FeniXX réédition numérique (Intertextes)

  • Une tentative de décryptage des éléments juifs qui parsèment les textes principaux de Kafka. Journaliste et critique littéraire, l'auteur explore certains repères biographiques de Kafka, procède à de longues analyses littéraires et propose un essai sur l'attitude religieuse de l'écrivain.

  • Des réflexions sur la parole et le langage artistique, pris à la fois comme don et comme leurre. L'auteur pose la question de leurs limites et aussi de ce qui peut s'y dire.

  • La mort brutale d'un ami conduit le narrateur à faire une déposition. Le travail mène progressivement à cette sorte d'oubli qu'on appelle guérison.

  • Le trois : premier chiffre impair, celui des dimensions de l'espace, qui marque le passage du temps, le centre du cercle, le milieu de la cible, la juste mesure, l'intermédiaire entre le fini et l'infini, l'un et le plusieurs, l'autre et soi-même. C'est aussi le chiffre maudit de l'amour : l'histoire de Charles, Claude et Matthieu renvoie à lui. Ils vivront une année ensemble, sans cesse séparés ou réunis par la présence ou l'absence de l'autre, jouant à tour de rôle celui du fantôme. De ce triangle, Charles en est la pointe aiguë. Jeune étudiant en philosophie, il oscille entre Claude, femme de quarante ans, atteinte d'une étrange maladie et abandonnée par son mari, utilisant le peu de forces qui lui restent à maquiller ses cicatrices et Évy, la putain blonde, tendre et consolatrice, balafrée par des maux qui, pourtant, ne l'ont jamais fait vraiment souffrir. Entre deux fascinations masculines aussi : Matthieu, l'amant de Claude, dont le superbe égoïsme oublie tout au fur et à mesure qu'il séduit pour ne rien avoir à cicatriser et le professeur Granger, maître à penser dont Charles admire la douceur et la rigueur du discours philosophique. La passion de Charles pour ses leçons de sagesse ne l'empêche pourtant pas de vivre dans les remous de l'hésitation ce chiffre trois vénéré par les Grecs pour sa vertu de tempérance et d'équilibre. Comment mettre fin au vertige des possibles ? « Il faut s'arrêter » enseignait Aristote, arrêter de régresser à l'infini. Charles s'arrêtera de n'avoir su choisir. Mais toute formule est impure : s'arrêter, c'est aussi mourir, que la mort soit réelle pour Claude ou affective pour Charles qui se séparera de Matthieu et d'Evy. Dans cet original roman d'éducation, c'est un parcours symbolique qui nous est proposé, dont la circularité dessine l'avancée de la spirale : du suicide manqué à la solitude, un jeune homme aura appris à oublier un fantôme qui l'obsédait, sans trop de complaisance, encore qu'il restera dans les circonvolutions de sa mémoire, la trace indélébile d'une cicatrice.

  • C'est au siècle des Lumières, de l'obscurité et de l'occultisme, que l'auteur a fait naître le personnage qui porte son nom : celui-ci, né d'une famille noble de l'Allier, se lassera des intrigues de la cour et des fureurs de la guerre, accompagnera Burckhardt dans son expédition vers « l'Arabie heureuse » et la route de l'encens, découvrira une ville oubliée, perdra une princesse et quelques illusions... avant de revenir en France où se lève la tourmente révolutionnaire. Tour à tour se moquant du roman historique et s'y plongeant, Bertrand du Chambon nous livre là, une fiction échevelée où l'on rencontre aussi bien Goethe que le marquis de Sade - en une intrigue si mystérieuse et si pleine d'allégories, que l'on en vient à se demander de qui l'identité est ici en jeu : celle de l'auteur, celle du personnage, ou peut-être la nôtre.

empty