Les Impressions nouvelles

  • La vie de Stéphane Mandelbaum est un mystère que tente de percer Gilles Sebhan dans ce nouveau roman. Mandelbaum, après de fulgurants débuts sur la scène artistique belge, fut retrouvé, à 25 ans, assassiné par balle et défiguré par l'acide, après le vol d'un Modigliani.

    Dans ce récit se mêlent la vérité des faits (Gilles Sebhan a rencontré les maîtresses, les amis, la famille du peintre) et une grande poésie. Et l'auteur fait rentrer ce peintre à la vie trop brève dans le panthéon d'artistes tels que Bacon, Basquiat, Pasolini ou Rimbaud.

    Gilles Sebhan est un écrivain français né en 1967. En grande partie autobiographiques, ses romans témoignent d'une réflexion sur la sexualité, la criminalité, les générations. On peut citer La Dette (Gallimard, 2006) ou Salamandre (Le Dilettante, 2014). Egalement professeur de littérature et d'histoire des arts, il a écrit deux récits biographiques d'écrivains : Domodossola ou le suicide de Jean Genet et surtout Tony Duvert, l'enfant silencieux (Denoël, 2010, pour les deux textes).

  • "Alors que j'étais psy dans une ville dorée, asphyxiée par un désespoir ambiant, sans pensée ni beauté, j'ai « lâché » mes patients, pour partir vers l'inconnu d'une ville blanche, où je me mettrais à chanter. Ce que j'ai vécu comme le passage, décrit par Kierkegaard, de l'éthique au religieux, acte de foi absurde, « en rien », sinon en la grâce de vivre. Où l'on apprend à vivre de presque rien, « comme l'oiseau des champs et le lys des vallées ». Où ce qu'on appelait l'amour devient reliance, non plus seulement aux humains, mais aux animaux, aux morts, au cosmos. On se met alors à écouter les oiseaux comme de vrais vivants, et, un instant, c'est le réenchantement du monde.
    Mais à la joie d'être là, dans la lumière, se mêle l'angoisse insoutenable d'avoir à mourir. Et sentir que « tout est plein de dieux », n'empêche pas, parfois, une solitude abyssale - un manque d'intime à en crier. Où l'amour reste à inventer, dans le tissage de territoires partageables, de singularité à singularité, rugueuses et irremplaçables. Sans illusion, mais faisant place à une autre façon de vivre l'absolu. Où l'amour amoureux, au lieu de nous fermer au monde, devient ouverture radicale. Où à travers quelqu'un, on finit par tomber amoureux du monde."

    Un texte délibérément inclassable, passant avec désinvolture de l'intime à la métaphysique, de Deleuze aux penseurs de l'Inde ancienne, et du récit à la poésie.

    Après avoir été comédienne, Sandrine Willems passe à la mise en scène et la réalisation, de fictions et de documentaires. Après quoi l'écriture de scénarios la conduit à la littérature. Elle publie des romans, puis des essais, où la question biographique est centrale - portant sur des personnages mythiques ou historiques, ou sa propre vie. D'un texte à l'autre se poursuit une interrogation sur les différentes formes de l'amour. Parallèlement, après un doctorat de philosophie, elle devient psychologue, et oriente particulièrement ses recherches sur les relations au non-humain, des animaux aux « dieux ». Originaire de Bruxelles, elle vit aujourd'hui à Montpellier.

  • Le livre de Stéphane Lambert traite un thème littéraire fondamental : le corps qui est le nôtre, le corps que nous sommes, le corps que nous devenons à travers les expériences que nous en faisons ou qu'il nous amène à vivre. Sans complaisance aucune, mais loin de toute hypocrisie et de toute provocation, Stéphane Lambert évoque ici une telle histoire où l'être sexuel du corps - homosexuel en l'occurrence - s'impose comme défi à la société. Histoire du moi et histoire du corps se croisent, de l'enfance à l'âge adulte, composée en creux d'un abus qui était aussi une vraie initiation au plaisir. Un livre cru et impitoyable, écrit dans un style classique d'une grande pureté et d'une précision sans faille qui renouvelle le genre de l'autobiographie.

  • Un petit sac de cendres devenues vers : les cendres de la Vie - des lectures faites un jour en un lieu et dans un état de pensée précis - les cendres des vies qu'on n'a pas vécues, qu'on ne vivra jamais et qui nous trottent parfois en tête comme si on les avait vraiment vécues - les cendres des heures passées : enfance, adolescence, musiques aimées...La poésie n'est pas du tout le feu que l'on croit parfois - le feu serait plutôt le temps. La poésie est plutôt ce qui rassemble les restes du temps, ce qu'il a bien consumé et qui s'est refroidi à force de rimes ou de strophes - pour se retrouver recueilli, parfum de temps, poussière de temps, dans le petit sac du poème.

    Rossano Rosi est né à Liège en 1962. Il vit et travaille à Bruxelles depuis plus de vingt ans, où, après avoir enseigné le français et les langues anciennes, il est devenu directeur d'école. Il a publié six romans (dont Hanska, en 2016, aux Impressions Nouvelles) et deux recueils de poésies, dont l'un a été couronné par le prix Marcel-Thiry. Il est membre du comité éditorial de la collection « Espace Nord ».

  • À 3 ans, Frédéric Sojcher fait connaissance avec un plateau de tournage et à 6 ans, il devient cinéphile. À 12 ans, figurant dans Préparez vos mouchoirs, il sympathise avec Patrick Dewaere. À 14 ans, il entame une correspondance avec François Truffaut.À 18 ans, il réalise avec Serge Gainsbourg et Michael Lonsdale un court-métrage, Fumeurs de charme. C'est un véritable conte de fée.À 23 ans, il tourne son premier long métrage... et le cauchemar commence. Le cinéma sera une suite de combats, aux issues incertaines.Dans ce récit sincère, sensible et souvent drôle, Frédéric Sojcher revient sur son parcours. C'est une ode aux actrices, aux acteurs et à toute l'équipe du film. C'est une initiation au cinéma, qui touchera ceux qui rêvent de pratiquer ce métier et d'entrer dans ce monde.Le Fantôme de Truffaut propose aussi une galerie de portraits attachants : Patrick Dewaere, Yves Mourousi, Arletty, Isabelle Adjani, Margaux Hemingway, Marie Gillain, Cécile de France, Benoît Poelvoorde, Maria de Medeiros, Micheline Presle, Frédéric Taddéï... Ces rencontres permettent de mieux comprendre ce qui se passe sur le plateau, dans la réalisation, dans la production et dans la promotion d'un film.

  • Fin des années 70. Un jeune français rend visite à sa soeur en Angleterre. Il découvre le punk, les pissotières, le pouvoir du graphisme de Neville Brody, et l'étrange ambiguïté des mots.Le garçon a onze ans au début de l'histoire, dix-sept à la fin. Il aura connu entre ces deux moments une foule d'excentricités tragi-comiques, découvert les désirs troubles des vestiaires pour hommes, rencontré des personnages mythologiques : Sid Vicious, Iggy Pop et William Burroughs, et tombera amoureux pour la première fois - d'un mystérieux voyou qui ne révélera que pour mieux disparaître.Gilles Sebhan, après deux essais consacrés respectivement à Tony Duvert et Jean Genet (Denoël), renoue ici avec le roman. C'est l'occasion pour l'auteur de revenir avec humour et sensibilité sur son adolescence et de retracer une époque singulière, de la vague punk au début des années 80.

  • Lorsqu'on lui propose de consacrer une exposition à Jean Genet, à qui elle avait autrefois dédié ses tout premiers travaux, l'auteure renoue avec une oeuvre qui l'obsède depuis longtemps. Organisé en séquences inattendues, le livre suit sa progression, pas à pas, dans les documents, les souvenirs, les rencontres et les anecdotes, dans une approche où la documentation cède le pas à la sensibilité. On chemine alors de photographies iconiques en anecdotes, de polémique en correspondances, de films en témoignage, pour aborder Genet à travers la voix et le regard des autres. Ainsi se constitue, en creux, le portrait d'un poète scandaleux et insaisissable.

    Écrivaine et commissaire d'exposition, Emmanuelle Lambert a rejoint l'IMEC (Institut Mémoires de l'édition contemporaine) après un doctorat consacré à l'oeuvre théâtrale de Jean Genet. Elle y a notamment travaillé avec Catherine et Alain Robbe-Grillet. À la mort de ce dernier, elle se tourne vers l'écriture et lui consacre son premier récit, Mon grand écrivain, publié aux Impressions nouvelles. Elle a publié trois romans, dont le dernier : La désertion chez Stock en 2018.

  • - 50%

    Un écrivain part rejoindre au Caire un ami photographe et découvre la fièvre puis le désastre du printemps arabe. Visitant des familles de jeunes gens morts au cours de la révolution, il retrouve le goût de l'engagement.Gilles Sebhan nous replonge ici dans l'enthousiasme de la révolution égyptienne qui a donné l'espoir d'un avènement démocratique. Nous conduisant dans les quartiers les plus populaires du Caire, il offre la parole aux anonymes qui deviennent des figures emblématiques d'un soulèvement mêlant violence et beauté. Cinq ans après ce printemps avorté, alors que les consciences ont déjà enterré ce mouvement d'espoir et oublié que le sol arabe pouvait être le lieu d'un renouveau, Sebhan vient rappeler que le feu couve peut-être encore sous les cendres.

  • - 44%

    Il y a le corps habillé entre les séances, et le corps nu qui s'arrête de bouger. Quand je monte sur l'estrade, je ne déshabille pas le premier. C'est plutôt comme enfiler un costume de scène. Quel est votre personnage ? Je suis le corps nu.Nos mots parlent de nos pensées, nos gestes expriment nos sentiments, nos vêtements disent nos goûts. Silencieuse, immobile et nue, je ne montre que ce qu'expriment mes poses. Elles ne révèlent rien de mon intimité. C'est en écrivant que je me déshabille.

  • Adolescent, Jérôme Peignot a refusé de serrer la main de Drieu la Rochelle. Plus tard, il a connu intimement ou simplement rencontré Paul Valéry et Blaise Cendrars, Colette et Aragon, Georges Bataille et Michel Leiris, Roland Barthes et Michel Foucault, mais aussi Matisse, Picasso, Chaplin, Poulenc et bien d'autres. Dans ce beau récit nourri de détails surprenants, il en donne des portraits en situation. C'est le film de toute une époque dont nous sommes les spectateurs éblouis.
    Portraits en miroir est une galerie de portraits vivants, saisis dans leur contexte par le regard myope de Jérôme Peignot qui se reflète dans les miroirs de sa mémoire. C'est une traversée du vingtième siècle par un auteur juvénile de quatre-vingt-dix ans. Une autobiographie indirecte qui se lit comme un vrai roman.

    Né en 1926, Jérôme Peignot est connu comme un grand spécialiste de la typographie, mais aussi comme romancier, poète et pamphlétaire. Neveu de « Laure », la compagne de Georges Bataille, il a publié ses Écrits en 1976 chez Jean-Jacques Pauvert. À partir de 1961, le monde de la radio fait appel à lui. Il a été un pilier du Masque et la Plume, avant de produire pour France Culture des émissions mythiques comme Les Chemins de la connaissance et Les nuits magnétiques. Il est notamment l'auteur de De l'écriture à la typographie (Gallimard) et de Typoésie (Imprimerie Nationale).

  • "Encore une fois ce rêve éveillé, toujours le même qui m'obsède. Prawieneské. Les arbres élancés, serrés les uns contre les autres, la terre blonde et rousse, le lac si tranquille. Ses yeux. Il va être fusillé. Il a trente ans. Vivre. Dernières secondes. Les mêmes gestes, au ralenti. Pointer le canon du fusil. Le nazi. Il vise. Deux coups. Mon père s'écroule dans la fosse comme un vulgaire paquet. Mon père jeté nu dans un trou plein d'eau. Nez contre terre. L'écho, interminable."Trente ans, mon père avait cet âge lorsque sa vie lui a été volée. Il me manque. Alors, j'ai eu besoin de mettre des mots sur cette douleur, d'attirer mon père dans un monde imaginaire pour que je puisse lui donner une place juste et réelle. J'ai voulu que l'écriture chasse la peur qui me hantait, non pas comme un médicament apaisant, mais comme une victoire contre le mal. J'ai souhaité que le mot remplace l'innommable."Regarder en arrière, quitte à me tordre le cou. Non, je n'ai pas peur d'être transformée en statue de sel. Mon fol espoir, ramener les morts à la vie. Mon inexpérience est totale. Je n'ai qu'une solution, m'arrêter sur les petites choses, les détails minuscules, fouiller les archives, traquer l'Histoire, aller sur les lieux, recoller les morceaux et me laisser entraîner par ce que je vais découvrir."Mireille Abramovici, née en 1944 en zone libre à Nice, enfant cachée dans la campagne française jusqu'en 1946. Depuis sa cinquième année, elle vit à Paris. Monteuse de films, réalisatrice de documentaires, enseignante en cinéma en France et à l'étranger. à l'encre rouge est son premier récit littéraire.

  • « En devenant psy, auprès de toxicomanes et d'alcooliques, qui par leur détresse et leur méfiance en appellent à un engagement assez radical, je découvris une forme de cet amour "élargi", pouvant accueillir "n'importe qui", auquel j'avais toujours aspiré. Dans le même temps, à relire tout ce que j'avais gardé, depuis mes dix ans, de mes correspondances et mes notes, j'en vins à réinterroger ma façon d'aimer. Or toujours c'était la même question, taraudante, sur ce qui peut mener un amour amoureux à devenir "religieux" - adorant, à travers un être, ce qui le dépasse. Entre essai et "journal spirituel", au fil d'une pensée qui se compose par fragments, ces Carnets de l'autre amour sont la trace de telles interrogations, sur ce qui relie, différencie, nourrit mutuellement, amour "thérapeutique", érotique et mystique. »Après avoir interprété différents rôles et mis en scène des pièces de théâtre, Sandrine Willems réalise plusieurs courts métrages et documentaires, puis publie une dizaine de fictions. Parallèlement, elle passe d'un doctorat de philosophie à une pratique de psychologue, auprès de patients toxicomanes et alcooliques. Elle élabore actuellement un projet de lieu thérapeutique, fondé sur le théâtre et la relation à des animaux. Dans cette optique, elle a publié un essai sur les thérapies accompagnées par des animaux, L'animal à l'âme (Seuil, 2011). Originaire de Bruxelles, elle vit aujourd'hui dans le sud de la France.

  • Il faut imaginer le choc quand on vient du pays de Simenon et qu'on arrive dans celui de Thérèse Desqueyroux.Quand on quitte Liège, une chambre un peu glauque, un ciel bas et gris, la pipe d'un commissaire, pour découvrir des vignobles à perte de vue, étincelants de lumière, dans l'air chaud de Gascogne ; une terrasse, où l'ombre de François Mauriac croise ses longues jambes sur son fameux banc.Un jour - c'était il y a près de trente ans -, un jeune homme quittait ce premier monde pour rejoindre l'autre, à rebours de son destin. Il n'aimait qu'une chose dans la vie, les livres. Pour eux, il était prêt à tout. Vraiment à tout.Ce qui ne fut d'abord qu'une manière de fuite en avant devint vite une quête. On l'accueillit généreusement à Bordeaux, où Mauriac endormi l'attendait.Mauriac, une certaine France, la bourgeoisie, Dieu, les romans, les journaux, la politique, et le domaine de Malagar.Malagar, où un jeune Liégeois, parfait petit socialiste, athée intégral, prolétaire à souhait, se retrouva et se trouva.Magie des lieux, mystère des contrastes, enchantement, au point qu'il n'ait plus de cesse que de vouloir y vivre, pour toujours.C'est cette histoire improbable que raconte ce livre, où l'on croisera quelques ombres du passé, surgies de leurs mots, entre chien et loup, au crépuscule d'un monde qui plaçait, alors, au-dessus de tout, ceux qu'on appelle les écrivains.Claude Froidmont est le pseudonyme d'un professeur de Lettres de Gironde. Il a publié plusieurs articles sur François Mauriac. Il publie là son premier livre. Un peu, si pas beaucoup autobiographique.

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