FeniXX réédition numérique (Presses universitaires de Rennes)

  • Le désengagement de l'État durant ces dernières décennies s'est notamment traduit par une territorialisation croissante des politiques éducatives et par le passage progressif du témoin scolaire à la « société civile » et au Marché. Il a aussi et surtout conduit à ce que l'École et la Famille, comme instances de production et de reproduction des inégalités sociales, soient bien davantage connectées aujourd'hui qu'elles ne l'étaient hier. D'où la nécessité d'analyser ce surcroît de connexions au plus près du jeu des acteurs individuels et collectifs, en particulier à un niveau peu étudié mais décisif de l'enseignement : l'école primaire. C'est là en effet que s'effectue pour une large part le tri des « particules élèves » en fonction de leur rapidité d'acquisition des savoirs, et avant que ce tri ne se poursuive et soit confirmé au collège. C'est là aussi qu'on peut le mieux et le plus visiblement observer la mise en place et le développement de certaines chaînes mimétiques de placements scolaires. C'est l'analyse des mécanismes sous-jacents à la transformation de l'École laïque et publique en une École libérale qu'on trouvera donc dans l'ouvrage d'Yves Careil. Ce fonctionnement « libéral » donne l'avantage aux mieux placés et aux mieux informés, cependant que sont par avance disqualifiés ceux dont les conditions d'existence ne leur permettent pas de jouer à plein le rôle de « parents professionnels ». Dans un contexte de libéralisme économique déchaîné et de démantèlement des différentes composantes du Service public, une offre d'éducation concurrentielle s'introduit ainsi au sein même des établissements publics, sous couvert d'une dénégation collective dont l'auteur prend le risque, théorique et politique, de rompre le cercle enchanté. Il s'agit donc de constats effectués au plus près d'un terrain où les changements ont une portée bien différente de ce qui se donne à voir, et où les acteurs se trouvent, en pratique, placés devant de redoutables contradictions. L'analyse de cette situation conduit à un double plaidoyer : pour un profond renouvellement du regard porté sur l'« échec scolaire », et pour l'instauration d'un véritable débat, où l'avenir du système éducatif ne soit pas enfermé dans une problématisation libérale et (ou) néophilantropique.

  • Les transformations que connaît la famille aujourd'hui ne sont pas de simples adaptations aux valeurs contemporaines. Elles atteignent toutes les caractéristiques structurelles du type de famille spécifiquement moderne et, par là, signalent une dérive postmoderne de société auquel il est inséparablement lié. La fin de la famille moderne n'est ni un réquisitoire, ni un cri de ralliement. Il constitue un effort pour appréhender la portée civilisationnelle des changements contemporains de la famille. Il est difficile d'anticiper ce qu'il adviendra de celle-ci au XXIe siècle. Mais sa postérité se joue beaucoup dans la lucidité à l'oeuvre dans la compréhension de la véritable mutation qui l'affecte. S'il constitue un exercice classique de sociologie de la famille, par sa facture et son inspiration, l'ouvrage de Daniel Dagenais n'est pas un livre de spécialiste : il se nourrit d'abord au savoir des autres disciplines des sciences humaines (histoire, anthropologie, psychanalyse et démographie) ; ensuite, il s'adresse à toute personne qu'intéresse une réflexion en profondeur sur les changements que connaît la famille aujourd'hui.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Au moment où s'accélère la constitution d'une économie mondiale, les mondes de sélection et de formation des élite françaises se trouvent fortement interrogés. Certains acteurs du champ des grandes écoles de commerce et d'ingénieurs visent en effet ouvertement, depuis la fin années quatre-vingt, à invalider le modèle pédagogique national, considéré comme trop empreint d'un esprit d'État, trop fermé sur l'Hexagone et trop éloigné des besoins des entreprises, pour promouvoir un autre monde de formation plus directement inspiré des méthodes à l'oeuvre dans certaines business schools nord-américaines. La question centrale du livre est de savoir si la mondialisation de l'économie, concomitante avec l'émergence d'une sorte d'universel de la compétence professionnelle pour le personnel d'encadrement des entreprises, autorise des formes nationales de formation des hommes ou si, au contraire, elle les condamne définitivement. À partir d'une série d'enquêtes menées dans les grandes écoles françaises depuis le début des années quatre-vingt-dix, l'auteur montrera que l'internationalisation, loin d'être un Deus ex machina, permet de nombreuses possibilités d'ajustements internes souvent très étroitement liées aux intérêts divers des écoles. Dans cet ouvrage à portée générale, Gilles Lazuech propose également un modèle théorique destiné plus particulièrement à ceux qui travaillent, en sciences sociales, sur les processus d'internationalisation et de mondialisation.

  • Dans le récit autobiographique de Gisèle sont successivement racontés son enfance dans un milieu de paysans aisés du Léon, en Bretagne, son engagement dans l'action catholique, son mariage et son alcoolisation progressive. Après des prises en charge médicales désastreuses, elle a repris vie grâce à une cure analytique.

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