sites ont un impact sur l'emploi sportif et la vie économique locale. Ils contribuent à l'attractivité des territoires, à la qualité du cadre de vie et à la protection de l'environnement. Seule une gouvernance partagée permet de conjuguer les compétences politiques, économiques, sociales et culturelles, de résoudre les problèmes rencontrés et de mobiliser les ressources indispensables pour promouvoir ces nouveaux territoires sportifs, en France et dans les pays voisins. Réunissant une vingtaine de personnalités compétentes qui sont intervenues face à un public motivé, l'Université Sportive d'Été de l'UNCU a dressé un état des lieux argumenté sur le thème des sports d'eaux vives en liant héritages du passé, problématiques actuelles et défis pour les prochaines décennies. Autre originalité, l'USE a permis de croiser l'analyse des acteurs et décideurs politiques, l'expertise des spécialistes de l'innovation technologique, avec les travaux des chercheurs universitaires, l'expérience des gestionnaires, celle des éducateurs sportifs et des compétiteurs. Quelle ville autre que celle de Pau, à la veille d'organiser les Mondiaux de canoë-kayak en 2017, bénéficiant du rayonnement du Club Universitaire Pau-Pyrénées Eaux Vives et du dynamisme de l'Université de Pau et des Pays de l'Adour, aurait été mieux armée pour accueillir la 32ème Université Sportive d'Été ?

  • Parlements et Lumières : l'association des deux notions peut sembler contre-nature, tant l'historiographie a longtemps vu dans les magistrats une catégorie hostile par principe aux Lumières, les bourreaux de Calas et de quelques autres comme les adversaires égoïstes d'une monarchie éclairée et réformatrice qu'ils finissent par perdre en descendant eux-mêmes à sa suite au tombeau. Seuls quelques avocats apparaissent sous un jour plus favorable, défendant l'innocence accablée par l'injustice des nantis ou prenant part à la Révolution. Pourtant les progrès de la recherche nous conduisent à des vues beaucoup plus nuancées aussi bien sur les cours et les parlementaires que sur les Lumières elles-mêmes qui ne se limitent pas au seul combat philosophique. Dans ce volume collectif, il est question des gens de justice face aux idées nouvelles, des formes de leur adhésion à celles-ci et de la définition qu'ils ont essayé de donner d'un ordre du monde rénové. Réintroduire les parlementaires en tant que tels dans l'étude de la France des Lumières permettra de comprendre celle-ci plus exactement.

  • Alors que la communauté intellectuelle russe vient de commémorer le 130e anniversaire de la naissance de Pavel Florenski, le présent recueil se veut être un signe de son actualité dans les sciences humaines de ce début de xxie siècle. Tous les textes du recueil ont en commun de mettre en lumière le dialogue de la pensée de Florenski avec la tradition européenne au sens large, à en montrer les points de divergence et de convergence, ainsi que le dialogue actuel qui se noue, en Russie et en Europe, autour de la réception de son oeuvre. Le recueil se compose de vingt-trois articles rédigés par des chercheurs russes et français, regroupés en deux parties : la première est consacrée à la philosophie de Pavel Florenski, autour notamment des questions du rationalisme ou du lien entre philosophie et mystique ; la seconde, intitulée « Pavel Florenski et la culture européenne », aborde les autres champs de sa pensée : psychologie, sociologie, anthropologie, mais aussi la question des arts et de l'esthétique.

  • Alors que le nombre de publications sur les études de genre ne cesse de croître dans la plupart des disciplines des sciences sociales, il nous est apparu important de faire le point sur l'apport spécifique qu'elles apportent à la géographie si l'on considère que cette discipline est aujourd'hui une science sociale attachée à penser l'espace des sociétés humaines. Comment les études de genre peuvent-elles interroger l'organisation des espaces à toutes les échelles ainsi que la spatialité des acteurs ? La géographie est-elle toujours aussi marquée par une approche androcentrique, par la naturalisation sexuée des espaces et les interprétations qui en découlent ? Quelle place une approche critique des rapports de genre peut-elle avoir à l'intersection d'autres approches géographiques qui s'intéressent au postcolonialisme, aux phénomènes de globalisation, aux migrations ? L'objectif de cet ouvrage est de faire apparaître la dimension épistémologique du genre comme outil de questionnement de la science géographique en général, qu'elle s'appréhende par le biais de l'analyse spatiale, de la géographie des pratiques sociales, d'études régionales ou d'études culturelles.

  • Le retour sur la période du début du xxe siècle en Russie (période pré-et postrévolutionnaire) a permis de mettre à profit l'immense travail de réhabilitation en cours dans la culture russe depuis la fin de l'ère soviétique, et encore manifeste dans la première décennie de ce xxie siècle pour ce qui concerne des domaines comme la philosophie, la psychologie, la socio- et la psycholinguistique. La première partie (« Du point de vue de la Russie ») est consacrée aux contributions des chercheurs russes qui se sont interrogés sur l'interdisciplinarité à partir des liens qui ont initialement existé, en Russie, entre la psychologie et la philosophie. La deuxième partie de l'ouvrage (« Points de vue croisés en sociolinguistique »), principalement axée sur la sociolinguistique, comporte une approche comparative qui donne un exemple de l'apport que peut représenter aujourd'hui, dans le domaine des sciences humaines, la prise en compte de la pluralité des contextes socio- culturels. Dans la troisième partie (« Du point de vue français ») sont présentées les contributions des chercheurs français, qui, pendant les quelques années de coopération scientifique avec les chercheurs russes, se sont consacrés à des thématiques spécifiques, impliquant des approches à la fois comparatives, au niveau culturel, et interdisciplinaires, au niveau méthodologique. Enfin, la quatrième partie trace un tableau culturel, linguistique et didactique extrêmement précis de l'enseignement des langues française et russe en Russie et en France, et met par là-même en valeur les spécificités culturelles des deux pays, dont la connaissance est seule garante d'un dialogue productif dans le domaine scientifique.

  • Mouvement, bifurcation, révolution, tournant ? Les termes et métaphores par lesquels sont décrites les mutations des pratiques de recherches en sciences humaines et sociales, opérées et nécessitées par l'usage des technologies numériques sont nombreux. L'étude de ces mutations, et des nouvelles pratiques qu'elles entraînent et autorisent, dessine un champ de réflexion, désormais englobé sous le terme d'Humanités digitales, qui a particulièrement stimulé la réflexion des chercheurs ces dernières années en Sciences Humaines et Sociales, mais aussi dans le champ des Humanités et des Arts. L'ouvrage que nous proposons s'inscrit dans la lignée de ces études sur les bouleversements technologiques et leurs implications, dans le domaine scientifique, à la fois sur les communautés épistémiques, mais aussi sur la nature des savoirs, leurs modes d'élaboration, de diffusion et de patrimonialisation, notamment dans le domaine des sciences humaines et sociales. La plupart des textes qui sont présentés dans cet ouvrage ont fait l'objet d'une communication lors de journées d'étude sur les Humanités digitales, organisés par le laboratoire MICA (Médiations, Information, Communication, Arts EA 4426) de l'Université Bordeaux Montaigne, en collaboration avec sept laboratoires du campus universitaire bordelais, mais aussi de Paris 3 et de l'IRI, le laboratoire de recherche du Centre Pompidou. Ces réflexions poursuivent l'ambition de fournir des matériaux pour la réflexion, dans un domaine qui suscite des interrogations nombreuses et sur lequel l'Université Bordeaux Montaigne poursuit une réflexion active, notamment à travers des journées d'études annuelles depuis 2011.

  • Si conventions et chartes pour l'égalité des sexes se multiplient depuis presque trente ans avec plus ou moins de bonheur, peut-être est-ce parce que les filles demeurent les publics-cibles privilégiés de la volonté émancipatrice institutionnelle. Notre système scolaire semble avoir bien du mal à penser, en complémentarité et même en priorité, l'évolution des garçons... Tant que des mécanismes de séparation et de hiérarchisation des sexes oeuvreront au sein même de l'école, tant que les garçons seront confrontés à l'injonction paradoxale d'être dociles à l'institution tout en affirmant leur virilité, tant que nous resterons aveugles aux nouvelles formes d'entre-soi masculin, tant que l'école continuera à penser que tous les élèves sont hétérosexuels et conformes aux normes de genre, les choses auront du mal à évoluer... Quels leviers peuvent permettre un changement, profitable aussi bien aux filles qu'aux garçons, dans une école plus égalitaire ? Une école émancipatrice ne devrait-elle pas être, avant tout, une école accueillante à toutes les variations des rôles de genre qui ne sauraient se résumer à la bicatégorisation fille-garçon ?

  • Si la noblesse, considérée comme un ordre de la société, dotée d'un statut juridique particulier qui est transmissible par le sang, est clairement distinguée en France au xiie siècle, si la composition de ce corps peut être décrite à partir du xive siècle, les lignages ne se perpétuent pas, semble-t-il durant plus de six générations. Sous des attributs prestigieux, durablement définis et reconnus, un incessant mouvement de renouvellement se déroule. L'anoblissement qui fait d'un homme noble, selon l'article du dictionnaire de l'Académie française en 1694, est le principe même qui entretient un corps dont la place est éminente dans la hiérarchie sociale. Il était intéressant d'étudier ce processus à travers les traités théoriques et à travers des ensembles régionaux ou simplement des cas familiaux.

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