Littérature générale

  • Curieux titre en vérité pour un livre consacré à de difficiles ascensions dans les Alpes, le Vercors, le Sahara...
    Cet ouvrage nous raconte comment un garçon de 14 ans, chaussé d'une simple paire de brodequins de chantier, découvre la montagne et devient en quelques années l'un de nos meilleurs alpinistes. Il nous dit comment, peu à peu, cette passion devient raison de vivre... Au-delà du simple récit de quelques aventures, aussi exaltantes ou douloureuses soient-elles, voici l'histoire d'une vie qui commence à 14 ans, âge ou la folie de la montagne empoigna un jour Jean-Marie Choffat pour ne plus jamais le lâcher. Comme la montagne envoûta l'auteur, il nous envoûte à son tour, nous dévoilant quels liens prodigieux, quels rapports étranges et merveilleux se tissent entre un homme fou de liberté et un univers d'absolu. Ainsi, de nos jours, quelques êtres sont encore capables de tout sacrifier, de tout risquer, y compris leur vie, pour découvrir la vérité de l'homme face à la nature, face à la beauté, face à eux-mêmes...
    Les brodequins du soleil est le premier livre de Jean-Marie Choffat. Ecrit à 27 ans, cette oeuvre de jeunesse relate les treize premières années de montagne de l'auteur. Ces brodequins du soleil que nous chaussons à sa suite, nous entraînent sur ses traces dans un style puissant et irrésistible, vers le monde où il rêve, où il aime, où il vit.
    Découvrez le témoignage haletant d'un homme dévoré par la passion de la montagne dés l'âge de 14 ans !
    EXTRAIT
    Je suis montagnard. Sans sécurité de l'emploi, sans fortune, sans tous les éléments traditionnels qui font la vie courante et le confort de chacun. C'est difficile, c'est merveilleux. C'est en tout cas mon choix et ma volonté. Ça n'est pas la chance qui m'a permis de vivre à ma guise. Choffat dernier de la classe, Choffat apprenti brouillon, Choffat ouvrier sans goût, une nullité ? Pas tout à fait. Il suffisait d'une rencontre. J'ai eu la chance immense de faire cette rencontre. Sachant ce qu'elle pouvait m'apporter, j'ai eu la sagesse de la prolonger et de ne pas trahir ce qu'elle a enfanté. J'effectue en compagnie de clients beaucoup de courses magnifiques, difficiles, humaines. Mes rapports avec eux sont peut-être démodés, témoins oubliés d'un temps où la montagne ne vendait pas ses sommets au plus offrant, parce que simplement les hommes ne l'avaient pas encore prostituée.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Né en 1956 à Belfort, Jean-Marie Choffat découvre la montagne et l'alpinisme à l'âge de 14 ans. En 40 années de montagne, il a réalisé plus de 1200 ascensions et de nombreuses premières, tant en France qu'à l'étranger. Ancien vice-président du G.H.M et membre de l'Alpine Club, il est l'auteur d'une dizaine de livres dont beaucoup ont étés primés.

  • Avec ce recueil, découvrez un inventaire poétique et étonnant des tranches les plus singulières du quotidien...
    Que reste-t-il ?
    Trois fois rien, et pourtant, sur le bord d'une assiette, sous la table d'une salle de classe, ou bien là sur la peau, à la commissure des lèvres d'un jeune homme amoureux : partout autour de nous, des recoins dans lesquels l'instant passé s'accroche en une trace, une miette... Un monde d'échos fragiles fait de témoins discrets. Un microcosme hésitant, ni contemporain, ni caduc, où le temps n'a pas su trancher.
    Au gré d'un inventaire inattendu, ce recueil nous révèle la singularité de ces petits vestiges du quotidien où se racontent en creux les histoires et les bouts de vie.
    Par un jeu de mise en page judicieux, cet ouvrage nous laisse ressentir, imaginer, suspecter la nature du sujet abordé et parfois nous tromper et emprunter de fausses pistes comme des faux-semblants, pour mieux nous surprendre au détour de la page suivante.
    Car ici les choses ne disent pas leurs noms.
    Laissant le lecteur aborder chaque nouveau chapitre sans idée préconçue, les textes ne dévoileront leurs titres -et par là même leur sens véritable- qu'une fois la page tournée.
    Grâce à une mise en page astucieuse, ce recueil vous emportera pas à pas dans son microcosme inédit et surprenant, semé de fausses pistes !
    EXTRAIT
    5
    Un jour, une forêt.
    Puis un million d'années dans le noir, enfermée,
    pour se voir un beau jour extirpée de sa tombe.
    Ça devait forcément porter malheur,
    remonter à l'air ce fantôme.
    5 : Pétrole
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Renaud de Chaumaray vit dans son pays Basque natal avec sa femme et ses deux filles. Il y exerce la profession de conseiller en écoconstruction. Contemplatif assidu, son environnement proche est pour lui une source intarissable d'inspiration. Que reste-t-il est son premier recueil à être publié.

  • L'aube du diable

    Arnaud Zuck

    Un récit glaçant qui décrit les évènements qu'une paroisse a connus en 1956.
    1956. L'Église catholique découvre, révulsée, le crime de sang hors norme commis par l'un des siens, jeune curé d'une trentaine d'années. Revivez de l'intérieur ce drame humain authentique et bouleversant, enfin romancé !
    Jeune prêtre charismatique au charme inimitable, l'abbé Henri Breger, est vénéré par ses fidèles. Avec son style moderne, il réveille, dans une presque idylle, la vie de la paroisse encore meurtrie par les récentes blessures de la guerre achevée une décennie auparavant. Mais... dans l'ombre de son dévouement, entre les prônes et les confessions, le rock'n'roll et les fêtes du village, le père Henri partage avec ses paroissiennes éperdues bien d'autres plaisirs.
    Pris à son propre piège, l'abbé va s'acharner à étouffer un secret qui le dévore, susceptible de le conduire à sa perte... Il s'apprête à commettre l'horreur insoutenable, proche de le mener à l'échafaud.
    L'Aube du diable ravive, dans ses moindres détails, un souvenir déchirant qui continue de glacer le sang, 65 ans après. On assiste, impuissant, à la dérive de la raison jusqu'à l'éclosion du mal...
    Plongez-vous dans ce roman, à cheval entre la fiction et le fait divers et comprenez enfin ce qu'il s'est réellement passé en 1956.

  • Tels des ronds dans l´eau, les vies se touchent, s´interpénètrent, se fondent et se désunissent au gré des turbulences qui agitent l´onde de nos existences...
    La saga dépeinte avec talent par Marie-pierre Pruvot sur un scénario de Galia Salimo nous plonge dans les méandres des manipulations familiales dignes des grands auteurs Russes.
    Lorsqu´une différence est vraiment acceptée, ne disparaît-elle pas, tout simplement ?
    Marie-Pierre Pruvot est née en 1935 en Algérie. Elle s´installe à Paris à l´âge de 18 ans et devient une figure emblématique des nuits parisiennes sous le nom de scène de « Bambi ». Dans les années 60, Marie-Pierre reprend ses études, passe le bac en 1969 et devient professeur de Lettres modernes en 1974. Aujourd´hui à la retraite, elle est l´auteure de plusieurs ouvrages aux éditions Ex-Aequo : « J´inventais ma vie » en trois Tomes, « France, ce serait aussi un beau nom » et « Marie parce que c´est joli » (aux éditions Bonobo).
    Née à Marseille d´un père malgache et d´une mère italo-corse Galia est une fille des iles. Après de brèves études de droit à Aix en Provence elle « monte » à Paris où sa rencontre avec Jean-Marie Rivière va changer le cours de sa vie. L´alcazar, le Carrousel, le Palace puis le Queen (dont elle animera pendant 18 ans les fameuses soirées « Overkitsch » du Dimanche soir) ...le Paris qui brille et qui pétille décide d´en faire l´une de ses reines.
    Aujourd´hui, c´est dans l´ambiance glamour et sophistiquée d´une institution parisienne, ultime sanctuaire d´une nuit civilisée, le Mathi´s Bar que l´on peut la retrouver.

  • à la frontière

    Cendrine Bertani

    Suivez le guide. Je vous invite à parcourir les contrées américaines.
    Oh, ce n'est pas un voyage classique. Nous allons sortir des sentiers battus, explorer les bas-fonds, aborder des sujets épineux. L'Amérique veut nous montrer des sites majeurs, reflet de sa réussite. Votre guide, lui, aborde tous les thèmes. Je vous présente d'autres paysages. Des lieux de crime. Des scènes où des attentats ont été commis. Ne vous méprenez pas. Vous ne risquez rien. Vous êtes prévenus.
    Si vous vouliez contempler les chutes du Niagara, ou le Grand Canyon, il faut changer de file. Mon collègue propose ce style de circuit, moins aventureux. Vous êtes restés ? C'est que vous avez bon goût. Enfin, vous avez le goût du risque, j'entends. Je vous souhaite d'échapper aux cinglés dont le cerveau est lessivé par les drogues, aux machos qui ont reçu une éducation ultra-nationaliste, aux prédateurs qui ne sont pas tous des bêtes, et même aux esprits vengeurs.
    Cette société corrompue par nos déviances et notre volonté de maîtriser le monde, c'est évidemment la nôtre. Celle de demain, si nous ne réagissons pas maintenant. Alors ouvrez les yeux. Tenez à distance les alligators, ne prenez personne en auto-stop, ne laissez pas vos enfants chercher dans les substances illicites un paradis artificiel. Défendez vos valeurs, et non vos intérêts. Sinon les spectres de vos ancêtres reviendront vous hanter.
    Rassurez-vous. J'ai de l'humour. On va se marrer.
    Partez pour un voyage atypique qui montre, à travers de courts textes, les côtés les plus sombres de l'Amérique d'aujourd'hui.
    EXTRAIT
    Elle était partie sur un coup de tête. Au sens propre, comme au sens figuré. Son nez endolori s'était arrêté de saigner, mais une croûte brunâtre venait souiller sa lèvre supérieure, et elle n'avait pas pris le temps de se nettoyer le visage. Elle n'avait songé qu'à une seule chose : mettre le plus de distance possible entre son mari et elle.
    Quand la dispute avait éclaté, Théo était déjà attaché dans la voiture, occupé à jouer à Mario sur sa DS. Une chance. D'abord parce qu'il n'avait pas tout entendu. Ensuite parce qu'elle avait pu bondir dans la Nissan et démarrer sur les chapeaux de roue.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Cendrine Bertani est née en 1978. Elle est enseignante de lettres classiques et romancière. Ses textes analysent la société actuelle, avec cynisme, dans des fictions où l'auteure s'interroge sur la place que nous accordons à l'éducation, à la culture, et à l'héritage du passé.

  • Deux femmes cheminent ensemble jusqu'aux rebords de la vie.
    Line est mandatée par le tribunal pour protéger les intérêts d'une vieille femme précaire. Celle-ci refuse la tyrannie de la longévité à tout prix : elle ne veut plus végéter dans un mouroir les yeux rivés au plafond. Les deux femmes s'opposent puis concluent tacitement un terrible pacte. Elles vont cheminer ensemble sur le rivage de l'Atlantique jusqu'aux rebords de la vie.
    Dans un texte profondément humaniste, Anne Bert propose une réflexion sur le délicat sujet du dénuement de la vieillesse et de la fin de vie. La mort est aujourd'hui devenue plus taboue que le sexe. Mais la longévité a souvent un prix : celui de la pauvreté, de la solitude et de la misère. En évitant l'écueil du pathos, avec tendresse et même humour, ce roman bienvenu dérange et bouscule. (Ce texte est une 2ème édition, initialement paru sous le titre Épilogue aux éditions Edicool en format numérique, nominé pour le Prix du livre numérique 2013).
    A travers ce roman, découvrez une réflexion humaniste sur le dénuement de la vieille et de la fin de la vie.
    EXTRAIT
    Marguerite était douce et rugueuse comme une pierre ponce. Patiente, si patiente à s'user, longuement, interminablement... ne laissant filtrer que de microscopiques poussières témoins de son existence.
    Line allait à elle comme on va au rebord, à l'extrémité d'un équilibre, d'un corps, d'une existence. Voilà ce qu'était Marguerite : une vie en suspens. Une minuscule vie insignifiante de rien du tout qu'habitait le genre humain.
    Line ne savait pourquoi cette vieille femme plutôt que les autres - pourtant plus déglingués - retenait toute son attention. Peut-être parce que le corps et l'esprit étaient épargnés et que seules la misère, la solitude et la pauvreté l'avaient laissée sur le bas-côté. Sans doute aussi parce Marguerite était une femme en latence, tramant derrière ses petits yeux parcheminés quelque chose qui lui échappait. Certainement parce que Marguerite était vieille et lourde de tant d'années.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Anne Bert publie des romans et des nouvelles depuis 2009. Elle s'intéresse particulièrement à ce qui se passe derrière les écrans opaques de la bienséance. Après avoir écrit plusieurs livres érotiques, elle entend poursuivre l'exploration de ses thèmes de prédilection, l'intime, l'impermanence des choses et l'hypocrisie de la convenance. Elle tient le blog Impermanence et chronique également sur le webzine « le Salon Littéraire ».

  • Fécamp est mis sous cloche et coupé du reste du monde par une brume inquiétante...
    Une brume inquiétante envahit la côte d'albâtre. Fécamp et ses environs se retrouvent brutalement coupés du monde extérieur, comme mis sous cloche durant des jours, des semaines et des mois. La municipalité ne sait plus comment endiguer l'exode et la violence d'une population affamée. L'armée intervient mais ne peut empêcher les révoltes, les pillages et même les assassinats de notables.
    Jean-Mary, artiste peintre local, décide de fuir vers la Seine. En chemin il croisera des personnages surprenants puis une femme mystérieuse qui le ramènera au port.
    La brume obsédante semble vouloir nettoyer cette portion de terre, lessiver l'âme de ses habitants confrontés aux grands choix. Est-ce leur part d'ombre qui se cache au milieu des gouttelettes assassines ?
    A travers ce roman, découvrez comment les gouttelettes d'une brume obsédante fait ressortir la part d'ombre des habitants de Fécamp.
    EXTRAIT
    Il arriva à vive allure. À quelques mètres de la plage de galets, je pouvais maintenant me rendre compte qu'il ne s'agissait ni d'une vague géante ni d'un quelconque cyclone à l'horizontale. Haut d'une centaine de mètres, comme les falaises de craie, entonnoir géant ouvrant l'accès au port, il ressemblait à un mur obscur chargé de gouttelettes d'eau. Ce brouillard monstrueux s'approchait, oppressant, il touchait maintenant les escaliers de la digue. Je compris soudain mon erreur de ne pas avoir suivi le troupeau. Non seulement il me serait impossible de prendre la moindre photographie, mais ce nuage gigantesque qui s'apprêtait à recouvrir la ville me rendait soudain aveugle sous l'épaisseur de ses membres cotonneux qui me bandaient les yeux et enveloppaient mon corps de sa housse adipeuse et glaciale. M'agrippant à la statue de pierre, je me laissai dévorer par ce monstre humide et d'un coup, ne vis plus à un mètre de mes pieds. Je ne percevais absolument rien sinon le socle granitique et déformé de ma chère sculpture. Nous étions seuls sur la digue promenade, seuls dans le silence d'une nuit artificielle, engloutis à attendre la conclusion de ce cauchemar d'une fin d'après-midi estivale pas tout à fait comme les autres.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Jean-François Rottier est depuis l'adolescence un passionné de l'écrit. D'abord travailleur social, son dernier métier sera d'occuper les fonctions de directeur des services municipaux de la ville de Fécamp sur le littoral normand.
    Après toutes ces années au service d'une population attachante, il gardera en mémoire bon nombre de témoignages et d'anecdotes qui nourriront son imaginaire. En retraite depuis 2015, il se consacre presque exclusivement à l'écriture et poursuit sa dissection des êtres d'une plume acérée et tendre. Dans ses livres, les paysages marins contribuent pour beaucoup à l'étrangeté des situations et à la complexité des relations humaines, comme si les marées et les tempêtes successives se chargeaient d'organiser la vie de ses personnages.

  • Le 4x4

    Mireille Maquoi

    Les retrouvailles de trois amies d'enfance se transforment en commando meurtrier...
    Mia, Rosine et Chloé se connaissent depuis l'école maternelle. A présent trentenaires, elles se retrouvent, à chaque changement de saison, pour une soirée riche en confidences. Cette année, elles font toutes trois l'expérience d'une relation déstabilisante, qu'elles se racontent au fil des rendez-vous. Mia craint pour l'équilibre de sa famille depuis l'arrivée surprise d'un premier enfant ignoré de son mari. Chloé vit une passion chaotique avec son patron libraire, marié à une femme dépressive, et Rosine, riche propriétaire, subit les caprices de son bel amant. Le rendez-vous de l'hiver a lieu dans un restaurant où les trois femmes font la connaissance de Célie, la serveuse. Cette rencontre cristallise leur révolte et leur désir de se venger des abuseurs. Elles se liguent en un commando meurtrier à bord d'un allié d'exception : le 4x4 de Rosine.
    Découvrez les récits de vie de trois femmes qui, blessées par des relations déstabilisantes, se liguent pour assouvir leur désir de vengeance.
    EXTRAIT
    Les jours suivants toutefois, son empressement s'attiédit. Et son humeur devint fantasque. Quand Rosine se hasardait à demander des nouvelles du cousin, la réplique était cinglante :
    - Tu crois qu'il n'a que ça à faire ? C'est facile, pour toi, de commander !
    Elle eut de plus en plus souvent les larmes aux yeux. Il envenimait leurs meilleurs moments de petites phrases assassines, ?achète donc des chaussures plus élégantes que ces savates, tu peux te le permettre, non ? Et puis, si tu pouvais t'habiller un peu plus sexy, franchement...? Des piques qu'elle mettait sur le compte de ses angoisses, l'acheteur du bar ne se décidait pas, et Stéphane devait encore compter sur elle pour aller de l'avant. Beaucoup profiteraient sans scrupules de cette chance, se disait-elle, mais lui, il est de ces hommes dont la fierté consiste à ne rien demander à personne, un destin contraire l'y force et il se venge sur moi quand son orgueil souffre trop. Elle s'expliquait ainsi chaque coup d'épingle, en espérant toujours que ce serait le dernier.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Mireille Maquoi est docteur en philosophie et lettres. Elle a travaillé au Fonds National de la Recherche Scientifique puis enseigné dans une école de futurs officiers à Bruxelles et à l'Atelier de français qu'elle avait créé à Namur. Elle se consacre actuellement à l'écriture. Elle a publié trois romans et deux récits de vie.

  • Les héros se transforment parfois en bourreaux...
    « Dès que j'ai croisé Since, il ne m'a pas fait bonne impression. Il est grand et je déteste les grands. Surtout depuis que je sais que je ne grandirai plus. À quatorze ans, j'ai la taille d'un gosse de huit ans. Un truc héréditaire, incurable. Une maladie qui fait rire les autres et me bouffe l'existence. Une saloperie dont je me serais bien passé... »
    Souvent, tout commence par une rencontre. Belle ou mauvaise, nul ne le sait au prime abord. Mais ces premiers instants vont tisser la trame de ces faits divers noirs, surréalistes, voire même poétiques. Surprenant ? Je vous laisse juge. Mais pour cela, laissez-vous embarquer pour des voyages brefs et intenses en compagnie de personnages à votre image. Enfin, presque. Car derrière les masques se cachent bon nombre de fêlures, de doutes, d'envies qui font que ces héros se métamorphosent vite en bourreaux. Alors, tentés par l'aventure ? Vous n'en sortirez pas indemnes.
    Découvrez un ensemble de nouvelles qui sont autant de voyages brefs et intenses en compagnie de personnages à votre image : derrière les masques se cachent souvent des fêlures...
    EXTRAIT
    Le Snake 3 dansait à allure modérée. L'océan moutonnait dans sa livrée habituelle. Un mélange d'émeraude, de bleu anthracite et d'ivoire crémeux.
    Le soleil tapait déjà dur. Les hauts-fonds du Pratt approchaient.
    Mel Thorpe menait son embarcation avec assurance, guidé par les fanions qui se dandinaient sur les crêtes. Sous la lumière vive, les hommes n'avaient que faire de la beauté sauvage des éléments. Toute leur attention était centrée sur la besogne à accomplir.
    Tico Mendes repéra bientôt un premier casier aux couleurs de son patron. Une tête de mort sur un fond jaune.
    Thorpe l'aperçut à son tour. Le moteur décrut et le bateau vint se positionner face à la vague. À l'aide d'une gaffe, Mendes agrippa la perche au fanion et attira la bouée à lui. Puis il hissa le tout sur le pont et commença à remonter l'élingue. Lorsqu'il en eut dégagé une longueur suffisante, il l'enroula au palan et en actionna le moteur. La corde se tendit et fut bientôt aspirée sur un rythme plus soutenu. Parfois, une algue jaillissait des profondeurs. Tico la décrochait machinalement et la rejetait au loin sur la houle, comme s'il avait toujours effectué le job.
    Puis la masse sombre du casier creva la surface de l'eau. Tico joua avec les commandes du treuil et le déposa en douceur sur le pont.
    L'intérieur grouillait de crustacés. Il l'ouvrit et plongea la main au milieu des prises. Il écarta les araignées de mer qu'il rejeta à l'eau. Seuls les homards avaient de la valeur.
    De cette première nasse, il en sortit un de fort belle taille. Puis un deuxième. Au troisième, son coeur se souleva. Ces lambeaux de chair... Cette main... L'horreur le submergea tandis qu'il croisait le regard halluciné de Thorpe qui s'avançait vers lui, un croc à la main.
    Mendes se saisit de la gaffe, bien décidé à vendre chèrement sa peau...
    A PROPOS DE L'AUTEUR
    Patrick Morel vit dans la proche banlieue de Rouen. Romancier et nouvelliste reconnu, il livre ici une fresque du Nouveau Monde au travers de 13 nouvelles aussi noires qu'insolites. Ce recueil succède à son premier opus, Le coup de pied au cul dont la nouvelle a été adaptée sur les ondes de la R.T.B.F., il y a une vingtaine d'années.

  • Le monde selon Flambeau

    Claude Dantan

    Et si un radiateur racontait ce qu'il avait vu et entendu durant un siècle d'existence ?
    Nul ne saura pourquoi Flambeau, majestueux radiateur de fonte, est sorti de sa condition d'objet inerte pour emprunter la pensée des humains ! En un siècle d'existence à Paris, il aura accumulé de multiples vécus, des plus heureux aux plus terrifiants. D'abord éveillé aux sentiments par Momo Cavetoux, un aimable plombier qui l'installe et le met en eau, il partage la vie du jeune Joseph Poulait et de sa mère jusqu'à la fin de la guerre. À leur départ, l'appartement est transformé en cabinet de psychanalyste. Flambeau découvre alors Edmée Missoufle qui exerce devant lui et il passe plusieurs décennies à l'écoute des patients. Au décès de celle qui est devenue son mentor, il entre dans un état d'isolement et d'errance mentale. Dans le bureau abandonné puis saccagé par des marginaux, il affronte la violence et la destruction. Remis à neuf, devenu un quasi objet d'art, ce Penseur de fonte se penche avec sensibilité et humour sur ses cent années d'amours, de souffrances et de rêves : Flambeau nous dit tout sur l'enfance, le doute, le destin, le corps, la folie, le deuil, la solitude et la mort.
    Découvrez le témoignage étonnant d'un majestueux radiateur de fonte qui se penche avec sensibilité et humour sur ses cent années d'amours, de souffrances et de rêves.
    EXTRAIT
    C'est là que Missoufle apparut. Elle faisait mine de ne pas me voir, s'asseyait derrière son bureau, se contentant de répéter ses gestes habituels. A peine étais-je surpris de ne pas avoir entendu le bruit des clés, de ne pas l'avoir vu passer la porte et accrocher son vêtement au porte-manteau. Rien ni personne dans la pièce et d'un seul coup, elle était là, au milieu de ses objets familiers. A sa table, le dos à demi tourné, elle travaillait à son livre inachevé... Je guettais le moment où elle tendrait la main pour chercher les reliefs qu'elle aimait. Là, sur le haut de mes épaules, les petites courbures ciselées qu'elle suivait de son index. Mais juste sa présence silencieuse...
    Elle disparaissait aussi vite qu'elle était venue. Deux heures plus tard ou le lendemain, Edmée était là de nouveau. Combien de fois ai-je essayé, par la seule force de ma pensée, de la conserver sous mes yeux ! Je ne suis jamais parvenu à la moindre maîtrise de ses apparitions. Les premières fois que cela arriva, je ne sus pas que c'était le fruit de mon trouble. Les années passées auprès d'elle m'avaient tout appris sur les capacités de l'âme humaine à se forger des illusions, mais je savais Edmée trop rigoureuse pour singer sa présence auprès de moi.
    Alors je cessai de me poser des questions, j'acceptai simplement qu'elle soit là. J'avais bien eu dans le passé, des croquemitaines buvant goulument mon eau. Pourquoi pas l'irruption externe, de l'ectoplasme de mon Edmée ?
    A PROPOS DE L'AUTEUR
    Claude Dantan vit à Niort où il a travaillé comme psychologue clinicien dans des établissements d'accueil et de soins pour enfants. Son goût pour la créativité l'a conduit, entre autres, aux plaisirs de l'écriture. Le monde selon Flambeau est son premier roman.

  • La baie de Somme comme cadre de ce recueil de nouvelles surprenantes !
    Que feriez-vous si vous offriez par mégarde un billet de loterie gagnant à votre beau-frère ? Comment réagiriez-vous si vous découvriez un mot d'amour sur la tombe de votre conjoint ?
    Au fil de ces nouvelles noires, Guillaume Lefebvre explore les déviations de la nature humaine, tel que le faisait La Bruyère en son temps. Mais cette fois, les protagonistes sont sadiques, acariâtres, manipulateurs, naïfs ou présomptueux. Ne dites pas que vous ne connaissez pas au moins une personne qui leur ressemble. Notre quotidien est la meilleure source d'inspiration.
    En lisant ce recueil, vous vous laisserez charmer par l'univers pittoresque de la baie de Somme. Les personnages peuvent, eux aussi, être attachants, mais attention à la dernière marche, la chute sera surprenante.
    Plongez-vous dans ce recueil de nouvelles noires au coeur de la baie de Somme et laissez-vous surprendre par la chute de chacune de ces histoires.
    EXTRAIT DE Les cabines de plage
    Cayeux sur mer, le 8 juillet à 16 h 22.
    Un goéland argenté profitait des courants d'air ascendants pour sillonner le cordon de galets sur toute sa longueur. Les ailes largement déployées, il planait plus qu'il ne volait. Ses yeux perçants scrutaient le sol à la recherche de nourriture. Soudain, un chien le prit en chasse en aboyant. Si bruyante fut-elle, cette attaque ne parut pas l'inquiéter, il conserva son allure majestueuse et se contenta d'incliner les ailes pour prendre un peu d'altitude. Un coup de bec aurait suffi pour arracher un oeil au roquet ; mais pour l'heure, il n'avait pas de temps à perdre en agressivité inutile : il avait faim.
    - Félix, reviens ici ! cria Adeline Poireau. Il est terrible ce chien, il ne peut pas voir un goéland sans lui courir après.
    Félix était un boxer anglais de petite taille. Son museau atrophié ne lui donnait pas une allure engageante, deux crocs fins comme des aiguilles lui remontaient les babines vers la truffe. La crainte qu'il inspirait tenait essentiellement de sa laideur et de son arrogance, car il n'avait jamais mordu autre chose que les biscuits de sa maitresse. Grand amateur de déjections canines, il explorait régulièrement la base des pylônes électriques du quartier, un espace qu'il considérait comme son territoire.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Natif de la Baie de Somme, Guillaume Lefebvre eut une enfance bercée par les récits de marins. Le soir, il lisait les aventures de Pierre Loti, de Jack London, de CS Forester ou d'autres auteurs qui avaient connu le vent du large. Leurs récits lui permettaient de supporter l'atmosphère restreinte de l'internat du lycée. Après un baccalauréat scientifique, il fit des études supérieures afin d'obtenir son brevet de capitaine de navire. Dès lors, il n'a cessé de parcourir les océans pour réaliser ses rêves, les terres lointaines, tant désirées, apparaissaient maintenant sur la ligne d'horizon. Les personnages rencontrés au cours des escales ou durant sa carrière furent une source d'inspiration inégalable, ce qui l'incita à prendre la plume.

  • Les chemins d'Andrew et de Milton se recroisent quinze ans après le lycée. Irrésistiblement attirés l'un par l'autre, les deux hommes doivent pourtant résoudre une enquête concernant des crimes violents !
    Lors d'une fête d'anciens élèves du lycée Old Quay, Andrew Wells, enquêteur de la Criminelle à Londres, croise le docteur Milton Montgomery, un psychiatre récemment embauché par son chef. Dès le premier regard remontent à la surface des souvenirs au goût de peur, de sang... et une attirance irrépressible qui l'avait brisé. L'homme qu'il est devenu s'est enfermé dans un royaume de solitude et de coups d'un soir, courant après l'oubli et la jeunesse éternelle au fond des backrooms. Lorsqu'il apprend qu'ils vont devoir collaborer pour la résolution d'une série de crimes violents, Andrew craint que le cauchemar ne reprenne. Mais Milton a profondément changé lui aussi, il n'a plus rien du tourmenteur d'alors. Derrière les quêtes de pardon et de pouvoir, des sentiments vieux de quinze ans peuvent-ils reprendre vie ? Entre la colère ardente et la fournaise d'une attraction irrésistible des corps, les deux hommes se jettent l'un contre l'autre, au risque de se brûler les ailes. Explosion ou embrasement, après tout, ce n'est qu'une histoire de cordons à franchir...
    Entre homo-romance et enquête, cette fiction érotique emportera le lecteur par sa qualité d'écriture et son style fluide !
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    J'ai vraiment passé et adoré un excellent moment de lecture avec Andrew et Milton. L'auteur a une très belle plume fluide, c'est un magicien avec les mots ! - gilles76130, Babelio
    J'ai eu la chance de pouvoir lire ce livre en ebook en avant première... Jeanne Malysa a assurément eu du flair en sélectionnant cet ouvrage dans sa collection ! Quelle écriture ! Quel sens des mots ! Quel style ! J'ai dévoré littéralement les pages en me délectant des aventures d'Andrew et de Milton. C'est osé mais jamais vulgaire et l'auteur sait faire surgir des images magnifiques... - catmo0105, Babelio

  • La confrérie de l'échelle Nouv.

    Un roman historique d'aventure où vengeances et secrets se mêlent faisant monter la pression.
    Mars 1652
    Au milieu du XVIIe siècle, Alexandre d'Embrelat, un jeune homme d'à peine dix-huit ans, se met en tête de retrouver les mercenaires qui ont assassiné son grand-père et son père dix ans plus tôt.
    Sachant bien qu'il ne peut conduire sa quête seul, il forme un équipage aussi hétéroclite que complémentaire. Ensemble, ils devront découvrir les activités secrètes de son aïeul avant de se confronter aux arcanes de la politique menée par le Cardinal Mazarin. La Fronde, avec ses intrigues, complots et autres conjurations, refait surface et le jeune enquêteur risque de compromettre, par son enquête, la paix civile qui vient d'être conclue par le premier des ministres du tout jeune roi Louis XIV. Mais pour une raison qu'il ignore, le Cardinal décide de laisser Alexandre continuer ses investigations, au risque de faire remonter à la surface des secrets qu'il serait préférable de garder enfouis. Durant cette aventure, Alexandre devra faire preuve de sagesse, de ruse et d'habileté, épée en main. Ses amis seront là pour l'y aider, avec bienveillance, n'en doutons pas.
    Laissez-vous happer par les aventures d'Alexandre et de ses compagnons dans ce roman pleins de rebondissements !

  • Une mystérieuse lettre, dont l'expéditeur est mort 40 ans plus tôt, échoue dans la boîte aux lettres de Pierre...
    C'est pour lui l'occasion de replonger dans son passé, d'évoquer son enfance pendant les frileuses années 50-60 et l'éblouissante histoire d'amour clandestine qu'il vécut avec Frédéric lorsqu'il était étudiant. Avec l'aide de Kate, une jeune Australienne qu'il héberge, il essaiera de résoudre l'énigme de ce déroutant message : qui a a pu le déposer chez lui ? Quelles sont les véritables circonstances de la mort de celui qu'il a tant aimé ? Outre les réflexions sur la vie, la mort, le droit à la différence, l'intégrisme religieux, le récit qui mêle émotion et rebondissements tient le lecteur en haleine jusqu'à la résolution finale pleine de surprises.
    Une enquête haletante qui évoque aussi des questions de société essentielles.
    EXTRAIT
    Bon, voilà, j'y suis devant ce maudit cahier que je viens d'acheter à Auchan, moi qui pourtant aime écrire, je me retrouve comme un imbécile devant cette première page blanche. Dieu sait que j'ai souvent essayé de repousser ce pensum, mais c'est une nécessité contre laquelle je renonce à présent de lutter. Elle s'est emparée de tout mon être et a balayé toutes les résistances que j'essayais de lui opposer. L'événement inexplicable et totalement incongru qui est venu perturber une vie dans laquelle j'avais cru pouvoir censurer définitivement le passé, vie que j'avais eu l'illusion de rendre sans aspérités, sans surprises, avec de petits bonheurs, disons plutôt de petits plaisirs sans conséquences et, pour le pire, quelques petites contrariétés sans gravité, en est la cause troublante.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Issu d'une famille d'enseignants, Jean-Luc Emmanuel Chassard est né en 1948 à Nancy où se déroule toute son enfance. Il poursuivra ses études secondaires et universitaires dans la capitale lorraine, avant d'exercer en tant que professeur de lettres classiques dans plusieurs établissements du sud de la France. À présent il se consacre à ses passions, la musique, c'est un brillant flûtiste, et l'écriture. Il est aussi l'auteur d'un roman policier Meurtre au collège largement inspiré de son expérience d'enseignant.

  • Katia décide de rompre avec son petit copain. Cette rupture tourne au drame en se soldant par une tentative d'assassinat et une vie dans le noir...
    Pour chasser le souvenir d'une récente déception amoureuse, Katia, jeune infirmière bruxelloise, s'ouvre aux aventures sans lendemain et se lie avec Damien, un gardien de sécurité au comportement protecteur et débonnaire. Mais Damien veut hâter les choses, fonder une famille et pour garder sa liberté, Katia se voit forcée de rompre. Un matin, en rentrant d'une nuit de virée, elle le trouve devant la porte de son appartement. Il veut converser avec elle, comprendre son refus de poursuivre leur relation. Confiante, elle accueille chez elle celui qui, dans quelques heures, plongera son regard pétillant de vie dans le noir absolu.
    Katia s'engage alors dans un chemin de vie tourmenté où les périodes de dépression le disputent à sa formidable soif de vivre. Celle-ci finit par l'emporter, et l'obstination de Katia à vaincre son handicap l'amène à se lancer des défis qui laissent rêveur. Son histoire en dit long sur la patience et la ténacité souvent méconnues de ceux qui vivent chaque jour les affres de la cécité.
    Ce roman bouleversant mènera le lecteur à suivre la vie d'une jeune femme plongée brutalement et définitivement dans les ténèbres !

  • La quinzieme arche

    Daniel Braud

    • Ex-æquo
    • 3 Décembre 2018

    Un roman historique où le présent se mêle à la période de la Seconde Guerre mondiale.
    Mai 1940 : Samuel Goldfarb, sa femme Martina et son fils David fuient l'avancée allemande sur les routes de l'exode. Ils trouvent refuge au Monastère, dans les faubourgs de Rodez, au sein d'une famille aveyronnaise.
    Hiver 1943 : Samuel contribue à la parution de Combat, journal de la Résistance, dans une imprimerie clandestine ruthénoise de la rue de l'Embergue.
    Printemps 1944 : Martina, artiste peintre, réalise un tableau bucolique du Mas Capel, petit hameau aveyronnais du plateau du Lévézou, appelé à servir de point de ralliement à un groupe de maquisards locaux.
    La paix revenue, les Goldfarb reprennent une existence banale à Paris jusqu'à la survenue d'un événement imprévisible qui va bouleverser la donne.
    Qui est vraiment Samuel Goldfarb ? Que s'est-il réellement passé sur les routes de l'exode en mai 1940 ? Est-il cet étranger démasqué par une de ses conquêtes de jeunesse ?
    Martina Goldfarb, femme libre, n'est-elle qu'une artiste peintre de talent ? Sa volonté inébranlable de protéger sa famille peut-elle la conduire jusqu'au meurtre sur le pont gallo-romain des quinze arches, vestige émergé du lac aveyronnais de Pareloup ?
    David Goldfarb, confronté à des révélations familiales qui dépassent son entendement, est amené à se poser une question existentielle : suis-je le fils de mon père ?
    En filigrane, ce roman aborde le thème du mythe, du faux-semblant. Ce que nous savons du monde qui nous entoure est-il la réalité ? Ou n'est-ce qu'un artefact qui nous aveugle et masque la vérité ?
    Découvrez sans plus attendre ce roman historique dans lequel chacun cherche à connaître la vérité sur soi et sur ceux qui l'entourent.
    EXTRAIT
    Il faisait beau en ce début mai, la nature explosait, le muguet sauvage tapissait les sous-bois, les passereaux s'égosillaient, la douceur incitait à l'indolence, à l'insouciance et à la sérénité. Les rigueurs de l'hiver n'étaient plus qu'un mauvais souvenir. Les soldats de la ligne Maginot se requinquaient après des jours passés à grelotter tout au long du chapelet défensif qui s'étirait le long de la frontière allemande, belge et luxembourgeoise. Depuis plus de huit mois, la routine militaire prévalait, la guerre de positions s'installait.
    La rupture fut brutale.
    J'écoutais Radio Luxembourg, ma station préférée, ce soir du vendredi 10 mai quand le speaker a annoncé l'offensive de l'armée allemande en Belgique, à l'aube. Le front avait cédé sur le canal Albert, au nord-est de Liège. Répondant à l'appel du roi Léopold III, les armées française et anglaise s'étaient portées à l'attaque pour affronter l'ennemi sur le territoire belge.
    Le week-end serait radieux, le temps était encore à l'insouciance pour nous, les civils. Je me souviens avoir dit à mon épouse : « Cette fois, c'est pour de bon, ça ne va pas traîner. Bientôt, ce monsieur Hitler sera mis à la raison ». Elle s'est tue, mais j'ai lu l'inquiétude dans ses yeux.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Daniel Braud, est établi dans la métropole nantaise, il est l'auteur de plusieurs polars, de romans et recueils historico-régionaux qui font aussi la part belle à sa région. Après Le cri de la Madone et Matricule 50820, voici son troisème roman aux éditions Ex Aequo. L'auteur est membre du collectif des Romanciers Nantais et contributeur aux recueils de nouvelles proposés par le groupe.

  • La mort de l'albatros

    Chantal Vidil

    • Ex-æquo
    • 26 Février 2019

    Lucas, ancien reporter de guerre et idéaliste, meurt brutalement, laissant derrière lui des proches soudainement seuls.
    La mort tragique de Lucas, après celle de Tania, hante la mémoire de ceux qui les ont aimés. Dans ce roman à plusieurs voix, chacun, à l'aune de ses propres failles, revisite une histoire qui le dépasse.
    Tout avait pourtant bien commencé.
    Lucas, reporter de guerre devenu peintre, avait attiré à lui des êtres blessés ou rétifs aux conventions sociales. Idiot sublime, il voulait opposer à la violence des hommes la compassion et les forces de la vie. C'était sans compter sur la sclérose d'une petite ville en déshérence, c'était oublier que l'amour peut avoir sa part d'ombre...
    Orphelins sans boussole, les survivants se perdront aux lisières de la folie, jusqu'à ce que l'un deux, au risque de sa vie, provoque la déflagration salutaire.
    Un roman onirique à la découverte des tourments de l'âme humaine, malmenée par les forces du destin.
    EXTRAIT
    De loin, l'édifice avait des allures de vaisseau descendu des étoiles. Son imposante coupole de verre diffusait une lumière d'opale, et les lasers qui balayaient la façade à intervalles réguliers confortaient cet effet d'apparition. En la circonstance, l'ancien casino n'avait pas regardé à la dépense. Sa charpente de verre et de métal avait encore belle apparence, sublimée ce soir-là par l'architecture lumineuse. Dans le parc, l'allée centrale bruissait des murmures d'une foule dont le flot ne cessait de grossir. Dans la nuit, les robes des femmes scintillaient vaguement. Gilles pressa le pas. Il aurait dû arriver plus tôt et repérer les lieux. Il avait beau les connaître, la disposition des sièges, l'endroit dédié au plateau des musiciens avaient pu être modifiés, lui rendant la tâche plus difficile. Elle était sûrement déjà là, quelque part, à attendre. Il devait à tout prix la rejoindre. Il grimpa la volée de marches du perron de marbre, franchit les lourdes portes ouvragées et entra. Arrivé dans la salle des fêtes, il respira. Rien n'avait changé.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    De formation littéraire, Chantal Vidil a été professeur de Lettres, rédactrice à la NRS, puis éditrice d'ouvrages scolaires et universitaires, chez Hachette Livre. Elle a très tôt le goût de l'écriture, rédige poèmes et carnets de voyage, mais attendra la maturité avant d'oser l'écriture au long cours. La Mort de l'albatros est son deuxième roman.

  • Dans la France d'après-guerre, une jeune fille se lie d'amitié avec une petite gitane. Des années plus tard, elle se bat pour défendre leur cause.
    A l'approche des années 1950, régulièrement, l'arrivée des romanichels, des « carroulets », sur le bord de la rivière, près du Pont-Charrault, provoquait un mouvement d'effroi et de rejet par les autochtones de Saint Philbert. Pourtant, Jocelyne, la petite campagnarde, se lia d'amitié avec Shanyna, la petite gitane. Une véritable fascination pour ce monde des « gens du voyage » s'installa dans l'esprit de Jocelyne. Les chemins se séparent, la vie suit son cours. Plusieurs années plus tard, le jour où des méfaits furent commis dans les fermes de la commune, les bohémiens ont, inévitablement, été désignés coupables. Jocelyne, devenue femme, n'a pas oublié Shanyna et s'oppose fermement à cette stigmatisation. Après leur départ, il fallut admettre que les gitans n'étaient pas responsables des dégâts. Un accord de paysan, indigne, conclut par le grand-père de Jocelyne à propos du lopin de vigne des Tarrames qu'il convoitait, sera à l'origine de ces forfaits et conduira au drame...
    En écrivant cette fiction, Henry-Pierre Troussicot veut mettre l'accent sur les comportements d'une société inculte et méprisante à l'égard de l'Autre différent, de l'inconnu. Ne fait-il pas le lien avec l'actualité migratoire ?
    Par un détour subtil, il dévoile les travers de la vie rurale qui n'est pas sans rapport avec l'individualisme mesquin et cupide du monde paysan par son attachement à la terre et à la possession...
    Immersion au coeur d'une querelle entre paysans et gitans, ce roman historique propose une réflexion sur les rapports entre les hommes et le regard porté sur l'autre.
    EXTRAIT
    Régulièrement, les maîtres et maîtresses de l'école communale devaient accueillir les deux ou trois gamins romanichels, parfois plus, sur les bancs du fond de la classe.
    La petite Goimard, forte des convictions de son grand-père, et surtout d'un naturel curieux, n'avait de cesse d'aller rejoindre et tenter de bavarder avec les romanichelles de passage à l'école. Il fallait croire que cette attitude était spontanée, car elle fut toujours acceptée alors que la plupart de ses camarades se voyaient repoussées.
    S'exprimant entre eux dans un langage indéchiffrable, on dirait aujourd'hui que les bohémiens ne s'intégraient pas. Il y avait deux univers tellement différents qu'il était inimaginable qu'ils puissent s'accorder.
    Les mères recommandaient de ne surtout pas les approcher. Ils étaient, disait-on, porteurs de vermine et de maladies.
    Et pourtant que de tentations lorsque l'un d'eux, par provocation ou orgueil, sortait de ses poches, des trésors insolites. Des sortes de billes scintillantes qui n'avaient rien à voir avec nos « marbres » ou nos « agates » ternies, des sifflets métalliques aux sons étranges ou des couteaux à cran d'arrêt aux manches en corne sculptés qui imposaient le respect !... Ils savaient aussi faire avec de la ficelle ou des cartes bizarres des tours de passe-passe déroutants et parfois effrayants.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Henry-Pierre Troussicot est né en 1943 à St Georges de Pointindoux, à 20 kilomètres des Sables d'Olonne. Très attaché à sa généalogie vendéenne, que ce soit en peintre, en graveur ou en écrivain, il met en scène ses paysages et sa ruralité. Son regard est sans concession, avec humanité, parfois avec affection. C'est sa façon de ne pas oublier d'où il vient...

  • Suite à une erreur médicale, Jean-Christophe se trouve handicapé. Il doit alors faire face au monde et au regard des autres.
    Erreur médicale fatale ! Je suis emmuré dans un corps qui vous fera vite peur, mais je comprends tout, enfin tout ce qu'il m'est donné à voir, entendre, sentir, respirer.
    Je veux m'évader un moment avec vous. Ce sera au travers d'une sorte d'autobiographie réalisée à deux mains. J'ai écrit ce livre avec mon frère. J'y exprime ma vision de ce milieu du XXe siècle dans lequel je suis né et montre le regard décalé que je porte sur notre société tout au long de ma drôle de vie. Mais je l'ai vécu, cette vie, avec intensité et joie, malgré toutes les embûches.
    Prenez le temps de mieux me connaître comme ces quelques fabuleux copains que je vous présenterai tout au long de mon récit. Apprenez à nous regarder avec toutes nos différences dans cette société et cet espace public qui nous sont communs.
    Notre recherche du bonheur est réelle. Elle montrera souvent à quel point celle des gens ordinaires peut paraître frivole.
    Vous comprendrez alors que, non seulement, nous appartenons au même monde, mais que nous l'inventons ensemble depuis toujours.
    Je m'appelle Jean-Christophe.
    Découvrez sans plus attendre un roman touchant sur la vie d'une famille vivant le handicap en son sein.
    EXTRAIT
    Le début de l'année scolaire aura pour moi et pour presque tous, un relent de banalité, sans doute pour toi aussi, Jean-Christophe. C'est la fin des vacances. J'avoue que j'ai bien profité de cette mer méditerranée, si généreuse en soleil, en loisir ; et un certain blues s'installe. La vie en camping m'a donné ce contact avec tant de monde. C'est aussi l'attrait d'une rentrée, forcément porteuse de nouveautés, et la fin d'une certaine fatigue de ne rien faire.
    Papa et sa fille, comme Maman, ont également fait le plein de repos et de vie au grand air. Nous sommes prêts pour une nouvelle année.
    Pour toi, j'ai un doute : entre ton énervement permanent et les voisins qui t'observaient d'une façon pas toujours sympathique, que se passe-t-il dans ta tête ?
    La rentrée de septembre est là pour tous. Chacun va retrouver son activité, ceux qui vont au travail, Papa à l'usine, moi à l'école, et ceux qui vont rester à la maison.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Les multiples vies de Michel Clerc ont sillonné tout autant l'industrie que l'art contemporain, mais c'est la défense des personnes fragiles qui a mobilisé son énergie lorsqu'il a présidé l'Adapei du Doubs et conduit de nombreux projets, en Franche-Comté, en faveur des personnes en situation de handicap.

  • Belle de vie

    Sarah Poulain

    • Ex-æquo
    • 27 Février 2019

    Entre la douleur du deuil et la nécessaire découverte de la sexualité, l'adolescence de l'héroïne se révèle être une période unique.
    Texte d'autofiction, « cette promenade sinueuse et hâtive dans les chairs d'une jeune femme aux abois », raconte avec fraîcheur et naïveté les tribulations d'une adolescente qui a grandi dans le Perche au sein d'un lotissement pavillonnaire. L'essentiel du récit se déroule au coeur d'un chef-lieu de canton rural, où son père est cantonnier, sa mère femme de ménage. L'année de ses quatorze ans, tout bascule : son frère meurt ; elle découvre les strass de la Côte d'Azur. Entre humour et violence, dans un style acéré, la narratrice relate un deuil impossible, la déflagration d'une cellule familiale, mais aussi l'apprentissage sauvage du sexe et de la politique. Malgré les années S.I.D.A, la jeune fille explore des corps à corps de plus en plus tordus affectivement et sexuellement. Elle affronte aussi et tente d'assumer sa condition de prolétaire provinciale en jouant toutes les gammes émotionnelles et charnelles d'une partition que seule l'adolescence autorise. Entre souffrance et curiosité littéraire, parviendra-t-elle à conjurer l'ordalie qui caractérise sa jeunesse ?
    Découvrez, au travers d'une autofiction originale, le récit d'une jeune fille qui découvre la sexualité en même temps que les déchirures d'une famille en deuil.
    EXTRAIT
    Cet été-là, j'ai quatorze ans et tout bascule. Je séjourne à Grasse chez tata Gertrude et oncle Smirnoff. Ils ont la gentillesse de m'accueillir dans leur pavillon de location qu'ils appellent villa. De ma Normandie natale, j'imaginais une maison énorme, une piscine et des palmiers. C'était sans compter sur l'univers de tata Gertrude, spécialiste de la double vie. La sienne ne lui suffit pas, alors elle s'arrange avec son passé, gomme ses origines et se soustrait à la réalité. Pour entretenir un bronzage permanent, tata Gertrude s'expose sans crainte au soleil et se dandine en string le plus souvent possible. La nocivité des rayons U.V ne l'atteint pas.
    Tata Gertrude, il faut l'imaginer revenir dans sa ferme natale, les cheveux blonds bouclés à la Polnareff, le teint hâlé de Dalida, vêtue de cuir, toute son élégance juchée sur des talons-aiguilles, au bras d'un ami qui a traversé la France pour lui permettre de revoir sa famille. Une fois sur deux, l'ami est un amant qui renouvelle sa garde-robe. C'est pourquoi chaque année, elle se déleste de vêtements dont elle nous fait cadeau dans une valise aux allures de coffre-fort. Tailleurs, bustiers, jupes, pantalons en cuir, chemisiers en dentelle, mais aussi bijoux en or ornés de saphir, d'émeraude ou de rubis, ce butin nous fait oublier Eram et Pantashop.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Sarah Poulain est née en 1973 dans le Perche, où elle a choisi de rester vivre. Auteure de nouvelles, amatrice d'ateliers d'écriture et animatrice de cafés-littéraires, Belle de vie est son premier roman, après la participation en 2017 au roman collectif Le dernier voyage du Lancastria.

  •  Le récit de la vie de Bambi sa première année chez Madame Arthur commence en janvier 1960 et s'étale sur une période de un an. Il est la suite immédiate du tome un de J'inventais ma vie. On y retrouve le personnage d'Edouard, comme à Alger, mais on découvre aussi une certaine exubérance qui s'épanouit parmi les artistes du cabaret, avec rivalités, querelles, dérision, et surtout l'apprentissage du métier de la scène. On découvre les petits restaurants de nui, chaleureux mais dangereux, les amours... enfin la préparation d'une tournée, la recherche d'un nom qui fasse Carrousel. Découverte du spectacle itinérant qui se termine à Alger sur une interdiction de police pour des raisons morales et politiques (putsch de 1961)

  • Découvrez l'histoire d'un village qui se relève tant bien que mal suite à la guerre, et dont les habitants tentent de se reconstruire et de retrouver la vie de tous les jours...
    Que de veillées passées à écouter Léon raconter sa guerre -la grande évidemment-, ses combats et toutes les horreurs qu'il y a vues ! Il en est revenu amputé de la jambe gauche. Malgré tout et heureusement, la vie à la ferme reprend peu à peu après ce cataclysme. Il faut bien faire vivre l'exploitation. Le choix de la modernité avec le passage du métayage au fermage proposé par la propriétaire aura des conséquences inattendues sur la vie de Léon... jusqu'à une revanche éclatante grâce à l'attribution de la Légion d'Honneur.
    Le village se trouvera également bouleversé par l'idylle qui se noue entre le jeune curé et la nouvelle institutrice nommée dans l'école des bonnes soeurs. Scandale et démission seront cette fois les conséquences, même si les amoureux trouveront quelques soutiens parmi les villageois.
    En racontant l'histoire de son grand-père avec beaucoup de psychologie et de finesse, l'auteur aborde les mesquineries des uns et des autres, les rivalités et les jalousies, les trahisons et les humiliations jusqu'à la réparation finale qui donne le titre à l'ouvrage !
    EXTRAIT
    Au début des années 1920, après reprise de toute l'efficacité de la ferme, à onze et huit ans, les deux fils étaient encore trop jeunes pour suppléer à la déficience physique du père.
    Un domestique, Florent Blézeau, avait été embauché à temps plein. Ce jeune homme de vingt-deux ans, solide et courageux, avait échappé de peu à la mobilisation en raison de son âge et de la présence de deux de ses frères au front. Il faisait un peu partie de la famille, cousin issu de germain, venant de la ferme de la Faisanderie de Vioré.
    La métairie était un modèle de tenue et de rapports. Malgré les qualités du valet, il était nécessaire, de temps à autre, de faire appel aux bras de quelques journaliers, lorsque le volume de travail l'exigeait.
    La famille Rigaudeau était tenue en grande estime et jouissait d'une réputation sans faille sur la commune de Saint-Hilaire-la-Rochette. La pension d'invalidité de Léon et celle de veuve de guerre de sa soeur Amélie Guérin suscitaient, malgré tout, quelques méchantes jalousies.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    HP. Troussicot est né en 1943, en vendée, entre mer et bocage, où il réside toujours. Artiste peintre et graveur, il écrit comme il peint, en observateur du monde qu'il connait ou qu'il a connu, avec humanité, bienveillance et parfois causticité. Sa façon de ne pas oublier d'où il vient...

  • Le temps du trajet

    Philippe Lebeau

    • Ex-æquo
    • 16 Septembre 2019

    Les vacances paisibles de la famille Jacpierre sont brusquement interrompues...
    Ils sont quatre auprès de la piscine du camping niché au bord du lac de Serre-Ponçon, François, Camille, Juliette et Antoine. Ce sont les premières véritables vacances de la famille Jacpierre depuis des années. Un calme bucolique inonde de son ombre bienfaitrice ce petit coin d'éden. Le téléphone portable sonne la fin du paradis. Quelques secondes et le vert, le bleu, la montagne et le soleil s'embrument. Saint Vincent les Forts, Landerneau : 1280 kilomètres avec les détours, 17 heures de voyage avec les pauses, le temps du trajet pour traverser la France d'est en ouest, du sud au nord pour rejoindre Maxime, l'aîné de François, cause de cet appel. Dans la vieille Logan, la Vie. Celle des années 80, 90, 2000. Entre les brioches, les pommes et les bananes, dans le huis-clos de l'habitacle, le temps. Celui de raconter la chanson, le théâtre, le syndicat, la politique, la ville, la montagne, les rires, les larmes, la vie, la mort, l'amour ; surtout l'amour, toujours l'amour. Le temps de rejoindre Maxime et de suivre un nouveau trajet.
    Accompagnez François, Camille, Juliette et Antoine sur la route pour 1280 kilomètres et 17 heures de folles aventures, avec ce roman familial riche en tendresse et en émotions !
    EXTRAIT
    Devant, derrière, plus rien ne gêne la manoeuvre de Camille qui a pris place derrière le volant. François s'installe à l'arrière avec Juliette. Peut-être parviendra-t-il enfin à dormir quelque temps ? Antoine télécharge Soprano sur le téléphone de sa mère. C'est parti pour une demi-heure d'un mélange de sons provenant des nasillements du téléphone et d'Antoine. Cela ne saurait tarder à énerver Juliette...
    Le GPS indique le chemin pour retrouver la route vers Saint-Brieuc. Il est presque sept heures et deux cent trente kilomètres les séparent de Maxime.
    Et Juliette s'énerve.
    - C'est pénible tes borborygmes. Mets tes écouteurs, garde Soprano pour toi et arrête de chanter.
    - C'est quoi les bords machins ? s'indigne le chanteur.
    - Les borborygmes, idiot ! monte en puissance la future terminale S.
    - Ce sont des paroles qu'on ne comprend pas, tente de calmer Camille.
    - C'est un peu comme le « chamallow » quand tu chantes en anglais, insiste lourdement, mais alors vraiment très lourdement Juliette.
    Le nasillement cède la place aux hurlements courroucés qui font apprécier les gargouillements précédents le cours de vocabulaire juliettois.
    - Au prochain rond-point, prendre la... la voix sirupeuse du GPS se perd, engloutie par l'échange harmonieux et vinaigré, lui, du duo familial. Et c'est parti pour une promenade dans la zone industrielle de Rennes-Est, accompagnée de la toute première prise de tête de la journée entre le frère et la soeur.
    - Ce n'est pas gagné pour dormir, gargouille à son tour François qui aurait eu tout intérêt à le dire en anglais chamallow afin d'éviter de devenir la cible de la mauvaise humeur générale, générée par la succession des ronds-points sans issue engendrée elle-même par la perte du signal GPS.
    - Là ! hurle Antoine.
    - Là ! renchérissent Juliette et Camille.

  • Les effacements

    Jean Francois Dietri

    • Ex-æquo
    • 6 Février 2020

    Recueil de nouvelles autour du thème de la perte, portées par des protagonistes solitaires partagés entre espoirt et désarroi.
    Berlin Est, une jeune femme décide de rechercher ses origines ; un livre de Stefan Zweig à demi calciné peut-il changer le cours des choses ; Madeleine, chausse du 37 et veut retrouver une amie d'enfance ; comment appeler des jumelles quand on n'arrive pas à les distinguer...
    « Les Effacements » parlent de disparition mais, comme dans toute rupture, de nouveaux départs, de possibles envisageables.
    L'écriture garde sa douce ironie, son humour distancié et sa tendresse pour les personnages. Elle ne juge jamais même si elle est sans concession. Les nouvelles de Jean-François Dietrich sont des funambules, sur le fil du rasoir, en équilibre entre la légèreté et le tragique, l'ironie et la tendresse, les finitudes et les renaissances.
    Le lecteur est invité à être témoin sans être voyeur, à construire sa propre opinion, en toute liberté.
    Loin de l'analyse psychologique, découvrez ces nouvelles très humaines.
    EXTRAIT
    Deux coups brefs. Pas de réponse. Elle vit la lumière au-dessus de la porte à travers la vitre. Elle appuya de nouveau et laissa cette fois son doigt, sans relâcher, durant plusieurs secondes. Une voix de femme enfin de l'autre côté de la porte :
    - Allez-vous-en. Je n'ouvrirai pas. La jeune femme appuya alors une nouvelle fois sur la sonnette.
    - Arrêtez, arrêtez, je n'ouvrirai pas. Je n'ai rien à dire. 
    La jeune femme respira fortement. Il faisait maintenant sombre sur le palier. Elle n'avait pas vu d'ombre passer derrière le judas de la porte de l'appartement. Elle ne savait pas si la femme de l'autre côté de la porte l'avait observée avant de parler. La jeune femme s'approcha tout contre la porte et dit :
    - Je vais continuer de sonner jusqu'à ce vous m'ouvriez ! Puis elle sonna.
    C'était une sonnette à tintement continu, peut-être était-elle constituée de ces deux demi-globes métalliques et d'un petit marteau vibrateur qui oscille de l'un à l'autre à vitesse frénétique. Ce n'était pas en tout cas une de ces sonnettes polies qui ne font que ding-dong, l'air de s'excuser de déranger. Cette sonnette disait qu'elle était bien présente, qu'il y avait du monde sur le palier. La sonnerie s'arrêta brutalement. La jeune femme appuya plus fort, mais aucun bruit ne se fit plus entendre. La jeune femme remarqua que la lumière au-dessus de la porte était éteinte. La femme dans l'appartement avait dû relever le disjoncteur. Elle devait être dans le couloir, dans le noir, à attendre. La jeune femme hésita à prendre un papier dans son sac, mais elle préféra cette fois parler à voix haute, bien fort. Elle savait que la femme l'écoutait.
    - Je reviendrai, vous m'ouvrirez, tôt ou tard.
    Puis elle descendit les deux étages.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Jean-François Dietrich a débuté par l'écriture théâtrale. Ses pièces « L'impasse », « Le Cinquième Train », « Esquisses » ont été montées par la Compagnie du Verseau et « 5.905 inchs » par la compagnie Artemis. Il a ensuite découvert l'écriture de nouvelles notamment grâce à la Maison de l'Écriture. EN CORPS PRÉSENT est son premier recueil.

empty