Les petits matins

  • Depuis son arrivée au ministère de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer malmène notre système éducatif. D'abord encensé par les médias pour son expertise acquise sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, il est vite contesté par la communauté enseignante, qui rejette massivement ses réformes, à commencer par celles du bac et de l'orientation. Comment expliquer un tel fiasco ?

    Avant toute chose, il y a la méthode : le blanquérisme est un autoritarisme, caractérisé par la prise de décision ultra-centralisée, l'affaiblissement des contre-pouvoirs et le mépris des opposants. Mais ce n'est pas tout. Derrière la frénésie des mesures adoptées, il y a une vision pour l'école : primat de la logique du marché sur celle du service public, fascination pour les neurosciences, laïcité agressive...

    En contrepoint de cet échec, implacablement décortiqué, l'auteur appelle de ses voeux un projet alternatif suffisamment puissant pour que l'école puisse espérer s'en relever.

  • La gauche est-elle en voie de disparition ? Si des sondages semblent l'indiquer, l'affirmer serait faire peu de cas d'une gauche de résistance et d'inventivité qui irrigue notre société. Une gauche des valeurs, orpheline de ses représentations politiques.

    En revisitant plus de deux siècles d'histoire, l'auteur pointe la responsabilité de la social-démocratie dans ce déclin observé dans les urnes, mais il croit à la renaissance d'un vrai pôle réformiste associé aux forces écologistes. À condition, précise-t-il, que l'on affronte les " questions qui fâchent ", qui ne se déclinent pas seulement autour des thèmes habituels (l'Europe, la place du travail, l'environnement...), mais aussi autour de notions morales : la démocratie, le rapport à la vérité et à la presse, l'actualité des idées de République et de révolution, la laïcité, l'immigration, les relations avec la Russie et les États-Unis, le populisme, etc.

    L'auteur aborde aussi le non-dit : le rôle primordial des personnalités se réclamant de la gauche – et leur sincérité. Une réflexion originale et stimulante qui invite à raisonner hors des réflexes conditionnés et des idéologies. Et à réinterroger sans cesse la " promesse républicaine ".

  • Utopies locales ; les solutions écologiques et solidaires de demain Nouv.

    Le " monde d'après " annoncé par tant de prophètes pendant le confinement du printemps 2020 existe déjà. Il ne demande qu'à se déployer pour que les innombrables " utopies locales ", porteuses d'une autre manière de produire, de vivre et de consommer, deviennent la norme de l'économie de demain. Ce monde d'après est en grande partie mis en musique par des acteurs de l'économie sociale et solidaire. Cette foule d'initiatives citoyennes défriche les possibles et construit des solutions écologiques et solidaires face aux besoins et aux aspirations des habitants.

    Pôles territoriaux de coopération économique, tiers-lieux, revenu de transition écologique, énergies citoyennes, foncières solidaires, mobilités partagées : les expérimentations des associations, coopératives, mutuelles, fondations et autres entreprises sociales se multiplient dans les territoires. Elles ouvrent la voie à une " société post-croissance ", une société où primerait la finalité du bien-vivre.

  • économie sociale et solidaire : la clé des possibles Nouv.

    La pandémie de Covid-19 n'est qu'une des facettes de la crise multidimensionnelle que nous traversons depuis une cinquantaine d'année : crise à la fois financière, économique, sociale et climatique, mais aussi démocratique. Dans ce contexte inédit, face à un système capitaliste à bout de souffle et aux dangers du populisme et des nationalismes, l'économie sociale et solidaire à un rôle clé à jouer : elle est en mesure d'insuffler une véritable transformation de l'économie et de la société, fondée sur les valeurs de solidarité et d'humanité qui lui sont chères.

    Cette transformation est déjà à l'oeuvre. À l'échelle locale (de la Scic Ecooparc, qui développe des projets sociaux environnementaux dans les Vosges, à la coopérative d'activités et d'emplois Coopaname, en Île-de-France), nationale (avec le fournisseur d'énergie verte Énercoop), européenne (la fédération de coursiers à vélo CoopCycle) comme internationale (le Forum international de l'ESS), des initiatives citoyennes innovantes se développent pour répondre aux grands défis contemporains. Mais elles doivent aujourd'hui gagner en ampleur, se réformer, trouver plus que jamais les chemins de l'innovation pour ouvrir la voie à un avenir choisi, répondant notamment aux objectifs de développement durable fixés par l'organisation des Nations unies.

  • De l'ombre à la lumière. Le mouvement des Gilets jaunes puis, surtout, la crise du Covid-19 ont braqué le projecteur sur une France aux contours flous, longtemps invisibilisée. Une France qui vit " à quelques euros près ", qui n'a pas besoin qu'on lui dise de traverser la rue pour savoir que le travail est un précieux gage de survie ou d'émancipation, pour qui une voiture en état de marche est une absolue nécessité, qui connaît le prix de la solidarité... La France des caissières, des postiers, des aides-soignantes, de ceux qui entretiennent les résidences sociales. Celle qui est restée courageusement sur le pont pendant cet étrange printemps de confinement.

    C'est cette France des " vies majuscules " que l'ambitieux projet qui a donné naissance à ce livre a voulu appréhender. Encadrés par des journalistes, quelques centaines de témoins de tous âges, de Marseille à Grande-Synthe, de Mulhouse à Caen, de Troyes à Toulouse, de Nantes à Billom, de Laxou à Saintes, de Vierzon à Mont-Saint-Martin et de Joué-lès-Tours à Lunel, ont pris la plume pour se raconter. Loin des clichés condescendants ou stigmatisants, ils relatent bien concrètement la recherche d'un stage quand on n'a pas " la gueule de l'emploi ", le rôle de " psy à temps partiel " d'une employée de ménage, l'angoisse des formalités " dématérialisées " quand on ne maîtrise pas les outils numériques, la sortie tête haute d'une situation de violence conjugale ou familiale. Mais encore la chaleur des relations de voisinage ou d'un réseau d'aide pour obtenir enfin des papiers quand on a " choisi la France ".

    Personnels et universels, graves, amusés, coléreux, amoureux, informatifs,

    fantaisistes, ces textes, qui se répondent et se complètent, apportent

    la preuve, s'il en fallait, que les " petites histoires " permettent bien souvent

    de comprendre la " grande ".

    Ce projet est porté par La Zone d'expression prioritaire (La ZEP), un dispositif d'accompagnement à l'expression via des ateliers d'écriture animés par des journalistes, et le réseau des Régies de quartier et de territoire. Il a été piloté par les deux fondateurs de La ZEP : Emmanuel Vaillant et Edouard Zambeaux.

  • Quelle est notre meilleure alliée pour combattre le changement climatique ? La technologie pure, encore et toujours, comme le fantasment les tenants de la géoingénierie ? Non : la nature elle-même, à condition qu'on le lui permette.

    Le géomimétisme – en référence au " biomimétisme ", c'est-à-dire le fait de s'inspirer de l'action de la nature – désigne l'ensemble des pratiques dont nous disposons pour piéger le carbone atmosphérique dans les sols et les organismes vivants, dans le respect des cycles naturels et de la biodiversité. Car, pour combattre efficacement le réchauffement climatique, il ne suffit pas de réduire nos émissions de gaz à effet de serre – même si c'est essentiel –, il faut aussi capturer le trop-plein de CO2 dans l'atmosphère.

    L'exemple le plus évident de géomimétisme est celui de la reforestation, à même de rafraîchir le climat. Mais on peut également citer le développement de l'agroécologie, l'élargissement des zones humides, le renforcement du permafrost ou encore la constitution de puits de carbone océaniques. Cet ouvrage pionnier détaille de façon claire et rigoureusement chiffrée l'intérêt de ces méthodes pour l'humanité et propose, en conséquence, des pistes réalistes pour des politiques publiques à la hauteur de l'enjeu.

  • La crise du Covid-19 a ébranlé nos sociétés et nos certitudes. Elle a jeté une lumière crue sur l'absurdité et la dangerosité des discours qui visaient, depuis des dizaines d'années, à discréditer la puissance publique, ne jurant que par " l'efficacité du privé ". Elle a montré la fragilité de notre monde globalisé et, surtout, la responsabilité de notre modèle de développement dans la transmission du virus à l'être humain puis sa propagation.

    Cette crise, peut-être encore plus que les précédentes, nous oblige. Elle nous enjoint de tourner la page d'un système économique arrivé à bout de souffle. De rompre avec le néolibéralisme, le productivisme et l'obsession de la croissance. De retrouver le sens des priorités, de ce qui compte vraiment : la protection sociale, la santé, la transition écologique. De renouer avec un État-providence stratège, investisseur et producteur. Une puissance publique au service de l'intérêt général et pleinement inscrite dans le projet européen et la coopération internationale.

    À l'image du New Deal mis en oeuvre par le président Roosevelt au lendemain de la crise de 1929 aux États-Unis, c'est un plan ambitieux et pragmatique qui est ici proposé. Un plan qui replace l'économie au service de tous et non plus de quelques-uns, dans le respect des limites de la planète. État employeur en dernier ressort, réduction du temps de travail, revalorisation des bas salaires ; grand plan de rénovation thermique des bâtiments, développement du low-tech comme filière industrielle ; réforme fiscale, encadrement des écarts de salaires ; gestion de la dette... Les solutions existent, elles ne demandent que le courage politique de les mettre en oeuvre !

  • Comment conjurer l'effondrement d'un monde arrivé à ses limites ? Que ferons-nous du " jour d'après " la crise du Covid-19, sachant que le dérèglement climatique et la chute de la biodiversité sont toujours à l'oeuvre et qu'ils restent la principale menace pour l'espèce humaine ?

    Comment conjurer l'effondrement d'un monde arrivé à ses limites ? Que ferons-nous du " jour d'après " la crise du Covid-19, sachant que le dérèglement climatique et la chute de la biodiversité sont toujours à l'oeuvre et qu'ils restent la principale menace pour l'espèce humaine ? Il serait suicidaire de nous acharner à poursuivre le même mode de vie, destructeur et inégal. Mais nous reste-t-il assez de lucidité pour sortir d'un déni qui laisse la porte ouverte aux marchands de fin du monde et aux populistes ? Comment dessiner un monde soutenable et désirable ?

    Noël Mamère répond à ces questions en tissant un lien entre les alertes des penseurs de l'écologie du XXe siècle, tels Bernard Charbonneau et Jacques Ellul, et la colère salutaire de la " génération climat ", consciente qu'il n'y a pas de " planète B ". Ses propres combats de terrain et son expérience d'écologiste nourrissent une réflexion argumentée sur le rôle que doit jouer l'écologie politique aujourd'hui.

    Sur l'une des issues de secours à l'impasse dans laquelle nous nous trouvons, il est écrit " écologie " : c'est par là qu'il faut passer !

  • Comment faire pour que la viande que nous consommons ne soit pas un facteur de déforestation en Amazonie ? Que les travailleurs qui confectionnent nos habits ou extraient les métaux rares présents dans nos téléphones ne risquent pas leur vie pour un salaire de misère ? Quelles leçons tirer de la crise économique déclenchée par la pandémie de Covid-19 ?

    Une partie de la réponse se trouve dans les règles commerciales qui structurent les activités économiques internationales. Car le constat est là : non seulement le Lilibre-échange n'a pas tenu la promesse de prospérité planétaire avancée par ses défenseurs, mais il accélère la destruction de nos écosystèmes, renforce les inégalités, fait fi de nombreuses violations des droits humains et dépossède les États de leur capacité d'agir.

    Les auteurs se livrent à une critique rigoureuse et chiffrée des accords de commerce, dont les plus récents (Tafta, Ceta, accord avec le Mercosur...) ont suscité de vives oppositions citoyennes. Mais la critique ne suffit pas. Car le choix du libre-échange a été permanent au cours des dernières décennies, de la part de dirigeants prompts à décrédibiliser toute proposition alternative.

    Il est pourtant possible de remettre le commerce au service de la société et de la transition écologique et sociale. Avec de multiples propositions concrètes et ambitieuses, les auteurs invitent à inventer enfin un juste-échange réellement durable.

  • Les violences sexuelles envers les femmes n'apparaissent pas spontanément.

    Elles ne font pas partie de la " nature humaine " ni ne sont le résultat

    d'incontrôlables pulsions masculines. Elles ont des causes sociales – impunité

    des agresseurs, idées reçues sur la sexualité, inégalités structurelles – qui

    forment ce que l'on appelle une " culture du viol ". Cela va de remarques

    apparemment anodines qui culpabilisent les victimes à un traitement trop

    fréquent des viols comme des délits plutôt que comme des crimes devant les

    tribunaux ; de formules pour excuser les agresseurs à une remise en cause

    systématique de la parole des femmes qui dénoncent des agressions.

    En France, chaque année, entre 60 000 et 100 000 femmes sont victimes de

    viol ou de tentative de viol. Environ 16 % des Françaises auraient subi une telle

    agression au cours de leur vie. Et les viols ne représentent que la partie émergée

    d'un iceberg : celui des violences sexuelles, à la maison, au travail ou dans

    la rue. Or ces violences ont des conséquences graves : elles minent la confiance

    et limitent la liberté par la peur qu'elles instaurent. Elles constituent une atteinte

    aux droits et à la dignité des personnes et consolident la domination masculine.

    Mais cette situation n'est pas une fatalité. C'est pourquoi il est important

    d'identifier les éléments culturels qui servent de justification et de terreau

    à ces actes, afin de proposer des pistes qui permettront d'y mettre fin.

  • Tout est acquis en matière de droits des femmes, entend-on régulièrement.

    Pourtant, la réalité dément largement ce présupposé : les femmes sont toujours moins bien payées que les hommes, moins présentes dans les postes à responsabilités, victimes de violences sexuelles. Sur nos murs et nos écrans, des corps féminins irréels et soumis incarnent un modèle auquel il faudrait se conformer.

    Ce livre est une porte d'entrée, une invitation : chausser des lunettes féministes, c'est voir le monde sous un angle nouveau et mieux comprendre certains rapports de force à l'oeuvre dans notre société. C'est mettre des mots sur des situations de la vie quotidienne que toutes les femmes connaissent : le slut-shaming, le harcèlement de rue, le revenge porn ou encore le cybersexisme sont autant de termes apparus ces dernières années pour les nommer.

    À l'heure des réseaux sociaux, des biotechnologies et du dérèglement climatique, nous avons plus que jamais besoin du féminisme pour relever les défis du XXIe siècle. Car la solidarité entre femmes et la lutte pour l'égalité réelle peuvent poser les bases d'une société nouvelle, plus juste, plus respectueuse de l'humanité et de la nature.

  • Et si on mangeait les Legrand ? Nouv.

    Quel enfant n'a jamais rêvé d'un monde sans parents ? Mais alors, comment s'organiser ? Comment se nourrir et s'occuper ? Surtout, comment savoir qui doit faire la vaisselle ?

    Pour répondre à ces questions essentielles, les sept protagonistes de ce conte pour adultes testent différents modèles de société sur leurs étranges voisins, les Legrand.

    De son écriture faussement naïve et pleine d'humour, Hélèna Villovitch saisit les subtilités de la cruauté enfantine, dans un univers inquiétant qui n'est pas sans rappeler l'absurdité du nôtre.

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