Sous-sol

  • état des lieux Nouv.

    Nous avions quitté Deborah Levy gravissant sur son vélo électrique les collines de Londres et écrivant dans une cabane au fond d'un jardin. Nous la retrouvons, plus impertinente et drôle que jamais, prête à réinventer une nouvelle page de sa vie. Tandis que ses filles prennent leur envol, elle nous emmène aux quatre coins du monde, de New York aux îles Saroniques en passant par Mumbai, Paris ou Berlin, tissant une méditation exaltante et follement intime sur le sens d'une maison et les fantômes qui la hantent.

    Entremêlant le passé et le présent, le personnel et le politique, la philosophie et l'histoire littéraire, convoquant Marguerite Duras ou Céline Sciamma, elle interroge avec acidité et humour le sens de la féminité et de la propriété.

    Par l'inventaire de ses biens, réels ou imaginaires, elle nous questionne sur notre propre compréhension du patrimoine et de la possession, et sur notre façon de considérer la valeur de la vie intellectuelle et personnelle d'une femme.
    Pour être romancière, une femme a besoin d'une chambre à soi, nous disait Virginia Woolf. Deborah Levy complète ce tableau par l'étude d'une demeure pour soi.

    Avec État des lieux, qui fait suite à Ce que je ne veux pas savoir et Le Coût de la vie, prix Femina étranger 2020, Deborah Levy clôt son projet d'"autobiographie en mouvement", ou comment écrire sa vie sans mode d'emploi.

  • Histoires vraies Nouv.

    Elles sont émouvantes et bien réelles ces histoires que nous raconte, avec à la fois force, passion et sensibilité, Franka Oppenheim. Si ses personnages nous paraissent si proches, si attachants, c'est sans doute parce qu'ils sont - eux aussi - authentiques. Que ce soit "Micha" l'orphelin voleur, "Léa" la militante amoureuse, "Alla" le peintre passionné par son art, tous sont allés jusqu'au bout de leurs choix, guidés soit par l'amour le plus pur, l'amour le plus fou, ou le désir intense de liberté. Des personnages hors du commun, mélange d'âme slave et juive, qui ne vous laisseront pas indifférent.

  • Joe Gould n'est pas un simple vagabond, mais un vagabond qui possède une certaine dose de génie, "un drôle de petit bonhomme un peu malingre qui hante depuis un quart de siècle les bars, les cafétérias, les restaurants et les bouis-bouis de Greenwich Village".

    Il aurait étudié à Harvard, parlerait le langage des mouettes. Mais surtout, Joe Gould serait l'auteur d'Une histoire orale de notre temps, collecte des bruits de la rue au hasard de ses déambulations, le plus long manuscrit jamais écrit, onze fois plus long que la Bible, neuf millions de mots éparpillés, tous écrits de sa main. Cet amas de feuilles et de cahiers d'écolier est son secret et sa fierté. Selon l'idée du poète Yeats que Joe Gould a faite sienne : "L'histoire d'un pays ne s'écrit pas dans les parlements et sur les champs de bataille, mais à partir de ce que les gens se disent les jours ordinaires."

    Un jour, l'écrivain-reporter Joseph Mitchell décide de consacrer un portrait à ce clochard céleste. Ce livre raconte leur rencontre et la quête de ce manuscrit aussi insaisissable que Joe Gould. Peu à peu la réalité se dissipe dans la fiction jusqu'à se confondre l'une dans l'autre et que l'auteur sombre à son tour.

    Adulé par Salman Rushdie, Paul Auster, Martin Amis ou Julian Barnes, Le Secret de Joe Gould est un inépuisable classique.

  • Un père et son fils traversent l'Argentine par la route, comme en fuite. Où vont-ils ? À qui cherchent-ils à échapper ? Le petit garçon s'appelle Gaspar. Sa mère a disparu dans des circonstances étranges. Comme son père, Gaspar a hérité d'un terrible don : il est destiné à devenir médium pour le compte d'une mystérieuse société secrète qui entre en contact avec les Ténèbres pour percer les mystères de la vie éternelle.

    Alternant les points de vue, les lieux et les époques, leur périple nous conduit de la dictature militaire argentine des années 1980 au Londres psychédélique des années 1970, d'une évocation du sida à David Bowie, de monstres effrayants en sacrifices humains. Authentique épopée à travers le temps et le monde, où l'Histoire et le fantastique se conjuguent dans une même poésie de l'horreur et du gothique, Notre part de nuit est un grand livre, d'une puissance, d'un souffle et d'une originalité renversants. Mariana Enriquez repousse les limites du roman et impose sa voix magistrale, quelque part entre Silvina Ocampo, Cormac McCarthy et Stephen King.

  • Le père rêve d'une éponge qui lave le passé.
    La mère est partie, il dit qu'elle n'existe plus.
    Sorti du monde, le fils poste des vidéos sur Internet et il écrit des poèmes.
    La fille ne supporte pas la réalité trop proche et toutes ces personnes qui avancent avec leurs millions de détails.
    La grand-mère entend les clignements et les soupirs de chaque moustique.
    Tout ce qui leur arrive est dans l'ordre du monde.

    La Semaine perpétuelle est d'abord un livre sur les gens d'Internet. Écriture animiste, où toutes les choses du monde peuvent parler - où le monde est possédé. Un livre à la vivacité poétique frappante, la découverte d'une voix.

    Quand son esprit monte au plafond, elle se regarde, elle se voit dans le lit, et la grand-mère ajoute un ciel sur chaque chose. Elle regarde les objets, elle fait le tour de la pièce, elle ajoute un ciel pour chaque meuble, un ciel sur la télé, un ciel sur des bouts de pain, un ciel sur les yaourts, un ciel par couverture, un ciel sur le plancher, un ciel sur le gymnase, un ciel sur chaque enfant, Salim, Sara, un ciel sur chaque tête, et un ciel sur chacune de leurs dents, un ciel sur leur front, un ciel sur chaque mèche et tout devient léger.

  • De la célébration de la joie au témoignage du chagrin causé par une perte, de l'amour inconditionnel à l'adieu d'un enfant à sa mère, des reproches pour absence injustifiée à une déclaration d'éternelle dévotion, de E. B. White à Martin Luther King, de Richard Wagner à Louisa May Alcott, de Sylvia Plath à Winston Churchill, toutes les facettes de la maternité sont ici rassemblées par Shaun Usher.

    Au bonheur des lettres : Mères réunit des missives poignantes, touchantes, inspirantes ou tragiques écrites par ou pour des mères, célébrant la sagesse et le sacrifice que ce rôle représente.

  • De fiers mots d'amour aux conseils d'un père expérimenté, d'affectueux remerciements à de colériques reproches, d'un chaleureux adieu à la confession d'une peur partagée, d'Arthur Conan Doyle à Che Guevara, de Nicola Sacco à Barack Obama, du Mahatma Gandhi à Rudyard Kipling, toutes les facettes de la paternité sont ici rassemblées par Shaun Usher.

    Au bonheur des lettres : Pères réunit des missives poignantes, touchantes, inspirantes ou tragiques écrites par ou pour des pères, explorant cette relation unique, aussi complexe et variée qu'elle puisse être.

  • William Finnegan a passé sa vie à naviguer entre les théâtres d'opération et les vagues, une existence entre deux eaux qu'il a racontée dans un livre inoubliable et merveilleux : Jours Barbares. À la naissance de sa fille Mollie, il s'est rangé des planches. À ses douze ans, lorsqu'elle se révèle une grimpeuse-née, l'écrivain-reporter décide de la suivre dans son apprentissage. Tandis que Mollie endosse le rôle d'entraîneur et de mentor, voire de gourou, son père se doit de repousser sans cesse ses limites pour suivre son rythme, bousculant quelque peu la dynamique parent-enfant. Il raconte alors l'escalade comme l'envers de sa propre obsession pour l'eau, non plus la quête éperdue de ces "montagnes qui chancellent au milieu de l'océan", mais la recherche frénétique de vagues tortueuses en forme de pics à gravir. À travers ce récit d'initiation, William Finnegan nous guide dans le monde singulier de la grimpe - des salles d'escalade de New York ou des blocs de Central Park aux parois rocheuses du Vermont ou aux falaises du Mexique et du Canada. Mollie, adolescente douce et ironique, ouvre la voie, et ce qui commence comme un passe-temps pour le père et la fille devient vite une obsession où toute occasion est bonne pour enfiler les chaussons et attaquer les "problèmes'' sur le mur ou les "itinéraires'' sur la paroi. Ensemble, ils apprennent un nouveau langage et se forgent de nouveaux souvenirs. À mesure qu'ils se lancent dans des ascensions toujours plus hautes et toujours plus délicates, ils font aussi l'apprentissage d'une notion cardinale : l'expérience du danger, ce que les grimpeurs nomment l'exposition. Et en creux, une leçon de vie simple mais décisive : tomber, c'est être humain.

    Formidable plongée dans le monde de l'escalade, Avec Mollie offre un regard tendre, bienveillant sur cette relation unique entre un père et une fille.

  • Milan Kundera est l'un des écrivains les plus lus au monde ; il est aussi un disparu volontaire. À force de refuser toute apparition depuis trente-sept ans, il s'est effacé du réel. Le geste de la main d'Agnès au bord de la piscine, le sourire du chien Karénine, ses personnages restent gravés dans les mémoires ; lui est devenu un écrivain fantôme. Il a posé des scellés sur sa propre existence et ce siècle d'histoires qui s'enroule autour de la sienne.

    Depuis ses vingt ans, Ariane Chemin rêve de rencontrer l'auteur de La Plaisanterie. Partie sur ses traces, elle voyage d'Est en Ouest, de Prague à Rennes, de la Corse à Belle-Île-en-Mer, rencontre sa femme Vera, remonte le temps à ses côtés, croise des éditeurs et des cinéastes célèbres, une speakerine mystérieuse, des compositeurs et des pianistes assassinés, de vieux dissidents et des espions repentis, entend la poésie de Desnos et celle d'Apollinaire, toujours à la recherche de Milan Kundera. Elle lit la vie dans l'oeuvre et l'oeuvre dans la vie d'un romancier désormais écartelé entre deux patries - quelque part perdu dans la traduction.

  • Baleo ! Baleo ! Baleo !

    La vie des Lamalériens est régie par cet appel se propageant, tel un écho, des rivages jusqu'au coeur des montagnes. Il prévient les chasseurs qu'une baleine est proche. La chasse est ouverte...
    Sur une petite île volcanique, perdue au milieu de la mer de Savu, vit une tribu de chasseurs-cueilleurs qui, depuis plus d'un demi-millénaire, suit les préceptes des Ancêtres. À bord de leurs bateaux en bois et armés de leurs harpons en bambou, les Lamalériens chassent la baleine pour survivre. Mais leur mode de vie est menacé d'être broyé dans l'étau de la modernité se resserrant un peu plus chaque jour sur eux.

    L'écrivain Doug Bock Clark a vécu trois riches années aux côtés de ce peuple autochtone pour livrer au lecteur cet édifiant récit de voyage au coeur d'une culture en voie de disparition. Au fil des pages on y rencontre Jon, un orphelin apprenti chasseur, qui peine à subvenir aux besoins de ses grands-parents malades, pendant que sa petite soeur, Ika, cherche à tout prix à se construire une vie libérée du poids des traditions. Frans, un shaman vieillissant, qui souhaite unir la tribu afin d'annuler un sort mortel. Ou encore Ignatius, un harponneur légendaire, qui tente d'inculquer les préceptes des Ancêtres à son fils, Ben, qui, lui, préférerait fuir à Bali pour poursuivre ses rêves et trouver ce qu'il croit être la liberté.

  • Avec l'audace qui la caractérise, Maggie Nelson raconte l'histoire d'un fantôme familial, Jane, sa tante, morte assassinée en 1969, alors étudiante en droit à l'université du Michigan.
    À travers une série de collages de poèmes, sources documentaires, fragments du journal intime de sa tante, brèves dans des journaux et enquête sur les traces de la disparue, Maggie Nelson explore la nature de ce fait divers, le dernier en date d'une macabre série d'assassinats perpétrés dans la région. Dans cette grande oeuvre écrite sous forme de long poème, l'autrice éclaire l'ombre portée sur son passé, et interroge ces fantômes qui peuplent nos vies et que l'on tait. Elle crée une forme hybride et poétique qui impose une réalité brutale au silence pesant, la juge, la confronte et la fait plier par l'écriture. L'ouvrage présent réunit deux livres de Maggie Nelson dans un volume tête-bêche. Jane, un meurtre, enquête poétique sur la disparue. Une partie rouge, au verso, démarre à l'instant où la police annonce l'arrestation d'un suspect et la tenue d'un procès.
    Cet ensemble que l'on pourrait nommer "Le livre de Jane" est un document littéraire unique sur un féminicide et sur la violence à l'oeuvre dans nos sociétés.

  • Comme souvent dans les récits de David Grann, un homme est dévoré par son idéal.
    Ce personnage d'un autre temps sorti tout droit d'un film de Werner Herzog, se nomme Henry Worsley. The White Darkness raconte son extraordinaire histoire. Celle d'un militaire britannique fasciné par l'exemple d'Ernest Shackleton (1874-1922) et par ses expéditions polaires ; un homme excentrique, généreux, d'une volonté exceptionnelle, qui réussira ce que Shackleton avait raté un siècle plus tôt : relier à pied une extrémité du continent à l'autre. Une fois à la retraite, il tentera d'aller encore plus loin en traversant l'Antarctique seul, sans assistance.
    Il abandonne tout près du but, dans un état de santé tel qu'il meurt quelques heures après son sauvetage. Édifiant destin d'un homme perdu par une quête d'impossible, qui n'est pas sans rappeler Percy Fawcett, autre explorateur guidé par une obsession, dont David Grann avait conté l'histoire dans La Cité perdue de Z.
    "Tout le monde a son Antarctique", a écrit Thomas Pynchon, rien n'est moins vrai dans ce récit magnifique qu'on ne peut lâcher avant de l'avoir accompagné à son terme.

  • Près de 50 ans après que Tom Wolfe ait lancé dans sa fameuse anthologie du reportage le manifeste du Nouveau Journalisme, Robert S. Boyton reprend le flambeau et en actualise le propos en exposant l'importance et la variété du journalisme littéraire contemporain. A travers une série d'entretiens avec les grands noms du grand reportage, de William Finnegan à Gay Talese, de Michael Lewis à Adrian Nicole LeBlanc, l'ouvrage dessine un art du reportage comme l'on exposerait un art du roman. Que ce soit Ted Conover détaillant ses techniques d'immersion dans une prison d'état, ou Adrian Nicole LeBlanc racontant dix ans de vie avec une famille du Bronx, ces conversations à bâtons rompus de légendes du reportage forment un bréviaire passionnant du genre, bible de tout étudiant en journalisme.

  • Alegria

    Manuel Vilas

    Je suis arrivé par la douleur à la joie, écrit le poète José Hierro.

    De chambres d'hôtel en aéroports, assailli par une profusion de souvenirs, Manuel Vilas poursuit la mise à nu de son narrateur. Il orchestre la symphonie de la mémoire et enrichit son tableau de nouveaux motifs comme celui de l'allégresse. Toujours entouré de ses musiciens, ombres de son passé, en dialogue incessant avec les doubles de ses fantômes, auxquels il ajoute Arnold (pour Schnberg), sa part sombre, son ange de la dépression. Le passé coule partout, vague sans cesse rabattue, il est dans les machines à presser les oranges, dans les chemises jamais assez blanches, dans les cours d'eau, comme sous le sol que l'on foule.
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    La joie venait toujours après la peine, chante Apollinaire, Alegría tend résolument du côté de la lumière et Manuel Vilas offre, après Ordesa, un grand livre solaire. Son audace littéraire et sa capacité à transfigurer l'intime en universel le désignent comme un de nos écrivains contemporains majeurs.

  • De la terreur des bombardements à l'horreur des combats, de la violence et l'atrocité au courage et à la compassion sur le champ de bataille, des courriers d'Alexander Hamilton à ceux de Kurt Vonnegut, de Mehmed IV au Mahatma Gandhi, ce sont sur tous les théâtres d'opérations que les lettres ici rassemblées par Shaun Usher affluent.
    Au bonheur des lettres : Guerre réunit des missives poignantes et amusantes, inspirantes et tragiques, où toujours le vacarme des batailles révèle les hommes et leurs sentiments, à la guerre comme à la guerre !

  • Des partitions d'opéra aux standards de jazz, de la cacophonie à l'harmonie, des octaves aux doubles-croches, d'un éloge de Baudelaire à Wagner aux lettres de Keith Richards, de Beethoven à Verdi, des saillies de Nick Cave, John Lennon ou Leonard Cohen, c'est tout un orchestre éclectique et bruyant réuni ici par le maestro Shaun Usher.
    Au bonheur des lettres : Musique rassemble des missives poignantes et amusantes, inspirantes et tragiques, où toujours le bruit des instruments résonne avec pour seul métronome ces quelques mots de Verlaine : de la musique avant toute chose.

  • Des miaulements écrits aux pattes de chats tamponnées sur papier à en-tête, des siamois aux chats angora, du chat de gouttière à l'aristochat, d'une lettre d'Elizabeth Taylor à son félin disparu, de Charles Dickens à Anne Frank, de T. S. Eliot ou Raymond Chandler à John Cheever, de Rachel Carson à Jack Lemmon et tant d'autres, ce sont toutes les vies (plus de neuf c'est promis) ici rassemblées par Shaun Usher.
    Au bonheur des lettres : Chats réunit des missives poignantes et amusantes, inspirantes et tragiques, où toujours les matous ronronnent, car c'est bien connu, tout le monde veut devenir un cat !

  • Des premiers rougissements de l'émoi amoureux aux reproches de la rupture, des regrets de sentiments cachés à la joie de passions vécues, des courriers du coeur aux bons soins de, de Simone de Beauvoir à Frida Kahlo, de Zora Neale Hurston à John Steinbeck, de Nelson Mandela à Mark Twain, ce sont toutes les facettes de l'amour qui sont ainsi rassemblées par Shaun Usher. Florilège de courriers historiques, inattendus et farfelus, Au bonheur des lettres : Amour réunit des missives poignantes et amusantes, inspirantes et tragiques, où toujours l'amour est au coeur, comme l'on jouerait à détacher des pétales d'une fleur, il m'aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout...

  • Geoff Dyer hait les voyages et les explorateurs... Anti-récit de choses vues aux confins du monde, voici un singulier mélange de carnets de route, de reportages et d'essais. Que ce soit dans les rues de Los Angeles, en plein désert du Nouveau-Mexique, devant la tombe de Gauguin en Polynésie ou aux portes de la Cité interdite, ce n'est pas tant l'exotisme ou la découverte qui prévalent ici qu'une drôle de façon de répondre à l'unique question, au fond, qui taraude le voyageur : qu'arrive-t-il lorsqu'on sort de sa zone de confort pour affronter l'imprévisible ? Comparable aux récits de John Berger, ce recueil inédit d'un écrivain majeur et pourtant méconnu nous offre, au fil de ses pérégrinations, une leçon d'écriture autant qu'un réjouissant petit traité de désinvolture.
    Brillant, drôle, assez désabusé, follement intelligent, Ici pour aller ailleurs est un livre rare où l'auteur s'acharne à être là où on ne l'attend jamais, un bréviaire pour voyageurs en fauteuil.

    « Le point essentiel, c'est ce que ce livre n'exige pas d'être lu à l'aune d'une prétendue ligne de démarcation entre la fiction et la non-fiction - entre certaines formes et les attentes qu'elles engendrent - et de la distance à laquelle il serait censé se situer par rapport à celle-ci. À cet égard, Ici pour aller ailleurs est à la fois motif au centre du tapis et une zone vierge sur la carte. »

    « Geoff Dyer est un des écrivains les plus drôles, les plus tristes et les plus addictifs qui soient. Je parle d'expérience : j'ai lu tous ses livres et j'attends qu'il en paraisse un nouveau comme on attend des nouvelles d'un ami - un mélange improbable et irrésistible de Thomas Bernhard et Woody Allen. »

    Emmanuel Carrère

    Traduit de l'anglais (Grande-Bretagne) par Pierre Demarty

  • L'oeuvre de Deborah Levy est marquée par un vaste projet autobiographique, dont Le coût de la vie, constitue le volet central. Dramaturge, poétesse et romancière anglaise, l'autrice revient sur sa vie.
    À l'âge de 50 ans et après des décennies d'une vie de famille au nord de Londres, Deborah Levy se retrouve à la dérive, et sans aucune envie de revenir en arrière. Faussement simple, passionnant d'intelligence, le récit avance pas à pas, dévoilant peu à peu un projet d'autobiographie vivante. L'histoire banale et tragique parce que répétée d'une femme qui s'est jetée à corps perdu dans la quête de l'amour et du travail pour créer un foyer, univers qui s'avère répondre aux besoins de tous sauf d'elle-même. Pas tant un récit qu'un manifeste de ce que Déborah Levy appelle « une nouvelle façon de vivre », Le coût de la vie est un livre puissant et magnifique sur la féminité, la maternité, la liberté, l'écriture, les normes et le chemin d'une vie. Entre Maggie Nelson et Annie Ernaux, Deborah Levy devrait marquer la rentrée littéraire avec la parution en simultanée du premier volet de sa trilogie autobiographique, Ce que je ne veux pas savoir.

  • 2015, un barman ayant fait voeu de chasteté s'intéresse malgré lui à une cliente qui s'appelle tantôt Oscara, tantôt Fanny ou Cléopâtre. 1999, sous la pluie de bonbons d'une piñata, un adolescent tombe amoureux de sa tante. 1899, au nord des États-Unis, dans un village reculé, un pasteur récite à ses fidèles des passages salaces de la Bible. 2027, trois jeunes femmes se moquent en secret du gourou de leur communauté d'extinctionnistes. Quelque chose ne colle pas, n'a jamais collé dans le rapport entre sexe, amour et procréation. Des générations de personnages, coincés par les normes sociales, testent tour à tour les limites de la décence. Mais entre le tabou et l'acceptable, la frontière n'est pas aussi claire qu'on aimerait le croire. Pas plus qu'entre la vérité et le mensonge...
    Fresque vaste et captivante, La Trajectoire des confettis, premier roman de Marie-Ève Thuot, déchiquette en une pluie de confettis le grand cliché des romans d'amour, ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants.

  • PRIX FEMINA ETRANGER 2020

    Deborah Levy revient sur sa vie. Elle fuit à Majorque pour réfléchir et se retrouver, et pense à l'Afrique du Sud, ce pays qu'elle a quitté, à son enfance, à l'apartheid, à son père - militant de l'ANC emprisonné -, aux oiseaux en cage, et à l'Angleterre, son pays d'adoption. À cette adolescente qu'elle fut, griffonnant son exil sur des serviettes en papier. Telle la marquise Cabrera se délectant du "chocolat magique', elle est devenue écrivaine en lisant Marguerite Duras et Virginia Woolf. En flirtant, sensuelle, avec les mots, qui nous conduisent parfois dans des lieux qu'on ne veut pas revoir. Ce dessin toujours inédit que forme le chemin d'une existence.
    Ce que je ne veux pas savoir est une oeuvre littéraire d'une clarté éblouissante et d'un profond secours. Avec esprit et calme, Deborah Levy revient sur ce territoire qu'il faut conquérir pour écrire. Un livre talisman sur la féminité, la dépression, et la littérature comme une opération à coeur ouvert.

  • En 1994, l'été de de ses treize ans, le père de Molly Brodak braque onze banques. Surnommé " Super Mario le Bandit ", La police finit par l'arrêter dans un bar, en train de siroter une bière. il passe sept années en prison. Quelques temps d'une " vie normale " pour sa fille, après sa libération, il recommence.
    Molly raconte une enfance en eaux troubles. D'un côté, la vie aux côtés de ce père " normal ", employé de l'usine General Motors, parfait père poule. De l'autre, la face sombre, la double vie, les crises de rage, la disparition soudaine de voitures pour payer des dettes, ou l'apparition de cadeaux extravagants sortis de nulle part.
    Sobre et envoûtant, Bandit est un récit sur la famille et la mémoire, sur la vulnérabilité tragique des histoires qu'on se raconte et la responsabilité des parents vis-à-vis de leurs enfants.

  • A l'instar de la courageuse Nellie Bly, Janet Flanner est une journaliste culottée. Née à la fin du XIXe siècle à Indianapolis dans un milieu quaker cultivé et bourgeois, étudiante en lettres à l'université de Chicago, critique théâtrale pour le quotidien local, l'Indy Star, elle se marie pour échapper à sa mère et suit son époux à New York. Elle y fréquente la bande de l'Algonquin, des auteurs, comédiens, dramaturges bourrés de talent et d'esprit et y rencontre le grand amour de sa vie, Solita Solano, comme elle journaliste et aspirante écrivaine. Janet quitte son mari et les deux femmes partent visiter l'Europe avant de s'installer en 1922 à Paris, et d'y vivre libres. Trois ans plus tard, le New Yorker lui propose d'écrire toutes les deux semaines une Lettre de Paris, sous le nom de plume de Genêt. Ce qu'elle fera brillamment tout en publiant, dès le début des années trente, des reportages sur l'Europe en proie à ses démons.
    Quand la Seconde Guerre mondiale éclate, Janet Flanner rentre au pays. Pour autant, à dix mille kilomètres, elle continue à raconter aux Américains Paris et la France sous le joug nazi, aussi précisément que si elle y résidait encore. Tantôt grave et tantôt ironique, elle explique, décortique, suppute, griffe, pointe les petites et les grandes lâchetés et l'héroïsme au quotidien. Plus elle enquête, plus elle écrit, plus sa détestation de la barbarie nazie s'accroît. Vifs, précis, documentés, ses articles restent parmi les meilleurs de ceux qu'on a pu lire sur la France occupée. La profusion de détails, du plus sombre au plus dérisoire, qui portent sur tous les sujets possibles (le marché noir, l'économie, l'argent, la mode, la nourriture, le travail, l'éducation, la presse, l'Eglise, l'antisémitisme, etc.), compose une fresque minutieuse assemblée comme un collage. Paris est une guerre, tout autant qu'une plongée fascinante dans la France occupée, est un régal de lecture et une mine pour les férus d'histoire.
    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Hélène Cohen
    Édition établie et préfacée par Michèle Fitoussi

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