Langue française

  • Séducteur invétéré, coureur de jupons, Alfred de Musset rencontre George Sand en juin 1833 au cours d'un dîner. La belle scandaleuse l'attire violemment et leur relation se transforme très vite en une passion destructrice qui fera les choux gras des gazettes de l'époque, déjà avides de détails scabreux sur les célébrités. Les scènes effroyables se succèdent jusqu'à la rupture définitive en 1835. Leurs oeuvres, et particulièrement celle de Musset, gardent l'empreinte de la profondeur dramatique de leur relation. En 1859, deux ans après la mort du poète, George Sand publie Elle et Lui, le récit de leur liaison orageuse, en se donnant évidemment le plus beau rôle. Dans la foulée, Paul, le frère d'Alfred, très remonté, voulant rétablir la vérité, du moins sa vérité, fait paraître Lui et Elle, une véritable charge contre celle que la famille Musset a toujours considérée comme responsable de tous les maux d'Alfred, négligeant, dans son aveuglement, de considérer les turpitudes du cher enfant. Ne voulant pas être en reste, Louise Colet, qui fut quelques mois la maîtresse de Musset, tout en étant celle de Gustave Flaubert, toujours en quête de reconnaissance, joue à son tour sa partition sous le titre de Lui, Roman contemporain. Le Tout-Paris se gausse. Les critiques littéraires désignent ces trois livres sous le vocable d'Eux brouillés et s'en donnent à coeur joie. Pour la première fois depuis plus de cent cinquante ans, Joseph Vebret réunit dans un même volume la trilogie Eux brouillés - un vaudeville en trois actes qui s'écrit sur un quart de siècle - accompagnée d'une introduction replaçant ces trois romans dans leur contexte historique et littéraire.

  • Pierre Delcouderc, un vaurien habitant Périgueux, a marqué son époque (milieu du XIXe siècle) de la pire des façons : en volant et en tuant. Son, ou plutôt ses procès firent la une des journaux et son exécution fut suivie par des milliers de Périgourdins. Ses frasques parurent pendant plus de six mois sous forme de roman-feuilleton dans Le Combat périgourdin un demi-siècle plus tard. Le journal enchaîna aussitôt avec une autre histoire, vieille d'à peine trois mois, consacrée à un autre criminel hors pair : Jean Mérilhou. Ce sont ces deux chroniques que Rudi Meunier reprend ici, tout en les agrémentant d'informations diverses glanées dans les archives et autres écrits afin de donner une vision aussi complète que possible de ces deux scélérats.

  • Brutalement, en mai 40, les armées allemandes déferlent sur la France avec une force insoupçonnée. Tout comme des millions de civils, l'armée française en débandade est poussée sur les routes de l'exode. Le 12 juin 1940, le jeune soldat Jean Villette, chartrain d'origine, obéit à l'ordre de retraite du commandement militaire français et quitte le camp de Satory près de Versailles où il est mobilisé depuis des mois. Commence alors une interminable errance à pied vers le sud. De Versailles à Orléans en passant par Saint-Arnould-en- Yvelines et Angerville, de Beaugency à Terminiers en passant par Blois et Meung, Jean Villette est finalement fait prisonnier par les Allemands et interné à Voves. Ironie du sort, c'est dans ce camp que l'armée française a construit avant-guerre en vue d'enfermer les soldats allemands qu'elle était certaine de capturer, qu'il est retenu prisonnier. Ce texte "oublié" est resté inédit. Il est publié pour la première fois. Il constitue une contribution unique et irremplaçable d'un témoin direct des événements de juin 40 et fait revivre avec émotion une période qui a fortement marqué la population française.

  • L'histoire du tisserand Pierre Sarda, dit Tragine, est celle d'un mandrin pyrénéen solitaire. Ses mobiles sont l'honneur et la justice, et aucunement le profit matériel. Fier et querelleur, il est prêt à tout sacrifier pour aller jusqu'au bout de sa vengeance. Doué d'une énergie vitale hors du commun, le bandit de l'Ariège ne lâche jamais prise et poursuit ses ennemis avec une pugnacité prodigieuse, devenue légendaire dans ses montagnes. Combattant acharné, Tragine est aussi un homme de coeur, un amant et un père. Ses contemporains ne s'y trompent pas et le soutiennent comme ils peuvent. Ce personnage haut en couleurs, dans une société locale qui l'est tout autant, continuera pendant longtemps de hanter les esprits comme il a hanté celui des pouvoirs publics tout au long de sa vie.

  • Aux XIXe siècle, les confins de la Nièvre, du Loiret et de l'Yonne accueillent un grand nombre d'enfants de l'assistance de la Seine qu'on appelait les p'tits Paris. Lucien Forlac compte parmi ceux-là. À vingt ans, il se trouve propulsé dans la campagne paysanne avec sa jument, la dernière Morvandelle. Bêtes à pains, ils sillonnent les chemins de terre de la Puisaye et louent leurs services de fermes en fermes. Alors quand Saint-Amand fête pour la dernière fois la Saint Roch, Lucien décide de s'y rendre, conscient que la renommée de la foire attire tous les chalands, marchands de bétail et maquignons de la région... L'histoire retrace les mésaventures du p'tit Paris dans ce pays d'Histoire et de légendes. On y rencontre ainsi les paysans et les artisans, l'importance de la poterie de grès et l'organisation du travail des petites fermes entre l'Orléanais et la Bourgogne.

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