Manitoba Les Belles Lettres

  • Ce livre est une brève histoire du travail. Du néolithique à l'algorithme, Bernard Abate y analyse les révolutions qui ont transformé le quotidien de l'humanité. Il interroge particulièrement l'impact du numérique sur le travail humain. Enseignement contre-intuitif : ces nouvelles technologies ne se substituent pas à l'intelligence humaine. Elles pourraient au contraire remettre l'humain au centre du jeu. La technique avait progressivement séparé le travailleur de l'intelligence de son travail. La révolution numérique, elle, est ambivalente. En un sens, elle concentre toujours plus de connaissances et de pouvoir d'organisation du travail entre les mains de ces nouveaux maîtres que sont les systèmes d'intelligence artificielle et les plates-formes numériques. À l'inverse, en rendant plus accessible à tous le capital technique, elle permet à chacun de se réapproprier l'intelligence de la production et elle facilite la coopération entre individus autonomes et interconnectés. Assiste-t-on à une lutte à l'issue de laquelle le modèle décentralisé et collaboratif l'emportera sur le précédent, centralisé et hiérarchique ? À une coexistence durable ? À une fusion vers quelque chose de différent ? Et, déjà, un nouvel enjeu majeur apparaît : cette nouvelle façon de travailler va-t-elle permettre à l'homme de se réconcilier avec la nature ? En éclairant le présent du numérique par l'histoire du travail et de la technique, ce livre propose des réponses aux questions actuelles.

  • « Depuis 40 ans... » : la formule fait florès depuis décembre 2018 et le mouvement des Gilets jaunes, jusqu'au président de la République Emmanuel Macron évoquant « quarante années de malaise qui resurgissent ». Le dérapage de la France est connu : désindustrialisation, envol d'un chômage de masse, explosion des déficits, des charges fiscales et sociales, un tournant symbolisé par un budget public toujours déficitaire depuis 1974, quand survient le premier choc pétrolier. Un tournant majeur a en effet eu lieu durant cette année charnière et celles qui l'ont suivie avec l'essoufflement de la croissance dans le monde occidental et, de façon inverse, l'entrée de plusieurs pays du « Tiers-Monde » dans un processus d'émergence et d'industrialisation accéléré. Déficit structurel des échanges, manque de compétitivité de l'industrie nationale... la France est l'un des pays qui se sont adaptés le plus mal à cette nouvelle donne mondiale. Une faiblesse structurelle qui, au-delà du rattrapage des Trente Glorieuses (et de ses illusions) remonte à 1945 et au poids de l'État-providence placé essentiellement sur les entreprises. Au fil des décennies, aucun gouvernement français de droite ou de gauche ne remettra en cause un système soumettant les producteurs nationaux à une véritable taxe douanière à l'envers. Ce handicap est devenu chronique quand la Communauté économique européenne s'est plongée, à partir des années 1970, dans l'océan du libre-échange mondial. Écrit par deux historiens réputés de l'économie et des entreprises, Le Virage manqué dresse le constat clinique du décrochage de la France au cours de la décennie 1974-1984 en analysant ses causes structurelles et son déroulement, sans oublier la responsabilité des gouvernements et des élites nationales choisissant - le gouvernement de Raymond Barre excepté - de faire peser sur l'industrie plutôt que sur les ménages le poids de la contrainte extérieure grandissante de l'économie ouverte et de la mondialisation qui va s'étendre à l'ensemble du globe dans les années 1980-1990.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Il y a de la provocation bien sûr dans le titre de ce livre, comme Érasme en avait usé dans son Éloge de la Folie. Il s'agit de s'insurger contre cette doxa contemporaine qui voudrait que l'égalité soit la mesure de toute chose. Pire, seul prévaudrait désormais l'égalitarisme au point de ne plus vouloir considérer les personnes dans leur identité et leurs différences, mais dans leur conformité à un modèle commun, toutes semblables sans distinction de valeur. L'égalité est devenue l'obsession maladive de notre monde tandis que la jalousie ordinaire le taraude pour faire de l'inégalité son bouc émissaire préféré. L'égalité est la même promesse confiée à chacun de pouvoir trouver sa voie librement. Et cette liberté permet ainsi à chacun de bâtir son identité singulière et inégale. Mieux vaut une certaine inégalité qui ré-enchante l'humanité plutôt que la grisaille morne et volontiers violente de l'égalité imposée. Le combat éternel des hommes est de trouver un juste milieu, comme le remarquait déjà Montesquieu en soulignant que « le principe de la démocratie se corrompt, non seulement lorsqu'on perd l'esprit d'égalité, mais encore quand on prend l'esprit d'égalité extrême ».

  • Pierre Bellon, the founder of Sodexo, is the embodiment of one of France's finest entrepreneurial successes. At 89 years of age, he has agreed for the first time to relate the story of his battles and his convictions. His words are worth heeding because they are original, revolutionary, and the antithesis of those we usually hear from major business leaders with companies in the CAC 40. This book is addressed to all those who think, like him, that history is never written in advance. And that the best way of advancing, of progressing, is through enterprise. Pierre Bellon shares with us his vision of the company, speaks about his raison d'être, his values and his principles of management. He excoriates technocracy. He denounces the deviancies and excesses of capitalism. He makes the case for the intra-entrepreneur. "Before you can grow, you have to begin small. That's my philosophy in a nutshell. It's a long road to success".

  • Pierre Bellon, fondateur de Sodexo, incarne une des plus belles réussites entrepreneuriales françaises. Pour la première fois, à 89 ans, il accepte de livrer ses combats et ses convictions. Sa parole est utile car elle est atypique, révolutionnaire, aux antipodes des discours tenus habituellement par les grands patrons du CAC 40. Ce livre s'adresse à tous ceux qui pensent, comme lui, que l'histoire n'est jamais écrite à l'avance. Et que la meilleure façon d'avancer c'est d'entreprendre. Pierre Bellon livre sa vision de l'entreprise, parle de sa raison d'être, de ses valeurs et de ses principes de management. Il fustige la technocratie. Il dénonce les dérives du capitalisme. Il plaide pour l'intra-entrepreneur. « Avant d'être grand, il faut être petit. C'est là toute ma philosophie. La réussite est un long cheminement ».

  • Dans son roman Le Guépard, Lampedusa raconte l'histoire d'un aristocrate sicilien du XIXe siècle qui assiste inquiet aux révolutions en marche. Lors d'une discussion avec son neveu, il lui dit « Si tu veux que les choses restent comme avant, alors il va falloir tout changer ». Avec la transformation digitale, nous sommes dans une situation comparable. Si nous voulons qu'un dirigeant puisse continuer à entreprendre, si nous voulons qu'un médecin continue à pouvoir soigner, si nous voulons qu'un professeur continue son métier d'enseignant, si nous voulons que les magistrats continuent à garantir un État de droit, eh bien alors il va falloir tout changer ! L'enjeu ne consiste pas à « numériser » ces métiers essentiels, mais plutôt à les réinventer dans un monde devenu numérique. La transformation digitale est un impératif, et cette Petite philosophie propose aux responsables une méthode pour la piloter et se réinventer dans ce nouveau monde.

  • La France, État-nation, est hantée par la peur que la reconnaissance de la diversité ne remette en cause son unité nationale. Les particularités individuelles peuvent s'exprimer librement dans la sphère privée, mais paraissent ne pas avoir leur place dans l'espace public comme l'ont révélé les affaires du burkini, de la burqa ou le refus de reconnaître à la langue corse un statut officiel. Pourtant les différences linguistiques, culturelles et religieuses ne sont pas nécessairement un facteur de fragilisation. Dans certains pays, au premier rang desquels le Canada, elles sont même promues au rang de symbole national. Leur préservation est devenue le ciment de la cohésion du pays. « Unis par la diversité », ils affichent avec fierté leurs différences comme un étendard et un témoignage de leur capacité à vivre ensemble dans un respect mutuel.

  • Après Une Vie avec Eschyle, ouvrage dans lequel Bernard Deforge relatait son expérience professionnelle d'universitaire, l'auteur rend compte de ses autres vies professionnelles menées en parallèle depuis 1974 jusqu'à ce jour : membre de cabinets ministériels, batailles électorales, associé d'une firme internationale d'audit et de conseil, élu local. Ce faisant, il brosse un tableau, rempli d'anecdotes, de ces différents milieux, de ces différentes matrices dans lesquelles il s'est engagé, témoignant ainsi de la polyvalence d'une formation humaniste, laquelle met à même de vivre pleinement le monde d'aujourd'hui, en en bousculant les rigidités, en faisant fi des cloisonnements, sources de blocages et d'incompréhension entre les différents univers professionnels qui meuvent notre société. Dynamique personnelle en phase avec la dynamique du monde. Pour ce travail de mémoire, Bernard Deforge a choisi la forme, elle-même dynamique, d'une série d'entretiens avec un journaliste imaginaire, lui permettant de se questionner lui-même dans un subtil mouvement introspectif, et de porter un regard en recul, à la fois lucide et malicieux, sur ces matrices qu'il a habitées, sur leur fonctionnement et sur les hommes qu'il y a côtoyés, ministres, hauts fonctionnaires, militants, hommes politiques, auditeurs, consultants, avec leur noblesse et leurs petitesses, avec leurs vertus et leurs limites. Ce livre est aussi un message d'espérance pour les jeunes d'aujourd'hui, à l'opposé du tableau déprimant de l'avenir qu'on se plaît à leur peindre. Le monde est à prendre, il leur appartient, comme il appartenait aux jeunes d'hier, pourvu qu'ils sachent attraper le dieu Kairos par les cheveux, ce qu'on appelle plus prosaïquement saisir les opportunités.

  • Le monde est en train de changer. Radicalement. C'est l'effet de l'accélération de l'histoire, phénomène conjugué avec le processus de mondialisation. Ce ne sera pas la fin du monde, mais justement la fin d'un monde, du monde où nous vivons, façonné pendant des siècles par la civilisation occidentale. Depuis quelque temps, cette civilisation-phare donne des signes de fatigue. Par rapport aux autres régions du monde, elle rétrécit comme peau de chagrin ; sa part dans la population de la planète et dans l'économie mondiale ne cesse de décliner.
    Plus grave encore, il n'y a plus de grand projet pour l'avenir. Pendant des siècles l'Occident a été motivé et stimulé par la ferveur religieuse dans un premier temps, et ensuite par les véritables religions sécularisées affirmées à l'époque moderne : la démocratie, la nation, le progrès...
    Que reste-t-il de ces grandes croyances ? Et où va l'Occident ? Où va le monde ? Personne ne connaît la réponse à ces questions. On ne peut qu'imaginer des scénarios inévitablement multiples et contradictoires.
    C'est ce que cet ouvrage, fresque planétaire de ce que pourrait être notre futur, propose au lecteur.

  • Une vie au Quai propose un voyage dans la diplomatie française où se mêlent événements historiques, anecdotes et épisodes romanesques. Tantôt avec humour, tantôt avec gravité, l'auteur raconte, dans un récit très vivant, quarante ans de carrière diplomatique, de la guerre froide aux chambardements du monde actuel. Il apporte son témoignage sur l'affrontement Est-Ouest, les aléas de la construction européenne, les crises au Moyen-Orient et leurs répercussions en France, le conflit en Bosnie, la guerre en Afghanistan, le rôle de la France dans l'OTAN.
    Le 11 septembre 2001 est pour Richard Duqué une date pivot, qui inaugure le chaos du XXIe siècle. Consul général à New York, il assiste en direct à l'attaque terroriste contre les tours du World Trade Center. Il doit à un incroyable concours de circonstances de n'avoir pas perdu la vie ce jour-là.
    Une vie au Quai trace les portraits des dirigeants politiques avec lesquels l'auteur a travaillé ou qu'il a eu l'occasion de côtoyer : les présidents de la République, premiers ministres et ministres des affaires étrangères qui ont conduit la diplomatie française durant les quatre dernières décennies.
    Le lecteur découvre aussi l'envers du décor diplomatique : le fonctionnement du Quai d'Orsay et des cabinets ministériels, les responsabilités d'un ambassadeur, le rôle de son épouse, les hasards des nominations, l'importance des médias et de la communication, les risques de la gestion des crises. Pour Richard Duqué, qui a dirigé l'Inspection générale des affaires étrangères, les coulisses de la diplomatie n'ont pas de secrets.

  • Si l'imagination au pouvoir était un slogan, cet ouvrage montre qu'il peut être une réalité. Près d'une quarantaine de personnalités exceptionnelles ont accepté de partager leur relation avec l'imagination dans leurs domaines respectifs. Qu'ils soient astronaute, philosophe, cyborg, militant écologiste, mathématicien, anthropologue, acteur, astrophysicien, ou encore chanteur, tous se retrouvent autour de la puissance de l'imagination, elle qui leur a permis d'accomplir des choses hors norme.
    Le goût d'imaginer sa vie est l'oeuvre collective de femmes et d'hommes d'horizons divers qui construisent la société du futur, à la force de leur imagination. Une telle concentration de personnalités mondialement reconnues dans leur domaine est une première dans un ouvrage collectif.
    Qu'ils soient français, chinois, anglais, suisses, canadiens, américains, irlandais, belges, danois, algériens ou singapouriens, ces 40 penseurs nous confient ici leur vision de l'imagination par leur parcours et leur expérience. Ils ne nous offrent pas un chemin tracé, ils nous montrent l'existence des chemins.

    Plus de quarante contributions dont : Jean-Loup Chrétien, Jacques Genin, Idriss Aberkane, Laurent Alexandre, Henri Atlan, Marie-Paule Cani, Yves Coppens, Jean-Louis Étienne, Jean Jouzel, Étienne Klein, Michael Lonsdale, Pierre Marcolini, Dominique Méda, Fabrice Midal, Pascal Picq, Pierre Rabhi, Hubert Reeves, Patrick Roger, Joël de Rosnay, François Taddei, Jacques Testart, Hervé This, Cédric Villani, Didier Wampas...

  • L'opinion a toujours été un enjeu politique. Elle est devenue un enjeu économique majeur : le succès ou l'échec d'un projet, d'un produit, d'une marque se joue bien au-delà du seul marché. Les priorités de la société font aujourd'hui pression sur les intérêts des marchés : le citoyen prend le pas sur le consommateur après une période où l'on a craint la marchandisation du monde. La tertiarisation de l'économie, avec le poids croissant de la valeur des marques et de la réputation dans la valeur des entreprises, combinée avec l'explosion de l'internet comme réseau de communication et de commerce, donnent à cette opinion publique une force qui va continuer de s'accroître. Mais qui est « l'opinion » ? Comment fonctionnent ses ressorts ? Quelles évolutions attendre dans les années qui viennent ? Pour les décideurs, il est essentiel de saisir ces tendances et comprendre ces mécanismes de l'opinion. Au moyen d'exemples concrets et en mobilisant de nombreuses sources internationales, Jean-Pierre Beaudoin met en lumière dans ce livre les grandes tendances qui, depuis la fin de l'après-guerre et à l'horizon du milieu du XXIe siècle, structurent les « pouvoirs de l'opinion ». Il apporte aux décideurs tant publics que privés bien des clefs leur permettant d'éviter des crises à répétition.

  • Avec l'élection présidentielle de 2017, la France a vécu un énième psychodrame dont elle a le secret.France des riches contre France des pauvres, France des villes contre France des champs, France de l'Ouest contre France de l'Est... Alors que tout semble indiquer que notre pays est multi-fracturé, que signifie aujourd'hui « être français » ? Nous leur avons posé la question : à bien des égards, les réponses de nos compatriotes vont à l'encontre des idées reçues. Et si, au-delà des clivages indépassables, il demeurait un socle commun puissant ? Et si les Français, traumatisés par la panne des imaginaires du futur, malmenés par la mondialisation et les évolutions technologiques, suspicieux envers leurs élites et leur démocratie, étaient en fait un peuple bien plus soudé que prévu autour de quelques valeurs qu'il suffirait de réactiver ?
    Pas si simple, bien sûr.
    Mais faisable, pour peu qu'on arrête d'écouter les éternelles complaintes des pessimistes. Et qu'on les écoute eux, ces Français, qui aiment jouer à se faire peur, mais possèdent un instinct de survie insoupçonné. Attachés à leur modèle social, hédonistes, ils sont à la fois fébriles et prêts pour traverser le XXIe siècle, ensemble. C'est, à notre grande surprise, ce que nous avons découvert au terme de cette enquête inédite sur l'avenir de notre identité.

  • Cela a failli se produire cet hiver, mais un jour prochain, la France va se retrouver dans le noir, au sens propre du terme. Il n'y aura pas assez d'électricité pour faire rouler les trains, tourner les usines, chauffer les maisons, allumer les télévisions et les ordinateurs, recharger les téléphones portables... Le développement incontrôlé d'énergies éoliennes et solaires massivement subventionnées, dans un marché déjà surcapacitaire, conduit les « producteurs historiques » à la faillite ou à se réorienter vers la production de ces mêmes énergies ! En Europe, la règlementation des domaines de l'environnement et de la concurrence tient lieu de politique énergétique. En Allemagne et en France, c'est la peur du nucléaire et le mirage des énergies renouvelables qui guide la fameuse transition énergétique. Et au fantasme du « tout renouvelable » s'ajoute, celui aussi pernicieux, du « tout marché ». L'électricité est un bien de première nécessité. Quelle nouvelle forme de service public faut-il mettre en place pour donner à tous les Français accès à une électricité stable et bon marché dans la durée ? C'est à cette question que ce livre tente de répondre.

  • Pourquoi est-il si facile d'augmenter les dépenses de l'État mais si difficile de les baisser ? Pour quelles raisons le domaine de l'intervention publique s'étend-il sans cesse ? Dans quelle mesure les responsables politiques sont-ils influencés par les groupes de pression et déterminés par des objectifs à court terme ? L'administration est-elle au service des populations ou d'elle-même ? Autant de questions que se posent la plupart des citoyens, frappés par l'inaptitude de l'État à se réformer en même temps que par son incapacité à améliorer la situation économique. Confrontés à un alourdissement constant des prélèvements qui ne parviennent ni à juguler les déficits et l'endettement, ni à enrayer le chômage, ni enfin à rétablir la croissance, les Français soupçonnent confusément l'existence d'un lien entre cette impuissance et les dérives les plus scandaleuses des pouvoirs publics : clientélisme, fonctionnement autarcique des institutions, utilisation du pouvoir et des fonds publics au profit d'intérêts particuliers, décisions absurdes ou inefficaces. Ils ont raison. Loin du « politique bashing » simpliste, cet essai expose de façon pédagogique les mécanismes des multiples défaillances de l'État et du système démocratique que les sciences politiques et économiques ont su mettre en évidence avec rigueur. À l'heure où la défiance vis-à-vis du système politique est à son maximum en France, il est urgent d'ouvrir les yeux sur la réalité du fonctionnement de la sphère publique. Décrypter ses dérives permet d'esquisser ensuite des réponses concrètes à l'horreur politique qui mine notre démocratie.

  • La France est dans une situation paradoxale. Les tensions politiques et sociales ne cessent de croître, l'économie est mal portante. Les Français expriment la pire angoisse possible : celle d'imaginer que leurs enfants auront une vie plus difficile que la leur. Comment se projeter vers l'avenir dans un tel pessimisme ambiant ? Pourtant, le monde dans lequel nous vivons tourne à une vitesse formidable. Malgré les apparences, il regorge de bonnes nouvelles ! L'économie est en plein bouleversement : Internet révolutionne les usages. Désormais, le monde est accessible en quelques clics et nous l'emportons avec nous ; les jeunes rêvent d'entreprendre et de développer des start-ups aux succès mondiaux ; les produits de consommation hier inaccessibles sont livrés depuis le bout de la planète en quelques heures. La société se transforme en silence mais avec énergie : la solidarité, si chère au coeur des Français, est désormais associative et hyperactive ; grâce à une révolution scolaire silencieuse, l'égalité des chances pourrait enfin devenir réalité ; au moyen de nouvelles applications, des hommes et des femmes trouvent l'âme soeur ou sauvent des vies. Toutes ces tendances dessinent un nouveau monde et, sans s'en rendre compte, les Français y prennent pleinement part : il est plus démocratique, plus participatif, plus horizontal et plus individualisé. Un capitalisme moderne est en train de prendre forme et, contrairement aux discours dominants, c'est positif ! À rebours des messages anxiogènes, Erwan Le Noan propose un regard optimiste sur les transformations profondes de notre société : un univers d'extraordinaires opportunités s'offre en effet à nous.

  • Dans les dix prochaines années, 600 000 entreprises vont être à céder, et des milliers d'emplois à saisir. Et si l'un des candidats à la reprise, c'était vous ? Le repreneuriat s'adresse à tout le monde. Peu importe le parcours, seuls le talent et la motivation comptent. Je pense en particulier à tous ceux pour qui les grandes autoroutes balisées du système classique sont fermées : enfants d'immigrés, jeunes déscolarisés, seniors, chômeurs de longue durée, femmes au foyer, femmes voilées, etc. Il faut regarder la réalité en face : les discriminations existent et existeront toujours. Alors je vous propose une solution radicale : arrêtez de passer des entretiens d'embauche, et mettez-vous à votre compte. Rien n'est jamais écrit d'avance, vous pouvez reprendre le contrôle de votre vie ! Pour tous ceux qui se sont perdus en route sur le chemin du travail, je propose un itinéraire bis qui vaut le détour, un véritable projet de vie enthousiasmant. Vous embarquez sur la route avec moi ?

  • « L'invasion du légume a un goût douteux, celui que nous croyions oublié de la raison normative, de la modélisation et de l'ordre sain. La régression narcissique dans laquelle se complaît l'époque a sans doute à voir avec ce trouble jeu. Le légume, nous le repoussions naguère au bord de notre assiette avec une moue d'enfant rebelle. Il garnit, aujourd'hui, les podiums médiatiques, les murs lézardés de nos cités, les vastes plateaux du divertissement de masse, les mornes allées de nos jardins à la française... A-t-on noté comme, depuis la plus haute Antiquité, la connerie est éprise de symétrie ? » « Faust pas mort, Apocalypse suit. » « Enfin, bref, comme nous l'a enseigné Pierre Desproges, les détestations les plus arbitraires sont toujours les meilleures, et comme le prophétisait déjà Nabokov, autre humoriste à ses heures : "Le bruit terrassera le monde", avant d'ajouter, lucide : "Courage, fuyons !" » « Entre nous : si l'on vous donnait le choix, vous préféreriez avoir un futur ou un avenir ? Vous contenter de récolter les fruits blets d'une invincible fatalité ou vous bâtir un avenir comme on édifie une cathédrale ou une vie ? On sait déjà que la nostalgie n'est plus ce qu'elle était. Désormais, on saura que le futur n'a aucun avenir. »

  • Au pays de Descartes, la fiscalité tient du grand bazar. Elle est unique en son genre - quel autre pays au monde dispose de deux impôts sur le revenu ? - opaque et incompréhensible. Dans l'opinion, le sentiment prévaut d'un système à bout de souffle, injuste et hypocrite. Un sentiment qui correspond largement à la réalité : comment défendre une fiscalité parfois spoliatrice, mais laissant libre cours à des stratégies d'optimisation, permettant aux plus riches de s'exonérer d'une bonne partie de leur contribution ? D'où une défiance inégalée des Français à l'égard de l'impôt, une révolte fiscale larvée et une perte de sens civique. Peut-on retrouver la confiance perdue dans ce système ? Les candidats à l'élection présidentielle n'en empruntent pas le chemin, qui se contentent de multiplier des promesses de baisses d'impôts illusoires. Ces allégements fiscaux tous azimuts ne sont pas finançables, dans un contexte de croissance durablement faible. Simplifier, clarifier, rendre le système enfin lisible et donc moins susceptible de manipulations : voilà le moyen de redonner confiance aux citoyens, voilà comment les convaincre qu'ils ne sont pas les seuls à jouer le jeu du civisme fiscal, tandis que leur voisin s'arrange toujours pour payer moins.

  • La communication, la fameuse « com », est accusée d'être superficielle, manipulatrice et de polluer notre espace sonore et visuel. Dès qu'une chose est perçue comme manquant de fond, voire fausse, il est même d'usage de dire « C'est que d'la com'! ». Elle serait fautive en nous manipulant. Coupable la com' ? Qu'en est-il vraiment ? Ce livre a une ambition : permettre à la communication - enfin - de s'expliquer. Et pour cela, il fallait la mettre en examen. Ce livre est donc un procès. Car la communication est partout : dans la politique, les entreprises, le marketing, les associations, sans oublier la communication interpersonnelle (dans le couple, avec ses amis, au travail). Et puisque l'on ne parle d'elle que pour la vilipender, un professionnel nous propose une mise au point. Avec lucidité et sans concession. Condamner ou acquitter la communication ? Ce sera au lecteur d'être juré.

  • Jamais dans l'histoire de l'humanité, les questions de santé, de sécurité, de sûreté des personnes et des biens, n'ont autant occupé les esprits et par voie de conséquences, préoccupé les responsables politiques. Il s'agit d'un de ces paradoxes qui surprennent les intelligences classiques. Car, les progrès dans ces domaines ont été considérables au cours du dernier siècle. Mais il est bien connu que plus on se sent en sécurité, plus on demande des mesures et plus encore des preuves. La France qui depuis des temps immémoriaux a été vue comme un modèle de référence, pour les autres pays des cinq continents, en raison de sa maîtrise des Arts, des Armes et des Lois, n'a plus la même confiance en elle. Elle est hésitante, partagée, en d'autres termes, incapable de dégager des consensus décisionnels minimum sur bien des sujets. Les actions manquent. On sait que lorsqu'un professeur n'a pas l'autorité suffisante, ses élèves chahutent, se dispersent et ne font rien de très bon. Ce modèle vaut pour la France d'aujourd'hui. Mais comme elle est juridicisée et administrée plus qu'aucun autre pays, sauf peut-être la Chine, les choses ne se perçoivent pas nettement. Si l'on voit des dangers partout et si on a peur de l'avenir, ce n'est généralement pas dit. La prudence de ses juristes et la richesse de sa langue ont en effet permis que la discussion soit enrobée de soie ou de chocolat. Un critère de raisonnement universel légitime l'expression de toutes les craintes. C'est le principe de précaution. Mais il n'est pas sans dangers. L'auteur propose des axes d'analyse et de réflexion, en jouant avec les mots d'aujourd'hui et d'hier. Il ne prétend pas exercer un magistère moral sur les lecteurs de ce livre. Il souhaite simplement les inviter à le suivre dans les coins et les recoins de ses nombreuses expériences, afin de mieux ordonner leur pensée. En parallèle à sa profession d'universitaire qui lui a permis de développer le modèle du droit du danger, Hubert Seillan a fondé les éditions Préventique. Ces deux carrières l'ont conduit à effectuer de nombreuses missions d'assistance et de conseil auprès des institutions internationales, des administrations, des collectivités et des entreprises.

  • Sur la route du Front observe la situation politique de la France. Celle d'un pays qui depuis deux ans maintenant vote massivement et principalement pour le Front National, devenu le premier parti de France. Le premier parti et le parti des premiers tours, tant il peine encore à franchir un seuil devant lequel les formations politiques au pouvoir lui font barrage. Pour combien de temps et à quel prix ? Comprendre le succès électoral du Front National exige que l'on s'inquiète de l'état d'épuisement de la vie politique française et de la faiblesse idéologique et morale des partis politiques, de gauche comme de droite. Et que l'on s'intéresse en outre à la manière dont le Front National est l'une des rares formations partisanes européennes qui proposerait au peuple une forme d'exigence qui lui paraît digne. Dans une démocratie en crise, les mouvements populistes ont une puissance proprement politique dont les observateurs ne mesurent ni la puissance, ni à quel point les citoyens la demandent. Dans une Europe qui se déconstruit avant même d'être construite, la société française se disperse et doute d'elle-même. Elle accorde ses suffrages à ceux qui acceptent de lui proposer une identité et un destin. Penser cette situation très particulière est l'objet de cet essai, qui va chercher parfois quelques lumières du côté des anciens Grecs. Du côté notamment de Platon et du regard qu'il portait en son temps sur un régime démocratique bien éloigné du nôtre. Mais la philosophie ancienne a des choses à nous dire, encore, de notre situation.

  • « Deng Xiaoping a répété que la Chine devait apprendre de Singapour. Nous l'avons fait, nous le faisons aujourd'hui et nous le ferons demain. » Par cette déclaration, l'actuel président de la Chine Xi Jinping montre que connaître Singapour, c'est comprendre l'empire du Milieu. L'efficacité exceptionnelle de cette île-État, pays sous-développé il y a 40 ans, désormais placé au premier rang dans tous les domaines - niveau de vie, plein-emploi, performance du système éducatif, etc. - est principalement l'oeuvre du père-fondateur de la nation singapourienne : Lee Kuan Yew. À la fois homme d'action et penseur, Lee Kuan Yew a bâti ce succès en mettant en oeuvre des principes simples : o la méritocratie, avec le recrutement des meilleurs ; o la discipline sociale et une lutte impitoyable contre la corruption ; o une laïcité souple, avec une gestion spécifique de la communauté musulmane pour éviter les influences extérieures du fondamentalisme. Lee Kuan Yew est à l'origine de la modernisation du modèle millénaire chinois : il a été le premier à considérer le confucianisme comme un atout plutôt que comme un frein au développement. Et la méritocratie au service de l'excellence étatique s'inscrit dans la tradition mandarinale de l'Empire du Milieu. Ce livre est à la fois une biographie et un essai. De chaque étape de la vie du dirigeant se dégage un thème dominant : ses origines chinoises et la dynamique de l'immigré, son entrée en politique et son combat pour un « socialisme qui marche », l'intégration à la Malaisie et la lutte contre le communautarisme, le développement économique et l'impératif de la discipline, la défense de sa culture d'origine et la refondation du confucianisme.

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