Sciences humaines & sociales

  • Pendant que la France vaincue était livrée à l'occupation, pendant que sa population souffrait de la faim, pendant que ses soldats demeuraient prisonniers des stalags et que ses ouvriers étaient déportés en Allemagne, environ 20 000 Français trouvaient pour la durée de guerre un refuge aux États-Unis. Comment vécurent ces émigrés ? Que firent-ils pour aider leurs frères captifs de l'hexagone ? Quel fut exactement leur rôle dans la préparation politique de l'après-guerre ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles cet ouvrage s'efforce de répondre. Directeur de l'Agence Havas aux États-Unis, l'auteur connut tous les dessous des rapports franco-américains pendant cette période. Il espère que son témoignage éclairera les aspects les plus secrets d'une émigration dont la France, isolée du monde pendant cinq ans, n'a presque rien su.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • L'univers concentrationnaire est découvert par un jeune garçon que la guerre a surpris dans ses rêves. Dans son petit village de montagne, il aimait à se cacher dans une grotte où il n'aurait pas été étonné de voir surgir ses héros préférés, Zorro et Buffalo Bill. Ils semblent lui apparaître un jour sous les traits concrets de deux maquisards qu'il cache et c'est comme cela qu'il sera emprisonné et envoyé vers l'Est. Les épreuves auxquelles l'enfant échappe, grâce au "miracle" des bombardements alliés et de la Libération, ont fait de lui un homme. Entre deux scènes d'horreur, il a pressenti l'amour humain à la vue d'une belle dame SS. Après la guerre, il s'éprend d'une compagne de rencontre, mais il découvre qu'elle est allemande. Il n'a pas à lui signifier la rupture. C'est elle-même qui, dans une lettre qui termine le livre, renonce à lui, sa nationalité la rendant solidaire des crimes commis. L'Enfance, la Mort, l'Amour, on trouvera tout cela dans ce livre poignant, au style sobre et précis, d'une psychologie émouvante et sûre.

  • Hier - Pour la première fois, nous voyons apparaître au grand jour la trame secrète qui, à travers les sociétés secrètes, âme des grands « Ordres » chevaleresques et monastiques, fait la véritable Histoire de toujours. Pour la première fois, les enseignements de l'École ésotérique des antiques « Mystères » d'Égypte, de l'Inde, de Chaldée, d'Eleusis ou de Bibracte sont rendus publics ou du moins placés dans une lumière qui les rapproche du coeur des Hommes de bonne volonté. Aujourd'hui - Mais le présent s'anime aussi dans ce livre. Il est peut-être même parlé de vous dans ce livre, si vous êtes l'un des militants, ou même un simple « supporter », de ces « Forces vives » qui font la vie, essayant d'apporter un peu de justice, d'ordre et de fraternité entre tant d'intérêts, d'idéologies et de partis, prêcheurs de méfiance et de haine plus souvent que de compréhension et de coopération entre les hommes, Cet ouvrage est en effet, en partie, le fruit de la prise de conscience d'un certain nombre d'associations et d'individualités, toutes citées dans les chapitres consacrés à l'actualité, inquiètes de leur dispersion et préoccupées de porter remède à cette submersion des valeurs et à ce mépris de l'Homme et de la Qualité, qui caractérise notre siècle et ses sociétés d'insectes. Demain - Féconde aussi pour l'avenir, l'oeuvre de A. Gautier-Walter modifie totalement le champ visuel des sciences particulières, à la lumière toute nouvelle d'une science totale, science de l'unité, où la Politique, la Physique, l'Astronomie, l'Économie et la « Psychologie des profondeurs » s'intègrent en la synthèse d'une Équation d'Unité par la méthode de l'Homologie. Cela aboutit à une sorte d'Humanisme révolutionnaire dont l'audace va très au-delà des solutions proposées par les doctrines politiques qui se disputent aujourd'hui l'empire du monde, par la pensée et par l'action.

  • Jusqu'à présent, sur la Hongrie, nous connaissions des « reportages ». Mais à ce procès qui s'ouvre devant l'histoire (et non devant l'O.N.U.) ceux qui ont pris, à une place souvent humble, une part directe au soulèvement populaire d'octobre, viennent enfin déposer. Qui étaient-ils ? Qui sont-ils ? Ceux qu'une propagande un peu trop grossière n'a pas réussi tout de même à faire passer pour des nantis ou des ploutocrates américains. Ce livre nous le dit pour la première fois. Les unes après les autres ces voix calmes et graves déposent. « J'étais là ; j'ai vu ceci ; j'ai fait cela. » Nicolas Baudy a composé ce dossier (comprenant neuf témoignages directs et l'analyse de 350 réponses à une enquête auprès des révolutionnaires exilés) avec patience et entêtement, sans que jamais son attachement passionné à la cause de la liberté l'ait entraîné à oublier le respect qu'il porte à la pure et simple objectivité. JEUNESSE D'OCTOBRE, c'est, si l'on veut, le Livre Blanc de la Révolution Hongroise. On aura du mal à faire taire ces voix.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • « Le silence inutile, c'est un livre que j'ai écrit, parce que je ne savais plus écrire. Depuis plus de trente ans, j'avais pris le pli d'écrire sur des petits riens de la vie - puis un jour, le 27 février 1989, c'était le grand rien de la mort. Ma femme avait trente-quatre ans quand le cancer se mit à la démolir ; cela dura quatre ans. Quelques semaines après sa mort, j'ai recommencé à écrire, à faire un livre, j'ai écrit pendant douze mois, ne savais plus écrire mais n'étais capable de rien d'autre ; par bribes et lambeaux au fil des jours, des nuits, surtout des nuits, j'ai écrit cette femme, ma femme, j'ai écrit sa vie, notre vie, notre bonheur, nos gosses, notre vie ensemble pendant dix-neuf ans, j'ai écrit sa maladie, sa souffrance, son agonie, j'ai écrit ma vie, ma survie, j'ai écrit un an de ma vie, je n'avais plus de femme, mais il restait la féminité, la douceur de quelques prénoms qui avaient corps de femme. Ce n'est pas un journal, même s'il y a des dates ; ce n'est pas un roman bien que je raconte. C'est un livre sur les petits riens de la mort, du malheur, mais aussi sur le bonheur et la merveille de vivre. » L. S.

  • Au mois de juin 1964, la situation est catastrophique au Congo, la rébellion a gagné les trois cinquièmes du territoire national. Plus rien ne semble pouvoir l'arrêter. C'est alors que les plus hautes autorités congolaises demandent à Moïse Tshombe, qui vit en Europe depuis un an, de rentrer au pays "pour tenter quelque chose". Seul, il a gardé suffisamment d'influence sur les masses pour pouvoir arrêter ce raz de marée. Nommé premier ministre, Moïse Tshombe s'efforce de rétablir l'ordre dans tout le pays, de relancer l'économie durement touchée par les troubles, de rétablir le prestige du Congo à l'étranger et aussi d'organiser le nouveau régime prévu par la loi fondamentale de Luluabourg. Après plusieurs mois d'efforts, l'essentiel est sauvé. Mais la peur de la rébellion disparue, les divisions reviennent. Les politiciens, qui avaient à l'heure du péril oublié leurs vaines querelles, relèvent la tête et les intrigues reprennent contre l'homme au pouvoir. Elles aboutiront à la destitution du premier ministre, proclamée illégalement le 14 octobre 1965 par le président Kasa-Vubu.

  • Quelle est cette rébellion congolaise qui a provoqué un fabuleux imbroglio où se mêlent la politique, la diplomatie, la sorcellerie, tout cela planant sur une guerre horrible ? Pourquoi les massacres des blancs et des noirs ? Pourquoi les mercenaires ? Pourquoi Tshombé ? C'est tout le drame congolais que ces pages essaient d'expliquer. L'auteur, reporter du quotidien bruxellois La Libre Belgique, suit de près l'actualité congolaise depuis 1958. Il a interviewé les principaux acteurs du drame congolais, il a suivi Tshombé au Caire. et dans ses tournées à l'intérieur du Congo, et, en novembre 1964, il est monté sur Stanleyville avec la 5e brigade mécanisée de l'armée congolaise.

  • Qu'est-ce que le rêve peut nous apprendre sur la sexualité ? Comment définir la sexualité éclairée par le rêve ? Telles sont les deux questions qui dirigent toute l'étude de Raymond de Becker. Ainsi il est naturel qu'une telle investigation débute sur un mode historique, car l'histoire de la sexualité dans les rêves est capable de fournir d'importantes données à la fois ethnographiques, sociologiques et psychologiques. Des clefs des songes et des traités médicaux qui en Égypte, à Babylone, à Ninive, aux Indes fournirent les premières interprétations, aux traités oniriques arabes et aux analyses de Freud, c'est toute une évolution du matériel d'images, toute une évolution aussi de la nature même des interdits et des névroses qui se traduisent dans le rêve. Partant d'une nature polysexuelle la civilisation a souvent été une marche vers la monosexualité, mais elle implique un jugement moral sur lequel la science n'a pas à se prononcer, estime Raymond de Becker. Le rêve n'a pas à diriger la vie, mais le rêve, selon lui, est un transformateur d'énergie. Et l'auteur s'attache à montrer combien le rêve charrie de fragments d'initiations perdues et suggère le chemin qui, de la multiplicité des amours, peut conduire à l'Amour absolu.

  • « Fidèle à sa mission, le FLB-ARB frappe ! » « Pour que les Bretons qui se battent le dos au mur soient entendus du gouvernement de Paris. » Or, l'État riposte par un grand procès ! Ouvriers, paysans, artisans, employés, travailleurs indépendants... membres du FLB sont traduits en octobre 1972 devant la Cour de Sûreté de l'État. Pour « infraction en relation avec une entreprise individuelle ou collective consistant à substituer une autorité illégale à l'autorité de l'État ». A la barre du tribunal, des Bretons venus de toute la Bretagne accusent « Les vrais coupables sont au gouvernement ! » Le pouvoir qui ne veut « ni héros ni martyrs » recule... Mais rien n'est résolu ! Le FLB va-t-il frapper de nouveau ? Le Breton de 1972 veut obtenir les conditions d'un épanouissement culturel, économique, social et politique. La seule solution pour une Bretagne vivante et prospère est dans la reconnaissance des minorités ethniques de l'Hexagone afin qu'elles puissent participer à l'élaboration d'une Europe humaine. Dans ses précédents ouvrages (Complots pour une république bretonne, La Révolution bretonne permanente, Au village des condamnés à mort), Ronan Caerléon a étudié l'histoire du mouvement autonomiste breton et les différents aspects de l'actuelle « contestation » bretonne. Il était donc particulièrement qualifié pour évoquer aujourd'hui le grand procès où, pour la première fois, les combattants de la cause bretonne ont pu développer leurs arguments devant la Justice française. Des arguments qui sont aussi ceux de Ronan Caerléon dans son oeuvre et dans son action militante.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Jean Pierre-Bloch est élu député socialiste en 1936. En 1940, il est fait prisonnier le 24 juin (son régiment s'est battu jusqu'à ce jour). Il s'évade, entre dans la Résistance. Arrêté, condamné, il s'évade à nouveau et rejoint Londres. Il admire en de Gaulle le chef de la Résistance et le champion de la République. Il le défendra longtemps avant d'admettre que ces années de 40 à 44, si elles furent le temps de l'héroïsme, furent aussi hélas ! le temps des méprises. Méprise, la confiance en un mouvement qui pratique un antiparlementarisme violent. Méprise, la création du groupe parlementaire puis de l'Assemblée consultative : de Gaulle n'a pas changé, mais il a besoin d'un appui contre Giraud. Méprise encore d'avoir cru Giraud un fasciste dangereux et sous-estimé l'ambition de de Gaulle. Officier servant au B.C.R.A., puis commissaire-adjoint à l'Intérieur (le commissaire était Emmanuel d'Astier). Pierre-Bloch a suivi les avatars de la France combattante. Il a vu Pierre Brossolette séduit par le gaullisme, mais inquiet du mépris de son chef envers les hommes. Il a vu Félix Gouin prévoir la Ve République. Par ses fonctions, il a pu observer de près le développement du gaullisme, son fonctionnement interne, et son attitude envers l'extérieur : rapprochement avec l'URSS pour faire pièce aux Anglo-Saxons (et ralliement de Maurice Tehorez), manoeuvre à l'égard du mouvement "Wallonie libre" (en attendant le Québec libre). En août 44, Pierre-Bloch est à Toulouse. Il salue les maquisards. A ce moment de Gaulle est à Paris, et à l'Hôtel de Ville refuse de crier "Vive la République". Le temps des méprises, ce sont ces quatre années de souffrance et de courage, confisquées par un seul homme.

  • Le malheur de Louis XVI fut d'accéder au trône à une époque où il était impossible de l'occuper sans faire exactement l'inverse de ce que réclamaient les Français, tant il est vrai que ce que le peuple demande est rarement ce qu'il veut. Les Français étaient grisés du mot de « liberté », mais chaque liberté réelle que Louis XVI leur accordait cessait de leur plaire dès qu'ils en jouissaient et le joug, dont ils avaient tout loisir de se plaindre, leur devenait d'autant plus intolérable qu'il s'allégeait. Sous ses prédécesseurs, remarquait Soulavie, un de ses sujets tardivement repentis, le monarque était l'objet du culte des Français ; sous Louis XVI, les Français devinrent l'objet du culte du monarque. Ainsi l'amour, en changeant de camp, avait-il préludé au divorce entre le roi et la nation. Livre de justice et de réparation, écrivit Bernard Faÿ lorsque, voilà plus de vingt ans, il me dédicaça un exemplaire de Louis XVI ou la fin d'un monde que les Éditions de la Table Ronde ont l'excellente idée de rééditer. La modestie de Bernard Faÿ l'empêchait : d'ajouter : « le meilleur livre sur Louis XVI ». Il m'appartient de le dire aujourd'hui.

  • Il est temps de jeter les bases d'une autre politique, pour vivre en société plutôt qu'en socialisme et pour une réelle égalité des chances entre les Français. L'égalité est un thème ambigu. Traité sous sa forme idéologique par les animateurs du « socialisme à la française », il privilégie systématiquement le principe idéocratique d'État aux dépens du principe de liberté pratique de la personne. Dans les faits, en France comme ailleurs, l'expérience montre comment cette démarche erronée aboutit à des « inégalités nouveaux modèles » : comportements d'évasion, perte d'efficacité de l'État-providence, apparition de nouvelles classes dominantes et d'appropriations privées d'avantages publics, pression fiscale, affaiblissement économique. La France s'enfonce peu à peu dans un néo-conservatisme social. C'est pour la dégager de cette sombre perspective que Jean-Claude Colli montre ici à quel point et plus que jamais l'égalité est une idée neuve. Une idée qui, pour porter ses fruits, demande à vivre en liberté.

  • Depuis vingt-cinq ans, la politique pénale est en crise dans l'ensemble du monde occidental. La crise devient paroxystique en France : à une augmentation galopante de la criminalité répond mal un arsenal insuffisant de mesures inadéquates. La cause principale de l'échec réside dans l'incertitude sur les droits et les devoirs réciproques de l'État et de l'individu. Pénétré par les théories marxistes, notre droit, qui croit toujours plus ou moins à une culpabilité sociale dans la délinquance, ne punit plus que d'une façon trop clémente sans réussir à réinsérer socialement ceux qui en paraissent dignes. Après avoir présenté d'une façon claire le bilan des connaissances criminologiques actuelles tant en ce qui concerne les causes connues de la délinquance que les moyens possibles d'y remédier, le livre propose une orientation radicalement nouvelle de la politique anti-criminelle. Convaincue que le principal défaut du système actuel tient à un amalgame des différentes catégories de délinquants, l'auteur propose une distinction catégorique de trois types de traitements à appliquer aux trois types de délinquants : les paumés, les coupables, les antisociaux. Personne ne peut affirmer qu'il est en mesure de réduire le phénomène criminel. Ce n'est pas une raison suffisante pour ne pas essayer.

  • 600 milliards de francs empêchent aujourd'hui le socialisme à la française de tourner en rond. Ils forment le coût d'État permanent qui, par un curieux retour des choses, empêche le président de la République (auteur en son temps du Coup d'État permanent) de dispenser aux Français autre chose que la politique de rigueur et de matraquage fiscal. Décrire l'engrenage du coût d'État permanent, c'est conduire le lecteur dans la jungle inconnue de la machine bureaucratique, là où prennent leur source les déficits en tous genres dans lesquels la France s'enfonce depuis mai 1981. Tout contribuable a le droit de savoir pourquoi il paie un si cher tribut à un système qui organise implacablement le coût d'État permanent. Si les Français n'étaient pas tenus dans l'ignorance, il y a fort à parier que le cours de notre histoire récente aurait été changé...

  • Après le silence auquel le contraignait le Parti communiste pendant les dernières années où il y adhéra, après son éviction brutale et sans appel de ce parti, il n'est plus de semaine où l'actualité politique nationale ou internationale ne ramène le nom de Pierre Hervé. La Révolution et les Fétiches, Lettre à Sartre et maintenant Dieu et César sont-ils communistes ? sont écrits dans la marge même de ces événements, de ces coups de théâtre, de ces retournements décisifs qui depuis un an ébranlent l'Europe de l'Est et ont leur prolongement jusqu'en Occident. Le nouveau livre d'Hervé ne se contente pas d'accusations, de mises en garde ou de mises en demeure. Il cherche aussi à ouvrir des perspectives pour tous ceux qui viennent de suivre, qui sont tentés de suivre ou qui suivront demain le même itinéraire politique pour la libération de la conscience et de la raison humaine asservies par les dogmes et les « fétichismes ».

  • L'Évangile est le sujet sur lequel les écrivains tant religieux que laïcs et même incroyants, ont le plus exercé leur science. leur mystique et leur talent. Faire preuve d'originalité paraît comme une gageure. Et cependant, s'écartant des voies traditionnelles, Henry Panneel s'est inspiré d'une formule dont l'inédit vient curieusement animer l'intérêt. Il a en effet imaginé de nous faire décrire les principaux épisodes de la Vie du Christ par des témoins oculaires extrêmement éclectiques. Cette innovation confère à chaque chapitre un caractère bien particulier en raison de l'esprit, de la qualité ou de la fonction du témoin présumé. Une vie intense se manifeste ainsi dans chacun des tableaux que l'ambiance précise du décor, le pittoresque des descriptions, le souci du détail piquant, colorent d'une vibrante touche d'actualité. Rédigé dans un style alerte, brillant et concis, dont le ton entrecoupé parfois de savoureuses pointes d'humour, s'exhausse crescendo du suave lyrisme de la Nativité au pathétique de la Passion, ce livre captive et bouleverse par son côté profondément réaliste et « vécu » en même temps que les brèves réflexions des interprètes éclairent et édifient.

  • Fin 1959, dans ses conférences à l'École Supérieure de Guerre, Michel Garder, parlant de l'avenir du régime soviétique, concluait que celui-ci allait inévitablement connaître une crise grave aux environs de 1962. Ce qu'il appelait alors « le tournant de 1962 » devait, selon lui, déclencher un processus en chaîne, mettant en danger non seulement le règne de Nikita Khrouchtchev, mais encore, à plus ou moins longue échéance, le régime lui-même. Jusqu'ici les faits ont donné raison à l'auteur. C'est en effet en novembre 1962 (répercussions de l'affaire de Cuba... réforme des structures administratives de l'U.R.S.S... aggravation du différend sino-soviétique, etc.) que l'on peut situer le point de départ de la crise qui devait aboutir à la chute de Khrouchtchev. Pour Michel Garder, ce dernier événement marque le début de « l'agonie du régime communiste en Russie ». Son diagnostic est formel : le mal est incurable... la fin ne saurait tarder ! S'il a fallu, selon l'auteur, onze ans aux héritiers de Staline pour ébranler définitivement l'extraordinaire édifice de la « théocratie lénino-marxiste », les successeurs de Khrouchtchev sont voués à parachever l'oeuvre « d'autodestruction » en beaucoup moins de temps. C'est aux environs de 1970 qu'il croit pouvoir situer la « révolution inévitable » d'où surgira la Russie de demain.

  • Le Grand Combat du XV de France, roman de pack et d'épée dédié à Lucien Mias et à ses conquérants, ne racontait pas seulement ce qui s'est passé entre Springboks et Français en Afrique du Sud en 1958. C'était aussi, première chronique du rugby en librairie, le livre de l'amitié, du courage, de l'espérance jamais découragée et d'une fierté qui montait très haut. Dix ans exactement ont passé : dix ans de rugby, de victoires et de défaites, avec ses héros disparus et ses amis perdus. "Les grandes équipes ne meurent jamais", aime répéter Denis Lalanne qui le tient de Wilson Whineray, le plus grand des capitaines néo-zélandais. Après La Mêlée Fantastique, La Peau des Springboks et, écrit en collaboration avec Henri Garcia, Quinze Coqs en colère, voici Ce bleu des maillots et des guerres qui dit ce qui s'est passé entre All Blacks et Français en Nouvelle-Zélande en 1968. Et bien d'autres choses encore car, si les grandes équipes ne meurent jamais, c'est évidemment qu'il leur arrive de renaître.

  • On trouvera dans ce livre toutes les facettes d'un univers fantastique, tantôt chatoyant, tantôt livide : les hystéries chorégraphiques dans les boîtes psychédéliques de San Francisco les grandes kermesses d'accouplement public dans l'île de Wright ; les mangeurs d'opium et de haschisch dans les bistrots sans joie de Kathmandou ; les fantasmes hallucinatoires se terminant en tragédies dans les hôtels de Kaboul ; l'érotisme débridé s'exprimant sans retenue dans les annonces de ces journaux ; les communautés mystiques imposant le dénuement total ; les nouvelles églises où des drogues sont données comme sacrements ; bref, on trouvera tout l'univers hippy. Suzanne Labin a suivi ce mouvement à la piste tout autour du monde, jusqu'aux paradis himalayens où sont allés nicher les enfers de la drogue. De ses descriptions palpitantes et de ses analyses percutantes il ressort que le mouvement hippie incarne la subversion la plus radicale qui soit apparue depuis Jésus-Christ. Ce premier dossier complet et passionnant du nihilisme moderne a été rassemblé par Suzanne Labin avec une grande compréhension pour le phénomène qu'elle analyse et les jeunes gens qui l'incarnent : "Les jeunes rebelles sont toujours des détenteurs de vents nouveaux qui commencent à souffler dans ce siècle, alors que la masse ne les perçoit pas encore..." Mais cela n'empêche pas la lucidité de ses vues. "Croyez-vous vraiment - dit-elle aux hippies - que vous allez créer une culture avec ce regard-là ?" Elle conclut : "L'esprit d'entreprise, né il y a vingt mille ans, ne sera pas remplacé par l'esprit de néant."

  • Ce livre constitue une synthèse survolant les siècles, de Ramsès II à Ferhat Abbas, replaçant ainsi dans leur perspective les événements du passé jusqu'à ceux de l'actualité la plus brûlante. Après avoir été façonnée par les Phéniciens, les Grecs, les Romains, la Méditerranée est devenue le berceau de la civilisation chrétienne. Ce n'est pas par hasard que le Christ est né sur ses rives, au carrefour des trois continents qui ont peuplé le reste de la planète. C'est en grande partie par la mer que l'Évangile s'est répandu. Au début du VIIe siècle, tous les États entourant la Méditerranée étaient chrétiens. A cet ensemble harmonieux, une civilisation extra-méditerranéenne, l'Islam, a porté un coup dont les conséquences ne sont pas épuisées. Successivement, les Arabes pendant sept siècles, les Turcs pendant cinq autres ont essayé de conquérir et de dominer les rives de la « mer Intérieure ». L'occident s'est trouvé en état de légitime défense. Aujourd'hui, l'expansion musulmane s'exprime par la voie des nationalismes arabes que nous-mêmes avons suscités. « L'Histoire de la Méditerranée » nous fait assister aux péripéties politiques et stratégiques de cette lutte dramatique, jusqu'aux ébranlements les plus récents du Proche Orient et du Maghreb.

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