Fayard

  • Ce que l´État social nous donne à voir, c´est tout à la fois l´armature de solidarités qui en un siècle ont profondément transformé nos manières de vivre ensemble, et le jeu de forces puissantes qui ébranlent cet édifice institutionnel et menacent de le mettre à bas. Ce sont ces forces qu´il s´agira d´essayer de comprendre, ainsi que leur impact prévisible. Mais avant d´analyser les maux qui assaillent l´État social on commencera par prendre la mesure de sa grandeur historique et institutionnelle. Partant du témoignage de Franz Kafka, qui consacra sa vie professionnelle à la mise en oeuvre de la loi sur les accidents du travail en Autriche-Hongrie, Alain Supiot nous propose un diagnostic de l´État social en Europe et nous aide ainsi à réfléchir aux solutions qui pourraient permettre de le réformer.

  • L´ambition de ce cours est de parler de la musique même, de tenter de cerner l´émotion qu´elle suscite, voire de trouver les moyens de la prolonger. C´est donc de musicologie qu´il s´agira, au sens le plus simple : un discours sur la musique. Mais peut-être faudrait-il dire les musicologies, tant la discipline est fragmentée et tant sont divers les angles sous lesquels on étudie la musique. Presque toutes les disciplines professées au Collège de France auraient leur mot à dire : acoustique, archéologie, économie de la musique, sociologie de la création et de la réception des oeuvres, histoire des institutions musicales, littérature comparée. L´enjeu est bien de comprendre de l´intérieur l´oeuvre d´autrui, de l´aborder avec empathie, d´être touché par elle. Peut-être est-ce là le moyen d´approcher le secret de grands compositeurs (Berlioz, Schumann, Debussy, Dukas...) qui ont su, chacun à leur façon, évoquer leur propre musique et celle d´autrui dans un discours simple et sans excès de références techniques. Ce secret tient à une approche où domine l´intuition.

  • Née dans l´océan ancestral il y a plus de 3,8 milliards d´années, quand les premières cellules se sont clonées par scissiparité, la vie s´est ensuite diversifiée avant d´exploser sur les continents. Bien plus qu´un simple inventaire d´espèces élaboré depuis plusieurs siècles, la biodiversité se définit comme l´ensemble des relations entre les êtres vivants et leur environnement : c´est la fraction vivante de la nature. Elle est actuellement très menacée par la croissance démographique et l´urbanisation, la destruction et la contamination des milieux naturels, la surexploitation des ressources, l´introduction anarchique d´espèces et le réchauffement climatique. Saurons-nous, au XXIe siècle, mettre fin à cette crise écologique sans précédent ?

  • Depuis l´Antiquité, l´homme utilise des procédés pour transformer les matériaux de son environnement en fonction de ses besoins. La chimie du solide, qui était initialement une série de recettes, est devenue, après les découvertes scientifiques du XIXe siècle, une véritable science de la matière et de ses transformations. Elle permet aujourd´hui d´élaborer des matériaux performants et éco-compatibles pour transporter ou stocker l´énergie. La chimie du solide joue ainsi un rôle majeur dans les réponses que la science devra apporter aux préoccupations nouvelles de l´humanité, notamment aux problématiques environnementales.
    Après avoir débuté sa carrière aux États-Unis, à Cornell University, Bell Laboratory et Bellcore, Jean-Marie Tarascon a enseigné à l´université de Picardie-Jules Verne, où il a dirigé le Laboratoire de réactivité et de chimie des solides (LRCS). Invité sur la chaire annuelle de Développement durable - Environnement, énergie et société au Collège de France en 2010-2011, il a été nommé professeur titulaire de la chaire Chimie du solide et énergie en mars 2013.

  • L´imagerie médicale computationnelle conçoit des logiciels d´analyse et de simulation des images qui permettent de construire un modèle numérique du patient pour assister le diagnostic, le pronostic et la pratique thérapeutique. Les images médicales, les organes virtuels personnalisés, la réalité virtuelle et augmentée, la simulation d´interventions, la thérapie guidée par l´image et assistée par la robotique font partie des outils informatisés qui préfigurent la médecine computationnelle de demain, au service du médecin et du patient.
    Nicholas Ayache est directeur de recherche à l´Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria) à Sophia Antipolis, où il anime l´équipe de recherche Asclepios, spécialisée dans l´analyse et la simulation des images biomédicales. Il est également directeur scientifique à l´Institut hospitalo-universitaire de Strasbourg et membre de l´Académie des sciences. Il a été professeur invité au Collège de France sur la chaire annuelle d´Informatique et sciences numériques pour l´année académique 2013-2014.

  • Partant de l´historique des politiques sanitaires internationales menées au cours des cinquante dernières années, Dominique Kerouedan se propose de dépasser les analyses classiques relatives à l´efficacité de l´aide, pour mettre en cause notamment le risque de corruption. Les préoccupations nationales et les forces géopolitiques des grandes puissances qui sont à l´origine des décisions de financement, souvent prises dans l´urgence, ne sont pas toujours fondées sur les véritables besoins des pays. Les analyses alternatives que propose l´auteur imposent de dépasser le cadre de la médecine et même de la santé publique, et de recourir à la sociologie des relations internationales, voire à la philosophie de la mondialisation, pour bien comprendre la toile de fond contemporaine sur laquelle se déroulent les transformations de la gouvernance mondiale, dont la dimension géopolitique a bien des effets sur les politiques de développement et leur impact.

  • Chaque époque invente une nouvelle façon d´écrire l´histoire ou, à tout le moins, cherche à éclairer le présent en interrogeant différemment le passé. Étant confronté à l´évolution rapide et imbriquée des économies et des techniques, nous ressentons le besoin de retracer les vicissitudes des époques antérieures, particulièrement de l´Antiquité où un niveau relativement élevé de développement de la production et des échanges a été atteint. L´historien se trouve confronté à un manque cruel de sources écrites sur l´histoire des techniques et l´histoire économique, mais il est une catégorie de documents qui s´accroît quotidiennement et qui doit être pleinement versée au débat : l´archéologie. Elle seule en effet livre aujourd´hui des séries de documents interprétables en termes d´histoire des techniques et d´histoire économique. Le renouveau de ces études doit donc se fonder principalement sur l´archéologie, seule à commencer à offrir des séries continues et quantifiables.

  • La notion d´Asie centrale a émergé tardivement dans la littérature géographique. C´est seulement à partir de 1825 qu´elle vient supplanter celle de « Tartarie », souvent associée à la terreur mongole et caractéristique d´une perception de l´Asie centrale

  • Qui pense le monde ? Les hommes du passé ou les historiens du présent ? L´histoire universelle telle qu´elle était pratiquée depuis l´Antiquité s´est transformée à partir du XVIe siècle dans des contextes variés, de l´Asie orientale à l´Amérique espagnole. Grâce à sa connaissance des archives dispersées à travers le monde, sa maîtrise des langues et des traditions historiographiques d´Asie, d´Europe et des Amériques, Sanjay Subrahmanyam remet en perspective l´histoire des réseaux et des échanges de biens, de mythes et d´idéologies en sortant des cadres géopolitiques traditionnels soumis au modèle de l´État-nation. Il présente l´histoire globale comme un champ défini et redéfini par des « histoires en conversation ».

  • Où va la philosophie médiévale ? Elle va là où est la philosophie. Elle est là où va la philosophie. Elle est devenue médiévale, passé le Moyen Âge. Elle était seulement philosophie quand le Moyen Âge était encore saeculum modernorum, « siècle des Modernes », pour ceux qui y vivaient. Aujourd´hui, elle va là où doit aller celle ou celui qui veut relater, c´est-à-dire mettre en relation, son histoire. L´archéologie du sujet nous entraîne, en tout cas, dans l´espace comme dans le temps, du concile de Chalcédoine (451 ap. J.-C.) à la philosophie écossaise du xviiie siècle, à la philosophie autrichienne du xixe et pour finir, à la « déconstruction de la déconstruction » du troisième millénaire. Elle est un projet averroïste pour le post-postmodernisme.Alain de Libera est philosophe. Il a enseigné à la Ve Section (Sciences religieuses) de l´École pratique des hautes études et à l´Université de Genève. Il est depuis mars 2013 professeur au Collège de France, titulaire de la chaire d´Histoire de la philosophie médiévale.

  • Fondée par Claude Bernard au XIXe siècle, la médecine expérimentale a orienté de façon décisive la recherche médicale et surtout la biologie moderne. C´est grâce à elle qu´a été mis en relief, entre autres, le rôle du système immunitaire, c´est-à-dire des moyens de défense développés par l´organisme contre les microbes. Situés au croisement de la génétique, de l´immunologie et de la pédiatrie, les travaux d´Alain Fischer consistent à identifier les bases génétiques et moléculaires de maladies rares, les déficits immunitaires héréditaires (DIH), provoquant une vulnérabilité infectieuse, des maladies auto-inflammatoires, auto-immunes et parfois des cancers.
    Alain Fischer est médecin, professeur d´immunologie pédiatrique et chercheur en biologie. Il dirige depuis 2011 l´Institut Imagine de l´hôpital Necker - Enfants malades. Membre de l´Académie des sciences et de l´Académie nationale de médecine, il a reçu le Grand Prix de l´Inserm en 2008. Il est depuis juillet 2013 professeur au Collège de France, titulaire de la chaire de Médecine expérimentale.

  • Que nous apprennent la physique et la chimie sur le sourire de la Joconde ? Des techniques d´analyse performantes, mobiles et non invasives, utilisant des rayons X, des lasers ou la lumière ultraviolette, visible et infrarouge, permettent aujourd´hui de mieux comprendre le rôle des matières et des techniques picturales dans la création artistique. Elles contribuent également à l´expertise et à la restauration des oeuvres, notamment pour reconstituer l´éclat des couleurs d´origine. Indissociable d´une démarche pluridisciplinaire, la physico-chimie nous fait remonter le temps et nous livre les secrets d´atelier des artistes, allant jusqu´à reconstituer le geste créateur.
    Philippe Walter a travaillé au Centre de recherche et de restauration des musées de France avant de fonder, à l´université Pierre-et-Marie-Curie (Paris-VI), une unité mixte de recherche avec le CNRS, le Laboratoire d´archéologie moléculaire et structurale (LAMS). Il a été professeur invité sur la chaire annuelle d´Innovation technologique Liliane Bettencourt du Collège de France pour l´année académique 2013-2014.

  • Contrairement aux oeuvres héritées de l´Antiquité grecque ou romaine, aucun texte de la civilisation mésopotamienne ne nous est parvenu directement. L´assyriologue travaille à partir de textes inscrits en caractères cunéiformes sur des tablettes d´argile. Il doit reconstituer les textes à partir de fragments, les mettre en ordre chronologique et géographique pour élaborer peu à peu une histoire non seulement politique, mais aussi sociale, économique et culturelle de la Mésopotamie. La tâche est immense et implique une approche pluridisciplinaire combinant archéologie et épigraphie, philologie et histoire.
    Après des études d´histoire, d´archéologie et de philologie à la Sorbonne, Dominique Charpin a travaillé en Irak, sur le site de Larsa, et en Syrie, sur les sites de Mari et Mohammed Diyab. Il dirige la Revue d´assyriologie et la Société pour l´étude du Proche-Orient ancien (SEPOA) ; il est responsable du projet Archibab, consacré aux archives babyloniennes. Il est professeur au Collège de France, titulaire de la chaire de Civilisation mésopotamienne, depuis janvier 2014.

  • Gérer le temps et les événements est central dans des domaines variés de l´informatique, des circuits et logiciels embarqués dans des objets de toutes sortes à la création musicale, en passant par la simulation de phénomènes physiques. Ce sujet est pourtant peu traité par l´informatique classique. Cette leçon présente des modélisations du temps et des événements associées à de nouveaux langages de programmation. Elle traite des notions d´épaisseur de l´instant, de temps hiérarchique et multiforme créé par la répétition d´événements, et du rapport temps réel/temps continu.Polytechnicien, ingénieur des Mines, membre de l´Académie des sciences, G. Berry a travaillé conjointement dans la recherche et dans l´industrie. Depuis 2012, il est professeur titulaire de la chaire Algorithmes, machines et langages du Collège de France après avoir occupé les chaires annuelles d´Innovation technologique Liliane Bettencourt (Pourquoi et comment le monde devient numérique, Fayard, 2008) et d´Informatique et sciences numériques (Penser, modéliser et maîtriser le calcul informatique, Fayard, 2009).

  • Tremblements de terre, tsunamis, éruptions volcaniques : ces dernières années, l´ampleur de certaines catastrophes naturelles et leurs conséquences dramatiques nous ont rappelé la puissance des phénomènes terrestres et, par-là même, la nécessité de la recherche scientifique pour documenter, modéliser et mieux comprendre la dynamique du Globe, afin de pouvoir mieux les anticiper. Pendant des années, la tectonique des plaques a occupé une place centrale en géophysique interne. Toutefois, depuis vingt ans, l´étude de l´intérieur de la Terre a subi une véritable révolution, notamment grâce au développement de techniques toujours plus performantes de tomographie sismique et à la puissance de calcul rendue possible par l´informatique. La connaissance de la structure et de la dynamique interne de la Terre se situe au carrefour d´un certain nombre de sciences comme la physique, l´astronomie, la géodésie, la géologie, la géodynamique ou encore la géochimie.

  • Si le mot robot apparaît au siècle dernier, et nourrit depuis l´imaginaire collectif, on s´accorde à dater la naissance de la robotique à l´introduction, en 1961, du premier robot industriel sur les chaînes de montage de General Motors. À tout juste cinquante ans, la robotique est une science jeune qui s´est développée au rythme des progrès technologiques ultra-rapides de ces dernières décennies. Elle a d´abord permis d´élaborer des robots industriels, puis des robots autonomes capables d´interagir avec le monde physique - explorer la planète Mars par exemple. Un tournant s´est opéré dans les années 2000, puisqu´il s´agit d´élaborer des robots capables de travailler en collaboration de plus en plus étroite avec l´homme, notamment dans le domaine médical et de l´assistance à la personne. En quoi une machine guidée par les seules possibilités de calcul peut-elle décider si une action dans le monde réel est possible et calculer les conditions de sa réalisation ? Quelles sont les conditions de son autonomie ? Qu´est-ce qui est en jeu dans la coordination des mouvements ? En somme, comment le robot interagit-il avec son environnement ? En bon mathématicien, le roboticien recourt à différentes méthodes algorithmiques et probabilistes pour planifier le mouvement. Aujourd´hui, de nouveaux défis se présentent au roboticien avec l´avènement de la robotique humanoïde et de la neuro-robotique.

  • L´informatique a révolutionné nos vies. Si la vision classique des ordinateurs est celle de machines à calculer, ils servent à présent surtout à gérer des données. Mais comment ces données - de simples séquences de bits - deviennent-elles de l´information ? Dès lors que l´utilisateur peut les interpréter : les systèmes de gestion de bases de données servent à ce titre de médiateurs entre l´individu et la machine. Le modèle relationnel par exemple, conçu dans les années 1970 à partir de la logique de premier ordre (ou calcul des prédicats), permet d´organiser et de présenter les données de façon intuitive. Avec l´apparition du Web dans les années 1990, un volume considérable de données sont délocalisées sur le réseau. Pour nous présenter les systèmes d´information du Web, Serge Abiteboul prend l´exemple des moteurs de recherches. Le Web, que l´on peut voir comme une gigantesque base de données distribuées, est étudié avec ses facettes les plus passionnantes telles que son échelle ou les défis du calcul distribué posés par le Web sémantique.

  • En 1992, la convention de Rio sur la diversité biologique reconnaissait officiellement et pour la première fois l´importance des savoirs autochtones face aux grands défis écologiques et humanistes des décennies à venir. Si les peuples traditionnels sont désormais officiellement reconnus dans l´espace politique et les institutions internationales, les différents acteurs - peuples autochtones, ONG, États et scientifiques - ont parfois des pratiques et des visions radicalement différentes, notamment en matière d´utilisation et de rémunération des ressources génétiques et d´exploitation des brevets qui y sont liés. Si l´un des objectifs de la convention de Rio est « le partage juste et équitable des bénéfices issus de l´utilisation des ressources génétiques », les efforts traditionnels de conservation et les préoccupations économiques ne font pas toujours bon ménage. Dans ce contexte, les recherches sur la nature, les programmes et les régimes des savoirs traditionnels deviennent cruciales. Nous ne sommes pas en présence d´un seul mode d´accès à la connaissance, mais bien d´une pléthore de régimes de savoir qu´il faut encore connaître. Ignorer ces dimensions, c´est mettre en danger la continuité des systèmes de savoirs autochtones.

  • Au fil des âges et des révolutions technologiques, l´homme a mis en oeuvre des savoir-faire pour maîtriser les matériaux disponibles dans son environnement. Aujourd´hui, nous pouvons, grâce à la modélisation numérique, étudier les structures à différentes échelles et concevoir ainsi sur mesure de nouveaux matériaux très performants : des semi-conducteurs dans le domaine de l´électronique, des fibres optiques et des verres, des composants automobiles ou aéronautiques, des métaux utilisés dans les centrales nucléaires ou des objets nanométriques destinés aux applications biomédicales. À l´interface de la physique, de la chimie et de la mécanique au niveau fondamental, et des sciences de l´ingénieur, la science des matériaux tend aujourd´hui à rapprocher les notions de matériau et de structure, comme en témoigne l´exemple des matériaux architecturés.

  • Matière et lumière sont intimement liées dans notre modélisation du monde physique. De l´élaboration de la théorie quantique à l´invention du laser, l´interaction entre atomes et rayonnement a joué un rôle central dans le développement de la science et de la technologie d´aujourd´hui. La maîtrise de cette interaction permet désormais d´atteindre les plus basses températures jamais mesurées. Le refroidissement de gaz d´atomes par la lumière d´un laser conduit à une « matière quantique » aux propriétés radicalement différentes des fluides ordinaires. Ces atomes froids sont à la base d´une nouvelle métrologie du temps et de l´espace, qui trouve des applications dans des domaines aussi divers que la navigation, les télécommunications ou encore la géophysique.Ancien élève de l´École normale supérieure et agrégé de physique, Jean Dalibard travaille au laboratoire Kastler Brossel de l´École normale supérieure. Il est membre de l´Académie des sciences et, depuis 2012, professeur au Collège de France, titulaire de la chaire Atomes et rayonnement.

  • Le travail crée et transforme le monde social. Son incarnation la moins prévisible et la plus admirée, l´invention artistique et scientifique, semble défier l´analyse causale et les régularités statistiques. Bien plus que l´exploration des processus conscients et infraconscients de l´inventivité individuelle, c´est l´écologie sociale du travail créateur qui donne prise à l´analyse sociologique. Celle que propose Pierre-Michel Menger distingue trois caractéristiques essentielles : une différenciation illimitée des productions, des mécanismes de concurrence exploitant l´incertitude de la réussite et une concentration disproportionnée des gains et des réputations.

  • Depuis les années 1960, l´essor de certains pays, en Asie notamment, a contribué à masquer le faible développement de l´Amérique latine, voire le retard d´autres pays, comme l´Afrique subsaharienne. Aujourd´hui, plus d´un milliard d´habitants dans le monde vivent encore dans la pauvreté.
    Les acteurs politiques privilégient actuellement la mise en oeuvre d´interventions au niveau des populations pauvres plutôt que de politiques macro-économiques et structurelles adaptées. François Bourguignon entreprend d´interroger le bien-fondé de ce choix, d´évaluer les savoirs acquis et d´identifier la nature des contraintes politiques dans le contexte de la mondialisation.Chercheur au Centre national de la recherche scientifique et directeur d´études à l´École des hautes études en sciences sociales, François Bourguignon a également été économiste en chef puis vice-président de la Banque mondiale, et directeur de l´École d´économie de Paris. Il a été professeur invité au Collège de France sur la chaire annuelle Savoirs contre pauvreté pour l´année académique 2013-2014.

  • En 2050, la population mondiale passera de 7 à 10 milliards de personnes. Cette augmentation implique des besoins alimentaires, énergétiques et environnementaux d´une ampleur inégalée, à laquelle notre mode de développement actuel s´avérera inadapté. La préservation de notre biosphère nécessite une bio-économie durable, au bilan carbone neutre. Cette transition doit être pensée de manière systémique : de nouveaux systèmes de production, énergétiques, industriels, agricoles et alimentaires s´imposent. Les biotechnologies vertes et blanches doivent être développées, ainsi qu´une filière de « bioraffinerie » durable. Le maintien de la biomasse, de la stabilité climatique et des échanges carbone-oxygène dans l´atmosphère, doit passer par une réflexion globale et transdisciplinaire : de la recherche à la prospective, en tenant compte de l´évolution des besoins et des controverses sociétales. Cette démarche rend indispensable la coordination des chercheurs et des pouvoirs publics, des acteurs agricoles et des industriels, ainsi que de représentants de la société civile.

  • Comment l´information contenue dans nos gènes est-elle codée, mémorisée, lue, interprétée ? Quels sont les mécanismes qui contrôlent l´activité des gènes chez un individu, au cours de son développement et à travers les générations ? La compréhension de ces mécanismes est aujourd´hui un enjeu essentiel dans la connaissance du vivant et présente un potentiel thérapeutique déterminant. Au début des années 2000, la découverte du génome humain complet a marqué une étape aussi excitante que terrifiante. Elle a bouleversé notre manière de comprendre le vivant, mais l´aventure est loin d´être terminée. L´épigénétique, c´est-à-dire la façon dont la lecture du génome est influencée par son histoire cellulaire, se propose d´avancer les explications manquantes, et affirme que nous sommes davantage que la séquence de nos gènes.

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