FeniXX réédition numérique (Del Duca)

  • Aimez-vous les histoires ? Arpentez alors les rues de Paris et, à la suite de Monique Garnier-Lançon, refaites les cinq parcours où l'ont promenée les caméras d'une des plus populaires émissions de la Télévision française : La roue tourne. Bien des ombres du passé ressusciteront pour vous le théâtre toujours vivant du Paris historique, avec ses comédies, ses tragédies, ses farces, ses passions amoureuses - trame de la vie quotidienne. Les décors s'animeront sous la plume alerte de l'auteur, tantôt émue, tantôt ironique. Comme elle, vous musarderez sous le ciel de Paris, le plus spirituel du monde, et vous pourrez, avec autant d'amour qu'elle, rêver du destin prodigieux de « Paris sa grand-ville ».

  • Ce qui caractérise Le Caillou, de Marie Péron, c'est la sensibilité qui s'en dégage. Ce roman n'aurait pu être écrit par un homme, et cette sensibilité est poussée jusqu'aux limites dangereuses de ce qui est normal, et de ce qui ne le sera plus. Comme l'héroïne, au milieu des cris du désespoir, de la jalousie, des visages les plus variés, le récit « chancelle à la frontière de deux mondes, de deux temps ». C'est ainsi que les lieux, les objets (une mansarde, des coquillages, un chemin que n'éclaire pas le soleil), la nature tout entière (la pluie, le vent...) demeurent si intimement mêlés aux personnages qu'on ne saurait parler de décor. Les choses les plus banales et les sentiments les plus prosaïques ne font qu'un, animés par un humour qui n'est jamais absent. Grâce à une savante progression, les êtres et les événements perdent leur mystère, mais nous ne serons fixés sur le sort d'Eva qu'à la dernière ligne du roman.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Ce livre est l'histoire d'un naufrage - oh ! d'un très petit navire : d'un homme et, plus précisément, d'un peintre. Paul Daleron est peintre, pur et, par conséquent, pauvre. Mais voilà que le veau d'or se met à gambader autour de lui. Il prend, tour à tour, le visage d'un voyageur inconnu, que, dans un moment de « syncope » le peintre dépouille d'une liasse de billets ; d'une belle et jeune Polonaise, amie des arts et des artistes ; d'un jeune groom d'hôtel prêt à tout ; d'un marchand de tableaux doué du sens des affaires et de la publicité. Avec un humour parfois désespéré, dans le décor pour rire de la Côte d'azur où « Veaux d'or » et « Vaches maigres » gambadent de compagnie, le jeune auteur, qui est peintre lui-même, brosse un tableau cocasse et sévère d'un monde qu'il connaît bien, et qu'il convient de juger mal.

  • Patricia River, jeune Londonienne, appartient à la célèbre troupe des Daffodil's Girls. Empanachée de paradis blancs, elle fait - chaque soir - tourner la tête du Tout-Londres, mais de manière anonyme, car elle n'est que la quatrième girl du premier rang à gauche. Un milliardaire, beau comme un dieu antique, lui fait faire une étrange croisière en Méditerranée, puis l'enferme dans sa somptueuse villa de la côte ligure, près d'une ancienne calanque à pirates. Il lui demande de « jouer » pour lui et pour ses richissimes amis, désoeuvrés comme lui, le rôle d'Ivy, une femme mystérieuse à laquelle la danseuse ressemble. Patricia accepte, tout en pressentant que cette comédie n'est pas sans danger. Et voici qu'elle hérite de vingt millions de dollars - dix milliards de francs anciens !... Mais l'amour, dans cette aventure fantastique ?... L'allumeuse est le dernier roman d'une trilogie de portraits de femmes, dont les deux précédents - l'ambitieuse Rossana plus douce qu'un péché et l'intrigante Lilo - ont remporté un énorme succès. Une femme toujours belle, un homme torturé par un inavouable passé... Passion et violence, sang et mort... Mais avant d'écrire L'allumeuse, Jacqueline de Boulle a fréquenté l'Olympe : ses héros sont des dieux. Dieux modernes, fabuleusement riches, d'une merveilleuse jeunesse et d'une beauté d'autant plus redoutable qu'ils échappent aux lois des mortels. Pure fiction ? Qu'on lise les chroniques consacrées aux play-boys, super-stars, divas, milliardaires et autres princes de ce monde...

  • Contretemps, la nouvelle oeuvre de Gabriel Audisio, se situe dans l'exacte réalité de la France au cours des années 1941-1944. L'Occupation, la Résistance, la Gestapo, la Libération de Paris, sur quoi le livre s'achève, sont la trame des péripéties, forment le milieu qui détermine les actions des personnages, créent le climat fatal qui agit sur leurs caractères. Le drame psychologique se joue surtout dans l'âme du principal protagoniste, le docteur Gorli, lequel est atteint de ce mal mental que l'auteur appelle le « gorlisme » ; c'est, si l'on veut, le complexe de l'âne de Buridan, de l'homme qui est sans cesse assis entre deux chaises, qui ne sait pas, qui ne peut pas choisir, qui balance entre l'amour et la mort, entre l'indifférence et l'enthousiasme, condamné à devenir héros malgré lui. Autour de Gorli, s'animent des personnages que le destin a d'abord réunis pendant une nuit tragico-comique où ils passaient en fraude la Ligne de démarcation ; ils se retrouveront mêlés aux mêmes aventures, d'une façon insolite qui n'était pas invraisemblable en temps de guerre. Parmi eux, on trouve Bernard, le chef d'un réseau de la Résistance, qui a su choisir son parti sans hésiter ; deux Juifs qu'on ne reverra jamais plus ; le petit gars parisien, qui sera soldat de la victoire ; l'épouse adultère, qui se rachète en devenant patriote martyre ; la fille de petite vertu, qui a des trésors de dévouement... Il y a aussi l'écoeurant « collabo », que les Occupants utilisent en le méprisant ; inversement, il y a l'officier autrichien, antihitlérien, défaitiste, ami des Français, qui sera bêtement tué, par maldonne ; il y a enfin, mystérieuse, la belle artiste surnommée « Rameuse », que son art met au-dessus des passions politiques, qui est l'amie des Occupants, tout en ne leur accordant rien, et qui mourra cruellement le jour de la Libération, avec Gorli dans ses bras. Ces deux-là seront enfin réunis dans la mort, parce qu'ils étaient des amants introuvables, hors du temps, toujours à contretemps. Dans l'oeuvre d'essayiste et de poète de Gabriel Audisio, Contretemps montrera une nouvelle facette de son talent. L'auteur d'Ulysse ou L'intelligence a mis, au service d'un roman réaliste, la lucidité et le sens dramatique qui l'ont classé parmi les grands écrivains contemporains.

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  • Ce fut les 5 et 6 octobre 1789, que les émeutiers parisiens accoururent à Versailles pour réclamer, avec le retour du roi dans la capitale, la tête de « l'Autrichienne » qui, après avoir été trop adulée, avait perdu - par sa légèreté et son insouciance - l'estime et l'affection de son peuple. Durant les trois années qui suivirent, Marie-Antoinette, toujours menacée, ne cessa pas pour autant de travailler à sa délivrance, et de susciter les dévouements les plus exaltés... Jusqu'à cet automne de 1793 où, dans son cachot de la Conciergerie, muni d'un triple guichet, la malheureuse découvrit - au coeur d'un oeillet - le billet qui devait éclairer ses derniers moments d'une chimérique espérance. Ce sont toutes ces conjurations avortées, mais dont plusieurs furent près de réussir, que M. Pierre Lafue s'est efforcé d'éclairer, car elles comportent bon nombre de mystères, ou tout au moins d'incertitudes. Pourquoi la fuite de Varennes fut-elle un échec, alors que les précautions les plus minutieuses avaient été prises par les conseillers du couple royal ? Danton, Chabot furent-ils soudoyés par la Cour ? Hébert lui-même, « l'enragé », le rédacteur de l'ordurier Père Duchesne, ne lança-t-il contre Marie-Antoinette la plus infâme des accusations que parce qu'il se sentait compromis dans certaines machinations clandestines, visant à couronner le petit roi Louis XVII, et à faire assurer la régence par sa mère ? Autant de questions auxquelles l'auteur de cet ouvrage a essayé d'apporter des réponses vraisemblables. Ce récit renferme une série de portraits, auxquels les événements exceptionnels, que les conjurés furent obligés d'affronter, ne pouvaient que donner un relief saisissant : celui du marquis de Favras, qui se sacrifia dès le début ; mais aussi celui d'Axel Fersen, jeune noble suédois, dont les relations intimes avec la reine ne font plus aujourd'hui aucun doute. On s'intéressera également à l'inquiétante figure du baron de Batz qui, n'ayant pas réussi à sauver le roi, s'acharnera ensuite à « pourrir » la Révolution en corrompant ses promoteurs les plus illustres. Aucun de ces personnages ne parviendra cependant à faire oublier la « présence », d'une intensité exceptionnelle, de Marie-Antoinette elle-même. Si ses malheurs ont dévasté sa beauté, ils ont en revanche affermi sa volonté et exalté son courage, au point de lui conférer une véritable grandeur humaine. Ses efforts jamais lassés, ses craintes vaillamment surmontées, ses espoirs toujours renouvelés et toujours déçus, composent peut-être la tragédie la plus émouvante de notre histoire nationale.

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  • Le 14 janvier 1858, Napoléon III se rend à l'Opéra, en compagnie de l'impératrice Eugénie. Comme son équipage arrive devant l'édifice, trois bombes, lancées de très près, viennent exploser sous le ventre des chevaux. Les souverains n'ont que des éraflures, mais cent cinquante-six personnes sont blessées, dont huit mortellement. Les meurtriers, qui ont pu s'échapper à la faveur du tumulte, sont rapidement appréhendés. Italiens et républicains, ils combattent pour l'indépendance de leur pays ; leur chef, Felice Orsini, s'imaginait que le meurtre de Napoléon III déclencherait - en France - un ouragan révolutionnaire, qui s'étendrait vite à toute l'Europe. L'Impératrice se prit d'un enthousiasme romantique pour le conspirateur. L'Empereur, sympathique à la cause des nationalités, et surtout à celle de la nationalité italienne, fit publier une lettre qu'Orsini lui avait adressée de sa prison, et tenta de sauver le criminel, mais finit par s'incliner devant l'opinion de ses conseillers et du public qui exigeaient le châtiment des coupables ; du moins Orsini obtint-il - avant d'être livré à la guillotine - que le voile des parricides fût levé de son visage. Son sacrifice ne devait pas rester vain. Il semble qu'il ait mûri les projets italophiles encore vagues de Napoléon III qui, six mois plus tard, se rendit à Plombières pour conspirer à son tour : Cavour l'y vint voir et, de leurs conversations, sortit la guerre d'Italie. À ce drame si retentissant, Adrien Dansette a su donner un éclairage nouveau, qui en ranime constamment l'intérêt. Aussi bien que la psychologie tourmentée de l'Empereur, les dessous - policiers, politiques, diplomatiques - de la conjuration, les collusions entre les révolutionnaires italiens et certains républicains français réfugiés en Angleterre, sont mis en pleine lumière. Les coutumes et les méthodes des sociétés secrètes d'une époque fertile en complots et en coups d'État, sont décrites également avec précision. Et c'est, enfin, le portrait tout en nuances d'un de ces révolutionnaires idéalistes du dix-neuvième siècle, que le réalisme marxiste ne parvient pas à faire oublier. Ajoutons que des documents annexes, dont certains sont inédits, achèvent de conférer à cet ouvrage toute sa valeur historique.

  • Il y a l'oeuvre et il y a l'homme. Or, n'est-il pas vain d'expliquer la première par le second ? Du biographe, Valéry a dit que « son illusion consiste à croire que ce qu'il cherche peut engendrer - ou expliquer - ce que l'autre a produit » et qu'il « compte les chaussettes, les maîtresses, les niaiseries de son sujet ». Mais n'y a-t-il pas tout de même, à mi-chemin entre la critique littéraire et la biographie, une certaine approche de l'homme, qui peut éclairer l'oeuvre en profondeur ? Cette quête, cette sorte de psychanalyse de l'écrivain - en dépit de lui-même, pourrait-on dire - Odette Lutgen l'a menée ici avec une subtilité qui n'exclut pas la hardiesse. Gloires littéraires ? Oui. Mais les connaissons-nous vraiment ces grands de nos lettres, Immortels ou non, qui se sont emprisonnés ou que nous avons emprisonnés dans le carcan de la célébrité ? Journaliste, Odette Lutgen eût pu se contenter de brillantes interviews, écrites après une ou deux rencontres avec ses modèles. Elle ne nous aurait alors donné que des esquisses, non des tableaux de maîtres, fouillés, retouchés, pendant près de dix ans d'intimité quasi journalière. Et les grands hommes, toute défiance abolie, ont fini par se livrer, voire se trahir ! D'Albert Camus à Jean Cocteau, de François Mauriac à Jean Rostand, en passant par Blaise Cendrars, Marcel Aymé et bien d'autres, En dépit de leur gloire apporte une pierre non négligeable à l'édifice de notre histoire littéraire. Du talent, Odette Lutgen ? Plus que cela. D'un mot, d'une phrase, elle réussit à nous découvrir l'essentiel, allant toujours au plus secret, qui nous semble soudain évident. Vision de créateur où le style, assez plastique pour s'adapter à chaque modèle étudié, apparaît néanmoins comme l'expression d'un comportement originel, particulier et unique, qui nous révèle en Odette Lutgen un véritable écrivain.

  • Nous retrouvons, dans "Rue Grand-Pont", la plupart des personnages du précédent roman de Pierre Mania : Les Heurtevent. Une sorte de « Bel Ami » femme - Monique Heurtevent - cherche à fuir sa condition médiocre, en utilisant les éternels « arguments » féminins. Autour d'elle gravitent les artisans de son « ascension » : aventuriers sordides, bourgeois nantis... Monique, cependant, connaîtra la pureté d'un amour, étrange mais authentique, que lui offrira Caïus, un idéaliste que révolte le nihilisme de l'époque. Cette passion triomphera-t-elle de l'ambition ? Le cynisme de Monique, en tout cas, marquera tragiquement le destin de la plupart des hommes qui la convoitent. Maupassant, Flaubert eussent aimé découvrir, à travers ces personnages, le réalisme d'un temps particulièrement cruel. Dans Rue Grand-Pont, Pierre Mania perpétue la grande tradition des écrivains normands ; il a su la renouveler, avec beaucoup de poésie et d'humour.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Vers le rivage désolé d'un pays lointain, dans l'air mat et brûlant, sur la mer lourde, un navire s'avance : l'Argonaute, pétrolier puissant et moderne, va prendre son chargement d'huile au bout d'un voyage sans cesse recommencé. Mais ce jour-là, l'équipage ne reconnaît pas le visage habituel de cette escale : une émeute agite la ville, des soldats veillent aux carrefours, des incendies enfument le ciel, des chasseurs à réaction passent en rase-mottes. Bloqué dans la lagune - au moment du chargement - par la destruction d'un pont transbordeur, une partie de son équipage retenue à terre et emprisonnée pour un crime indéfini, l'Argonaute va cependant tenter de franchir un chenal désaffecté pour sortir du port, échapper à l'embargo, et s'éloigner en hâte de ces rivages hostiles. Il se lance à toute puissance dans les sables du chenal. Il entame une navigation périlleuse dans un corridor de corail. Derrière lui, la terre s'embrase mais, à l'aube, il retrouvera la mer libre. La mer est libre, mais il a emporté avec lui la maladie du continent qu'il quitte : les nouveaux matelots qu'il a embarqués pour compléter son effectif se révoltent soudain, prennent possession des machines, bloquent le gouvernail et isolent - dans le château avant - les officiers et les anciens de l'équipage. C'est une mutinerie muette, violente, irréductible. Chacun attend la reddition de l'autre. Loin des conforts, l'indulgence, la lucidité, le désespoir, le courage, la fierté deviennent autant de passions excessives et meurtrières, de drapeaux levés face à face, d'armes tragiques, qui s'affrontent dans un combat que, seule, l'innocence d'une jeune fille parvient encore à traverser par instants, pour lui rendre une mesure humaine. Le navire assassiné, chargé de pétrole brut et lancé sur un chemin rectiligne dont il ne parvient plus à s'écarter, poursuit désormais sa route mortelle. La planète est ronde et, sur cette mer où tout commence, retourne et renaît, il n'y a pas de route qui ne doive s'interrompre un jour. Bientôt, il ne s'agira plus de décider des mots qui sauveront l'Argonaute, mais de savoir qui, sur ce navire, méritera d'être sauvé.

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  • Il est grand d'être à Miami... Est-ce ironiquement que Michel Georges-Michel, impitoyable témoin de l'inhumanité des nations pendant la grande épreuve, a choisi ce titre, slogan publicitaire de la célèbre plage de Floride ? Que sont devenus les milliers de passagers abandonnés en mer - ou qui y furent rejetés - par la cruauté, la crainte, ou la cupidité de tant de pays où ils espéraient trouver refuge ; entre autres, les sept cent cinquante Espagnols restés sans ressources dans une île déserte des Caraïbes ? Les apatrides, errant comme des fantômes de frontière en frontière ; les indigents, envoyés au fond des forêts vierges, et de qui l'on n'entendit plus jamais parler ? Et David Adams, jeune savant français, héros de ce livre, luttant seul dans les inquiétants paradis de Saint-Domingue, Cuba et Miami contre la tragique paperasserie américaine ? À travers le monde en flammes, qui l'aura emporté, des races ou des patries ? Et tant de problèmes posés par l'auteur, qui a vécu la plupart de ces aventures, mais les raconte avec sa verve caustique de chroniqueur parisien.

  • Pierre et Cécile, deux jolis noms de France... Il est un peu embarrassé de son corps, ce collégien qui a « poussé » trop vite, mais sa timidité ne l'empêche pas de rêver d'héroïsme. Sa soeur cadette, elle, est un charmant petit diable aux armes redoutables : l'impertinence et l'amour du danger. Et voici juin 1940, l'Exode et le terrible choix : Pierre et Cécile décident d'aller à Londres, où s'est élevée la voix de Charles de Gaulle. Mais le destin les poussera vers d'autres rivages : ils connaîtront, tantôt spectateurs et tantôt acteurs, l'héroïque et fabuleuse aventure de la France libre. Ils traverseront les mystérieuses forêts de l'Afrique, navigueront sur ses grands fleuves, partageront la vie des combattants d'une prodigieuse épopée. Et quand tonneront les canons de Bir-Hakeim, Pierre endossera l'uniforme, et prendra une part glorieuse à la Libération. Pierre et Cécile ont-ils existé ? L'auteur n'ose l'avouer, tant leurs aventures et celles de leurs compagnons, peuvent paraître incroyables. Et pourtant, ce récit pittoresque et émouvant respecte scrupuleusement la vérité historique. Pierre et Cécile chez les Français libres est donc un témoignage, écrit par un homme qui a su rester proche des jeunes ; mais il se lit aussi comme le plus passionnant des romans d'aventure.

  • « Les colères du père, les larmes de maman, le chien dont il était impossible de voir les yeux parce que c'était un griffon, la vieille maison, les escaliers avec des barreaux de bois tournés, les marches bien cirées et l'étrange machine à musique de la tante Aurèle... » Oui, Anne-Marie se souvenait... Elle était alors une adolescente provinciale, que la vie n'avait pas encore meurtrie... Puis elle avait épousé Émilien Billaud, l'avait suivi à Paris dans un médiocre deux-pièces. Pourquoi Émilien avait-il changé ? Pourquoi, de son côté, n'avait-elle pas accepté son destin auprès d'un mari volage, buveur et violent, mais tendre ? Un soir, froidement, elle l'avait abattu d'une balle de revolver. Mais on lui avait accordé des circonstances atténuantes. Anne-Marie, elle, savait que son crime avait été longuement, soigneusement prémédité. Et le remords était là, à jamais, qui tournait dans sa tête, tournait, tournait, comme jadis l'étrange boîte à musique de la tante Aurèle.

  • Jean Danguiral, jeune ingénieur électricien d'origine auvergnate, a épousé une jolie Parisienne qui écrit. Le ménage Danguiral n'aurait pas d'histoire, si Jean n'était amené à retourner dans son Cantal pour y installer une ligne électrique. Transplantée sur cette terre âpre, qu'elle découvre sans plaisir, livrée à ce monde paysan qu'elle ne comprend pas et qui la rejette, Odile sent que Jean retombe sous l'emprise des souvenirs. Au contact de ses camarades de jeunesse et de ce pays qui l'a nourri, le jeune homme se révèle sous un jour inconnu : c'est bientôt un étranger que découvre Odile effarée, meurtrie, hostile... Jours d'orage, au cours desquels se dégradent peu à peu la tendresse et l'estime, jours d'orage dont d'autres pourraient bien chercher à profiter... L'amour sera-t-il néanmoins le plus fort ? Quel sera l'incident, même banal, qui servira de signal d'alarme et de frein ? Nicole Chavinier, qui vient d'obtenir - pour le manuscrit de « Jours d'orage » - le Prix André Chevassus, a su traiter, sans banalité, un des sujets les plus rebattus. Autour du thème central, gravitent celui du progrès et de la civilisation technicienne, ainsi que celui de la condition des Noirs évolués, représentés par Jo, un ingénieur sénégalais travaillant sur le chantier dirigé par Jean Danguiral. Un roman attachant, au style aisé, qui est plus qu'une promesse.

  • 1945 : la France, enfin libérée, respire. Mais déjà, à la porte des bureaux de recrutement, des affiches proclament : « Aujourd'hui Strasbourg, demain Saïgon. » Toute une jeunesse, assoiffée de liberté et d'aventure, fait des rêves. En Indochine, Rolly et Loulou trouveront mieux que la gloire : une amitié si pure et si absolue, que l'amour de la jolie Ti-Sao ne parviendra pas à les séparer. Ensemble, main dans la main, ils découvriront la faune picaresque du camp de Caïs, les ruelles de Cholon, l'immense marécage de la Plaine des Joncs... Les jours succèderont aux jours, tantôt au combat, tantôt dans le calme des cantonnements. Mais pour Loulou et Rolly, unis à jamais, les autres ne seront que des copains : Ménard le poète, Antonin le tire-au-flanc, Popeye, Titi... ! Ils n'imagineront l'avenir que bâti et vécu à deux. Un jour, pourtant, Rolly devra se souvenir... Loulou avait dit : J'écrirai ton nom dans le ciel...

  • Quatre ans avant la Révolution de 1789, un lit « à la polonaise » a été livré à l'hôtel de Balleranges, en prévision des noces sans joie de Philippine, jeune fille chez qui la femme a percé trop tôt dans l'enfant. Du XVIIIe siècle touchant à sa fin, Philippine de Balleranges n'a retenu que la douceur de vivre. Sournoisement, élégamment, mais avec fermeté, elle a su se débarrasser du corset moral - tout de convenances et de principes - qui constitue l'armature indispensable à l'éducation des filles de son temps. Elle a fait « sa » Révolution avant l'heure, sans se départir d'une dignité parfaite. Cependant, autour du lit « à la polonaise », ont rôdé des ombres insolites... L'une d'entre elles, la plus chère à son coeur, rejoindra Philippine à Venise, où les circonstances - et un sot mari - l'ont conduite dans les milieux français de la contre-Révolution. Cabale et amour... amour surtout, dont elle retrouvera plus tard la trace dans le Paris lugubre des années 93 et 94. Il y faut bien vivre, pourtant ! Encore que les persécutions, les prisons, et la perspective de l'échafaud, entachent tout de précarité. Philippine parviendra-t-elle à vivre ? Gilles de Chaudenay qui, dans son précédent ouvrage (Physiologie du Jockey-Club, éditions del Duca, 1958), avait, avec précaution, introduit le lecteur dans l'enceinte fermée du Jockey-Club, lui fait traverser, cette fois-ci, avec Divine citoyenne, les derniers salons de l'Ancien Régime et la foule au visage multiple de la Révolution.

  • Catherine Audenge a repris, dans Sygne ou Les cinq tentations, un des thèmes qu'elle avait traités dans son premier roman Les aurores : les êtres portent en eux leurs possibilités de bonheur et de malheur, les circonstances extérieures n'influent que très peu sur leur destin, rien - en définitive - ne pouvant les détourner de leur fin. Sygne a pris rapidement conscience que son amour pour Sonia ne pouvait être « qu'une entité, un simulacre, une illusion », qu'elle a fini par repousser comme une tentation de réalisation imparfaite. Les raisons de son refus, les motifs de ses renoncements sont en elle. Elle a trop le goût de l'absolu et trop d'orgueil, pour accepter une norme de vie qui ne soit pas conforme à son idéal. Autour de Sygne, gravitent des personnages qui essayent de l'attirer sur leur orbite et dont certains, à un moment ou à un autre, exercent sur elle leur séduction. Sygne leur échappera-t-elle jusqu'au bout, ou se trouvera-t-elle, un jour, devant une tentation ou un être - fût-il elle-même - auxquels elle ne pourra résister ? Que Catherine Audenge se penche sur une grande pianiste, un notaire de province, un beau vulcanologue, un ancien missionnaire, un Russe chef d'orchestre, une Suédoise professeur de mathématiques ou une vieille servante, elle analyse le coeur humain avec une telle précision, et une si totale lucidité, qu'elle le traque dans ses plus secrètes métamorphoses. Les mouvements des âmes qu'elle étudie, ont la souplesse d'une phrase musicale qu'elle expose, développe, abandonne, reprend, sans tenir compte de l'ordre chronologique des faits, nous proposant une notion du temps aussi subjective que celle du bonheur.

  • Au travers de ces dix nouvelles, circule l'inattendu qui détermine la métamorphose des personnages, jouets d'un destin auquel ils ne sont point préparés. Ici, la Religieuse espagnole (sur l'aventure de qui s'ouvre le recueil), jeune fille paisible puis nonne résignée, ne saisit pas que, sous la pression d'une phalange mystique et toute-puissante, elle va devenir un instrument de haute politique. Là, dans Oreste, un assassin non professionnel s'aperçoit qu'il a tué, surtout, une partie de lui-même. Plus loin, des enfants trop bien élevés - Les Polyglottes - se prélassent dans une scélératesse nonchalante et redoutable ; mais ils agissent en somnambules, alors que pour Pierre, leur homologue villageois de La bonne journée, la cruauté est une friandise. Les protagonistes de Tandis qu'à Sarajevo... sont bien trop occupés de leurs petits problèmes personnels, en juillet 1914, pour sentir que le monde va s'embraser ; de même, les comparses d'Heureuse Êmilie vivent l'Exode de 1940 comme un roman picaresque. Ils ont de bonnes raisons pour cela ! À partir de L'île aux statues, le fantastique coule à pleins flots. De ce conte, comme des Affections imaginaires, de la Métempsychose et de l'Incident de route, se dégage un même fumet de magie ironique. L'auteur croit à sa mythologie, jusqu'à l'extrême bord du sourire.

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