Littérature traduite

  • Nés dans l'univers magique des Cris, dans la plaine enneigée du Nord du Manitoba, Champion et Ooneemeetoo Okimasis grandissent heureux en compagnie des étoiles, des poissons et des caribous. À l'âge de six ans, ils sont arrachés à leur famille et envoyés dans une école catholique résidentielle du Sud. Leur langue est désormais interdite ; leurs noms aussi : ils deviennent Jeremiah et Gabriel.
    Coupés des leurs, aliénés par cette culture qu'on leur impose, les frères Okimasis luttent pour leur survie. Non sans l'appui précieux de la Reine blanche - un personnage mythique, rusé et astucieux - qui permet aux personnages de se sortir de la misère du quotidien et de rejoindre un vaste, magique et espiègle univers. Jeremiah et Gabriel suivront leur destinée : l'un deviendra musicien et l'autre danseur. Armes créatrices par excellence, la musique et la danse catalyseront leurs énergies. De leur art, un monde nouveau émergera.
    Véritable célébration de la culture crie, Kiss of the Fur Queen atteint rapidement un succès critique et populaire à sa sortie en 1998. Robert Dickson, - lauréat du prix du Gouverneur général 2002 pour son recueil Humains paysages en temps de paix relative - signe la version française de Champion et Ooneemeetoo.

  • Poussé par un terrible secret, le jeune Mupagassi entraîne son frère Gassongati sur les chemins de l'exil, fuyant leur pays alors que celui-ci est à la veille d'être ravagé par la violence ethnique. Au camp de réfugiés situé quelque part en Afrique des Grands Lacs, chacun effectuera un choix déterminant : l'un embrassera la lutte armée dans un effort de reconquérir le pays d'origine, alors que l'autre, convaincu qu'il n'y a pas de retour possible, s'établira au Canada où il poursuivra ses études puis fondera une famille. Pour lui, l'exil est définitif.

    Mais les circonstances feront mentir les pronostics et les deux frères seront réunis, après plusieurs années, autour des négociations devant rétablir la paix dans leur pays tourmenté.
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    Dans ce récit contemporain aux accents universels, l'amitié, l'amour et la loyauté s'avéreront les derniers remparts d'un monde où le mal et la vertu n'ont ni camp ni parti.

    Depuis près de vingt ans, Melchior Mbonimpa révèle ses talents de conteur et sa connaissance profonde des peuples de l'Afrique des Grands lacs. Dans son septième roman, il explore un de ses thèmes de prédilection, le métissage des cultures, tout en édifiant une passerelle au-dessus de l'Atlantique en vue de concilier mémoire des origines africaines et réalité canadienne contemporaine.

  • Un jour, une enfant m'a demandé si c'était vrai qu'en mourant on touche le bleu du ciel, et c'est resté pour moi la plus belle définition de la mort que l'on m'ait jamais proposée. La nostalgie s'inscrit dans ce registre-là, puisqu'elle établit toujours un flirt avec la mort.

    NostalgieS est le sixième d'une série de douze ouvrages intitulée Autoportrait, publiés au rythme d'un par mois en 2014. Chaque ouvrage répond à une consigne singulière et son titre débute par une lettre du prénom de l'auteur.

    De ce projet inusité, l'auteur dit «[...] l'armature du texte était de prendre mon nom, qui a douze lettres, de le décomposer sur douze mois. Douze, c'est un chiffre mystique aussi [...].»

  • Il y a moins d'un siècle, en plein coeur de l'Afrique des Grands Lacs, vivait un roi qui réglait la circulation des nuages. « Le Dernier Roi faiseur de pluie » recrée la vie de celui qui clôtura la lignée de ces monarques bantous qui dégonflent les nuages afin que la pluie féconde la terre, ou qui déchaînent les vents pour nettoyer le ciel quand les eaux menacent les récoltes. Pendant le règne de Dagano, le Kibondo ne connaît pas la famine. Mais le royaume est victime d'un nouveau fléau, les Faces roses, ces « albinos » invincibles venus du bout du monde. Conscient de leur toute-puissance, Dagano choisit de leur opposer une résistance spirituelle. À la manière d'un conteur, Melchior Mbonimpa nous amène à vivre les derniers moments de cet univers, à suivre Dagano dans son parcours initiatique, ses amours, son ascension au trône du Kibondo et sa lutte pour empêcher tout son univers de basculer.

  • Pour reprendre l'expression de son traducteur, « Kaki » est, « le premier roman franco-ontarien écrit en anglais ». C'est un roman du choc des langues et des cultures, de la résistance et de l'assimilation, du passé et du présent, de l'enfance et du monde adulte, de la nostalgie et de la culpabilité.

    Laure, devenue Laura, vit à Toronto avec son mari et ses deux enfants. Élevée en français, dans le Nord de l'Ontario, elle vit à Toronto et écrit désormais en anglais. À l'âge adulte, et alors qu'elle sent glisser ses attaches avec son passé, elle entreprend de consolider son héritage culturel par l'écriture. « Kaki » vient évoquer, avec sensibilité et fluidité, le drame d'une langue sans cesse menacée d'étouffement.

  • Alors que Zamba reçoit, finalement, les documents lui permettant dentrer au Canada comme immigrant reçu, il apprend que sa belle, Assia, est enceinte. Les amoureux, qui entretenaient une relation clandestine, promettent de se retrouver en terre daccueil une fois le bébé né. Avant la réalisation de leur projet, cependant, Assia meurt. Profondément affecté, Zamba saccrochera dès lors à une mission : léducation de son fils Manéno. Mais des circonstances viendront infléchir son destin, dont la rencontre accidentelle de la jeune Mélanie, que Zamba aidera à sortir de la détresse. De cette rencontre naîtra une nouvelle famille.

    Au fil des ans, et grâce à linvestissement généreux et soutenu des membres de la famille élargie, tant au Canada quau Kenya, une oeuvre humanitaire prend forme. La solidarité de « la tribu de Sangwa » établie sur deux continents contribuera à relever les défis associés à ce projet denvergure.

  • Gaspard est architecte. Depuis des mois, il dessine un grand centre commercial aux qualités architecturales inouïes. Mais lorsqu´il se rend à Halifax pour enfin rencontrer son client, il n´y trouve qu´un bureau vidé la veille. Ne pouvant accepter que l´oeuvre de sa vie se dissipe de si banale façon, Gaspard loue un logement minable et entreprend de retrouver son commanditaire. Qu´il n´ait en rien l´allure d´un détective n´aide pas les choses.
    Presque aussitôt, Gaspard rencontre Madeleine, jolie jeune femme éperdue qui l´introduit dans une curieuse secte millénariste. Qu´il soit peu enclin aux quêtes spirituelles n´aide pas non plus les choses. Mais à son grand étonnement, il s´ouvrira à leurs croyances et bâtira leur cathédrale. Or, l´entreprise qu´il soutient et la destinée qu´il épouse ne sont pas celles qu´il croit.

    Dans La cathédrale sur l'océan, on découvre avec un franc bonheur de lecture, la vérité psychologique de cet homme ordinaire qui joue sa vie, les ambiances brumeuses d´une ville portuaire où survit le souvenir des corsaires, les dialogues impayables avec le cowboy John Wayne (compagnon d´infortune présent sous forme d´affiche récupérée des poubelles !), sans oublier les détails insolites dont il aurait fallu douter pour ne pas être envoûtés avec Gaspard. Mais comme lui, nous nous en féliciterons. Car dans cette captivante intrigue, le dévoiement est la voie du salut.

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