Littérature générale

  • En moins de vingt ans, l'édition en sciences humaines et sociales a été considérablement bouleversée. Tout a été réinventé : le marché du livre s'est transformé, le cadre légal a été radicalement modifié, la publication et la lecture en ligne ont connu un formidable essor, l'écriture même des sciences humaines s'est métamorphosée. Face à ces révolutions intellectuelles, techniques et socioéconomiques d'une ampleur inégalée, en faisant dialoguer éditeurs privés et publics, économistes, documentalistes, libraires, juristes, traducteurs, chercheurs, cet ouvrage collectif offre à celles et ceux qui se préoccupent du destin de l'édition en sciences humaines et sociales un premier bilan, à la fois clair et lucide, des changements survenus depuis le début du XXIe siècle.

  • L'histoire semble aller de soi. Pourtant, prononcer « l'évidence de l'histoire », c'est aussitôt ouvrir un doute. L'évidence est le fil conducteur de ces pages qui interrogent le statut du récit historique, l'écriture de l'histoire, la figure de l'historien, hier et aujourd'hui, de la Méditerranée antique à la France de la fin du xxe siècle. Depuis Hérodote, l'histoire est devenue une affaire d'oeoeil et de vision. Voir et dire, écrire ce qui s'est passé, le réfléchir comme un miroir : tels ont été quelques-uns des problèmes constituant l'ordinaire de l'historien. Les nombreuses reformulations modernes ont poursuivi ce travail sur la frontière du visible et de l'invisible. Parvenir à la vue réelle des choses, en voyant plus loin et plus profond. Mais, avec la fin du xxe siècle et la domination du présent, cette forte évidence de l'histoire s'est trouvée mise en question. Quel rôle pour l'historien face au « défi narrativiste », à la montée du témoin, à celle du juge, et alors même que mémoire et patrimoine sont devenus des évidences ?

  • Idriss, un sans-papiers malien, raconte la naissance de son amitié avec Ahmed. Clandestins et dans l'impossibilité de retourner chez eux, ils sont tous deux enfermés dehors ; leurs promenades dominicales, entre Montreuil, Créteil, et Boissy-Saint-Léger, rendent leur solitude plus palpable encore. Les émotions qu'ils taisent tournent en boucle jusqu'à ce qu'Ahmed déraille et soit incarcéré.
    C'est à l'occasion du travail qu'elle a mené sur la communauté malienne de Montreuil, que la photographe Anissa Michalon a fait la connaissance d'Idriss, un jeune homme arrivé en France à l'âge de vingt ans. Écrivant un court roman à partir de ces images, Arno Bertina a voulu souligner ce qui, dans cette vie, renvoie aux pressions qui s'exercent sur tous les sans-papiers et, peut-être, sur bon nombre d'immigrés d'Afrique.

  • Des nouvelles féminines modernes, pleines d'humour et de sensibilité.
    Kozué la rêveuse, Uné la sensuelle, Kaori la romantique, Iwako la douce, Mimi la gourmande... Les neuf nouvelles de ce recueil ont pour cadre le Kansai - principalement Ôsaka mais aussi Kôbe ou Kyôto - et nous parlent d'amour. Interdites, insolites, cachées, rêvées, des amours qui se soucient peu des règles sociales du Japon de l'époque.
    Avec un style léger, auquel s'ajoute une délicate touche d'érotisme, l'auteure dédramatise les situations les plus graves.
    EXTRAIT DE UN THÉ TROP BRÛLANT
    Elle n'avait pas revu Yoshioka depuis sept ans. Ce dernier avait vraiment pris un coup de vieux mais le plus surprenant, c'était ses lunettes. Alors, avant même de lui avoir dit bonjour, cela lui avait échappé et Aguri s'était écriée :
    - Tiens, mais tu portes des lunettes !
    - Non, non. Je crois que c'est depuis l'année dernière.
    Il était passé sans transition de l'état de jeune homme à celui d'homme mûr et sa physionomie avait changé du tout au tout. Pourtant, il ne devait avoir guère plus de trente-six ans ; les hommes vieillissaient-ils donc si vite ?
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Seiko Tanabe est née le 27 mars 1928 à Ôsaka.
    Distinguée en 2008 de l'Ordre de la Culture pour sa contribution à la littérature de son pays, Seiko Tanabe a obtenu de nombreux prix littéraires, dont le prestigieux prix Akutagawa en 1964 pour son roman Sentimental Journey (Kanshô Ryokô).
    Son analyse fine et mordante d'une société japonaise en pleine évolution après-guerre dépeint des femmes de tête et des couples non conventionnels.
    Elle est la première auteure à utiliser dans ses romans la langue d'Ôsaka, japonais vif et direct. Son oeuvre constitue aujourd'hui une part importante de la littérature d'Ôsaka.

  • L'importance accordée à l'observation de l'action est une tendance marquante des sciences sociales contemporaines. Mais comment observe-t-on ? Que capte l'oeil du sociologue ou de l'anthropologue quand il observe ? En réalité, le regard fait le partage entre ce qui est pertinent et ce qui ne l'est pas ou l'est moins, entre le nécessaire et l'accessoire. Toute observation comporte ainsi un reste, qui mérite cependant que l'on s'y arrête. Dans ce livre publié pour la première fois en 1996 et devenu un classique, Albert Piette interroge les différentes traditions sociologiques ou ethnologiques afin de dégager le principe de pertinence que chacune d'elles met en oeuvre pour séparer l'essentiel du détail. Développant une approche originale, il défend l'idée selon laquelle la réalité sociale se construit dans la tension, variable selon chaque situation et chaque acteur, entre le primordial et le superflu. Ce sont ces écarts, ces restes, qui contribuent à définir les individus dans ce qu'ils ont de proprement humain.

  • Très jeune, Alma a rejoint l'un des gangs qui ensanglantent quotidiennement la capitale du Guatemala. Dans les rues du bidonville de son enfance, elle a épousé le clan des plus forts, poussée par un élan vital qui lui soufflait que mieux valait infliger la violence que la subir. Alma a tué, participé à des viols et à des extorsions. Elle a connu les passages à tabac et la prison, est devenue femme au milieu d'un groupe de jeunes guerriers surarmés, tatouant son corps de signes indélébiles et gommant sa féminité. Ses choix lui ont coûté la perte d'un enfant et une tentative d'assassinat l'a laissée paraplégique quand elle a quitté le gang. Aujourd'hui, elle se sait en sursis, mais tente de mener une vie paisible, avec un compagnon, un travail et des rêves d'études.
    Alma est né du travail photographique de Miquel Dewever-Plana sur la violence au Guatemala. En écho à ses images, Isabelle Fougère donne à entendre, dans un récit polyphonique, la voix d'Alma et celles des témoins majeurs de sa vie. Son récit mêle réalisme et fiction pour souligner l'universalité du destin de la jeune femme confrontée à l'extrême brutalité d'un monde en décomposition.

  • Pierre, feuille, ciseaux mais aussi îlot, parcelle, lisière De mot en mot, au gré danalogies et de fictions embryonnaires, apparaît un territoire composite fait de mystérieuses friches et de zones maraîchères, vestiges agricoles dun autre temps. On y croise une vieille dame ex-chef de bande de la Cité-Jardin, une fillette qui conserve ses trésors dans une boîte à chaussures, on y trouve des centaines de téléphones portables qui recèlent des milliers de textos, une perle noire soigneusement enfouie au fond dune commode, un cahier de couture et damples chorégraphies pour rejouer son existence aux yeux du monde.

  • Chaque amour recèle une part de folie...
    Une coiffeuse de´laisse´e qui cuisine un dernier repas a` son futur ex-amant, un coup de te´le´phone aux conse´quences de´sastreuses, un adulte`re qui tourne a` la folie mentale...
    Six nouvelles croustillantes et de´jante´es, emplies a` ras bord d'amour, de perversite´ et d'une pince´e de folie... rien de moins humain au fond. Manipulations, mensonges et faux-semblants, entre Kyoto et Paris, l'amour peut nous perdre ou` que l'on soit !
    Découvrez, dans ces six nouvelles policières, des romances piquantes tissées de sombres secrets et d'habiles manoeuvres !
    EXTRAIT
    Je n'en pouvais plus. Je libérai toute la rage de mes tripes.
    - Il n'est pas question que je mange avec toi ! Barre-toi ! hurlai-je.
    J'attrapai son épaule avec violence. Ma main entoura entièrement son bras frêle qui semblait si fragile. Il était fin comme celui d'une poupée. J'hésitai un instant, me demandant s'il n'allait pas se désagréger dans ma main. Elle en profita pour se dégager avec force. Je ne m'attendais pas à une telle brutalité et explosai de colère.
    - Tu es complètement folle ! Casse-toi ! Casse-toi tout de suite ! fulminai-je.
    L'idée d'apposer mes mains sur son cou et de serrer de toutes mes forces me passa par la tête. J'eus l'irrésistible envie de l'étrangler, de lui défoncer le haut du crâne contre l'angle du buffet. Je visualisais encore et encore au ralenti sa chute en arrière, le sang jaillissant de sa tête. Mon coeur battait si fort que mes tympans bourdonnaient. Je repris mes esprits et une sueur froide m'envahit. Si cette situation continuait, je risquais de la tuer. J'en eus si froid dans le dos que ma colère retomba d'un coup. Bizarrement, maintenant, j'avais peur. L'air triste, elle m'observait et dit :
    - Détends-toi ! Tu n'as jamais su garder ton calme. Je te jure que c'est la dernière fois, alors sois gentil.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Ne´e en 1961 a` Kyoto, Ruriko Kishida est expatrie´e tre`s jeune a` Paris pour suivre son pe`re dans ses recherches. Celui-ci scientifique e´me´rite, dirigera le centre de recherches Louis Pasteur de Kyoto. Sur les traces de son pe`re, Ruriko est elle-me^me diplo^me´e de la faculte´ des sciences de Paris VII. Francophone et francophile, sa vie a toujours e´te´ partage´e entre Paris et Kyoto, ou` elle re´side et ou` elle met en sce`ne de la plupart de ses re´cits.

  • Dans le tumulte provoqué par la controverse sur la légalisation du mariage et de l'adoption pour les couples de même sexe, faire vivre un débat informé et serein est un enjeu démocratique majeur. Les sciences sociales doivent y contribuer. Des juristes, politistes, sociologues et anthropologues répondent ici à l'Union nationale des associations familiales (Unaf), partenaire officiel des pouvoirs publics censé représenter « toutes les familles », et réfutent ses deux grands arguments : non, la nouvelle loi ne suppose ni « effacement » de la différence des sexes dans le couple, ni « mensonge » à l'enfant sur son origine ou sa filiation. Les auteurs ne se bornent pas à défendre le mariage de même sexe et l'homoparentalité. Ils démontrent que le débat change profondément lorsque l'on replace les grandes institutions de la parenté dans le temps long de l'histoire, lorsque l'on cesse de réduire les relations qui fondent la distinction de sexe aux seuls rapports de sexe opposé. L'homoparentalité est ainsi un révélateur exceptionnel des tensions et contradictions de notre droit actuel de l'adoption et surtout de la procréation médicalement assistée, incitant à l'améliorer pour toutes les familles.

  • Cette correspondance entre Noëlle Renaude et Barbara Métais-Chastanier, qui devait n'être au départ qu'un bref entretien, a pris la tournure d'un ouvrage plus conséquent qui s'est inventé pendant plus d'une année. Devenant essai à deux voix, débordant la question initiale de l'accident, de l'imprévu et du hasard, il explore au fil du dialogue, ...

  • Deux voix qui se succèdent sans se répondre : celle de Ghetto, s.d.f. vivant au bord du périphérique, et celle d'un agent de la préfecture de police affecté à la vidéosurveillance de ce même périphérique. Un jour, ce dernier aperçoit une forme noire sur l'un des écrans, qui semble s'être installée sur une langue de béton, à la hauteur des voitures. En cherchant à entrer en contact avec ce s.d.f., l'agent découvrira l'enfer que c'est de vivre là...

  • Liévin, 27 décembre 1974, 42 morts. L'une des catastrophes minières les plus meurtrières de l'après-guerre vient de se produire, l'une des dernières aussi. Les vieux mythes du mineur-martyr et de la mine infernale ressurgissent. L'événement n'est pas seulement ce rappel au XIXe siècle, il porte la trace des « années 68 » finissantes ; il donne lieu à des mobilisations d'un nouveau type. Entrent en scène de nouvelles figures appelées à un bel avenir : celles de la victime ou du « petit juge » luttant contre les élites minières. La catastrophe s'inscrit dans ce moment de basculement, entre la fin des « Trente Glorieuses » et l'entrée dans la « crise ». Pour cerner quelques aspects de ce basculement, l'auteur interroge sous l'angle de l'histoire sociale et politique le processus de désindustrialisation ; elle tente de percer à jour cet instant où le mythe ouvrier, autant que la classe ouvrière perdent de leur évidence et où la société industrielle, dans les faits et dans les images qui s'y attachent, amorce une mutation sans précédent.

  • Ce livre, gai et profond à la fois, est le récit d'un voyage en bus, pèlerinage de dix-huit jours qui conduit l'auteur à travers son pays natal, le Myanmar, plus connu en Occident sous le nom de Birmanie. Ma Thanegi dépeint avec humour le mode de vie traditionnel birman qu'anime une dévotion profonde au bouddhisme, mêlée d'étonnantes superstitions.
    Birmanie, voyage intérieur pose un regard quotidien sur un pays encore peu connu, si ce n'est à travers le prisme de la dictature militaire ou de récentes catastrophes. Les photographies en noir et blanc de Tiane Doan na Champassak prolongent ce récit qu'elles rejoignent souvent dans une approche franche et sobre, pleine d'humanité, tout en rappelant certains aspects d'une réalité sociale et politique qui ne peuvent être tus.

  • À partir des photographies en couleurs de Frédéric Lecloux, réalisées dans lintimité de l'appartement de sa grand-mère à Bruxelles, Ingrid Thobois imagine un texte de fiction comme une mise en abyme poétique.
    Un homme assiste au déménagement de lappartement de sa mère qui vient de mourir. Peu à peu, les agissements et les commentaires des déménageurs le plongent dans le passé et lui évoquent des souvenirs précis. Que faut-il garder ? Que faut-il jeter ? A mesure que l'appartement se vide, la mémoire du narrateur se charge jusqu'au moment où il se retrouve seul dans l'appartement, un appareil photo chargé d'une pellicule 24 poses à la main...

  • Le deuxième livre de Jean Tardieu contient le premier, le sixième reprend des poèmes du troisième, le septième inclut le sixième, des textes du quatrième se retrouvent dans le onzième. Il convient de se méfier des sous-titres : « proses » apposé à La part de l'ombre annonce bien ce qu'il contient, mais les « poèmes » de L'accent grave et l'accent aigu peuvent être d'assez longs textes en prose ; à distinguer des « poèmes traduits des arts », textes sur la peinture, eux-mêmes différents des « poèmes à voir », sorte de calligrammes, et des « poèmes à jouer » qui sont des pièces de théâtre. Au reste, les frontières génériques sont perméables. Dans la fabrication de ses livres, Jean Tardieu est inlassablement inventeur de formes nouvelles et mystificateur. Inadvertance ? Malice ? Volonté surtout de ne pas emprisonner dans un provisoire parti pris éditorial la polyphonie d'« une voix sans personne ». Écrites par de nombreux spécialistes de l'oeuvre, mais aussi par des hommes et femmes de théâtre, les contributions réunies dans cet ouvrage se proposent d'interroger cette diversité des voix dans les livres de Jean Tardieu. On y trouve des informations, des témoignages, des réflexions, des essais. Il est ainsi, à l'image de l'auteur dont il traite, à plusieurs voix, et offre de multiples chemins dans cet univers foisonnant.

  • La littérature produite en Belgique a de tout temps fait l´objet de nombreux débats, quant à la manière d´en écrire l´histoire et d´en théoriser le développement. Cette anthologie rassemble les principaux discours qui ont marqué ces débats, de 1870 à nos

  • À la fin du xixe siècle aux États-Unis, la littérature d'écrivains noirs était encore placée sous le signe du soupçon, et ses auteurs demeuraient des exceptions. En publiant son premier recueil de nouvelles en 1899 dans l'une des plus grandes maisons d'édition de l'époque, Charles W. Chesnutt allait devenir un pionnier de la littérature noire du xxe siècle. Redécouvert dans les années 1960, méconnu en France, cet auteur figure aujourd'hui parmi les classiques de la littérature des États-Unis. Son accès à la publication dans une société profondément discriminatoire, au moment où l'édition américaine se constituait en véritable industrie et voyait se transformer la relation éditeur-auteur, nous pousse à interroger la complexité des relations entre éditeurs blancs et auteurs noirs. Cette histoire particulière éclaire plus largement un pan du développement de l'histoire de l'édition aux États-Unis, entre 1880 et 1910. Ancrée dans une double tradition française et anglo-saxonne, cette étude propose de retracer le trajet et la formation de cet écrivain africain-américain depuis son désir d'écriture, sa formation, l'apprentissage d'une profession, jusqu'à la matérialisation de son texte, et la diffusion de son premier livre. Au terme de cette trajectoire, c'est bien le passage par lequel The Conjure Woman devint livre qui se dévoile, révélant les mécanismes de la métamorphose du texte en objet de lecture.

  • Comment écrire quand l'Histoire est finie ? Quand le Marché a gagné ? Quand on a tout abjuré ? Au début des années 1970, en pleine ferveur néo-avant-gardiste, Pasolini revêt les défroques longtemps délaissées du romancier, revenant à une forme d'écriture considérée alors comme réactionnaire. Inconscience ? Maladresse ? Provocation ? Et écrit Pétrole, roman magmatique et hétérogène, creuset difforme et bouillonnant, kaléidoscope flamboyant d'où jaillissent corps et contes, mères et massacres, saints et lucioles disparues. Entre paradis et enfers, le roman se disloque. Vire au document, magnifiquement brutalisé par d'incessantes digressions. Bascule dans l'onirisme et le fantastique, possédé par de puissantes visions. Se niche dans l'archaïsme structurel du mythe. Joue si loin le jeu des citations que vole en éclats la dérisoire figure de l'auteur. De quel étrange roman s'agit-il ? S'agit-il même encore d'un roman, sinon d'un roman radicalement désoeuvré ? Pétrole, ce texte essentiel du xxe siècle, ce chant barbare et ironique, cet adieu inéluctable à la poésie, forme question ouverte sur les fondements mêmes de la littérature et de notre postmodernité.

  • Un adolescent français de treize ans fait une fugue et, quittant Paris, se retrouve à Tanger au terme dun long voyage. Au gré de trois rencontres déterminantes avec des adultes, il y fait lexpérience dune nouvelle vie avant de connaître le sort des enfants des rues. Ce conte noir, où le merveilleux côtoie le tragique, dit la réalité dune ville dAfrique du Nord qui concentre aujourdhui la plupart des enjeux contemporains entre le monde arabe et lEurope. Cest aussi un récit sur la fragilité universelle de lenfance, cet âge du « mentir-vrai » où le manque dexpérience et linnocence altèrent la perception du danger mais ouvrent en même temps le champ de tous les possibles.
    Lécriture de François Vergne, dense et parfois brutale, sappuie sur les photographies de Simon-Pierre Hamelin qui offrent une immersion vivante et contrastée dans la profondeur de la ville.

  • Que faire du lit hérité de sa grand-mère ? Quelle place ménager à cet objet trop intime ? D'autant que ce n'est pas n'importe quel lit mais un modèle aux secrets de fabrication bien gardés. Ce legs devient prétexte à une stimulante digression qui nous rappelle que le lit, meuble millénaire et héros de contes, accompagne nos vies dans le rêve ou l'insomnie, dans la maladie et l'amour.
    Joy Sorman a passé plusieurs mois au sein d'une entreprise de literie, dont les portes se sont ouvertes aussi au regard de Frédéric Lecloux. Ils nous invitent à un double récit, littéraire et photographique, qui conduit à regarder son lit d'un oeil nouveau.

  • À travers l´étude de nombreux textes techniques sanskrits, la présente étude vise à montrer et à expliquer comment la spécificité du statut sémiotique des noms propres a été abordée dans les trois disciplines indiennes traditionnelles que sont le vyakara

  • Le « mal », impensé collectif, prend corps au gré de diverses représentations mythiques, poétiques, graphiques, musicales. Sorcières, guérisseuses, Machiavels, Antéchrists, voire bestiaire infernal, incarnent au théâtre ou dans la littérature pamphlétaire des xvie et xviie siècles ces « agents du diable » censés rendre visibles les dangers de l'invisible, mais que seuls leurs masques permettent de démasquer. La « diabolisation » de l'adversaire politique autorise une «chasse aux sorcières» qui n'a rien de métaphorique, mais au théâtre comme sur la scène politique, elle permet aussi la mise en évidence des jeux pervers du discours, le mal aux prises avec les mots, masque de l' « équivoque » qui ne parle pas seulement par la voix des sorcières comme dans Macbeth, mais inscrit l'ambivalence, menace de dévotement, comme mal au coeur de tout discours. L'ambivalence contient en elle la parodie, qui ne retient de l'invisible que le risible, mais elle permet aussi toutes les ruses de l'imaginaire pour surmonter les traumatismes du corps et de l'esprit, comme chez Graves ou Coleridge. Le théâtre lyrique, « chant des Enfers », témoigne aussi de cette « double voix ». Divertissement entre éthique et esthétique avec Purcell, ou affrontement idéologique entre choeurs des opprimés et choeurs des oppresseurs chez Haendel, il peut aussi prendre le relais du tragique : l'amalgame sensationnel, « théâtral », entre les monstres des enfers païens et l'enfer chrétien prive ce lieu par excellence du mal de toute référence métaphysique, pour mieux isoler comme nouveau « mal » le seul malheur de la passion trop humaine. L'enfer traditionnel se réduit à ses propres représentations parodiques, combien moins angoissantes que l'ontologie infernale proposée dans le Faust de Marlowe, égale à la contingence de l'être-là sans lieu ni durée définis.

  • À travers six études parcourant la production des travaux linguistiques au Brésil à partir de la seconde moitié du XXe siècle, cet ouvrage présente, par des trajets différents et complémentaires, les points décisifs dans la recherche sur le langage à partir du moment où la pensée brésilienne, prenant pour objet la production de connaissances sur le portugais, va établir un contact direct avec l´Europe, sans passer par le Portugal. Cet ouvrage fixe le cadre de la constitution de cette discipline : il étudie le développement de l´analyse du discours des deux côtés de l´Atlantique, les processus d´institutionnalisation de la langue nationale et le rôle normatif de ceux-ci aux côtés d´outils linguistiques comme les dictionnaires et les grammaires. Il fait ainsi le point sur l´histoire des sciences du langage au Brésil et constitue un dialogue intellectuel fécond entre la pensée brésilienne et la pensée européenne.

  • Le 21 juin 2003, un mois après le terrible tremblement de terre qui frappa les environs d'Alger, Naghem L., jeune paysagiste, vient évaluer les dégâts occasionnés au célèbre jardin d'Essai. De retour après dix ans d'absence dans son pays natal, il traverse une ville meurtrie. Sa mission botanique prend rapidement la tournure d'une enquête policière, pour remonter jusqu'à la racine d'un vaste projet d'implantation coloniale camouflé dans les allées de ce « si parfait jardin »... À travers les photographies de Michel Denancé, perce l'obscure lumière d'une nature sauvage et artificielle dont le personnage de Sofiane Hadjadj tente de dénouer l'histoire.

empty