Littérature générale

  • Le piège d'or Nouv.

    Bram Johnson est une créature hors du commun. Un géant solitaire, métis esquimau à la tignasse rousse et au rire fou. À la fois une légende vivante et... un criminel. Capable de disparaître comme par magie, il parcourt les étendues glacées du Grand Nord canadien avec sa meute de loups assoiffés de sang, loin du monde des hommes. Pour les Indiens superstitieux du Barren, il s'agit d'un homme-loup !
    Lancé à sa poursuite, Philip Raine, un patrouilleur de la Police montée, va connaître l'aventure la plus extraordinaire de son existence. Celle-ci commence par la découverte d'un mystérieux piège, fabriqué avec les cheveux d'une femme. Une tresse blonde comme personne n'en a jamais vu dans le pays. À qui appartient cette coiffure soyeuse aux reflets dorés? Et pourquoi le géant fou l'a-t-il en sa possession ?

    En racontant l'histoire de Bram Johnson, James Oliver Curwood n'a pas seulement écrit un inoubliable roman d'aventure. Le Piège d'or est également un roman d'amour, mais aussi le premier « thriller psychologique » du Grand Nord.

  • Un amour grec

    Zoé Valdés

    "On apprend toujours de la douleur, elle le savait depuis toute petite ; et de la détresse, davantage encore. C'est pourquoi elle a accepté avec humilité cette solitude, qu'elle a - dans une certaine mesure - choisie. Elle s'est juré qu'il n'y aurait plus dorénavant d'autre homme dans sa vie que son fils, Petros, le fruit de sa passion de jeunesse. Petros était son chef-d'oeuvre, l'oeuvre du premier amour."
    Dans un Cuba asphyxié par l'oppression, Zé, adolescente, tombe enceinte d'un marin de passage. Reniée par son père, jugée par la société, elle élève son enfant avec l'aide des femmes de sa famille. Son fils Petros deviendra un pianiste de renom dont la carrière le mènera avec sa mère jusqu'en Grèce, sur les traces de son père.
    Grâce à la musicalité singulière d'une langue à la fois simple et poétique, Zoé Valdés retrace un parcours cousu de ruptures et d'exils et transforme les difficultés de la vie en chant d'espoir.

  • Vivre

    Elisabeth Revol

    Vaincre, au plein coeur de l'hiver et sans oxygène, le Nanga Parbat, cette montagne tueuse, immense pyramide de gneiss cuirassée de glace qui culmine au Pakistan à 8 125 mètres, c'est l'exploit qu'ont réalisé le 25 janvier 2018 Élisabeth Revol et son compagnon de cordée Tomasz Mackiewicz.
    Mais l'euphorie de la victoire sera de courte durée. À peine au sommet, l'aventure vire au cauchemar : Tomek est frappé de cécité.
    Comment dès lors espérer survivre, réchapper de cette « zone de la mort », où l'oxygène se fait si rare que l'on peine à mettre un pied devant l'autre, où le froid et le vent sont si extrêmes que le gel menace à tout instant ?
    Dans ce récit captivant, Élisabeth Revol met ses propres mots sur cette tragédie et l'extraordinaire opération de sauvetage dont le monde entier s'est fait l'écho. Elle affronte ses souvenirs, sa terreur, sa douleur immense, le déchirement d'avoir survécu, seule, en un hommage poignant à son ami Tomek.

  • Ma transhumance Nouv.

    « Le fait d'épuiser ma marche, et de demeurer pourtant au coeur du mouvement, me transforme en profondeur. Mes pensées se perdent moins, je surplombe moins les choses. Je me focalise sur le troupeau qui avance devant moi. Je suis porté par sa puissance. »

    De juin à octobre, randonner dans les Alpes du Sud signifie marcher en compagnie des moutons : aujourd'hui encore plus de trois cent mille bêtes se retrouvent chaque année dans les alpages d'estive.
    Antoine de Baecque est parti sur les traces du parcours millénaire des bêtes et des hommes, cette transhumance traditionnelle disparue dans les années 1950. Il a cheminé sur les anciens sentiers de la transhumance par des voies oubliées, serpentant au milieu d'un paysage que le passage des moutons a façonné. Il a inauguré la Routo, cet itinéraire de randonnée bientôt homologué GR qui chemine sur plusieurs centaines de kilomètres à travers les Alpes, de la plaine de Crau en Provence jusqu'au Piémont italien.
    Ce récit voyageur d'un parcours montagnard, où la quête de la mémoire d'une transhumance millénaire accompagne la mémoire intime du marcheur, résonne comme un hommage au lien entre hommes et bêtes.

  • Cosme ou l'histoire d'un fils d'immigrés espagnols, agrégé de rien, pas même bachelier, qui découvre le Graal de la poésie française : le sens caché du sulfureux et mystique poème de Rimbaud, Voyelles.
    Guillaume Meurice le suit, de son enfance dans les rues de Biarritz à cette quête poétique dans son minuscule appartement parisien, en passant par la délinquance des banlieues chaudes de la capitale, un service militaire à décrypter des messages secrets ; le tout entrecoupé d'heures interminables dans différents clubs d'échecs. Cosme, c'est aussi l'amitié chevillée au corps au gré des rencontres, et la passion des mots qu'il dévore dans ses lectures ou qu'il travaille pour sculpter d'improbables sonnets.
    Une vie entre passions partagées, infinie solitude, vertiges, long dérèglement des sens. Le récit d'un homme libre. Poète. Voyant ?

  • Intellectuel engagé ou écrivain dégagé ? Est-ce qu'on choisit ? En 1936, le célèbre et sulfureux André Gide soutient la révolution soviétique. Le Parti communiste l'invite en URSS, espérant qu'il fasse la publicité du régime. Gide accepte, et séjourne deux mois en Union soviétique, accompagné de cinq autres écrivains : Pierre Herbart, Eugène Dabit, Louis Guilloux, Jef Last et Jacques Schiffrin. Mais rien ne se passe comme prévu, et dès son retour en France, Gide publie Retour de l'URSS, dans lequel il dénonce le stalinisme naissant.
    Fille d'un poète communiste, petite-fille d'émigrés russes, je remonte le temps et fais à mon tour le voyage. Je compare les souvenirs des uns et des autres, j'interroge les miens, et j'essaie de comprendre. Pourquoi Gide a-t-il été si peu écouté ? Pourquoi tant d'écrivains ont-ils choisi de se taire ? L'appartenance à une minorité sexuelle est-elle une arme de discernement ? Pourquoi mon père est-il resté si longtemps communiste ?
    Traversée des mémoires, visite aux fantômes, descente en rappel au fond du puits de mon âme, chevauchée dans ma bibliothèque, ce livre est le journal d'une expédition intime, politique, et littéraire, au coeur brûlant du XXe siècle.

  • "Au fond, je sais que je n'ai pas d'autre choix que de repousser au maximum les frontières de ce que je sais faire pour avoir la possibilité d'éprouver un plaisir essentiel et puissant."

    Rien n'arrête Kilian Jornet. Sans cesse en quête de nouveaux défis, la légende de l'ultra-trail est née pour affronter les sommets. L'impossible, il l'a déjà atteint, lors de sa double ascension de l'Everest. Cette vie passée à repousser les frontières de l'extrême repose sur une discipline rigoureuse, des entraînements réguliers et pénibles et une maîtrise technique irréprochable : toute victoire a un prix.
    Dans ce récit poignant et profondément honnête, Kilian Jornet se confie. Il raconte son enfance, ses choix, ses peurs, ses aventures hors norme, ses trophées et ses erreurs. Avec humilité, il témoigne de sa carrière prodigieuse. Avec enthousiasme, il nous conduit avec lui, là-haut, goûter l'air des cimes et partager ce qui seul compte : l'amour puissant de la montagne.

  • « Avec sa forte carrure, sa bonne bouille de Pierrot lunaire et son accoutrement hétéroclite de provincial monté à Paris, Antoine ne passait pas inaperçu ; mais la distinction naturelle d'Henry, ses allures à la fois libres et policées, son profil racé et son sourire mi-charmeur, mi-moqueur avaient peut-être également attiré l'attention d'Antoine. En tout cas, lorsqu'un mauvais coucheur s'en était pris à Henry, tous ses amis parisiens s'étaient volatilisés - seul Antoine lui était venu en aide, faisant aussitôt battre en retraite le fâcheux. »

    La guerre était finie et ils n'avaient pas combattu. Tous deux détestaient la routine, la médiocrité et la grisaille des adultes. Ils voulaient toucher le ciel. Leurs caractères étaient opposés et leurs brouilles violentes; ils étaient les meilleurs amis du monde.
    Antoine n'aimait que les avions, mais se traînait de déconvenue amère en échec cuisant. Pour Henry, tout était facile. En quelques mois, il devint l'un des alpinistes les plus brillants de sa génération. Après une série d'exploits retentissants dans les Alpes, il comptait bien être le premier à conquérir, dans l'Himalaya, un sommet dépassant 8 000 mètres. Mais rien ne se passe jamais comme prévu...

  • En 1956, Joseph Kessel approche les soixante ans. Devant cet écrivain et journaliste reconnu, les patrons de presse et les éditeurs consentent aux projets de reportages les plus audacieux. Saisi par un désir d'Afghanistan, il se revoit à Orenbourg : dans le grand magasin de son grand-père, où passaient des caravaniers venus de Samarcande, Tachkent, Mazar-y-Chérif. Cela fait longtemps que l'Afghanistan est devenu la patrie de ses rêves, celle de l'enfance évanouie. Kessel veut découvrir ce pays.
    Ce qu'il fera du voyage ? Des images, des notes... Accompagné d'une équipe de tournage dont le jeune Schoendoerffer fait partie, Kessel est saisi par ce qui sera le sujet de son aventure : le bouzkachi, sport national, affrontement de centaures où l'homme et le cheval ne font qu'un. Un jeu à la mesure du géant Kessel.
    Le Jeu du roi est le journal de cette expédition afghane, un récit et un hommage à ce pays irréductible.

  • « La montagne est devenue mon véritable topos : je m'y sens à l'aise et parfaitement libre, ce qui est paradoxal, car c'est par nature un monde de contraintes. Je m'y sens chez moi et, qui plus est, en sécurité, ce qui constitue un autre paradoxe. »

    Depuis un séjour à Chamonix, à vingt ans, où il a ressenti « l'aspiration par le mouvement vertical des cimes » chère à Gaston Bachelard, Étienne Klein nourrit une passion profonde pour la montagne. De la Corse à l'Annapurna, en passant par le Hoggar et les Alpes, il a pratiqué randonnée, alpinisme et, depuis quelques années, s'adonne au trail. Espace de beauté et de liberté, la montagne est pour lui un révélateur des êtres, de l'amitié et de la solidarité.
    Les questions jaillissent alors chez l'homme de sciences : quelles sont les ressources du corps, quels sont ses liens avec l'esprit ? Gravir les parois est une manière d'étudier une notion physique, mais aussi métaphysique : le vide.

  • La bête qui mangeait le monde Nouv.

    « La première fois que j'ai vu des loups, c'était en Cévennes, en 2004, à quatre kilomètres à pied du village dont est originaire ma famille. J'ai compris à cet instant que nous avions une meute. J'ai voulu en parler, ça n'était pas le moment. Les visages se ferment, les sourcils se dressent. Des loups ! Pensez donc ! Les années sont passées.
    Et puis d'un coup, plus de sangliers ou de chevreuils là où on les attendait d'habitude à la battue, des troupeaux fébriles, des traces en losange, des chiens qui disparaissent, quelque chose dans le pays avait bel et bien changé. »

    Dans les Cévennes où il vit, à une centaine de kilomètres du Gévaudan, sur les terres qui ont inspiré La Chèvre de monsieur Seguin, au royaume de cette bête dont on disait autrefois qu'elle mange le monde, Antoine Nochy a traqué le loup pendant plusieurs mois. Il a arpenté les sentiers, les berges, les drailles à la recherche de signes et de traces et a écouté parler les hommes.
    Le loup, ce prédateur dont l'éradication fut pour les Européens un des premiers critères de la modernité, est de retour. Saurons-nous cohabiter avec le sauvage? Lui apprendre des limites et lui faire respecter les activités des humains, avec qui il doit, lui aussi, partager son territoire et ses usages ?

    1 autre édition :

  • Wild

    Cheryl Strayed

    Lorsque sur un coup de tête, Cheryl Strayed boucle son sac à dos, elle n'a aucune idée de ce qui l'attend. Tout ce qu'elle sait, c'est que sa vie est un désastre. Entre une mère trop aimée, brutalement disparue, un divorce douloureux et un lourd passé de

  • « On ne doit jamais se fier à sa première impression. Contrairement à ce que prétend le dicton. En matière de voyage, du moins. »

    Pour Tristan Savin, chaque pays possède son « trou du cul du monde ». Simple formule provocatrice ? Non pas ! En trente ans de voyages lointains, ce drôle de curieux a plus d'une fois eu l'occasion de vérifier cette assertion peu révérencieuse.
    Un TDCDM (pour rester poli) est un lieu méconnu, de préférence sordide, voire hostile, situé au milieu de nulle part... ou d'ailleurs. Une ville oubliée des dieux, inévitablement galère. Un bout du monde, une zone frontière, un village fantôme, un îlot paumé : du Mexique à l'Inde et des Galápagos à l'Amazonie, en passant par l'Éthiopie et la Polynésie, la diversité de ces endroits paraît sans fin. C'est surtout le genre de lieux où se produisent des phénomènes étranges. Et de drôles de rencontres : zombies haïtiens, racketteurs du désert, espion birman ou dragons de Komodo.
    Vous voilà prévenu, et prêt à embarquer pour le plus désopilant des tours du monde, décalé et totalement subjectif.

  • « Nous partons du Puy-en-Velay pour suivre la Via Podiensis puis le Camino francés jusqu'à la merveilleuse cité de Compostelle. Le chemin est plein de surprises : après l'Aubrac sous la neige, et Conques la magnifique, nous dormons dans une chapelle transformée en gîte pour les pèlerins à Aire-sur-l'Adour, puis nous franchissons les Pyrénées depuis Saint-Jean-Pied-de-Port jusqu'à Roncevaux. Entrés dans le royaume d'Espagne, nous découvrons Pampelune pendant les impressionnantes fêtes de Saint-Firmin, et nous traversons le désert de la Meseta avant d'arriver en Galice, terre promise des pèlerins, où nous attend saint Jacques.

    Comment ressort-on d'un tel voyage ? Comment vit-on ce dépassement de soi et a fortiori avec deux enfants ? Au-delà des obstacles, nous souhaitons transmettre un message fait de valeurs spirituelles fortes, d'ouverture à l'autre et au monde. Le voyage devient une façon de partager, de se connaître et de faire grandir son âme au fil du chemin.

    Entrez dans cette fabuleuse aventure pleine d'humour et d'humanité ! Vivez la magie de ce sentier unique aux multiples facettes, à la rencontre d'hommes et de femmes qui ont vu leur vie chamboulée en se lançant dans l'aventure. Qui sait, le chemin de Compostelle changera peut-être aussi votre vie...

    Buen camino ! »
    Aurélie, Laurent, Eva et Maxime

  • Ce volume réunit l'intégralité des textes animaliers de Louis Pergaud. De Goupil à Margot, publié dans cette anthologie, lui valut le prix Goncourt en 1910.

    « Les Histoires de bêtes de Pergaud seraient une sorte d'Iliade des bois, des prés, des champs, des taillis, des nids, des terriers, une Iliade de la piétaille, à ras de terre, sans Achille ni Hector, sans Olympe ni cheval de Troie, mais une Iliade tout de même dont les héros minuscules accomplissent leur destin sans barguigner et s'appliquent inlassablement à mourir dans un impeccable apparat lexical et syntaxique qui leur fait linceul et honneur. »
    Marie-Hélène Lafon

  • Appia

    Paolo Rumiz

    « De notre aventure, je ne sais pas ce qui est resté le plus clairement imprimé dans mon esprit : les visages ou les paysages, les pierres que nous avons vues ou les atmosphères que nous avons flairées en chemin. Ce qui est sûr, c'est que ce voyage a été le plus terre à terre et en même temps le plus visionnaire de tous ceux que j'ai faits. Tandis que le poids de mon sac à dos m'ancrait fermement au sol, ma tête vagabondait parmi les nuages, à la manière d'un cerf-volant, et en même temps la bonne chère méditerranéenne provoquait d'appétissants courts-circuits avec l'Histoire. »

    Dans cette bible voyageuse, Paolo Rumiz ressuscite la Via Appia, vingt-trois siècles après sa construction. Après six cent douze kilomètres et vingt-neuf jours de marche, Rumiz dégage cette voie légendaire des toiles d'araignées sous lesquelles l'oubli et l'incurie l'avaient ensevelie. Pas après pas, il nous conduit vers les merveilles cachées de la mère de toutes les routes, plus ancienne et plus variée que le chemin de Compostelle. Ce récit passionnant propose, pour la première fois, une cartographie complète de ce parcours mythique reliant Rome à la Méditerranée. En restituant la Via Appia au patrimoine européen, Paolo Rumiz espère « qu'une armée de voyageurs vienne à leur tour suivre ce fil d'Ariane qui serpente à travers les splendeurs de l'Italie méridionale ».

  • « À mesure que grandissent notre savoir et notre puissance matérielle, notre volonté d'homme se manifeste de plus en plus impérieuse en face de la nature. » Si l'homme était plus attentif à la beauté de la nature, il cesserait de courir et s'arrêterait pour cueillir le bonheur au détour d'un ruisseau. Le modeste ruisseau comme le fleuve majestueux, la cascade légère comme l'imposant glacier deviennent sous le regard d'Élisée Reclus des sources inépuisables de savoir, des manifestations sublimes de l'harmonie naturelle. C'est avec la curiosité du savant et l'émerveillement du poète qu'il nous livre ses réflexions sur l'origine des montagnes et des cours d'eau, mû par le désir de retrouver une simplicité originelle dans l'observation de la nature. Pourquoi l'homme ne prend-il pas exemple sur le ruisseau qui creuse son chemin tout en composant avec l'ordre environnant ? L'observation de la nature doit nous apprendre un progrès raisonné et respectueux. C'est à cette seule condition que l'homme pourra se vanter d'être la plus intelligente des créatures terrestres. Accompagner Élisée Reclus le long de ses marches, c'est se donner l'opportunité d'en prendre conscience.

  • «Ces lieux façonnent des gens un peu verticaux, austères et tenaces... C'est un fond dont je ne me suis jamais départie, et le travail d'écriture, depuis plus de vingt ans, m'y confronte constamment [...] ; ce nord du Cantal, ce pays perdu à mille mètres d'altitude, est fondateur ; et le sauvage n'est jamais loin ; il palpite sous l'écorce des choses.»

    Marie-Hélène Lafon a grandi dans une ferme isolée du Cantal, au coeur de la vallée de la Santoire, et ses livres s'en souviennent. À travers ces conversations, elle nous invite dans son pays perdu, ces terres volcaniques de moyenne montagne où la sauvagine, toujours proche, palpite sous l'écorce des choses. Voyage au coeur d'un monde intense, aux sources de la beauté.

  • « Se lever tout à l'aube dans un doux froid. Contempler par l'ouverture en arc de l'abri cette première image du jour : une fine lune calligraphiée dans le ciel et deux ombres, l'ombre de la lanterne et l'ombre de l'arbre, étendues sur le socle de la grande cloche. Déboucher dans la vaste cour du temple encore à peine éclairée où les bâtisses, dans leur torpeur, ont une certaine magnificence. Ébrouer son sommeil comme ce gong qui résonne, un grelot de piécettes, le chant murmuré d'une vieille femme. »

    C'est à pied qu'Ariane Wilson a effectué le pèlerinage de Shikoku, au coeur d'un Japon méconnu et secret, sur les pas du maître Kûkai, fondateur du bouddhisme Shingon. Quelque 1 400 kilomètres parcourus en un peu moins de deux mois, avec, sur le dos, un étonnant abri, conçu et fabriqué pour ce périple. Vierge au premier jour, il devient peu à peu la fresque de la progression d'Ariane et de son amie Aude, tatoué des calligraphies récoltées à chacun des 88 temples.
    La progression géographique se double peu à peu d'une progression intérieure, visée du pèlerinage : accueillir l'autre, réfléchir au sens du don, apprendre à trouver la beauté partout où elle se trouve.
    Un hymne à la délicatesse.

  • Né en 1925 en Indochine, Bernard Moitessier navigue avec les pêcheurs du golfe du Siam. À 27 ans, il part en solitaire à bord de Marie-Thérèse, une jonque avec laquelle il fera naufrage. Dans des conditions propres à effrayer les plus téméraires, avec à bord un simple compas et un sextant, il affronte durant quatrevingt-cinq jours la mousson, avant d'échouer aux îles Chagos. Accueilli à l'île Maurice, il met trois ans à reconstruire un bateau et reprend la mer avec Marie-Thérèse II, vers l'Afrique du Sud et les Antilles. C'est cette étonnante aventure que raconte ici Bernard Moitessier, l'un des plus grands navigateurs de tous les temps après son tour du monde et demi en solitaire, en 1968-69, à la suite duquel il publie La Longue Route, un livre culte. Celui qui fut un modèle pour nombre de marins aura aussi incarné, par ses combats écologiques et son altruisme, toute une époque.
    Il est décédé en juin 1994.

  • « Les débuts de mon histoire avec Tara Tari sont simples. J'allais mal et je l'ai rencontré. Nous étions à l'arrêt, bloqués à quai tous les deux et nous nous sommes aidés. Nous sommes partis ensemble. Parfois seuls, souvent accompagnés. Simplement, avec le vent. Notre voyage n'invoque ni l'exploit ni la performance. »

    Dans ce récit de mer et de résilience, Capucine Trochet raconte sa folle aventure avec Tara Tari, un petit voilier de pêche du Bangladesh fait de jute et de matériaux de récupération. L'architecte du bateau l'avait prévenue : Tara Tari n'est pas fait pour traverser l'Atlantique. Pourtant, Tara Tari, si petit, est peut-être la seule embarcation avec laquelle elle se sent capable de traverser l'océan.
    Après dix mois en mer, Capucine apprend le nom de sa maladie génétique qui lui impose des souffrances permanentes et elle décide de poursuivre ses navigations. Sans défi. La tempête vers l'archipel du Cap-Vert, la traversée de l'océan Atlantique..., elle atteint l'essence de son rêve. Tout prend sens, au cours du voyage ; même la maladie.
    Sans moteur, sans électronique et sans un sou, elle avance ou recule au rythme des éléments. Au fil des milles nautiques, Capucine se construit un nouveau mode de vie et expérimente la sobriété optimiste.
    Tara Tari, plus qu'un bateau, est devenu « ses ailes et sa liberté».

  • Au mois d'avril 1992, Christopher McCandless décide de s'enfuir pour voyager seul à travers l'Amérique. Il va errer pendant deux années avant de s'installer au coeur de l'Alaska. Il ne survivra pas à cette retraite sauvage et mourra seul dans un bus désaffecté. Son aventure, relatée par Jon Krakauer dans Into the Wild, deviendra un bestseller mondial et sera adapté au cinéma par Sean Penn. Aujourd'hui, Chris McCandless est l'icône de tous ceux qui souhaitent se détacher d'une vie trop matérielle pour vivre en harmonie avec la nature. Plus de vingt ans après la mort de Chris, Carine, sa soeur et proche confidente, a décidé de sortir du silence et de révéler pourquoi son frère a choisi d'abandonner sa famille et ses proches pour mener cette vie dépouillée et solitaire. Dans ce livre Into the Wild L'histoire de mon frère, Carine McCandless brise le silence et revient sur leur jeunesse dans une famille instable, à l'ombre d'un père manipulateur et violent. Convaincue que seule la vérité permet de dépasser la douleur, elle a choisi de dévoiler ce qui a poussé son frère à se retirer du monde.

  • Good Boy

    Antoine Charbonneau-Demers

    • Arthaud
    • 2 Septembre 2020

    « Ici, de toute façon, je pourrais mourir tout de suite sur le trottoir, et personne ne viendrait se pencher sur mon corps. Personne. Ma famille est à huit heures de route ; les pigeons m'auront bouffé avant qu'elle ait le temps de débarquer. »
    Étudiant, arrivé de sa lointaine province, un jeune homme explore la grande ville et tente d'y découvrir son identité.
    Ce roman d'apprentissage cru, candide et poétique est celui des rêves d'une génération confrontée au sexe, au désir et à l'amour dans l'anonymat d'une grande métropole.

  • « Par la grâce du bon Dieu, nous arrivâmes au Río della Plata en l'an 1535, où nous trouvâmes un endroit appartenant à un peuple de deux mille Indiens environ qu'on appelle Zechuruas. Ce peuple se nourrit uniquement de poisson et de viande et ne porte pas de vêtements, sauf les femmes qui se couvrent le bas d'un petit chiffon en coton du nombril jusqu'aux genoux. À notre arrivée, ils prirent la fuite avec leurs femmes et leurs enfants et quittèrent les terres. »

    En 1534, Ulrich Schmidel s'embarque de Cadix comme simple soldat, à destination du Río de la Plata. Il s'apprête à passer vingt ans sur le continent sud-américain, à une époque où tout reste à faire pour les Européens conquistadors, avides d'étendre leur pouvoir.
    De retour en Allemagne, Schmidel livre le souvenir de sa vie de lansquenet, où chaque jour était une lutte. On y découvre la fondation de Buenos Aires mais surtout la faim omniprésente qui pousse parfois au cannibalisme, les conquêtes qui n'apportent que peu de profit et la mort qui fauche. Le tout forme un récit âpre et sidérant, sans véritable équivalent.

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