Entreprise, économie & droit

  • Le néolibéralisme engage une mutation d'ensemble des rapports politiques et sociaux, et une véritable révolution anthropologique, qui voit l'émergence d'un sujet néolibéral calqué sur le modèle de l'entreprise, soumis à la logique de la concurrence. Un défi politique et intellectuel inédit.
    Il est devenu banal de dénoncer l'absurdité d'un marché omniscient, omnipotent et autorégulateur. Cet ouvrage montre cependant que ce chaos procède d'une rationalité dont l'action est souterraine, diffuse et globale. Cette rationalité, qui est la raison du capitalisme contemporain, est le néolibéralisme lui-même. Explorant sa genèse doctrinale et les circonstances politiques et économiques de son déploiement, les auteurs lèvent de nombreux malentendus : le néolibéralisme n'est ni un retour au libéralisme classique ni la restauration d'un capitalisme " pur ". Commettre ce contresens, c'est ne pas comprendre ce qu'il y a précisément de nouveau dans le néolibéralisme : loin de voir dans le marché une donnée naturelle qui limiterait l'action de l'État, il se fixe pour objectif de construire le marché et de faire de l'entreprise le modèle du gouvernement des sujets. Par des voies multiples, le néolibéralisme s'est imposé comme la nouvelle raison du monde, qui fait de la concurrence la norme universelle des conduites et ne laisse in-tacte aucune sphère de l'existence humaine. Cette logique érode jusqu'à la conception classique de la démocratie. Elle introduit des formes inédites d'assujettissement qui constituent, pour ceux qui la contestent, un défi politique et intellectuel inédit. Seule l'intelligence de cette rationalité permettra de lui opposer une véritable résistance et d'ouvrir un autre avenir.

  • On dit parfois qu'il est plus facile d'imaginer la fin du monde que celle du capitalisme. C'est à un véritable exercice d'imagination sur l'avenir très problématique du capitalisme que nous convient cinq des chercheurs les plus éminents de la sociologie historique, réunis autour d'I. Wallerstein, fécond héritier de Braudel et père de la théorie des " systèmes-mondes ". En échappant aux facilités du prophétisme, ils explorent ici une série de dimensions cruciales et de tendances " lourdes ". On a souvent dit qu'il était plus facile de penser la fin du monde que celle du capitalisme. Pourtant, ce système présente aujourd'hui des signes de rupture qui permettent d'en anticiper le déclin imminent, et ce en recourant non pas au prophétisme, mais beaucoup plus simplement aux sciences sociales. C'est ce que démontrent ici cinq des plus éminents chercheurs internationaux. Dans une langue qu'ils ont voulue accessible à tous, s'appuyant sur des idées fortes de Marx, Braudel ou Weber, ils explorent une série de tendances " lourdes " des sociétés contemporaines, telles que l'approfondissement des crises économiques et écologiques, le déclin probable des classes moyennes, les contradictions et désarticulations du système politique international ou encore les problèmes d'externalisation des coûts sociaux et environnementaux liés au fonctionnement du capitalisme mondial. Ils tirent également les enseignements historiques et sociologiques de la chute du bloc soviétique et des mutations actuelles de la Chine. Pour cette pléiade d'universitaires prestigieux, les limites internes et externes de l'expansion du " système monde " capitaliste sont sur le point d'être atteintes. Face à son déclin accéléré et multidimensionnel, il est urgent de penser sérieusement à ce qui peut et devrait lui succéder. L'ouvrage rappelle ainsi que les sciences sociales, lorsqu'elles explorent rigoureusement la réalité, peuvent également aider à imaginer un autre avenir.

  • Dans ce bref essai, très accessible, Immanuel Wallerstein propose une approche synthétique des idées-forces qui traversent son oeuvre, consacrée à l'étude du capitalisme comme entité globale et historique, constituant le système-monde moderne. En retraçant les étapes du capitalisme au cours des cinq derniers siècles, il met en évidence ses composantes qui ont constamment évolué comme celles qui sont restées invariantes. Et en mettant l'accent sur l'émergence et le développement d'un marché mondial unifié, avec la division internationale du travail qui l'a accompagné, il montre comment le capitalisme a provoqué l'appauvrissement des pays du tiers monde. Et pourquoi les problèmes économiques et sociaux de ces pays perdureront tant qu'ils resteront intégrés au capitalisme mondial.Un ouvrage indispensable pour comprendre la pensée de l'un des plus importants théoriciens du capitalisme comme mode de production universel et des forces antisystémiques qui le défient.

  • Ce qui ressemble aujourd´hui à un sabotage de l´école - suppressions de classes, réduction des effectifs enseignants et appauvrissement de la condition enseignante - ne suffit pas à caractériser la mutation historique de l´école. Celle-ci ne joue plus seulement une fonction dans le capitalisme, comme l´ont montré les analyses critiques des années 1970 : elle se plie de l´intérieur à la norme sociale du capitalisme. L´« employabilité» est le principe et l´objectif de la normalisation de l´école, de son organisation et de sa pédagogie. L´école devient peu à peu un système hiérarchisé d´entreprises productrices de « capital humain » au service de l´«économie de la connaissance ».

    Elle cherche moins à transmettre une culture et des savoirs qui valent pour eux-mêmes qu´elle ne tente de fabriquer des individus aptes à s´incorporer dans la machine économique. Les effets inégalitaires de la concurrence, la mutilation culturelle introduite par la logique des « compétences » ou la prolétarisation croissante du monde enseignant révèlent la perte d´autonomie de l´école par rapport au nouveau capitalisme et aux luttes des classes sociales autour de l´enjeu scolaire.

    Dans ce livre de combat et de théorie, les auteurs renouvellent la sociologie critique de l´éducation en inscrivant les mutations de l´institution scolaire et universitaire dans celles du capitalisme contemporain. Ils entendent ainsi donner à tous ceux qui se sentent concernés par cette problématique éminemment politique les outils d´analyse pour construire une alternative convaincante et résolue.

  • Du télégraphe au satellite, des grandes agences de presse aux bases de données, l'internationalisation et la multiplication des réseaux et des flux de communication n'ont cessé, au cours des deux derniers siècles, de déplacer les bornes de la planète : un bouleversement sans précédent dans l'histoire de l'humanité. C'est la genèse de cette communication-monde, indissociable de l'économie et de la société-monde qu'Armand Mattelart retrace dans ce livre, resté un ouvrage de référence depuis sa publication en 1992. Il montre ainsi tout ce que les institutions et les pratiques de la communication moderne doivent à la guerre, à ses méthodes de propagande et d'" action psychologique ". Et il s'interroge sur le rôle croissant de la " géofinance " et de la " guerre économique " dans les nouveaux réseaux d'information transfrontières : la communication-monde annonce-t-elle l'avènement d'une " culture mondiale " uniformisatrice, ou est-elle le prélude à une fragmentation culturelle de la planète ? L'autre originalité de ce livre est d'être à la fois une histoire des mots et des choses. Car en même temps que l'histoire des réseaux et des stratégies de leurs acteurs, il propose une histoire des idées, des théories et des doctrines successivement élaborées pour en rendre compte.

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