• Troll Nouv.

    Troll

    Eiríkur Orn Norddahl

    Hans Blær est un troll trans de trente-trois ans.
    Hans Blær a les joues rasées de frais, de faux ongles en gel rose, une poitrine imposante, plus petite que celle de sa mère, et un torse velu, un peu plus que celui de son père. Hans Blær est né hermaphrodite, sa mère a refusé une opération immédiate, et iel s'est choisi le seul prénom épicène de la langue islandaise.
    Très jeune, iel a compris que les adultes n'avaient pas le monopole de la définition de la moralité. Et, un jour, iel s'est retrouvé derrière un écran et a compris qu'iel pouvait dire tout et son contraire, être ellui et tous les autres à la fois. Et, puis, Hans Blær est devenu célèbre, sur Internet, à la radio, à la télé : un·e freak en croisade contre les gauchos et la bien-pensance, un·e kamikaze ultra cultivé prêt à brûler tout sur son passage, un·e incendiaire sans pitié jusqu'au jour où iel fera le pas de trop et devra fuir la police, le public, la presse - la lie, la pègre et la racaille...
    Norddahl nous livre ici un roman explosif, drôlement cruel et cruellement poignant, sur les excès idéologiques des sociétés contemporaines, sur la volatilité anonyme des réseaux sociaux et sur les absurdités morales qui imprègnent nos sphères les plus intimes. L'auteur est un franc-tireur qui semble tirer à l'aveugle sur la foule, mais qui vise entre les yeux des contradictions et de l'hypocrisie sociale du XXIe siècle. Un chef-d'oeuvre qui n'épargne rien ni personne.

  • Gorgias

    Platon

    Le ton du Gorgias est particulièrement violent, et pas seulement à l'égard de la rhétorique. Le dialogue formule une des critiques les plus radicales qui aient été adressées à la démocratie athénienne, à ses valeurs dominantes et à sa politique de prestige. En effet, Socrate s'en prend à tous les aspects de cette politique, du plus concret au plus idéologique. Mais l'essentiel de la critique vise la condition qui donne à la démocratie athénienne ses principaux caractères. Or cette condition est la même que celle qui assurait l'influence de la rhétorique. Il s'agit de la foule comme sujet dominant de la scène politique.Le gouvernement de la liberté est un gouvernement de la foule, c'est-à-dire de l'illusion, du faux-semblant et de la séduction. La critique de la rhétorique débouche donc directement sur la critique de la démocratie.

  • Comment faire lorsque l'on n'est pas scientifique pour répondre à ces questions, et à tant d'autres, qui surgissent dans le débat public et jalonnent notre quotidien ? Notre légitime ignorance est la porte ouverte aux rumeurs, aux fake news, aux théories du complot et autres manipulations des charlatans de la pensée.
    Vulgarisateur hors pair, Raphaël Chevrier nous donne les arguments afin de pser le pour et le contre sur les grands sujets d'aujourd'hui. 5G, modifications génétiques, fin de vie, intelligence artificielle... grâce à son éclairage scientifique, tout devient clair !
    Raphaël Chevrier, docteur en physique, travaille pour Arianespace. Il est également chroniqueur pour la presse scientifique et l'auteur de Ça alors ! Histoire de ces découvertes que l'on n'attendait pas (La Librairie Vuibert, 2018).

  • Le prince

    Machiavel

    Ecrit il y a plus de vingt-cinq siècles, l'Arthashâstra propose une véritable doctrine de l'État, moderne, bienveillant et efficace. Kautilya, surnommé le Machiavel indien, porteur d'un conservatisme éclairé y défend autant le bien-être du peuple que l'autorité de son Roi.
    De cet immense traité, Jean-Joseph Boillot a extrait, traduit et adapté les grands principes de la bonne gouvernance. Parfaitement intemporelles, les questions qu'il aborde sont parfois même d'une étonnante actualité. Comment choisir ses ministres et mettre à l'épreuve leur moralité ? Comment assurer la sécurité des biens et des personnes ? Quel soin porter aux finances publiques et en prévenir les détournements ? Quelle place accorder à la justice ? Qu'est-ce que la souveraineté de l'État ?
    Alors que les grandes démocraties occidentales souffrent d'une profonde crise de gouvernance, que leurs dirigeants et leurs programmes ne sont plus capables d'enrayer la montée des populismes, le citoyen trouvera peut-être un peu de réconfort et le politique un peu d'inspiration à la lecture de l'un des plus grands traités de l'Inde ancienne.

  • Tao Te King

    Lao-Tseu

    Le Tao Te King est l'un des textes fondamentaux de la culture chinoise. Il fut rédigé par Lao Tseu, vraisemblablement entre le IIIème et le Vème siècle avant notre ère. Les phrases, simples en apparence, sont chargées de résonances subtiles pour qui sait (ou tente de) les interpréter. Ainsi chaque relecture révèle des significations nouvelles.
    À la manière du Yi king, il s'occupe aussi bien de cosmogonie que de processus infimes : naissance de l'univers par action combinée du yin et du yang, de la matière et de l'énergie, du positif et du négatif, du masculin et du féminin.

    Traduction originale par Antoine Cathalau
    Suki éditions

  • Fondation de la métaphysique des moeurs est une oeuvre d'Emmanuel Kant parue en 1785. Le titre allemand d'origine est Grundlegung zur Metaphysik der Sitten, traditionnellement traduit par Fondements de la métaphysique des moeurs, titre assez impropre puisqu'il n'y a selon Kant qu'un « fondement ».

    Contenant : Préface - Première section : Passage de la connaissance rationnelle commune de la moralité à la connaissance philosophique - Deuxième section : Passage de la philosophie morale populaire à la métaphysique des murs - Troisième section : Passage de la métaphysique des murs à la critique de la raison pure pratique.


    Format professionnel électronique © Ink Book édition.

  • Une voiture pilotée par une intelligence artificielle est face à un choix tragique : pour éviter un enfant qui traverse la route, elle doit écraser un vieillard sur le bas-côté. Que faire, qui sauver dans l'urgence ? Voilà un dilemme qui rappelle la fameuse expérience de pensée du tramway, et qui illustre les enjeux moraux de l'intelligence artificielle.
    Comment programmer nos robots - de transport, militaires, sexuels ou conversationnels - pour qu'ils prennent les bonnes décisions lorsqu'ils sont confrontés à des choix ? Quelle morale pour les robots ? Y en a-t-il, comme nous, de bons et de mauvais ?
    S'intéresser à l'éthique des algorithmes, c'est plonger au coeur de nos différentes intuitions et théories morales, questionner nos biais et préjugés, mais aussi explorer un nouveau domaine de la
    philosophie, expliqué avec clarté et humour par Martin Gibert, chercheur en éthique de l'intelligence artificielle.

  • Si le moment présent est le moment du soin, c'est-à-dire non pas seulement d'une vulnérabilité généralisée mais de l'activité humaine qui doit y répondre dans tous les domaines, il faut penser celle-ci dans sa spécificité, sa diversité et ses ruptures, de la technique à l'éthique, de la vie à la justice : c'est le but de ce livre qui en propose à la fois une étude synthétique et des applications ouvertes. Il fallait ressaisir l'unité du soin, ce par quoi il unifie non seulement un acte technique indispensable et une relation humaine fondamentale, et sa tension interne, la violation à laquelle il répond mais qui le menace aussi, et qui lui donne sa portée morale et politique. Il fallait ensuite approfondir cette étude sur des aspects précis qui posent chacun des problèmes singuliers et majeurs : la pandémie ou les soins palliatifs, les violations politiques et historiques. Il fallait enfin ouvrir les discussions sur les divers points et avec les diverses approches qui tissent conjointement le moment présent. C'est l'objet de ces chroniques, publiées deux années durant dans la revue Esprit, qui répondent à la question liant aujourd'hui notre fragilité et notre fermeté : à quoi tenons-nous ?

  • Quand Carol Gilligan a énoncé dans Une voix différente (1982) l'idée que les femmes ont une autre manière de penser la morale que les hommes, elle ne s'est pas contentée d'élargir la division des sexes à la morale. Elle a mis en avant un concept largement occulté et laissé à l'état de friche : le care. En portant l'attention sur ce « prendre soin », ce souci des autres, l'éthique du care pose la question du lien social différemment : elle met au coeur de nos relations la vulnérabilité, la dépendance et l'interdépendance. Elle rend ainsi audible la voix des fragiles et met en garde contre les dérives conjointement marchandes et bureaucratiques de nos sociétés néolibérales. Fabienne Brugère propose une synthèse des recherches autour de la notion de care et montre en quoi cette philosophie constitue aujourd'hui un véritable projet de société.

  • Les ingénieurs structurent notre quotidien. Ingénierie des procédés industriels, financière, juridique, sociale, voire humaine... Nous pourrions poursuivre à l'envie l'inventaire des domaines à travers lesquels l'ingénierie colonise notre manière d'agir. Pourtant, il n'en existe aucune définition satisfaisante. Son emprise est désormais telle qu'elle constitue une menace pour notre survie, à travers ses effets sur le vivant, le climat ou les ressources. Mieux comprendre l'ingénierie est devenue dès lors une urgence pour infléchir de l'intérieur la trajectoire suicidaire des systèmes productifs. Dans cet ouvrage, nous proposons un éclairage nouveau sur l'action des ingénieurs, leur rapport à la science et à l'éthique. Ce cheminement invite en retour à inscrire l'ingénierie dans une pensée écologique.

  • L'interruption volontaire de grossesse (IVG), légalisée en France en 1975, reste un droit à défendre parce qu'elle permet aux femmes de choisir et d'avorter de façon sécurisée.
    L'IVG est vécue différemment selon les femmes et peut représenter pour beaucoup un événement douloureux. C'est pourquoi l'IVG ne doit pas se réduire à un acte médical et doit être accompagnée par la parole : elle peut alors devenir un événement constructif dans la vie d'une femme.
    C'est ce que six professionnelles de santé - gynécologues, psychanalyste, psychologues et sage-femme - ont souhaité partager dans ce livre. Leur point de vue, forgé au cours de leurs années d'accompagnement pluridisciplinaire des femmes et renforcé dans leur groupe de parole, est développé à travers le récit de 23 cas cliniques.
    Adolescentes ou mères, seules ou en couple, les femmes, face au choix de l'IVG, se confrontent à leur histoire, à celle de leurs parents ou de leur couple, aux silences et aux violences qui parfois la traversent. En un mot, elles se confrontent à elles-mêmes.
    Chaque histoire est singulière : c'est ce qu'ont voulu montrer les auteurs en s'appuyant sur leur pratique clinique, leur expérience de l'écoute et de la prévention. Ces récits révèlent ce qui peut aider les femmes ayant vécu une IVG à sortir grandies grâce à la parole.
    Ce livre se veut un outil pour tous les professionnels, qu'ils soient médecins, sages-femmes, psychologues, infirmières, assistants sociaux, afin qu'ils soient sensibilisés et formés à la bienveillance, aux échanges de groupe et aux enseignements de la clinique de l'IVG sur la sexualité, la maternité, la contraception, la parentalité, la violence et la prévention. Il intéressera également toutes celles et ceux qui défendent les droits des femmes et notamment celui de choisir.

  • Intelligence artificielle, robotique, transhumanisme... jamais le progrès n'a suscité autant d'interrogations vertigineuses. Saurons-nous profiter de cette révolution sans y perdre notre âme ? Passé par une école de commerce et par la finance avant de rejoindre l'ordre des Dominicains, Éric Salobir nous guide dans le dédale de ces avancées technologiques. Il revendique de vivre à une époque où la science et la spiritualité ne doivent pas s'opposer, mais, plus que jamais, s'appuyer pour relever les immenses défis actuels.
    Fondateur du think tank Optic, qui observe les incidences des nouvelles technologies sur l'humain, et consulteur auprès du Saint-Siège, il favorise dialogues et confrontations entre les représentants d'une Église de 1,313 milliard de catholiques, qui exerce l'une des influences politiques et spirituelles les plus anciennes au monde, et les grands patrons d'un petit territoire californien rassemblant 73 des 143 milliardaires de la tech, qui ont changé la vie quotidienne de milliards d'individus pour le meilleur et pour le pire. Il est vital de jeter un pont entre ces univers aux temporalités si différentes.
    Jamais, affirme Éric Salobir, l'homme n'a été aussi puissant, et aussi perdu face aux deux chocs du XXIe siècle : la révolution numérique et le réchauffement climatique. D'où la question au coeur de ce livre : comment l'éthique et la spiritualité peuvent-elles accompagner l'une et affronter l'autre ?

  • Parce que nous vivons dans un monde mauvais, tout auteur doit nécessairement se poser la question de savoir comment ne pas être complice, volontairement ou involontairement, des systèmes de pouvoirs : qu'est-ce qu'écrire dans une société marquée par la violence, la domination, l'exploitation ? Comment concevoir une pratique de la pensée qui ne contribue pas à la perpétuation de ce qui existe mais qui soit, au contraire, oppositionnelle ? Quels sens ont l'art, la culture et le savoir - et surtout : à quelles conditions ont-ils du sens et de la valeur ?

  • Cet ouvrage cherche à retisser les liens unissant éthique et médecine, distendus par l'avènement de la bioéthique. Si cette nouvelle figure de la responsabilité éthique, à l'allure d'une déontologie défensive, assure une protection de la dignité des patients des risques de dérives, elle tend cependant à compromettre le primat de l'engagement moral du médecin face à l'appel à l'aide mobilisant un soin relationnel, nourri par un dialogue interhumain de confiance, sans lequel le fondement éthique de l'activité clinique serait dénué de tout point d'appui authentique. Comment dès lors repenser une clinique portée par une éthique qui articule ces deux figures du soin irréductibles l'une à l'autre et pourtant indissociables dans la pratique de la médecine ? Pour relever ce défi, cet ouvrage, puisant aux sources des pensées de Paul Ricoeur et d'Emmanuel Lévinas, propose une philosophie du soin animée par une éthique de l'hospitalité et de la disponibilité, qui intègre ces deux figures paradoxales du soin en les articulant dans le cadre de l'exercice d'une sagesse pratique.

  • Cet ouvrage nous invite à découvrir et comprendre ces philosophes dont seuls des fragments d'oeuvre nous ont été transmis. Selon Nietzsche et Heidegger ces philosophies constitueraient la véritable tradition philosophique aujourd'hui perdue.

  • Que dois-je faire ? Qu'aurais-je dû faire ? N'aurais-je pas mieux fait d'agir autrement ?
    Lorsque nous agissons, que nous délibérons sur nos actions, que nous prenons des décisions, nous sommes en quête de justifications, nous cherchons à montrer que notre action était la meilleure chose à faire, sinon la moins mauvaise. Nous nous référons ainsi, plus ou moins explicitement, à des normes et à des valeurs communes.
    En partant de la multiplicité des termes employés pour désigner notre expérience morale (éthique, morale, déontologie), cet ouvrage expose les principales théories de la philosophie morale et les grandes questions qui la traversent. Il nous invite à analyser la nature des règles suivies par chacun en société. Il nous propose, enfin, des exemples d'éthique appliquée à des domaines concrets comme la vie professionnelle, le soin médical ou l'activité des entreprises. À lire également en Que sais-je ?...
    L'éthique médicale et la bioéthique, Didier Sicard

  • Comment devenir antiraciste

    Ibram Kendi

    • Alisio
    • 9 Septembre 2020

    En 2000, Ibram X. Kendi, jeune étudiant, donna un discours dans le cadre du concours d'éloquence Martin Luther King Jr. et il présenta la jeunesse noire comme la source de tous les problèmes de la communauté.
    Ce discours raciste déclencha chez lui un processus d'introspection profonde. Véritable manuel d'éthique raciale du XXIe siècle, cet ouvrage met fin à l'idée qu'il est possible de ne pas être raciste. Nous sommes soit racistes - ceux qui laissent les idées racistes proliférer sans s'y opposer-, soit antiracistes - ceux qui dénoncent ces idées à chaque fois qu'ils les rencontrent-. Des concepts les plus élémentaires aux possibilités visionnaires, Ibram X. Kendi nous inviteà remarquer toutes les formes de racisme, à comprendre leurs conséquences désastreuses et à nous y opposer.
    Une prise de conscience nécessaire qui contribuera à la formation d'une société juste et équitable !
    Ibram X. Kendi est le directeur et fondateur du Centre de recherche de politiques antiracistes de l'American University. Professeur d'histoire et de relations internationales, il est également conférencier et journaliste pour The Atlantic. Son précédent ouvrage, Stamped from the Beginning, a remporté le National Book Award.


  • Comment adapter son mode de vie tout en respectant les écosystèmes qui nous entourent ?

    Bien plus que des techniques de jardinage, la permaculture est en réalité une tout autre manière de voir le monde.
    Ce concept interdisciplinaire, reposant sur des valeurs éthiques et des principes, permet de mettre en place un système (nommé design) en harmonie avec l'environnement et les différents éléments qui le constituent : l'eau, le sol, les arbres, les animaux, le jardin...
    La permaculture humaine et sociale est également essentielle dans ce processus.
    Ce livre riche et complet vous guidera dans l'application des principes de la permaculture et dans la création de votre propre design.
    Des conseils, des anecdotes, des exemples, des photos et plus de 50 dessins et schémas vous sont proposés pour vous accompagner sur le chemin de la permaculture.
    Alors, êtes-vous prêts à transformer votre vision du monde ?

  • Comme il y a des poètes maudits, il y eut des penseurs maudits, et ce furent les sophistes. Le nom même de « sophiste », qui signifie « savant », détourné de son sens originel, est devenu synonyme de possesseur d'un savoir faux et trompeur. Aristote, en suivant le verdict de son maître Platon, désigna le sophiste comme « celui qui a de la sagesse l'apparence, non la réalité ». Ne convient-il pas aujourd'hui, avec un simple désir de vérité historique et scientifique, de plaider pour les sophistes ? À travers les figures de Protagoras, Gorgias, Thrasymaque, Critias..., cet ouvrage s'attache à faire revivre la vie et l'oeuvre de ces penseurs itinérants qui inaugurèrent le statut social de l'intellectuel moderne. À lire également en Que sais-je ?...
    Les scepticismes, Carlos Lévy
    Le stoïcisme, Jean-Baptiste Gourinat


  • On a longtemps pensé découvrir les lois de l'apprentissage en soumettant un rat à l'épreuve du labyrinthe. Certes, si on le récompense, le rat « apprend » le parcours. Mais à quelle question le rat répond-il réellement ? Que signifie le labyrinthe pour lui ? Comment interprète-t-il la récompense ? Aujourd'hui, la réussite du processus de l'habituation dans l'observation des primates n'est plus considérée comme le seul résultat du travail des humains. Elle tiendrait tout autant à la volonté des singes de se laisser approcher (la proximité des observateurs représenterait une protection pour eux). Pour certains, la prise en compte des dimensions relationnelles constitue un artefact qu'il faut éradiquer : l'animal répondrait en fait à une autre question que celle qui lui est posée. Selon d'autres, toute situation scientifique interrogeant les vivants relèverait elle-même de l'artefact. Les animaux ne « réagissent » pas à ce que nous leur soumettons : ils interprètent une demande et leur réponse traduit leur point de vue sur la situation. C'est à elle qu'il faut s'intéresser. Les scientifiques travaillant sur le bien-être animal suivraient-ils cette voie prometteuse ? Quelles sont les conditions permettant de tels changements ? Telles sont les questions que ce livre leur adresse. On y découvre que le fait d'interroger les animaux sur ce qui les rend heureux pourrait inciter les scientifiques à modifier leurs pratiques et admettre que le point de vue de ceux qu'ils étudient constitue en fait le véritable objet de leurs recherches.

  • Si la biodiversité connaît une dévastation sans précédent, pour l'auteur, la science et l'éthique peuvent encore lui porter secours. En s'appuyant sur l'histoire des relations homme/nature et à partir d'un solide référentiel scientifique, cet ouvrage nous guide vers des options d'écologie intégrative, où « tout est lié », et vers une nouvelle façon d'habiter la Terre.

  • Depuis les années 1960, l'éthique semble se structurer en fonction de territoires d'interrogation : la bioéthique et l'éthique médicale se développent pour apporter des réponses aux problèmes liés aux avancées de la biomédecine ; l'éthique de l'environnement s'intéresse à l'avenir de la planète ; l'éthique de la sexualité analyse les nouveaux enjeux moraux liés aux évolutions des moeurs, etc.
    Au-delà d'une démultiplication des champs de réflexion, l'éthique appliquée propose une approche philosophique renouvelée, à l'articulation de la théorie morale avec la pratique. Elle entend offrir ainsi des éléments transversaux de réponse, ou tout au moins des instruments d'analyse, pour aborder les grandes questions morales d'aujourd'hui.



  • On connaît le propos que Dostoïevski fait tenir à l'un des frères Karamazov : si Dieu n'existe pas, alors tout est permis. Une idée apparentée est que les croyances religieuses, qu'elles soient vraies ou fausses, permettent aux hommes et aux sociétés qui les entretiennent de s'élever d'une façon inaccessible à celles et ceux qui ne croient pas.
    D'après le mathématicien et philosophe anglais William Clifford (1845-1879), rien de tout cela n'est vrai. Ainsi qu'il le défend à Londres en 1876 dans une conférence intitulée « L'éthique de la croyance », le déclin de la religion est au contraire l'occasion de rendre l'humanité moralement meilleure. Plus encore : il n'est plus possible de croire sans immoralité.
    Son texte deviendra vite un classique ; en 1897, William James (1842-1910), philosophe et psychologue, entreprend de le réfuter. Dans « La volonté de croire », il veut légitimer les croyances les plus improuvables, du moment qu'elles répondent à nos besoins passionnels, tel celui « que le monde soit religieux ».
    Historiquement, la réponse de James emporta la conviction de nombreux lecteurs dans sa tentative de concilier science et religion. Mais philosophiquement, il se pourrait bien que Clifford ait eu raison et que son éthique de la croyance d'après laquelle « on a tort, partout, toujours et qui que l'on soit, de croire sur la base d'éléments de preuve insuffisants » s'avère une boussole pour quiconque n'a pas renoncé à « se servir de son entendement ».

  • « C'est dans mes gènes ! » ; « c'est l'ADN de notre maison ! »... De la génétique, le langage courant a tiré des expressions imagées facilement compréhensibles. Mais qui connaît réellement cette science de l'hérédité ? Elle fascine, pour les progrès qu'elle a permis et qu'elle promet. Elle inspire la défiance, à cause de la façon dont elle semble instrumentaliser l'humain.
    Il faut dire que les problèmes éthiques qu'elle soulève sont de taille : commercialisation du génome, clonage, reproduction médicalement assistée... Entre l'idolâtrie des uns et l'ignorance des autres, elle a du mal à se frayer un chemin raisonnable et serein.
    Connaître les mots qui lui donnent du sens, ce serait déjà un grand pas. Telle est toute l'ambition de ce livre. Gène, chromosome, allèle, polymorphisme, épigénétique et 95 autres mots exotiques (ou moins) n'auront plus de secret pour vous. La révolution génétique est en marche. À vous de ne pas la manquer !

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