Sciences appliquées et industrie

  • Voici un livre qui révèle l'aspect intérieur et secret d'une entreprise française et mondiale. Elle a commencé à Clermont-Ferrand, vers 1884, avec la fabrication de patins de freins garnis de caoutchouc pour voitures hippomobiles. Elle constitue, de nos jours, le deuxième groupe mondial de pneus et est en passe de se placer au premier rang, grâce à l'esprit de la Maison : opiniâtreté, créativité, secret de la conception et de la fabrication, rigueur dans la gestion, sens - souvent humoristique - de la publicité : Bibendum maintenant légendaire ; le guide à couverture rouge, avec ses étoiles ; la signalisation routière. Parmi les grandes étapes techniques, le pneu démontable, la jante amovible (1906), la roue jumelée (1908), le pneu pilote en 1937, le pneu X en 1948. André et Édouard Michelin, les fondateurs, ont la passion de l'aviation. Ils créent, en 1908, la fameuse Coupe. En 1912, ils réclament cinq mille aéroplanes de combat. Notre avenir est dans l'air, affirment-ils, se montrant ainsi des précurseurs. Pendant la Première Guerre mondiale, les Bréguet-Michelin contribuent à la victoire. Le pneu et l'automobile sont complémentaires : de 1935 à 1974, Michelin prend la direction de Citroën ; en plus de sa production traditionnelle, Clermont-Ferrand équipe les Michelines, il s'intéresse à la compétition automobile. L'empire Michelin n'a cessé de s'implanter dans le monde, d'acquérir des places fortes. Ainsi, malgré les épreuves nationales et les deuils privés, qui se sont confondus pendant la Résistance, Un siècle de secrets permet d'élaborer l'avenir. Quelle aventure que celle de Michelin... exemplaire à bien des égards, s'écrie avec raison Bernard Hanon, président-directeur général de la Régie Renault, dans sa préface au livre parfaitement documenté d'Alain Jemain, qui a mis son expérience de journaliste au service de son talent d'écrivain.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • D'un bout à l'autre de la planète, des hauts fourneaux surgissent, le pétrole jaillit du sol, les ouvriers s'entassent dans les usines. A travers les cinq continents, les mêmes mots sont employés, les mêmes valeurs proclamées, les mêmes buts visés. Un type de société, la société industrielle, sans précédent dans l'histoire, est en train de devenir le modèle pour l'humanité entière. Tel est le fait décisif qui sert de base au rapport de Raymond Aron et aux colloques de Rheinfelden, qui ont trouvé tant d'échos dans la presse de tous les pays, comme pour témoigner encore de ce caractère universel du temps que nous vivons. Si l'industrialisme est la loi de notre époque, quel est le sens du grand schisme entre les deux sociétés industrielles d'Union soviétique et des Etats-Unis ? La similitude de l'organisation sociale entraînera-t-elle le rapprochement des idéologies, l'atténuation de la rivalité diplomatique ? Comment les sociétés encore peu développées réussiront-elles à s'industrialiser ? Par quelle méthode ? Au-delà de ces controverses sociologiques, les philosophes, savants, juristes, sociologues réunis à Rheinfelden, ont discuté le problème central que pose et qui dépasse la société industrielle : quelle est la valeur de ce nouveau type social ? La production, l'abondance, l'efficacité ne sont pas buts, mais moyens. Le but est la vie bonne, la société bonne. Et par là, l'humanité, aux prises avec le délire technique, retrouve les questions éternelles de Socrate, du Christ, de Bouddha. Robert Oppenheimer, George Kennan, Raymond Aron, Bertrand de Jouvenel, Asoka Mehta, bien d'autres encore, venus de tous les horizons et de toutes les disciplines, retrouvaient une langue commune pour répondre à cette commune interrogation.

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