Michel de Maule

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Je ne savais et ne sais toujours pas grand-chose de ma famille. Déjà unis pour le meilleur et, hélas, pour le pire, mes parents étaient arrivés de Pologne après l'autre guerre et j'étais venu au monde dans l'arrière boutique. Nous étions dans la fourrure. Ma petite soeur Leah, qui ne m'est plus qu'un souvenir lointain, était née plus tard alors que la boutique était devenue un magasin prospère de la rue Saint Ferréol. La législation antisémite du bon Maréchal de France nous l'avait confisqué, l'arrivée des nazis en zone non occupée nous faisant quitter Marseille pour Malsol. L'idée de m'y faire enterrer me vint en quittant l'hôpital. Il ne me fut pas désagréable de penser y acquérir un bout de terrain. Quelque chose de modeste, six mètres carrés dans le cimetière. A la mairie je fus très bien reçu et le nom de Kourski, aussi exotique qu'il soit, ne rappela rien. Un demi-siècle s'était écoulé, il n'y avait rien d'étonnant à cela. Qui pouvait encore se soucier d'une famille étrangère au pays ? C'est ce qui me vint spontanément à l'esprit mais confusément cela ne me satisfit pas. L'arrestation d'une famille entière dont une enfant de sept ans aurait dû laisser une trace dans la mémoire collective du village.

  • J'étais devant cette ville fermée, triquant de froid par cet automne infâme. Je la surplombais de toute mon ignorance, de ma rancoeur. Tout m'irritait. La route tordue en coudes montueux, cette arrivée brutalement imposée, ce Serbe puant ce matin pâle. Je n'aurais jamais dû discuter ou lire ces mots incongrus dont moi-même je ne saisissais le sens. Voilà cette ville : une de ces impasses pleines de ses interdits, de peaux moites aguicheuses de changes au noir, de méchancetés roulant dans les caniveaux. C'était tout juste cela, une ville suintante aux murs décrépis, rancis à l'odeur des familles, au commencement de preuve par écrit. Écoeurante odeur d'encre fanée. Insolites et insolentes, ces dix-neuf courts récits à la lisière de l'étrange et de la réalité décrivent les indécences, les décadences, les dérives gouailleuses et chaotiques de vies urbaines et banlieusardes.

  • Personnages issus de la monstrueuse copulation des mémoires et des sensations, enfants des états d'âme et des perceptions plus ou moins perverties, descendants des bonheurs et des petites misères de nos auteurs, nous attendons que vous vous libéreriez de vous-même pour nous faire vivre pleinement. Ainsi s'exprime l'un des héros fantasmatiques de ces cinq nouvelles « extraordinaires » écrites autour des rites de la mémoire, de sa transmission et des ses absences. À force de laisser au temps qui s'enfuit le loisir de la destruction, arrive le jour où la mémoire et le mensonge se superposent, donnant naissance à des images de substitution dans lesquelles il est parfois bien difficile de démêler le rêve et la réalité. À travers ces nouvelles et pour ses premiers essais romanesques après le théâtre, Bruno Barbin met en scène des récits à la frontière du surréalisme et du fantastique. Unité de temps, le soir ou la nuit, unité de lieu, un métro, une chambre, en somme l'enfermement devenant le miroir réducteur du monde et de son essoufflement.

  • La cloche avait sonné. Laquelle ? Celle du village ou bien la nôtre ? Je n'avais pas fait attention. Elle sonnait midi, mais midi où ? Étaient-ils si pressés de manger ? Étaient-ce nous les goinfres ? Quand les cloches sonnaient deux fois midi, c'était embarrassant. Quelle heure était la meilleure ? Nous préférions sonner entre-temps, quand la question ne se posait plus, ni trop tôt, ni juste après. Cela nous évitait de commencer à midi juste, pendant que d'autres jeûnaient tout près. L'écart s'accrut entre les deux cloches. Avions-nous tort d'attendre, dans tout ce silence, entre midi et midi ? Que faisaient-ils au village ?

  • Et la vie... Février et les vacances scolaires... les Sables d'Olonne, la plage et la mer poudrées d'un soleil pâlot d'hiver... Les petites bottes rouges d'Elodie et de Julien qui trottinent dans tous les sens sur le sable mouillé. L'air vif et frais mord et rosit les joues un peu trop pâles à mon goût de Julien. Il court vers moi, s'arrête net, essoufflé, la cagoule de travers, la mèche de cheveux rebelle, il plante ses yeux gris bleu, intelligents, droit dans les miens et interroge (il ne supportera pas une réponse tiède ou hésitante, encore moins floue, je le sais) : « Tu sais Tata ? Je m'inquiète pour mon Papa, tu es sûre qu'il est bien là où il est maintenant ? » Après le succès remporté par son premier roman, La Matouze (révélé aux "Lecteurs en Fête" de Laval et Prix spécial du Jury de l'Association des provinces françaises), Éveline Thomer poursuit ici sa saga familiale, avec la tendresse des mots et des gestes de tous les jours et une verve charmante et drôle qui lui est vraiment personnelle.

  • « Petits chercheurs des décombres, petits chercheurs de spleen. Grands magasins de l'époque, quand il n'y a pas de Printemps le long de la vie, nous farfouillons dans des galeries - pas Lafayette pour un sou - mais quelque peu souterraines, sans verrières illuminées. Nos plafonds sont bas et hasardeux dans les décombres de notre enfance, tout comme le plafond du ciel de France, nuageux et cachottier d'avions noirs comme de vilaines mouches à merde. Avions alliés, avions ennemis ou avions martiens, tous des insectes ! Il nous aurait fallu un immense attrape-mouches, punaisé à la voûte céleste. »

  • Bohemia

    Maroushka

    Extrait
    II
    La lumière enlace mes ombres. Bruissement d’ailes, un souvenir passe et je les entends, ils parlent tous en même temps, tant de choses à se dire : ma famille.
    « Regardez-la ! un vrai tchirklo ! »
    Je venais d’être malade.
    « C’est vrai qu’on dirait un petit oiseau ! » renchérit Rani, la plus frêle des grands-mères. on la disait guérisseuse. Des jours près de moi à me veiller. elle n’avait pas été la seule, un quatuor de femmes mélopant leurs prières.
    C’était la saison des fleurs de sureau. Quittant un chemin de campagne pour un fourré, un fil de fer barbelé avait serré ma cheville. Quelques jours plus tard, ma jambe était enflée.
    Un brave homme ce doktari : « Je ne peux rien assurer, chuchotait- il, mais elle peut perdre l’usage de sa jambe. »
    Une piqûre et puis plus rien, un long sommeil jusqu’au moment où la fièvre m’avait quittée.
    « Elle est redevenue agile, reprit une autre voix. »
    C’était marika, la soeur de mon père, des sillons profonds ravageaient sa peau brune.
    « Nos rigoles à sanglots », les appelait mami Rani. Pourtant, je ne les ai jamais vues pleurer. Leurs larmes devaient être d’avant.
    « Ça aurait dû se passer comme nous sur la route ! »
    « Quoi, mami ? »
    Elle détourna la phrase : « ma pauvre’tite fille, t’as pas trop de force. c’est la faute à ta mère à pas suivre les vieilles habitudes. »
    En posant une serviette mouillée sur mon front, Rani regarda son mari. Grand-père approuvait. De ce qu’il appelait les embrouilles de femmes, il se méfiait. Sa stratégie était d’être d’accord, enfin presque, parce que si les nerfs le travaillaient…
    Haussant les épaules, Katrin, la mère de mama, lui envoya : « Que les temps n’y étaient plus ! et que c’était pas plus mal ! »
    Regardant au loin, elle ruminait d’autres réponses. Ses pensées ont dû lui porter peine, puisqu’elle est sortie. Tante marika en profita : « T’as raison Rani ! comment qu’on faisait nous, hein ! »
    Dans l’eau fraîche d’une rivière, les nouveau-nés étaient baignés, séchés, badigeonnés d’une mixture au brou de noix. S’ils en réchappaient, ils ne pouvaient être que forts.
    Je suis donc arrivée dans ce monde au chpitala. À ce qu’il paraît, mami Rani le regretta toujours à cause de la santé que je n’avais pas.
    L’hôpital fut une révolution. mama en gardait un bon souvenir. on l’avait dorlotée. À son retour, les familles s’étaient réunies, celle de mon père des Gatchkene Manush et la sienne, des Piemontese, stricts sur la morale, mami Katrin tout habillée de noir.
    De tous nos grands silences, celui de la naissance enveloppe de pudeur des millénaires. Hi tchuranes, secret de femmes, douleurs et sang, éloigner les hommes, leur offrir du mensonge, tout pour leurs rêves.



  • Table des matières
    Vision
    Midlife crisis
    Latitude : 29,58 N, Longitude : 10,03 E
    Obsession
    Hallucination ?
    De chair et d’os
    Sables mouvants
    Eaux mêlées
    Le tournant
    Les trois chameaux
    La prise de quartiers à tidli
    Entre rêve et cauchemars
    Une journée ordinaire
    Château fort et utopie
    Lune rousse
    Souk
    Sur la route
    Futur antérieur
    Alternance
    Flash-back
    Compte à rebours
    Séjour heureux, et adieux
    Revoir Paris
    Pas si simple…
    En quête
    Mathilde
    L’absence
    S.o.S.
    Rebond
    Retour aux réalités
    Jours tranquilles à Paris sixième
    Escapades interdites
    Coco bel oeil
    Berbères à Berlin
    Confrontation
    Déchirement
    Le poison
    Carambolage
    Été parisien
    Fuite en arrière
    Plans sur la comète
    La rentrée
    Promesse de vie ?
    Retro
    Resa
    Meanwhile…
    Un dimanche à orly, à l’aéroport…
    /> Accueil ViP
    La demande
    Fugue et coda
    Noël au balcon
    Convalescence
    Expectative
    Volte-face
    Miscellanées
    Qui-vive
    Qui vivra ?
    Révélation



  • Extrait
    Lettre de Charles ADRien, Adjudant-Chef, 361e R.I., mort le 27 mars 1916, à Verdun.
    Mon cher petit père,
    Je suis heureux en ce jour de pouvoir t’adresser du fond de on coeur mes voeux et souhaits de bonne fête.
    Je sais que tu préférerais que tous tes gars soient là pour te les exprimer de vive voix, mais sois bien certain, où qu’ils se trouvent, qu’ils ne t’oublient pas en ce triste jour qui devrait être si gai.
    Les dures nécessités de l’existence nous imposent ce triste moment ; soyons convaincus, ce pendant, que bientôt tous réunis, de notre franc sourire, nous ferons oublier à tous et à nous-mêmes ces mauvais passages.
    Ce 24 juin 1915 ne se passera pas sans que les pensées de mon coeur et de mon âme te soient adressées, à toi, mon cher petit père bien-aimé, qui sut faire de nous des hommes.
    Sans penser à ce que nous sommes en ce mo ment, sois fier de tes enfants et de toi-même, car tu les as faits d’un moral et d’une santé assez élevés pour qu’ils puissent passer le plus aisément cette dure épreuve.
    Tu as donc pour ta part contribué à nous donner une bonne chance de revenir. nous saurons trouver les autres.
    Je souhaite que cette lettre t’arrive pour le 24, pour bien te marquer que nous pensons beaucoup à toi que nous aimons si tendrement.
    J’espère que mon cher frère Baptiste, dans la dure épreuve morale qu’il traverse, ne doutera pas que nos pensées vont un peu vers lui aussi.
    Ayons confiance qu’un jour proche nous re trouvera tous joyeusement réunis et que, si nous avons raté nos fêtes de
    Famille cette année, nous puissions faire celle du coeur et du bonheur de nous revoir.
    Je t’envoie de ma tranchée nouvellement con quise, bien près des boches qui nous marmitent en ce mo ment, ces petites fleurs que j’ai cueil lies à hébu terne avant de partir.
    Puisses-tu trouver dans elles l’expression de mes plus tendres sentiments affectueux.
    Ton fils,
    Charlot.
    Lettre écrite par le Lieutenant ARnOn, Maurice-eugène, du groupe cycliste de la 6e Di vision de cava lerie, tombé à l’assaut de Launois (Vosges), le 24 juillet 1915.
    Le 23 juillet 1915.
    Mon cher oncLe,
    Demain, j’aurai le très grand honneur de monter à l’assaut des tranchées ennemies. Je commande une des colonnes d’attaque et dois m’emparer d’un blockhaus garni de mitrailleuses et d’une maison crénelée. Je ferai tout mon de voir et, si je tombe, je vous demande de prévenir chez moi avec tous les ménagements possibles ; c’est vous que j’ai demandé d’avertir.
    Et, maintenant, courage !
    En avant ! et vivent les chasseurs !
    Bons baisers à tous.
    Maurice.



  • Table des matières
    Avant-propos : Pour un retour à socrate
    La cage aux Phobes
    Tous les enfants sont des poètes
    Sauvons le sourire
    Le temps des inquisiteurs
    Le pompon du pouvoir
    L’intelligence de la main
    Larguons les amarres
    Des désirs hallucinés
    Le chant de la terre
    Une morale démoralisée
    Le colvert, la colombe et l’irak
    Les enfants d’abord
    Enfance trahie, enfance violente
    Honorer le courage
    D’abord, ne pas nuire
    Un partage de vie
    Faut-il en rire ou en pleurer ?
    Folies pédagogiques
    À propos de la canicule
    Mixité scolaire : la recherche du réel
    Sénèque et les brosses à dents
    L’histoire de l’ami Paul
    Retrouver le sens des êtres et des choses
    Contre l’euthanasie : être humain et plus encore
    /> De l’émotion jusqu’à se perdre
    Tout le chien est dans son regard
    La vraie jeunesse
    Éloge du bon sens
    Éloge de la femme
    Refaire de l’homme
    La grande tentation
    L’homéopathie, ça marche !
    L’autorité et l’école
    Qu’est-ce que l’homme dans la nature ?
    User sans abuser, est-ce possible ?
    N’importe quoi et pire encore !
    Surprenante jeunesse
    Le piège des mots vides
    Drôle de temps !
    L’homme et le mystère animal
    Être père aujourd’hui, est-ce encore possible ?
    Les stupéfiantes capacités des animaux
    Seulement secondes
    Voyage en barbarie française
    Non au massacre du vivant
    Plaidoyer pour la plante verte
    Le mystérieux « pourquoi » de nos enfants
    L’arbre de vie d’un enfant
    La potion magique de l’esprit
    Les errements de darwin
    Sauvons la politesse
    Honneur aux droits de la femme
    Donner un sens à la vie
    Les « idésosophes », ils disent n’importe quoi !
    Un vrai tournis
    Le génie de la France, et si nous en parlions !
    Sauvegarde de la France
    Index






  • SOMMAIRE
    Carte de la Syrie, localisation des principaux sites
    Chapitre I : DES RUINES INSPIRÉES
    Chapitre II : FUREURS ET FERVEURS DE L’ORIENT
    Chapitre III : UNE PRÉFACE À L’ART ROMAN
    Melchior de Vogüé, « inventeur » des « villes mortes »
    Du mur de Saint-Paul aux cathédrales d’Occident
    L’idéal spirituel : l’ascétisme des moines syriens
    Les premières églises
    L’archétype basilical
    Le plan central
    Le culte des reliques et le martyrium
    Une riche ornementation
    Les énigmes des monastères
    Chapitre IV : LES SITES
    Qalaat Semaan, Saint-Siméon
    Resafa – Sergiopolis
    Qalbloze
    Bosra
    Qirqbize
    Qasr Ibn Wardan
    Bijoux brisés, bijoux perdus
    Des « villes mortes » ouvertes au rêve
    Lettres de Sa Sainteté le Pape Jean Paul II
    Notes

  • Extrait
    II
    Le début d’automne restait lourd de chaleur. La rentrée se fit dans le calme. J’avais l’impression que le monde avait repris son cours paisible.
    Je me souviens que ce jour-là, le couchant colorait tout en rose et donnait aux visages une douceur singulière. L’air était immobile. Assis droit sur le muret de pierre, le chat regardait le soleil baisser. Ses yeux jaunes s’étiraient jusqu’à s’inscrire en un rayon subtil. Auréolé de lumière, son pelage noir miroitait. Il tourna une oreille vers la porte et son dos frémit, en vagues lentes, comme sous une caresse. À toutes autres, il préférait tes mains et ta voix.
    Un peu en retrait, je feignais de lire. Mais j’étais occupée à découvrir sans bien le comprendre le bonheur de me laisser séduire. Monsieur Lams avait accompagné sa femme en visite, événement rare, car il était le plus souvent retenu par des voyages lointains. Je ne manquais jamais ses visites. Il aimait deviner les femmes et le leur montrer. Moqueur et tendre, il forçait leurs défenses pour le plaisir d’user des clefs d’un nouvel univers. dans ce jeu de salon anodin, il dissimulait une quête plus profonde. C’était sans doute la raison de son pouvoir. Lorsqu’il mesurait l’insignifiance de la personnalité qu’il explorait, il dévoilait, par sa déception lasse, une partie de son attente. Il éveillait alors dans leurs coeurs des aspirations qu’elles avaient ignorées jusque-là. C’était un très bel homme, grand, brun, dont l’élégance allait parfois jusqu’à la préciosité. Il était conscient de sa séduction mais commençait à s’en lasser lui-même. Ses cils sombres donnaient au bleu de ses yeux une teinte d’eau profonde. Sa voix était grave mais très douce, et son léger accent lui apportait une modulation singulière, en faisant danser les mots dans un rythme inhabituel.
    Il avait cherché à apercevoir en moi celle que je serai, et s’était amusé de me voir tenir si longtemps mon regard dans le sien. Son attention affectueuse apportait à mes soifs imprécises un objet que je ne savais pas saisir. Le trouble était né après. Il le voyait, et se moquait paternellement. Comme il s’ennuyait avec complaisance devant les tasses à demi vides, tu sortis du jardin intérieur. Il ne pouvait pas te voir arriver. Au bruit de tes pas, il se leva, s’aidant un peu de la main gauche, parce qu’il avait le bras droit en écharpe. Ce handicap accentuait sa nonchalance naturelle. dans le mouvement qu’il fit pour se tourner vers toi, ses cheveux grisonnants sur les tempes brillèrent au soleil.
    Avant que vos mains ne se touchent, un vide s’imposa entre vous. La stupeur fixait vos regards l’un à l’autre. Vous aviez oublié les paroles à prononcer, les gestes à accomplir. Tout le rituel des salutations était balayé, comme aboli. Cette violence silencieuse allait demeurer votre marque essentielle. Ses racines plongeaient dans ces régions de l’être où les mots ne dictent pas encore leurs limites. Ce que l’on pouvait percevoir de cet avènement devenait difficile à soutenir autour des napperons brodés.






  • SOMMAIRE
    Préliminaires…
    1870, ou la guerre imbécile
    un malentendu franco-allemand
    les amateurs s’en vont-en-guerre
    une défaite grosse de nouveaux conflits
    1914-18, ou la guerre dont personne ne voulait
    Un encerclement à la parisienne
    les peurs françaises
    les contrariétés britanniques
    le conservatisme austro-hongrois
    les frustrations russes
    l’irritation allemande
    Les faucons gagnent de justesse
    Les tergiversations du dieu des armées
    1937-1945, ou la guerre des dupes
    L’incendie de l’Europe
    des traités déplorables
    hitler l’inattendu
    les français manquent le coche
    l’offensive allemande vers l’ouest est-elle inéluctable ?
    la france est-elle condamnée d’avance ?
    le destin de la grande-Bretagne est-il de poursuivre la lutte ?
    la bataille d’angleterre peut-elle être perdue ?
    l’union soviétique est-elle vouée à l’invasion ?
    hitler peut-il prendre Moscou ?
    hitler peut-il éviter la guerre avec les états-unis ?
    hitler peut-il prendre Bakou ?
    les puissances de l’axe peuvent-elles s’emparer de suez ?
    au printemps 1943, ont-elles encore un espoir de gagner ?
    qui va occuper l’europe occidentale ?
    L’incendie de l’Extrême-Orient
    le suicide de la classe politique japonaise
    galop d’essai en Mandchourie
    s’attaquer à la Chine, vraiment ?
    le Japon se trompe d’adversaire
    qui a voulu la guerre nippo-américaine ?
    le Japon n’a aucune chance
    une histoire de rechange
    Après le carnage
    Notes

  • Extrait
    PREMIER CAHIER NOIR
    1913, Lydia est âgée de 14 ans
    En Angleterre, à la page 0 de ce journal, Lydia note :
    12 mars 1917
    Londres Villa Marguerite 5 West Road
    Wandswouls
    Ce cahier a été emporté de Belgique en Angleterre lors de la grande guerre (mai 1913 — septembre 1914). Il servira de note pour le récit dans mon grand journal, il m’est précieux car il me rappelle si bien en quelques mots toutes mes impressions enfantines du temps de l’union familiale que je ne puis oublier, un bonheur aussi parfait que la terre puisse donner, sans soucis, entremêlé d’études et de parties de plaisirs… trop affreux (illisible)… tous ceux qui nous sont chers sont au ciel, sur le front de bataille, dans les pays alliés.
    15 mai 1913
    Enfin voici ce cahier où je ferai mon journal ! Je ne dis pas qu’il sera bien écrit ni sans fautes d’inattention, toujours sera-t-il, que je ferai de mon mieux, jour après jour s’il m’est possible. J’y mettrai des dessins, soit pour représenter mes idées, soit pour l’enjoliver, soit encore pour vous faire rire. J’écris ceci pendant qu’à côté de moi le petit Raoul dort d’un sommeil d’ange.
    Le petit Raoul aura bientôt 10 mois, J’ai si souvent fait son portrait dans le cahier de dessin N 2. Ce matin tout s’est passé comme à l’ordinaire, seulement à midi, Edmond est revenu du collège, il avait congé extraordinaire jusqu’au soir, je ne pourrai rien vous dire de cet après-midi car il n’est que deux heures.
    Tout ce que je sais c’est que ce soir j’irai dîner chez mon oncle Jules. Oh !! mais… sapristi ! voilà Raoul qui se réveille, en effet le petit ange, ouvrait ses yeux et me regardait en souriant ! Voilà 2 heures qui sonnent, vite en classe.






  • SOMMAIRE
    Préface de David Haziot
    Le jeune Vincent
    Marchand de tableaux à La Haye
    Londres, Eugénie, Paris
    Vincent le mystique
    Le Borinage
    Bruxelles, Etten, Kate
    Vie de couple
    La séparation
    La Drenthe
    Retour du fils prodigue, Margo
    Humiliation
    Anvers
    Paris, Toulouse-Lautrec
    Les peintres de Paris
    Les cafés, Agostina
    Arles
    Gauguin
    Hôpital
    Saint-Rémy-de-Provence
    Auvers-sur-Oise
    L’adieu
    Antonin Artaud & Vincent Van Gogh, frères de souffrance
    Quelques repères biographiques
    Bibliographie sélective
    Crédit photographique

  • Table des matières
    Avant-propos
    Ouverture : À quoi sert la vie ?
    Chapitre I : Maria de las nieves de Braganza
    Les préliminaires – La guerre – L’après-guerre.
    Chapitre II : Marie caroline, duchesse de Berry
    Jeune mariée – Femme politique – La combattante – Mère de famille – Conclusion.
    Chapitre III : Zita de Bourbon, dernière impératrice d’Europe
    L’enfance – L’époque impériale – La guerre – La tentative de paix séparée – L’exil – Le retour – Zita, mère.
    Chapitre IV : Le Prince Xavier (don Javier)
    Le seigneur du monde – Pianore et chambord – don Jaime – La Grande Guerre – Le pédagogue – Le gatekeeper – La guerre civile – L’entrevue avec Franco et le non à l’unification – La Résistance – Gure errege – Manifeste de don Javier aux espagnols (1945) – Présence de don Javier à un congrès eucharistique – Montejurra, 1957 – Le mariage de carlos en 1964 – La réorganisation – Le monde – Parme – L’Église – L’expulsion – Le baptême – valvanera, l’épicentre – L’abdication – Le musée Rodin.
    Chapitre V : charles-hugues (carlos hugo)
    L’aviateur – La guerre politique – La voie du futur – Première étape : la conquête de la visibilité – Le mariage – Seconde étape : la revanche de la parole – Le dialogue « dialectique » – L’expulsion – Les voyages du prince charles-hugues – Le baptême – Les instruments de l’évolution – Les séminaires – Maturité du carlisme – L’unité de l’opposition – Troisième étape : la transition démocratique – Montejurra – ce qui a suivi – La période américaine – Parme – conclusion.
    Chapitre VI : Ma mère, Madeleine de Bourbon-Busset
    Françoise
    Chapitre VII : Cécile
    enfant – La passion de l’aviation – La politique – Fontilles – 1968 – Le Biafra – L’aventure biafraise – humour au milieu du drame – une scène nocturne – noël – Le sauvetage qui ne put se faire – La fin de la guerre – La réincorporation – Le secrétariat de Paris.
    Chapitre VIII : Marie des neiges, troisième des soeurs engagées
    L’engagement politique – La défense de la planète.
    Chapitre IX : Dernier acteur en lice : le front extérieur
    1973 – 1974 – 1975 – Le monde des congrès – La mort du général Franco – 1976 – François Mitterrand – 1977… 1978 – Avant de conclure – Après – La relève
    Conclusion
    Notes



  • Table des matières
    Avant-propos
    1 – Le foot-fiction
    2 – Confusion des genres
    3 – Lumière qui vacille
    4 – Dieux et modèles
    5 – Le football est un songe
    6 – La bombe football
    7 – Disjonction d’avec les limites
    8 – Suicide, mode d’emploi
    9 – Irresponsabilités
    10 – Zorro est arrivé
    11 – Au temps jadis
    12 – Le foot zlatané !



  • Table des matières
    Maelle :
    Ce matin, après le cours de latin de 8 h à 10 h, je n’ai pas traîné en salle des profs ; un ciel étrangement limpide m’attirait vers la rue. J’ai remonté le boulevard saint-Michel, traversé le Luxembourg, trouvé un siège dans le coin que j’aime, entre les tennis et la rue Vavin. J’ai posé ma lourde serviette sur le sol, remis mes corrections à demain et laissé passer une bande de petits nuages ouatés, égarés dans l’azur. Je songe à Ovide en exil loin de rome. Je vais mieux. Le printemps peut-être. La fin des cours dans un mois, le jury d’agreg. dans six semaines et la toscane. Oui, je me sens mieux. répit ; oeuvre de mon thérapeute, ou la mienne. La nôtre, ce travail commun depuis quelques mois. c’est peu, je le sais. J’ai déjà épuisé trois analystes. Le premier, Blachère, était génialement intellectuel mais paternaliste donc incompatible, la seconde était honnête et prudente, mais je ne veux pas m’ouvrir à une femme. Le troisième enfin était trop beau, trop séduisant, trop sûr de lui ; cela m’agaçait profondément. J’ai arrêté brusquement et je n’allais pas plus mal, histoire de souffler, de passer à autre chose. J’ai bien compensé mes petits problèmes : aventures sans suite, dépenses hasardeuses, rencontres sans intérêt, pertes de temps (ce qui n’est pas prouvé), réactions violentes, colères soudaines (ça fait un bien fou).
    Le troisième (le séducteur), ne supportait pas mon manque de docilité et me conseilla d’entreprendre une psychothérapie dans le fauteuil. Je l’ai quitté fâchée, déçue et triste. Je le remercie quand même au fond de moi d’avoir compris que je ne cherchais pas un maître à penser mais un psychologue attentif, modeste et coopérant. ce qu’est mon nouveau psy. Il est charmant, assez timide, peut paraître dépassé, surtout lorsque je le braque sur un problème de syntaxe, de signification, d’étymologie. alors il passe la main dans ses boucles brunes, tripote sa montre, cherche un stylo et son malaise m’enchante et me rassure. Il s’appelle Brad (il n’y a pas de plus beau prénom !), américain jouant très bien avec la langue française. Je rêverais de l’avoir comme élève. c’est un prénom qui coule très bien des lèvres, dur et langoureux à la fois. Bref ! je me souviens de mon premier rendez-vous. De ce qu’il a dit j’ai surtout retenu qu’il désirait que nous travaillions ensemble, pas à pas, que je devrai faire des objections, exprimer des refus, mes doutes, dire ce que j’attendais de ce travail, ce que je voulais et qu’il tenterait d’y répondre. tant de modestie m’a rassurée. Des maîtres, j’en ai plein la tête et plein mes bibliothèques, merci. aussitôt, j’ai eu l’impression que ce lieu m’était bénéfique, familier. Or justement, le troisième, pour le nommer ainsi, mais je veux parler de Lucas pour avouer la longue liaison qui s’ensuivit, n’autorisait aucune familiarité entre nous. Il tenait à maîtriser le transfert. sur le divan, ce fut un fiasco mais paradoxalement il devint par la suite un amant, puis un ami. Je suis enfin parvenue à lui faire comprendre que je tenais à déroger, à titiller, à provoquer et non à rentrer dans le moule. Je suis une femme comme les autres, une femme qui n’a pas systématiquement besoin d’un homme pour avancer, une femme unique. Lucas ne m’impressionne pas plus que mes élèves de khâgne et je lui ai bien fait comprendre que je n’étais pas son élève.






  • SOMMAIRE
    Au-delà de l’anagramme
    Sur le chemin de la mer (avant 1928)
    « Des moments de métamorphoses »
    « Les sens déforment, l’esprit forme »
    Sur quelques barques échouées (1928-1960)
    Falaise et bateau échoué (1928)
    Trois barques (ciel nuageux)
    ou La Plage de Dieppe (1929)
    La Vague (1932)
    Les Falaises (1938)
    Plage orageuse (1938)
    La Barque au drapeau (1939)
    Barques sur la plage (1949)
    Gros nuages (1952)
    Bord de mer (1952)
    La barque échouée (1955)
    Barque sur la grève (1956)
    Marine (à la mouette) (1957)
    Bord de mer (1958)
    Marine, l’orage, barque sur la plage
    ou Barque sur les galets (1959)
    Marine noire ou Barque sur la grève (1960)
    La Barque (1960)
    Des barques, une vie…
    Table des illustrations
    Références bibliographiques
    Remerciements

  • Toro

    Eric Schilling

    Table des matières
    Première partie : Histoire de philosopher… sur la corrida
    1. De la conversion taurine
    2. Plasticité et vécu
    3. La corrida ou le théâtre de la cruauté
    4. Esthétique taurine et critique de la représentativité
    5. Du respect
    6. L’incarnation des idées
    7. Catharsis et tauromachie
    8. Jouissance savante et plaisir universel dans l’aficion
    9. La sagesse taurine
    Deuxième partie : Histoire d’Yves et Julie
    1. Des bons moments
    2. La naturelle de face
    3. L’ivresse taurine
    4. Le sacré dans la corrida
    5. Flamenco et corrida
    6. De l’émotion dans la corrida
    7. La lidia, c’est du sexe et plus que du sexe
    8. Yves et Julie se séparent
    9. Le moment de vérité
    Troisième partie : Le baiser du toro
    1. Du voile et de la muleta
    2. Le devoir d’immoralité (la littérature, la tauromachie et le mal)
    3. Du « mysterium tremendum » et de la confession des péchés
    4. Pour ou contre la corrida
    5. L’alcool et la corrida
    6. La tauromachie est-elle de l’art ?
    7. De la relativité des choses et du sublime
    8. « Qu’un bon torero n’est pas forcément un artiste », lettre du narrateur à son lecteur
    9. Le premier baiser, lettre du narrateur à Édouard
    En guise de conclusion : L’accouplement de l’homme et de la bête







  • Table des matières
    Introduction
    Athènes et Rome, les foyers du judiciaire
    Athènes et Rome, la génétique du temps présent
    Jurisconsulte ou marchand de droit
    Francisco de Vitoria, le droit naturel et son efficience
    Bartolomé de Las Casas ou le droit de l’être humain
    Utopia, le voyage intérieur de Thomas More
    Cujas, le voyageur
    Les Lumières américaines, de Montesquieu à Jefferson
    L’abbé Grégoire et la régénération
    William Wilberforce, la contradiction de la nation et du droit universel
    Portalis, ou l’amiable composition
    René Cassin, l’alchimiste

  • L'art-chimie

    Michel de Maule




    SOMMAIRE
    Préface
    Avant-propos
    I. Le laboratoire de l'artiste
    Repère : miniaturisation et portabilité
    II. Préhistoire : Les prémices de l'art
    Repère : Egypte : les premiers "chimistes"
    III. Egypte, maquillage, beauté et religion
    Repère : quel est le chef-d’oeuvre ?
    IV. Les visages noirs de Cyrène
    Repère : aussi vieux que la pharmacie
    V. Derrière le sourire de la joconde
    Repère : Picasso démasqué
    VI. Copiste ou faussaire
    Repère : du bitume dans la peinture
    VII. Les leçons du xxe siècle
    Memento
    Documentation
    Crédits photographiques
    Remerciements

  • Table des matières
    Avant-propos
    1. Citoyens ! Cerf Berr au coeur de l’émancipation des juifs de France
    2. La famille léon et la puissance du négoce
    3. La descendance Cerfberr dans le « siècle tranquille du judaïsme français »
    4. Adrien léon, symbole d’intégration et de fidélité au judaïsme
    5. Destins croisés des léon et des Worms de romilly
    6. L’aventure industrielle des Dupont-Dreyfus, d’Ars-sur-moselle à la tour eiffel
    7. Max Dreyfus et henriette léon, danns le tumulte des guerres mondiales
    8. Gilbert Dreyfus, de l’« étrange défaite » à la reconstruction de la France
    Épilogue



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