• Il y a des noms de villes qui semblent condenser tout le pouvoir attractif d'un lieu, toute la mythologie sur quoi se fonde notre désir de voyager. Ainsi Tombouctou, Zanzibar, Vancouver, Valparaiso... C'est le nom d'Obock, celui d'une ancienne colonie française devenue aujourd'hui port de la République de Djibouti, qui est à l'origine de ce récit et du voyage que Jean-Jacques Salgon entreprend en février?2016 pour, selon ses mots, aller « visiter ce qui n'existe plus ». Que Rimbaud et l'explorateur nîmois Paul Soleillet s'y soient un jour croisés, aient pu s'y entretenir de leurs projets commerciaux et des périls encourus sur les pistes qui conduisaient leurs caravanes vers le royaume du Choa, que leur vie aventureuse ait trouvé, sous ces climats hostiles, chacune à sa façon, sa fin précoce, voilà qui donne un relief particulier aux évocations dont ce livre est tissé. Une exploration de la vie de Soleillet, infiniment moins connue que celle de Rimbaud (alors qu'une situation inverse prévalait de leur vivant), constitue le fil d'Ariane qui nous guide vers ces contrées éloignées à la fois dans l'espace et le temps. Pour les deux trafiquants, l'Abyssinie fut un rêve, un rêve commercial, obstiné, dévorant. C'est vers ce rêve « où filtraient les élans d'une véritable passion géographique » que ce livre nous entraîne.

  • Plante aux propriétés psychotropes, le khat est cultivé et consommé dans la Corne de l'Afrique depuis des siècles en toute légalité, et suit illégalement à travers le monde les diasporas est-africaines. Des étals des marchés de Addis-Abeba, à une saisie douanière à Calais, Céline Lesourd suit les trajectoires d'une marchandise ambivalente : en passant les frontières, en s'exposant à de nouveaux bastions moraux, le catha edulis devient une drogue, qui, dit-on, financerait le terrorisme islamique. Aux côtés de paysans, de grossistes, de commerçantes et d'anciennes contrebandières, ce sont les enjeux économiques et politiques d'un commerce international qui se profilent. Aux côtés des consommateurs, ce sont les distinctions sociales, les fantasmes sexuels et les exaltations identitaires et religieuses qui se (re)cristallisent autour de ce rameau. D'hier à aujourd'hui, entre l'intime et le monde, cette enquête révèle ce que les hommes font du khat et ce que le khat et sa globalisation font aux hommes et, plus encore, aux femmes.

  • Les îles du lac n, réservoir du Nil bleu situé sur les hauts plateaux du nord de l'Éthiopie, abritent depuis le xiiie siècle ermites et communautés monastiques. Lorsque, au cours du xviie siècle, les rois d'Éthiopie établissent leur capitale à Gondar, quelque soixante kilomètres plus au nord, ces hommes de Dieu se retrouvent dès lors aux portes du pouvoir politique. Tantôt refuges lors des guerres ou des troubles internes au royaume, tantôt sanctuaires des dépouilles des souverains et de la légitimité royale, ces lieux saints deviennent le foyer de production d'une histoire écrite et ré-écrite pour compléter ou s'opposer à l'historiographie officielle des souverains. Une historiographie qui voisine souvent le mythe, celui de l'Arche d'alliance ou celui de la Fuite de la Sainte Famille. Cet ouvrage, le premier à proposer une analyse historique de l'art éthiopien des xviie et xviiie siècles à travers nombre de documents inédits images, chroniques, chartes et documents fonciers , étudie la construction de bâtiments civils ou ecclésiaux, les chantiers de décoration monumentaux, la mise en pages des cycles d'enluminures et la constitution des bibliothèques. Cette histoire des lieux, des objets et des peintures du lac n met de comprendre l'héritage culturel et les connaissances historiques sur lesquels s'appuient les commandes artistiques comme l'action politique des rois aux xviie et xviiie siècles. Entre conflits de récits, revendications foncières et patronage artistique, l'auteur dégage des strates successives de l'écriture de l'histoire du royaume, de la fabrication des images, enluminures et fresques d'églises, et la construction d'une mémoire royale.

  • Sur les hauts plateaux d'Éthiopie, dans les régions du Mänz et du Wällo, l'archéologie lève le voile sur un ensemble remarquable de tumulus, dolmens à couloir et hypogées, quelquefois associés à des stèles. Datés du Xe au XIVe siècles, ces tombeaux collectifs sont dotés d'un riche mobilier, en particulier une céramique très originale, des armes et des objets de parure locaux et importés. Quelle société fut responsable de cette culture appelée Shay ? Une société païenne à en juger par ses pratiques funéraires, mais qui cependant dut cohabiter avec ses voisines, chrétienne et musulmane. Une société puissante dont les élites opulentes surent maintenir leur statut plusieurs siècles durant. Si la genèse de cette culture Shay demeure encore dans l'ombre, si nous peinons à l'apercevoir dans les textes en son plein développement, les sites fouillés, notamment les hypogées de Ketetiya, offrent la vision d'une société en contact avec les mondes nouveaux qui la feront disparaître. En cela la culture Shay constitue un nouveau maillon de l'histoire éthiopienne: elle documente en effet un haut Moyen Âge qui n'avait pas encore été identifié en ces régions. Elle est aussi un reflet des dynamiques de circulation commerciale et religieuse qu'elle est probablement première à mettre en place. Elle est enfin un témoin d'une diversité religieuse et politique qui permet d'interroger les pratiques et la place des « païens » dans l'environnement éthiopien.

  • Peu après l'Empire romain, l'Éthiopie adopte à son tour le christianisme. Réduite d'abord à l'entourage royal et au milieu dirigeant, la christianisation touche bientôt en profondeur tout le Nord éthiopien, grâce à l'oeuvre missionnaire conduite à partir du milieu du Ve siècle par des moines venus de l'Empire. Frumentius est l'artisan de la conversion royale ; les faits n'ont pas laissé de récit indigène et c'est Rufin d'Aquilée qui en fournit en latin la relation originale. La tradition écrite éthiopienne la recopia et l'enrichit, conférant à Frumentius sa qualité de premier saint - et métropolite - du pays des négus. Garima est un des principaux missionnaires du Ve siècle et partage avec eux beaucoup de traits : fils d'un roi étranger, il obéit à l'appel de Dieu, renonce aux grandeurs terrestres, se retire et fonde un monastère. Takla Haymanot est un des acteurs, au XIVe siècle, d'une deuxième christianisation, qui touche le Sud du pays. Au cours de ses voyages, le saint engendre de nombreux fils spirituels et crée le plus important ordre monastique éthiopien. Le monastère qu'il fonda, Dabra-Libanos, fournissait le chef suprême de tous les moines. Ewos

  • Durant la première moitié du XVIIe siècle, une reine, Wäld Sä'ala, bâtit l'oeuvre de sa vie en s'attribuant un vaste territoire au coeur des hauts plateaux éthiopiens. Un monastère - Qoma Fasilädäs - est fondé pour lui servir de lieu de vie, doter de biens fonciers sa famille et ses proches, conserver sa dépouille et pérenniser sa mémoire. Une formule métaphorique, transmise par la tradition orale, résume ce projet : Aux confins le feu, au centre le Paradis, faisant de cet espace un lieu à part disposant d'institutions dont l'autonomie est fièrement revendiquée. Cette reine fut l'épouse du roi Susneyos (r 1607-1632) qui se convertit au catholicisme et voulut en faire la religion du royaume en s'alliant avec les Jésuites avant que son fils, Fasilädäs (r 1632-1667), ne rétablisse la foi d'Alexandrie. Mais à ces deux hommes elle refusa son soutien pour bâtir son propre réseau d'influence en s'alliant avec ceux qui s'avérèrent être les perdants des grandes batailles politiques de l'époque. De la splendeur de cette petite société de cour, des complots, des meurtres et des exils qui la traversèrent, rien ne subsiste dans l'historiographie officielle de la royauté. L'histoire de Qoma Fasilädäs serait donc restée jusqu'à aujourd'hui inconnue si Anaïs Wion n'était pas allée la rechercher dans les manuscrits jalousement gardés au sein de ce monastère et n'avait questionné sans relâche les dépositaires de cette mémoire. Les "jeux d'échelle" de cette enquête dans une fondation royale éclairent des pans obscurs de ce premier XVIIe siècle éthiopien, aussi crucial qu'encore méconnu, tout autant qu'ils permettent de comprendre comment une tradition orale formalisée, ancrée dans le temps de la fondation, permet aujourd'hui encore de réguler l'accès à la terre et les structures institutionnelles.

  • Une question est à l'origine de cet ouvrage : comment le camp royal éthiopien s'organisait-il à la période médiévale ? Pour tenter d'y répondre, un site fut choisi, Meshala Maryam dans le Manz (Sawa), où une église royale avait été fondée par un souverain éthiopien dans la seconde moitié du XVe siècle. De nombreuses traces au sol aux alentours de l'enceinte de l'église laissaient penser que se trouvaient-là les vestiges du camp royal. Plusieurs campagnes de fouilles ont eu lieu à Meshala Maryam entre 1998 et 2001. Elles ont été étendues à un autre site, l'église de Gabriel, qui s'est avéré beaucoup plus riche en informations que le présumé camp royal. Cet ouvrage rend compte à la fois de l'impossibilité de trouver le camp royal à Meshala Maryam malgré tous les efforts entrepris, mais aussi de la découverte de l'église de Gabriel, petit bâtiment ayant abrité de nombreuses sépultures privilégiées et un mobilier de grande valeur. Par le croisement des sources archéologiques, des sources orales et des textes anciens c'est l'histoire de ces deux sites et leur construction mémorielle qui prend corps.

  • Premier examen méthodique des témoins de la civilisation islamique d'Éthiopie et du Somaliland, cet ouvrage propose une mise à jour des conceptions et des données. L'histoire de l'Islam dans la Corne de l'Afrique est livrée à de nombreux préjugés : on suppose sa présence ancienne sur la côte mais on lui concède un rôle secondaire et tardif au voisinage du royaume chrétien; l'importance supposée du facteur nomade dans sa diffusion paraît plaider pour une faible visibilité archéologique; l'absence de fouilles semble interdire d'individualiser l'architecture ancienne. Les résultats accumulés présentent aujourd'hui une tout autre image : des contreforts du haut plateau central d'Ethiopie jusqu'aux rives africaines du golfe d'Aden en passant par le Tchärtchär éthiopien, des vestiges archéologiques abondants délimitent les contours d'une civilisation sédentaire et urbaine antérieure au XVIe siècle. Témoins majeurs de ces sites, les mosquées permettent d'en proposer une première caractérisation architecturale. Enfin, le dialogue des sondages archéologiques et des sources écrites, arabes ou éthiopiennes, peut avoir lieu ; il offre de repenser l'essor et l'histoire du port de Zeyla (Somaliland) et permet de proposer un nouveau point de départ sur la géographie et la périodisation de l'Islam dans cette région du monde.

  • Ce troisième numéro du Bulletin de la Maison des Etudes Ethiopiennes est consacré à quatre des principales tendances de la recherche éthiopisante française. Archéologue spécialiste du mégalithisme européen, Roger Joussaume étudie aussi, depuis plus de vingt ans, les mégalithes d'Ethiopie. Il nous présente ici les arguments de sa recherche. Situant le cas éthiopien dans l'ensemble des recherches sur le mégalithisme dans le monde, il introduit le lecteur à la connaissance des principaux sites d'Ethiopie, retrace ce qui a été entrepris de leur étude, et souligne toute la nécessité et tout l'intérêt qu'il y a à poursuivre cette recherche. Historien, enseignant à Paris 1 - Sorbonne, Bertrand Hirsch publie ici, en collaboration avec Tafari Abate, enseignant à l'Université d'Addis-Abeba, les premiers résultats de leur mission de 1992 dans la province du Wollo. Assistés cette année de trois de ses étudiants, Bertrand Hirsch entreprend de retrouver les traces de l'histoire religieuse, culturelle et politique de cette région dont il reste à préciser le rôle qu'elle a longtemps joué dans la construction de l'identité nationale chrétienne, et dans la préservation de celle-ci après les invasions musulmanes et les migrations oromo du xvie siècle. Chargé de recherche au CNRS et professeur de littérature éthiopienne à l'Ecole Nationale des Langues et Civilisations Orientales, Alain Rouaud s'attache à la réédition et à la traduction des premiers classiques de la littérature amharique moderne. Nous avons ainsi choisi sa réédition des brefs conseils adressés par un anonyme intellectuel éthiopien à ses compatriotes en partance pour l'Europe. Dans le même sens que son collègue Aain Rouaud, mais tourné ici vers les sociétés éthiopiennes sans tradition écrite, Jacques Bureau présente quatre des textes de son recueil de littérature Gamo à paraître prochainement.

  • « Cette relation du voyage d'Arthur Rimbaud en Abyssinie et au Harrar a été signalée dès 1914 par Paterne Berrichon dans un article intitulé : Rimbaud et Ménélick (Mercure de France, 16 février 1914), mais le beau-frère du poète n'a pas eu connaissance exacte des Notes écrites à ce sujet. Elles ont été retrouvées, dans deux numéros du Bosphore Égyptien, (25-27 août 1887), par M. J.-M. Carré qui les présenta dans le Mercure de France du 15 décembre 1927, où ses commentaires pourront être consultés avec fruit, et où il écrit, avec vérité, que c'est "le document le plus important et le plus détaillé que nous tenions, de la main même de Rimbaud, sur son existence africaine" ».

  • Cet ouvrage, qui dessine une géographie historique du royaume chrétien éthiopien, retrace l'histoire de l'installation des souverains et le transfert de leur pouvoir dans deux nouvelles provinces, l'Amära et le äwa, entre la fin du xiiie et le début du xvie siècle : une nouvelle dynastie y implante son domaine royal et fonde la légitimation de son pouvoir sur le contrôle des réseaux monastiques. L'enquête, qui explore les chroniques royales, les sources hagiographiques, les récits de géographes arabes ou d'ambassades européennes, tente de démêler les étapes de l'écriture et des réécritures qui sacralisent une histoire, devenue mythe. La rencontre du monachisme et du pouvoir dans cet espace en construction est à la fois un facteur de renforcement du pouvoir royal et un facteur de fragilisation de ce même pouvoir, lorsque les moines font du martyr, idéal de sainteté, l'expression privilégiée de leur indépendance vis-à-vis du politique. En réponse, les souverains éthiopiens superposent aux réseaux monastiques leurs propres fondations religieuses qui, étapes pour la cour, lieux de conciles et nécropoles royales, deviennent des lieux privilégiés de l'exercice du pouvoir.

  • À partir de l'étude des sources européennes et des traditions orales afar, cet ouvrage propose une synthèse impressionnante et unique en son genre sur l'histoire politique du territoire d'Awsa pris en étau entre les implantations des puissances européennes sur les côtes de la mer Rouge et la construction de l'État moderne d'Éthiopie. À travers cette histoire très complexe faite d'alliances, de rivalités, de renversements, de conflits et d'arrangements, on observe la façon dont les Afar et leurs dirigeants ont été des acteurs déterminants de l'évolution politique et économique de l'Éthiopie telle qu'on la connaît aujourd'hui. C'est ce que révèlent les paroles du sultan Ali-Mira qui constituent la deuxième partie de l'ouvrage. L'auteur a accompli le tour de force de recueillir une série d'entretiens à travers lesquels le sultan se souvient de sa longue existence, des personnalités historiques qu'il a côtoyées, des positions qu'il a dû prendre pour son peuple, pour protéger son autonomie, pour tenter de lui apporter un développement économique partagé avec les autres Éthiopiens. La disparition du sultan Ali-Mira en avril 2011 a suscité l'expression de nombreux témoignages sur l'intelligence politique du sultan et le rôle de conciliateur qu'il a joué pour préserver l'unité de la nation éthiopienne tout en reconnaissant la diversité et l'autonomie des peuples qui la compose. Ces témoignages viennent aussi bien d'anciens dignitaires du régime impérial, que de ceux qui l'ont combattu du côté érythréen ou du côté de nationalités éthiopiennes. Parmi les témoignages inédits qui sont ici publiés, soulignons l'intérêt tout particulier que revêt le long entretien de anfaré Ali-Mira, recueilli avant qu'il ne soit désigné comme le successeur de son père à la charge de sultan, pour laquelle il sera investi en novembre 2010. Cet entretien, portant sur l'époque impériale, montre le rôle essentiel qu'il a joué au côté de son père notamment au sein des divers groupes d'influence au niveau du pouvoir central éthiopien ainsi que dans les relations extérieures du sultanat.

  • For a long time now it has been common understanding that Africa played only a marginal role in the First World War. Its reduced theatre of operations appeared irrelevant to the strategic balance of the major powers. This volume is a contribution to the growing body of historical literature that explores the global and social history of the First World War. It questions the supposedly marginal role of Africa during the Great War with a special focus on Northeast Africa. In fact, between 1911 and 1924 a series of influential political and social upheavals took place in the vast expanse between Tripoli and Addis Ababa. The First World War was to profoundly change the local balance of power. This volume consists of fifteen chapters divided into three sections. The essays examine the social, political and operational course of the war and assess its consequences in a region straddling Africa and the Middle East. The relationship between local events and global processes is explored, together with the regional protagonists and their agency. Contrary to the myth still prevailing, the First World War did have both immediate and long-term effects on the region. This book highlights some of the significant aspects associated with it.

  • L'Arabie du sud et l'Ethiopie - au sens le plus large - ont entretenu, du début, du premier millénaire avant J.-C. jusqu'au milieu du premier millénaire après, des relations régulières. Si elles ont connu des périodes plus intenses, notamment au temps des royaumes de Himyar et d'Axoum, les échanges commerciaux et les mouvements de population (agriculteurs, artisans et tailleurs de pierre) ont relié les deux rives de la mer Rouge sans discontinuité. Notre propos, qui s'inscrit dans cette perspective, se limite à l'architecture et aux techniques de construction. Toutefois, les questions de chronologie, de langues et de cultures, fournissant la trame de cette histoire croisée, ne sont pas écartées. L'ouvrage, conçu sous la forme d'un manuel français-anglais, tend à fournir un répertoire aussi systématique que possible des matériaux, des techniques de construction, des éléments architecturaux, des types de bâtiments (fortifications, temples, maisons, palais, etc.) et de leur conception. Il insiste tant sur les emprunts et les similitudes que sur les spécificités de chaque région car l'Ethiopie et l'Arabie du Sud se présentent comme deux mondes isolés par périodes l'un de l'autre.

  • La mêlée devenait brutale, sauvage, grandiose, s'amplifiait, se muait en un maelström d'énergie brute, de rage féroce... C'était là quelque chose d'ahurissant, un fait qui ne cadrait pas avec la réalité, notre réalité d'écoliers. Ce basculement dans cette réalité autre, dans cette antithèse du milieu scolaire nous ravissait, nous, les élèves.

  • Dans cette nouvelle édition, revue et augmentée du Mégalitisme en Éthiopie. Monuments funéraires protohistoriques du Harar (Museum d'histoire naturelle, 1974), Roger Joussaume étudie les monuments mégalithiques des montagnes du Chercher en Éthiopie. Bien qu'extrêmement répandus, ces derniers restent assez méconnus. Il en existe deux types, que l'auteur étudie sur la base de missions archéologiques menées au début des années 1970: les cistes dolméniques ou daga kofiya, datées du IIe millénaire avant J.-C., et que certains rapprochent de monuments érigés à la même époque au Yémen; les tumulus ou daga tuli, qui ont été construits entre le VIIe et le XIIe siècle et semblent proches des tumulus propres à la culture Shay. S'y ajoutent des hypogées et des tombes en puits, très répandus dans les diverses cultures éthiopiennes, et des sites muraillés situés sur les hauteurs du Chercher qui n'ont quasi jamais donné lieu à des recherches spécifiques. Si de nombreuses interrogations subsistent à propos de ces mégalithes, les recherches de Roger Joussaume permettent de mieux saisir la richesse et la diversité des cultures éthiopiennes. À travers l'étude des différents types de monuments funéraires, c'est tout un ensemble complexe d'échanges de biens, de pratiques, de savoir-faire et de populations que l'auteur met en évidence.

  • Patchwork coloré de mythes et symboles, ce roman initiatique se découpe en sept chapitres permettant au lecteur d'explorer les sept chakras à travers les sept couleurs de l'arc-en-ciel et les sens. Notre relation au monde et à l'invisible est ici racontée. Plutôt que des passants, pouvons-nous devenir des passeurs de Lumière ?
    S'ouvrir à une autre dimension, spirituelle, pour voir ce qui nous entoure véritablement. Daniel Thurre explore avec infiniment de mansuétude ce thème. Historien de l'Art, il nous fait partager son cheminement de façon accessible et inspirante, et évoque un passage difficile de son existence durant lequel il a fait le choix de vivre son rêve plutôt que de rêver sa vie.

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