Robert Laffont

  • La Grande Guerre, la peur et la réalité avec les mots les plus simples et l'humanité de Claude Michelet.0300Mercredi 20 décembre 1916, 22 heures. Jean est de garde dans la boue de sa tranchée, il sera relevé à minuit. Marthe, dans leur ferme près de Brive, tricote en attendant minuit: elle sait qu´elle ne pourra s´endormir avant... Voici 872 jours que Jean est parti pour la guerre; 872 jours qu´elle est seule à tenir l´exploitation et que l´angoisse l´étreint. Ils sont là, à sept cents kilomètres l´un de l´autre, dans cette nuit d´hiver, et c´est comme s´ils se parlaient. Autour d´eux vivent d´autres personnages ? ici, les copains exténués et pouilleux; là, les enfants, la belle-mère, les gens du village. La vie dans sa rudesse, dans l´obsession de la mort ? la peur. Il était minuit et cinq minutes et l´on entendait arriver les gars de la relève quand un tir de mortier se déclencha sur la tranchée des Revenants...Pour aborder cette part tragique de notre Histoire, devenu mythe et légende, Claude Michelet a pris le parti de la sobriété, comme dans une tragédie classique. Durée: deux heures; décors: une tranchée et une salle de ferme; personnages: une femme, un homme. On est, alternativement, avec l´un et avec l´autre. La guerre, avec toutes ses horreurs; la ferme, avec tous ses travaux. Ici comme là, il n´y a pas à discuter: il faut agir ? et Marthe est ici l´exemple de toutes ces femmes qui, presque seules, ont fait vivre la terre.0400Mercredi 20 décembre 1916Ferme des Combettes, 22 heures.Malgré la pesante fatigue qui l´écrasait, Marthe jugeait inutile d´aller se coucher. Car, en dépit de l´envie qu´elle avait de se glisser entre les draps de lin que surmontait l´énorme édredon ? rare pièce de son trousseau ?, elle savait qu´il était vain de chercher le sommeil.Quoi qu´elle fît et malgré son épuisement il ne viendrait pas avant des heures. Car, sitôt les yeux fermés, l´assailleraient toutes les sombres pensées qu´elle parvenait à dompter, tant bien que mal, dans la journée mais qui guettaient sa moindre faiblesse pour l´envahir.Alors, comme chaque soir, tout en se répétant qu´elle devait absolument reprendre des forces et être ainsi prête, dès le lendemain, à sauter du lit à cinq heures sonnantes, elle s´installa au coin de l´âtre, dans le cantou. Là, jambes au ras des braises et dos au chaud contre les pierres tièdes, elle prit son tricot et tenta de s´absorber à sa tâche, de maîtriser son angoisse.Autour d´elle, tout reposait dans la maison. Dans la première chambre, la sienne et celle des enfants, dormaient Louis et Albert ? neuf et dix ans ?, blottis l´un contre l´autre; ils rêvaient, pouce dans la bouche comme le prouvaient les bruits de succion qui émanaient parfois de leur couche. Ici, dans la deuxième chambre, résonnaient par moment les caverneuses éructations et les ronflements non moins bruyants d´Octavine, sa belle-mère, endormie depuis plus d´une heure. Enfin, couchés en face d´elle, de l´autre côté du foyer, sur le petit banc de paille, ronronnaient les deux chats. Et le silence de la nuit n´était troublé que par les craquements des brandons en fin de combustion auxquels faisaient écho les cliquetis des aiguilles tressant la laine et le monotone et grave tic-tac de la grande pendule à balancier.Ce soir, comme tous les mercredis, Marthe avait remonté les lourds poids de fonte. Et même dans cette modeste tâche, elle n´avait pu s´empêcher de penser qu´elle faisait là un travail qui n´était pas le sien, mais celui du chef de famille. Alors, comme toujours et parce que personne n´était là pour l´obliger à cacher ses sentiments, à feindre une inébranlable solidité, elle avait failli succomber au chagrin, à cette vague de larmes qu´elle refoulait pendant la journée. Comme toujours, depuis plus de deux ans, elle s´était reprise, consciente que la moindre faille dans sa défense pouvait ouvrir d´insondable abîmes de détresse. Et c´est d´une main ferme que, comme chaque soir, elle avait rayé ce jour du 20 décembre 1916 sur le calendrier des Postes. Rayé ce huit cent soixante et onzième jour écoulé depuis le départ de

  • Au début du XXe siècle, les «étrangers», venus du Limousin ou d´ailleurs, travaillent à surélever la digue pour protéger la terre du Marais poitevin, sous le regard, toujours soupçonneux, des «maraîchins». Jean-Marie, un de ces «étrangers», s´éprend d´une fille d´origine guyanaise, Lilas. Ce qu´il ne sait pas, c´est qu´en l´épousant, il va se retrouver au coeur de vieilles haines entre deux familles du pays... Grands travailleurs, ils acquièrent une gabare qu´ils baptisent «Le Lilas de mer». Ils connaissent alors une période de labeur intense, mais de bonheur aussi. Jusqu´au jour où une tempête jette la gabare sur la côte, emportant tous leurs espoirs de réussite. Désespéré, Jean-Marie se met à boire. Une nuit, on retrouve à la sortie d´un bistrot son compagnon de beuverie mort, la gorge tranchée. Accusé, Jean-Marie est incapable de se défendre: il est condamné aux travaux forcés et déportéà Cayenne. C´est le curé de Saint-Nicolas, convaincu de son innocence, qui mènera son enquête et parviendra à mettre la justice sur la voie du véritable assassin. Mais peut-être n´aurait-il pas dû se mêler de cette affaire...Dans ce pays étrange et envoûtant, c´est l´amour, le courage et la détresse des humbles qu´évoque Yves Viollier. Une histoire riche, complexe, généreuse, conduite avec rigueur par la grâce d´une écriture ferme et dense.

  • 1903. L'électricité se répand dans les campagnes. Valentin Lescure, maire de Cornemule, gros bourg corrézien, sème la panique lorsqu'il proclame fièrement : «Je vais être celui qui fait briller le soleil à minuit !» Jusqu'à présent, les huit cents habitants de Cornemule ne s'éclairaient qu'à la chandelle et à la lampe à pétrole, et s'en trouvaient fort bien. Or voici que le maire, à l'approche des élections municipales, fait cette déclaration. Et déjà un barrage et une usine sont projetés. Émotion ! Les vaches vont crever, les hommes perdre leur virilité? L'ancien maire, Me Béranger, prend la tête de la révolte, soutenu par tous les agriculteurs et le fabricant de chandelles du village.C'est alors qu'un beau soir, la place s'éclaire, et ce que l'on ne voyait pas dans l'obscurité se révèle: presque chaque nuit, l'un ou l'autre des notables du bourg rend visite à Joséphine, la très belle buraliste. Scandale ! Et tandis que la campagne électorale attise les passions, un mal mystérieux se répand?

  • Après «La Belle Rochelaise» (Prix des Libraires 1998),Jean-Guy Soumy continue de nous étonner par la richesse de ses intrigues, par la fougue de ses personnages.0300Aiguemont est un immense domaine au coeur du Limousin, entre Limoges et Uzerche. Sur lequel règne ? c´est dans les années 1873-1878 ? un grand notable, Pierre Sérilhac, homme à la fois débonnaire et autoritaire. Il y a trente ans, il a épousé (coup de foudre réciproque) une très belle et très fine jeune fille noble du Béarn: Clara, qui illumine l´austère château d´Aiguemont de son charme et de son intelligence. Ils ont eu trois enfants: François, Mathilde et Arnaud. François est raisonnable (c´est à lui que reviendra le domaine), Mathilde est raisonnable et passionnée, Arnaud est déraisonnable. C´est par lui que le désordre et le malheur entrent dans la famille. Dans la région comme à Paris, il fait mille folies, s´abandonne à tous les excès ? il est poète aussi (il y a, clairement, du Rimbaud en lui). Il subjugue sa mère, sa soeur, et même son père. Jusqu´au jour où, parce qu´il en a vraiment trop fait, celui-ci le chasse; Clara, atteinte dans sa chair, s´enfuit dans la nuit: on la retrouvera morte, mordue par un aspic, tout près d´un pavillon de chasse où Pierre et elle avaient connu le bonheur. Désespéré, se tenant pour responsable de sa mort, Pierre Sérilhac s´enferme dans le pavillon isolé, près de la tombe de Clara. Il abandonne la gestion du domaine à François. Dans le même temps se construit la ligne de chemin de fer du P.O. (Paris-Orléans), qui atteint les terres d´Aiguemont. Nul ne peut s´opposer à sa progression: les intérêts en cause sont considérables. Pierre Sérilhac s´y est résigné. Mais il y a deux lieux qu´il veut voir préserver: usant de son entregent, il obtient que la Roche Sauvagnat ne soit pas coupée par une large tranchée, mais il ne peut empêcher qu´un viaduc ne frôle pas la tombe de Clara. L´ingénieur Paul Nordling, maître absolu sur le chantier, s´irrite fort des obstacles que Pierre Sérilhac dresse devant lui. Si François favorise le grand projet, Mathilde, par fidélité à son père, par orgueil, défie l´ingénieur. Et c´est ainsi que ces deux êtres de grand caractère et de passion se découvrent, et que l´amour naît entre eux ? amour tumultueux, violent. Les travaux avançant, les piles d´un pont commencent à s´élever tout près de la tombe de Clara. Et l´on met au jour les traces d´une voie romaine devenue l´un des chemins de pèlerinage vers Saint-Jacques de Compostelle, et la route même qui menait, en Béarn, aux terres d´origine de Clara. Alors, Pierre Sérilhac, las et désespéré, part sur cette route, seul...

  • Lorsqu'on les rattrapa, très loin de la ferme et du village, ils assurèrent qu'ils étaient partis à la chasse aux papillons, qu'ils s'étaient égarés, que? On avait eu si peur qu'on fit mine de les croire. La chasse aux papillons, au fin fond de la Corrèze, au printemps de 1944, quand des détachements allemands parcouraient les routes ??C'était Claude, douze ans, qui avait pris la décision : «On va chercher papa», et Tilou, son petit frère, avait dû le suivre, en renâclant. Il fallait aller chercher papa, depuis quatre ans prisonnier en Allemagne, parce que maman, jusqu'alors si «sérieuse» faisait des bêtises : Claude l'avait surprise avec un jeune homme dans une vieille grange sur la route de Brissac. Elle trahissait un père dont l'enfant avait fait un héros. Alors, armé d'une boussole, traînant Tilou, il était parti vers le nord-est, vers quelque incertaine Poméranie? Autour de la ferme du Tilleul, autour du bourg de Brissac, c'est un tableau vivant de la société rurale au temps de l'Occupation que trace Gilbert Bordes. Ici, on ne voyait guère les Allemands, à peine plus les «maquis» : on était hors de l'Histoire. Mais l'absence des hommes, prisonniers dans une lointaine Allemagne, avait fait un déséquilibre dans ce monde figé. D'où des drames, des rêves, des folies.Avec la générosité qu'on lui connaît, Gilbert Bordes ne juge pas : il raconte une histoire. Avec une femme vraie, des gamins bouleversants sur une terre et sous un ciel pleins de mystères et de merveilles.

  • Renée et Bernard Villebois ont hérité d´une grande maison ? une bâtisse du XVe siècle, abandonnée depuis longtemps, où tout est à refaire. L´événement fait resurgir un passé enfoui... L´aubaine se transforme en cauchemar.Une lettre anonyme est adressée à Renée: «Fille de Boche, fille de Boche...», suivie de plusieurs autres courriers et d´attentats... Il est vrai que Renée est née des amours de sa mère avec un jeune officier allemand, à la veille de la Libération. Qui la poursuit de sa haine cinquante ans plus tard? Qui est le corbeau? Pourquoi cet acharnement? Ils font face jusqu´à manquer, l´un et l´autre, y perdre la vie. Peut-être que sans la maison à reconstruire, ils se seraient abandonnés, mais la maison est là, qui chaque jour renaît de sa ruine. Et reconstruire le «château» de Tourtras, c´est se reconstruire soi-même...Yves Viollier est un Vendéen, mais c´est un amoureux de la Charente; de sa lumière, de sa douceur. Dans ce nouveau roman, il plante son décor et installe ses personnages dans un village et une maison situés sur un promontoire qui domine la vallée: toute la Charente est sous les yeux du lecteur.

  • Le récit d?une aventure exemplaire ;le couronnement de la grande entreprise romanesque de Claude Michelet.0300C´est en un temps (le milieu du IXe siècle, quand les fils et petits-fils de Charlemagne se disputent l´empire disloqué) et dans une région d´une extrême misère, celle que l´on appelle aujourd´hui la Brenne, proche de la Sologne. Partis de Solignac, la grande abbaye bénédictine du Limousin, l´abbé Théodéric et douze de ses frères ont mission de relever un premier établissement, Saint-Romain, qui s´est éteint. Ils arrivent, avec pour seules armes une faucille et leur foi, dans un pays de pauvres terres et de marécages ; ils découvrent une population ? quelques centaines de serfs ? minée par les fièvres et les écrouelles et encore toute proche du paganisme. Tout est à faire sur le plan matériel comme sur le plan spirituel.L´abbé Théodéric et les siens se jettent dans l´aventure. Avec leurs manants, ils défrichent, ils assèchent les marais, ils créent des étangs. Ils combattent le sorcier, incarnation du Malin, qui terrorisait les gens. Ils élèvent une abbatiale et un cloître. Ils font de Saint-Romain un lieu de pèlerinage. Ainsi, à grand effort et grande foi ? chaque calamité ranimant leur courage ? ils rendent vie à ce territoire déshérité.Mais vient le temps des invasions des Vikings, ces « païens du Nord » qui, remontant les fleuves, pillent, incendient, massacrent. Et, un jour, ils fondent sur Saint-Romain. La moitié des paysans et des frères sont tués, l´abbatiale incendiée... Alors, l´abbé Théodéric rassemble les survivants et proclame : « Nous allons recommencer ! »... Et ils recommenceront.On mesure la grandeur du propos de Claude Michelet. L´aventure qu´il relate est de celles qui ont fait la civilisation occidentale. L´ambition était grande, elle est totalement réussie, car tout est dans ce livre : le versant matériel et humain (les défricheurs et leur entreprise) et le versant spirituel (Dieu, l´Éternel) ; le travail des hommes animés par une foi.

  • Dans le Périgord, en ce temps-là, une multitude de forges étaient installées sur des rivières : l'Auvézère, la Lisonne, le Bandiat, l'Isle, la Ganne... C'est sur cette dernière que fonctionne la forge du Paradou : une vallée profonde encore hantée par les loups, au fond de laquelle bourdonnent le haut fourneau et les ateliers qui emploient des paysans-ouvriers, dominés par la silhouette austère du château occupé par le maître de forge Martin Laveyssade.
    Les temps sont durs, mais cette modeste industrie apporte au pays sinon la richesse, du moins une certaine aisance. Martin Laveyssade disparu, c'est à sa fille, Séverine, qu'incombe la charge de perpétuer la tradition familiale. Elle s'y attachera parce que cette forge est toute sa vie et parce qu'elle répugne à quitter cette terre où elle est intimement enracinée. Une femme maître de forge : la tâche est difficile, mais, grâce aux hommes qui l'aiment et à ceux qui se battent à ses côtés, Séverine sauvera le Paradou des crises et des révolutions, jusqu'à cette date fatidique : 1860, lorsque Napoléon III ouvre les frontières aux produits étrangers.
    Un jour de la fin du siècle, une vieille dame se penche sur son passé : Séverine, de retour au Paradou après des années d'absence, assise sur la murette qui domine la forge et la vallée, revit des décennies de batailles et d'amours. Une femme forte, Séverine ; une femme qui ne transige pas avec les sentiments : une femme de passion.
    Dans ce roman imprégné des odeurs du terroir périgourdin, Michel Peyramaure, qui connaît bien cette province, fait revivre une civilisation aujourd'hui éteinte mais pas oubliée : celle des temps où les hauts fourneaux crachaient leurs flammes et leurs fumées au fond des vallées perdues.

  • Pour ces paysans vendéens, quitter leur terre martyre, leurs églises, leurs familles, c'était presque une désertion. On ne s'y résolvait pas sans déchirement, quelle que fût la misère. Mais quand Antoine Gendreau rentre de captivité, en 1919, et qu'il se retrouve veuf, il décide de secouer le poids du passé et de la routine et de recommencer ailleurs une vie nouvelle. Ailleurs : pas loin, en Charente, où la terre et le ciel sont plus doux et où tant de Vendéens déjà ont émigré. Malgré les réticences du père, mais soutenu par sa mère et ses deux frères, il entraîne toute sa famille sur les routes de charente. Ils s'installent à Martignac, sur une grande propriété en friche, Sarreboute, comme des pionniers. Ce qu'ils feront de Sarreboute, année après année ; quelles seront leurs peines, leurs joies, leurs espérances ; quels conflits - entre Antoine et son frère Louis-Marie même, pour l'amour d'Angéline - les déchireront ; quel long, long chemin sera celui de Louis-Marie jusqu'à la réalisation du grand rêve : rejoindre les rangs de l'aristocratie terrienne qui cultive la vigne et distille son cognac - c'est toute l'histoire que content Les Pêches de vigne. La terre, la famille, l'amour, réalités charnelles. Ici, tout est vrai et juste. Deux pays s'y épousent : c'est la rigueur vendéenne éclairée par la lumière charentaise.

  • Depuis Des grives aux loupsà L'appel des engoulevents, les Vialhe, paysans corréziens, sont entrés dans le paysage sentimental de la France rurale. Pendant des siècles, du néolithique à l'agronomie triomphante des années 50, ces hommes et ces femmes, par leur labeur, leur intelligence et leur fidélité au sol natal, ont construit et maintenu un espace à leur mesure. Ils ont fait de leur territoire, et au-delà de leur pays, le plus beau jardin nourricier du monde.
    En cette fin de XXe siècle qui voit la mort programmée de la paysannerie, cette saga millénaire est celle d'un peuple et d'une civilisation.

  • De mère en fille, à travers trois siècles: depuis Marie, la misérable paysanne de la Creuse, jusqu'à Marie, l'étoile de ballet qui triomphe aujourd'hui à Paris0300Onze femmes... Elles vont être onze femmes à se transmettre, de génération en génération, la flamme que Marie, la première, a cueillie au «feu perpétuel» qui brûlait sur la place de ce village de la Creuse, dans le terrible hiver 1709.Judith la courtisane, qui règne sur le Palais-Royal et meurt lors des massacres de septembre 1792; Constance, cantinière de la Grande Armée; Marianne, sur les barricades de 1832; Luce, dans l´Algérie nouvelle des années 1860; Marguerite, dans la guerre de 1914-1918; Sara, dans la Résistance... Les détours, les accidents, les tragédies se multiplient dans la succession des générations, parfois bien près de s´interrompre.Elles ont toutes quelque chose en commun et qui les distingue: le caractère, la fierté, l´audace, le courage, et une certaine beauté, une grâce qui s´accomplissent en la dernière de la lignée, l´étoile de l´Opéra ? et une fidélité qui les fait toujours revenir à la ferme du Puy Marseau qui accueillit la première Marie. Il fallait autant de rigueur que de souffle pour enchaîner ces destins si différents et en faire un unique roman: celui d´une lignée, dont les héroïnes sont toutes exceptionnelles. Une entreprise hardie et ambitieuse, qui n´étonnera pas de la part de l´auteur des «Moissons délaissées», de «La Belle Rochelaise» (prix des Libraires 1998), et de «Rendez-vous sur l´autre rive».0400? Je vais partir, Joseph, dit la jeune fille.Les mots avaient été prononcés avec retenue. ? Comment cela, partir?Joseph scruta le profil anguleux de sa nièce. Ses cheveux clairs tirés sous sa coiffe dégageaient son front pâle. En cet instant, elle paraissait beaucoup plus que ses dix-neuf ans.? Pendant que tu causais avec le caporal, j´ai discuté avec une femme qui loge dans la maison de Jeanne.? Oui?? Elle m´a proposé de travailler pour elle.? Que fait-elle?? Je ne sais pas exactement. Elle suit l´armée et elle approvisionne les soldats. Elle a plusieurs charrettes. Je crois qu´elle est mariée à un commissionné; un bottier qui travaille aussi pour l´armée. Elle monte le rejoindre à Boulogne.? Au camp militaire de Boulogne?Constance hocha la tête.? Et moi qui te disais de ne pas te soucier, que je ne partirai pas! C´est toi qui m´annonce çaoeil se leva et fit face à Constance.? Ce genre de femmes, je le connais, ma petite. Ce sont des vivandières. Leur vie est terrible. Jamais deux nuits sous le même toit, toujours à dépendre des autres. Dans le froid et la pluie des bivouacs. Sans compter les risques de la guerre. Contraintes de vivre parmi des soldats qui ne sont guère délicats...? Je vais partir, Joseph.? Tu n´es pas bien avec nous? s´écria Joseph. Rosalie... C´est à cause d´elle que tu pars?? Non! Rosalie n´est pour rien dans cette décision.? Mais alors pourquoi?Constance soutint le regard de son oncle, déçue qu´il ne l´encourageât pas dans un rêve qu´il avait lui-même contribué à faire naître.? Je ne sais pas pourquoi je vais partir, Joseph. Mais ce que je sais, c´est que je vais le faire. C´est étrange... J´aime Puy Marseau. Je vous aime tous les deux. Je sais que, bien souvent, je pleurerai en pensant à toi, à Rosalie, à la Creuse. Mais j´ai pris ma décision.? Réfléchis, reprit Joseph atterré. Réfléchis bien avant de t´engager. Et d´abord, pourquoi cette femme t´a-t-elle fait cette proposition? À toi?? Elle avait une aide qui est morte d´une mauvaise fièvre. Elle ne peut pas continuer seule avec deux chariots à conduire. Elle a vu que j´étais forte, que le travail ne me faisait pas peur. On a parlé. Ça s´est bien passé entre nous. Nous sommes d´accord sur tout.? Une cantinière et dix hussards passent au pied du Puy Marseau et tout notre bonheur s´écroule.? Je reviendrai, dit Constance.Livide, Joseph secoua la tête.? Quand on part ainsi, c´est la dernière chose qu´il faut croire, mon enfant. La dernière.Ils restèrent séparés par la douleur. Joseph ne bougeait plus, n´osait plus regarder sa nièce.? Tu es si jeune, dit-il com

  • Mathieu a douze ans. Il n´est pas franchement beau: grandes oreilles, bouille ronde, gros yeux. Un sale môme de paysan, cancre et chapardeur. «On n´en fera jamais rien», se lamente sa grand-mère. Arrive dans le village une gamine de son âge, Marion: elle est leucémique et vient là pour reprendre des couleurs. Pour lui faire plaisir, Mathieu vole des bonbons, puis un stylo en or, puis un collier, et va jusqu´à dérober dans l´église le ciboire et des hosties consacrées. Émoi, scandale. Cinq années dans un centre d´éducation surveillée, et Mathieu est libre. Il n´a cessé de penser à Marion; il la retrouve. La leucémie connaît des phases de rémission, puis regagne du terrain... De près ou de loin, Mathieu veille toujours sur son amie, même si l´un et l´autre mènent une vie indépendante et tourmentée. Il finit par la retrouver à l´hôpital de Villejuif où elle suit un ultime traitement. Et c´est là que, à force d´attention et de tendresse, il parviendra à l´arracher à la mort, dans le temps même où elle l´aura ramené à une vie enfin apaisée.

  • Une maison, un gamin, deux pigeons, un chat, une 4L hors d'âge: une tranquillité feutrée, à peine froissée par quelques sautes d'humeur et des réminiscences du passé. Elles sont un peu folles, ces deux vieilles ? plutôt: hors de ce temps-ci. Un peu grenouilles de bénitier, avec autant d'humour que de caractère, on voudrait les prendre par la main pour leur faire traverser les rues et ce qui leur reste de vie.Mais voici que la Société vient bouleverser leur paix: leur maison doit être démolie et elles, réduites à la maison de retraite. Elles refusent, elle se révoltent.Déboussolées, elles se jettent dans une extravagante virée à bord de leur vieille 4L, à travers les marais, qui attire sur elles l'attention de tout le pays. Et les souvenirs qui les hantent depuis leur enfance explosent, leurs amours ratées, leurs mensonges. Pourtant, elles ne perdent pas pied: si elles doivent abandonner leur maison, ce sera comme elles l'entendent?Écrit au présent, pas à pas avec ses héroïnes, ce roman bref a un ton unique, qui réjouit le coeur et l'esprit.

  • 1974... Saint-Libéral ne compte plus que trois cent quatre habitants. Pierre-Édouard - le doyen - se désole. La population vieillit, le village se meurt. Jacques Vialhe s'échine sur l'exploitation familiale. Dominique, son fils, ingénieur agronome en Afrique, ne parle pas de prendre la relève. La petite Jo est partie faire le tour du monde au bras d'un photographe... Seul Jean, le fils de Guy, rêve de devenir éleveur et de travailler la terre de ses ancêtres...

    Qu'adviendra-t-il de Saint-Libéral lorsque Pierre-Édouard et Mathilde auront fermé les yeux, et que Jacques, épuisé, aura rendu les armes ? Les jeunes Vialhe imiteront-ils les engoulevents - oiseaux migrateurs - et reviendront-ils vivre sur les terres où ils sont nés ?

    Suite et fin d'une fresque somptueuse qui a bouleversé la France entière.

  • Sourde et muette de naissance, on la considère comme une bête dont on peut abuser; domestique, elle vit avec un fils qu´elle a eu à dix-sept ans au domaine de l´Étanchade; infirme, ne sachant ni lire ni écrire, celle qu´on appelle la Mule ne dénoncera jamais personne... C´est après la dernière guerre qu´Antoine Rolandier vient la trouver. Fils d´une famille de riches meuniers de la vallée de Bar, il n´a qu´une idée: retrouver les sacs d´or que son père, disparu lors de l´incendie de son moulin en 1926, a très certainement cachés et qui demeurent quelque part sous les ruines. Or, une seule personne peut le conduire à ce trésor: la Mule, qui, tout enfant, ne quittait pas le vieux Paul Rolandier d´un pas. Pour mener la jeune femme à révéler la cachette de l´or, Antoine décide de lui apprendre à lire et à écrire, et peu à peu réveille son intelligence et sa mémoire. À force d´attention et d´affection, il l´aidera à retrouver sa dignité de femme...

  • Le temps de l'exaltation est venu.
    L'oeuvre a jailli de terre et révélé ses structures. Les premiers murs, les premières colonnes ont surgi dans un printemps d'alléluias et de miracles. C'est le printemps des pierres. Il s'est installé partout en France. Dieu ne peut plus se perdre en ce pays : toutes ces églises, toutes ces cathédrales sont pour lui autant de repères. S'il était aveugle, il pourrait se guider en tâtant de ses grandes mains de nuage telle ou telle muraille qui sent encore le mortier frais, exhaussée au-dessus des toits des villes et des bourgs.
    Dieu est heureux ; il baigne dans ce printemps comme dans un lit de chaleur et de lumière et il écoute monter autour de lui ce silence des pierres qui n'est pas celui du désert, mais un tissu léger de cantiques. Ce temps exceptionnel où la France a pris son visage d'éternité, ces printemps ajoutés aux printemps où, en cette fin du XIIe siècle, la foi d'un peuple, et l'intelligence, et le savoir-faire de ses maîtres d'oeuvre, de ses carriers, maçons, charpentiers, imagiers, verriers donnaient forme à la prière, Michel Peyramaure les fait surgir devant nous tels qu'ils furent, tumultueux, violents, à travers l'aventure de quelques hommes et de quelques femmes qui les vécurent dans la joie, la passion et le sacrifice. Le printemps de pierres est un roman.
    On y voit créer, construire, lutter, s'aimer, déchirer des êtres de chair et de sang. Des humbles et des grands, des fous et des truands, des utopistes et des putains, des hommes de pouvoir et des hommes de foi : tout le peuple de Dieu. On y voit s'élever, pierre après pierre, au prix de mille périls et de mille difficultés, le choeur de Notre-Dame de Paris - il a fallut vingt ans, et il faudra un siècle encore avant que la cathédrale s'affirme dans toute sa grandeur. Maître Jean répétait à Vincent, son élève, que les passions souvent égaraient : " Seule compte l'oeuvre...
    La mort n'existe pas. Nous nous survivrons dans notre oeuvre. "

  • Tout le monde connaît le palais des Papes, en Avignon. Mais son histoire ? Et celle des papes qui l'ont élevé ? Ils furent sept, de 1309 à 1376, qui, fuyant Rome en proie à tous les désordres, vinrent chercher la paix sous l'aile des rois de France, dans le Comtat Venaissin. Sept papes français qui surent faire de la petite cité des bords du Rhône, et pour presque un siècle, la capitale de la chrétienté. Car le monde entier se retrouve en Avignon : des empereurs, des rois, de nobles ambassadeurs, des chefs de guerre (Du Guesclin), des saintes femmes (Brigitte de Suède, Catherine de Sienne), des poètes (Pétrarque, qui y rencontre Laure), des peintres, et la foule innombrable des cardinaux et des courtisans... Cependant que, alentour, la guerre de Cent Ans, les grandes compagnies, la peste noire ravagent le royaume et que fleurissent les hérésies.Sur ce monde qui croule sous les ors, le regard d'un homme simple et malin, Julio Grimaldi, fils de paysans devenu fonctionnaire de la Curie ; il voit tout, il sait tout. Il côtoie les papes et vit dans la ville l'existence du petit peuple : ses fêtes et ses détresses, ses joies et ses terreurs. Et il a ses propres aventures et des amours tumultueuses... C'est lui qui raconte, fidèle témoin et chroniqueur passionné. Jusqu'à demeurer seul dans l'immense palais abandonné par les papes et livré aux pillards, jusqu'à y mourir.

  • Le roman d'un missionnaire vendéen dans les Antilles...0300Notre-Dame de la Soie est une des paroisses catholiques de l'île de la Dominique, gros caillou abrupt situé entre la Guadeloupe et la Martinique - si abrupt que le tourisme l'ignore. On y trouve encore des descendants des premiers habitants des Antilles : les Caraïbes. De l'autre côté de l'Atlantique, la Vendée, qui, depuis longtemps, envoie ses fils évangéliser cette terre ingrate bien que luxuriante. Il en est encore ainsi en 1945 quand le jeune père Donatien Vernageau - l'un des enfants de la famille Vernageau que nous connaissons déjà pour avoir partagé sa vie dans Les Saisons de Vendée et l'Étoile du Bouvier - débarque à la Dominique, prêtre missionnaire de l'ordre vendéen des Pères de Chavagnes. Donatien a vingt-sept ans ; il est fragile, mais courageux et sûr de sa foi. Il est affecté à Notre-Dame de La Soie, petite paroisse face à l'océan. Donatien s'acquitte au mieux de sa mission : il accroche une nouvelle cloche à son église de bois ; il court les mornes, les criques et la forêt, à pied ou à cheval, pour apporter le secours de la religion partout où on l'appelle ; il tente d'inculquer quelques principes d'agriculture à des gens qui n'en ont nul souci. Comme il est simple et généreux, il devient vite populaire. Cependant, en Vendée, sa soeur Alexina se marie, son père meurt... Ces événements le bouleversent, lui qui est demeuré si proche de son pays ; et il lui arrive de douter... Et puis voici que le diable prend le visage et le corps de la très belle Carita, dix-sept ans. Il succombe et, pour se sauver, se lance dans une entreprise qui surpasse ses forces et celles de ses paroissiens : la construction d'une nouvelle église, en pierre - alors que leurs moyens sont si modestes ! Carita est enceinte, et elle meurt en donnant naissance à un petit garçon, baptisé Fortuné. Dans l'épreuve, ses collègues missionnaires ne l'abandonnent pas, ni la dame anglaise, qui propose même d'éduquer Fortuné. Aucun scandale, tout le monde feint de ne rien savoir : c'est ainsi. Lui se jette dans une activité missionnaire accrue, partout dans sa paroisse et autour de sa nouvelle église. Arrive sa soeur Alexina : coup de foudre pour le petit Fortuné. Avec la complicité de tous, et à l'insu des autorités britanniques, elle repart pour la France avec l'enfant. " Mon Dieu, prie Donatien, faites que je revoie mon enfant. Je ne l'ai pas abandonné "... Le 6 novembre, un coffret réunissant trois chefs-d'oeuvre d'Yves Viollier, L'Étoile du Bouvier, Les Saisons de Vendée et Notre-Dame des Caraïbes, sera mis en vente. Et durant tout le mois d'octobre, vous trouverez sur ce site un dossier complet sur l'École de Brive, son histoire, ses auteurs, ses thèmes...

  • Mars 1860. Dans le petit village des Couteilles, au sud de Guéret, le jeune François Ribière, pour la première fois, s'apprête à grossir la troupe de ceux qui partent « limousiner »- entendons par là qui s'en vont, à pied, rejoindre Paris afin de travailler, comme apprentis puis comme maçons, dans les gigantesques chantiers que le Second Empire a ouverts. Car le bâtiment constitue une activité traditionnelle pour les gens de ce rude pays de Creuse : quand vient la belle saison, la pauvreté les contraint à délaisser femmes et moissons, qu'ils retrouveront aux approches de l'hiver.
    Cet exil, déjà cruel en son principe, est fort dur à vivre - on ne trouve pas toujours à louer ses bras, le travail sur les échafaudages est dangereux, la compétition sévère. Et les voyages ne sont pas sûrs... Il lui faudra pourtant repartir l'année suivante, abandonnant les siens au village, et Marie, la jeune fille dont il est épris. Mais, peu à peu, il se fortifiera l'âme au contact des républicains qui s'opposent à l'empereur, et on le verra, alors, s'engager dans une campagne électorale à hauts risques...
    C'est donc l'histoire d'un homme et d'une famille que nous retrace ce roman chaleureux, chargé d'événements et de péripéties, qui restitue avec une fidélité exemplaire le monde rural du Second Empire et le Paris de Haussmann et de Garnier. Plus encore, il rend vie à tout ce pays creusois auquel notre histoire moderne doit tant et dont le destin difficile se poursuit encore...

  • Voici de retour les héros des Promesses du ciel et de la terre, ces pionniers venus de France installés dans le Chili des années 1870. Ils ont toujours le goût du rique. Jetés malgré eux dans la "guerre du Pacifique", qui, à partir de 1879, oppose le Chili à la Bolivie et au Pérou, ils jouent leur fortune, leur bonheur et leur vie dans ce conflit terrible, ignoré de l'Europe. Il y a la guerre ; il y a la conquête de nouveaux horizons que certains d'entre eux mènent avec passion. Et il y a la paix, les gestes et les travaux de la paix, de la vie, que Pauline et Antoine cultivent avec non moins e passion... L'amitié, l'amour, la confiance et l'espoir, ces fleurs-là ne cessent jamais de s'éapnouir dans ce nouveau grand roman de l'auteur de Des grives aux loups.

  • François, Louis et Marie... François et Louis Ribière, comme beaucoup des hommes de la Creuse natale, partaient, chaque printemps, travailler comme maçons sur les immenses chantiers que le baron Haussmann avaient ouverts à Paris, dans les années 1860. Marie Gerbeau comme sa mère, comme toutes les femmes du village, demeurait aux Couteilles pour y maintenir la vie.
    Or il advint que, au printemps 1864, Louis se révolta contra la condition faite à ses compagnons de travail et de misère ; il vécut d'expédients jusqu'au jour où il fut remarqué par une célèbre demi-mondaine qui lui ouvrit le mondes des affaires. Il advint aussi que Marie, lasse d'attendre le retour de François, prit seule et à grands risques le chemin de Paris. Intelligente et fine, courageuse, elle y trouvera sa voie dans la haute couture. Et François lui-même, revenu au pays, s'accomplira sur les terres agrandies du maigre domaine paternel.
    Ainsi la Ville, la grande Ville, aura-t-elle révéléà eux-mêmes les gamins illettrés des Moissons délaissées. Il s'y seront épanouis dans le temps même où elle se transformait. Mais la Ville est brutale : la défaite de 1870, la chute de l'Empire, la Commune vont bouleverser leurs destins...

  • Le Siècle d'or de la France à travers le destin des grandes favorites de Louis XIV.0300À la grande fresque romanesque de l'Histoire de France qu´écrit Michel Peyramaure ? de Vercingétorix à Jeanne d'Arc, d´Henri IV à Napoléon, de la Révolution au début du XXe siècle ?, manquait le Grand Siècle. Aujourd´hui il fait revivre cette époque à travers les femmes que le Roi a aimées...Les hasards des rues de Paris mettent en relation Nicolas Chabert, jeune homme intelligent et secrètement ambitieux, et Paul Scarron, l'illustre auteur du «Roman comique», et donc avec Françoise d'Aubigné, son épouse. En s'attachant au destin de celle qui sera Mme de Maintenon, Chabert observe les intrigues et les passions de la cour ? toute cette tragicomédie d'ombres et de lumières qui se joue dans les coulisses et sur le théâtre de Versailles. Il voit passer les grandes favorites: Marie Mancini, Louise de Lavallière, Mme de Montespan, Mlle de Fontanges ? et disparaître selon la fantaisie du Roi. Seule, discrète et obstinée, Françoise d'Aubigné, devenue marquise de Maintenon, creuse son sillon dans cette folle société. Jusqu'à devenir l'épouse de Louis XIV...Un récit romanesque éclatant des lumières d'une fête perpétuelle.

  • Elle naît vers 1830 en Haute-Marne, bâtarde dans un modeste château dont le maître (peut-être son père) lui donne une excellente éducation. Elle se voulait poète et n´hésitait pas à envoyer ses vers (très mauvais) à Hugo, alors en exil. Foncièrement, c´était une institutrice. Venue à Paris, elle fonde plusieurs écoles à Montmartre, où elle s´efforce de nourrir et d´éduquer tous les enfants miséreux du quartier. Car Louise Michel était républicaine et elle n´eut jamais qu´une passion: le peuple. Elle s´agite dans les milieux d´opposition à l´Empire, s´attache des hommes qui ne l´abandonneront jamais: Clemenceau, Jules Vallès, Rochefort, Théophile Ferré (son seul amour, jamais réalisé). Tout ça, bien sûr, mènera à la Commune. La barricade qu´elle tient, place Blanche, est l´une des dernières à tomber. Elle manque être fusillée au camp de Satory, et c´est la déportation en Nouvelle-Calédonie. Toujours institutrice, toujours révoltée, de plus en plus anarchiste. Quand vient l´amnistie, en 1880, revenue à Paris, elle continue, toujours prêchant, inlassablement, partout en France et à Londres, devant des foules ou seulement quelques indifférents - car la révolution a vieilli, et elle aussi. Elle mourra à la tâche en 1905.Michel Peyramaure s´est épris de cette femme exceptionnelle. Par courtes scènes ou grands tableaux, il fait revivre ce destin furieux.

  • Toute sa vie, Cyprien Mallorie a été un homme libre : menuisier-ébéniste dans une commune proche de Tulle, esprit singulier, cabochard, il ne s'en est jamais laissé imposer par personne.
    Mais il y a quelques mois, sa femme est morte, et le voici seul dans un village presque désert. Il a plus de quatre-vingts ans et des crises d'angine de poitrine le terrassent. Cependant, obstinément, farouchement, il refuse l'idée même d'entrer dans une maison de retraite, malgré l'insistance de ses enfants : ce serait s'arracher à son atelier, à ses amis, à son jeune copain Olivier, un gamin de sept ans à qui il apprend à lire le ciel, la terre et l'eau.
    Ce serait s'arracher à ses souvenirs, à ses amours enfuies, à sa vie. Il devra bien, un jour, y consentir, mais ce sera pour, très vite, se révolter, s'enfuir de la prison dorée. Tout un hiver, tout un printemps, de plus en plus faible mais toujours aussi fier, il fait front, avec la seule affection d'Olivier qu'un destin semblable au sien (la pension) menace. Il est sur le point d'accepter le sort que ses enfants et la société lui destinent, lorsque le rejoint Caroline, sa petite-fille qu'animent les mêmes passions que lui...
    Superbe personnage pour un roman de vérité.
    Grand et terrible sujet auquel presque toutes les familles, un jour ou l'autre, se trouvent confrontées.
    Sous la plume généreuse de Gilbert Bordes, voici l'histoire exemplaire de Cyprien Mallorie, l'homme qui voulait mourir libre.

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