Société des Océanistes

  • Le témoignage que nous livre, ici, Alfred Testard de Marans date de 1889, peu après son séjour entre 1887 et 1888 en qualité de vice-résident. Il est capital pour ceux qu´intéressent les îles Marquises, qu´ils y résident, y aient séjourné ou souhaitent tout simplement les connaître. C´est le récit d´un homme de qualité tel qu´on l´entendait dans la deuxième partie du xixe siècle. Il est curieux et intéressé par ce qu´il découvre. Il sert dans la Marine nationale et, à ce titre, a déjà connu des pays lointains et considérés comme exotiques, c´est-à-dire caractérisés par l´archaïsme du mode de vie. C´est en érudit et en homme instruit qu´il observe cette population marquisienne. Il livre à notre curiosité une époque postérieure à la deuxième conquête qui eut lieu en 1880, époque qui n´apparaît pas vieillie au regard des écrits rapportés un siècle plus tôt par Cook.

  • On ne peut manquer d´être frappé - à la lecture du Journal de Morrison - par deux caractéristiques : la première est cet extraordinaire don d´observation chez un homme que rien n´avait préparé à cela ; la seconde est cette indulgence qu´il manifeste vis-à-vis des Tahitiens lorsque la description de leurs moeurs l´amène à nous décrire ce qui à nos yeux, pourrait passer pour des défauts. Ceux qui, par goût, ont vécu ou vivent à Tahiti seront particulièrement sensibles à cette faiblesse et se demanderont comme nous l´avons fait, si Morrison n´est pas le premier Blanc à avoir subi cet envoûtement auquel tant de nous ont succombé, pour la plus grande joie de leur existence.

  • Le projet de traduire de l´espagnol le texte du Journal de Maximo Rodriguez, premier Européen à avoir séjourné durablement à Tahiti (de janvier à novembre 1775), eut pour origine la proposition faite par Francisco Mellén Blanco, éditeur espagnol du Journal dans le cadre du bimillénaire de la Découverte de l´Amérique, d´en faire une version française. Horacio Belçaguy, jeune archéologue océaniste argentin étudiant de José Garanger à l´Université de Paris I Panthéon-Sorbonne et membre du Laboratoire d´Ethnologie préhistorique du CNRS se fit l´interprète de Fr. Mellén auprès de Michel Orliac et, en parfait bilingue qu´il était, s´offrit à en faire la traduction en français. Le texte français dont nous disposions alors était la traduction souvent résumée, incomplète de Pugeault publiée en 1930 à Papeete, faite à partir de la version anglaise de Bolton Glanville Corney, incluse dans The Quest and Occupation of Tahiti by Emissaries of Spain during the years 1772-1776, ouvrage publié à Londres par The Hakluyt Society entre 1913 et 1919. L´intérêt d´une traduction nouvelle directe de l´original espagnol s´imposait. Cette opportunité présentée par Michel Orliac en bureau de la Société fut retenue, mise à exécution et concrétisée par le présent livre.

  • Si, en Nouvelle-Calédonie, exemple type d´une civilisation de l´igname, les Kanak assuraient leur autosubsistance essentiellement par l´horticulture des plantes à tubercules, la pêche n´y jouait pas moins un rôle important. Activité presque exclusivement

  • Pohnpei (ou Ponape, autrefois Ascension) est une île de la Micronésie, aujourd´hui capitale des États Fédérés de Micronésie, et connue entre autres pour ses vestiges archéologiques fascinants et uniques dans le Pacifique, le célèbre site de Nan Madol, ainsi que pour son organisation socio-politique complexe. Découverte dès le seizième siècle par les Espagnols, c´est surtout au début du dix-neuvième qu´elle entra dans une période de contacts soutenus avec les Européens, commerçants ou missionnaires. Les récits de cette époque sont toutefois rares. Aussi la publication du manuscrit, resté inédit et que l´on croyait perdu, de Joseph de Rosamel, commandant La Danaïde, est un événement. Fondé sur les informations communiquées en 1840 par Louis Corgat, un Français qui y séjournait depuis plusieurs années, et augmenté d´un riche vocabulaire, ce témoignage est capital pour la connaissance de l´histoire et de la culture de cette société micronésienne. À ranger entre ceux de James O´Connell, antérieur, et de Andrew Cheyne, plus tardif.

  • Dans toute la Polynésie, l'océan et les êtres qui y vivent avaient leur dieu tutélaire. Aux Samoa, la mer naquit de la sueur de Tagaloa, lors de son travail de création du monde. A Tahiti, ce dieu important comptait un grand nombre de messagers : le requin, les oiseaux ; la baleine était son ombre et la raie son marae. Lors des tempêtes, les navigateurs adressaient des prières à l'albatros afin qu'il calme les flots et vole à leur secours.Le récit des périples mythiques des ancêtres déifiés et l'enseignement des spécialistes contribuaient à former le marin en lui apprenant à connaître parfaitement son environnement. Une étroite symbiose s'instaurait entre le navigateur et la totalité de l'océan. Faisant partie lui-même de l'univers au même titre qu'une étoile, une vague, un oiseau, un coquillage, son voyage n'était pas un défi ou une provocation, mais plutôt une rencontre ; seul le respect de son environnement marin lui permettait d'arriver à destination.

  • Document d'une valeur inestimable, le recueil rassemblé au milieu du xixe siècle par le révérend John M. Orsmond (1784-1856) qui avait pris en note, mot pour mot, tout ce qui lui avait été confié des traditions tahitiennes, telles qu'elles sont transmises de génération en génération par les prêtres et les conteurs ma'ohi, dit-on, ...

  • Bernard Vienne, chercheur éminent de l'Office de la Recherche Scientifique et Technique Outre Mer, travaille depuis de longues années au Vanuatu (ex Nouvelles-Hébrides) et plus particulièrement aux îles Banks dans le nord de l'archipel. Il reprend les travaux classiques du Révérend Codrington (The Melanesians, Studies in their anthropology and folklore) et de W.H. Rivers, fondateur de l'école d'anthropologie sociale britannique (History of the Melanesian Society). Bernard Vienne a su aller patiemment plus loin, à partir des recherches déjà connues, et sans mépris pour ses prédécesseurs. Le résultat est une synthèse très neuve, où tout est repris en compte, où les matériaux sont originaux pour la plus grande part et qui répond définitivement à certaines hypothèses théoriques. Nous apprenons aussi comment s'imbriquent aux alliances matrimoniales les stratégies foncières en vue de l'accès aux meilleures terres à ignames, comment les systèmes de parenté s'organisent globalement pour l'ensemble des groupes et comment les familles glissent lentement d'une île à l'autre, les zones les moins peuplées de Vanua Lava se remplissant d'habi-tants nouveaux en fonction d'une politique concertée et consciente. Comment en fait, un peuple s'est géré tout seul, en dehors des structures coloniales qui l'ignoraient et dont il savait se protéger ; comment il a su aussi admirablement régler ses problèmes tout en restant fondamentalement lui-même. La pro-tection de la Melanesian Mission, anglicane et « high church », n'a pas été étrangère à cette réussite.

  • Cet ouvrage posthume de Bernard Juillerat élève le mythe au rang d´« "objet transitionnel" entre l´inconscient individuel et la société » et permet de repenser encore une fois des questions dont l´intérêt excède évidemment le domaine mélanésien, notamment la sexualité, la procréation, la parentalité, la filiation, l´émergence du social ou la mort. À partir de l´analyse comparative d´un corpus de mythes mélanésiens, essentiellement néo-guinéens, Bernard Juillerat en dégage la logique sémantique globale, en repérant les thèmes disséminés à travers les récits de multiples sociétés qui prennent sens comme autant d´éléments de configurations inconscientes universelles. La transmission orale des mythes, qui véhicule ce sens, contribue surtout à le produire à travers les transformations que leur répétition induit inévitablement au cours du temps. Ainsi, comme il l´écrit, le « sens n´est pas préétabli avant même que le mythe n´existe socialement : il se constitue dans une poussée de la pensée qui, par la médiation du récit, passe dans la parole et devient un bien culturel transmissible ». Au coeur des mythes réside la question des conflits permanents entre la jouissance individuelle et la construction du social qui travaille à sa domestication, le mythe parlant des « concessions que le sujet doit concéder au social pour maîtriser sa part "naturelle" ». Ainsi la pensée mythique fait-elle resurgir ce que la société a refoulé comme non socialisable. Dans la première partie, l´auteur traite des héros phalliques, personnalités solitaires, narcissiques et pulsionnelles qui défient l´ordre social et auxquelles appartiennent notamment les figures répandues des changeurs de peau. La deuxième partie porte sur les héros oedipiens, personnages disposant d´un accès privilégié à l´abondance - qu´elle se dise en termes de richesses matérielles ou de femmes. Ces types de héros vécurent sous le règne du principe de plaisir avant qu´une transgression individuelle n´y mette fin en provoquant l´apparition du principe de réalité qui régit désormais la vie de la société. La troisième et dernière partie concerne l´intrication mythique des thèmes de l´amour, de la mort et de l´abondance. L´analyse se termine sur l´observation qu´une structure ternaire apparaît commune à la presque totalité des récits. Écrit de façon claire et avec la sobriété qui était coutumière à l´auteur, ce livre offre un large panorama de mythes dans lesquels les ethnologues de la Nouvelle-Guinée en particulier retrouveront des échos familiers des récits qu´ils connaissent. L´interprétation qu´en livre Bernard Juillerat ici entend mettre en évidence les récurrences thématiques qui se font jour entre eux, sans chercher à les contextualiser de façon spécifique. Il n´est donc fait référence, par exemple, ni aux rites susceptibles d´être associés à ces mythes et de les éclairer, ni aux modalités sociales de leur énonciation.

  • Ce dossier synthétise les connaissances disponibles sur le thème du tatouage en Océanie à partir de sources ethnographiques anciennes peu exploitées et à partir des recherches récentes menées par l´auteur en Polynésie occidentale. Faisant suite à l´exposition Tatoueurs-Tatoués présentée au musée du quai Branly, les pratiques océaniennes de tatouage y sont abordées sous l´angle des traditions orales, de la technique, du rôle des experts rituels, des corpus iconographiques et de leur circulation dans des réseaux d´échanges régionaux, puis sous celui de leur mise en oeuvre dans des logiques sociales indigènes.

  • En 1891, à peine arrivé à Tahiti, Gauguin découvre l'art des îles Marquises : il s'enthousiasme et décide de gagner l'archipel pour y poursuivre son oeuvre. Il n'y parviendra que dix ans plus tard. Mais quand il s'installe à Hiva Oa, la société marquisienne est très durement éprouvée par un siècle d'une rude confrontation avec l'occident. La démographie s'effondre ; les traditions sont menacées ; pour beaucoup d'observateurs la fin est proche. Pourtant, contrairement à ce qu'a cru deviner Victor Segalen, les Marquises n'ont pas été qu'un « décor » aux yeux de Gauguin, et les Marquisiens, ont été pour lui bien plus et bien mieux que des « comparses ». Durant deux ans (1901-1903) s'est noué un intense dialogue créateur.

  • Il n´est plus aujourd´hui de partie de la planète que ne signale pas au moins une fois la presse quotidienne rapportant au jour le jour les événements marquant la transformation de mondes sociaux que beaucoup croyaient intangibles. Sur toutes les aires géographiques désignées aujourd´hui par l´euphémisme de « territoires non autonomes », le nationalisme est la clé des événements politiques qui traduisent en violences et en passions l´inégalité des rapports entre les pouvoirs de tutelle et les peuples sujets ou protégés. Mais les aspirations des populations coloniales sont, au moins en principe, aujourd´hui reconnues comme valables. On s´achemine vers leur satisfaction, au travers du processus dialectique qui oscille des mesures libérales aux répressions. Dans les îles « heureuses » de l´Océanie, on penserait que la vie s´écoule au jour le jour, identique à elle-même, sans écho des bouleversements à échelle continentale. C´est là que certains s´imaginent pouvoir retrouver la paix et venir oublier le monde extérieur. Mais, qu´ils soient « au vent » ou « sous le vent », les archipels polynésiens et mélanésiens souffrent de problèmes politiques et sociaux, nés comme partout ailleurs de l´impatience ressentie envers la suprématie détenue encore par les Européens et de ce que les autochtones sont depuis longtemps déjà parvenus au rang de producteurs de matières premières, avec tous les aléas que cela comporte.

  • Cet ouvrage se veut un bilan de l'action entreprise par l'État français dans le cadre du rééquilibrage prôné par les Accords de Matignon. L'inégalité entre les ethnies au plan de la scolarisation, du partage du domaine foncier, des équipements, du développement et de l'accès aux services et aux emplois a motivé, au terme d'une crise grave dans les années quatre-vingt, toute une série de mesures afin de promouvoir une répartition plus équitable des ressources, des chances et des pouvoirs entre Kanaks et Européens. Des premières opérations de rééquilibrage avant la lettre que représente la réforme foncière, jusqu'aux applications les plus récentes des Accords de Matignon, sont ici explorés les divers domaines de l'économie, de la démographie, du foncier, du champ urbain et de la politique en Nouvelle-Calédonie

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Parmi les personnages, qui à des titres divers, jouèrent un rôle de quelque importance à Tahiti à l´époque du Protectorat, il n´en est peut-être pas qui méritent autant de retenir l´attention qu´Alexandre Salmon. L´homme apparaît, aujourd´hui, comme l´un des plus représentatifs de ce temps. Résident anglais, devenu tahitien d´adoption, A. Salmon s´est trouvé intimement mêlé tout au long de sa carrière, de 1842 à 1866, aux événements qui ont caractérisé l´institution et le développement du nouveau régime. Cela, en raison même de ses affinités avec la famille royale et la haute aristocratie du royaume : il avait épousé, dès son arrivée, la petite-fille du grand chef Tati, Ariitaimai, qui était aussi la propre cousine, la soeur d´adoption et l´amie inséparable de la reine Pomare IV. Par suite de ce concours de circonstances très particulières, il fut amené de bonne heure à prendre une part active aux affaires du pays auquel il s´était profondément attaché et qu´il devait servir jusqu´au bout avec un dévouement absolu. C´est ainsi qu´il contribua puissamment à la demande et à l´établissement du Protectorat français dans l´archipel, selon les propres termes de l´amiral Bruat, gouverneur de Tahiti, qui le vit à l´oeuvre et l´utilisa en une période singulièrement difficile. Dans les pages que voici, j´ai cherché à faire revivre cette haute figure d´homme de bien et de parfait citoyen d´une seconde patrie, marquée du sceau de sa fidélité.

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