Sciences humaines & sociales

  • Pendant quelque trente années, Jacques Ellul a proposé aux étudiants de l'Institut politique de Bordeaux un cours sur la Pensée marxiste rendu disponible au public en 2003 aux Éditions de La Table Ronde. Ce cours était dispensé en alternance avec un autre, les Successeurs de Marx, qui fait l'objet du présent ouvrage. Ellul y montre que les fractures dans l'héritage de Marx ont révélé des contradictions ou des évolutions déjà présentes dans l'oeuvre de ce dernier, accentuées par le caractère de plus en plus douteux de certaines de ses prédictions. Avec un talent didactique confirmé, Ellul nous présente ici les différentes écoles, leur porte-parole et les fondements théoriques de leurs désaccords.
    Mais la publication de ce cours est aussi l'occasion d'approfondir un peu plus les liens complexes qu'entretenait Ellul avec le marxisme. À propos du marxisme tchèque des années soixante qui allait déboucher sur le Printemps de Prague de 1968, il déclarait ainsi à ses étudiants : "J'ai repris un certain espoir à l'égard du socialisme en général lorsque j'ai rencontré la pensée des Tchécoslovaques [...] : une réponse marxiste aux problèmes d'une société technicienne."
    Cette sympathie envers ces thèses, largement développées ici, montre à quel point le marxisme a influencé les recherches d'Ellul et aide à leur compréhension.

  • "Des heures durant, tel l'explorateur de salon penché sur sa mappemonde, j'ai consulté les cartes d'état-major, m'efforçant de décrypter l'improbable tissage de courbes, de maillages, de treillis hachurés. Parcourant de l'index les anciens lits du Rhône, rive gauche, rive droite, je me suis égarée dans les canyons du Verdon, faufilée dans les méandres d'Asse et de Bléone, estimant la taille des sommets, les cols d'altitude...
    L'inévitable s'imposa : il fallait confronter mes lectures et mes observations géographiques de bric et de broc aux modèles réels, au dessin des paysages. Ressentir la trace sous les pas, éprouver la terre à mes pieds, la caresser des yeux, pour de vrai. Donner forme, réalité, épaisseur et continuité à la Grande transhumance, cette épopée "fille des montagnes"."
    Anne Vallaeys.

  • Jacques Ellul, auteur d'un ouvrage de pure sociologie sur un thème on ne peut plus central de la discipline ? L'édition de ce texte sur les classes sociales étonnera vraisemblablement la plupart des familiers de son oeuvre.
    Ce cours dispensé aux élèves de l'Institut d'études politiques de Bordeaux dans les années soixante s'inscrit pour une bonne part dans la continuité de la réflexion critique qu'Ellul a entretenue toute sa vie avec l'oeuvre de Marx. Que sont donc ces classes sociales dans lesquelles Marx voyait le moteur de l'Histoire :
    quelle définition, quel nombre, quelle évolution, quelle actualité ?
    Telles sont les questions auxquelles répond Ellul, qui s'est appuyé sur les meilleurs auteurs de la spécialité des deux côtés de l'Atlantique.

    La présente publication se complète de plusieurs extraits tirés de quatre autres ouvrages de Jacques Ellul : Histoires des institutions, Métamorphose du bourgeois, Les Nouveaux Possédés et Le Bluff technologique.

  • Le prolétariat, affirme Jacques Ellul, n'a pas été un produit du seul capitalisme, mais bien de la société industrielle elle-même. Ainsi, la révolution soviétique, la "voie chinoise", tout comme l'évolution du tiers monde, aboutissent à la création d'un immense prolétariat mondial. Toutes les révolutions ont échoué, en cédant à la fatalité industrielle et technicienne du capitalisme qu'elles entendaient combattre. Et pourtant, au début des années 80, la première vraie révolution semble devenir possible.

    Pour quelles raisons ? À quelles conditions? Sommes-nous encore capables d'une véritable espérance révolutionnaire?

  • Juriste, historien, théologien et sociologue, Jacques Ellul est le premier à avoir compris que le phénomène technicien est la clé de notre modernité. Penser globalement, agir localement : toute sa vie, Ellul aura été fidèle à cette maxime. Indifférent aux modes, cet esprit libre n'a pas hésité à penser à contre-courant pour conserver son intégrité.

    Ce livre raconte l'itinéraire singulier du penseur à travers une série d'entretiens réalisés entre 1981 et 1994. Il offre un panorama complet des thèses d'Ellul à des lecteurs curieux mais ne sachant comment entrer dans son oeuvre colossale.

  • En 1972, date de la première édition de cet ouvrage, le mot révolution était l´un des plus récurrents de la langue française. Quarante ans plus tard, le vocable est quelque peu passé de mode, mais il demeure un puissant ferment de mobilisation idéologique, y compris et peut-être surtout dans l´impensé d´une époque qui croit en avoir fini avec les idéologies.
    De la révolution aux révoltes : paradoxal, le titre de l´ouvrage en annonce la teneur à la fois critique et programmatique. Contrairement aux poncifs de la période du « tout politique » de ces années 50 à 70 où l´on croyait fermement que la prise de pouvoir par l´État allait changer le monde et la vie, Jacques Ellul montre qu´aujourd´hui la révolution est un leurre et que seules des révoltes locales peuvent avoir un réel impact sur les conditions concrètes d´existence.

  • Après ses Leçons sur Descartes, Ferdinand Alquié résuma son approche dans l'ouvrage que voici, paru initialement en 1956. Présenter "l'homme et l'oeuvre", c'est ne pas séparer la pensée d'un auteur de ses expériences vécues. Cet ouvrage retrace l'oeuvre de Descartes dans son déroulement chronologique, des premières approches scientifiques à l'élaboration d'une métaphysique et aux considérations morales des dernières années de sa vie.

  • «Pourquoi lire Jacques Ellul? Je répondrais que je ne connais aucune analyse qui explique aussi bien les réussites, les échecs et les défis que nous avons vécus dans nos sociétés pendant la deuxième moitié du vingtième siècle [...]. En plus, cette analyse continue à prévoir l'évolution de notre civilisation au début du vingt et unième siècle. [...] Je suis convaincu que l'analyse de Jacques Ellul n'est pas uniquement un diagnostic des problèmes fondamentaux de notre civilisation, mais qu'elle nous oriente aussi vers des remèdes. [...]. Voilà les fruits [de ma] rencontre avec Jacques Ellul. J'aimerais bien que vous le rencontriez aussi.» Willem H. Vanderburg a rédigé la postface de ce livre. Directeur du Centre for Technology and Social Development à l'Université de Toronto, il est l'auteur d'ouvrages originaux qui prolongent l'oeuvre de Jacques Ellul dans la voie d'une anthropologie culturelle de la technique (dernière publication : Living in the Labyrinth of Technology, University of Toronto Press, 2005). Il a réalisé les entretiens avec Jacques Ellul qui constituent le présent ouvrage et étaient restés inconnus en France. C'est une occasion unique d'avoir enfin un condensé de la pensée d'Ellul et de son parcours et, surtout de comprendre le lien fort entre les deux volets de son oeuvre, sociologique et théologique. Ce clivage qui apparaît mystérieux à beaucoup est ici élucidé.

  • Voici venus des temps redoutables : ceux de la 'pensée molle' et de la parole humiliée. Une indifférence empoisonnée s'élève lentement, comme un mauvais brouillard, des tumultes du moment et des querelles spectaculaires. Les discours modernes ont basculé

  • Michel Bulteau a découvert les "longues moustaches" dans un article de Paul Morand : elles désignaient Henri de Régnier, Jean-Louis Vaudoyer, Edmond Jaloux, Émile Henriot. Ces "princes de Ligne désabusés" avaient une passion pour l'Italie et pour les bibelots. Ils connaissaient leur Venise par coeur, se retrouvaient au Florian, sous le portrait du Chinois, pour fumer des cigares, rêver de Stendhal et rendre un culte au passé vivant. Écrivains provisoirement oubliés, excentriques, à Paris, à Venise ou sur la Riviera, ces dandys n'avaient aucune illusion sur rien mais persistaient à croire en la beauté.
    Le Club des longues moustaches est à la fois un hymne à la mélancolie, le dialogue d'un jeune homme avec ses grands morts et une page inédite de l'histoire littéraire française.

  • Ferdinand Alquié met sa rigueur d'historien de la philosophie à l'épreuve d'une lecture de ses contemporains, livrant ainsi un tableau de la modernité d'une saisissante acuité d'analyse. Il discute notamment du surréalisme, dont il a une profonde compréhension intérieure née de secrètes affinités, mais aussi du travail et de la technique : en s'appuyant sur les meilleures études (G. Friedmann), il remonte aux enjeux anthropologiques et métaphysiques de ces questions. Il traite longuement de Sartre et de Merleau-Ponty, en des pages pleines de générosité herméneutique, prenant acte de l'ambition philosophique de leurs oeuvres. D'autres études sur G. Bachelard ou J. Wahl viennent compléter ce tableau d'une Raison qui, remontant chaque fois à la métaphysique qui la fonde, atteint l'intemporel alors même qu'elle s'exerce ici à analyser notre temps.

  • Ferdinand Alquié n'est pas seulement un spécialiste de Descartes mais de ses héritiers. Parmi eux, Malebranche. Initialement publié en 1977, cet exposé clair et concis des principaux thèmes de sa philosophie (la métaphysique idéaliste, le problème de la communication de l'âme et du corps par la vision en Dieu, les rapports de la nature et de la grâce) se poursuit par un choix de textes de Malebranche sur ces mêmes sujets centraux, éclairés par le commentaire préalable de l'auteur. Enfin, une bibliographie mise à jour permet de faire le point sur les études consacrées à Malebranche.

  • Le 7 juin 1998, on découvre, devant le plus vieux cimetière noir de la ville de Jasper, Texas, les restes d'un homme ; les genoux et les organes génitaux ont été rabotés, la tête et le bras droit arrachés. Les traces de sang permettent de retrouver un dentier, des clés et, un kilomètre plus loin, le bras et la tête dans un fossé. C'est un lynchage, celui de James Byrd, le dernier exemple de lynchage traditionnel. Il est l'oeuvre de trois hommes, qui veulent venger un Blanc assassiné en donnant une leçon à tous les Noirs. Depuis la guerre de Sécession, Jasper est, selon la communauté noire du lieu, «un endroit où les choses arrivent longtemps après leur temps». Aux États-Unis, le racisme ne se cantonne pas aux ghettos urbains. Dans le Sud profond, il ressurgit parfois, avec une violence qu'on voulait croire oubliée. Précis dans ses références, pointu dans ses analyses, effrayant dans ses descriptions, cet essai s'appuie sur les publications récentes d'historiens américains : jusque dans les années 1990, le lynchage était un sujet tabou. En France, c'est le premier livre qui lui est consacré.

  • Des écrivains, des poètes, des peintres, des sculpteurs, des musiciens, des metteurs en scène, des acteurs, des chanteurs pour figures familières. La Coupole, le Dôme, la Closerie pour décors. La bohème pour atmosphère. Et la nuit pour royaume. Tout au long du vingtième siècle, ce que le monde a compté d'intelligence et de beauté s'est donné rendez-vous sur le plus parisien des boulevards. Aujourd'hui, cet univers englouti perdure à travers les oeuvres qu'il a suscitées. Mais il fallait l'érudition et le style de Jean-Paul Caracalla, son amour pour Montparnasse surtout, afin d'en ressusciter, vivante et vibrante, la légende dorée.

  • La journée de conférences organisée par Dominique Ellul, à l'occasion du centième anniversaire de la naissance de Jacques Ellul, s'est tenue à Bègles le 12 mai 2012. Elle a réuni plusieurs disciples du philosophe venus de bords différents : Simon Charbonneau (juriste spécialisé dans l'environnement), Frédéric Rognon (professeur de philosophie des religions), Philippe Gruca (philosophe), Jean-Luc Porquet (journaliste, auteur de l'ouvrage Jacques Ellul, l'homme qui avait tout prévu), Olivier Fouchier (exégète, spécialiste de la Kabbale), Bernard Bouyssou (ingénieur agronome), Sébastien Morillon (agrégé d'histoire), Serge Steyner (réalisateur), Michel Rodes (responsable de la revue Foi et Vie), Noël Mammère (maire de Bègles, ancien étudiant de Jacques Ellul), Yves Ellul (pasteur et théologien).

  • "Voilà une biographie à la fois inattendue, brillante et bienvenue. [...] Ernest Pinard, qui en est l'objet, fut un procureur soumis en tous points à l'ordre social de son temps, un ministre de l'Intérieur somme toute médiocre, et sa postérité, à vrai dire, n'avait jamais encore interpellé quiconque. [...] On eût été tenté de rejeter d'emblée le souvenir d'un homme qui eut pour titre de gloire - ou, à tout le moins, pour chemin vers la notoriété - de faire condamner Flaubert, Baudelaire et Eugène Sue, qui s'opposa à l'érection des statues de Baudin et de Voltaire, et eut maille à partir avec Zola. Excusez du peu !
    [...] Au travers du destin d'un homme, on traverse une époque, les yeux et les oreilles aux aguets. On voit s'achever la monarchiede Juillet, avec ses fausses certitudes, s'édifier la Deuxième République, celle de toutes les ambiguïtés, vivre le Second Empire, avec ses contradictions si souvent fécondes, s'improviser la Troisième République avec l'entrelacis de ses arrière-pensées.
    Nul ne pourra plus écrire sur le Second Empire sans tenir compte de la contribution d'Alexandre Najjar. C'est le témoignage à lui rendre. » Extrait de la préface.

  • Comment une beauté frêle, timide, au maintien modeste et à l'éducation sommaire, montée sur le trône en 1952 sans aucune préparation, a pu atteindre un tel prestige? Comment cette petite femme, aristocrate de naissance, petite-bourgeoise dans ses goûts, a réussi en un demi-siècle de règne tumultueux à asseoir l'une des institutions les plus anachroniques au monde : le monarchie britannique? Quand elle ne sera plus là, la monarchie continuera, mais sous une autre forme, moins éclatante. La parution de la première biographie en français de la reine coïncide avec le triomphe du film The Queen, la célébration du dixième anniversaire de la mort de Diana, et les noces de diamant d'Elizabeth et Philip. Ce livre s'articule autour de plusieurs rencontres de l'auteur avec la reine et des officiels du Palais de Buckingham. Il se lit comme un roman d'amour, un conte de fées, un thriller de la haute société la plus secrète et la plus puissante du monde.

  • La Grande-Bretagne est-elle un eldorado? Oui, selon nos élites, et la France gagnerait à s'en inspirer. Pourtant, l'Angleterre n'a pas attendu la crise financière de l'automne 2008 pour prendre l'eau. À force de vivre à crédit, sa population est la plus endettée des nations développées. Son multiculturalisme exemplaire fait place à une défiance grandissante à l'égard des immigrés. Les services publics ne sont toujours pas efficaces, et les caméras de surveillance sont présentes à chaque coin de rue. L'alcoolisme et la violence des jeunes ne cessent de gagner du terrain. Les idéologies sont en faillite et la reine apparaît comme le dernier garde-fou d'une classe politique décriée. Riche de nombreux témoignages, cette enquête approfondie montre que, au-delà des formidables avancées économiques, sociales et culturelles des années Blair, s'est construit un mythe qui, aujourd'hui commence à se lézarder.

  • Comment rendre compte d'une époque où règne le flou, où fluctuent les valeurs, où s'effacent les repères, et où l'esprit du temps échappe aux meilleurs observateurs? Comment comprendre et décrire des sociétés en perpétuel mouvement? Comment aborder l'insaisissable et volatil présent?
    Investigateur de notre monde immédiat, archéologue de l'inconscient collectif contemporain, Michel Maffesoli propose ici une vision rénovée du continent humain. Sur fond de morcellement, l'individu toujours plus autonome se libère des rôles prédéfinis. Imaginaire, plaisir, désir, fête, rêve deviennent les mots d'une révolte silencieuse. Littéralement, l'errance au hasard des pulsions, des goûts et de ses fantaisies devient une culture. La nôtre.
    Un traité classique et passionné.

  • 600 milliards de francs empêchent aujourd'hui le socialisme à la française de tourner en rond. Ils forment le coût d'État permanent qui, par un curieux retour des choses, empêche le président de la République (auteur en son temps du Coup d'État permanent) de dispenser aux Français autre chose que la politique de rigueur et de matraquage fiscal. Décrire l'engrenage du coût d'État permanent, c'est conduire le lecteur dans la jungle inconnue de la machine bureaucratique, là où prennent leur source les déficits en tous genres dans lesquels la France s'enfonce depuis mai 1981. Tout contribuable a le droit de savoir pourquoi il paie un si cher tribut à un système qui organise implacablement le coût d'État permanent. Si les Français n'étaient pas tenus dans l'ignorance, il y a fort à parier que le cours de notre histoire récente aurait été changé...

  • Fajardie est un homme de gauche fidèle à son idéal. Il avait vingt ans en mai 68, il partage la désespérance de ceux qui ont vingt ans aujourd'hui et les invite à renouer avec l'espoir qui a ensoleillé sa jeunesse. Espoir d'une vie libre, heureuse et fraternelle. Sa Chronique d'une liquidation politique est l'autopsie lucide et violente d'une dérive, la révolte romantique d'un pur, un miroir qui indisposera autant les notables que les résignés car elle n'épargne absolument personne. C'est le blues émouvant d'un coeur blessé.

  • "La Terre nous en apprend plus long sur nous que tous les livres" a dit Saint-Exupéry. Mais il a fallu ouvrir, page à page, le livre de la Terre. Cela a demandé quarante siècles. Et il reste encore des feuillets inconnus. La curiosité ni l'audace ne suffisaient pas pour parcourir le monde et en percer les mystères : il fallut, bien souvent, de l'heroïsme. Matelots de Magellan mourant de faim et de soif dans les solitudes de l'Océan Pacifique. Hudson ligoté par ses compagnons révoltés et abandonné sur un canot à la dérive dans les glaces. La Pérouse faisant naufrage sur les rochers de Vanikoro, hantés d'anthropophages. Livingstone mourant à genoux dans une dernière prière au bord de la Molilamo en crue. Scott parvenant épuisé au Pôle Sud pour y trouver, flottant au vent, le drapeau norvégien qu'Amundsen y avait planté un mois plus tôt... L'histoire de la découverte de la Terre est une longue suite de drames. Mais ce n'est pas seulement avec leurs pieds, leurs mains et leur sang que les héros de l'aventure ont laissé la trace de leurs épreuves. Eux, ou leurs camarades, ont conté les extraordinaires péripéties de leurs déboires et de leurs chances, de leurs échecs et de leurs victoires, avec la simplicité directe des hommes d'action. Ils ont ainsi laissé le plus passionnant, le plus varié, le plus étourdissant des romans d'aventures - mais un roman vécu d'aventures véridiques. L'historien doit renoncer à écrire après coup une histoire qui serait détachée en voulant rester objective. Le commentateur doit s'effacer. Ceux qui sont tombés tragiquement dans leur entreprise, morts d'épuisement ou de faim, écrasés dans la débâcle des glaces polaires, dévorés par les fièvres tropicales, assassinés par les sauvages ou par des compagnons infidèles, et ceux qui sont revenus vainqueurs après leur conquête, pour achever en bourgeois paisibles une vie singulièrement passionnante et passionnée, ont raconté ce qu'ils ont fait. C'est à eux que ce livre laisse la parole.

  • Après le silence auquel le contraignait le Parti communiste pendant les dernières années où il y adhéra, après son éviction brutale et sans appel de ce parti, il n'est plus de semaine où l'actualité politique nationale ou internationale ne ramène le nom de Pierre Hervé. La Révolution et les Fétiches, Lettre à Sartre et maintenant Dieu et César sont-ils communistes ? sont écrits dans la marge même de ces événements, de ces coups de théâtre, de ces retournements décisifs qui depuis un an ébranlent l'Europe de l'Est et ont leur prolongement jusqu'en Occident. Le nouveau livre d'Hervé ne se contente pas d'accusations, de mises en garde ou de mises en demeure. Il cherche aussi à ouvrir des perspectives pour tous ceux qui viennent de suivre, qui sont tentés de suivre ou qui suivront demain le même itinéraire politique pour la libération de la conscience et de la raison humaine asservies par les dogmes et les « fétichismes ».

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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