Littérature générale

  • Cette année, la collection " Remake " réunit 11 nouveaux auteurs pour un ouvrage collectif haut en couleur. Redécouvrez les incontournables Contes de Perrault, réinterprétés par Leila Slimani, Cécile Coulon et bien d'autres. Perrault, c'est ce dont on hérite au plus jeune âge et que l'on transmet parce qu'il s'adresse à tous. Vibrant hommage aux contes de la tradition orale, ses Histoires ou contes du temps passé avaient pour fin selon ses dires " moins de plaire que d'instruire ". A l'heure où la question de l'instruction se pose plus que jamais, il nous semblait fondamental d'interroger Perrault en invitant 11 écrivains à le réinterpréter dans la collection " Remake ". Subversifs, burlesques, pleins de sagesse et de dérision, leurs contes de Perrault dressent un panorama de la littérature contemporaine dans toute sa diversité. De Hervé Le Tellier à Christine Montalbetti en passant par Cécile Coulon et Fabienne Jacob, l'écriture va de la gouaille à la poésie comme un ruisseau qui chanterait sur des pierres, en n'omettant pas de bousculer au passage une société qui en a bien besoin. Un nouvel éloge de la sagesse populaire.

  • Indian paludes

    Jean-Claude Perrier

    GIDE VIVANT !
    En dépit de ses innombrables voyages, Gide le nomade n'est jamais allé en Inde. Où, pourtant, un certain nombre de raisons personnelles, historiques, poétiques auraient pu le requérir. Il n'en fallait pas plus pour que l'imagination de Jean-Claude Perrier s'emballe, et qu'il s'empare de Paludes, le plus contemplatif, le plus immobile des livres d'André Gide.
    Gide, donc, est toujours vivant, et le voici qui s'embarque pour Pondichéry, afin d'achever, in situ,
    sa traduction du mystique Kabîr, tout en découvrant un pays qui l'enchante. Au passage, il fait quelques belles rencontres, se laisse porter par sa curiosité, pousse les portes de tous les temples...
    Gide, accueillant Jean-Claude Perrier comme un nouveau Nathanaël, l'invite à l'accompagner
    en pensée durant son séjour, à s'émanciper pour écrire son Indian Paludes et, en vertu d'une mise en abyme audacieuse, à en faire - ah ! - le plus irremplaçable des remakes.

  • Ubu roi

    Nicole Caligaris

    Nicole Caligaris revisite l'oeuvre de Jarry sous forme d'aventure vertigineuse dans l'univers de la finance et des guerres internes aux entreprises capitalistiques mondialement établies, au sein d'un monde globalisé où les requins sévissent tous azimuts.

  • L'bonhomme Pons

    Bertrand Leclair

    Le Cousin Pons de Balzac (publié en 1847) est aussi bon et naïf que La Cousine Bette est aigrie et nuisible. Un ringard, un collectionneur raté, méprisé, solitaire... jusqu'au jour où on s'aperçoit que sa collection vaut une fortune. Dès lors, les regards changent et le cousin devient le centre de toutes les attentions.
    Que serait aujourd'hui le cousin Pons ? Que collectionnerait t-il ? Où et comment vivrait-il ? Le Bonhomme Pons de Bertrand Leclair, est, lui aussi, un type égaré dans une époque qui n'est pas la sienne, un " fastueux débris de 68 ". Cela permet à Bertrand Leclair d'épatantes descriptions des deux époques qu'il évoque, celle d'aujourd'hui et celle des années 70, reflétée par son personnage. Il prend le parti d'une écriture très balzacienne dans son classicisme et son sens du détail, tout en jouant sur le décalage et en mettant en scène un narrateur observateur de Pons. C'est très réjouissant, par une approche sociologique à la fois très précise et en même temps décalée, pleine d'humour. Et Leclair fait revivre comme en sous texte l'esprit balzacien.
    Une collection dirigée par Stéphane Bou.

  • Le texte est une réjouissante pochade. Duo d'Hibernatus, Bouvard et Pécuchet se réveillent d'une profonde sieste un peu troublés. Auraient-ils trop déjeuné, mal digéré ? Autour d'eux, les choses sont étranges. Nos deux naïfs ne réalisent pas bien qu'un siècle est passé. Nous sommes en 1980 et les deux lascars vont, à leur habitude, tenter des expériences. Ils lancent une radio , mais elle n'émet pas plus loin que leur jardin. Ensuite ils se voient traders, découvrent la " pédagogie par le stress " et cherchent donc à se rendre stressés, font de la politique, découvrent le fitness et le féminisme... Comme leurs ancêtres, Bouvard et Pécuchet, c'est nous, dans leur dérisoire humanité vaniteuse mais attachante. Ils veulent en être, mais ils sont pathétiques, et ils finissent par reprendre la sieste interrompue... Jusqu'au prochain siècle !
    Une collection dirigée par Stéphane Bou.

  • Sous la plume de Romain Slocombe, les petites filles modèles lâchent la bride à toutes les ambiguïtés distillées dans le roman de la Comtesse de Ségur. Un conte pervers aussi noir que raffiné. En 1858, la Comtesse de Ségur présente Les Petites Filles modèles comme la suite des Malheurs de Sophie, et ces deux livres figurent depuis lors au coeur du répertoire classique de la littérature française pour la jeunesse. Portraits d'enfants bien nés saisis au moment où ils s'interrogent sur le bien et le mal, tableaux d'un milieu social où ne cesse de se poser la question des normes et des limites, les petites filles doivent y être " modèles " en vertu d'un idéal de comportement. Mais l'atteindre n'est pas si simple ! Et l'on a amplement pointé, au-delà des récits en apparence innocents et inoffensifs de la Comtesse de Ségur, les bourgeons de l'ambigüité. Dans son remake, Romain Slocombe les fait éclore : ses petites filles modèles deviennent les héroïnes d'un conte inquiétant et pervers, érotique et vampirique. Comme si la comtesse de Ségur avait retiré la sourdine pour écrire un roman destiné à des enfants plus âgés, laissant libre cours à la progression de la cruauté. Comme si elle avait quelquefois rêvé d'être Sade, non plus Comtesse mais Marquise...

empty