UGA Éditions

  • La lecture antique en VO : lire en classe des textes latins et grecs aujourd'hui Nouv.

    Les enseignants de langues anciennes trouveront ici une aide pour faire lire des textes latins et grecs à leurs élèves ou étudiants, tous niveaux confondus. La notion de « lecture » est envisagée dans cet ouvrage comme un exercice distinct de la version : il s'agit de renouer avec le plaisir et l'intérêt du texte abordé en langue originale, tout en limitant les erreurs de compréhension littérale. Pour remédier aux différentes causes de blocage potentielles (linguistiques, psychologiques, culturelles), trois leviers principaux sont identifiés comme autant de facteurs facilitateurs : les images fixes ou mobiles, supports du développement d'une posture d'enquêteur ; l'oralisation ou la théâtralisation, qui facilitent l'appropriation du texte ; la construction de parcours littéraires donnant du sens à l'effort de compréhension. Les protocoles d'action proposés reposent sur des corpus variés, associant aux textes classiques des sources souvent méconnues (textes néo-latins, inscriptions issues du paysage urbain, bandes-dessinées, etc.). Les contributions présentent des outils concrets, directement exploitables en classe, et transposables selon le niveau d'enseignement visé.

  • Les travaux menés sur les langues de spécialité et en linguistique de corpus ont profondément modifié le rapport aux textes spécialisés, faisant émerger de nouvelles problématiques et pistes de recherche. Dans un contexte renouvelé d'accès aux données numériques, écrites ou orales, la dynamique d'analyse de corpus a bénéficié à un large spectre de domaines, intégrant les sciences humaines par-delà les domaines traditionnellement dévolus aux langues de spécialité. Par une sélection de contributions originales et variées, cet ouvrage illustre la diversité des approches et des applications en langues de spécialité, convoquant des thématiques liées à la constitution, l'annotation et l'exploitation de corpus autour d'analyses lexicales, phraséologiques, syntaxiques et sémantiques de textes et de discours spécialisés. Les 13 contributions rassemblées dans cet ouvrage s'attachent à caractériser des genres textuels spécifiques (article scientifique, article de presse, encyclopédie, guide touristique, réunions d'entreprise ou vidéos) et explorer des problématiques relevant de la construction de ressources lexicales, de la didactique des langues, ou bien encore de la terminologie et de la traduction, à l'aune des derniers développements de la linguistique de corpus.

  • La diversité de l'état de santé des individus lorsqu'ils vieillissent n'est pas le fruit du hasard. Cela tient en grande partie à l'influence que les différents environnements physiques et sociaux exercent sur eux. Dans cet ouvrage, nous confrontons des visions et des expertises très différentes concernant l'impact de l'environnement sur la santé humaine lors de l'avancée en âge en partant d'une définition commune de la santé, à savoir « un état de complet bien-être physique, mental et social » et d'une définition très large de l'environnement en tant « qu'ensemble d'éléments qui entourent un individu ». Nous sommes architecte, psychologue, gérontologue, psychiatre ou spécialiste des neurosciences et nous proposons des regards scientifiques croisés pour montrer que l'ensemble de notre environnement détermine la qualité de notre vieillissement. Cette approche transdisciplinaire doit nous amener à réfléchir à la façon d'évoluer dans notre environnement et à nos modes de vie afin qu'ils soient les plus favorables possibles à un vieillissement réussi.

  • En abordant le thème de la pêche à la ligne dans la littérature et le genre halieutique, qui contribue à enrichir les écrits sur la nature, Au fil de l'eau, au fil des textes remplit une case vide de la critique littéraire. Si la zoopoétique n'est jamais très loin, cet essai diversifie les méthodes d'approche, de la sociologie à la narratologie et à la psychanalyse, pour tenter de capturer ce genre fuyant et multiforme, rencontrant aux détours d'un méandre Hemingway et Genevoix, Maupassant, Zola ou Proust, et plongeant avec Bachelard et Freud « de l'autre côté du miroir », dans le monde des profondeurs. À quoi tient cette fascination du pêcheur pour l'eau de la rivière qu'il lit, qu'il sent, qu'il écoute, attentif à ses moindres humeurs, à ses imperceptibles remous ? Comment expliquer la jouissance à sentir la vie au bout d'un fil mais, surtout, pourquoi et comment la raconter ? Amoureux de littérature et passionnés de pêche (ce sont souvent les mêmes) se rejoindront dans la lecture de cet ouvrage.

  • Considéré d'habitude comme le « père » de l'anarchisme français, Pierre-Joseph Proudhon entretient un rapport ambivalent avec la création littéraire. Cet essai retrace tout d'abord la relation de Proudhon à la littérature, telle qu'elle apparaît à travers ses ouvrages. Il analyse ensuite les discours tenus dans ses quatre journaux sur les triomphes du roman-feuilleton, visant la conception d'un feuilleton révolutionnaire capable de diffuser auprès du lectorat populaire, par le biais de la fiction, les idées et les théories qui aideront à son affranchissement. Une présentation des romans-feuilletons parus dans les diverses incarnations du journal Le Peuple est suivie par une étude plus approfondie de l'un d'entre eux, le roman Le Mont Saint-Michel, qui narre les aventures d'un groupe de républicains lors du célèbre épisode de la barricade du cloître Saint-Merry, clou tragique de l'insurrection avortée de 1832. Convoquant de nombreux auteurs connus (Michelet, Stendhal, Victor Hugo et Alexandre Dumas père) et oubliés, cette analyse veut offrir une réflexion sur la nature du roman historique et de l'écriture historiographique pendant une période clef pour leur développement.

  • Performance d'un conteur qui se produit dans la rue, le cantare est un récit chanté ou psalmodié qui peut aborder de nombreux sujets. De ce genre intrinsèquement oral, les témoins écrits sont très précieux : ceux du présent recueil sont inspirés par les adaptations italiennes de la matière arthurienne tout autant que par les contes merveilleux. Tristan et Lancelot se livrent à un combat sans merci au Perron de Merlin, dans un récit suivant d'assez près un épisode de la réécriture du Tristan de Rusticien de Pise ; la cour arthurienne est menacée par un chevalier inconnu aux armes enchantées dans les cantari de Lasancis et du bouclier traître. Dans un troisième texte au sujet comparable, Hector, ensorcelé par Morgane, abat ses compagnons sans les reconnaître ; c'est Galaad, devenu chevalier ermite, qui intervient pour briser le charme et, dans le cantare qui lui est consacré, est le héros d'un conte hagiographique qui condense nombre de traits folkloriques. Enfin, Carduino, dans le cantare homonyme, et Gauvain, dans celui de la Pucelle Joyeuse, partent à la conquête d'une vouivre en traversant forêts, villes ensorcelées et châteaux enchantés peuplés de géants, magiciens, créatures métamorphosées. Les auteurs de ces deux beaux textes, forgés par l'intertextualité et par l'interpolation entre la culture populaire et la culture savante, adaptent dans une ambiance arthurienne leurs sujets, puisés à la source orale du conte.

  • Que ce soit grâce à ses apparitions au cinéma ou à la télévision, tout le monde ou presque connaît Robin des Bois. Pourtant, en dépit de cette notoriété, rares sont les lecteurs francophones ayant pu lire les textes originaux qui ont immortalisé la naissance et l'évolution de ce personnage légendaire. Longtemps inaccessibles au grand public et ignorés des chercheurs, les textes qui ont construit le mythe n'étaient en effet jusqu'à présent disponibles qu'en anglais. Sont présentés ici, pour la première fois en France, une sélection de poèmes, saynètes et ballades traduits et annotés, représentative de la légende au cours des différentes époques que l'oeuvre a traversées. Quelle que soit la façon dont vous avez pour la première fois entendue parler de Robin des Bois, ce livre vous guidera sur ses traces et vous accompagnera, non loin de Nottingham et du repère de son shérif, à travers les forêts de Sherwood et Barnesdale jusqu'à l'arbre sacré où demeure le plus célèbre hors-la-loi anglais.

  • La littérature médiévale allemande comprend de nombreux trésors encore inconnus du public français. Le Pauvre Henri est le seul texte composé par Hartmann von Aue, poète souabe de la ­ fin du xiie siècle, qui ne soit pas une adaptation d'un texte français. Ce récit bref, très proche de l'exemplum, relate la punition qui s'abat sur un jeune chevalier oublieux de Dieu. Devenu lépreux, le héros tente de trouver un remède à sa maladie et apprend par un médecin de Salerne qu'il ne peut être sauvé que par le sang d'une vierge qui accepte de se sacrifier pour lui. Quelques années plus tard, la ­fille du métayer qui l'a recueilli consent au sacrifice suprême et part avec le Pauvre Henri en direction de Salerne a­ n de sauver son seigneur. Cette oeuvre originale, reposant sur d'anciennes légendes comme celle de saint Sylvestre, est à la croisée des croyances populaires et de la clergie de l'auteur. Elle est également le témoin de la variance des textes médiévaux : tandis que la version A demeure sans doute assez proche du texte aujourd'hui perdu de Hartmann, la version B nous offre une histoire différente dans laquelle la fille du métayer gagne en liberté et en autonomie. Pour la première fois, cette édition propose une traduction française accompagnée des versions A et B en mettant en relief leurs divergences, ainsi qu'une interprétation qui rend compte de l'arrière-plan théologique de l'oeuvre. En annexe se trouvent des textes complémentaires traitant la même thématique, notamment la légende de saint Sylvestre d'après la Kaiserchronik (Chronique impériale).

  • Le Roman du Chevalier à la manche conte l'histoire d'un jeune homme, anonyme, abandonné par sa mère à la naissance, qui part à la recherche de ses parents. Le roman, construit sur le modèle bipartite de Chrétien de Troyes, est défini par deux quêtes : celle de la chevalerie et de l'amour dans la première partie et celle du père conclue par le mariage des parents, dans la deuxième partie. Le récit, inséré dans la version la plus étendue en moyen néerlandais de la trilogie Lancelot - Queste del Saint Graal - Mort le Roi Artu, la Lancelotcompilatie, présente un intérêt certain pour le médiévisme européen, car c'est un des quatre romans arthuriens en moyen néerlandais considérés comme « originaux », leur modèle français n'étant pas attesté à ce jour. Les quêtes et aventures racontées, les motifs évoqués tels l'enfant trouvé, le don d'une manche en gage d'amour, le secours porté à une jeune fille maltraitée, l'envoi d'un chevalier vaincu à la cour, l'abolition de mauvaises coutumes, le tournoi en vue de la conquête de la bien-aimée, le duel judiciaire sont caractéristiques de la « matière de Bretagne » et rappellent l'oeuvre de Chrétien de Troyes et les romans d'aventure postérieurs. Fin connaisseur de la tradition romanesque de Chrétien de Troyes et de ses épigones, l'auteur a tracé, à travers les motifs familiers aux auditeurs d'antan, le chemin de la réussite d'un jeune chevalier incarnant l'idéal chevaleresque et l'éthique amoureuse prisés à son époque. Le récit de Lancelot et le Cerf au pied blanc, inspiré de la deuxième partie du Lai de Tyolet, relate l'exploit accompli par Lancelot : trancher le pied blanc d'un cerf gardé par sept lions en vue de la récompense promise, à savoir le mariage avec une reine, anonyme. C'est le plus bref des sept récits insérés dans la Lancelotcompilatie. La technique narrative des deux récits rappelle celle du roman arthurien en vers, mais aussi celle du roman en prose avec ses annonces et clôtures d'épisodes.

  • Le Roman de Moriaen conte l'histoire du fils d'Agloval, chevalier de la Table Ronde et d'une Maure. Il part à la recherche de son père qui a abandonné sa mère avant sa naissance. Grâce à sa rencontre avec Gauvain et Lancelot, il réussit à le retrouver et à restaurer les droits de sa mère par le mariage de ses parents. Le récit, inséré dans la version la plus étendue en moyen néerlandais de la trilogie Lancelot - Queste del Saint Graal - Mort le roi Artu, la Lancelotcompilatie, présente un grand intérêt pour les médiévistes européens car c'est un des quatre romans arthuriens en moyen néerlandais, considérés comme « originaux », leur modèle français n'étant pas attesté à ce jour. Gauvain, Lancelot et Perceval, sont présents du début à la fin du récit. Les quêtes et aventures racontées, les motifs évoqués sont caractéristiques de la « matière de Bretagne ». La technique narrative de l'auteur/ narrateur rappelle celle du roman arthurien en vers, mais aussi celle du roman en prose avec ses annonces et clôtures d'épisodes. Fin connaisseur de la matière arthurienne, et aussi du relationnel familial intime, l'auteur du « scone bediet van Moriaen » (le beau récit de Moriaen) a parachevé le tableau familial initial du fils et grand frère, Agloval, protecteur de sa mère et de son petit frère, Perceval, à travers la peinture émouvante du cheminement du jeune fils, Moriaen, qui a repris le flambeau protecteur à l'égard de sa propre mère.

  • Monument de la littérature européenne du haut Moyen Âge, le Waltharius se distingue des autres épopées latines de cette époque par un caractère composite d'où il tire toute sa séduction mais qui le rend encore, malgré les très nombreuses études qui lui ont été consacrées, passablement énigmatique. Son héros, Walther, une magnifique bête de combat qui réussit à lui tout seul à vaincre et à tuer onze adversaires lancés contre lui dans un défilé des Vosges, est une très belle incarnation de l'héroïsme guerrier scandinave ou germanique. Mais la finesse d'un clerc érudit a su lui donner aussi des résonances nouvelles. Sentimentales, d'abord, grâce à l'amour plein de délicatesse qui l'unit à sa fiancée Hildegonde, toujours présente à ses côtés, selon un schéma narratif sans doute emprunté aux romans de l'antiquité gréco-latine. Chrétiennes voire humanistes, ensuite, à travers un regard acéré qui met à nu les faiblesses du vieil héroïsme guerrier, menacé par des vices comme l'orgueil, la colère ou la cupidité qui seront fatals aux adversaires du héros et l'amèneront lui-même à perdre la main droite. L'astucieuse reprise de vers empruntés à des poètes latins comme Prudence et Virgile tisse tout un réseau d'allusions que le lecteur attentif se doit de décrypter. Ainsi se crée peu à peu un climat ludique où tout le monde est invité à jouer, l'auteur avec le lecteur ou avec ses héros, et le héros lui-même avec ses adversaires qu'il affronte en des joutes verbales autant que guerrières. Cette oeuvre originale et forte a jadis été datée du début du xe siècle et attribuée à Ekkehard Ier, abbé de Saint-Gall dans les Alpes suisses. On incline maintenant à la faire remonter au milieu ou au début du ixe siècle et à voir en elle, malgré son atypisme, l'un des plus brillants représentants de ce qu'on a coutume d'appeler la « renaissance carolingienne ».

  • Merlin, Lailoken, Suibhne : trois figures du devin appartenant à trois provinces celtiques, respectivement le Pays de Galles, l'Écosse et l'Irlande. Trois personnages, trois énigmes et trois destins qui se rencontrent sur le champ du mythe. À partir de trois textes majeurs du xiie siècle ici traduits : la Vita Merlini du clerc gallois Geoffrey de Monmouth, la Vita Kentigerni et la Folie de Suibhne, texte mythologique irlandais, cet ouvrage dessine un portrait du devin celtique d'après ce que le Moyen Âge chrétien en conserve. Disqualifié par le prêtre ou l'évêque qui lui ôtent son privilège sacré, le devin ne possède plus guère que la science encyclopédique pour fonder sa légitimité. De son antique don prophétique, il ne reste plus que l'étrange discours d'une poésie sacrée où se lisent les signes incertains de l'Histoire.

  • Rédigé vers 1210 le roman de Wigalois conte l'histoire du fils de Gauvain de sa naissance à son couronnement, après maintes aventures initiatiques bien ancrées dans le merveilleux de la Matière de Bretagne et où le héros affronte géant, nain, dragon et revenants... Remontant à une source française perdue dont d'autres textes attestent l'existence, Wigalois est un témoin important qui intéressera tous ceux qui travaillent sur le roman arthurien et la sécularisation des mythes ainsi que les comparatistes.

  • Le Lanzelet d'Ulrich von Zatzikhoven, adaptation d'un « livre français » aujourd'hui perdu, a été composé vers 1200. Par sa genèse comme par la diversité de ses facettes, l'oeuvre sollicite l'intérêt de plusieurs disciplines. La mise en perspective des différents aspects du Lanzelet reste un chantier largement ouvert. La relation existant entre ce récit, d'une part, et le Lancelot de Chrétien de Troyes comme le Lancelot en prose, d'autre part, demeure déroutante, car si Lanzelet est lui aussi tout dévoué à la reine Guenièvre (Ginovere), son engagement n'est nullement motivé par la passion amoureuse, mais par la solidarité familiale et curiale. Mais plus que cette altérité encore, c'est la dualité du récit pris en lui-même qui frappe. Ce Lancelot-là est à la fois terrien et léger. Terrien parce que les différents épisodes amoureux et conjugaux au centre desquels se trouve le héros sont agencés, hiérarchisés et combinés avec le début (élimination du père par les barons révoltés) et la fin de l'histoire (retour de l'héritier) de façon à suggérer ce que peut être la bonne articulation entre la conduite judicieuse des affaires matrimoniales et la gestion éclairée du patrimoine dans un cadre dynastique. Terrien, le récit l'est aussi par son goût prononcé du dicton. Mais il est également léger : le héros ne s'enracine que progressivement et traverse d'abord l'existence avec une parfaite insouciance. Le récit est riche par ailleurs en citations, en notices de géographie fabuleuse, en historiettes, bref en matière de conversation pour gens de cour. Ce contraste a de quoi intriguer la critique, mais il est pour beaucoup dans le charme de l'oeuvre.

  • Le Roman de Torec conte l'histoire d'un jeune homme, Torec, qui part en quête de la couronne d'or volée à sa grand-mère longtemps avant sa naissance, et son mariage avec la jeune fille qui possède le diadème. Fondé sur quelques motifs de deux contes-types populaires, L'Anneau magique et L'Homme à la recherche de sa fiancée ou femme perdue, le récit trace le cheminement du héros éponyme. À travers de nombreuses aventures, autant d'épreuves, il retrouve la couronne et épouse la jeune fille, Miraude, qui la possède. Les éléments merveilleux de l'univers du conte associés à la réécriture de nombreux aventures et motifs de l'univers arthurien, tels l'adoubement, l'amour de loin, le tournoi pour la main d'une jeune fille, les festivités à l'occasion d'un mariage, le secours porté à une jeune fille en difficulté, les mises en garde contre un danger, les duels, le combat contre des lions et /ou des géants, les combats au gué d'aventure, caractérisent le récit comme une oeuvre intertextuelle et un roman arthurien nouveau et original. La technique narrative du récit rappelle celle du roman arthurien en vers, mais aussi celle du roman en prose avec ses annonces et clôtures d'épisodes. Le Torec, attribué à Jacob van Maerlant (1235-1290 /1300) et inséré au xive siècle dans la trilogie Lancelot - Queste del Saint Graal - Mort le Roi Artu en moyen néerlandais, appelée Lancelotcompilatie (87 000 vers), datée de 1320-1325, serait une traduction-adaptation d'un roman français perdu, *Torrez, le Chevalier au cercle d'or. Le récit présente un intérêt certain pour le médiévisme européen, son modèle français présumé n'étant pas attesté à ce jour.

  • Reines, impératrices, régentes... Autant de termes plus ou moins anachroniques - et la liste n'est pas exhaustive - qui posent la question de la place des femmes influentes dans l'Antiquité. Et pourtant, les mondes antiques sont peuplés de femmes, que les sources, littéraires ou documentaires, présentent aux côtés des puissants ; elles sont tantôt en lien et tantôt en opposition avec eux, tantôt honorées, tantôt écartées. La forme même du pouvoir qu'elles exercent, directement ou indirectement, est une source d'interrogations, tout comme les variations de la place qu'elles occupent dans les institutions politiques ; l'expression officielle de ce pouvoir évolue, notamment dans les périodes de crise dynastique. Les questions sur les femmes influentes sont donc multiples et, de la confrontation entre les périodes hellénistique et romaine, est né un livre polyphonique, à la confluence de recherches menées ces dernières années en France, Suisse, Italie et Allemagne, par des spécialistes de l'histoire politique. Organisé en deux parties, respectivement sur les atouts des femmes et sur leurs modes d'exercice du pouvoir, le livre fait apparaître une vingtaine de thématiques sur lesquelles le dialogue entre les deux périodes antiques est particulièrement fécond et off re des réflexions novatrices.

  • Cet ouvrage est une traduction française de trente-deux poèmes majeurs extraits du Temple de George Herbert, poète anglais essentiel du xviie siècle. La mise en regard des textes français et anglais permet de s'étendre sur la poésie proprement dite, ses effets et ses subtilités. Écrite dans un style concis, émaillée de formules frappantes et éclairantes, l'introduction relève le défi consistant à donner à comprendre en quelques pages la signification, la nature et la portée de la poésie de Herbert. Le poète est en effet bien plus qu'un témoin des soubresauts religieux de son temps : il est celui dont « le coeur pérégrinant » exprime l'errance et l'obstination spirituelles de l'homme.

  • Le microphone est un exhausteur de son. Il permet à l'artiste, non pas de chanter plus fort, mais de baisser la voix. Il rend audible un chuchotement dans une grande salle de spectacle. Cet art de l'amplification sonore, encore balbutiant en France dans les années 1930, transforme radicalement le paysage musical et les codes de la performance vocale. Quelques chanteuses et chanteurs d'avant-garde essaient d'apprivoiser le potentiel de l'instrument, tout comme les crooners américains une décennie plus tôt. Ils ajustent pour cela leur manière de chanter, tentent de répondre aux exigences de la technique par de subtiles adaptations. Souffle, gestuelle, diction, déplacements et expressions du visage se réinventent. À la croisée de lectures socio-techniques, artistiques et historiques, ce livre propose d'explorer la façon dont le microphone et le corps de l'interprète se rencontrent, ouvrant ainsi la voie à la diversification musicale de la seconde moitié du xxe siècle.

  • Fuir avant demain

    Kay Boyle

    Fuir avant demain est un roman de l'écrivaine américaine Kay Boyle paru en 1932. Le lecteur est entrainé dans le récit aussi émouvant que lumineux d'une escapade tumultueuse et désespérée dans l'arrière-pays grassois, au milieu des années 20. Cette fiction autobiographique témoigne d'une époque littéraire façonnée par l'expérience de l'exil et tourmentée par le sentiment de sa finitude. Paru en français pour la première fois en 1937, le roman est réédité ici dans une nouvelle traduction, proposée par Anne Reynès-Delobel, qui permet d'apprécier toute l'intensité et l'élégance de la prose poétique de Boyle, romancière moderniste unique, amoureuse des mots et de la vie. Femme aux multiples visages, architecte, écrivain, mère de six enfants, mariée à trois reprises, Kay Boyle (1902-1992) est un personnage hors du commun. Son oeuvre considérable connut un très grand succès aux États-Unis. Le Cheval aveugle (The Crazy Hunter, 1940) a fait l'objet d'une traduction en 2008.

  • Fraternité d'armes ou mésentente cordiale ? L'alliance francoitalienne dans la Première Guerre mondiale offre encore des aspects peu connus du grand public, tout particulièrement en ce qui concerne la coordination de l'effort de guerre et l'efficacité opérationnelle des appareils militaires des deux puissances latines de l'Entente. Ces questions sont abordées ici par un collectif de spécialistes italiens et français dans une perspective large et dynamique, des antécédents du conflit à ses conséquences (culturelles, sociales, géopolitiques) dans les deux pays. Grâce à des documents et à des témoignages souvent inédits (correspondances, journaux intimes), ce livre offre un nouvel éclairage sur la contribution des acteurs politiques et militaires, mais aussi des ingénieurs et des savants, à la construction d'une alliance certes imparfaite mais somme toute féconde.

  • Aux sources d'une pensée démocratique et socialiste ou social-démocrate en Allemagne, longtemps occultée par le(s) marxisme(s) et par la pensée antilibérale et antidémocratique, voire crypto-nazie, ce texte intéressera ceux qui, au sujet du « couple franco-allemand » en Europe, souhaitent réfléchir au-delà des clichés sommairement pessimistes ou naïvement optimistes. Alors que l'échec des révolutions de 1848 est général, Arnold Ruge, hégélien de gauche et député au Parlement de Francfort, exprime l'espoir d'une « seconde révolution » plus radicale que la première, celle de mars 1848, et qui fonderait une république sociale et démocratique. La formule est du socialiste français Louis Blanc, avec qui Ruge, avant sa rupture avec Marx, fut en contact à Paris en 1843-1844. Opposé au despotisme ancien, au libéralisme bourgeois et au communisme et anticipant, en citant Proudhon, sur les projets autogestionnaires du xxe siècle, Ruge propose la suppression du salariat et un coopératisme généralisé avec maintien d'un État régulateur.

  • Le xxie siècle est celui de l'information, de la communication et de l'échange. Mais sait-on réellement ce qu'est un échange langagier ? Cet essai propose d'étudier en détail les différentes dimensions du dialogue, qu'il soit discussion savante ou conversation prosaïque. Dans sa dimension pragmatique, la pratique dialogique se présente comme une activité conjointe, imprévisible et créatrice qui suppose notamment un décodage des informations fournies par le contexte au moyen de divers modes d'inférence (déductif, inductif, abductif, analogique). Toutefois, ce premier niveau s'avère tributaire d'un second, praxéologique, où se jouent les relations intersubjectives des partenaires ainsi que les enjeux et finalités transactionnelles qu'ils s'assignent conjointement dans le monde qu'ils construisent ensemble. Ce renversement praxéologique est illustré par l'analyse de la fable Le Corbeau et le Renard. Les conséquences idéologiques en sont établies sur le cas de la prétendue « éthique de la discussion » de Jürgen Habermas et sur celui de la « révolution nanotechnologique ».

  • Les réflexions sur l'espace public, ses usages, ses conceptions au regard de l'approche de genre connaissent depuis 20 ans un élan considérable dans le monde académique. Elles sont également au coeur du débat politique et médiatique. La question de la place de chacun et de chacune, dans l'expression multiple de leurs genres, demeure soumise à des normes de comportements et parfois à un manque de reconnaissance. Les textes analysent, avec leurs approches pluridisciplinaires, la place des femmes en France, en Égypte, en Afrique subsaharienne, au Maroc et au Luxembourg. Parfois acquise, souvent en cours d'acquisition, la liberté des femmes d'être présentes dans l'espace et le débat public, se heurte à des résistances culturelles. Le présent ouvrage montre ainsi que les parcours de reconnaissance et d'expression des femmes demeurent au XXIe siècle, malgré de grandes avancées, un droit non encore pleinement acquis.

  • Cet ouvrage apporte un nouveau regard sur la notion de mobilité des femmes et des hommes d'aujourd'hui. Issu d'observations et de récents travaux de recherche, il montre que la capacité des femmes à être mobiles, à avoir accès aux mêmes ressources que les hommes pour se déplacer, n'est nullement acquise. Les auteures abordent des problématiques diverses mais toutes convergent vers le constat suivant : les usages, les pratiques et les comportements restent encore tributaires du genre. Que l'on soit cadre supérieure en Île-de-France ou employée à domicile dans une autre région française, l'accès aux services urbains et à l'emploi, l'organisation du temps, le sentiment de sécurité marquent de profondes inégalités. À l'heure où les métropoles pensent les nouvelles mobilités de demain, l'ambition de cet ouvrage est d'apporter des éléments de réflexion pour développer des formes de participation et de pédagogie éducatives à la mobilité. Il montre avant tout que la mobilité est un droit à la ville pour les femmes.

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