FeniXX réédition numérique (Imprimerie nationale)

  • Avec l'éloignement historique, qui estompe les couleurs et érode les arêtes, la figure de Léon Blum appartient désormais au Panthéon de nos gloires politiques nationales. Son humanisme, son courage, ses qualités d'homme d'État sont tour à tour célébrées. L'image du « vieux sage » de Jouy-en-Josas, oracle de la IVe République naissante, tend même à colorer toute son action passée. Sa statue, reléguée pendant de longues années dans un jardin de Paris, est désormais installée solidement au coeur de la place qui porte son nom dans le 11e arrondissement.
    Mais ce consensus est fragile. Il doit, en effet, beaucoup au temps qui fait oublier qu'il a été un des hommes les plus calomniés de l'entre-deux-guerres, qu'il a manqué d'être lynché par les camelots du roi en février 1936, qu'il a été vilipendé par Vichy et traîné au procès de Riom. Il ne faut pas aller bien loin même aujourd'hui pour voir resurgir les controverses et s'exprimer les passions. Léon Blum est toujours un enjeu de mémoire.

  • Le « miracle libérateur » du Débarquement du 6 juin 1944, revient - en quasi-totalité - aux armées blindées ou motorisées des alliés américains et anglais, mais il fut suivi par une division française, affectée un temps à l'armée du général Patton : la 2e DB, commandée par Leclerc. L'aura de cette petite unité, et le sillage qu'elle laissa instantanément dans la mémoire collective des Français, furent tels qu'elle reste perçue comme l'armée de légende par excellence : l'« armée Leclerc », tant furent décisives les qualités d'un chef hors du commun, qui sut amalgamer, organiser, entraîner, anticiper, réinventant la guerre de mouvement. C'est lui - et de Gaulle à Londres - qui obtint du haut commandement militaire allié de « marcher » sur Paris, pour libérer la capitale le 25 août 1944. D'août 1944 à mai 1945, la campagne de France de la Division, confirma l'idée de Leclerc que le blindé était la cavalerie moderne, et qu'il fallait lui consentir une large part d'initiative, affirma la manière exigeante de commander de son chef et sa hantise de maintenir un rythme rapide. Son chef de Deuxième Bureau, Paul Repiton-Préneuf, l'un des esprits les plus exceptionnels de son temps, relate cette course à Berchtesgaden, avec l'objectivité aiguë et l'extrême intensité du reportage : tout le contraire de la grandiloquence épique. Georges Buis met en perspective, sans complaisance, l'arrière-plan historique, stratégique, humain et politique de l'aventure. Sans rien dissimuler des tensions internes, des difficultés matérielles, voire des amertumes que Leclerc, dans sa grandeur, a surmontées.

  • Le « miracle libérateur » du Débarquement du 6 juin 1944, revient - en quasi-totalité - aux armées blindées ou motorisées des alliés américains et anglais, mais il fut suivi par une division française, affectée un temps à l'armée du général Patton : la 2e DB, commandée par Leclerc. L'aura de cette petite unité, et le sillage qu'elle laissa instantanément dans la mémoire collective des Français, furent tels qu'elle reste perçue comme l'armée de légende par excellence : l'« armée Leclerc », tant furent décisives les qualités d'un chef hors du commun, qui sut amalgamer, organiser, entraîner, anticiper, réinventant la guerre de mouvement. C'est lui - et de Gaulle à Londres - qui obtint du haut commandement militaire allié de « marcher » sur Paris, pour libérer la capitale le 25 août 1944. D'août 1944 à mai 1945, la campagne de France de la Division, confirma l'idée de Leclerc que le blindé était la cavalerie moderne, et qu'il fallait lui consentir une large part d'initiative, affirma la manière exigeante de commander de son chef et sa hantise de maintenir un rythme rapide. Son chef de Deuxième Bureau, Paul Repiton-Préneuf, l'un des esprits les plus exceptionnels de son temps, relate cette course à Berchtesgaden, avec l'objectivité aiguë et l'extrême intensité du reportage : tout le contraire de la grandiloquence épique. Georges Buis met en perspective, sans complaisance, l'arrière-plan historique, stratégique, humain et politique de l'aventure. Sans rien dissimuler des tensions internes, des difficultés matérielles, voire des amertumes que Leclerc, dans sa grandeur, a surmontées.

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