Publications de l'École française de Rome

  • Le marché des matières premières dans l'Antiquité et au Moyen Age Nouv.

    Métaux, pierres et autres matériaux de construction, roches nobles, bois, textiles, cuirs, sel, matières tinctoriales, etc., les matières premières, brutes ou issues d'une première phase de transformation, n'ont pas été peu nombreuses, dans l'Antiquité et au Moyen Âge, à circuler sur des petites et moyennes distances, quand elles n'ont pas entrepris de longs voyages. Pour la première fois, un ouvrage est consacré à un trafic qui fut une composante à part entière des économies anciennes, gréco-romaine et médiévale. À travers de nombreuses études de cas et des synthèses ciblées, sont examinées les conditions dans lesquelles s'est développé un marché des matières premières, ses acteurs, publics comme privés, et, à travers eux, les réseaux qui ont été mis en place pour assurer, à diverses échelles géographiques, l'approvisionnement en produits autres qu'alimentaires mais de première nécessité.

  • Entre l'Ancien Régime et le xxe siècle émerge et s'affirme un pouvoir formidable, que nous connaissons sous le nom d'administration. Ce processus se développe notamment dans le contexte des empires européens des époques moderne et contemporaine : le sens du mot administrer évolue alors que s'affirme la nécessité de gouverner des espaces multiples et hétérogènes, proches et lointains. Ce livre propose de remonter aux sources puis de suivre la trace de cette raison administrative et de son affirmation au cours d'une chronologie habituellement associée à l'histoire de l'État, ici au second plan. Historiens et historiens du droit réfléchissent ici à l'administration à partir de l'étude de cas concrets, inscrits dans des contextes chronologiques et spatiaux différents, ainsi que dans des cultures politiques et juridiques fortement diversifiées. Ce dialogue entre plusieurs horizons historiographiques constitue dès lors une tentative de saisie des logiques administratives à bonne distance des téléologies traditionnelles, depuis l'analyse des institutions étatiques et des dynamiques centres-périphéries, vers les redéfinitions de la podestas et l'exercice du commandement à l'échelle locale.

  • Ce livre aborde l'art funéraire du XIIIe siècle par un biais original. Il s'intéresse à la manière dont les Frères Prêcheurs et Mineurs ont traité les sépultures de papes et de cardinaux dans leur discours, à la fois littéraire et monumental, entre 1250 et 1304. L'analyse des tombes de prélats situées dans des églises mendiantes, réparties entre l'Italie et la France, révèle une intervention des frères dans les choix d'emplacement, de forme et d'iconographie. Il ressort ainsi de l'enquête que les Frères Prêcheurs ont eu une politique de leur espace davantage planifiée que les Frères Mineurs, puisqu'ils n'acceptèrent dans le choeur de leurs églises que les sépultures de prélats appartenant à l'ordre, surmontées d'une plate-tombe. De leur côté, les Frères Mineurs ont construit un discours original sur leur rôle dans l'accompagnement des mourants, à la fois dans l'iconographie et dans la littérature homilétique. Enfin, ce livre accorde une place importante aux procédés mis en oeuvre par les mendiants pour « créer » des saints parmi les prélats qui étaient issus de l'ordre ou qui en étaient des bienfaiteurs.

  • À mesure que le déclassement a été perçu comme un problème contemporain, il est devenu un objet de premier plan pour la sociologie des inégalités et, dans une moindre mesure, pour les études historiques qui ont privilégié les formes de mobilité ascendante, celles qui sont aussi les plus productrices de sources. En prenant en compte l'Ancien Régime tout en englobant le moment révolutionnaire, cet ouvrage collectif observe, à partir des terrains français et italiens, le phénomène du déclassement dans le cadre d'un ordre hiérarchique, rigide, pensé comme naturel donc immuable, mais qui n'était pas immobile, alternant des périodes de plus ou moins grande ouverture ou fermeture, mais aussi dans une phase de rupture, de transition et de redéfinition où la perte de statut et de fortune a pu s'accompagner d'opportunités de reclassement. Les études ici réunies ont été guidées par un questionnaire commun : montrer la difficulté d'appréhender des situations de déclassement où se mêlaient, selon des degrés variables, appauvrissement, déshonneur, déchéance morale ; restituer la parole - rare - des acteurs historiques sur leur expérience du déclassement ; montrer la difficulté de mesurer le déclassement à partir de marqueurs objectifs tant il s'agissait d'un phénomène relatif, parfois paradoxal, conditionné par un environnement social lui-même mouvant ; envisager le déclassement comme un processus en s'attachant à l'interprétation de trajectoires personnelles et collectives ; interroger, enfin, le rôle joué par l'État dans l'ordonnancement des frontières sociales.

  • Les hommes du Moyen Âge, pour racheter leurs péchés, multipliaient les dons aux monastères qui accumulèrent d'importants patrimoines. Le livre oppose deux monastères vénitiens, l'un rural situé sur la frontière lagunaire, La Trinité de Brondolo, l'autre, urbain, placé au coeur du pouvoir politique, San Giorgio Maggiore. San Giorgio a multiplié les donations, La Trinité a entrepris une audacieuse politique de mise en valeur de la Lagune et pour obtenir le produit des dîmes, s'opposa à la noblesse campagnarde et à la paysannerie. Sous le poids des procès, le monastère s'endetta et le pape en confia la gestion aux Cisterciens, jusqu'à sa destruction en 1380. Le monastère de San Giorgio subit aussi la crise au XIVe siècle, le mouvement de réforme rassembla les monastères bénédictins dans des congrégations, sous le patronage de l'abbaye de saint Benoit et sous l'autorité du pape. La Congrégation instituait la solidarité financière entre ses membres sollicités de contribuer aux finances pontificales et aux guerres contre les Turcs. Le monastère a alors recouru aux instruments de crédit mis au point dans une république marchande. Ayant appelé les plus grands architectes, Palladio et Longhena, pour reconstruire ses bâtiments et les embellir, à la chute de la République il disposait d'un patrimoine immobilier considérable.

  • L'Aventin, la plus méridionale des collines de la Rome antique, a joué un rôle singulier dans l'histoire de la cité et dans la formation de son espace urbain. Ce postulat était au coeur de la monographie qui lui fut consacrée par Alfred Merlin en 1906. Depuis, les connaissances sur l'histoire de cet espace urbain ont considérablement avancées, aussi bien du point de vue théorique, avec les renouvellements de l'histoire urbaine de Rome, que du point de vue des méthodes d'analyse des sources disponibles sur le sujet. En outre, ce corpus documentaire s'est considérablement enrichi, en particulier grâce au travail accompli ces vingt dernières années par les différents services archéologiques chargés des fouilles sur la colline. L'ensemble de ces éléments justifiait une nouvelle étude de cet espace de la Ville de Rome. Concentrant l'enquête sur la période qui s'étend du IIe s. av. au Ier s. apr. J.-C., l'auteur propose d'interroger les singularités de l'Aventin telles que nous continuons à les appréhender depuis les travaux d'Alfred Merlin - en particulier son image de « colline par excellence de la plèbe » -, mais aussi d'en dégager de nouvelles. À cette fin, le présent ouvrage se structure autour de trois dossiers thématiques étroitement articulés. Identifier les éléments qui définissent les confins territoriaux de l'Aventin ; étudier ses caractéristiques socio-urbaines et les confronter à l'image plébéienne de la colline qui s'élabore au cours de cette période, et enfin, étudier la cartographie religieuse et certaines fonctions spécifiques qui s'organisent autour de ses sanctuaires : tels sont les principaux thèmes qui structurent cette histoire discontinue du mont Aventin.

  • Cet ouvrage collectif est le résultat d'un programme de recherche de quatre années consacré au siège épiscopal de Mariana (Lucciana, Haute-Corse). Après une présentation de la colonie romaine fondée au début du Ier siècle avant notre ère, sont exposés les résultats de l'étude archéologique de cinq édifices de culte chrétien (la basilique paléochrétienne intra-muros et son baptistère, la basilique suburbaine, la cathédrale romane ainsi que l'église San Parteo), des résidences épiscopales successives ainsi que du territoire de cet ancien évêché. Bien que l'agglomération abandonnée de Mariana ait fait l'objet de deux programmes de recherche par le passé (1958-1967 et 1998-2007), de nombreuses questions restaient posées. La relecture systématique des vestiges dégagés anciennement, l'étude des constructions conservées en élévation, le réexamen des mobiliers archéologiques et les datations par le radiocarbone permettent aujourd'hui de répondre à une partie de ces interrogations. On peut ainsi proposer de nouvelles interprétations et une chronologie plus précise de ce centre du pouvoir d'un intérêt majeur pour l'histoire de la Corse. Au-delà, une mise en perspective de cet ensemble au destin si singulier amène aussi à porter un autre regard sur l'ancienne colonie de Mariana et sur sa place dans le contexte de la Méditerranée occidentale entre le Ve et le XVe siècle.

  • Aux XVIe et XVIIe siècles, l´île de Malte, propriété de l´Espagne et confiée en 1530 à l´ordre militaro-religieux des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, devient un lieu privilégié d´affrontements entre les rives chrétienne et musulmane de la Méditerranée. Après des épisodes militaires marquants (la razzia de 1551 et surtout le « Grand Siège » de 1565) ainsi que des fortifications intensives (notamment la construction de La Valette, cité utopique réputée imprenable), l´île incarne à la fin du XVIe siècle la frontière par excellence de la chrétienté face à l´Islam. Au siècle suivant, son épanouissement en tant qu´île-frontière est symbolisé par l´essor de la guerre de course, qui maintient l´affrontement avec les « Infidèles » tout en favorisant l´émergence, puis le développement de contacts commerciaux avec la rive ennemie pour l´écoulement des butins et des esclaves. Le développement multiforme des contacts humains et marchands est alors en permanence contrôlé et régulé par les autorités politiques et religieuses (l´Ordre, le Saint-Office, le clergé insulaire), soucieuses de maintenir intact le sentiment d´un contraste entre les civilisations que semblent effacer les associations commerciales qui transcendent les appartenances nationales ou confessionnelles. Ce singulier équilibre entre ouverture économique et clôture religieuse et mentale contribue alors à façonner une société originale, qui apparaît porteuse de la dualité inhérente aux frontières, c´est-à-dire à la fois ouverte, cosmopolite, et profondément hostile à toute différence religieuse.

  • La réalité juridique de l'esclave à Rome et l'approche économique de l'esclavage ont longtemps figé nos représentations de la place de l'esclave dans la société romaine. C'est l'objet de cet ouvrage, à partir de la confrontation des sources littéraires et de la riche documentation épigraphique, iconographique et archéologique de Rome, du Latium et de la Campanie, du Ier siècle avant notre ère au IIIe siècle ap. J.-C., que de proposer une réévaluation de la situation de l'esclave sous l'angle de sa participation à la vie religieuse, en réfutant l'idée d'une exclusion induite par le modèle de la religion civique. En interrogeant les modalités d'accès des esclaves aux pratiques religieuses, leur participation aux sacrifices publics, aux cultes des uici, des collegia, de la familia, l'ouvrage pose la question de la nature de leur engagement, de leur initiative, voire de leur autorité dans le cadre d'une religion ritualiste, où les obligations sont conditionnées par le statut, mais où, pour les esclaves, la sociabilité joue un rôle fondamental. S'il n'y a pas de religion propre aux esclaves, c'est bien parce que chacun est à même de participer à la vie religieuse des structures romaines en vertu de l'enchevêtrement des réseaux auxquels il appartient.

  • La papauté connaît, entre XIVe et XVIIe siècle, des évolutions remarquables qui coïncident avec l'affirmation de l'État en Europe occidentale. La recherche collective internationale dont le présent volume se veut l´écho, aspire à renouveler ce sujet historiographique déjà amplement labouré. Elle tente tout d´abord d´être un pont dressé entre les continents médiévaux et modernes, trop souvent isolés. Elle s´efforce ensuite d´enrayer une tendance traditionnelle à l´analyse distincte que l'on fait de la Curie et de l'État, de la ville de Rome, d'Avignon et des territoires placés sous la souveraineté temporelle du souverain pontife. Le thème retenu a été celui de la difficile et complexe notion de charge publique et d´office, du service du prince au service de l´État et de l´Église. Cette approche ciblée repose sur des études institutionnelles, biographiques ou prosopographiques et permet d´approfondir de manière inédite et originale nos connaissances de cette forme de pouvoir unique qu´est la papauté médiévale et de l´âge moderne.

  • La statue de Giordano Bruno dressée sur le Campo de Fiori, le procès de Galilée dont la mémoire est toujours présente à travers le théâtre ou les débats de l´Académie pontificale des sciences disent assez combien le destin de la Rome des XVIIe et XVIIIe siècles a été négativement associé à celui de la science moderne et de son avènement conflictuel. Les études réunies dans ce volume, résultat d´un programme collectif de recherche sur la genèse de la culture scientifique européenne, entendent apporter une nouvelle contribution non seulement au dossier de la révolution scientifique en milieu catholique, mais plus largement à celui des relations que chaque société entretient avec les acteurs et la production du savoir et de la science. La focale mise sur Rome, comme milieu social spécifique, comme capitale de la catholicité et comme centre d´une monarchie pontificale en profond renouvellement entre XVIe et XVIIIe siècle, permet de discuter les paradigmes classiques d´une historiographie qui a trop hâtivement relégué le milieu romain à la marge de toute forme d´innovation savante. Il s´agit aussi d´ouvrir de nouvelles pistes de réflexions et de nouveaux chantiers sur les diverses configurations socio-intellectuelles au sein desquelles le travail savant a continué à faire de Rome un centre actif de travail et de production de savoirs.

  • Inaugurée en 113 après J.-C., la colonne Trajane, seul élément intact du somptueux Forum de Trajan, est, depuis le XIXe siècle, au centre de débats quant à la lisibilité de ses deux cents mètres de bas-reliefs relatant les guerres daciques. Les qualificatifs à son endroit allant de « sommet de l'art romain » à « échec artistique », il a semblé nécessaire de faire le point historiographique sur ce monument, puis d´examiner la frise dans ses structures iconographiques (lecture horizontale, mais aussi lecture verticale appuyée sur un relevé photographique intégral), optiques (théorie de la vision antique) et idéologiques, puis de confronter ces analyses à l´environnement spatial et politique du monument. À partir des documents contemporains (textes, monnaies, archéologie, art, faits religieux, etc.), est proposée une synthèse qui dresse le portrait de Marcus Ulpius Trajanus, considéré par ses contemporains comme l´Optimus Princeps. Cette « Rhétorique de l´Excellence » s´appuyait sur des comparaisons délibérées avec les empereurs antérieurs (citations architecturales et statuaires aux Forums adjacents), établissait un lien privilégié avec Alexandre le Grand, César et Hercule, enfin affirmait la supériorité historique de Rome sur l´Empire : l´origine géographique des matériaux employés sur le Forum et leur disposition spatiale témoignaient ainsi de la maîtrise du monde et de la prospérité générale née des conquêtes. Trajan apparaît en définitive comme un Prince complexe, aussi soucieux de son image politique qu´Auguste et qui demeura pour les Romains son égal. « Plus heureux qu´Auguste, meilleur que Trajan », s´écriait le Sénat au 4è siècle lors de l´avènement d´un nouvel empereur...

  • Jusqu'à présent, les historiens de Venise se sont intéressés au groupe des cittadini en raison de la place tenue par les "citoyens originaires" dans la bureaucratie de la République. On se propose ici de dépasser cette image incomplète et schématique d'une noblesse de robe pour saisir, à l'aide de sources émanant d'institutions très différentes, les divers aspects du groupe des "citoyens". Le portrait collectif qui en résulte est complexe, parfois même contradictoire : le XVIe siècle constitue en effet un moment décisif où à l'ancien statut juridique des cittadini se substitue une identité "citoyenne" de plus en plus sociale, fondée sur l'honorabilité. La part féminine des groupes sociaux d'Ancien Régime est très rarement prise en considération par leur définition et leur statut. C'est particulièrement vrai quand il s'agit de citoyenneté, à cause des implications politiques du concept, même si celles-ci sont purement théoriques, comme dans le cas vénitien. Pourtant, dans les statuts urbains, les femmes de la ville font l'objet de normes légales régulièrement renouvelées qui réglementent leurs dots et veillent, par la même occasion, à la conservation des richesses de la cité. Mettant en évidence le fonctionnement de cette législation et utilisant les sources qui en dérivent, cette étude s'attache à placer en regard l'histoire des citoyennes et celle des citoyens dans la Venise de la première modernité.

  • Justicia est anima civitatis : les vingt-deux contributions rassemblées ici tentent de rendre aux villes une composante fondamentale de leur identité, l´exercice de la justice, tel qu´elles le revendiquent dès que le droit urbain prend corps à partir du XIIe siècle. De la Flandre à l´Italie du Nord et du Centre, la fameuse « Urban belt » de l´Europe ancienne a constitué le champ privilégié de cette recherche pour laquelle les historiens et les historiens du droit ont échangé leurs points de vue. Entre 1200 et 1500, des évolutions chronologiques parfois différenciées ont permis de cerner les transformations du droit écrit et le développement dynamique des nouvelles procédures. En favorisant le pénal, la question a été de comprendre quelles possibilités ont été offertes aux justiciables pour user de différents modes de résolution des conflits et comment les gouvernants des villes ont pu instituer des politiques judiciaires de type étatique. La justice est ainsi apparue comme un pan du lien politique et social des milieux urbains.

  • Entre le début de notre ère et les années 260, l´appartenance à une association professionnelle, cultuelle ou funéraire a présidé à la définition du rang social de nombreux habitants de l´Italie et des Gaules romaines. Aussi ce livre porte-t-il au jour la place que les membres des associations romaines, les collegiati, occupaient dans leurs sociétés. L'appartenance à un collège faisait naître un sentiment de respectabilité, et permettait parfois d'acquérir un réel prestige. Cette respectabilité et ce prestige résultaient de l´insertion des associations dans les cités : le rang de collegiatus était de nature civique. L´association correspondait à l'un des groupes dans lesquels les collegiati nouaient des relations interpersonnelles, et l'interaction de ces multiples appartenances déterminait leur position sociale. Toutefois, le rang des collegiati, tel qu´il apparaît dans les sources disponibles, n'est pas une donnée objective. Il est au centre d'un discours épigraphique construit par les collegiati eux-mêmes. Les membres des associations se plaisaient à décrire leurs destinées comme des réussites. Cependant, leurs discours comportent des omissions, et des pans bien choisis du réel côtoient fréquemment l'exagération, la métaphore ou le fantasme.

  • Les notions de conquête ou d´acculturation constituent-elles des concepts opératoires capables de dégager la signification historique du parc balnéaire africain ? Ou faut-il repenser les processus d´hellénisation et de romanisation, notamment pour établir une périodisation de l´histoire maghrébine dans laquelle les thermes peuvent s´intégrer, mais qu´ils contribuent aussi à définir ? N´y a-t-il pas là matière à réfléchir sur la « crise du IIIe siècle » ou à remettre en cause l´idée d´une rupture liée à la « conquête vandale » ? Comment interpréter la typologie des édifices ? Que révèlent les nombreux bains asymétriques ou l´équipement des sources thermales et des demeures ? Quelle corrélation établir entre les monuments les plus prestigieux, de plan symétrique, et le dynamisme relatif des différents pôles économiques et politiques de l´Empire ? En quoi les thermes de plan semi-symétrique sont-ils symptomatiques des relations entre l´Afrique et l´Italie et en quoi rendent-ils compte des mécanismes de l´évergétisme et de la construction privée ? Quel est le rôle des thermes dans la cité ? Comment s´insèrent-ils dans l´urbanisme et dans la vie politique, en tant que lieux de rassemblement et de propagande ? Qu´en est-il de la permanence des activités sportives ? Comment s´organisent les chantiers, véritables laboratoires de formes architecturales, qui procèdent à l´érection des grands thermes ? Dans quelle mesure les thermes, microcosmes et scènes du pouvoir, offrent-ils aux luttes idéologiques un terrain de prédilection pour s´exprimer ? Telles sont les questions fondamentales et variées auxquelles la présente étude fournit des réponses qui outrepassent son strict cadre géographique et chronologique en s´appuyant en outre sur un catalogue archéologique et un corpus épigraphique rassemblés et harmonisés pour la première fois. Les notices des bains publics et privés, fondées sur une définition rigoureuse du vocabulaire, et les planches, réalisées selon un jeu d´échelles cohérent (1 : 500 ou 1 : 250), débouchent systématiquement sur un schéma qui résume une proposition de lecture de l´édifice.

  • L'Union de Brest de 1595-1596, entre les orthodoxes ruthènes de Pologne-Lituanie et Rome, offre l'exemple le plus précoce et le plus abouti des Unions ecclésiastiques locales, nées sur les marges de l'Europe catholique au cours des XVIe-XVIIIe siècles. Pour cette raison, son histoire est devenue rapidement l'objet d'une controverse façonnée par la radicalité propre à la spiritualité baroque, avant d'alimenter les récits nationaux des différentes communautés slaves orientales. En remettant à plat ces narrations concurrentes, ce livre réexamine les origines de l'uniatisme et de l'anti-uniatisme de la période post-tridentine du point de vue des acteurs. À partir des données relatives au territoire lituanien, il associe les approches macro- et micro-historiques pour observer ces situations d'interface, de coexistence ou de conflit à l'intérieur de leurs contextes institutionnels, culturels et sociaux. L'étude de cette société en transformation, entre les années 1550 et 1650, montre que les Ruthènes ne se sont engagés que lentement dans la construction des frontières confessionnelles qui continuent de marquer les imaginaires contemporains. Le processus ne s'est accéléré que vers le milieu du XVIIe siècle avec l'adoption progressive des modèles romains et, plus encore, sous l'effet de la politisation du débat religieux, produite par la rivalité entre États. Ce prisme local conduit aussi à évaluer d'en bas le rôle de la papauté dans l'expression des appartenances des Slaves orientaux à l'époque moderne.

  • Spesso poco note, talvolta ancora inedite, le testimonianze di pittura rupestre medievale del Lazio e della Campania settentrionale sono numerose, come dimostrano le quarantadue schede del catalogo, corrispondenti ai monumenti presi in esame. L´ampio raggio di indagine ha permesso di enucleare due differenti tipologie di ambienti: la cavità artificiale, in corrispondenza del substrato tufaceo, utilizzata il più delle volte per esigenze funzionali, e la grotta naturale, fin dalla preistoria associata all´universo del sacro. Particolare attenzione è stata rivolta ai fenomeni religiosi che hanno concorso allo sviluppo dei santuari, quali la devozione all´arcangelo Michele, l´eremitismo e la venerazione delle reliquie. Queste ultime sono la causa della sopravvivenza dei santuari ubicati all´interno delle catacombe, luoghi di culto che molto hanno in comune con l´universo rupestre. Quanto alle tematiche di ambito artistico, il ricco corpus di dipinti ha consentito di soffermarsi sul dialogo fra roccia e immagine, sui diversi contesti della produzione pittorica campano-laziale fra VI e XIII secolo, sui problemi conservativi.

  • À travers une analyse minutieuse du fonctionnement du circuit d´échange du blé et des différents contextes qui servent à l´expliquer, l´auteur montre comment les autorités pontificales du XVIe et du XVIIe siècle bâtissent et gèrent un système commercial spécifique, dont la logique repose sur une conception particulière de l´économie et de la société. La théologie morale des scolastiques, avec l´élaboration de la notion centrale de « juste prix », constitue le cadre théorique fondamental pris en compte pour saisir la rationalité d´institutions qui, comme les Annones d´Ancien Régime, ont été trop vite et trop souvent assimilées à des simples entraves à la libre expression des forces de marché. Le modèle romain d´« économie morale » ici proposé apporte ainsi une contribution au débat général, tant des historiens que des anthropologues, concernant les caractéristiques des économies pré-classiques et les outils analytiques pertinents pour leur interprétation.

  • Au XIIIe siècle, les pouvoirs médiévaux s´assimilent un ensemble de techniques rhétoriques élaborées au Moyen Âge central sous le nom d´ars dictaminis La cour sicilienne de l´empereur Frédéric II est, sous l´impulsion de Pierre de la Vigne, un laboratoire privilégié dans le processus de perfectionnement de cette prose politique rythmée. Alors que s´effondre la dynastie souabe, les héritiers de sa chancellerie transmettent à la postérité les textes les plus représentatifs de cette rhétorique impériale en créant une collection de dictamina : les Lettres de Pierre de la Vigne, auquel ce style emphatique et voilé d´obscurités métaphoriques sera désormais associé. Ce livre étudie une étape décisive de la formation du langage politique européen à partir de l´histoire des Lettres, envisagée dans ses différents aspects, de la création mystérieuse de la collection jusqu´à sa transformation en objet historique, en passant par l´analyse du milieu, de l´idéologie et des techniques rhétoriques des créateurs de ses textes, de leur impact et de leur interprétation contradictoire dans la société du XIIIe siècle. Il montre les procédures mises en oeuvre par les notaires ultérieurs pour exploiter ce « miroir rhétorique » et son poids dans la transformation générale du langage étatique européen au cours d´un long XIVe siècle (1270-1420), de l´Angleterre à la Bohême, de la France à l´Italie. En explorant ce continent du dictamen politique ultérieurement recouvert par la vague humaniste, on tente ainsi de progresser, sur la piste de Kantorowicz, dans la reconstitution des liens mystérieux unissant idéologie linguistique, droit et construction étatique à l´automne du Moyen Âge.

  • Se è vero che la Forma Vrbis Marmorea di età severiana (inizio III sec.) continua ad essere la « forma » per eccellenza, ciò è dovuto, soprattutto, alla sua consistenza fisica (centinaia di frammenti che definiscono buona parte della topografia urbana) ;

  • Souverains et Pontifes, c´est-à-dire à la fois maîtres temporels d´un État s´étendant de Rome à Bologne au centre la péninsule italienne et chefs spirituels d´une Église qui s´affirme catholique, c´est-à-dire universelle, les papes de la Restauration - Pie VII, Léon XII, Pie VIII et Grégoire XVI - ont été, de la restitution des États de l´Église à la papauté en 1814 jusqu´à l´avènement du dernier « pape-roi », Pie IX en 1846, au centre d´un vaste et complexe dispositif institutionnel où quelques centaines d´acteurs - cardinaux, prélats et officiers de Curie - ont oeuvré à la fois à l´administration civile de l´État ecclésiastique à l´été de la Saint-Martin de son destin historique et au gouvernement de l´Église romaine à l´aube de sa reconstitution. À partir d´une analyse institutionnelle des différents dicastères dont se compose la Curie et d´une étude prosopographique de son personnel (soit un ensemble de 805 biographies individuelles : 158 cardinaux de Curie, 288 prélats référendaires et 359 consulteurs de congrégations et officiers mineurs, ecclésiastiques et laïcs, en poste entre le 4 mai 1814 et le 1er juin 1846), le présent travail se propose de mieux connaître et comprendre, de l´intérieur, l´organisation et le fonctionnement de la Curie romaine ainsi que les lentes recompositions et les silencieuses mutations qui l´affectent à l´âge des restaurations politiques et des révolutions libérales, des concordats et des missions et de la réaffirmation intransigeante de la foi et de la discipline catholiques.

  • Le déroulement de la Réforme en France et en Italie présente en même temps des similitudes frappantes et des différences évidentes. Première rencontre consacrée aux comparaisons, aux contrastes et aux contacts entre ces deux mouvements de renouveau religieux, puissants, mais qui finalement échouent au moins partiellement, le colloque réuni à Rome les 27-20 octobre 2005 avait plusieurs objectifs : en premier lieu, étudier les rapports directs entre les individus et les événements dans ces deux pays, beaucoup plus importants que ce que beaucoup d´historiens avaient pu penser ; ensuite, favoriser la rencontre entre des méthodes et des questionnements historiographiques différents, qui doit conduire à de nouvelles voies de recherches pour chaque pays ; enfin, mener une comparaison systématique entre les deux courants pour éclairer des thématiques et des problèmes majeurs jusqu´ici rarement abordés qui suscitent de nouvelles réflexions problématiques plus larges sur les deux Réformes.

  • Les sources vaticanes sur la Révolution française méritent une étude méthodique, tout comme le travail des théologiens romains, dans la réponse aux courants réformistes qui agitaient alors l'Église. L'enjeu est de comprendre les réactions du pape Pie VI Braschi et de sa Curie à la Constitution civile du clergé et aux développements de la Révolution. La Curie étudie en parallèle les événements de France et les actes du synode diocésain de Pistoie (1786). C'est une théologie romaine de l'Église qui se construit face au gallicanisme, au joséphisme et au jansénisme : la situation particulière de l'épiscopat français en exil permet au Saint-Siège de valoriser sa primauté de juridiction. Après une présentation de Pie VI et de son pontificat, le travail des congrégations particulières pour les affaires de France est suivi pas à pas, dans la préparation des brefs, dans les conséquences du schisme, de la Terreur, de la campagne d'Italie, jusqu'à la mort du pape à Valence (1799). Le « martyre » du pape prépare-t-il aux yeux du futur Grégoire XVI « le triomphe » de l'Église ?

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