Littérature générale

  • «Sarah boit son thé calmement et remonte une mèche de cheveux d'un geste distrait.
    Tu es vraiment gentille d'avoir bravé la pluie, lui dis-je de nouveau.
    C'est normal. Il m'aurait demandé pourquoi on va pas voir papi. Il s'est habitué à ces visites. D'ailleurs, à ce propos, continue-t-elle, en baissant la voix, je crois qu'il faut qu'on se parle toi et moi.
    Ah? Je t'écoute.
    Elle fait signe d'attendre un instant et sort de son sac quelques voitures miniatures dont la Batmobile, Batman et son acolyte Robin et les confie à Dimitri qui se met aussitôt à jouer à côté de nous, à la table voisine qui est vide.
    Rodney et moi, ça ne s'améliore pas. C'est vraiment difficile. Je ne le comprends plus. Il est grincheux, irritable et casanier. Je lui ai dit que j'allais voir ma soeur à Mississauga pour quelques semaines, peut-être un mois afin que chacun de nous réfléchisse à notre relation.
    Et qu'est-ce qu'il a dit?
    Il n'était pas très content, mais il a accepté. Je pars demain avec Dimitri. Tu comprends maintenant pourquoi il ne fallait pas rater notre rencontre.»

  • Tango tatouage

    Jean Perron

    « Des chevaux blancs, bruns et noirs apparaissent ici et là, détendus. On ne saurait dire s'ils font partie d'élevages ou s'ils vivent à l'état sauvage.
    Rien ne semble délimiter ce vaste territoire chargé d'énergie tellurique.
    Aucune clôture.
    Aucune affiche.
    Je sors mon caméscope pour capter ce paysage fuyant, sur lequel je ne peux toutefois projeter tout ce qui me passe par la tête en même temps : les souvenirs de Buenos Aires, encore brûlants, et les réflexions sur mon séjour dans cette ville. À l'opposé, je ne pourrais non plus, même si je tentais de tout oublier en plongeant mon regard dans le décor en mouvement par la fenêtre, effacer de ma mémoire les images et les pensées chargées de questions qui me poursuivent au rythme du train.
    Je me sens tatoué de l'intérieur, au son d'un tango aussi doux que déchirant. »

  • Zahra

    Soufiane Chakkouche

    « Allongée sur le dos, à même le sol, drapée d'un voile souillé par la Providence, les pieds sur deux sacs de foins qui tenaient lieu d'étriers, les cheveux en sueur et les lèvres sèches, Oumaya (La petite servante) avait juste la force de murmurer :
    - Sauve mon bébé et laisse-moi mourir, que Dieu préserve tes enfants.
    La supplication était étouffée, mais elle résonna nettement sur les parois de ce lieu damné : un poulailler sans gallinacés pour pondre un enfant, une maternité aux allures de tombeau pour donner la vie, la danse satanique d'une flamme de bougie pour éclairer son chemin, et deux ombres s'agitant sur un mur sale et indifférent pour en être le témoin. Oumaya renfermait la honte en elle, et la honte devait naître dans la nuit, le secret et le froid. »

  • « Fred Baptiste leur avait écrit quelques mois plus tôt pour "réunir en un seul bloc révolutionnaire toutes les forces vives de l'exil". "Il n'y a point de liberté sans révolution, affirmait-il. Il faut du sang pour améliorer le monde. Haïti peut et doit survivre, mais le gouvernement dictatorial duvaliériste ne peut et ne doit survivre en Haïti." Le sous-groupe armé de Jeune Haïti ouvrirait un second front dans la Grande-Anse afin de créer une brèche et de prêter main-forte à celui de Fred et de Rennel. De cette façon, ils feraient croire à une attaque multiple et forceraient le régime à déployer les ressources militaires du pays à deux endroits à la fois.
    *
    Vers la fin du mois de juillet, Jeune Haïti rassembla les treize volontaires pour la prochaine expédition. Répondant à l'appel, Henri suspendit ses activités en cours pour partir rejoindre ses amis volontaires en Floride sans rien dire à son oncle Gaston et à sa tante Marie-Rose et sans avertir l'Université. Il rangea soigneusement sa chambre et profita d'une sortie de ses hôtes pour filer à l'Anglaise. »

    Inspirée d'une histoire vraie, cette courageuse et téméraire aventure de treize jeunes Haïtiens qui tentèrent, au cours de l'été 1964, de renverser le régime dictatorial de Papa Doc est enfin tirée de l'oubli par Gabriel Osson, qui avait déjà signé un poignant récit sur la domesticité des enfants à Haïti, Hubert, le restavèk (David, 2017).

  • «C´est l´air de fin d´été qui me donne les blues. La plupart des jeunes venus travailler en Huronie pour la saison estivale sont repartis et la région prend un coup de vieux. Je prends un coup de vieux. Moi, je reste, car c´est fini le temps des jobs d´été. J´ai une vraie job. C´est plus qu´un boulot, c´est une mission ! Responsable du Musée de la francophonie qui va ouvrir à l´hiver. Une première dans la région. Holy Smoke ! Ça devrait plutôt être un vieux de la quarantaine qui prend une telle charge et non un jeune taon de vingt-sept ans qui entame sa première vraie job. Le pire, c´est que par moments, je suis convaincu que mes patrons ne se rendent absolument pas compte de la gravité de mettre une culture en boîte. Si c´est pas fait avec doigté, l´hommage risque d´être vu comme un enterrement. En plus, le musée fait partie d´une chaîne de six musées lancée à travers la province. C´est pas rien ! C´est un moment historique dans l´histoire franco-ontarienne.»

  • « Les gens sont bien plus caves qu´à plaindre. Il ne leur vient même pas un début de soupçon qu´ils se font bourrer. Un bon jour, il va bien falloir que quelqu´un fasse quelque chose ! [...] La vie me fait des misères, tout le temps. Je ne demande pas grand-chose. La paix, un peu d´affection, la chance de laisser le monde tranquille. Pourquoi des tuiles à tout bout de champ ? Chaque fois que je sors la tête de l´eau, quelqu´un me renfonce, m´empêche de m´emplir les poumons et lancer un cri. J´avale, je tousse, je m´étouffe... Au Mazarin, j´étais peinard. Wasping débarque, je vois venir d´autres vagues. Un bon jour, je vais recracher tout ce que j´ai avalé de travers. Ça va faire un sacré dégât !»

  • Oscillant entre la colère et la nostalgie, mêlant souvenirs et faits historiques, ce récit de Pierre Raphaël Pelletier nous replonge dans l'époque, pas si lointaine, où le centre-ville de Hull a été sauvagement démembré sous les coups, souvent complices, des promoteurs et des politiciens.

  • «Jai 18 ans, ça fait deux mois que je dors.
    Je ne veux plus rien savoir du monde qui mest extérieur. En fait, je ne veux plus rien savoir de moi-même, je ne sais plus rien de moi-même.
    Qui suis-je? Jai les yeux bleus, les cheveux bruns, de grosses cuisses énormes et des seins. Yark! Je suis une femme, une forme ovale et molle. Je ne vois que mon reflet dans ce foutu miroir, et même mon reflet me répugne. Quand je ferme les yeux, jai limpression dentendre une gamme majeure chromatique en constant decrescendo. Je suis un dépotoir, mes entrailles se contractent, se détractent comme si jallais accoucher dune bête sauvage, enragée, dun être possédé et ensorcelé.
    Jai limpression de peser trois cents livres, ce qui nest vraiment pas le cas.
    Cest que, depuis des années, je traîne un chariot de fumier, rempli de mensonges et de déceptions Jai comme un couteau enfoncé entre les deux seins. Je ne men sortirai jamais »

  • «La neige tombait de plus en plus. Avec elle, s'amoncelaient les angoisses, les doutes ; Hugues s'emmitouflait dans la froide distance avec les autres. Le temps des fêtes approchait, lui s'éloignait. Il craignait les rapprochements. Il aurait aimé s'endormir, s'engourdir comme un ours et ne se réveiller qu'après la mort du sapin de Noël. Mission impossible. Les enfants allaient venir, les invitations de la famille et des amis allaient se faire de plus en plus pressantes, alors comment y échapper ? Il redoutait les regards remplis de pitié et encore plus les conseils des uns et les "j'ai connu quelqu'un" des autres. Il finit par se dire que c'était un mauvais moment à passer et qu'il pourrait toujours évoquer la fatigue comme excuse à un départ précipité.
    Machinalement, il étira le bras jusqu'à la pile de livres et en ramena un comme il aurait ramené une couverture sur lui pour se tenir au chaud, se protéger des assauts humains.»

  • « Bête du pouvoir. Bête tout court.
    Entre l´étreinte de la rue et la fièvre des cafés, à écrire, à lire, à peindre, à marcher, à vadrouiller, à parler avec mes enfants, mes amis, les corneilles et les petites bêtes autour de moi, j´ai espoir qu´un jour toute cette beauté l´emportera sur le pouvoir de la bêtise, en commençant par la mienne.
    Bras-dessus, bras-dessous, je respire mieux à nicher dans le maquis.

    [...] Sans autre exutoire que la marche, je parcours à pied les rues quiètes ou en retrait, les chemins de travers, les ruelles par lesquelles se succèdent les dérives vers d´autres cieux plus dégagés.
    Pas à pas, je marche à me narrer, à m´égarer, à m´ignorer, à me rapprocher du prochain jour à marcher.
    Je gîte en moi à marcher. »

  • « - Peux-tu me décrire, mon hibou, ce que tu avais dessiné dans ta classe? poursuit Ricky, encore un peu secoué par le tintouin amplifié de notre crocodile.
    - Une grande plage avec des jeux et la mer et le soleil et des oiseaux et des châteaux de sable et des ballons et des parasols et des coquillages et des écrevisses et des bateaux à voile... retrace-t-il avec la main droite pour bien rapporter la position de chaque élément sur une feuille imaginaire.
    - Est-ce qu'il y avait aussi des gens sur ton dessin ?
    - Oui. Moi, les Cormier et vous deux sur vos chaises longues. J'avais écrit...
    Il recommence à mugir de plus belle avant de compléter sa phrase. Il court dans son sac chercher le dessin et reviens, toujours en larmes.
    C'est alors que l'on comprend mieux l'infâme outrage de la pauvre Madame Lucie... Elle a daigné biffer en rouge "mépapasonlà" pour écrire en dessous : "Mes papas sont là."... à même l'oeuvre d'art ! La pauvre enseignante se voit ainsi vouée à l'enfer pour l'éternité. »

  • « Lorsqu'Émilie avait frappé à la porte de M. pour la première fois, son seul motif consistait à oublier. Oublier tout, par la chair. Se sentir encore plus inhabitée qu'elle ne l'était déjà. Imbibée et engloutie par n'importe qui, dans l'espoir de s'y confondre, comme entravée. Émilie n'appartenait à aucun cercle, ne trouvait sa place nulle part. Quelquefois, de justesse, elle parvenait à l'oublier. Cela pouvait durer des jours et, avec un peu de chance, parfois des semaines. Mais inéluctablement, dans la rue, en allant chez le coiffeur, dans son lit ou ailleurs, les échos revenaient, cinq fois, dix fois. Vingt fois plus puissants. Émilie étouffant dans son propre corps, subissant incessamment la même sujétion : s'extirper de son crâne, peu importe dans quelle mesure. Elle se doutait du type de traitement auquel elle aurait droit si elle acceptait de suivre M. chez lui. Et c'était expressément ce qu'elle était venue chercher. Émilie devait sentir que son esprit, tout son être ne lui appartenaient plus. L'envie viscérale. Émilie avait besoin d'avoir mal. »

  • «Le bateau quitte lentement le quai de Jérémie. J'ai le coeur qui débat, gros dans ma poitrine. Les larmes roulent sur mes joues. La taille de ma mère s'amenuise de plus en plus, pour ne plus devenir qu'un petit point à l'horizon. Je reste là à l'arrière du bateau fixant ce point jusqu'à ce qu'il disparaisse tout à fait de mon champ de vision. Je suis en route pour une nouvelle aventure dont je rêve depuis des mois, mais je suis tout de même angoissé devant l'inconnu. Après une nuit mouvementée en mer, je suis arrivé à Port-au-Prince en provenance de ma ville natale, une petite ville du sud. Le quai de débarquement, où je me trouve, si on peut l'appeler ainsi, est juste à côté du marché de charbon qui, sans le savoir, allait changer ma vie. L'histoire qui suit est la mienne et pourrait être celle de milliers de jeunes envoyés par leurs familles pour vivre avec un parent, qui un oncle, une tante, une marraine dans la capitale ou pour être placés comme dans mon cas dans une famille, comme garçon à tout faire ou comme on nous appelle ici : un restavèk (reste avec).» Il existerait en Haïti près de 400 000 restavèks. Ces enfants, victimes d'abus de toutes sortes, sont maintenus dans un état proche de l'esclavage. Haïtien émigré à Toronto, Gabriel Osson raconte ici l'histoire bouleversante de l'un d'eux.

  • « Je suis assis à quelques mètres d'elle maintenant qu'elle a fini son appel. Je voudrais lui dire que je suis près du bonheur quand je suis avec elle en train de regarder une vidéo idiote à la télé. Cependant, je ne dis rien. La question qui jaillirait de sa bouche serait pourquoi ne pas être dans le bonheur ? Et je me sentirais contraint de lui avouer que je ne l'ai pas encore trouvé, que je le cherche. Je serais contraint d'admettre par conséquent que le bonheur, j'y ai goûté avec la naissance de Freddy et puis la sienne. Qu'être avec Joanna fut aussi être près du bonheur au début. Or, comment y pénétrer et y rester ? Le bonheur est un parfum sans nom. »

  • « Je ne voulais pas t'aimer, surtout quand on s'est mariés ; peut-être ne l'avais-je jamais fait comme il le fallait. Être aux côtés de quelqu'un, n'importe qui. Me convaincre que je l'avais choisi. Je me disais que ce serait comme avec tout le monde, qu'on finirait par se lasser, sinon s'égorger pour des motifs dérisoires. J'avais tort, car même nos disputes ne m'ont plus dérangée. Combien de fois ai-je dû me dire que tout était faux et que je ne te voulais plus, pour ne pas penser aux autres. Quand j'ai accouché d'Abby, j'ai subitement cessé de t'en vouloir. Mais toi, tu n'as rien vu. J'en avais mal aux membres, comme si mon attachement pour toi avait décuplé, en simultané. Et dès lors, je n'en ai plus eu pour notre fille. »
    Après avoir fait une entrée remarquée sur la scène littéraire québécoise avec Une irrésistible envie de fuir (David, 2017), Catherine Bellemare récidive avec Le tiers exclu, un deuxième roman tout aussi étonnant. Sur fond de dépendance, de toxicomanie, de troubles mentaux, de quête identitaire et de solitude, des sujets qui lui sont chers, la jeune romancière écorche, d'une manière aussi crue, le thème de la parentalité, du point de vue du père, de la mère et de la fille, Abbygail, qui se retrouve dans une famille qu'elle non plus n'a pas choisie.

  • « Quand je l'ai vu entrer dans la classe, plus jeune que mon père, plus beau que mon plus charmant cousin germain, j'ai compris tout de suite que j'avais un coeur qui pouvait battre à cent milles à l'heure. Je me suis aperçue, ce jour-là, que les hommes n'étaient pas toujours des oncles, des docteurs, des travailleurs, des messieurs ou de vieux curés dominants ! Romain, tu venais de t'approprier mon petit coeur d'écolière de première année. L'amour n'a pas d'âge, disait mon père, follement amoureux de ma mère de dix ans son aînée. Papa avait raison et moi, j'étais déjà amoureuse d'un séduisant vicaire qui sera mien. Je suis patiente autant qu'obstinée. J'attendrai. Juré, craché ! »
    Inspirée d'une nouvelle intitulée « La confession », publiée il y a quelques années (Sous la jupe, David, 2013), cette histoire rocambolesque permet à Danièle Vallée de revisiter une époque où l'église et le sacerdoce étaient encore au Québec des sujets dont on n'aurait pas osé plaisanter.

  • « Le gardien du feu à l'extérieur enfonça sa fourche dans les entrailles du feu. Il en dégagea une roche incandescente, pratiquement de la taille d'un ballon de soccer. Il l'achemina avec précaution au centre de la hutte et la fit glisser dans la fosse. L'Aîné poussa un cri bref, mais puissant. Puis, il saupoudra la roche incandescente d'un mélange de tabac et de cèdre, qui crépita et illumina brièvement la hutte minuscule tandis que les jeunes visages déjà brillants en cercle autour du trou regardaient. Le gardien du feu ajouta six autres roches rougeoyantes dans la fosse. Alors, l'Aîné fit tomber le rabat. Il fit tout à coup noir comme dans un four et l'air devint soudainement épais et chaud.
    - Voici les sept Grands-pères, mes nièces et mes neveux. Ils sont ici ce soir pour nous aider à guérir, à purifier notre esprit et à nous garder au chaud. Ils sont avec nous depuis très, très longtemps. Ce sont eux qui nous ont fourni nos enseignements. Ce sont eux qui nous ont donné cette cérémonie de guérison. »

    Réunis sous la sweatlodge et guidés par l'Aîné selon un rituel ancestral, de jeunes autochtones se voient tour à tour invités à revenir sur un sombre épisode de leur passé. Originaire de la réserve de Wasauksing, dans le Nord ontarien, Waubgeshig Rice veut faire écho dans ce premier recueil de nouvelles à la dure réalité des Premières Nations aujourd'hui. Il a remporté pour ce livre le prestigieux Independent Publishers Book Award en 2012.

  • « Elle, Janis. Moi, Sam. Notre enfance. Notre amour. Nos vies soudées par la désespérante recherche du bonheur. Des existences soldées par l'inévitable dénouement dramatique. Et la fin de tout pour nous. C'est ça la vraie déchéance. [...]
    J'ai longtemps pensé que les astres étaient parfaitement alignés. Doc, j'y ai vraiment cru. De tout mon coeur. Je me suis lancé corps et âme dans cette relation, comme un maudit fou, des fois comme un déchaîné ivre de mes illusions. Janis aussi voulait y croire, à l'amour parfait, mais elle était plus réticente. C'était un mirage pour elle. Moi, je poussais vite, elle, elle se hâtait lentement. Elle était plus prudente, la Janis. Moins tête folle que moi en amour.
    Doc, tu te tapotes les lèvres avec ton stylo... »

  • «Dans mon lit, tout semble m'assaillir en même temps. Le silence général qui accentue l'enfermement de mon mutisme, les propos de Gus sur la vie. Je réfléchis à ma relation avec mes trois ex-épouses. En donnant les rênes de mon entreprise à mon fils, je ne représente plus un si grand intérêt. Vont-elles continuer à me fréquenter ? La vraie question est pourquoi voudrais-je qu'elles me fréquentent ? Puis, il y a le rendez-vous que j'ai chez l'avocat demain en compagnie de Maryse. Earl est censé nous rejoindre. J'ai l'impression qu'au lever du jour, je ne serai plus moi. Je serai un homme condamné à vivre sans titre. Retraité ne veut pourtant pas dire la fin d'une vie. Pour certains, c'est le début de quelque chose de plus exaltant.»

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