Syllepse

  • Dans l'imaginaire collectif, les violences de genre - au même titre que la pauvreté - sont souvent considérées avec fatalisme. Phénomène social banalisé, elles renvoient à l'ordre «naturel» des choses, réduites au seul fait d'«hommes violents».
    De la sorte, on oublie l'essentiel. Féminicides, viols, harcèlements ne résultent pas seulement de comportements isolés ou «déviants» ils témoignent de ressorts patriarcaux profonds et indiquent une même représentation de l'infériorité des femmes.
    Ces agissements s'inscrivent dans un continuum de violences qui se déploie à toutes les étapes de la vie, dans les espaces privés ou publics et sous de multiples formes - physiques, symboliques, institutionnelles... -, afin de conforter l'emprise masculine.
    La violence patriarcale a ses propres spécificités, mais pour l'aborder dans sa complexité, elle doit être articulée à d'autres structures de domination telles que le mode de production capitaliste - particulièrement abusif pour les femmes - et la matrice coloniale, qui exerce des effets concrets et durables sur les territoires et les corps - principalement ceux des travailleuses pauvres racisées.
    Dans un climat délétère pour les droits des femmes - crise sanitaire et économique, campagnes antigenre, offensives réactionnaires -, un renouveau féministe s'est affirmé ces dernières années, à partir de l'Amérique latine, autour de l'enjeu central de la violence. Et s'est amplifié, en Asie et en Afrique, par son articulation avec d'autres luttes sociales et politiques.

  • «Les condamnés», nouvelle inédite en français, raconte l'assassinat du gouverneur militaire allemand d'Ukraine en 1918. Ce récit de fiction de Grigori Smolianski, publié en russe en 1926 dans la revue Krasnaia Nov', constitue le coeur de ce livre.
    Né en 1890, membre du Parti des socialistes-révolutionnaires, puis bolchevik, Grigori Smolianski fut l'un de ces «révolutionnaires professionnels», dont l'essentiel de la vie se déroule sur fond d'une violence généralisée. Il s'engage contre le tsarisme dès 1905, et vit l'époque de violence qui déferle en Russie avec la révolution de 1905 et sa répression, la Première Guerre mondiale, les révolutions de Février?et d'Octobre 1917, la guerre civile, et qui se termine par la violence stalinienne.
    Pour écrire l'histoire de son grand-père, Natalia Smolianskaia - sa petite-fille -, nous présente un enchevêtrement de sources, un récit imaginaire et pourtant bien réel (la nouvelle), des fragments de Mémoires et autres archives personnelles, des articles de presse, des archives de police.
    Ces sources sont rassemblées autour du parcours de cet homme qui a consacré une bonne partie de sa vie à un objectif: renverser le pouvoir, en commettant des attentats visant des individus bien précis, porteurs et symboles de divers pouvoirs autocratiques ou dominants.
    Durant les dix dernières années de sa vie, ­Grigori Smolianski vit enserré dans les mailles d'un autre pouvoir, auquel les révolutionnaires russes ne s'attendaient pas, le pouvoir stalinien. Il sera exécuté en 1937.
    Le livre est aussi une interrogation sur la légitimité de la violence politique qui se déroule dans un contexte historique particulier, car on ne peut abstraire le parcours de ce personnage de la période. C'est ainsi, en partie, que le lit Natalia Smolianskaia dans ses commentaires, dans ses introduction et conclusion, en développant une réflexion historique et philosophique sur cette question. Elle explique les logiques sous-tendant la violence politique qui marque l'histoire russe et la trajectoire de Grigori Smolianski, ce «petit garçon d'un ghetto puant et étouffant», né dans la zone de résidence où étaient confinés les Juifs de l'Empire russe.

  • La crise sanitaire a achevé de dédiaboliser la démondialisation, soit l'idée d'un recul de l'interdépendance des économies. La nécessité de récupérer des formes de souveraineté politique sur la production et l'échange de biens met désormais tout le monde d'accord, ou presque.
    Si, derrière la rhétorique, la plupart des dirigeants envisagent des ajustements pragmatiques, soit le rapatriement des secteurs industriels jugés
    stratégiques, une défi ance plus profonde vis-à-vis du libre-échange s'est installée dans l'opinion occidentale, alimentée par les délocalisations, la paupérisation des classes populaires et la conversion au « local » d'une classe moyenne « ouverte sur le monde », mais tourmentée par la crise environnementale.
    Le rôle de champions du libre-échange a-t-il dès lors été récupéré par les pays émergents, que d'aucuns présentent comme les gagnants de la mondialisation? En partie seulement, comme le montre la décision de l'Inde de tourner le dos à l'immense zone de libre-échange asiatique.
    Plus largement, l'intégration aux chaînes de valeur internationales coexiste avec la volonté de se recentrer sur les marchés intérieurs et de protéger des importations certains secteurs productifs. Dans le même temps, la prétention des États au monopole du contrôle sur les territoires, au nom du développement national, est contestée par des acteurs paysans et indigènes, qui défendent une conception plus populaire et
    locale de la souveraineté.

  • Composée de plus de 500 entrées rédigées par 200 auteur·es venu·es de nombreux pays, l'ensemble de l'encyclopédie couvre à ce jour les cinq continents, 50 pays et court de 1848 à aujourd'hui. Il s'agit d'un projet international de grande ampleur et de longue haleine.
    Dans ce dixième volume, on retrouve des expériences concrètes d'autogestion, en France et à l'étranger, d'hier et d'aujourd'hui.
    Par exemple, les squats et les centres sociaux et autogérés à Mexico, une coopérative laitière en Inde qui ouvre la voie à l'indépendance des femmes ou encore l'expérience des centres d'appui mutuel à Porto Rico.
    À noter une contribution sur la genèse du Familistère de Guise dans l'Aisne.
    Des contributions, venues notamment des États-Unis ou d'Italie sur les alternatives possibles, complètent ce panorama ainsi qu'un dossier sur les nouvelles coopératives agricoles.
    Au chapitre des idées autogestionnaires, la question de la reconversion industrielle et celle d'un plan de transition sociale écologique de l'agriculture ou encore des coopératives et de la transition économique sont traitées.
    Enfin, Bakounine doit-il être considéré comme un théoricien de l'autogestion, s'interroge une contribution? Le «Manifeste du mutualisme et de l'autogestion» conclut cette section.

  • Pendant des décennies, l'Irlande a été une préoccupation d'Engels et de Marx, parce que l'oppression nationale des Irlandais et le racisme dont ils souffraient expliquaient en grande partie l'impuissance du mouvement ouvrier le plus important d'Europe, celui de la classe ouvrière anglaise, à transformer les rapports sociaux. La question irlandaise, écrivaient-ils, nourrit la réaction anglaise qui «[prend] racine dans l'assujettissement de l'Irlande».
    Au regard du nombre et de l'importance des textes qui lui ont été consacrés, la question nationale irlandaise est manifestement un sujet fondamental aux yeux des fondateurs du matérialisme historique.
    Pour assurer l'indépendance du mouvement ouvrier à l'égard de la bourgeoisie, il importait, selon leur analyse, non seulement que le mouvement lutte pour les droits politiques, sociaux et économiques des groupes opprimés, mais aussi qu'il promeuve leur indépendance nationale, laquelle était une condition de l'émancipation même de la classe ouvrière de la nation dominante.
    Plus encore, si le mouvement ouvrier ne faisait pas la promotion des droits des nationalités opprimées, alors les révolutionnaires devaient envisager de créer des organisations ouvrières des nations opprimées sur une base nationale - non uniquement en fonction de l'État - parce que la classe ouvrière de la nation dominante, par l'entremise de ses organisations syndicales et politiques, avait adopté des positions réactionnaires et constituait désormais une entrave à l'émancipation des classes ouvrières, aussi bien dans la nation dominante que dans la nation dominée.
    Friedrich Engels et Karl Marx ont lutté pour que l'Association internationale des travailleurs fasse sienne la lutte pour l'indépendance de l'Irlande.
    Pour eux, le combat pour le socialisme international passait par la lutte pour la libération nationale de l'Irlande et la fin de l'assujettissement des Irlandais.

  • Aux États-Unis, le ring a toujours été un terrain de mise en scène de la domination raciale et de sa contestation. Tel est le point de départ d'un récit sensible et incarné, faisant revivre la trajectoire de quelques-uns des plus grands boxeurs noirs de l'histoire américaine. De la période esclavagiste au mouvement des droits civiques des années 1960, en passant par les deux guerres mondiales, la figure du boxeur noir n'a cessé de cristalliser les espoirs de la population africaine-américaine mais aussi la haine et le désir de vengeance du pouvoir et de ses alliés.
    On croisera dans les pages de ce livre de nombreux boxeurs, dont Tom Molineaux, ancien esclave qui connut la célébrité lorsque ses victoires portèrent atteinte au prestige racial blanc, Peter Jackson, victime, comme tant d'autres boxeurs noirs, de la barrière de couleur qui le priva de la consécration suprême sur le ring, Jack Johnson, premier champion du monde noir des poids lourds en 1908, ou encore Muhammad Ali, « le plus grand ».
    Histoire politique du ring noir constitue une contribution majeure où sport et politique, racisme et histoire des États-Unis s'entremêlent et dessinent des figures comme autant de coups portés, reçus et esquivés.

  • Elles sont des milliers à travailler dans nos hôtels et centres commerciaux. Invisibles, avec leurs seaux et leurs balais, levées tôt, parties tard et mal payées. Femmes de chambre, femmes de ménage mais surtout femmes de l'ombre.
    Un salariat invisible, essentiellement féminin, plus qu'exploité, en situation précaire et souvent sans défense, employé par des entreprises de nettoyage sous-traitantes et peu respectueuse du Code du travail.
    De nombreux conflits récents dans de grands hôtels ont brisé le mur du silence sur leur situation.
    Ce livre parle d'elles.
    L'histoire des femmes de ménage en charge des toilettes d'un des plus grands centres commerciaux d'Europe, celle des femmes de chambre de sept hôtels ou encore les femmes agents de service hospitalier d'une clinique de l'ouest lyonnais. De leur vie, de leur travail et de leurs souffrances.
    Leur témoin, Marielle Benchehboune, l'autrice de cet ouvrage, est une «organisatrice syndicale», ce qui n'est pas une fonction courante dans le syndicalisme français.
    À leurs côtés, elle organise des rencontres sur le lieu de travail, des tête-à-tête discrets, des formations à la négociation.
    Elle nous raconte comment ces femmes écrasées ont trouvé les capacités individuelles et collectives d'agir face aux injustices dont elles sont victimes.
    Marielle Benchehboune nous livre un récit poignant, ponctué de témoignages de salariées et d'extraits de son carnet de bord.
    Dans la veine du Quai de Ouistreham de Florence Aubenas, elle nous propose un état des lieux de conditions de travail de ces salariées et des combats que plusieurs d'entre elles ont menés jusqu'à la victoire.
    Elle nous raconte notamment la lutte des femmes de ménage et des femmes de chambre de la région lyonnaise.
    La postface de Karel Yon apporte un éclairage sur ces nouvelles formes d'organisation du salariat dont le rôle a été souligné pendant la crise sanitaire.

  • Le 19 juillet 1979, les jeunes guérilleras et guérilleros du Front sandiniste de libération nationale (FSLN) chassaient le dictateur Anastasio Somoza du Nicaragua, mettant ainsi fin à une des plus anciennes tyrannies d'Amérique latine.
    La révolution populaire sandiniste se cherchait une voie à part: respectueuse des libertés religieuses et politiques, elle lançait une campagne d'alphabétisation et encourageait la participation des organisations populaires (jeunes, femmes, paysans, ouvriers, indigènes) aux institutions et à la gestion du pays, à la réforme agraire et à l'«économie mixte».
    Pourtant, Daniel Ortega, qui, au sein du FSLN, l'incarnait à ses débuts, revenu en 2007 à la présidence après avoir perdu le pouvoir dans les urnes, est aujourd'hui considéré comme un tyran.
    Depuis avril 2018, des femmes, des jeunes, des paysans le défient dans la rue malgré la répression.
    Comment en est-on arrivé là? Comment le FSLN, porteur des espoirs de tout un peuple et de tout un continent, est-il devenu un tel repoussoir?
    Cette enquête historique très documentée est nourrie par la connaissance du terrain de Matthias Schindler, qui, depuis plus de quarante ans, a séjourné plusieurs fois au Nicaragua. Il tente de tirer des leçons qui dépassent ce pays et qui interrogent toutes celles et tous ceux qui se battent pour un changement de société.

  • Un tabouret et mille femmes sont pris en photo.
    Eh oui, en français, le masculin l'emporte sur le féminin même lorsque des humaines côtoient des objets?!
    Cette logique tordue n'est pas intrinsèque à la langue française. Elle est le fruit d'une lutte menée aux 17e et 18e siècles contre le féminin - et contre les femmes - par les «autorités» linguistiques.
    En effet, dans le passé, on accordait une phrase selon le genre du mot le plus proche (accord de proximité). Ainsi, des hommes et des femmes pouvaient se montrer généreuses.
    Ce n'est plus le cas aujourd'hui puisque le masculin, en tout temps, doit l'emporter. Le masculin a été décrété générique comme dans l'expression «droits de l'homme», caractéristique attribuée à la construction d'une langue, alors qu'en réalité l'usage en a été délibérément masculinisé.
    Des mots comme autrice, professeuse, philosophesse et capitainesse ont été relégués aux oubliettes, car les femmes n'étaient pas aptes à exercer de telles fonctions, seuls les hommes le pouvaient, prétendait-on.
    On a donc décrété que ces mots devaient disparaître, effaçant ainsi de notre histoire les femmes qui osaient penser, créer et agir.
    Depuis, on ne cesse d'inventer de nouveaux mots féminins, comme auteure et professeure, pour décrire la réalité telle qu'elle est au grand dam des cerbères des académies de la langue qui résistent à la féminisation de toutes leurs forces en déclin.
    Comment écrire et parler de façon non sexiste? Michaël Lessard et Suzanne Zaccour proposent différentes façons de le faire, évaluant les avantages et les inconvénients de chacune d'elles.
    Leur livre n'impose pas de règles grammaticales. En fait, il est une invitation à apprendre, à désap­prendre, à critiquer, à discuter et à oser se lancer à la recherche de la langue des femmes.
    C'est en cela que c'est un véritable manuel proposant à ce titre des exercices, des entraînements et des corrections (voir les bonnes feuilles).
    Les lecteurs et les lectrices, les enseignant-es, celles et ceux qui rédigent textes et articles y trouveront matière à réfléchir à notre langue pour l'adapter aux évolutions sociales et à la nécessaire construction de l'égalité entre les femmes et les hommes, y compris dans les formes d'expression langagières.

  • L'essor de la Chine ne date pas d'hier. Les inquiétudes qu'il soulève non plus, surtout dans le camp occidental. Mais l'histoire s'accélère depuis une dizaine d'années.
    Aujourd'hui, les États-Unis n'hésitent plus à faire de la Chine leur principal adversaire stratégique.
    Ailleurs, et en particulier dans les pays du Sud, les réactions sont plus contrastées. En effet, la Chine a beau être devenue une puissance capitaliste de premier plan, elle joue selon des règles qui diffèrent de celles que suivent les Occidentaux. Pour le meilleur... comme pour le pire.
    Analyser l'essor international de la Chine sous le seul angle de la «menace» se révèle donc doublement trompeur.
    D'abord, parce que celle-ci porte sur un ordre mondial dont les bénéfices historiques sont loin d'avoir été équitablement répartis.
    Ensuite parce que ce faisant, on sous-estime la pluralité des intérêts et des contradictions qui existe entre la Chine et les autres régions du monde, mais aussi au sein même de la société chinoise.

  • Du mur que le président Donald Trump entend ériger à la frontière avec le Mexique au mur de séparation édifié par Israël dans le cadre de son projet colonial en passant par Frontex et les multiples murs de l'Europe forteresse, tout indique que nous assistons à ce que l'auteur appelle le «nouveau cloisonnement du monde».
    Ces «murs» érigés le long des frontières internationales représentent aujourd'hui plus de 10% du linéaire mondial de frontières.
    Ces murs sont la partie émergée de systèmes de surveillance et de contrôle plus vastes. On trouve aujourd'hui ces dispositifs sur tous les continents. S'ils sont
    généralement justifiés par la lutte contre les trafics et le terrorisme, la plupart sont en fait des barrières anti-migrants et ont pour objectif de limiter ou contraindre la
    mobilité des êtres humains.
    Les frontières contemporaines tendent ainsi à devenir de nouveaux «rideaux de fer»: des «frontières de fer».
    Comment, à la vision «ouverte» et positive des frontières, qui culmina avec la chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989, a succédé une ère de soupçon, de peur et de violences symbolisée par la multiplication de ces « murs » ?
    Au bout du compte, c'est la question du rôle et de l'impact de ces installations qui sera au coeur de cet ouvrage.
    Des expérimentations de l'époque coloniale à la création néolibérale d'un vaste marché de la sécurité, l'auteur souligne l'augmentation des décès liée au contournement de ces dispositifs, le coût en vies humaines de ce monde muré.
    Les nombreuses cartes qui enrichissent cet ouvrage en font un véritable guide pour comprendre cette nouvelle segmentation de la planète.

  • «De telles listes sont dressées depuis les années 1970. Compilées par plusieurs générations de militants, elles sont enfouies dans les caves des archives associatives et présentent toutes le même format, à la fois sec et funeste. On y trouve la date du crime, le nom de la victime, suivis d'une ou deux phrases laconiques. Elles frappent par leur rudesse, leur longueur et leur nombre. Poser une liste conduit inexorablement à en trouver une autre quelques jours plus tard. Ces listes expriment l'idée d'une injustice. Elles dénoncent le racisme et l'impunité du racisme. Elles pointent du doigt les crimes, mais également la grande majorité des procès qui ont fini par des peines légères avec sursis ou des acquittements, quand ce n'est pas un non-lieu qui est venu clore l'affaire.

    Elles disent en substance que la racialisation, autrement dit le fait de placer des personnes dans une catégorie raciale afin d'asseoir un rapport de pouvoir et d'en tirer profit, tue deux fois. La première violence touche à l'intégrité physique de la personne. La seconde violence a lieu à l'échelle institutionnelle. Elle est une conséquence du traitement pénal qui ignore la nature raciste des crimes jugés.»

    De la grande vague de violence de 1973 dans le sud de la France aux crimes policiers des années 1990 en passant par les crimes racistes jalonnant les années 1980, cet ouvrage, issu d'une base de données de plus de 700 cas, nous invite à prendre la mesure de cette histoire à l'heure où le racisme institutionnel et l'action de la police continuent chaque année à être à l'origine de nombreux morts.

  • La simultanéité, l'ampleur et la radicalité des soulèvements populaires de l'automne 2019 au Chili, en Équateur et au Liban surprennent. Elles obligent à réévaluer d'autres mouvements, débutés plus tôt et toujours en cours - en Haïti, au Soudan, en Algérie, à Hong Kong... -, et à porter un regard plus attentif sur la conflictualité sociale dans le monde.
    Au-delà des affinités relevées, la coïncidence dans le temps et la diffusion dans l'espace marquent-elles un nouveau «printemps des peuples»? Si les revendications et les modes d'action convergent jusqu'à un certain point, le développement des luttes demeure tributaire du mode de gestion étatique de la contestation et de la cohésion des élites au pouvoir. Et les soubassements politiques et moraux de ces mobilisations sont ancrés dans des histoires nationales, dont l'héritage est revendiqué. Le visage des révoltes - celui d'une jeunesse urbaine précarisée au sein de laquelle les femmes jouent un rôle important -, ainsi que l'évidence médiatique de ressorts communs - l'utilisation des réseaux sociaux, le recours aux cultures populaires, la spontanéité et l'horizontalité des modes d'organisation... - méritent d'être interrogés.
    Ces soulèvements répondent à des contextes particuliers, mais traduisent aussi de nouvelles circulations internationales des luttes. Assiste-t-on dès lors à une mondialisation de la protestation sociale?

  • Ce neuvième tome continue de parcourir la planète autogestionnaire d'hier et d'aujourd'hui.
    Dans la section?: «?L'autogestion en actes?», une place importante est réservée aux conseils ouvriers en Alsace-Lorraine (1918), en Allemagne (1919) et en Italie (1920 et 1946).
    Dans le prolongement du dossier consacré dans le volume 8 à la crise sanitaire mondiale provoquée par la Covid-19, la question de la santé est abordée dans l'Espagne révolutionnaire de 1936, et pour aujourd'hui en Argentine et dans les écoles françaises. Des extraits du contre-plan d'organisation du système de santé rédigé par le Collectif Inter-hôpitaux (France) sont également présentés.
    D'autres formes d'auto-organisation sont traitées?: centres sociaux autogérés (Italie et France), cantines populaires (Chili et Uruguay).
    Les coopératives ne sont pas absentes, que ce soit à Madagascar ou dans le Rojava d'aujourd'hui.
    De nouvelles formes de coopératives sont abordées, comme Railcoop (France) qui entend développer des lignes de chemin de fer hors de la logique du profit.
    Notons la coopérative des «?coursiers sans-patrons?» brésilienne qui propose une forme originale d'association alternative au système Deliveroo, ainsi que celle de Strike Bike, une usine allemande de vélos sans patron ni hiérarchies.
    La question du racisme dans les coopératives aux États-Unis est également traitée dans deux contributions.
    Enfin, la question de la stratégie autogestionnaire est discutée dans plusieurs contributions dans la section «?Buts, chemins et moyens?».

  • Le Parti communiste français a-t-il fait tout ce qu'il fallait pour mettre fin à la guerre franco-algérienne, et pour aider les combattants algériens ? René Dazy répond par la négative. Ce n'est que poussé par la force des choses, que la direction du P.C.F. va glisser vers la reconnaissance du droit à l'indépendance du peuple algérien. Il lui apporte une aide indirecte, au lieu de l'aide matérielle attendue et, dans le même temps, interdit à ses membres toute participation au réseau de soutien au F.L.N. Les liens le rattachant aux Algériens vivant et travaillant en France, sont tranchés. S'il participe amplement aux manifestations civiles, le P.C.F. refuse de s'engager plus loin et de lancer, en direction des appelés du contingent, un appel à l'insubordination. René Dazy nous livre une grille d'explications, s'appuyant sur les faits et les déclarations de la direction du P.C.F. au cours de ces années noires. Il voit, dans ces erreurs, « le premier symptôme d'un retard sur une évolution historique ».

  • Est-il encore nécessaire de présenter Thomas Piketty? Il est l'auteur d'un best-seller mondial, Le ­Capital­ au XXIe siècle et plus récemment de Capital et idéologie, qui lui ont valu d'être invité dans le monde entier. La hardiesse de certaines de ses propositions de taxation des hauts revenus et des grandes fortunes pour étendre le champ de la redistribution en a fait une figure incontournable du débat politique en France comme à l'étranger. Dans ses deux ouvrages, l'auteur entend également jeter les bases d'un «socialisme participatif» présenté comme un dépassement du capitalisme.
    Le critiquer apparaît donc comme une entreprise aussi difficile que risquée.
    Plus qu'une attaque, c'est une déconstruction des analyses de Piketty que nous proposent Alain Bihr et Michel Husson. La référence appuyée de Piketty au Capital les surprend puisque l'auteur, oubliant les analyses de l'ouvrage éponyme de Karl Marx, «se contente des apparences» et préfère lier les inégalités sociales à l'idéologie et non aux rapports de production capitalistes qui les fondent et les organisent.
    Les deux auteurs passent au crible les fondements théoriques du modèle de Piketty et lèvent le voile des apparences que le réformateur fiscal entretient.
    Ils développent les éléments d'une critique radicale de son approche, tant d'un point de vue historique qu'économique. Partant, Alain Bihr et Michel Husson reviennent à ce qui fonde les inégalités sociales dénoncées, à juste titre, par Piketty et nous éclairent sur le fonctionnement profond et présent du capitalisme.
    En conclusion, ils discutent de ses propositions de réforme du capitalisme pour révéler l'impasse d'un tel projet.

  • L'ampleur du désastre écologique, chiffrée à l'envi, sidère. Scientifiques et acteurs de la société civile auront mis cinquante ans à agiter les consciences, avant que l'évidence s'impose.
    Ses causes sont connues, enfin admises. Ou presque. Principaux responsables du gâchis environnemental, le productivisme et le consumérisme des grands producteurs et des gros consommateurs. Un mode d'exploitation séculaire de la nature, irresponsable, sans limites, mû par l'appât du gain et la logique de l'accumulation. Et dont les effets délétères s'accélèrent et réactualisent la sentence de Victor Hugo - «c'est de l'enfer des pauvres qu'est fait le paradis des riches» -, la vulnérabilité des premiers étant sans commune mesure avec celle des seconds.
    Les pollueurs majeurs tardent à passer à la caisse, tandis que les secteurs populaires et les pays non industrialisés en font les frais.
    Comment les États du Sud, «émergents» ou «moins avancés», se positionnent-ils dans les négociations climatiques internationales?
    Quelles politiques mener en vertu du principe des «responsabilités communes mais différenciées»? Green Deal velléitaire ou System Change assumé?
    Les concepts d'éco-impérialisme, de justice verte, d'écologie décoloniale convoqués par les mouvements qui, en Afrique, en Amérique latine et en Asie, à rebours des opinions publiques, se mobilisent sur des enjeux environnementaux, apportent des réponses.
    Au carrefour des luttes sociales, des combats indigènes, du féminisme et des luttes multiples des peuples du Sud, la question écologique est devenue un prisme indispensable pour qui veut comprendre l'avenir et les possibles de l'humanité.

  • Depuis 1998 et l'élection d'Hugo Chávez, plusieurs pays d'Amérique­ latine ont connu un «tournant à gauche». Cet élan a alors incarné un espoir de transformation sociale et de construction de diverses expériences aux accents anti-impérialistes: «révolution bolivarienne» au Venezuela, «révolution citoyenne» en Équateur, État plurinational en Bolivie, nouvelle politique avec Lula.
    L'époque était au changement, la «longue nuit néolibérale» semblait s'estomper, fruit d'une période de mobilisations populaires et de révoltes sociales. Les inégalités sociales et la pauvreté reculaient, Washington perdait du terrain, alors que la participation de celles et ceux d'«en bas» progressait.
    Plus de vingt ans après l'ouverture de ce cycle, la région est pourtant entrée de nouveau dans une zone de fortes turbulences et ­incertitudes, tandis que le bilan des gouvernements «progressistes», au-delà de leur diversité, est très largement contrasté. Capitalisme d'État et crise économique, colonisation des imaginaires de gauche par des logiques gestionnaires, modèles économiques basés sur le saccage des biens communs, leaderships charismatiques, dérives autoritaires, corruption et rupture avec les mouvements sociaux: les problèmes se sont accumulés.
    En parallèle, la réorganisation des droites sociales, politiques et religieuses, la montée des extrêmes droites, les défaites électorales, mais aussi les coups d'État parlementaires, sont désormais un fait majeur.
    Faire le bilan d'un cycle commencé dans l'espoir et qui s'achève dans la violence est fondamental pour comprendre l'Amérique ­latine ­actuelle.

  • Pourquoi et comment un médiocre parlementaire d'extrême droite, nostalgique de la dictature militaire, ouvertement raciste, misogyne et homophobe a-t-il pu se hisser à la tête du plus grand pays d'Amérique latine?
    L'arrivée de Bolsonaro à la présidence du Brésil n'est ni un
    événement fortuit, ni une parenthèse sans lendemain. Portée par une lame de fond, elle est à la fois le produit des circonstances et la conséquence d'un travail de conquête et de formatage de l'opinion par de nouvelles droites radicales et militantes.
    Dans un contexte marqué par une profonde crise économique, morale et institutionnelle, ces courants ont exploité les frustrations et les ressentiments de la société brésilienne, pour s'imposer aux affaires. Avec l'appui des vieilles oligarchies et des secteurs les plus conservateurs, ils entendent aujourd'hui solder l'héritage du «lulisme» et dicter leur agenda ultralibéral, rétrograde et autoritaire. Révision des droits sociaux, démantèlement des protections environnementales, privatisation des entreprises publiques, réalignement de la politique étrangère sur les États-Unis, croisade morale et sécuritaire..., le tournant engagé risque de réduire à néant les progrès démocratiques engrangés au terme de plusieurs décennies de luttes.
    Sonnée et divisée, la gauche s'est jusqu'à présent montrée impuissante à contrer la vague réactionnaire. Elle devra, coûte que coûte, retrouver son unité et proposer un nouveau projet mobilisateur pour éviter que le pays, champion toutes catégories des inégalités, ne s'enfonce dans l'abîme.

  • Si bell hooks est connue pour son engagement féministe, l'articulation de cet engagement avec les pratiques dans le domaine de l'éducation et de la pédagogie a été peu débattue en Europe.
    Ce livre est un recueil d'essais sur la pédagogie de l'émancipation qui aborde non seulement l'importance du féminisme dans les salles de classe mais aussi l'articulation de la théorie et de la pratique dans la lutte féministe
    afro-américaine.
    bell hooks y parle de solidarité et d'économie politique, et de la façon dont la pédagogie des opprimés à laquelle elle a été formée par Paulo Freire peut s'appliquer à l'émancipation
    des Afro-américaines. Des cas particuliers y sont décrits pour souligner l'importance de l'enseignant·e dans la pratique de la liberté.
    La traduction de cet ouvrage présente un intérêt bien au-delà du monde universitaire francophone. bell hooks est une enseignante-chercheuse mais son travail
    trouve une résonance tant dans la théorie que
    dans les pratiques politiques. Ainsi, Apprendre à transgresser parlera aux lecteurs·rices intéressées par le féminisme, par les pratiques éducatives et par les stratégies antiracistes.
    C'est d'ailleurs ce qui la distingue de beaucoup d'ouvrages féministes publiés en français : le déploiement
    de la théorie en pratique de l'enseignement et la transformation de la salle de classe en lieu d'émancipation Les pratiques éducatives françaises et la singularité des élèves dans le contexte scolaire ont été débattues en France ces deux dernières années, et ce livre apporte un regard
    différent en décrivant des stratégies d'enseignement
    dans un monde multiculturel.
    Par ailleurs, l'intérêt du public pour l'intersectionnalité et le féminisme antiraciste s'est développé en France. Le modèle universaliste français étant réinterrogé et la question de l'identité plus que jamais d'actualité, l'ouvrage constitue une contribution importante au débat, que ce soit dans le champ disciplinaire des sciences humaines et politiques et dans le milieu associatif féministe, LGBT et antiraciste.

  • Les femmes noires en France doivent être sauvées de leur famille, de leur communauté (pères, frères, cousins). Ce sauvetage est proposé gracieusement par l'État au travers de l'école républicaine, appuyée par des allié·es de choix (médias, monde de la culture, associations, intellectuel·les).
    Mwasi est un collectif de femmes qui ne veulent pas être «sauvées» par qui que ce soit et qui prend la parole. Les autrices, des femmes noires et afro-descendantes, désignent l'État français, le «féminisme» blanc dominant, le racisme d'État comme des ennemis politiques.
    Ce livre est un instantané de ce qu'est le collectif Mwasi et de ce qu'il veut:
    «Notre seule préoccupation est d'être à la hauteur des idées, des pratiques et de l'héritage qui sont les nôtres: les combats contre la négrophobie, l'impérialisme, l'hétéro-patriarcat et le capitalisme.
    Nous avons choisi l'afroféminisme pour traduire politiquement nos révoltes en tant que femmes noires; révoltes que nous voulons transformer en révolution pour un changement radical de système. Un système de justice sociale pour tou·tes, sans racisme, débarrassé de la domination masculine et du capitalisme.
    Nous faisons le choix de la lutte collective, de l'organisation politique autonome et de la libération comme horizon.
    Nous voulons que notre lutte soit comprise, reprise et interrogée par les Afro-descendant·es de France et les générations de militant·es noir·es qui nous suivront.
    Que ceci soit pris comme notre contribution afroféministe à la libération noire et panafricaine.»
    Les femmes noires en France doivent être sauvées de leur famille, de leur communauté (pères, frères, cousins). Ce sauvetage est proposé gracieusement par l'État au travers de l'école républicaine, appuyée par des allié·es de choix (médias, monde de la culture, associations, intellectuel·les).
    Mwasi est un collectif de femmes qui ne veulent pas être «sauvées» par qui que ce soit et qui prend la parole. Les autrices, des femmes noires et afro-descendantes, désignent l'État français, le «féminisme» blanc dominant, le racisme d'État comme des ennemis politiques.
    Ce livre est un instantané de ce qu'est le collectif Mwasi et de ce qu'il veut:
    «Notre seule préoccupation est d'être à la hauteur des idées, des pratiques et de l'héritage qui sont les nôtres: les combats contre la négrophobie, l'impérialisme, l'hétéro-patriarcat et le capitalisme.
    Nous avons choisi l'afroféminisme pour traduire politiquement nos révoltes en tant que femmes noires; révoltes que nous voulons transformer en révolution pour un changement radical de système. Un système de justice sociale pour tou·tes, sans racisme, débarrassé de la domination masculine et du capitalisme.
    Nous faisons le choix de la lutte collective, de l'organisation politique autonome et de la libération comme horizon.
    Nous voulons que notre lutte soit comprise, reprise et interrogée par les Afro-descendant·es de France et les générations de militant·es noir·es qui nous suivront.
    Que ceci soit pris comme notre contribution afroféministe à la libération noire et panafricaine.»

  • Dans la lignée du livre Afrofem qui entendait «traduire politiquement ses révoltes en révolution» contre le racisme d'État et le féminisme dominant, ce livre est un manifeste qui tente d'esquisser des horizons d'organisation et de libération pour la condition noire en France.
    Le coeur de ce manifeste est le suivant : «Être noir·e et vouloir appartenir à une communauté et à un projet politique révolutionnaire de libération qui s'inscrivent dans une pensée panafricaniste, anticapitaliste et radicalement afroféministe.»
    Dans une langue vive, ce manifeste veut éclairer les objectifs et les modalités d'une telle entreprise dans un pays où le mot «race» provoque passions et fantasmes.
    Partir de l'expérience spécifique des Noir·es en France, mais aussi des rapports entretenus par la France avec les Noir·es permet de comprendre le défi que représente un tel projet.
    Dans un pays obsédé par le spectre du «communautarisme», l'autrice propose de faire de la notion de «communauté» une arme contre le projet néolibéral et individualiste de dépolitisation des luttes de libération noire.
    Afroféministe, ce manifeste s'inscrit dans une lecture politique du monde qui voit la nécessité pour tout projet de libération d'en finir avec les structures d'exploitation économique, sociale et politique que sont le racisme, le patriarcat et le capitalisme.

  • Aujourd'hui, le «numérique» est partout.
    Du transport à l'alimentation en passant par la santé ou le logement, difficile de trouver une sphère d'activité qui échappe encore à son emprise. Du moins dans les pays du Nord.
    Au Sud, les progrès de la numérisation restent plus inégaux. Ils n'en posent pas moins question.
    D'abord, parce que les technologies numériques reposent sur une exploitation massive des ressources de la nature - ce qu'on appelle l'«extractivisme» - et une fuite en avant écologique dont le Sud est la première victime à l'échelle mondiale.
    Ensuite, parce que leur déploiement profite avant tout à une poignée de multinationales qui concentrent un pouvoir inédit grâce à l'exploitation de quantités toujours croissantes de «?données?».
    Enfin, parce que la gouvernance et l'infrastructure globales du numérique sont aujourd'hui dominées par le Nord et le secteur privé, avec à la clé de nouvelles formes de dépendance et d'exploitation. Mais les résistances s'organisent.
    Des États cherchent à promouvoir leur «industrialisation numérique» ou plus largement leur «souveraineté technologique».
    En parallèle, des mouvements sociaux défendent un usage démocratique, écologique et émancipateur du numérique, face aux instrumentalisations du capitalisme de plateforme, mais aussi de la surveillance étatique.

  • Au tournant du 21e siècle, l'Asie affichait des résultats de croissance parmi les plus rapides au monde et des avancées politiques qui donnaient corps à l'idée de «troisième vague de démocratisation».
    Les sociétés civiles, plus encore que les États, apparaissaient comme les chevilles ouvrières des transitions en cours et leurs résistances étaient auréolées de légitimité.
    Vingt ans plus tard, l'optimisme a cédé la place au désenchantement.
    Une majorité de pays du continent sont en «récession démocratique».
    Glisser son bulletin de vote dans l'urne n'a pas suffi à produire les changements escomptés en termes de droits sociaux et politiques.
    Au contraire. De Rangoun à Manille, de Bangkok à Delhi, ces processus ont plusieurs fois conduit à l'avènement de forces politiques régressives et autoritaires, porteuses de nationalismes populistes et liguées aux minorités économiquement dominantes.
    Là où il y a domination, il y a résistance.
    Si cette affirmation se vérifie souvent, les offensives réactionnaires sapent néanmoins les oppositions en réduisant leurs champs de manoeuvre et leurs ressources.
    Elles jettent en outre une lumière crue sur les tensions qui les traversent.
    Les manifestations anti-blasphèmes en Indonésie, l'appui des chemises jaunes aux coups d'État militaires en Thaïlande, les exactions des organisations intégristes hindoues en Inde ou bouddhistes en ­Birmanie démontrent la plasticité des acteurs sociaux qui peuvent autant défendre que s'opposer aux idées démocratiques et progressistes.
    Une vingtaine d'auteur·es asiatiques, au profil universitaire ou acteurs de terrain, analysent dans ce livre les dynamiques sociales à l'oeuvre dans leur pays, ainsi que les principaux enjeux rencontrés par les sociétés civiles dans des contextes marqués par la croissance des inégalités et la poussée des forces politiques conservatrices et réactionnaires.

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