Presses Universitaires du Septentrion

  • Prévenir, accueillir, guérir : la médecine des enfants de l'époque moderne à nos jours Nouv.

    De quoi les enfants souffrent-ils ? Où les soigner et les accueillir ? Comment et quand les vacciner ? Dans la théorie et la pratique médicales, le souci de l'enfance a une histoire, non linéaire et aux multiples facettes, que ce livre veut explorer. Il montre, à travers une série d'éclairages variés et détaillés, la manière dont la conscience d'une spécificité de l'enfant a contribué à modeler la médecine depuis l'époque moderne. Les enfants sont tour à tour, de la part des parents, des médecins ou de l'État, objets de curiosité scientifique, de sollicitude ou encore d'inquiétude. Des études savantes, que viennent enrichir les témoignages de deux médecins, font se croiser l'histoire de la pensée médicale, des pratiques vaccinales, de l'architecture hospitalière et des institutions de la santé publique. Les textes de cet ouvrage sont issus d'un colloque tenu en septembre 2018 à l'Université de Picardie Jules Verne et à l'Académie nationale de médecine.

  • Explication en histoire Nouv.

    À quelles conditions l'histoire peut-elle se présenter comme science ? Cette question critique n'a cessé de préoccuper les penseurs allemands du début du siècle, de Dilthey à Weber, et elle est au centre des travaux philosophiques de R. Aron. Moins connus en France sont les débats qui ont eu lieu sur ce point en langue anglaise de Collingwood à W. Dray, et de Hempel à Popper. C'est d'ailleurs autour d'une discussion des thèses de ce dernier que s'organise essentiellement le présent ouvrage, qui pourrait être considéré comme une introduction à la théorie poppérienne de sciences sociales. Les problèmes épistémologiques de l'histoire sont en effet inséparables d'une conception générale des sciences sociales. L'analyse des conditions de l'explication historique conduit naturellement à une réflexion sur la question des « lois » présentes en histoire, sur celle de l'individualisme méthodologique et sur celle de la rationalité des agents. Renoncer à toute « philosophie de l'histoire » moniste et déterministe ne doit pas conduire à refuser toute intelligibilité aux processus socio-historiques. De même, critiquer le positivisme au nom de la spécificité du comportement humain (« compréhensible ») ne conduit pas nécessairement à renoncer à tout idéal de l'unité (méthodologique) des sciences. Plus généralement, il s'agit de dépasser l'opposition stérile de ces deux erreurs symétriques, le scientisme et l'irrationalisme.

  • Philosophie des sciences historiques Nouv.

    L'ouvrage se propose de rendre commodément accessibles les principaux textes programmatiques de la période clé de formation des sciences historiques en France. Il s'efforce de faire droit à la diversité de composantes d'un mouvement intellectuel que l'on a trop facilement enfermé sous l'étiquette dédaigneuse du "romantisme". Le titre retenu, Philosophie des sciences historiques, ne veut pas que refléter la très réelle importance du travail en matière de philosophie de l'histoire accomplie par les historiens dans la période (Michelet à propos de Vico, Quinet à propos de Herder, sous l'influence de Cousin), il entend restituer leur dignité spéculative à des auteurs repoussés dans l'oubli de la "littérature" et discrédités par l'enseigne de la "couleur locale". Qu'on relise Barante et l'on verra ce que représente en vérité l'élaboration de l'instrument du récit pour l'histoire qui s'invente sous la Restauration et dont nous sommes les héritiers directs. C'est là de même que se met en place et en forme, sous la plume notamment d'un Mignet, l'objet Révolution tel que nous continuons de le viser, tandis qu'avec Guizot la catégorie de civilisation acquiert son rôle régulateur d'une histoire ambitionnant la totalité. Qu'on reprenne enfin les textes inauguraux d'un Thierry et l'on pourra mesurer combien la fonction de l'idée de Nation déborde les limites d'un projet étroitement politique.La plupart de textes réunis ici n'ont pas été republiés depuis le siècle dernier. Il s'agit, en les rassemblant, de rappeler l'attention, avec les pièces mêmes du dossier, sur l'un des grands remaniements de la mémoire française.

  • Ethique a l age de la science Nouv.

    Dans son essai qui remonte à 1967, L'apriori de la communauté communicationnelle et les fondements de l'éthique, Karl-Otto Apel analyse la situation éthique contemporaine en dévoilant l'aporie théorique qui faisait obstacle à la fondation rationnelle d'une « macro-éthique » de la responsabilité. En surmontant la contradiction centrale de la philosophie occidentale, il tente de libérer l'horizon de la philosophie pratique. L'opposition entre la compréhension scientiste de l'idée de validité intersubjective d'un côté, et l'irrationalisme qui fait ultimement dépendre les normes pratiques d'une décision subjective arbitraire de l'individu isolé, de l'autre, est dépassée par l'analyse des présupposés de la communication.

  • S'unir, travailler, résister : les associations ouvrières au XIXe siecle Nouv.

    Maître-mot du mouvement ouvrier, concept clé pour nombre de théoriciens socialistes, l'association cristallise dans l'Europe du xixe siècle les aspirations à une réorganisation plus juste et égalitaire du travail. Permettant de penser la liberté contre le libéralisme, l'association des travailleurs peut être ainsi appréhendée comme l'expérience en actes d'un pouvoir d'agir collectif et autonome des ouvriers et des ouvrières. Mais c'est aussi un phénomène pluriel. Cet ouvrage vise donc à déconstruire l'objet « association ouvrière » pour rendre compte de la myriade d'expériences concrètes qui se trouvent regroupées sous ce terme. Les contributions rassemblées éclairent les prémisses en France de l'association de travailleurs et de travailleuses sous la monarchie de Juillet, son âge d'or lors de la révolution de 1848, et la multiplication des expérimentations associatives en Europe et au-delà jusqu'à la fin du siècle.

  • L'itinérance de la cour en France et en Europe Nouv.

    Dès le Haut Moyen Âge, la cour de France observe une pratique qui frappe par son ampleur et sa persistance à travers les siècles : elle se déplace régulièrement d'une résidence à l'autre et traverse parfois le pays entier dans le cadre de grands voyages. Ce mode de vie a laissé des témoignages émerveillés des contemporains qui assistaient au passage d'un cortège dont la taille pouvait atteindre 14 000 personnes. Peu étudiée, cette pratique du pouvoir est au coeur du présent ouvrage qui explore la mobilité royale sur le temps long et dans une perspective comparative. Il permet de mieux appréhender les effets de l'itinérance sur la vie politique et sociale ainsi que sur la cour royale qui en a été profondément marquée. L'histoire des déplacements est révisée grâce à une étude statistique inédite portant sur cinq siècles ; ses particularités émergent d'enquêtes dédiées à d'autres cours européennes et à la mobilité de grands courtisans. En s'inscrivant dans la recherche sur les pratiques du pouvoir, les dix-huit études réunies dans cet ouvrage proposent un regard neuf sur une tradition indissociable de l'histoire politique française et européenne.

  • Les proviseurs de lycée au XIXe siècle (1802-1914) : servir l'Etat, former la jeunesse Nouv.

    Créés en même temps que les lycées de garçons en 1802, les proviseurs se retrouvent au coeur de la vaste réorganisation du système éducatif engagée par Napoléon Bonaparte. Ils appartiennent à un corps qui se construit progressivement, par la volonté de l'État, tout au long du xixe siècle et qui atteint son apogée sous la iiie République. Fonctionnaires de l'encadrement intermédiaire, issus très majoritairement du monde de l'enseignement, de plus en plus fréquemment agrégés, les proviseurs sont environ 1 200 à exercer jusqu'en 1914 (parmi lesquels 108 prêtres). Être proviseur, c'est, tout à la fois, diriger un établissement scolaire, servir l'État et affirmer son rôle d'éducateur pour former la jeunesse. Hommes de terrain, au contact avec une multitude d'acteurs au quotidien dans et en-dehors du lycée, leur travail est considérable. Ils sont aussi au coeur des enjeux sociaux et politiques de leur époque, devant faire vivre une culture républicaine et laïque.

  • Militantismes et potagers Nouv.

    Les « potagers », au sens large de cultures alimentaires mises en oeuvre par des citoyens, figurent dans une grande variété de mouvements, d'initiatives et de mobilisations citoyennes, au caractère contestataire plus ou moins affirmé. Débordant aujourd'hui largement le cadre d'usages privés au sein de l'économie domestique, potagers et agricultures urbaines symbolisent la réinvention du quotidien et des modes de subsistance dans les villes. On peut y voir également une re-politisation de l'alimentation et des approvisionnements urbains. L'institutionnalisation de ces mouvements pose toutefois question : lorsque les gouvernements des villes s'en saisissent, est-ce pour favoriser l'écologisation des modes de vie ou de nouvelles modalités du contrôle social ? Cet ouvrage s'attache à rendre compte de la multiplicité des formes de militantisme qui recourent aux cultures nourricières, en soutenant l'idée que se jouent, dans ces rapports d'opposition plus ou moins marqués, des « conflits d'urbanité » et des enjeux démocratiques et sociaux plus larges.

  • Les satisfaits : Guizot et sa majorité à la chambre des députés (1846-1848) Nouv.

    La révolution de 1848 a des origines politiques : le refus de la réforme électorale par le roi Louis-Philippe et son ministre Guizot. Or sous la monarchie de Juillet, la Chambre des députés avait aussi son mot à dire. Les députés étaient désignés par une minorité d'électeurs censitaires et accordaient leur confiance aux ministres du roi. Il s'est trouvé qu'en 1846, les élections législatives donnèrent au gouvernement une solide majorité parlementaire. Et celle-ci partagea les vues du roi sur la réforme électorale. Toute la question est donc de savoir si les élections ne furent pas corrompues et si ces députés une fois élus soutinrent Guizot sans menace ou intimidation. L'étude montre que l'osmose était profonde entre cette majorité et le gouvernement de Louis-Philippe au point qu'on peut se demander si ce n'était pas elle qui imposait ses vues à ce dernier. Aussi par dérision, la presse d'opposition qualifia ces députés ministériels de « satisfaits ».

  • Comment prenez-vous des décisions pour votre carrière ? Quelques mots-clés permettent d'organiser une réflexion fondamentale : informatique, maturité professionnelle, indécision, styles de décision, motivation à la réussite, intérêts et valeurs. L'analyse de quelques logiciels de décision aide à comprendre ce que peut être une bonne méthode de décision. Utilisez-vous toujours la même méthode ou procédez-vous différemment à chaque fois ? Ressentez-vous (rarement/souvent) de l'indécision et à quoi la rattachez-vous ? Une fois la décision prise, faites-vous (peu/beaucoup) d'efforts pour la réaliser ? Vous sentez-vous plutôt poussé de l'intérieur par un besoin ou plutôt tiré de l'extérieur par des activités que vous aimeriez pratiquer ? Ces réflexions pourront inciter chacun à progresser dans ses propres décisions, inciter l'enseignant et l'enseignant-chercheur à aider leurs élèves et étudiants et inciter le spécialiste de l'orientation à reconsidérer ses pratiques.

  • Retracer l'histoire des relations cinématographiques entre la France et la RDA de l'immédiat après-guerre jusqu'au lendemain de la chute du Mur de Berlin à partir d'un croisement inédit de sources met à jour la circulation de films et de professionnel.le.s qui façonnèrent les cinématographies des deux pays. Ces échanges s'initièrent à travers le réseau communiste et permirent notamment à Simone Signoret de tourner à plusieurs reprises dans les mythiques studios de Babelsberg avant de poursuivre sa carrière à Hollywood. Cette camaraderie s'estompe ensuite au profit d'un sentiment d'exotisme qui justifie l'engouement du public est-allemand pour des stars françaises comme Brigitte Bardot, et conduit enfin des cinéastes tels que Jean-Luc Godard ou Chris Marker à filmer la disparition de cette « autre » Allemagne. L'exploration de ces rapprochements esthétiques, politiques et culturels démontre l'importance (et aussi les limites) du rôle joué par les échanges cinématographiques entre l'Est et l'Ouest de l'Europe pendant la guerre froide.

  • Combattant les peintres académiques des Salons officiels, Huysmans critique d'art s'est posé dans L'Art moderne en promoteur des impressionnistes. La prédilection qu'il affichera dans À rebours pour Gustave Moreau, peintre mythologue, marque sa rupture avec Zola et les siens. Lorsqu'il fait l'éloge d'une esthétique hostile à toute forme de réalisme, il remet en question la notion de « modernité ». Cette posture d'antimoderne fait date, parce qu'elle ouvre aux oeuvres les voies de l'imaginaire. En tournant l'écrivain vers ceux qu'il désigne comme « certains », elle inaugure un regard qui s'émancipe. Huysmans en donne un exemple devenu célèbre avec sa libre interprétation des Salomé de Moreau.

  • L'habitat participatif est traité dans cet ouvrage par une articulation d'approches avec l'objectif d'inscrire l'analyse dans un cadre à même de nourrir la réflexion sur l'urbanité. De la sorte, il est appréhendé autant par une sociologie de la ville, en tant que rapport à l'espace et à autrui, que par une prise en compte de l'action publique et des aspirations à limiter les processus d'individualisation propres à nos sociétés contemporaines. Il est le fruit d'une équipe constituée en 2013 pour répondre à un appel à projet Recherche-citoyen qui associe le Clersé (UMR 8019-Université de Lille-CNRS), Eco Habitat Groupé et le CEREMA dans un dispositif soutenu par la Région portant sur le thème de L'habitat participatif, essor de nouvelles formes de rapport à la ville. La dynamique des trois partenaires repose sur la volonté d'aborder à nouveaux frais, et par une analyse distanciée, les questions fondamentales attachées à cette forme d'habitat que bon nombre de ses usagers définissent par la volonté de participer ainsi pleinement à la vie de la cité. Partant de la volonté de combiner recherche, engagement militant et expertise, sans confondre les registres de réflexivité, il est écrit à plusieurs mains pour traiter de ces différentes dimensions.

  • Comment se recomposent les pratiques des représentants syndicaux ? Que font-ils concrètement dans le cadre de leurs mandats ? Quels processus de professionnalisation peut-on observer dans l'espace de la représentation syndicale ? Cet ouvrage aborde ces différents enjeux, en prenant le parti d'étudier ensemble les différents acteurs de la représentation syndicale (syndicats de salariés, patronaux, agricoles), à partir d'enquêtes ethnographiques qui explorent les différentes facettes de leur rôle : de leurs activités de production de l'organisation, en passant par le travail de mobilisation collective ou de représentation institutionnelle. Contre la tendance à renvoyer une image uniforme de la bureaucratie syndicale, cet ouvrage dévoile au contraire la variété des formes qu'elles embrassent et les moyens mis en oeuvre pour rester des acteurs légitimes des intérêts qu'ils portent.

  • En quoi l'horizon est-il un concept central de la phénoménologie husserlienne ? Si elle n'est pas neuve, cette thèse n'a, chez les commentateurs successifs, cependant pas encore reçu de véritable justification. Ce livre veut montrer qu'elle ne la recevra qu'en embrassant simultanément le problème de l'horizon et celui de la phénoménologie husserlienne comme telle. Car comment justifiera-t-on la centralité d'une notion dans une philosophie, sans déterminer le centre d'une telle philosophie - centre à partir duquel seulement on peut fixer de façon motivée l'importance de cette notion ? Et comment apprécier le sens et la fonction de l'horizon dans la phénoménologie de Husserl sans avoir défini le principe de cette dernière ? L'horizon comme problème ne peut donc être déterminé que dans le cadre d'une entreprise phénoménologique dûment définie. En retour, on verra comment l'histoire de ce concept contribue à porter un regard neuf sur l'histoire de la phénoménologie husserlienne elle-même.

  • Qui est Jan van Eyck ? Si le peintre mosan a laissé des oeuvres fortes et innovantes qui ont fait sa renommée dans l'Europe du xve siècle, et jusqu'à nos jours, les sources écrites très lacunaires ne laissent entrevoir que certains aspects du maître flamand et de sa personnalité. Entreprendre d'écrire la vie de Van Eyck constitue donc un défi que propose de relever cette biographie, en resituant le peintre dans les différents environnements qu'il a fréquentés, qui l'ont inspiré, et dans les réseaux auxquels il a appartenu, des bords de la Meuse à la flamboyante Bruges, en passant par la Hollande. Il s'agit de partir à la rencontre de Jan le peintre, mais aussi de Jan l'ambassadeur du duc de Bourgogne Philippe le Bon ou de Jan l'intermédiaire entre ses mécènes et des milieux artistiques foisonnants, de suivre le maître dans son parcours de vie, original par bien des aspects, et, en fin de compte, de donner corps à un nom demeuré célèbre, celui de Jan van Eyck.

  • Le surveillant général est un acteur méconnu de l'enseignement secondaire français, des xixe-xxe siècles. L'analyse des représentations permet de dégager la figure unifiée du « surgé ». Dépassant ces stéréotypes, une étude historiographique et prosopographique, basée sur un important corpus d'archives et de témoignages, révèle les profils historiques nuancés du surveillant général, le cadre d'exercice, le métier au quotidien et les carrières protéiformes. La surveillance générale au prisme du genre s'ancre dans les images traditionnelles de la femme, attendues par l'institution. Le surveillant général demeure le gardien de l'ordre aux ordres, garant de l'éducation comme clôture. L'histoire de cet acteur condense l'histoire de l'enseignement secondaire et ses scléroses. Le mythe du « surgé » survit à la disparition de ces personnels et altère l'identité professionnelle de son successeur, le conseiller principal d'éducation.

  • Avec cette histoire condensée de la Suisse, Thomas Maissen délivre la nouvelle vue d'ensemble longtemps attendue. S'appuyant sur les recherches les plus actuelles, il décrit de manière fluide l'émergence de la Confédération suisse, son extraordinaire continuité, mais aussi les nombreuses lignes de fractures qui la traversent jusqu'à aujourd'hui. Comment se sont formés les ligues fédérales et les mythes fondateurs ? Pourquoi la Confédération, divisée entre catholiques et protestants, n'a-t-elle pas éclaté ? La guerre du Sonderbund était-elle nécessaire pour que naisse, en 1848, un État fédéral moderne ? Pourquoi Hitler n'a-t-il pas conquis la Suisse en juin 1940 et comment la Suisse se positionne-t-elle dans l'Europe et le monde au xxie siècle ? Si l'interprétation de l'histoire suisse est controversée depuis plusieurs années à l'intérieur du pays, elle a aussi été remise en question par des critiques venues de l'extérieur. Rédigée avec clarté, cette synthèse solide et exhaustive met au jour les racines historiques du régime politique actuel de ce pays plurilingue au coeur de l'Europe. Dans sa version allemande, cet ouvrage de référence en est à sa sixième édition. La présente traduction en propose une version remaniée et actualisée.

  • La commémoration du centenaire de la Grande Guerre a donné lieu à de nombreuses publications. L'économie n'a pas été oubliée. Mais la perspective est souvent restée très nationale. Cet ouvrage s'intéresse à l'économie du principal adversaire et perdant, l'Allemagne. Lui non plus n'était pas préparé à une guerre longue. Lui aussi s'est trouvé pris dans la contradiction entre mobiliser toutes ses forces sur le front et préserver la main-d'oeuvre pour assurer l'approvisionnement par l'arrière. L'État, avec un poids plus fort du pouvoir militaire en Allemagne, s'en est également mêlé de plus en plus, sans aller jusqu'à remettre en cause complètement l'initiative privée. La défaite finale était largement inscrite dans la disproportion initiale des ressources, aggravée par l'entrée en guerre des États-Unis. Les contributions des meilleurs spécialistes allemands, du charbon à l'agriculture, en passant par l'aéronautique ou la chimie, sont discutées ici par leurs homologues français.

  • « Chaque lecteur est, quand il lit, le propre lecteur de soi-même ». Et si ce constat dressé par Marcel Proust pouvait également s'appliquer à ce lecteur collectif qu'est l'espace de réception, dans le cadre d'un transfert culturel littéraire ? L'observation de la diffusion, de la réception et de la traduction de l'oeuvre de Proust au Brésil permet d'appréhender les mutations culturelles que connaît le pays dans la première partie du xxe siècle. On découvre que cette oeuvre importée y est lue en rapport avec les différents espaces culturels du pays, et on comprend alors de quelle manière À la recherche du temps perdu devient dans ces Brésils un classique littéraire. En partant de la circulation littéraire, on mesurera le rapport des élites brésiliennes avec les interlocuteurs fantômes que sont durant la période la France et sa vie culturelle. Cette circulation de Proust est un révélateur qui offre une radiographie des milieux intellectuels brésiliens du premier xxe siècle.

  • Le rôle historique du cinéma est de nous avoir donné le visible une seconde fois, en ajoutant le temps à l'image. Il reste pourtant dans tout film une large part d'invisible : c'est elle qui est ici décrite, et explorée. Le cinéma en effet nous rend conscients de l'ambiguïté fondamentale de notre relation au visible. Sa force documentaire, comme son jeu inné avec la fiction, lui ont permis de convoquer les invisibles essentiels du monde, et aussi bien, des effets psychiques qui mettent en péril la visibilité du visible. Il nous autorise à croire que nous voyons vraiment quelque chose d'autre que le monde des apparences. Ce livre ne fait ni la théorie, ni l'histoire de cette doublure du visible que transporte le cinéma, mais en donne un panorama complet, attentif à ne jamais trancher abstraitement, mais à toujours s'appuyer sur des exemples concrets, et nombreux.

  • La Photographie au théâtre montre que les esthétiques et les imaginaires théâtraux ne cessent, depuis près de cent cinquante ans, d'être profondément travaillés par la photographie, avec ses techniques, ses appareils, ses processus de production, ses images, leurs usages et leurs circulations. Au fil de réflexions théoriques, d'analyses d'archives du dix-neuvième et de la première moitié du vingtième siècle, d'études de pratiques des années 1960 à nos jours, de récits d'expériences de recherche-création et de témoignages d'artistes, le couple théâtre-photographie apparaît comme un objet exemplaire aussi bien pour interroger les interactions entre nouveaux et anciens médias que pour revisiter l'histoire du théâtre moderne et contemporain.

  • Si les textes sur la diplomatie culturelle sont assez conséquents, très peu concernent la production et la diffusion des films. Les activités sur la promotion et diffusion du cinéma par les établissements culturels français sont également quasiment absentes de nombreuses études consacrées à l'histoire du cinéma. Cet ouvrage comble cette lacune grâce au projet de recherche qui en est à l'origine : Exporter et soutenir le cinéma dans le contexte des Instituts français et des Alliances françaises. En analysant les dispositifs de diffusion et promotion, la programmation et les publics sollicités, l'ensemble des contributions permet d'établir un premier bilan sur la vie des salles de cinéma des Instituts français et des Alliances françaises ainsi que sur leurs activités hors les murs. D'abord indice du rayonnement unilatéral de la culture française, ensuite vitrine de la « diversité culturelle », l'histoire des activités des IF et AF en matière de cinéma est certainement complexe. Nous avons préféré la restituer avec toutes ses contradictions et fait le choix d'exposer la variété des discours à travers les documents émanant des institutions, les récits à la première personne de leurs représentants, les études de chercheurs affirmés ainsi que les textes de jeunes doctorants.

  • Giono "philosophe" ... Appellation inattendue, qu'il faudrait d'ailleurs pouvoir orthographier au pluriel ! Car de Lao Tseu à Deleuze, en passant par Lucrèce, Spinoza et Nietzsche, nombreuses sont les affinités qui relient Giono à ces penseurs du hasard et de la joie tragique. Qu'il nous soit permis, au gré de notre fantaisie mais aussi d'une nécessité interne au sujet, de les inviter ici, à travers siècles et continents, au grand Banquet des esprits libres. Cet essai propose donc un éclairage différent sur ce très grand écrivain qui a l'audace de se doubler d'un penseur profond, échappant ainsi, une fois de plus, aux catégories dans lesquelles il était convenu de le classer. Nul esprit de système dans tout cela, nul dogmatisme non plus : l'écriture souveraine de Giono se joue avec désinvolture de la plupart de nos tentatives de dire vrai sur elle. Nous essayons simplement de souligner la puissance quasi thérapeutique de l'éthique gionienne, faite d'un savoir gourmand du réel dans son entier (noirceur et lumières confondues), et d'une jouissance communicative d'être soi, qui est la "générosité" selon Giono. Et dans cette science irriguant chacun des récits, alliant connaissance profonde et savante déprise, nous découvrons un nouvel aspect de Jean Giono, seigneur et soigneur qui allège et décharge les hommes de leur fardeau de pesanteur et de sérieux.

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