Sciences & Techniques

  • Toutes les études des sexologues le prouvent : le clitoris est bien le principal détonateur de l'orgasme féminin. Pourtant, dans les médias comme dans les mentalités, les approximations perdurent, et avec elles une somme d'idées reçues. En convoquant quelques pionniers de la psychanalyse et des études scientifiques récentes, la presse féminine et les séries télévisées, les films pornographiques et les féministes, Maïa Mazaurette et le Dr Damien Mascret analysent les raisons de cette étrange excision culturelle et, avec pédagogie et humour, proposent des pistes pour partir à la redécouverte d'un petit bout de matière qui a fait couler beaucoup d'encre.

  • Encore passible de prison dans certains États, la fellation est aujourd'hui une pratique courante chez les peuples civilisés. Toutefois, on constate une contradiction entre cette banalisation et les réticences qu'elle continue de soulever. Rejetant une approche historique, sociologique ou psychanalytique, déjà maintes fois adoptées, l'auteur dresse ici une sorte d'état des lieux, en s'appuyant sur des références littéraires et cinématographiques. Il s'attache en réalité à démontrer que, loin d'être une pratique secondaire, accessoire ou utilitaire, la fellation est un véritable idéal dans le rapport amoureux.

  • À l'aune de quel principe moral devons-nous évaluer les actes sexuels ? Suffit-il que les participants à de tels actes donnent leur consentement pour que l'acte soit moralement permis ? Ou bien doit-on exiger que ce consentement repose sur un sentiment amoureux fort entre les partenaires ? En prétendant faire table-rase du passé et en prônant une jouissance sexuelle sans entraves, la révolution sexuelle des années 70 a provoqué une réflexion éthique sans pareille autour de la sexualité, donnant lieu à l'affirmation de principes parfois concurrents, souvent complémentaires. Dans ce livre, Norbert Campagna se propose de dresser un panorama critique des grands principes au nom desquels des limites morales sont tracées à la recherche de la jouissance sexuelle.

  • Il paraît que la bisexualité n'existe pas, qu'elle est au mieux - et doit rester - un phénomène fugace et impensé, puisque l'ordre érotique impose de choisir un camp. Dogme du plaisir, économie libidinale et politique du cul font ainsi du goût des deux genres une dérive à nier tout en la condamnant, ce qui n'est déjà pas le moindre des paradoxes, mais il se pourrait bien que la légitimité de la démarche ne résiste pas à l'analyse. Il convient toutefois de s'interroger aussi sur les raisons de cet ostracisme, à la faveur notamment d'une déconstruction du discours sexuel et d'une mise au jour des frontières artificielles qui cloisonnent le champ d'un désir naturel moins partagé que fondamentalement métis.

  • " Belle à croquer ". " Trop bonne ! ". " Je vais te manger ! ". Nos discussions coquines sont souvent pimentées de ces remarques et fantasmes dont la dimension cannibale est évidente si on les lit au premier degré, mais qui ne sont jamais utilisées qu'au second. Il n'est évidemment pas question de dévorer l'autre. Mais alors pourquoi ces expressions ponctuent-elles régulièrement notre vie sexuelle ? Serait-ce que nous avons au plus profond de nous des pulsions cannibales réprimées ? Julien Picquart cherche les réponses à ces questions dans la psychanalyse bien sûr, mais également les faits-divers, les légendes ancestrales, la littérature et le cinéma. Au travers de ces récits et exemples qui font le sel du livre, l'auteur propose une vision renouvelée de notre sexualité, car intégrant pleinement sa dimension cannibale au lieu de l'occulter comme nous le faisons si souvent. Il souligne ainsi les ressorts profonds de notre vie érotique : envie d'éternité, fantasme de totalité, soif de vengeance, mais aussi pulsions meurtrières et incestueuses. C'est alors la sombre dimension de notre désir qu'il met en lumière de façon aussi surprenante que convaincante.

  • Fétichisme... À la simple évocation du terme, l'imaginaire s'emballe et chacun voit surgir, entre effroi et fascination, un étrange personnage rendant un hommage un peu trop appuyé aux escarpins vernis d'une femme. Pourtant, cette notion recouvre un champ d'investigation bien plus vaste. Car dans sa façon de mettre en scène et en action les corps et les rapports humains et de valoriser les objets à travers des structures d'échange, le fétichisme peut être pensé comme emblématique des mutations actuelles de la société de consommation. Quel rapport y-a-t'il entre Alice au pays des merveilles, Freud et un godemiché ? Dans un monde où tout devient marchandise, en quoi ce découpage métonymique du corps, cette prise de pouvoir des choses sur les êtres et de la partie sur le tout sont-ils révélateurs de nos existences inféodées à la loi du marché ? Pourquoi ne sommes-nous jamais que regard ou pur objet ? Comment le féminisme et l'art contemporain se sont-ils réappropriés le fétichisme ? En convoquant la psychanalyse, la sociologie, l'économie et l'histoire des mouvements féministes, Émilie Notéris livre une réflexion érudite sur le pouvoir des images et ces objets inanimés à qui l'on vend parfois son âme.

  • Internet, portables, blogs, journaux people, émissions de télé-réalité, parties fines où il convient de voir et d'être vu... Nous continuons à pénaliser l'exhibitionniste qui dévoile ses attributs aux passants tout en autorisant dans le même temps l'invasion de notre quotidien par le sexe de tout un chacun. Mais à trop exposer l'intimité des uns à la vue des autres, nous avons fini par rendre celle-ci impossible. Notre exhibitionnisme collectif n'est-il donc que l'aveu d'impuissance d'une société qui se sent creuse ? Investir l'espace public et se donner à voir en tant que sexe sont pourtant les seuls moyens dont disposent certaines minorités pour faire entendre leur cause. Alors, qui protège-t-on vraiment en interdisant l'exhibitionnisme ? Et de quoi ? Un regard résolument engagé, pour qui veut comprendre l'exhibitionnisme en tant que pratique sexuelle et motif politique.

  • Suivre les starlettes de X dans leurs péripéties sexuelles, accueillir leurs mimiques et leurs soupirs comme une générosité destinée à nous guider sur le chemin de notre propre fascination, c'est pénétrer en leur compagnie dans des mondes nouveaux. Dans cette étrange métaphysique, les partouzes ont un parfum boticellien et l'amateur de films pornographiques n'est, étonnamment, jamais loin de l'ascète mystique. Et si, lorsque le film s'arrête, la réalité crève l'écran, la starlette de X laisse dans son sillage une trace. Un ange passe. Une promenade troublante, érudite et élégante, servie par une plume audacieuse qui flirte entre l'érudition et la dérision. Après avoir lu cet essai subversif, vous ne regarderez plus jamais un film pornographique de la même façon.

  • Imaginez un monde où les hommes et les femmes feraient des choix sexuels basés sur ce qu'ils aiment et ce dont ils ont envie, et non pas sur ce qu'on leur a dit qu'ils devraient désirer. Un pays où la monogamie ne serait qu'une modalité existentielle possible et non pas une nécessité.
    Une ville où les prostituées ne seraient pas clouées au pilori ni leurs clients montrés du doigt. Une famille où les petits garçons n'auraient plus l'obligation d'être masculins pour devenir des hommes hétérosexuels avec des pénis, et les petites filles féminines pour devenir des femmes hétérosexuelles avec des bébés. Vous n'y aviez jamais pensé ? Pat Califia en a rêvé.
    Théoricien majeur des queers studies et de l'identité de genre, Pat Califia a accepté de nous livrer ici un recueil d'articles d'une subversion ébouriffante, sincères et brillants, simples et choquants, drôles et graves, qui nous atteignent au plus profond de nous, qui que nous soyons et quelle que soit notre orientation sexuelle. Un ouvrage cinglant comme un coup de fouet et indispensable pour tous ceux qui s'intéressent à la question du sexe et du genre.

  • La prostituée et son client peuvent-ils se respecter et la loi doit-elle créer les conditions de possibilité d'un tel respect ? Alors que les uns envisagent la prostitution comme un lieu d'affirmation de soi, d'autres y voient le lieu suprême de l'humiliation. Là où les uns veulent la faire reconnaître comme un métier respectable, les autres s'opposent farouchement à toute reconnaissance légale de ce qu'ils estiment être une forme d'esclavage. Pour les uns, les clients des personnes prostituées ne font rien de mal, pour les autres, ils sont les principaux responsables de l'esclavage des femmes et doivent faire l'objet de poursuites pénales. Qui a raison ? En tenant compte des multiples visages de la prostitution et sans nier l'exploitation dont sont victimes de nombreuses personnes prostituées, Norbert Campagna tente de cerner la prostitution à partir du point de vue de la philosophie morale, en insistant surtout sur la possibilité de concilier prostitution, dignité et liberté.

  • C'est au XIXe siècle que les médecins élaborent une première sexologie scientifique, nourrie d'observations de cas pathologiques. Aliénistes, criminologues et experts auprès des tribunaux interrogent leurs malades ou les prévenus sur les détails de leur vie sexuelle afin de déterminer un pronostic ou leur degré de responsabilité. Or, la très grande majorité des observations connues concerne les hommes et la plupart des études historiques sur la science de la sexualité s'arrête aussi à eux. Pour la première fois, une anthologie se propose donc de rassembler des textes représentatifs du savoir médical de l'époque sur la sexualité des femmes. Onanisme, érotomanie, fétichisme ou saphisme, ce recueil d'observations particulièrement édifiantes, marquantes ou cocasses intéressera aussi bien les curieux que les érudits. Une anthologie indispensable, à l'heure où les sexualités font tant débat, et qui montre aussi la forte opposition des médecins du temps à l'idée d'égalité sexuelle.

  • Cet Éloge du con est une synthèse des principaux thèmes chers au docteur Zwang en même temps qu'un vibrant plaidoyer pour ce que François Mauriac nommait " l'ignoble petit mot de trois lettres ". Le premier texte, par un détour lexicologique, montre l'universelle dépréciation de la désignation du sexe féminin (source inépuisable d'injures : celui qui a l'air d'un con) comparée aux flatteuses appellations du sexe viril. Dans les textes qui suivent, Zwang se fait l'apôtre d'une " esthétique vulvaire ", redonne toute son importance (et sa place) au clitoris, s'insurge contre la mode de l'épilation et nous parle gravement de la sodomie.
    Sans pédanterie, dans un style flamboyant, avec une grande culture et une passion communicative, parfois polémiste mais certainement démystificateur, Zwang nous donne à voir le sexe féminin sous un éclairage inédit.

  • À l'heure où la pornographie est mise à toutes les sauces, ce livre nous permet de mieux connaître et comprendre, au-delà d'une vision simpliste de rejet ou d'adhésion, pourquoi elle fait partie intégrante de notre modernité. Introduction à la pornographie offre une vision globale d'un sujet complexe, aux formes multiples (écrites, plastiques) aux caractères variant de l'érotisme suranné à l'obscène insoutenable, dont l'existence même, selon certains, ne devrait pas être tolérée. Après un essai de définition, un bref survol historique et un catalogue des différentes pornographies, une présentation est faite de son attrait et de son utilité, ainsi que de la gamme des reproches qu'on lui adresse comme des restrictions légales qui lui sont imposées.

  • Les rapports entre danse et érotisme semblent manifestes. La danse à la réputation d'être un art sensuel, mais où sont les oeuvres érotiques ? Il y a des corps, il y a des sexes, mais finalement peu de créations qui relèvent de l'érotisme.
    À partir de ce paradoxe, l'auteur propose de revisiter l'histoire de la danse. De alomé à Anna Thérésa de Keersmaeker, du tango au butô, du mythe de la ballerine à celui du danseur pédé, il s'agit de défendre un érotisme chorégraphique dont les créations les plus récentes annoncent peut-être la venue.

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