Entrelacs

  • Spinoza

    Robert Misrahi

    Dans la culture moderne occidentale, la sagesse spinoziste peut valoir comme " un modèle de la nature humaine la plus parfaite " pour reprendre une formulation de Spinoza lui-même. En effet, pour ce philosophe, le sage est un homme libéré de tout préjugé et de toute passion par l'usage constant de la raison pour la conduite de la vie. Ce rationalisme, s'il se réfère à un Dieu-Nature infini, reste essentiellement un souci de l'homme pour l'homme, une sorte d'humanisme. Libéré d'une Providence personnelle et imaginaire, le sage reçoit tous les événements avec sérénité, et cette sérénité rationaliste est toujours en même temps une " béatitude ". Le sage spinoziste, à travers toute l'histoire de la pensée européenne, apparaît donc bien comme l'homme libéré, serein et parfaitement heureux, totalement intégré à l'univers infini et à la société civile où il vit. C'est la prégnance et la perfection de cette sagesse qui nous incitent à interroger de plus près cette philosophie qui nous propose cela même que nous cherchons : la liberté d'esprit et le bonheur vrai.

  • La sagesse d'Épicure a la prétention d'être l'expression directe de la nature. L'étude attentive des fondements du monde physique suffit à réaliser un but éthique et pratique : bâtir la vie heureuse dans une communauté ouverte et bienveillante. Les épicuriens philosophent ensemble pour discerner le plaisir à accueillir et les maux à rejeter, et par là atteindre un bonheur digne d'un dieu, à la portée de chacun. Leur sagesse traduit le « cri de la chair » ou, selon Lucrèce, un « aboiement de la nature » qui « ne réclame rien d'autre que de ne pas avoir mal et de jouir d'un plaisir libéré du souci et de la crainte »

  • En l'espace de quelques années, l'épineuse question de la réforme de l'islam s'est imposée comme un sujet majeur en Orient comme en Occident, cristallisant des interrogations, des divergences, voire des tensions, dans et en dehors de la galaxie musulmane. Si nombre d'intellectuels musulmans s'accordent à reconnaître sa nécessité impérieuse, il n'en demeure pas moins que cette réforme essentielle tourne en rond, restant au stade de l'esquisse et de la proposition.

    Ce livre d'entretien, qui établit un dialogue direct et passionnant entre l'intellectuel Nour-Eddine Boukrouh et le cofondateur du site Oumma.com, Saïd Branine, va surprendre par son éclairage audacieux et les ouvertures qu'il perce dans un monde islamique assombri par certains archaïsmes, l'éloignant de la modernité et d'une pensée universaliste. Ces riches échanges se lisent facilement et agréablement, car formulés dans des sonorités familières qui feront écho auprès d'un large public, musulman et non musulman.

    Le « dernier jihad », dont il est question dans l'ouvrage, n'est pas une incitation à livrer un combat contre soi ou contre les autres. Il vise à élaborer une théorie pragmatique de la réforme de l'islam : Pourquoi réformer ? Comment réformer ? Que réformer ? Qui est habilité à réformer ? Autant de questions cruciales auxquelles le livre apporte des réponses étayées et éclairées.

    Islam, la dernière chance propose une nouvelle interprétation des sources scripturaires musulmanes (Coran et Sunna) à la lumière de l'universalisme, sans toucher à l'essence même de cette religion.

    Saïd Branine
    Cofondateur et directeur de la rédaction d'Oumma.com, premier site d'information et de débat de l'islam francophone.

    Nour-Eddine Boukrouh
    Intellectuel algérien et auteur prolifique de nombreux ouvrages, depuis un demi-siècle, sur la réforme de l'islam et les grands bouleversements du monde musulman.

  • En France, la deuxième partie du XXe siècle vit l'éclosion d'une intense recherche spirituelle illustrée par les oeuvres de grands philosophes et historiens tels que Mircea Eliade, Henry Corbin, René Alleau ou Marie-Madeleine Davy. Il devait en naître une nouvelle exploration des origines du phénomène religieux et de ses prolongements intérieurs (études sur le paléo-christianisme ou la mystique germanique, le shiisme ou le soufisme, la kabbale ou l'alchimie, la franc-maçonnerie ou les sagesses orientales). Frédérick Tristan (Prix Goncourt 1983) fut un témoin et un acteur privilégié de ces épanouissements à première vue disparates et qui tous ouvraient la voie à une tradition universelle et créatrice telle que l'avaient envisagée Ananda Coomaraswami et René Guénon. Dans cet entretien révélateur, l'auteur des Premières images chrétiennes, de L'oeil d'Hermès, de Franc-maçonnerie : documents fondateurs et de Houng, les Sociétés secrètes chinoises, évoque ses rencontres avec les tenants de la Tradition qui furent ses maîtres et amis. Une suite de réflexions sur René Guénon tirées du Journal (1984-85) de Frédérick Tristan parachève cet entretien.

  • Qu'est-ce qui caractérise notre précieuse conscience occidentale née sur les rives de la Méditerranée ? Aujourd'hui, dans l'essor de la mondialisation, quel rôle a-t-elle encore à jouer ?

    Berceau de la civilisation occidentale, la Méditerranée souffre : en Italie, les bateaux épaves des migrants déferlent sans trêve ; la Grèce est nancièrement exsangue ; la France fait partie des pays les plus pollueurs d'Europe...

    Marie-Laure Colonna, philosophe et psychanalyste, montre que notre héritage antique recèle des secrets à même de guérir cette souffrance - individuelle comme collective - de l'âme occidentale. Cet héritage est sans conteste le monde des mythes, peuplé de héros et de divinités : Osiris, certes, mais aussi Dionysos, Apollon, Orphée et le Christ. Leurs aventures, tragiques, symbolisent les périls de notre conscience et son odyssée vers l'éveil. Elles reflètent les parcours actuels des femmes et des hommes en quête de paix intérieure.

    Réenchanter l'Occident, c'est emprunter le chemin des héros mythiques de la Méditerranée, celui de la connaissance de soi et de l'expérience intérieure, pour réconcilier l'Âme et la Science. Une deuxième Renaissance est possible : la santé de la planète en dépend.

  • Si Platon a célébré l'Âme du monde, elle fut aussi vénérée, plus tard, par d'autres traditions philosophiques. Elle est l'anima mundi des chrétiens du Moyen Âge, la nafs al-Kuliyya (« l'Âme universelle ») des musulmans, la shakti de l'Inde... Médiatrice entre le monde de la matière dans lequel nos corps se meuvent et l'Intellect, avec l'Un qui demeure au-dessus de ce dernier, l'Âme du monde tient son rang de liant universel. Mais aucune parole rationnelle ne peut saisir l'essence ultime, ne peut maîtriser l'Origine. En même temps, cette essence se déploie à travers les mille et une idées, formes, images, théophanies, symboles et concrétudes qui constituent notre réalité. L'Âme du monde est cette immanence, cette présence du divin dans un cosmos vivant. Les amants de l'Âme du monde des néoplatoniciens grecs aux soufis de l'islam, des alchimistes aux romantiques, de Goethe et Schiller à Romain Rolland et Carl Gustav Jung ont su dire, dans des langues différentes, que le monde avait une profondeur qualitative, une dimension spirituelle. Malheureusement, à partir du xviie siècle, l'abandon de l'âme et de l'Âme du monde en raison de l'essor de la « modernité capitaliste » et son désenchantement a généré une dramatique crise écologique, une dévalorisation de l'imaginaire et une détérioration des rapports entre les civilisations, en particulier entre l'Orient et l'Occident. Retrouver le chemin de l'Âme du monde, c'est donc se donner la possibilité de faire advenir un monde de la réconciliation, par-delà les dualismes qui déchirent l'unité du monde. C'est aussi tisser de nouveaux liens entre la spiritualité et la science, l'art et la métaphysique, la philosophie et la poésie. Michel Cazenave et Mohammed Taleb, avec ce livre, nous invitent au réenchantement de la nature et de l'âme. Michel Cazenave et Mohammed Taleb sont tous les deux écrivains et philosophes. Le premier, qui dirige l'édition en langue française des oeuvres de C. G. Jung, a longtemps été producteur à France Culture ; le second, lui, enseigne l'écopsychologie et est investi dans le dialogue interreligieux. Nathalie Calmé est écrivaine et journaliste.

  • Henry Corbin a rencontré Jung à de multiples reprises, avant de prendre sa succession, lors des rencontres d'Ascona, en Suisse italienne, où se sont réunis pendant des années les plus grands spécialistes mondiaux de l'expérience religieuse tels Mircea Eliade, Hermann Hesse, Gilbert Durand, Gershom Scholem... Ce sont ses textes, totalement inédits, sur les rapports de Jung à la «pensée» bouddhique que l'on trouve dans ce livre. La veuve de Henry Corbin, avant sa disparition, en remettant ces documents à Michel Cazenave, avait voulu qu'on y ajoute un certain nombre d'annexés qui n'avaient pas été publiées jusqu'alors et, particulièrement, ce qu'il avait écrit, après la parution de la Réponse à Job de Jung, sur la figure de la Sophia, la «divine Sagesse», chez ce dernier. Les pages que l'on trouve ici, induisent une «autre» lecture de Jung dont, semble-t-il, plus personne ne pourra faire l'économie à l'avenir. Henri Corbin (1903-1978), directeur d'études à l'École pratique des hautes études de 1954 à 1974, a été l'un des philosophes et orientalistes français les plus importants du XXe siècle. Son oeuvre centrée sur la connaissance de la spiritualité islamique, mais développée dans le contexte des trois religions monothéistes, comprend un nombre considérable d'études sur les rites ainsi que des traductions et éditions de textes anciens inédits arabes et persans.

  • Hermès Trismégiste est une figure importante dans l'Antiquité durant les premiers siècles de l'ère commune. Il est considéré comme une figure de sagesse, et les écrits (les Hermetica) qui lui sont attribués font entendre sa voix et constituent une voie de salut pour ceux qui s'y engagent et qui croient en l'historicité du maître. Une véritable tradition hermétique se met ainsi en place, avec un enseignement et des pratiques rituels. Celle-ci eut des ramifications dans le monde musulman et aussi dans le monde occidental jusqu'à l'époque moderne. L'ouvrage a pour but de rendre plus accessibles une figure et des écrits qui sont pour le moment essentiellement connus des spécialistes. Il aborde aussi bien la figure d'Hermès Trismégiste, qui tient à la fois du dieu grec Hermès et du dieu égyptien Thot, que la « sagesse hermétique » qui est proposée dans les Hermetica.

  • Pour faire simple, il y a toujours eu ceux qui croient et ceux qui ne croient pas, soit deux grands courants, ou systèmes, de philosophie : le système théiste où tout revient à Dieu, au divin et le système athée, qui se passe de Dieu, remplacé parfois par la Nature. Ces deux systèmes sont-ils conciliables ? Sur bien des points : non ! Mais tout au long de l'histoire, des évolutions se sont produites. Paul Desalmand tente ici d'en faire la synthèse de façon didactique pour la rendre accessible au plus grand nombre. Sommes-nous libres ? Voulons-nous être libres ? Ou sommes-nous soumis à la loi de Dieu ou de différents dieux qui déterminent, prédéterminent ce qu'il advient de nous et nous privent ainsi plus ou moins de liberté ?

  • Pour Tadao Takémoto, la perte des traditions serait la perte de l'âme du Japon. Ce livre est une quête des racines japonaises s'appuyant sur le témoignage d'écrivains qui servent de miroir. Voici donc une chorégraphie : du Japon vers la France, de la France vers le Japon... Rappelons qu'au Japon le miroir est sacralisé. Ce fut grâce à un miroir qu'Amaterasu, déesse du soleil, sortit de la grotte où elle s'était enfermée, et offrit à nouveau ses rayons à la nature reconnaissante. Dans les sanctuaires shintô, le miroir constitue pour beaucoup une énigme : Honorer un miroir ? Allons ! Et pourquoi l'a-t-on enfermé ? Le mouvement de Tadao Takémoto vers les sources qui ont irrigué le lapon s'inscrit dans une préoccupation qui touche l'ensemble des hommes d'aujourd'hui. Fruit d'un intense désir des Japonais de se retrouver, le voyage proposé ici permettra aux lecteurs d'Occident de découvrir la face méconnue d'une conception de l'art, de la nature et du spirituel qui reste, malgré les craintes de Tadao Takémoto, magnifiquement vivante dans l'esprit, voire dans l'inconscient, de nombreux

  • L'École d'Athènes, la célèbre fresque de Raphaël, représente la cohorte des philosophes autour des deux grandes figures de la pensée que sont Platon et Aristote. Platon désigne le ciel des idées tandis qu'Aristote pointe la terre. Deux figures, deux pensées qui, allégoriquement, indiquent le chemin de la vérité et celui de la réalité. Ils sont deux car ces deux chemins ne se croisent pas nécessairement. Emprunter celui de la réalité pourrait être accepter l'illusion, l'erreur, voire le faux, car un mensonge est bien réel mais ne saurait jamais être vrai. Emprunter celui de la vérité pourrait être mépriser la réalité, soumettre hommes et choses à des idées qu'on croit vraies sans jamais en avoir la certitude. La voie de la réalité peut vite devenir celle du cynisme, celle de la vérité, celle du totalitarisme. Penser juste et dire juste consiste peut-être à dessiner la ligne de faîte entre réalité et vérité pour en départager l'ubac et l'adret et pour les garder en partage. Être à la fois Aristote et Platon, réunir « la base et le sommet », telle est sans doute l'endurante tâche de la pensée, telle est la grave légèreté du dire poétique.

  • Depuis l'Antiquité, l'Âme du monde constitue une figure majestueuse des courants philosophiques et spirituels. Après Platon qui, dans le Timée, décrit le monde comme possédant une âme qui a pour principale fonction de justifier les mouvements réguliers des corps célestes, puis les stoïciens, qui identifieront l'Âme du monde à la divinité elle-même, ce fut au tour des néoplatoniciens, des alchimistes de la Renaissance, des philosophes romantiques et des métaphysiciens de l'Orient d'attribuer à l'Âme une fonction essentielle dans l'ordonnancement du cosmos et des êtres.
    Retrouver aujourd'hui le sens et les chemins de l'Âme du monde apparaît, aux yeux de toute une lignée de poètes, de visionnaires, d'artistes, de scientifiques, de philosophes, comme une exigence spirituelle, une nécessité morale, un impératif de survie. Dans cet ouvrage érudit et accessible, Mohammed Taleb offre une exploration transdisciplinaire (mythologie, philosophie, spiritualité, légendes, etc.) de l'Âme du monde. Il propose un cheminement à travers les traités philosophiques et spirituels de l'Antiquité à la Renaissance et une réflexion sur les relations spécifiques et signifiantes entre l'Âme du monde, l'âme personnelle de quelques prophètes, poètes et écrivains, et l'âme des lieux.
    Mohammed Taleb, philosophe, enseigne l'écopsychologie à Lausanne et préside l'association Le Singulier Universel, qui se consacre au dialogue des cultures et des spiritualités. Il anime régulièrement des débats et conférences.

  • Carl Gustav Jung fut le collaborateur de Freud dans l'élaboration de la pensée psychanalytique de 1906 à 1912, date de leur rupture. Celle-ci occasionna une fracture durable dans le mouvement analytique. En contrepoint de la théorie sexuelle des névroses élaborée par Freud, Jung proposait d'autres paradigmes : l'importance de l'attachement archaïque à la mère, la nécessité du sacrifice volontaire des attachements infantiles plutôt qu'une castration subie et acceptée, la persona, le Moi, l'ombre, l'anima/animus, le Soi. Il élargissait ainsi la vision d'un inconscient personnel aux dimensions d'un inconscient «collectif», dépositaire de structures inconscientes, communes à l'humanité, présidant au développement de l'intelligence, de l'affectivité, des cultures. L'oeuvre est foisonnante, chargée de références mythologiques, traditionnelles, symboliques, historiques, jusque dans l'étude de la tradition alchimique européenne. Médecin et psychothérapeute, Marie-Claire Dolghin-Loyer partage son temps entre la relation thérapeutique, l'écriture et des séminaires de formation. Elle est l'auteur de deux ouvrages sur la psychologie jungienne, Les saisons de l'âme et Les contes, une école de sagesse, parus aux éditions Dervy Médicis

  • « Émotionnellement personnel, immédiatement utile, d'une surprenante originalité et d'une profonde beauté, cette sorte de psychologie est celle du futur. » James Hillman, candidat au prix Pullitzer pour Re-Visioning Psychology. « ... Ginette Paris démontre qu'elle est actuellement la plus éloquente et la plus originale à écrire sur la psychologie des profondeurs. » Michael Vannoy Adams, auteur de The Mythological Unconscious. « ... Une extrême intelligence... Écriture brillante, souvent poétique, remplie d'une sagesse qui surprend et comble le lecteur curieux de la réalité psychologique. » Jan Bauer, psychanalyste et auteur de Women and Alcoholism. « Écriture radicale et en même temps remplie de sagesse, de coeur, d'intelligence et d'humour. On lit son livre d'une seule traite, captivé. » Susan Rowland, auteure de Jung : a Feminist Revision. « ... Lecture si satisfaisante qu'on se trouve en manque de superlatifs pour la commenter... Formidable force intellectuelle de Ginette Paris, son génie de la langue... sens de l'humour. » Lynn Cowan, auteure de Tracking the White Rabbit. « Une perspective profondément libératrice... l'humain en transition. » Ernest Lawrence Rossi, auteur de Creating Consciousness.

  • Ce livre est une introduction claire et efficace à la pensée de Henry Corbin. Il ne s'agit pas d'un livre académique sur sa philosophie, mais bien d'une initiation aux différentes idées composant son oeuvre. L'importance et l'actualité des ouvrages de Henry Corbin sont indéniables. Le remarquable travail de synthèse de Tom Cheetham s'emploie à nous faire pénétrer toutes les facettes de cette oeuvre immense, érudite et d'une grande profondeur ; il peut ainsi toucher un large public. Ce qu'il nous dévoile, c'est le niveau invisible, mais bien réel, de notre «acte d'être», de notre présence au monde, spirituel et matériel, invoquant les traditions - notamment celle de la spiritualité islamique - pour lesquelles «esprit» et «matière» sont deux faces d'une même réalité. À travers l'oeuvre de Henry Corbin, Tom Cheetham entreprend de conjurer le matérialisme et le nihilisme ambiants, aussi bien que toutes les formes d'«ismes» qui s'affrontent : radicalismes, totalitarismes, dogmatismes, etc. Là seulement, en rejoignant ce niveau de conscience où s'intègrent philosophies, religions et ésotérismes, pourra s'établir ce dialogue des civilisations auquel Corbin aspirait et sans lequel notre avenir serait compromis.

  • A la fois hagiographe, érudit et maître spirituel, Abu `Abd al-Rahmân Al-Sulamî est l'auteur d'une centaine de traités sur la spiritualité soufie, dont Tabaqât al-Sufiyyah, une encyclopédie biographique dédiée aux maîtres soufis, oeuvre maîtresse qui le rendit célèbre. Issu d'une famille d'initiés, Sulamî est une des sources essentielles pour la connaissance de la spiritualité des Xe et XIe siècles (IIIe et IVe siècles de l'Hégire). Cette première traduction d'un traité phare de Sulamî demeuré longtemps inédit, y compris en langue arabe, constitue le document le plus ancien connu sur les femmes soufies, indispensable à quiconque veut connaître la spiritualité féminine des premiers siècles de l'Islam. Ce texte est aussi un recueil d'enseignements des plus précieux dont la validité et la force demeurent, en dépit des siècles, d'une permanente actualité. Composé de 84 notices sur les principales saintes musulmanes, il met à jour le rôle décisif qu'elles ont joué dans l'élaboration de la tradition islamique elle-même. Enrichi d'extraits de deux importants traités, Sifat al-Safwa d'Ibn al-Jawzî et Al-Kawâkib al-durrîya de Munâwî, qui achèvent de donner une image claire de ce qu'étaient certaines de ces saintes, ce traité est également accompagné d'un grand ensemble de notices sur les différents maîtres spirituels mentionnés au cours de cet ouvrage. La postface de Michel Chodkiewicz, étude remarquable sur "la sainteté féminine dans l'hagiographie islamique" dresse un panorama de celle-ci au fil des siècles et permet au lecteur de situer ce traité au sein de la civilisation islamique. Il nous rappelle que, de tous temps, les femmes ont accédé

  • En partant de la vision jungienne de l'au-delà, avec quatre autres auteurs qui abordent ces questions, et en chef de file de la réflexion sur ce thème - voir son livre sur Les rêves et la mort-, Marie-Louise von Franz propose quelques considérations de nature à la fois théorique et pratique sur le processus du vieillissement, le grand âge et la préparation à la mort. Barbara Hannah, sa collègue et amie, se penche ensuite sur le cas d'un homme qui, ayant perdu sa foi en abordant le versant déclinant de sa vie, se voit confronté à l'impérieuse nécessité de se forger une attitude nouvelle par rapport à la vie et à son image de Dieu.Dans l'essai suivant, Alfred Ribi nous offre tout un florilège de songes et visions sur le thème et développe l'idée selon laquelle le processus de la mort est autant pour chacun de nous que pour toute l'espèce humaine une tâche à accomplir afin de naître à une autre vie. À la lumière des légendes populaires collectées en Suisse, Gotthilf Isler nous apporte les témoignages de sagesse de gens du peuple, hommes et femmes, au sujet de la mort et de l'éternité telles qu'elles transparaissent à travers d'impressionnants événements synchronistiques. Reprenant la parole, Barbara Hannah nous initie à la confection du corps de diamant selon l'alchimie chinoise ou, en termes occidentaux, à la distillation du lapis, la pierre philosophale, couronnement de la vie terrestre et entrée dans l'immortalité. Pour finir, nous suivons, sous l'égide de Hansueli F. Etter, les légendaires vie et mort - par meurtre - de saint Meinrad, l'ermite d'Einsiedeln en Suisse, qui illustrent l'intégration de l'ombre personnelle, la rencontre avec l'image de Dieu et l'acceptation du côté sombre de la divinité en la personne de la Vierge Noire. L'auteur met du même coup en perspective les images archétypiques et leur lent développement à travers les siècles

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