Sciences & Techniques

  • Avez-vous la bosse des maths, de la poésie ou de la peinture ? Cet inconnu présente-t-il la bosse du crime ou celle de la ruse ? Au XIXe siècle, certains savants peuvent répondre à ces questions. Et pour le prouver, ils tâtent des têtes de génies (Napoléon...), de criminels (Lacenaire...) et de fous. Leur théorie est vérifiée par l'examen de milliers de moulages et de centaines de crânes récoltés à Paris, à Londres, à Berlin, en Inde et en Océanie. Sûrs de leur bon savoir, les phrénologistes oeuvrent pour un monde meilleur, peuplé de génies, de criminels amendés et de fous guéris.
    Défendue par de nombreux médecins, politiciens et artistes, la phrénologie oscille entre science légitime et technique divinatoire, avant de tomber dans un discrédit total. Reléguée au statut de science occulte puis longtemps oubliée, elle semble actuellement renaître de ses cendres. Des neurobiologistes contemporains lui rendent justice d'avoir établi le principe des localisations cérébrales, et d'éminents scientifiques estiment qu'elle a été la première science de l'homme rationnelle. Qu'en est-il exactement ?
    La première édition de ce livre a reçu le prix du meilleur ouvrage de la Société française d'histoire de la médecine (2000). Cette nouvelle édition a été enrichie d'illustrations, augmentée et mise à jour par l'auteur avec une postface inédite.

  • Le compromis qui a longtemps assuré aux chercheurs le minimum d'indépendance vitale est mort. L'économie de la connaissance est dépendante des intérêts privés. Un plaidoyer pour la slow science auquel répond, en miroir, et à un siècle de distance, un brillant pamphlet du philosophe William James. Comme le
    fast food, la
    fast science, c'est vite fait, pas bon et pas très digeste ! Une économie spéculative - avec ses bulles et ses krachs - s'est emparée de la recherche scientifique : les chercheurs doivent intéresser des " partenaires " industriels, participer aux jeux guerriers de l'économie compétitive. Conformisme, compétitivité, opportunisme et flexibilité : c'est la formule de l'excellence. Mais comment poser publiquement la question d'un désastre lorsque l'on ne veut pas que le public perde confiance en " sa " science ? Les mots d'ordre comme " Sauvons la recherche " font consensus, alors qu'ils ne posent surtout pas la bonne question : " Mais de quoi faut-il la sauver ? "
    Ce livre montre que les chercheurs doivent cesser de se prendre pour le " cerveau pensant, rationnel, de l'humanité ", refuser que leur expertise serve à faire taire l'inquiétude de l'opinion, à propager la croyance en un progrès scientifique inéluctable capable de résoudre les grands problèmes de société. Et qu'ils auraient avantage à nouer des liens avec un public potentiellement intelligent et curieux, c'est-à-dire aussi à produire des savoirs dignes de cette ambition.

  • La découverte par Louis Pasteur des microbes dans les années 1870 fait partie des pages célèbres de l'histoire des sciences, et même de l'histoire de France. Loin des clichés et des mythes qu'elle a suscitées, Bruno Latour en propose dans ce livre une lecture originale. En étudiant le travail de Pasteur et des pastoriens entre 1870 et 1914, il montre comment la bactériologie et la société française se sont transformées ensemble. C'est ainsi l'invention proprement politique d'une science, d'un savant et d'une époque qui se trouve mise en évidence. Pasteur apparaît, dans les détails de son travail sur les microbes, comme un remarquable sociologue et comme un fin politique, puisqu'il parvient àajouter les microbes au corps social.

    Entre l'épistémologie, l'histoire et la sociologie des sciences, ce livre, initialement paru en 1984 (Éd. Anne-Marie Métailié), redonne aux grands hommes les forces minuscules qui les font grands et savants. Cet exemple, devenu classique en histoire sociale des sciences, invite à revenir sur la division entre rapports de force et rapports de raison, entre politique et savoir. C'est l'objet de la seconde partie du livre, qui se présente comme un petit précis de philosophie dans lequel l'auteur se propose de pratiquer, au lieu des réductions qu'impose la division entre science, nature et société, des irréductions. Celles-ci doivent permettre de rendre les sciences et les techniques moins opaques et peut-être moins périlleuses.
    En étudiant le travail de Pasteur et des pastoriens entre 1870 et 1914, Bruno Latour montre comment la bactériologie et la société française se sont transformées ensemble. C'est ainsi l'invention proprement politique d'une science, d'un savant et d'une époque qui se trouve mise en évidence. La seconde partie du livre se présente comme un petit précis de philosophie dans lequel l'auteur se propose de pratiquer, au lieu des réductions qu'impose la division entre science, nature et société, des irréductions.

  • Longtemps les gauches se sont crues en pays de cocagne : il fallait toujours faire croître le gâteau (PIB) avant de pouvoir le répartir plus équitablement. Il est maintenant évident qu'il n'est pas possible d'avoir une croissance infinie dans un monde fini. L'enjeu est donc d'apprendre à vivre beaucoup mieux avec beaucoup moins. La crise est l'occasion de démentir tous ceux qui rêvaient d'une société d'abondance. Apprenons à devenir des " partageux " ! Paul Ariès pulvérise avec brio les idéologies du progrès et de la croissance qui continuent à coloniser notre imaginaire.
    À partir d'un (re)lecture systématique de tous les courants des gauches (socialiste utopique, libertaire, chrétien, marxiste officiel et hétérodoxe), il revient sur le combat qui oppose depuis deux siècles gauches productiviste et antiproductiviste. L'effondrement environnemental peut être une chance pour inventer une gauche antiproductiviste et optimiste. Il montre également comment l'histoire sociale a été truquée : les milieux populaires ont toujours été antiproductivistes. L'enjeu est de réinventer l'avenir autour de l'idée de gratuité. Pourquoi payer son eau le même prix pour faire son ménage et remplir sa piscine privée ? Pourquoi payer son énergie le même prix pour une consommation normale et un gaspillage ?

  • Les histoires classiques de la chimie se partagent en deux périodes bien tranchées : un âge préscientifique, celui des alchimistes aux pratiques occultes et des artisans obscurs, puis un âge scientifique " sérieux ", qui voit la multiplication des lois et des découvertes, à la source d'immenses progrès techniques. Ce genre d'épopée positiviste, hérité d'un temps où la chimie était la science de pointe, paraît bien vieilli aujourd'hui. Peut-on encore écrire l'histoire de la chimie sans tomber dans les clichés traditionnels ? Cet ouvrage tente l'aventure : il présente la chimie comme une science en quête d'identité, hantée par la question de sa nature, de son rang dans l'encyclopédie. La chimie est une histoire, toujours en marche, jalonnée de spectaculaires conquêtes et de dures batailles pour la dignité et la reconnaissance. Une fresque pleine de surprises et de rebondissements, que les deux auteurs, s'appuyant sur des années de recherche, ont réussi à rendre passionnante, sans rien abandonner de la rigueur historique et scientifique.

  • De la philosophie de l'esprit à l'intelligence artificielle, en passant par les neurosciences ou la nouvelle linguistique, les sciences cognitives forment aujourd'hui une nébuleuse de disciplines qui participent d'un renouvellement radical de nos façons de penser la connaissance et le savoir humain. Mais contrairement à ce qui est souvent dit, ce bouillonnement intellectuel n'est que secondairement lié à l'essor spectaculaire et récent de l'informatique. Il trouve son origine dans la cybernétique, née aux États-Unis dans les années quarante, au sein d'une petite communauté de scientifiques, neurobiologistes, mais aussi philosophes, psychanalystes et économistes. Ce livre retrace cette histoire, jusque-là refoulée, qui conduit aux sciences contemporaines de l'esprit. On y découvrira en particulier la richesse des confrontations interdisciplinaires conduites au sein des fameuses " Conférences Macy ", où discutèrent notamment Von Neumann, Wiener, McCulloch, Simon ou Rosenblueth.

  • Allumons la radio ou la télévision, ouvrons la presse : qu'il s'agisse d'une catastrophe naturelle ou d'une grave épidémie animale, un expert est toujours convoqué, en personne ou par écrit, pour éclairer l'opinion du public. D'un côté il y a ceux qui savent et sont autorisés à la libre discussion des énoncés scientifiques ; de l'autre, il y a ceux qui ne savent pas et à qui on demande seulement de croire à ce que l'on dit être vrai. C'est ce clivage que ce livre met brillamment en cause.
    Le " public " est tantôt admiratif et béat devant les prouesses scientifiques, tantôt il est ce contre-pouvoir qui défie l'autorité des experts. L'opinion est perçue soit comme une masse amorphe, manipulable, soit comme une puissance souveraine. Tout aussi contradictoires sont les images de la science : tour à tour sérieuse ou aventureuse, menaçante ou rassurante, la science nous est présentée à la fois comme une autorité souveraine et comme une puissance de critique ou de rébellion contre l'autorité. Ces ambivalences ont des racines historiques qui remontent à l'origine grecque de la science occidentale.
    Ce livre, initialement publié en 2000 (éd. Synthélabo) et réédité en 2003 (Le Seuil), retrace les moments forts de la confrontation entre science et public. Chaque figure de la science se dessine en regard d'une figure correspondante de l'opinion : de la science "populaire" d'un Auguste Comte au XIXe siècle à la science "citoyenne" des conférences de consensus actuelles, on est tenté de dire que " la science a l'opinion qu'elle mérite "...

  • La fin du XVIIIe siècle marque une rupture radicale dans l'histoire de la pharmacie : des plantes médicinales, souvent liées à des pratiques médicales plus magiques que rationnelles, on passe progressivement aux médicaments, élaborés grâce aux techniques

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