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  • En famille

    Hector Malot

    A travers le destin d'une jeune orpheline, la vie et l'évolution des usines Saint Frères dans la Somme, grand complexe industriel de la fin du XIXe siècle Roman « populaire » dans la tradition des récits d'enfant à la recherche de leur origine, En famille est aussi un roman sur la question sociale qui intéressait beaucoup d'écrivains de l'époque. Car, à travers un récit dans lequel l'auteur fait, une fois de plus, la preuve de ses talents de conteur, ce sont la condition ouvrière et le patronage industriel qui sont au coeur de l'oeuvre. Découvrez les oeuvres d'Hector Malot, publiées par Encrage Edition. Des romans réalistes et sociaux pour plonger au coeur du 19e siècle EXTRAIT Comme cela arrive souvent le samedi vers trois heures, les abords de la porte de Bercy étaient encombrés, et sur le quai, en quatre files, les voitures s'entassaient à la queue leu leu : haquets chargés de fûts, tombereaux de charbon ou de matériaux, charrettes de foin ou de paille, qui tous, sous un clair et chaud soleil de juin, attendaient la visite de l'octroi, pressés d'entrer dans Paris à la veille du dimanche. Parmi ces voitures, et assez loin de la barrière, on en voyait une d'aspect bizarre avec quelque chose de misérablement comique, sorte de roulotte de forains mais plus simple encore, formée d'un léger châssis tendu d'une grosse toile ; avec un toit en carton bitumé, le tout porté sur quatre roues basses. A PROPOS DE L'AUTEUR Hector Malot, né à la Bouille (près de Rouen), le 20 mai 1830, mort à Fontenay-sous-Bois, le 17 juillet 1907, devint, après des études de droit et des emplois de clerc de notaire puis de journaliste, l'auteur d'environ soixante-dix romans de veine réaliste, dans lesquels il offre un panorama fidèle de tous les milieux de la société de son siècle.

  • L'auteur s'intéresse aux mécanismes de création littéraire chez le père de Maigret.
    Depuis les années 1950, Georges Simenon est reconnu par la critique pour son don particulier à rendre les atmosphères et à créer des ambiances à l'aide des sensations. Cependant, le romancier ne se contente pas de la vue et de l'ouïe mais s'approprie aussi l'odorat, le goût et le tactile. Comme le commissaire Maigret, Simenon se compare volontiers à une « éponge », parce qu'il enregistre plus ou moins consciemment les sensations. Cette capacité à s'imprégner, puis à reproduire dans ses romans le monde sensible est probablement unique.
    Aujourd'hui Georges Simenon est connu dans le monde entier, il reste cependant pour beaucoup de lecteurs le « père » de Maigret : cet essai souhaite montrer qu'il est avant tout un romancier qui a saisi avec justesse les angoisses de l'homme du vingtième siècle.
    Cet ouvrage passionnant explore un volet méconnu et néanmoins prolifique de l'oeuvre de Simenon.
    EXTRAIT
    Pour beaucoup de lecteurs, Georges Simenon est le romancier des canaux et des brumes du Nord, des atmosphères grises et pluvieuses, des notations exactes de l'univers quotidien. Tous ces clichés font partie de la « légende Simenon » et contribuent à entretenir le malentendu avec l'institution littéraire, même si depuis quelques années la position du romancier a sensiblement évolué. À vouloir « classer » Simenon dans les écrivains réalistes, le considérer comme le successeur de Balzac, on occulte ce qui fait la richesse du romancier : un mode de création original et un style faussement plat.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Universitaire, Bernard Alavoine a déjà publié Georges Simenon, parcours d'une oeuvre et Les Enquêtes de Maigret : lecture des textes chez Encrage Édition, ainsi que de nombreux articles en France et à l'étranger sur cet auteur.

  • Retour sur le parcours étonnant d'un grand écrivain Georges Simenon est connu dans le monde entier comme le père de Maigret. Mais la silhouette légendaire du commissaire fait souvent oublier les autres romans. Ici, on a voulu voir en l'auteur un romancier, tout simplement, et s'interroger sur un écrivain véritable phénomène littéraire de notre siècle. Autrement dit : découvrir le vrai Simenon. Une intéressante biographie littéraire mettant en relation les anecdotes de la vie de l'auteur avec ses oeuvres EXTRAIT En 1949, un journal canadien, sous le titre de « Pronostics pour l'an 2000 », proposait à ses lecteurs un classement des écrivains francophones qui franchiront le cap de cette fin de siècle : parmi les élus figurait Georges Simenon... Aujourd'hui, nous sommes presque au rendez-vous du troisième millénaire et le « père de Maigret » est considéré comme l'un des grands romanciers de ce siècle, même si d'aucuns voudraient le reléguer aux marges de la littérature officielle, entre le « polar » et les héritiers d'une tradition classique. Georges Simenon est un auteur qui ne laisse pas indifférent : depuis les années 30, il étonne et fascine des acteurs de l'institution littéraire aussi importants qu'André Gide. Pourtant ses détracteurs existent et interdiront au romancier belge d'entrer vraiment dans le sérail : depuis 1933, Georges Simenon espère obtenir un prix littéraire, mais le Goncourt lui échappera régulièrement... A PROPOS DE L'AUTEUR Bernard Alavoine est Maître de conférences à l'Université de Picardie Jules Verne, Amiens (en 1998) et spécialiste de l'oeuvre de Georges Simenon. Il a participé également à l'ouvrage collectif Simenon : l'homme, l'univers, la création (1993).

  • Un roman fantastique aux teintes comiques Roman qui débute de manière très classique mais où il est bientôt question d'une religion devant succéder à toutes les autres, où le personnage principal est un mythe antique, où perce même la science-fiction, Les Fils de Judas est à coup sûr le chef d'oeuvre de Ponson du Terrail qui, cette fois, manie en virtuose le fantastique mais aussi la dérision. La complexité de sa construction, la solidité de son rythme tendent à prouver que ce roman a bel et bien été conçu et rédigé d'une seule traite, et se démarque ainsi de la production la plus courante de l'auteur. Découvrez ce classique de la littérature française, entre anticipation et comique EXTRAIT Maître Callebrand avait plusieurs fois déjà ouvert sa fenêtre et s'était penché au dehors avec inquiétude, murmurant parfois : - Pourquoi donc Tony ne revient-il pas ? Onze heures du soir venaient de sonner cependant et la pluie torrentielle qui tombait depuis huit heures, entremêlée de rafales et d'éclairs, avait rendu les rues désertes dans ce quartier toujours solitaire qu'on appelle l'île Saint-Louis. Maître Callebrand était seul dans son laboratoire, situé dans un vieil hôtel qui faisait l'angle de la rue des Deux-Ponts et dont les croisées donnaient à la fois sur la Seine et sur l'extrémité de la Cité qu'on appelait jadis le Terre-Plein. Le laboratoire, vaste pièce à panneaux de boiserie et à plafond traversé par de grandes solives peintes, était plongé dans l'obscurité. Au milieu seulement, ou apercevait un point lumineux rougeâtre. C'était la braise d'un fourneau, sur lequel était un alambic. A PROPOS DE L'AUTEUR Ponson du Terrail est né en 1829 et mort en 1871. S'inspirant tout d'abord du genre gothique, Ponson du Terrail se tourne rapidement vers le roman-feuilleton, style dont il devient une figure emblématique. Dans la veine des Mystères de Paris d'Eugène Sue, il crée le célèbre personnage de Rocambole.

  • Découvrez l'histoire du plus célèbre commissaire du cinéma et de la télévision Le commissaire Maigret est aussi célèbre que Sherlock Holmes ou Hercule Poirot. Le héros créé par Georges Simenon en 1929 est entré dans la légende grâce au cinéma et à la télévision. Traduites dans le monde entier, ses enquêtes suscitent toujours la curiosité des lecteurs. Comment Maigret est-il né de l'imagination du romancier ? Quelle est sa méthode d'investigation ? Quelle place occupe-t-il dans un genre qui connaît une véritable évolution médiatique ? Autant de questions sur lesquelles s'arrête ce guide de lecture. Un guide de lecture unique sur le célèbre héros de Simenon EXTRAIT Aujourd'hui, le commissaire Maigret est célèbre dans le monde entier. Depuis 1931, le policier à la pipe poursuit une honnête carrière dans la littérature mais surtout au cinéma et à la télévision. Même s'il est parfois boudé par les jeunes générations, Maigret reste une figure incontournable du roman policier et tous les Columbo, Derrick ou Navarro lui doivent quelque chose... Le commissaire est toujours d'actualité comme en témoigne la bonne santé de la série interprétée par Bruno Cremer : 54 épisodes tournés de 1991 à 2005 alors qu'initialement les producteurs en avaient prévu 12 ! Quant à la série des « Jean Richard », même si elle ne fait pas l'unanimité, elle continue à être rediffusée régulièrement sur les chaînes européennes. Du côté de l'édition, les lecteurs ont le choix entre l'intégrale chez Omnibus et Le Livre de Poche... Sans oublier la bande dessinée avec plusieurs titres au catalogue. A PROPOS DE L'AUTEUR Bernard Alavoine, maître de conférences à l'Université de Picardie Jules Verne, a déjà signé Georges Simenon, parcours d'une oeuvre, ainsi que de nombreux articles sur cet auteur.

  • Revivez l'histoire de la cathédrale d'Amiens Printemps 1236, la nef de la cathédrale d'Amiens est achevée. Néanmoins les bâtisseurs entrent dans la phase clé de l'élévation, la croisée des transepts. De plus le rite impose que la face de Dieu soit représentée au porche central afin que les offices religieux puissent s'y tenir. Le Livre d'Amiens ou le secret d'une cathédrale se situe à cette époque. Le lecteur est invité à entrer tour à tour dans l'intimité de Silvère, l'imagier sculpteur supposé du Beau Dieu, et de Jehan, l'appareilleur ou chef de travaux sous les ordres de l'architecte Renaud Cormont. Deux points de vue, celui d'un compagnon venu d'ailleurs et celui d'un fils d'échevin amiénois, pour faire revivre la ville d'Amiens au XIIIe siècle. La cathédrale d'Amiens est l'harmonie dans toute son élégance et sa splendeur, elle est l'apogée de l'art ogival. L'auteur y voit l'accomplissement du génie humain émanant de l'union de deux forces, celle de la connaissance - science et philosophie de l'alchimie - et celle d'une spiritualité authentique exprimée par la fraternité des compagnons et les sacrifices consentis par le peuple amiénois. Un roman historique empreint de spiritualité EXTRAIT Pour la première fois depuis bien longtemps, il ne s'était pas senti l'âme aussi légère en s'éveillant. Il ne se souvenait même pas d'avoir sombré dans le rêve répété de l'Atrocité hantant ses nuits depuis cette terrible Saint-Michel 1228. La cloche du couvent qui l'hébergeait résonna, il se prépara en toute hâte. Ce jour était décisif pour lui. Maître Thomas l'accepterait-il parmi les compagnons construisant le Grand Oeuvre ogival ? Sa vie d'errances et d'humiliations allait-elle enfin prendre un sens ? A PROPOS DE L'AUTEUR Marie-Françoise Hiroux, née en 1951 à Amiens, philosophe de formation, est une enseignante engagée dans la promotion de l'éducation et de la culture pour tous. Poète et photographe, elle a déjà publié plusieurs recueils de poésie et de nouvelles, et a exposé ses photographies dans des galeries amiénoises.

  • L'un des tout premiers romans de guerre publiés à l'issue du conflit franco-prussien de 1870 Le 3 novembre 1870, Hector Malot note le projet d'un roman à faire : Le voyage en France est en ce moment lugubre ; dans les gares et en wagon on ne rencontre que des blessés qui sortis des hôpitaux retournent à leur pays : jambes coupées, bras amputés, balafres au visage. Et tous ces éclopés jeunes et vaillants. Que vont-ils faire dans la misère où nous entrons. Comment vont les accueillir celles qui les aimaient. Il y a là un roman à faire : le Blessé, volontaire par amour revenant estropié après avoir vu tout ce qu'il y a de caractéristique dans cette guerre, et remercié par celle qu'il aime. Ecrit dans sa maison de Fontenay-sous-Bois encore occupée par l'ennemi, Souvenirs d'un blessé paraît dès novembre 1871. Découvrez les oeuvres d'Hector Malot, publiées par Encrage Edition. Des romans réalistes et sociaux pour plonger au coeur du 19e siècle EXTRAIT Mon nom est Goscelin, ou plus justement pour être exact, Louis Goscelin d'Arondel, car s'il faut en croire la tradition, je descends des Goscelin d'Arondel qui accompagnaient Guillaume le Bâtard dans la conquête de l'Angleterre, et qui ont encore aujourd'hui des représentants à la Chambre des lords. Malgré cette noble origine, mon père consentit à donner son nom à une bourgeoise, fille d'un simple fabricant de papiers à Courtigis, sur les bords de l'Eure ; il est vrai que la bourgeoise était riche, tandis que le gentilhomme était pauvre. A PROPOS DE L'AUTEUR Hector Malot, né à la Bouille (près de Rouen), le 20 mai 1830, mort à Fontenay-sous-Bois, le 17 juillet 1907, devint, après des études de droit et des emplois de clerc de notaire puis de journaliste, l'auteur d'environ soixante-dix romans de veine réaliste, dans lesquels il offre un panorama fidèle de tous les milieux de la société de son siècle.

  • Découvrez les oeuvres et la vie du grand romancier noir Léo Malet Léo Malet (1909-1996) est le père de Nestor Burma, le premier grand détective privé de la littérature française, immortalisé à l'écran et en bande dessinée. Son parcours, de la poésie surréaliste au roman d'énigme noir, se caractérise par une personnalité littéraire hors du commun. Véritable figure tragique, c'est seulement à la fin de sa vie, abandonné par l'envie d'écrire, qu'il connut le succès que mérite son oeuvre. Après Fantômas, les séries d'espionnage et Gaston Leroux, Alfu (Alain Fuzellier), fondateur et directeur de la revue Encrage puis d'Encrage Edition, continue d'explorer la littérature « populaire » et son influence sur l'imaginaire de notre temps. Pour la première fois, un ouvrage d'Encrage Edition entièrement consacré au père du détective Nestor Burma EXTRAIT Dans l'éditorial du n°8 de la revue Polar(janvier 1980), François Guérif déclare : « Il est un des tout premiers (sinon le premier) à qui l'amateur de polar français se doit de rendre hommage. Son apport dans ce domaine est considérable. » Michel Lebrun et Jean-Paul Schweighaeuser écrivent dans Le Guide du polar (Syros, 1987) : « Léo Malet ne doit rien à personne, mais le roman policier moderne lui doit tout. » A PROPOS DE L'AUTEUR Fondateur d'Encrage, Alfu est un spécialiste de la littérature populaire française. On lui doit, entre autres, L'Encyclopédie de « Fantômas » (1981) et L'Encyclopédie de SAS et du Commander (1983).

  • Présenté sous forme d'un recueil d'articles alphabétique, ce livre analyse l'oeuvre de Pierre Souvestre & Marcel Allain 1911 L'éditeur Fayard lance, à grand renfort de publicité, un roman inédit, écrit à quatre mains, qu'il va publier sous forme de gros volumes de sa collection « Le Livre populaire », durant trente-deux mois, et dont le personnage principal va très vite devenir une icône de l'imaginaire du vingtième siècle : Fantômas. 1981 Un jeune chercheur, récemment converti à la « littérature populaire », publie un livre, le premier entièrement consacré à l'étude de ce phénomène littéraire, en n'hésitant pas à entrer dans le détail de l'intrigue et des différentes composantes de l'oeuvre : cette Encyclopédie. 2011 Pour fêter dignement le centenaire de Fantômas, une nouvelle version de cette étonnante étude - qui a ravi les uns, en a agacé d'autres - paraît, enrichie d'une iconographie inédite. Des statistiques sur les lieux, les actions, les personnages, et un article pour chaque personnage central, chaque lieu important ainsi que pour les grands thèmes et composantes de l'oeuvre A PROPOS DE L'AUTEUR Fondateur d'Encrage, Alfu est un spécialiste de la littérature populaire française. On lui doit, outre L'Encyclopédie de « Fantômas » (1981), L'Encyclopédie de SAS et du Commander (1983).

  • Une analyse de l'oeuvre de Ponson du Terrail, une première en France « L'oeuvre de Ponson du Terrail est à la fois trop considérable et trop peu littéraire pour supporter l'analyse », pouvait-on lire dès 1874. Il semble pourtant que cette assertion, inlassablement reprise depuis plus d'un siècle, prend sa source dans une méconnaissance profonde de l'oeuvre de Ponson du Terrail, presque uniquement abordée par le biais de Rocambole. Ainsi, si le « rocambolesque » s'affiche quotidiennement, non sans être dénaturé, on oublie son auteur ainsi que la plus grande partie de sa production. Dès lors, il importait de proposer une véritable cartographie de ce territoire resté trop longtemps dans une ombre qu'on voulait paradoxalement rassurante. Car, au lieu d'en montrer les richesses insoupçonnées, on s'en écartait en raison du danger qu'il représente pour les critiques avides de classer définitivement dans les limbes ce phénomène mouvant et complexe qu'est l'autre-littérature, dont Ponson du Terrail reste l'un des pères fondateurs. Découvrez l'oeuvre de Ponson du Terrail, avec ce dictionnaire unique d'Encrage Edition A PROPOS DE L'AUTEUR Ancien élève des écoles communales de la Ville de Paris, diplômé de la Sorbonne, Alfu (Alain Fuzellier), créateur de la revue Encrage, chercheur affilié au CRAL, est, à l'heure actuelle, directeur d'Encrage Edition et responsable du Centre Rocambole (Centre de Ressources international du Roman populaire). Alfu est un spécialiste de la littérature populaire française. On lui doit, entre autres, L'Encyclopédie de « Fantômas » (1981) et L'Encyclopédie de SAS et du Commander (1983).

  • Découvrez les oeuvres et la vie du grand romancier d'aventures Gaston Leroux Ce premier volume propose une présentation courte mais complète de l'oeuvre du célèbre père de Rouletabille et de Chéri-Bibi, après un rappel de sa biographie, selon le plan commun à tous les volumes de la collection : introduction (enjeux actuels), biographie, présentation thématique de l'oeuvre, réception critique, bibliographie commentée complète et détaillée, filmographie. Ce présent ouvrage est le premier en France entièrement consacré à Gaston Leroux, grand journaliste, homme de théâtre à la vocation contrariée et perpétuel joueur qui devint le plus troublant des romanciers d'aventures de notre siècle. Pour la première fois, un ouvrage entièrement consacré à Gaston Leroux par Encrage Edition EXTRAIT Gaston Leroux n'échappe pas à la règle des romanciers prolifiques dont le public ne lit avant tout que les oeuvres les plus célèbres, oubliant de s'intéresser à d'autres titres pourtant tout aussi intéressants si ce n'est plus. Leroux, pour beaucoup, est surtout le père de Rouletabille, le petit détective français qui dame le pion à ses aînés anglo-saxons, et de Chéri-Bibi, le bagnard innocent poursuivi par une fatalité tout droit descendue de l'Olympe. Il est encore l'auteur du Fantôme de l'Opéra dont le cinéma s'est de nombreuses fois emparé pour des adaptations fidèles (le film avec Lon Chaney de 1925) ou lointaines (Phantom of the paradise de Brian de Palma), et de La Poupée sanglante, roman pseudo-fantastique qui a connu la gloire du petit écran. A PROPOS DE L'AUTEUR Fondateur d'Encrage, Alfu est un spécialiste de la littérature populaire française. On lui doit, entre autres, L'Encyclopédie de « Fantômas » (1981) et L'Encyclopédie de SAS et du Commander (1983).

  • L'auteur revisite le contexte historique et scientifique qui a mené Jules Verne à l'écriture.
    Issu de travaux menés depuis une trentaine d'années, ce livre propose une relecture passionnante d'un maître en science de la fiction.
    Science et littérature ne sont pas toujours associées de manière harmonieuse. Tout en se référant à des travaux scientifiques, Jules Verne développe un jeu avec l'imaginaire, avec les territoires encore inconnus, faisant jaillir des monstres de certaines inventions scientifiques. Même si son oeuvre frôle souvent le domaine du fantastique, les incursions y sont rares mais d'autant plus intéressantes à observer.
    Romans d'aventures, les écrits de Jules Verne jouent volontiers avec les conventions du genre : de nombreux romans se présentent comme des jeux avec le lecteur, jeu du chat avec la souris, mais aussi clins d'oeil qui renvoient brusquement le lecteur d'un roman vers un autre. La science romanesque de Verne présente une large palette.
    Enfin, le travail d'écriture romanesque repose sur la juxtaposition de voix issues de diverses origines. Elles constituent un feuilleté du texte romanesque où s'expriment les multiples discours de l'époque, y compris ceux d'autres auteurs. C'est tout le XIXe siècle qui se fait entendre.
    La science est donc souvent un prétexte dans la démarche de Verne, apportant le plaisir de jouer avec les références, les conventions du fantastique, le lecteur et même les grands textes littéraires.
    Un ouvrage passionnant et richement documenté qui explore des aspects encore inédits des romans de Jules Verne.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Daniel Compère est un historien du livre et un spécialiste du roman populaire. Il est Maître de conférences à l'Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3.

  • Comment empêcher la guerre ? Est-ce par un refus antimilitariste de porter les armes, ou par un effort préventif pour régler pacifiquement les conflits au moyen d'organismes internationaux ? Peut-on interdire de faire la guerre ? Y-a-t-il des guerres justes ? Pour se défendre par exemple si l'on est attaqué. Peut-on instituer un Droit de la guerre interdisant certaines pratiques ? Le débat autour de la guerre et de la paix n'est pas récent. Dès le Moyen Age et la Renaissance des hommes d'Eglise s'interrogent. Au XVIIIe siècle certains rêvent d'instaurer une paix « perpétuelle ». Mais c'est au XIXe siècle et au XXe que philosophes, économistes, écrivains, hommes politiques, clercs élaborent de nombreux projets. Car, du précepte chrétien Tu ne tueras point à la conception marxiste d'une guerre capitaliste dont les prolétaires seraient les instruments et les victimes, le courant pacifiste s'exprime dans une multitude de mouvements d'inspiration variée, incarnés parfois par d'illustres personnalités. Dans cet ouvrage Nadine-Josette Chaline, professeur émérite à l'Université de Picardie Jules Verne, révèle toute la diversité de ce pacifisme, son écho dans l'opinion publique, mais aussi son échec face à deux guerres mondiales qu'il n'aura pas su ou pas pu empêcher. EXTRAIT Eviter la guerre ou, une fois le combat engagé, l'arrêter... Tel est le but que se donnent divers groupes ou personnalités aspirant à faire disparaître la violence pour régler les différends susceptibles de survenir entre les pays. Ces efforts émanent d'hommes engagés depuis parfois longtemps dans une réflexion sur la nécessité et les moyens de maintenir la paix. En effet, un pacifisme aux multiples facettes se développe au cours du XIXe siècle, beaucoup plus discret que le nationalisme, mais surtout divisé en multiples tendances selon ses motivations. Utilisé pour la première fois au Congrès universel pour la Paix tenu à Glasgow en 1901, le terme « pacifisme » n'est d'ailleurs passé dans le langage courant qu'au début du XXe siècle et n'est admis dans le Dictionnaire de l'Académie qu'en 1930 après de longues discussions. Mais quelle paix veut-on ? Et par quels moyens l'obtenir, puis la garantir ?

  • Un ouvrage intéressant qui reprend le point de vue d'un militaire avant la Première Guerre mondiale Loin de l'idée reçue d'un XIXe siècle marqué par une phase de paix entre les guerres de Napoléon et la Grande Guerre, la correspondance familiale de l'officier du génie Ernest Ballard témoigne de la violence des premières phases de la conquête de l'Algérie en 1831 et 1841 qu'il décrit à ses parents. Reparti en Méditerranée orientale en 1855, le capitaine Ballard, désormais officier d'état-major relate à son épouse l'expédition de Crimée, de son départ de Marseille à son débarquement à Constantinople, puis de Sébastopol au camp de Traktir. Ce témoignage épistolaire inédit est d'autant plus exceptionnel que ce polytechnicien est un adepte du fouriérisme, actionnaire de l'Union agricole du Sig près d'Oran, lecteur de la Démocratie pacifique de Victor Considérant. EXTRAIT Alger, le 21 novembre 1831 Ernest à sa soeur Louise Ballard On m'a rappelé à Alger pour être meunier, c'est à dire surveiller les travaux que l'on avait à faire à des moulins que l'on avait établis depuis six mois et qui ne vont pas. Depuis mon arrivée, je n'ai eu le temps de connaître que le chemin d'Alger aux moulins et pas autre chose. Enfin, imagine-toi que je n'ai pas seulement vu la Casbah, c'était cependant le moins qu'on pouvait faire, de sorte que je ne t'apprendrai presque rien de ce pays. Je ne me suis trouvé qu'une seule fois l'occasion de parler bédouin, langue épouvantable, à laquelle personne ne mord ; il est très peu de personnes dans l'armée qui l'entende et encore moins qui la parle. Mais si les personnes qu'on rencontre ont une figure française, il n'en est pas de même des maisons qui ont une tournure algérienne et qui ne ressemblent en rien aux nôtres. Toutes les fois qu'on aperçoit une maison ayant des fenêtres de plus d'un pied carré, on peut dire qu'elle n'est pas habitée par des naturels du pays, qui n'ont que de très petits jours, grillagés dans la rue et placés à un pied au-dessus du sol des appartements. C'est derrière ces jours que les Algériennes se mettent pour regarder les passants, ce qui est le seul délassement pour elles.

  • Revivez une odyssée incroyable au coeur des tranchées ! Durant la Grande Guerre, Arnould Galopin (1863-1934) devient correspondant de guerre et se rend sur le front. Il en ramène la matière de nombreux articles - dont certains seront repris en librairie dans Sur la ligne de feu (Carnets de campagne d'un correspondant de guerre) chez De Boccard, en 1917 - et de plusieurs romans qui paraissent en feuilletons dans la grande presse quotidienne. Dans Les Poilus de la 9e, il met en scène une escouade - de la 9e compagnie du 388e régiment d'infanterie (VIe armée, 37e division) - dont on va suivre l'odyssée, rapportée par l'un de ses membres, le soldat Jules Parizot - ouvrier parisien dans le civil. Ce roman est un excellent exemple du «?roman de tranchée?» populaire qui conserve la verve des récits d'aventures traditionnels tout en évoquant la terrible réalité du moment?: un conflit dont on ne connaît pas encore - ni de sitôt - l'issue. Un roman historique de la Grande Guerre qui vous tiendra en haleine EXTRAIT D'abord, que je vous présente les poilus de la 9e. Ils sont quinze en tout et pour tout... pas un de plus, pas un de moins... Les autres sont restés là-bas, dans les plaines de Belgique, de la Marne, ou ailleurs ! De ceux-là nous ne parlons plus - à quoi bon chanter des de profundis ? - mais nous y pensons quelquefois. On ne s'est pas battu un mois ensemble sans se lier un peu d'amitié, n'est-ce pas ? Le sergent Robin, qui est un dur à cuire - il a rempilé deux fois, - prétend qu'il ne faut jamais pleurer les disparus parce que ça enlève tout courage... Si l'on doit parfois songer à eux, c'est uniquement pour tâcher de les venger. Drôle de corps, le sergent Robin ! Grand sec, le nez pointu, la moustache effarée, il court sans cesse, en agitant le bras droit, comme s'il sabrait quelque chose d'invisible. Au demeurant le meilleur garçon du monde. Il en est encore à donner une punition, et Dieu sait cependant, s'il pourrait en distribuer des « crans », car il y a, parmi ceux de la 9e, trois farceurs de Parisiens qui ont failli le rendre fou avec leurs montages de bateaux. A PROPOS DE L'AUTEUR Arnould Galopin est né en 1863 et mort en 1934. Salué par la critique et par ses pairs, en remportant le Grand Prix de l'Académie française pour Sur le front de mer, Arnould Galopin s'illustre dans le genre de la science fiction et du policier et dédie quelques-unes de ses oeuvres à la jeunesse. Il est notamment le créateur de Ténébras, l'adversaire farouche de Fantômas, du célèbre Allan Dickinson, mais aussi d'Edgar Pipe, personnage infuencé par Arsène Lupin. On remarquera également un style d'écriture commun à celui de Jules Verne et de H. G. Wells. Arnould Galopin est aussi l'auteur de quelques poèmes.

  • La sublimation des forces de l'armée française face à l'invasion allemande En 1912, le grand écrivain militaire Emile Driant, dit capitaine Danrit, rédige un roman dont le cadre est un conflit entre son pays et l'Allemagne, profitant de l'occasion pour valoriser une arme d'élite : le génie. Initialement publié dans le Journal des Voyages, ce roman qui a pour titre Robinsons souterrains et relate l'odyssée d'un groupe de sapeurs au cours de l'attaque d'un fort tenu par l'ennemi, va connaître une destinée surprenante, du fait du déclenchement du premier conflit mondial. Il est reproduit dans un grand nombre de journaux, au cours des premiers mois de la guerre, essentiellement les quotidiens de province, ce qui incite Danrit à le revoir, avant tout à cause de l'attaque en règle qu'il contient contre les pacifistes, au premier rang desquels les instituteurs. Aussi trouve-t-il le temps, non pas réécrire son roman, mais du moins de lui apporter quelques modifications. Danrit meurt au combat, devant Verdun, au début de l'année 1916. Même si son dernier roman - rebaptisé La Guerre souterraine - n'est pas, à proprement parler, un roman de guerre écrit durant le premier conflit mondial par un militaire de carrière, comme le seront ceux d'un Georges de Lys, il a bien sa place dans cette collection car il en contient le thème principal, la guerre, et traduit l'esprit de l'époque, celle de l'Union sacrée face à l'invasion allemande. Un roman d'aventures historique de l'époque de la Première Guerre mondiale qui ne manque pas de rythme ! EXTRAIT - Non, encore une fois, non que je vous dis ! - Voyons, mon adjudant !... - Inutile d'insister. Jamais je ne vous donnerai une autorisation pareille, quand c'est votre tour de prendre le service. - Mais puisque je serai revenu à temps pour le prendre, mon service ! - On ne sait jamais. Et puis la consigne est formelle : défense d'aller dans les villages voisins ; il y a encore trop de patrouilles allemandes qui passent la Moselle la nuit et qui viennent rôder par ici : ce serait du propre de vous faire pincer le jour de votre arrivée... - Oui. Mais il y a toujours moyen de se défiler... Je suis sûr que le capitaine ne me refuserait pas, mon adjudant, si je lui expliquais... - Le capitaine est à l'ambulance avec un éclat d'obus dans la jambe ; le lieutenant est à la tranchée jusqu'à demain matin, et moi je suis seul à la compagnie et je vous dis non... Est-ce compris ? - C'est bien ! A PROPOS DE L'AUTEUR Sous le nom de plume de Capitaine Danrit se cache l'officier militaire Emile Driant, né en 1855 et mort à Verdun en 1916. Emile Driant développe très tôt une prédisposition pour une carrière dans l'armée, s'illustrant particulièrement lors de ses études à Saint-Cyr. Brillant officier, Emile Driant devient parlementaire libéral lorsqu'il prend sa retraite militaire. Il utilisa le pseudonyme "Capitaine Danrit", anagramme de son nom, afin d'éviter la censure. Ses romans d'aventures militaires, influencés par le style de Jules Verne, ont connu un succès considérable.

  • Intrigues familiales sous fond de scènes criminelles Les Mystères du Temple est un petit chef-d'oeuvre de puzzle familial et criminel. Peu de personnages sont en scène - contrairement à la légende qui veut que Ponson du Terrail devait employer des marionnettes pour s'y retrouver - mais ils ont tous entre eux des rapports complexes. Ainsi par exemple, d'emblée, s'affrontent deux hommes dont l'un est le fils légitime du marquis de Hauteserre mais non son fils biologique, et l'autre son véritable fils, mais né d'une liaison adultère. Selon un procédé courant, l'auteur apprend à ses lecteurs le passé de ses personnages par l'intermédiaire de manuscrits prévus à cet effet et que l'on vole ou détruit selon l'intérêt du moment. Mais l'aspect le plus frappant de ce roman est l'intensité du registre criminel. Le crime semble être roi... Ce roman est paru dans le journal L'Omnibus, du 4 décembre 1862 au 26 avril 1863. Un supsense saisissant qui s'intensifie au fil des pages ! EXTRAIT Un matin d'hiver, comme le jour commençait à poindre, un homme qui marchait furtivement, le nez dans son manteau, se retournant de temps à autre pour voir s'il n'était point suivi, s'arrêta vers le milieu de la rue Nazareth, devant une boutique encore fermée, au-dessus de laquelle on lisait : Jacob Isambart marchand d'habits - C'est bien là, se dit-il en examinant cette enseigne. Et il frappa. Il avait plu toute la nuit, le ciel était gris, les trottoirs couverts de boue. L'homme qui frappait à la porte du marchand d'habits semblait avoir marché une partie de la nuit, si on prenait garde à sa chaussure dont le vernis avait disparu sous une épaisse couche de fange, et à son pantalon noir crotté jusqu'au genou. Cependant l'ensemble de sa mise sentait l'élégance, et ce n'était pas évidemment le besoin qui amenait cet homme dans un de ces antres soumis à patente, où le pauvre monde va chercher un peu d'argent en échange de ses habits. A PROPOS DE L'AUTEUR Ponson du Terrail est né en 1829 et mort en 1871. S'inspirant tout d'abord du genre gothique, Ponson du Terrail se tourne rapidement vers le roman-feuilleton, style dont il devient une figure emblématique. Dans la veine des Mystères de Paris d'Eugène Sue, il crée le célèbre personnage de Rocambole.

  • Revivez les premiers épisodes de la Grande Guerre ! Lors de sa publication dans Le Petit Parisien au début de l'année 1915, Sur les routes sanglantes de Jules Mary est qualifié de « récit de la Grande Guerre ». L'action se déroule en effet pendant le conflit : elle commence début juillet 1914, ce qui permet à l'auteur de mettre en scène la déclaration de guerre, la mobilisation, l'arrivée des soldats face à l'ennemi, les combats en Belgique, et l'épilogue se déroule en octobre 1914 près du village de Vailly dans l'Aisne, non loin du Chemin des Dames (où a eu lieu la première bataille de la Marne, fin août-début septembre 1914). Dans ce contexte particulier, Jules Mary développe une intrigue complexe comme il aime à en nouer dans ses récits. Soulignons la maîtrise narrative d'un romancier qui écrit pendant le déroulement de la Grande Guerre, vraisemblablement fin 1914, et parvient à y situer un récit qui relève tout à la fois de l'enquête policière, du récit d'espionnage, du drame familial et sentimental, et, bien sûr, du roman de guerre. Un roman historique au suspense haletant grâce à son intrigue d'espionnage EXTRAIT Au printemps de cette année-là, l'état-major achevait un voyage d'études sur les lignes de l'Oise, de la Somme et de l'Aisne. Les autos s'étaient arrêtées au pied d'un coteau, entre Vailly et Craonne. Les officiers avaient monté la côte et, la jumelle aux yeux, admiraient le joli paysage de fraîcheur et de verdure qui s'étendait à perte de vue en un panorama sur lequel s'abaissait lentement le déclin du soleil. Sur le versant des côtes, Chavignon, Vailly, Berry-au-Bac étalaient leurs maisons couvertes d'ardoises des Ardennes, et le filet de l'Aisne serpentait à leurs pieds en longs et multiples anneaux qui semblaient garder, en descendant vers Soissons et Compiègne, les reflets des sombres frondaisons de la forêt d'Argonne. Sur le haut du plateau où les officiers venaient de s'arrêter, le Chemin des Dames profilait sa régularité parfaite parallèlement à la rivière, en frôlant la ferme d'Heurtebise et la tour du vieux moulin à vent de Vauclère, d'où Napoléon suivit les détails de la bataille en 1814. Vers le sud, un étroit repli de cette vallée d'ombre, de fraîcheur et de repos est traversé par le ruisseau du Ployon et se barre du côté de l'Aisne par un long talus naturel appelé bois des Couleuvres. Là, est le village de Craonnelle... Au long du Ployon, des moulins. A PROPOS DE L'AUTEUR Jules Mary est né en 1851 et mort en 1922. Officiant en tant que franc-tireur pendant la guerre franco-prussienne, l'écrivain se lie d'amitié avec Arthur Rimbaud qu'il rencontre au cours de son séminaire à Charleville. Membre de la Société des Gens de Lettres et décoré de la Légion d'Honneur, Jules Mary fut fortement influencé par le mouvement littéraire du naturalisme, et en particulier par la fresque politique et historique de Victor Hugo, Les Misérables. L'un des thèmes principaux de ses romans est "l'erreur judiciaire".

  • Quels mystères et secrets cache cet étrange médecin de campagne ? Ce roman fait exception chez l'auteur en cela qu'il s'agit non plus d'un roman d'aventures criminelles, c'est-à-dire où l'aventure domine - avec ses éléments narratifs?: enlèvement, duel, usurpation d'identité, poursuite, etc., - mais bien d'un roman purement criminel dans lequel, sans artifice superflu, un personnage tente de mener à bien une entreprise à but criminel, l'entraînant le plus souvent à commettre des crimes de sang. La figure du criminel est cette fois celle d'un médecin de campagne, bien éloigné de ces médecins apprentis sorciers que sont le Dr Samuel des Gandins (1860) ou le médecin anonyme de L'Héritage d'un comédien (1864). Son projet est beaucoup plus modeste mais non moins terrible ; il repose sur l'ambition et sur la haine. En l'absence d'une véritable enquête policière, il n'est démasqué que grâce à un procédé pour le moins exotique. Un roman au suspense à couper le souffle EXTRAIT C'était la veille de Noël. La neige couvrait la terre, le brouillard rampait au-dessus de la neige et, au travers, apparaissait çà et là un coin de ciel bleu parsemé d'étoiles. Cependant, l'hiver n'avait pas été rude. Il avait beaucoup plu en octobre, il avait un peu gelé en novembre ; mais l'été de la Saint-Martin était arrivé, et après lui quelques journées brumeuses. Le temps était à peine froid et la neige ne durcissait pas ; mais de cette neige à peine consistante s'élevait un brouillard épais, dense, et qui avait des tons rougeâtres. Deux hommes, l'un à pied, l'autre à cheval cheminaient de compagnie et causaient à mi-voix. De temps en temps, l'homme à cheval se pressait sur ses étriers comme s'il eût voulu percer le brouillard de son regard, et voir s'il était loin encore du terme de son voyage. Sur la gauche, un clocher de village perçait la brume ; sur la droite, on entendait un clapotement. Le village dont la flèche montait dans le ciel gris se nommait Fay-aux-Loges. A PROPOS DE L'AUTEUR Ponson du Terrail est né en 1829 et mort en 1871. S'inspirant tout d'abord du genre gothique, Ponson du Terrail se tourne rapidement vers le roman-feuilleton, style dont il devient une figure emblématique. Dans la veine des Mystères de Paris d'Eugène Sue, il crée le célèbre personnage de Rocambole.

  • Une enquête criminelle autour d'un savant fou En 1882, Fortuné du Boisgobey est passé maître dans l'art d'écrire un roman policier. Tout commence naturellement par un crime, introduit de manière spectaculaire, et se poursuit par une double enquête : d'un côté celle de la police officielle et de la justice ; de l'autre celle de détectives amateurs. Chez Boisgobey, ceux-ci sont souvent de jeunes aristocrates courageux ; ici, ce sont des artistes : le peintre Alfred Caussade et son ami vaudevilliste Georges Darès. Mais cette fois, l'adversaire n'est pas un mystérieux étranger, mais une femme... La perspective change, le registre sentimental est grandement exploité, mais l'intensité du drame demeure, avec un intéressant suspense final. Un personnage de savant fou - médecin, pour être plus précis - agrémente la distribution, et sa terrible invention aura son importance. Le roman est paru initialement dans La Lanterne, du 16 octobre au 19 décembre 1882, puis fut publié en librairie chez Plon, en 1883. Fortuné du Boisgobey offre ici un nouveau roman policier avec une intrigue judiciaire et une romance parfaitement menées EXTRAIT Ce n'est pas un mariage du grand monde ; ce n'est pas non plus une noce d'ouvriers, où chacun paye son écot. Il n'y a pas de voitures de maître à la porte du restaurant, mais les mariés et leurs témoins sont venus dans des landaus de louage, conduits par des cochers gantés de blanc et traînés par des chevaux enrubannés. Si le dîner a été commandé dans la banlieue, c'est que, dans l'intérieur de Paris, les salons de cent couverts sont assez rares ; mais l'établissement du père Cabassol, à Boulogne-sur-Seine, n'est pas une guinguette. Il est avantageusement connu depuis quarante ans, et sa spécialité, c'est de confectionner, au plus juste prix, les repas de noce de la bourgeoisie aisée. Plus d'un gros négociant, qui tient maintenant le haut du pavé sur la place, y a fêté jadis le plus beau jour de sa vie, alors qu'il débutait dans les affaires et qu'il s'estimait trop heureux d'épouser la fille d'un boutiquier, avec cent mille francs de dot. Cette fois, c'est la fille d'un médecin qui épouse le caissier d'une maison de banque. A PROPOS DE L'AUTEUR Fortuné du Boisgobey est né en 1821 et mort en 1891. Écrivain emblématique du XIXe siècle, il s'est essayé au genre du roman policier, judiciaire et historique. Ayant connu un succès considérable de son vivant, il est considéré comme l'un des plus grands feuilletonistes de la littérature française. Il fut à la tête de la Société des Gens de Lettres entre 1885 et 1886.

  • Un crime au coeur de Paris avec en toile de fond la guerre franco-prussienne Roman contemporain, roman policier, roman parisien : tel peut être défini Le Coup de pouce. L'action se partage entre Paris intra-muros et la localité - imaginaire - de Charly-sous-Bois. Un crime est commis dont on croit connaître le coupable qui est très vite emprisonné, car, désigné par sa victime, tout semble l'accuser... Mais, selon un schéma très courant chez l'auteur, un jeune aristocrate, Julien de La Chanterie, convaincu de l'innocence du personnage, va se lancer dans une véritable enquête policière, découvrir un mystérieux document et s'intéresser à un troublant notable étranger : Wilfrid Wassmann... L'action se déroule à la veille, puis dans les premières semaines de la guerre franco-prussienne, des événements dont Fortuné du Boisgobey a été le témoin. Aux descriptions précises et passionnantes qu'il donne, comme toujours, de Paris et de sa banlieue, il ajoute cette fois le ressenti personnel du témoin authentique. Pour finir, on frôle le roman d'espionnage mais, après avoir subi un constant suspense on découvre le pot-aux-roses, alors que l'ennemi de la nation approche... Le roman est paru initialement dans le Petit Moniteur Universel du Soir, du 27 juin au 16 septembre 1874, puis a été publié en librairie chez Dentu en 1875. Un roman d'espionnage historique dont le suspense est maintenu jusqu'à la dernière page ! EXTRAIT L'omnibus de la Madeleine à la Bastille roulait sur la ligne des boulevards, et versait des torrents de poussière sur ses obscurs blasphémateurs, comme disait ce pauvre Arnal dans Renaudin de Caen - un vaudeville d'il y a trente ans. En style vulgaire, il faisait une chaleur abominable, le macadam poudroyait, et l'omnibus étant complet, les gens qui couraient après lui s'essoufflaient inutilement, puis s'arrêtaient en s'essuyant le front et en maugréant contre le monopole de la Compagnie. Déçus dans leur espoir, ces aspirants à la locomotion à bon marché n'avaient pas même la consolation d'être plaints par les voyageurs plus heureux qui remplissaient la voiture. Au contraire, les premiers occupants leur riaient au nez - ainsi va le peuple le plus spirituel de la terre, - et les moqueries s'adressaient surtout à des femmes, car, sous ce soleil torride, les hommes recherchaient peu l'impériale, où ils ont seuls le privilège de grimper. A PROPOS DE L'AUTEUR Fortuné du Boisgobey est né en 1821 et mort en 1891. Écrivain emblématique du XIXe siècle, il s'est essayé au genre du roman policier, judiciaire et historique. Ayant connu un succès considérable de son vivant, il est considéré comme l'un des plus grands feuilletonistes de la littérature française. Il fut à la tête de la Société des Gens de Lettres entre 1885 et 1886.

  • Le Mystère de Ker-Even

    Delly

    Romances et mystères en Bretagne Paru dix mois après La Fin d'une Walkyrie, toujours dans L'Echo de Paris, Le Mystère de Ket-Even, grand roman d'espionnage inaugure les « Delly double », romans plus longs qui vont désormais alterner, dans l'oeuvre de l'auteur, avec ses romans habituels. Pour ce format, Delly va plonger vraiment dans le roman populaire et bâtir une intrigue remarquablement prenante, sur un fait d'actualité documentaire contemporain, la Grande guerre en cours, avançant son explication personnelle, si l'on peut dire, du conflit, dont les racines sont à rechercher loin dans le prologue de l'avant-guerre, dans les réseaux sournois que nos cousins « germains » sont sensés avoir tissé dans notre pays trop confiant. Delly s'appuie en fait tout simplement sur la littérature de propagande dénonçant l'espionnage allemand installé en France. Le crime, motif feuilletonesque essentiel, sature littéralement le récit, et la volonté criminelle est un moteur majeur de l'intrigue. Ici, cette volonté criminelle a comme nom le pangermanisme. De fait, les monstres moraux vont devenir de plus en plus noirs et monstrueux d'un roman dellyen à l'autre, dans une tentative sans cesse renouvelée d'atteindre à la noirceur sublime et totale, idéal toujours à surpasser, tandis que les anges de bonté opteront pour le chemin symétrique et inverse. Parcourir tous les échelons du Mal chez Delly semble être une source de délice pour cet auteur autant que pour ses lecteurs. Suspense, histoires d'amour, secrets : tout est au rendez-vous pour séduire le lecteur tout au long de ce roman EXTRAIT Il pleuvait depuis le matin - petite pluie fine, serrée, que les marins appellent « crachin ». Elle noyait l'horizon, étendait son triste voile gris, humide, sur la mer sombre presque tranquille aujourd'hui, sauf autour des récifs contre lesquels, toujours, elle écumait en vagues pressées, rageuses, comme demandant aux rocs sournois la proie qu'ils lui avaient si souvent procurée, depuis des siècles. La route conduisant au petit port de Conestel n'apparaissait pas cependant trop boueuse, grâce à son sol dur - un vrai sol de granit ! comme le répétait le colporteur qui avançait d'un pas lourd, en poussant devant lui une petite voiture recouverte d'une toile cirée. C'était un homme d'environ quarante-cinq ans, plutôt petit, maigre, les cheveux blonds grisonnants. Des yeux d'un bleu vif brillaient dans sa face blafarde, aux traits mous. Une longue pèlerine en drap verdi tombait sur ses épaules, un large béret noir le coiffait. Des bottes solides montaient jusqu'à ses genoux, et leurs semelles épaisses, leurs talons ferrés martelaient le sol, qui rendait un son mat. A PROPOS DE L'AUTEUR Derrière le nom de Delly se cache en réalité un frère et une soeur, Jeanne-Marie et Frédéric Petitjean de la Rosière. Ayant connu un succès retentissant, ces deux écrivains sont emblématiques de la littérature populaire de la première moitié du XXe siècle. Adoptant une attitude moraliste dans leurs oeuvres, leurs romans revêtent pour la plupart un caractère sentimental.

  • Quel était leur quotidien lors de la Première Guerre mondiale ? Femmes et gosses héroïques est un recueil d'écrits de circonstances, mots, réflexions et nouvelles de guerre, publié en 1915. Il présente l'originalité de donner la vedette à des femmes et à des enfants, qui apparaissent comme des exemples de courage et de patriotisme à imiter alors que la guerre s'installe dans le quotidien des Français. L'ouvrage se caractérise aussi par une grande variété : dans la forme adoptée par les textes, la nationalité et la condition des personnages, ou encore les lieux où se révèle leur héroïsme - à l'arrière, au front, à Paris, en province, en Allemagne, en Pologne... Avec des récits tantôt dramatiques, tantôt pleins d'une savoureuse ironie, il permet d'apprécier le talent de nouvelliste d'un auteur davantage connu pour ses romans d'aventures. Découvrez la vraie vie de ces femmes et de ces enfants, au front comme à l'arrière EXTRAIT Lineke (diminutif affectueux d'Aline) est toute blonde et toute rose. Elle a grandi dans la Flandre catholique. Sa petite âme simplette et pure réprouvait naturellement la violence. Elle ne concevait que pardon, excuse, miséricorde, même pour les pires coupables. Je la rencontre. Est-ce pour la taquiner ? Peut-être ; mais je lui dis : - Vous avez lu... à tel endroit... cette hécatombe d'Allemands ? Ses paupières palpitent. Elle pâlit un peu en murmurant : - Et des nôtres ? - Oh ! beaucoup moins. La proportion est de un à cinq. Son visage s'éclaire. Elle joint les mains, et fervente : - Que Dieu soit béni ! A PROPOS DE L'AUTEUR Paul d'Ivoi est le nom de plume de Paul Deletre, né en 1856 et mort en 1915. Auteur de pièces de théâtre de boulevard, Paul d'Ivoi est surtout connu pour sa série Les Cinq sous de Lavarède et pour la série des Voyages excentriques, fortement influencée par Les voyages extraordinaires de Jules Verne.

  • Au front, à l'arrière, le conflit militaire est partout En mars 1915, le père d'Arsène Lupin est sollicité pour apporter lui aussi sa contribution à la rubrique des contes de guerre du grand quotidien national Le Journal, et il entame sa série des Contes héroïques, publiée durant un an. Dans ces contes, Maurice Leblanc montre comment la guerre a bouleversé les rapports sociaux, les moeurs, les relations interpersonnelles, et remis en question l'égoïsme individuel ou mondain, qui prévalait avant la guerre et qui fut le sujet de nombre de ses propres contes. Face au drame collectif que constitue la guerre, qui s'installe dans la vie de tous pour longtemps, conduite avec des méthodes nouvelles ancrées dans la durée et la dureté, chacun des personnages réagit de façon inédite en réveillant une part enfouie de vertu, qui s'appelle héroïsme, abnégation, sacrifice, honneur, simplicité, courage. Qu'il ait été criminel, vagabond, infidèle, couard, ou seulement citoyen ordinaire, la guerre fait office de révélateur. Un roman historique qui permettra d'évaluer les conséquences sociales et psychologiques de la Première Guerre mondiale EXTRAIT Vers minuit, on vint frapper à la porte de la petite cellule qu'Yvonne Dalbrecq occupait au troisième étage de l'hôpital. - Vite ! vite ! madame Yvonne, un convoi de blessés qui arrive ! Elle ne dormait pas. Bien qu'à bout de forces au soir de ses longues journées d'infirmière, si laborieuses et si émouvantes, elle avait encore des insomnies où l'assiégeaient tous les mauvais souvenirs de sa vie brisée ; les trahisons de son mari, les pardons inutiles, les humiliations, et puis, après vingt ans de martyre, la fuite de l'infidèle, de l'infidèle aux cheveux gris qui s'éprenait bêtement d'une fille quelconque. Depuis six mois c'était fini. Au coeur d'Yvonne il n'y a plus d'amour pour celui qu'elle méprise. Elle ne souffre même plus. Mais parfois, durant les heures où l'on s'oublie à remuer le passé, quel goût d'amertume lui montait aux lèvres ! - Allons, dit-elle en s'habillant, un peu de fatigue encore. Tant mieux ! Sous la blouse d'infirmière, coiffée du bonnet qui encadrait si joliment son doux visage à peine touché par la souffrance, elle descendit dans les anciens parloirs du rez-de-chaussée que l'on avait transformés en lavabos. L'un d'eux lui était réservé. Une demi-douzaine de soldats s'y trouvaient déjà étendus sur des matelas, et les deux infirmiers de service commençaient à les dévêtir et à les laver, avant qu'ils ne fussent conduits dans les salles de visite. A PROPOS DE L'AUTEUR Maurice Leblanc est né en 1864 et mort en 1941. Mondialement connu pour être le père d'Arsène Lupin, le genre de prédilection de Maurice Leblanc fut le roman policier et d'aventures. Repéré par Jules Renard et Alphonse Daudet, il a inspiré de nombreux écrivains, notamment Gaston Leroux et les auteurs de Fantômas.

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