Arts et spectacles

  • Parce que l'étrangeté figurative déconcerte, elle est souvent reléguée au rang des bizarreries qu'on préfère tenir à distance. Enoncée sous de multiples formes, elle témoigne d'un imaginaire fécond où « fantasme » et « fantasmagorie » se conjuguent pour donner l'impulsion à une iconographie particulièrement déroutante et entêtante. En revisitant l'histoire de l'art classique et moderne, une telle iconographie se donne également à voir sous d'autres formes dévoilant des imaginaires complexes, débridés et tourmentés dont les figures, souvent rejetées par quelques contemporains, conservent aujourd'hui encore une opacité sémantique saisissante. Par exemple, Jérôme Bosch n'hésite pas à entrecroiser les images fantasmatiques inspirées, entre autres, des bestiaires antiques et médiévaux avec celles de la scientificité de la Renaissance. Dans une perspective proche, Francisco Goya expose un imaginaire travaillé par la maladie, les angoisses et les cauchemars, peuplé de démons et d'hommes aux visages déformés et aux postures animales. Dans un style certes différent de Bosch ou de Goya, les images alchimiques font également voir des figurations singulières où des formes mimétiques convenues côtoient des figures insolites. Loin de la description d'un monde fantasmagorique, les images alchimiques nous montrent non pas l'état émotionnel de leurs auteurs, mais la nature complexe de l'art que les alchimistes pratiquent. Ces représentations étant tributaires de connaissances très spécifiques, leurs analyses par des théoriciens du visuel sont plus rares, moins approfondies, et surtout, elles négligent l'aspect parfois déconcertant des figures représentées.

  • La francophonie est, partout dans le monde, caractérisée par le contact du français avec d´autres langues. Cet ouvrage présente un aspect particulier de cette rencontre des langues, à savoir la mixité langagière du cinéma francophone.

  • L'avenir de chaque personne est-il déjà tracé, ou bien complètement ouverts ? Quel rôle les individus tiennent-ils dans l'histoire collective ? Vers quel horizon l'humanité s'achemine-t-elle ? Les films de science-fiction développant la thématique du temps tentent de résoudre de telles énigmes liées aux devenirs collectif, familial et personnel. Dans cet ouvrage, l'auteure s'attache avec rigueur et originalité à montrer comment les péripéties temporelles d'une quarantaine de longs métrages de science-fiction s'inscrivent dans un contexte social et scientifique précis, celui de la modernité et de l'énonciation de la théorie relativiste. A la fois étranges et familiers, novateurs et triviaux, les possibles envisagés par la science-fiction sont profondément contemporains et nous enseignent que la mise en fiction est un mode de construction d'expériences et de savoirs.??Comment qualifier la procédure par laquelle le monde fictif du film entre en résonance avec le monde de la vie quotidienne ? A cette question qui préoccupe nombre d'analystes du cinéma, l'auteure répond par l'étude des mécanismes concrets de la mise en scène. C'est à la condition de s'intéresser aux contenus et à la forme des oeuvres mêmes, en deçà de leur production et de leur réception, que l'auteure estime échapper à toute interprétation qui apparente le cinéma à un simple reflet de la réalité.?

  • Cet ouvrage a pour objectif de présenter différentes dimensions du processus de construction identitaire d'étudiants et de praticiens spécialisés en enseignement de l'une ou l'autre des disciplines artistiques enseignées à l'école. Quatre chercheuses de trois universités, formatrices d'enseignants d'art dramatique, d'arts plastiques, de danse et de musique, se penchent sur plusieurs parcours de développement professionnel. En mettant en valeur la parole d'enseignants et d'étudiants, elles investiguent le concept d'identité, sous l'angle de sa construction dans le but de mieux la comprendre et d'en exposer ses fondements. Elles présentent des résultats de leurs recherches respectives et souhaitent interpeller le lecteur sur : son propre parcours ; ses questionnements ; ses projections ; ses inquiétudes et ses motivations en abordant la construction identitaire qui est exposée en quatre phases déterminantes : s'orienter, se construire, s'engager, concilier.

    L'ouvrage s'adresse aux futurs enseignants des arts, aux enseignants en exercice, aux enseignants-associés, aux chercheurs en éducation artistique, aux conseillers pédagogiques, aux formateurs universitaires ainsi qu'à toutes autres personnes intéressées par la question identitaire.

  • Ce livre conjugue des univers singuliers, met des mots sur des images, rend hommage aux inventeurs de l'impossible, souligne l'irrationnel de notre monde, salue la force des fragiles et nous invite à voir les mots et à lire les images d'un autre oeil.

    John R. Porter Président du conseil d'administration de l'Université Laval

  • L'un des plus grands peintres du Canada moderne, Jean Paul Lemieux a laissé une oeuvre imposante qui occupe une place à part dans le musée imaginaire mondial. Tout en présentant son univers d'une manière originale et accessible, ce livre souhaiterait aussi montrer en quoi cette peinture contribue à une meilleure saisie de la culture nordique et de la condition humaine.

  • « Mamie, faites-moi un bouquet... » Titre rappelant la prédilection de Conrad Laforte pour le symbolisme des fleurs dans la chanson médiévale se compose de témoignages et d'études multiples générées par l'oeuvre. Des auteurs européens et nord-américains y examinent les rapports historiques entre tradition orale et littérature, le passage de l'oral à l'écrit, et le rôle inspirant de la tradition pour les écrivains-conteurs et auteurs de chansons; ils réfléchissent sur la recherche de terrain, l'évolution de ses méthodes, ses résultats et la mise à disposition des archives; ils étudient encore des répertoires chantés et contés, ou proposent des analyses comparées de chansons types attestées en France, en Belgique et au Canada.

  • Dans cet ouvrage sont réunis les travaux du groupe de recherche Métropolisation et Société (MéSo) qui portent sur les questions de mobilité, de morphologie urbaine et de gouvernance métropolitaine. L'hypothèse d'une métropole formée d'axes de mobilité découpés par des pôles urbains multifonctionnels est ici posée. En prenant pour exemple l'un des axes de la métropole, l'axe Centre-Nord, qui relie le nord de Montréal aux municipalités de la couronne Nord en passant par le centre de Laval, les auteurs non seulement entendent revoir l'organisation spatiale de la région de Montréal mais ils se questionnent également sur la structure des déplacements et la configuration des lieux, notamment de ces espaces centraux périurbains qui sont à la fois des places commerciales, des pôles d'emploi, de nouveaux espaces résidentiels et des espaces publics ouverts et fréquentés. En prenant ainsi le pouls de la métropole, on se demande comment les planificateurs engagés aux échelles régionales et locales abordent la mobilité et cherchent à recomposer le territoire métropolitain. Les démarches de planification qui sont élaborées témoignent des représentations spatiales défendues par leurs auteurs. Elles sont projetées vers des scènes de débat où les acteurs de la société civile prennent le relais de ceux qui sont issus des organismes publics. Au constat d'une gouvernance métropolitaine ne panne se substitue l'hypothèse d'une gouvernance métropolitaine produite par le bas, négociée localement et ouverte à la participation citoyenne.

  • Longtemps, Simon Harel a vécu et travaillé à côté de la place Émilie-Gamelin, Il a parcouru ce zoo humain pour enfants orphelins, ce lieu de l'itinérance identitaire, cet envers tragique de la scène festive montréalaise. D'où ce livre doux-amer sur une place mal aimée, invitant à une série de méditations urbaines. L'entreprise n'est pas faite que de mots: l'artiste Boris Chukhovich propose une série de photographies sur les lieux stratégiques de notre univers citadin. Son regard extérieur sur les enjeux de pouvoir et de dépossession accompagne ainsi la pensée intérieure de l'auteur qui a refusé tout compromis pour penser le lieu et son mauvais génie. Et grâce à ce dialogue, nous pourrons peut-être commencer à mieux vivre la place Émilie-Gamelin. Enfin.

  • Journaliste d'opinion, Louis Cornellier fait flèche de presque tout bois, dans ses chroniques publiées d'abord dans l'hebdo lanaudois L'Action entre 2007 et 2011.

  • Le musée a cette faculté de rendre visibles des éléments de culte et de culture qu'il remet symboliquement en circulation en les insérant dans un récit habituellement nouveau. C'est d'ailleurs le propre du musée que de convoquer au regard des autres des objets souvent oubliés, que l'institution ramène en mémoire publique par leur mise en espace, laquelle se trouve, à son tour, structurée par un récit. Or, c'est effectivement ce rôle qu'a joué l'exposition Mémoires pendant plus de quinze ans au Musée de la civilisation, en traitant de l'identité culturelle des Québécois.

    Muséologues et des chercheurs de diverses disciplines ont été conviés à réfléchir au rôle de Mémoires que l'on peut qualifier d'exposition de référence. Les 19 textes réunis dans ce collectif sont issus de leur travail commun et dépassent largement l'exposition Mémoires. Il y est notamment question d'une période-charnière de l'histoire de la muséologie québécoise et cana­dien­ne. En ce sens, ce recueil propose une réflexion critique sur les différentes fonctions des expositions permanentes, sur le rôle social des musées et sur les responsabilités des musées à l'égard de la mémoire collective.

  • Malcom Reid raconte l´oeuvre poétique de Leonard Cohen. Cette poésie était comme aucune autre. Elle était satirique, caustique, tendre, sensuelle. Elle influençait les jeunes Montréalais qui vivaient en marge de la société de consommation. Et les jeunes, eux, ont fini par influencer la poésie de Cohen, qui était leur aîné d´à peine quelques années. Entièrement illustré .

  • Comment la peinture vint-elle au Québec ? Cet ouvrage décrit plusieurs étapes, allant de la collection des oeuvres sous le régime français à la création moderniste du XXe siècle. La conquête de l'originalité est le plus grand défi survenu en cours de route.??Deux perspectives sont proposées : la peinture comme objet de prestige, la peinture comme institution. Lorsque peinture signifie tableaux, des lieux de culte, un marché, des collections et finalement des galeries et des musées s'organisent autour d'elle. Lorsque peinture signifie peindre, son essor est lié au nombre : pour quelques peintres élus, beaucoup doivent être appelés. Ces pages retracent l'avènement d'un corps de métier qui a décoré tant d'églises, restauré ou copié tant de toiles anciennes et fait tant de portraits??Devant sa matière étendue, cet aperçu a pour but d'initier le lecteur aux points saillants et de l'inviter à la découverte.

  • Guerres exogènes ou conflits endogènes, famines, catastrophes naturelles, esclavage, exploitations, dominations, humiliations : ces traumatismes partagés sont érigés en un patrimoine qui, pour douloureux qu'il soit, n'en n'est pas moins présent dans la construction mémorielle d'une communauté. Les traumatismes du passé constituent un héritage que les descendants des victimes d'hier portent désormais moins comme un fardeau et plus comme patrimoine identitaire qui légitime les demandes de reconnaissance et de répartitions. Or, cette patrimonialisation est accompagnée par l'affirmation du témoin au dépens de l'expert et par la montée de la mémoire, qui occupe la place jadis dévolue à l'historien, producteur du récit légitime. Les acteurs se réfèrent au passé non plus seulement pour construire leurs identités et leur existence dans la durée, mais surtout pour justifier leurs revendications contemporaines. Ainsi, les frontières entre le passé, le présent et le futur semblent se brouiller, voire disparaître et donner place au présentisme.

    Sous la direction conjointe de Vincent Auzas et de Bogumil Jewsiewicki, ce collectif permet d'examiner comparativement les mécanismes et les processus d'émergence et de construction des traumatismes collectifs du passé à titre de patrimoine immatériel. Il réunit les textes présentés lors du 2e colloque annuel de l'Institut du patrimoine culturel, tenu dans le cadre de l'ACFAS, à Trois-Rivières, les 7 et 8 mai 2007.

    Contributions de :
    Ana Lucia Araujo, Vincent Auzas, Michèle Baussant, Sophie Beaudoin, Jhon Picard Byron, Emmanuelle Danchin, Claudia Florentina Dobre, Constantin Dobrila, Patrick Garcia, Sarah Gensburger, Bogumil Jewsiewicki, Helène Levesque, Dimitri Nicolaïdis, Henry Rousso, Giovanna Trento et Olha Ostriïtchouk Zazulya.

  • La façon de concevoir l'espace et les déplacements ne se révèle pas uniquement en scrutant des plans et des cartes : cela exige de saisir l'imaginaire sous-jacent, la représentation de ce qu'est et devrait être la ville, la banlieue ou la campagne, les identités spatiales et l'appropriation de l'espace, dans leur dimension de mémoire et de projet. Les oeuvres de création et en particulier le cinéma de fiction présentent un imaginaire, une vision de l'espace habité et habitable. L'imaginaire de l'espace dans le cinéma québécois est ici exploré dans un itinéraire partant des espaces habités (la ville, la banlieue et la campagne), pour aboutir aux espaces identitaires en passant par les espaces de déplacement et de circulation, la place publique et l'espace public.

  • La question des tendances en muséologie se révèle d'une grande actualité tant les changements et les mutations se bousculent depuis deux décennies dans l'univers des musées et des patrimoines. Ceux qui suivent de près l'actualité dans les médias électroniques sont à même de constater que les musées sont en voie de se métamorphoser avec la multitude de transformations qui touchent à la fois la nature des collections, l'élargissement de la notion de patrimoine muséologique, les nouveaux problèmes de conservation et les nouvelles formes de médiations. Dans la même perspective, la multiplication des politiques patrimoniales suscite des changements profonds qui n'étaient pas anticipés il y a deux décennies.



    Nous avons convié des chercheurs et des praticiens du Québec, du Canada, de la France et de la Belgique provenant de différentes disciplines afin de partager leurs travaux et leurs réflexions sur les grandes tendances qui transforment l'univers du monde muséal. Ces diverses tendances se structurent autour de trois grands thèmes qui soulèvent des questions : " Nouvelles muséalisations : nouvelles muséologies ? ", " Nouveaux enjeux : nouvelles perspectives pour l'objet muséal ? " et " Musée, muséologie : quel avenir ? "

  • Que garder du bushido dans la société nouvelle ? Comment honorer les doctrines équilibristes du shintoïsme à l'ère du capitalisme accéléré ? Que faire des conceptions étendues de la famille à l'heure où celle-ci doit se recentrer en noyau nucléaire ? La question de la transmission traverse tout le cinéma japonais.

    Nous aider à saisir le rythme poétique japonais, les enjeux politiques et révolutionnaires sous-jacents à ce cinéma surcodé, dont les clés sont moins l'affaire d'une élite bourgeoise que celle d'une culture radicalement transformée, c'est ce à quoi Claude Blouin s'est consacré.

  • Les questions d'aménagement urbain préoccupent le mouvement communautaire de longue date. Les luttes face aux grandes opérations réalisées à l'échelle de quartiers entiers ont fait place à des interventions chirurgicales à l'échelle du site, engagées dans une logique partenariale et conduites sans entamer l'autonomie des acteurs communautaires. La vision « du quartier » s'impose et le programme de revitalisation urbaine intégrée (RUI) de Montréal se situe tout à fait dans ce courant de délégation vers le local et de mise en délibération publique des projets d'aménagement.

    Dans ce recueil, les termes de revitalisation urbaine et de concertation de quartier sont croisés afin de saisir ce curieux amalgame de partenariats institutionnalisés et d'engagements communautaires, de concertation de quartier et d'interventions portées à même l'espace vécu des résidents. Des contributions de chercheurs et d'acteurs du milieu sont ainsi réunies afin de rendre compte des expériences de revitalisation urbaine à Montréal (RUI), d'en expliquer les démarches et d'en approfondir les facteurs constitutifs. Quatre axes thématiques sont développés : le territoire et la concertation; les acteurs et le programme RUI; les pratiques et leurs effets; les dispositifs recherche université-communauté.

  • Certains êtres, par une série de circonstances, en arrivent à réunir en eux les grandes tensions qui colorent leur temps. C'est le cas de Ludger Larose, un bourgeois qui fréquentait les membres du Parti ouvrier, un nationaliste canadien-français qui se déclarait athée lors du recensement de 1901, un esprit moderne qui enseignait le dessin selon les méthodes académiques françaises, un artiste peintre qui arborait des valeurs universalistes. Il en paiera doublement le prix. Pour ses contemporains, son association à la franc-maçonnerie lui vaudra le congédiement. Aux yeux de la postérité, cet artiste engagé aux idées progressistes aurait commis l'irréparable en produisant un « art académique ».

    C'est ainsi que, dans l'historiographie, on persiste à dire que les artistes du tournant du xxe siècle étaient déchirés entre la peinture et la nécessité de gagner leur vie et que cet écartèlement a eu un effet néfaste sur leur production esthétique.

    Toutefois, pour qui découvre la pensée et l'oeuvre de Ludger Larose, et observe ses gestes et ses actions, le doute s'installe. Agissait-il par obligation ou avait-il pris la décision consciente de participer, comme d'autres intellectuels ou artistes de sa génération, à la mise en place d'un véritable milieu d'art en sol canadien ?

  • Cet ouvrage vise à faire connaître les intentions de création d'artistes de théâtre dont les spectacles ont été présentés lors de la Biennale Zones théâtrales 2015. Il s'adresse tant au public qui suit avec attention l'évolution théâtrale de la francophonie canadienne qu'aux artistes professionnels et aux diffuseurs qui y participent. Conçue au sein du Centre national des Arts, sous la direction artistique de René Cornier, cette biennale a constitué un témoignage de la richesse de créateurs et de l'imaginaire collectif de ce contexte. Pour nourrir le dialogue avec les artistes qui y ont pris part, un ensemble de chercheurs et d'auteurs passionnés de théâtre ont accepté de les rencontrer et d'écrire à partir de ce qu'ils avaient à dire parce que trop peu d'écrits documentent les processus de création qu'ils ont mis en oeuvre. C'est ainsi que chacun des chapitres de cet ouvrage permet de mieux com- prendre les sous-textes des spectacles et des lectures présentés lors de la biennale 2015 et d'en saisir la portée artistique et sociale.

  • Dans ce volume collectif, nous examinons le profond enchevêtrement de l'espace et du pouvoir dans les paysages locaux, dans les vies individuelles, et sur les scènes nationale et mondiale. Les luttes pour l'espace marquent et définissent les subjectivités incarnées du soi et de l'autre, ainsi que les espaces matériels et imaginés. Nous cherchons également à dépasser les barrières linguistiques, les frontières nationales, les catégories conceptuelles, les communautés et les silences, afin de relire des textes et des auteurs canoniques tout en écoutant de nouvelles voix et en capta nt des performances d'espaces contestés qui sont nouvellement reconnues ou inscrites dans la mémoire collective.

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