Table Ronde

  • En 1972, date de la première édition de cet ouvrage, le mot révolution était l'un des plus récurrents de la langue française. Quarante ans plus tard, le vocable est quelque peu passé de mode, mais il demeure un puissant ferment de mobilisation idéologique, y compris et peut-être surtout dans l'impensé d'une époque qui croit en avoir fini avec les idéologies. De la révolution aux révoltes : paradoxal, le titre de l'ouvrage en annonce la teneur à la fois critique et programmatique. Contrairement aux poncifs de la période du « tout politique » de ces années 50 à 70 où l'on croyait fermement que la prise de pouvoir par l'État allait changer le monde et la vie, Jacques Ellul montre qu'aujourd'hui la révolution est un leurre et que seules des révoltes locales peuvent avoir un réel impact sur les conditions concrètes d'existence.

  • Voici venus des temps redoutables : ceux de la 'pensée molle' et de la parole humiliée. Une indifférence empoisonnée s'élève lentement, comme un mauvais brouillard, des tumultes du moment et des querelles spectaculaires. Les discours modernes ont basculé dans l'enflure et le dérisoire. Rien ne serait plus vrai ni faux, tout deviendrait 'égal' dans un monde du bavardage et du soupçon. Philosophie, politique, littérature, journaux : une logorrhée de phrases vides et d'insignifiances submerge l'époque qui voit triompher l'image sur la parole, la 'réalité' sur la vérité. Temps de déréliction et de désespoir, temps d'irresponsabilité et du 'parler pour ne rien dire'... Cette apothéose de l'idolâtrie technicienne au coeur d'un réel falsifié, ces images proliférantes et ces dieux menteurs organisent peu à peu l'intolérable.
    Pourquoi fut ainsi 'capturée' la parole? Pourquoi - de tout temps - le signe et l'image aujourd'hui triomphants s'opposèrent-ils au verbe qu'il s'agit de reconquérir? Comment réconcilier la parole et la vie, l'homme moderne et son avenir? Jacques Ellul nous donne ici un de ses textes les plus achevés et les plus puissants. En lui se rejoignent les deux grands axes, politique et religieux, d'une oeuvre imposante, patiemment bâtie à l'écart des modes et des chapelles mais avec laquelle il faut compter. On verra que La Parole humiliée n'est pas seulement un réquisitoire féroce contre les mensonges du siècle ; c'est d'abord un grand livre d'espérance.

  • Juriste, historien, théologien et sociologue, Jacques Ellul est le premier à avoir compris que le phénomène technicien est la clé de notre modernité. Penser globalement, agir localement : toute sa vie, Ellul aura été fidèle à cette maxime. Indifférent aux modes, cet esprit libre n'a pas hésité à penser à contre-courant pour conserver son intégrité.

    Ce livre raconte l'itinéraire singulier du penseur à travers une série d'entretiens réalisés entre 1981 et 1994. Il offre un panorama complet des thèses d'Ellul à des lecteurs curieux mais ne sachant comment entrer dans son oeuvre colossale.

  • Après ses Leçons sur Descartes, Ferdinand Alquié résuma son approche dans l'ouvrage que voici, paru initialement en 1956.

    Présenter "l'homme et l'oeuvre", c'est ne pas séparer la pensée d'un auteur de ses expériences vécues. Cet ouvrage retrace l'oeuvre de Descartes dans son déroulement chronologique, des premières approches scientifiques à l'élaboration d'une métaphysique et aux considérations morales des dernières années de sa vie.

  • «Pourquoi lire Jacques Ellul? Je répondrais que je ne connais aucune analyse qui explique aussi bien les réussites, les échecs et les défis que nous avons vécus dans nos sociétés pendant la deuxième moitié du vingtième siècle [...]. En plus, cette analyse continue à prévoir l'évolution de notre civilisation au début du vingt et unième siècle. [...] Je suis convaincu que l'analyse de Jacques Ellul n'est pas uniquement un diagnostic des problèmes fondamentaux de notre civilisation, mais qu'elle nous oriente aussi vers des remèdes. [...]. Voilà les fruits [de ma] rencontre avec Jacques Ellul. J'aimerais bien que vous le rencontriez aussi.» Willem H. Vanderburg a rédigé la postface de ce livre. Directeur du Centre for Technology and Social Development à l'Université de Toronto, il est l'auteur d'ouvrages originaux qui prolongent l'oeuvre de Jacques Ellul dans la voie d'une anthropologie culturelle de la technique (dernière publication : Living in the Labyrinth of Technology, University of Toronto Press, 2005). Il a réalisé les entretiens avec Jacques Ellul qui constituent le présent ouvrage et étaient restés inconnus en France. C'est une occasion unique d'avoir enfin un condensé de la pensée d'Ellul et de son parcours et, surtout de comprendre le lien fort entre les deux volets de son oeuvre, sociologique et théologique. Ce clivage qui apparaît mystérieux à beaucoup est ici élucidé.

  • Ferdinand Alquié met sa rigueur d'historien de la philosophie à l'épreuve d'une lecture de ses contemporains, livrant ainsi un tableau de la modernité d'une saisissante acuité d'analyse. Il discute notamment du surréalisme, dont il a une profonde compréhension intérieure née de secrètes affinités, mais aussi du travail et de la technique : en s'appuyant sur les meilleures études (G. Friedmann), il remonte aux enjeux anthropologiques et métaphysiques de ces questions. Il traite longuement de Sartre et de Merleau-Ponty, en des pages pleines de générosité herméneutique, prenant acte de l'ambition philosophique de leurs oeuvres. D'autres études sur G. Bachelard ou J. Wahl viennent compléter ce tableau d'une Raison qui, remontant chaque fois à la métaphysique qui la fonde, atteint l'intemporel alors même qu'elle s'exerce ici à analyser notre temps.

  • Ferdinand Alquié n'est pas seulement un spécialiste de Descartes mais de ses héritiers. Parmi eux, Malebranche. Initialement publié en 1977, cet exposé clair et concis des principaux thèmes de sa philosophie (la métaphysique idéaliste, le problème de la communication de l'âme et du corps par la vision en Dieu, les rapports de la nature et de la grâce) se poursuit par un choix de textes de Malebranche sur ces mêmes sujets centraux, éclairés par le commentaire préalable de l'auteur. Enfin, une bibliographie mise à jour permet de faire le point sur les études consacrées à Malebranche.

  • Refusant le déterminisme d'un système qui échappe désormais à ses créateurs, Jacques Ellul a posé les bases d'une réappropriation personnelle de nos choix libres et humains. Dans un monde déstructuré et anxiogène (crise, conflits, maladies...), peut-on encore évoquer des facteurs de mobilisation contre l'inertie et la dépendance aux mythes contemporains? C'est autour de cette question fondamentale que Dominique Ellul a réuni, à l'occasion du centième anniversaire de la naissance de Jacques Ellul, des héritiers du penseur bordelais venus d'horizons différents, du professeur à l'exégète en passant par le journaliste, le juriste, le théologien ou encore l'élu local. Hériter d'Ellul confronte et rassemble leurs contributions. Cet ouvrage met en perspective une oeuvre diffusée dans le monde entier, et que La Table Ronde s'attache à rééditer : sa parution coïncide avec celle de Pour qui, pour quoi travaillons-nous?, douzième titre de Jacques Ellul à paraître dans cette collection.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Après le silence auquel le contraignait le Parti communiste pendant les dernières années où il y adhéra, après son éviction brutale et sans appel de ce parti, il n'est plus de semaine où l'actualité politique nationale ou internationale ne ramène le nom de Pierre Hervé. La Révolution et les Fétiches, Lettre à Sartre et maintenant Dieu et César sont-ils communistes ? sont écrits dans la marge même de ces événements, de ces coups de théâtre, de ces retournements décisifs qui depuis un an ébranlent l'Europe de l'Est et ont leur prolongement jusqu'en Occident. Le nouveau livre d'Hervé ne se contente pas d'accusations, de mises en garde ou de mises en demeure. Il cherche aussi à ouvrir des perspectives pour tous ceux qui viennent de suivre, qui sont tentés de suivre ou qui suivront demain le même itinéraire politique pour la libération de la conscience et de la raison humaine asservies par les dogmes et les « fétichismes ».

  • «La philosophie n'est pas la science, elle n'est pas un système, ou un ensemble de systèmes, elle est une démarche, et une démarche n'a de sens que parce qu'une personne effectue cette démarche. Ce qui ne signifie pas que cette démarche soit une démarche individuelle, qu'elle n'ait de sens et de valeur que pour un individu situé dans l'espace et dans le temps. La démarche philosophique n'est pas une démarche que l'on puisse comprendre par des raisons psychologiques, ce n'est pas une démarche que l'on puisse comprendre par l'histoire, ou à partir d'un certain état social. La démarche philosophique, c'est celle de l'esprit lui-même, et c'est pourquoi elle est toujours à refaire : car l'esprit a toujours à se sauver... On ne peut comprendre un philosophe sans devenir soi-même un philosophe, sans se faire, à travers l'histoire et malgré l'histoire, le semblable des philosophes, sans retrouver cette éternité qui est celle de la Philosophie.» Ferdinand Alquié.

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