Éditions David

  • J'écris pour célébrer ce qui reste de beauté dans le monde en cette époque de grands bouleversements. Quand tout s'écroulera, j'écrirai encore sur la lumière qui glisse sur l'eau et sur l'oiseau qui s'envole.

    ciel blanc
    la route invisible
    des oiseaux de mer

    nuit noire
    au loin un grand bateau
    transporte la lumière

  • Nous avançons à petits pas lents dans le monde du haïku, le temps d'apprendre à voir et à partager la vision, le temps de maîtriser les règles pour ensuite les transcender. À petits pas lents, le temps aussi de transposer l'art oriental et ancestral du haïku à notre contexte occidental et moderne.

    effacer les adresses
    de mes amis décédés
    le ciel n'est pas branché
    Gérard Pourcel

    marée basse
    la pêche lente du héron
    à l'heure rose
    Denise Therriault-Ruest

  • À l'heure où tout nous distrait de nous-mêmes, des petits riens s'invitent dans mes cahiers. Au rythme des saisons, quelques morceaux de moi, sans prétention.
    De courts tableaux du quotidien pour réveiller les couleurs oubliées, échapper à l'amertume, recoudre une histoire. Témoins de l'attention au précieux, au minuscule, ils vagabondent entre décor extérieur et intérieur.
    Des fragments de vie entre le souffle poétique du haïku et la respiration plus profonde du haïbun.

    Petit-Havre de Matamek
    un long cordage jaune
    retient la lumière

  • Une fois par mois, le Kukaï de Québec réunit plus de vingt personnes dans la joie, la cordialité, la simplicité, l'authenticité et l'ouverture à l'autre. Dans les plis du tablier rassemble des haïkus qui disent, dans des mots simples, l'instant, l'éphémère, l'intime, l'émerveillement, l'inusité.

    fleur de lavande / dans les plis du tablier / l'odeur de ma mère
    Ginette Andrée Poirier

    la porte claque / longtemps je regarde / tes pas dans la neige
    Jean Deronzier

  • «L´art de la simplicité, l´art de regarder, l´art d´écouter, l´art de l´épure, l´art de la précision, l´art de l´humilité et de l´effacement, l´art de l´équilibre, de la justesse de son, l´art de la mise en scène des images, l´art de l´esquisse, l´art de la suggestion, l´art du partage...» L´écriture du haïku, nous dit Dominique Chipot, est une marche dans la vie, une marche paisible dont le seul but est de se faire plaisir en prenant le temps d´observer, d´écouter, de goûter, de toucher ou de sentir.
    En nous entraînant sur la voie du haïku, l´auteur nous invite à maîtriser la technique pour en arriver ensuite à la transcender. C´est à force de pratique qu´on accède à l´esprit du haïku, c´est à force et d´ouverture qu´on découvre sa propre voie.

  • Quand Hélène Leclerc observe sa réalité urbaine, des vélos filent au-dessus des roseaux, le soleil descend la côte sur un fil, le sapin s´embrouille derrière le barbecue, des étages de ciel apparaissent sur les immeubles et une pianiste géante joue sur le mur de l´église.

    Quartier des affaires au-dessus de mon reflet des étages de ciel concert à la chandelle sur le mur de l´église la pianiste géante

  • Le haïku célèbre ici le quotidien dans tout ce qu'il transporte de lumière et d'ombre. Le petit nuage blanc qui imite la lune, la lumière d'un héron au-dessus d'un embouteillage, des épinettes noires qui étirent le cou, mais aussi la lourdeur d'un dernier rendez-vous dans les yeux bleus d'un ami. Les haïkus de ce recueil témoignent d'un chemin entre deux ciels.

    rencontre matinale
    toutes les forêts du monde
    dans les yeux du cerf

    neige lourde
    ce matin le grand pin
    effleure mon épaule

  • Six mois à Montréal. Six mois en Gaspésie. Deux univers dans lesquels, tour à tour, l´auteure nous invite à basculer. En plein coeur du Quartier Latin : cette odeur d'humanité, le choc des bruits et des lumières, l´effort à fournir pour habiter le corps quand l´horizon manque au regard. Puis, le retour à la mer, aucune retenue dans l´espace, tout ce bleu, à nouveau, ces amis emmêlés au paysage.

  • Écrire un haïku parce qu´il est nourriture, tel un fruit s´offrant à la cueillette et à la dégustation. Parler des bruants, de l´Innu, des graines rouges, du grand vent, de l´enfant, des traînées de soleil, de la neige à gros flocons... Le haïku a pour assise le quotidien, mais se veut porteur d´éternité.

    Chaleur de la terre des petits fruits nordiques plein le panier brise de mer des mots venus du large dans mon cahier

  • Ce roman haïbun nous entraîne, sur fond de décor montréalais, dans les traces de trois femmes qui connaissent des soubresauts dans leur vie de couple et leur rôle de mère. Entre une cartomancienne qui vit une rupture amoureuse, une mère endeuillée et une autre épuisée par l'arrivée d'un premier enfant, l'autrice tend quelques fils subtils qui créent une histoire intrigante et touchante. S'y ressent notamment toute la difficulté d'être femme et mère.

    un poisson frétille
    dans la fontaine
    l'envie de nager

  • aube glaciale / des fumées de mer / tamisent la lumière Les fumées de mer sont un phénomène typique du fleuve Saint-Laurent en hiver. Ces immenses colonnes de vapeur deau qui par matin de grand froid, tels des encensoirs du ciel, montent des eaux glacées du fleuve et glissent lentement vers la mer ont dû surprendre et émerveiller les premiers Européens installés au Québec, comme elles nous transportent encore aujourdhui. Regarder passer les fumées de mer à laube, cest assister à la rencontre de la terre et du ciel et participer, en quelque sorte, au choc des éléments.

  • Dans Saisons de sel, Claude Marceau nous fait découvrir lestuaire démesuré du Saint-Laurent et son golfe.

    De Tadoussac à Natashquan, une voiture imaginaire roule et ses passagers admirent plages, îles, îlots, baies, criques, bêtes et oiseaux, traversent paysages, villes-champignons, pittoresques villages, dans un périple qui prend tout son temps et touche à léternel, sarrêtent parfois pour pique-niquer, allumer un petit feu de grève, pêcher, récolter des coquillages et parler avec les gens flèches vivantes / les fous de Bassan plongent / à cent kilomètres/heure aurores boréales / blanches et roses et vertes / une danse sur la mer

  • Sept femmes empruntent la voie du haïku pour aborder des sujets qui les font vibrer, des sujets qui rejoignent leurs intérêts ou leurs préoccupations. Le haïku se fait tantôt chercheur de beauté, de poésie et de premier regard, tantôt témoin d´instantanés de voyage, du quotidien d´un couple, de la fuite du temps ou d´événements d´actualité.
    On y dit ce qui bouge, ce qui surprend, ce qui marque, ce qui se déroule alentour et partout dans le monde. En cela, La lune sur l´épaule ressemble à la vie.

  • Le kukaï est une pratique traditionnelle du Japon qui consiste à tenir, suivant une procédure établie, une réunion au cours de laquelle les haïjins (auteurs de haïkus) lisent, choisissent et commentent les poèmes qu'ils ont écrits. «Kukaï, une aventure poétique» regroupe trente et un auteurs du groupe Haïku Québec et compte cent soixante-huit haïkus choisis parmi plus de deux mille cinq cents textes. Ce florilège atteste que l'écriture de haïkus est plus que poésie, elle est aussi philosophie de vie et expérience humaine de partage : elle nous conduit à voir les choses et les êtres tels qu'ils sont, sans jugement, et à en rire à l'occasion.

    Odeurs d'automne flâner sous les ombrages le nez en l'air (Jean Deronzier) deux ans plus tard ta montre dans le tiroir toujours vivante (Esther Greaves)

  • Quelques mois après la publication de son premier recueil «Cueillir la pluie» (Tire-Veille, 2014), Jimmy Poirier réalise à quel point le haïku a chamboulé sa vie. Tout doucement, presque imperceptiblement, une agréable lenteur s'est installée dans son quotidien. « Tous les soirs, je revenais chez moi la tête gorgée de sons et d'images, les poches pleines de bouts de papier sur lesquels j'avais gribouillé toute la journée. Après un certain temps, j'ai compris que le haïku s'était enraciné en moi, dans mes yeux et dans mon ventre, et qu'il s'y était installé pour la vie. » sentier d'automne / sous nos pas / le bruit des couleurs L'auteur poursuit ici sa quête de l'instant, attentif au moindre geste de la nature à travers chaque saison, en renouant avec des fragments de son passé. Une grande partie de ce recueil a été écrite chez lui, au bord du Saint-Laurent. Habiter ce lieu inspirant, c'est porter en soi le souffle du fleuve.

  • « La lecture de ce beau recueil de haïkus québécois, où se côtoient l'univers et l'intime, donne au lecteur la mesure de ce temps poétique qui n'a qu'une réalité, celle d'une conjonction entre intensité et immédiateté, car il y a parité absolue entre ce qui est réel et l'instant présent. » Préface d'Alain Kervern Neuf auteurs de la Côte-Nord empruntent la voie du haïku avec des sujets qui leur tiennent à coeur ou qui rejoignent leurs préoccupations. Alors que certains parlent des beautés de la nature, des secrets de la faune et de la vie paisible au chalet, d'autres évoquent des petits moments qui se passent au fil des jours, dans l'ici et l'ailleurs. Finalement, d'aucuns révèlent ce que perçoivent les sens, partagent la réalisation du rêve d'un voyage au Japon ou abordent l'inéluctable. Textes de Gilbert Banville, Hélène Bouchard, Odette Boulanger, Thérèse Bourdages, Claire Du Sablon, Christine Gilliet, Carmen Leblanc, Monique Lévesque et Claude Rodrigue.

  • Sept-Îles se loge dans ce vaste espace que dessine la Côte-Nord, entre mer et forêt. Un lieu où la respiration s'élargit en même temps que le paysage. Un lieu où les expressions «à perte de vue» et «à couper le souffle» sont coutumières. Un lieu d'échanges et de métissage entre cultures. Un lieu où cohabitent nature sauvage et grandes industries. Sept femmes du Groupe Haïku Sept-Îles ont choisi de faire connaître ce milieu unique, à travers de petits poèmes d'inspiration japonaise. une mer d'huile les îles en lévitation ce matin entrée d'hémérocalles et potage de pissenlits s'inviter au Jardin Textes de Micheline Beaudoin, Hélène Bouchard, Marthe Boudreault, Odette Boulanger, Thérèse Bourdages, Diane Cyr et Ginette Simard.

  • «vingt et une heures trente la mère bordée par la fille» Un monde en suspens. Ce monde qui s'arrête net un jour de février. Puis le corridor étrange qui suit la perte. Tant de petits signes d'immortalité imprégnés dans le quotidien. Ces objets vivants qu'on soupèse, dont on hume le parfum. «J'écris dans ton cahier turquoise. Celui que je t'avais offert pour Noël. Sachant qu'il te restait peu de temps pour t'en servir. Qu'il me restait peu de temps pour être ta fille. J'écris ce qui se voit. Ce qui ne se voit pas. La présence. L'absence. Ce qui se dit entre nous, pour te garder. Ce qui parle de toi, tout bas, lorsqu'on se tait pour t'aimer encore. sur la commode tes lunettes sans ton regard» Joanne Morency conjugue ici la prose poétique et le haïku dans cette forme si particulière qu'offre le haïbun. « Un texte très personnel, écrit tout en finesse et en retenue ». Prix du récit Radio-Canada 2014.

  • Conjuguant les petites saisons de la journée, les grandes saisons de la vie et les saisons du voyage, ce recueil mêle aux temps perdus ou retrouvés les cycles qui reviennent et s'achèvent, les jours qui déclinent et renaissent, les instants qui meurent ou s'éternisent.

    retour au pays natal
    chaque année son lot
    de nouveaux décès

    cheminée noircie
    y veillait jadis la nuit
    de la cendre rose

  • Construit comme un haïbun - soit un mélange de prose et de haïku -, ce très joli recueil a été écrit au cours d'une résidence d'écriture au Caeteni Cultural Center, à Vernon, en Colombie-Britannique. Éloignée des siens, l'auteure y traduit sa façon d'appréhender le monde. En fine observatrice, elle capture l'essence des lieux dans les petits détails et les gestes du quotidien.

    J'aurai deux semaines pour apprivoiser l'absence

    valise ouverte
    entre robe et soutien-gorge
    une lettre de toi

  • Avec grâce, audace et sourire en coin, l'auteure nous entraîne dans ses observations, celles qui pimentent le quotidien ou celles qui, en des terres lointaines, l'ont ébranlée. Et toujours, en filigrane, l'humanisme, la solidarité et l'humour.

    Léry
    la statue d'une frêle lectrice
    dans un massif de fleurs

    marché aux oiseaux
    parmi les acheteurs
    un chat bourlingueur

  • Pour son premier recueil, Sébastien Rock s'est inspiré de la démesure des Prairies, de leurs ciels majestueux et des petites surprises qui nourrissent son quotidien dans une ville aux dimensions encore très humaines.

    excursion scolaire
    les passereaux piaillent
    plus que les élèves

    bleu blanc jaune
    un parhélie tracé
    dans un ciel ouvert

  • Aussi impressionnantes qu'elles soient, les convulsions de l'Histoire et de la nature ne sont jamais que des bornes élevées de loin en loin sur notre géographie intérieure. Le regard aigu de Catherine Laratte sait voir et retenir les instants à la fois anodins et troublants, fugaces et impérissables qui façonnent notre paysage intime.

    nu-pieds dans la rosée / une fleur de trèfle se glisse / entre mes orteils

    dans la cohue / le regard d'une moniale / repartir sereine

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