• Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Guillaume Apollinaire. Toutes les recherches poétiques d'une époque lassée de la rigueur du Parnasse et des suavités symbolistes se retrouvent dans "Alcools", publié en 1913. D'instinct, Apollinaire y rejoint la tradition poétique française la plus pure, la plus directe, telle qu'elle s'incarne chez Ronsard et François Villon. Lorsque le poète penché sur la Seine se remémore son amour dans "Le Pont Mirabeau", la beauté grave et bouleversante de la douleur la plus discrète et la plus tragique y cotoie un air de romance populaire. Dans "Marizibill", il associe des strophes bouffonnes et pathétiques: "Elle se mettait sur la paille / Pour un maquereau roux et rose / C'était un juif il sentait l'ail / Et l'avait venant de Formose / Tirée d'un bordel de Changaï / Je connais gens de toutes sortes / Ils n'égalent pas leurs destins / Indécis comme feuilles mortes / Leurs yeux sont des feux mal éteints / Leurs coeurs bougent comme leurs portes." Le mouvement épique de "La Chanson du mal-aimé", qui porte l'incantation à un degré magnifique d'évidence et d'émotion, la nonchalance habile et délicieuse de certains poèmes de circonstance, la résurrection de vieilles légendes rhénanes, attestent la diversité de ce recueil qui rassemble les poèmes écrits entre 1898 et 1913. Renonçant à la ponctuation traditionnelle - l'une des innovations les plus discutées et les plus critiquées d'Apollinaire -, le poète ne connaît d'autre scansion que celle commandée par la respiration et par la palpitation intérieure de la passion. Aucun livre de cette époque n'a exercé une influence comparable sur la poésie française de la première moitié du XXe siècle, ouvrant la voie à un nouveau lyrisme et inspirant notamment dada et le surréalisme. Avec "Alcools", la poésie d'Apollinaire atteint sa cime la plus haute et la plus pure.

  • Le destin de Jean Valjean, forçat échappé du bagne, est bouleversé par sa rencontre avec Fantine. Mourante et sans le sou, celle-ci lui demande de prendre soin de Cosette, sa fille confiée aux Thénardier. Ce couple d'aubergistes, malhonnête et sans scrupules, exploitent la fillette jusqu'à ce que Jean Valjean tienne sa promesse et l'adopte. Cosette devient alors sa raison de vivre. Mais son passé le rattrape et l'inspecteur Javert le traque...

  • Georges Duroy, dit Bel-Ami, est un jeune homme au physique avantageux. Le hasard d'une rencontre le met sur la voie de l'ascension sociale. Malgré sa vulgarité et son ignorance, cet arriviste parvient au sommet par l'intermédiaire de ses maîtresses et du journalisme. Cinq héroïnes vont tour à tour l'initier aux mystères du métier, aux secrets de la mondanité et lui assurer la réussite qu'il espère. Dans cette société parisienne en pleine expansion capitaliste et coloniale, que Maupassant dénonce avec force parce qu'il la connaît bien, les femmes éduquent, conseillent, oeuvrent dans l'ombre. La presse, la politique, la finance s'entremêlent. Mais derrière les combines politiques et financières, l'érotisme intéressé, la mort est là qui veille, et avec elle, l'angoisse que chacun porte au fond de lui-même.

  • Édition enrichie (Préface, notes, dossier sur l'oeuvre, chronologie et bibliographie)Octave Mouret affole les femmes de désir. Son grand magasin parisien, Au Bonheur des Dames, est un paradis pour les sens. Les tissus s'amoncellent, éblouissants, délicats. Tout ce qu'une femme peut acheter en 1883, Octave Mouret le vend, avec des techniques révolutionnaires. Le succès est immense. Mais ce bazar est une catastrophe pour le quartier, les petits commerces meurent, les spéculations immobilières se multiplient. Et le personnel connaît une vie d'enfer. Denise échoue de Valognes dans cette fournaise, démunie mais tenace.
    Zola fait de la jeune fille et de son puissant patron amoureux d'elle le symbole du modernisme et des crises qu'il suscite. Personne ne pourra plus entrer dans un grand magasin sans ressentir ce que Zola raconte avec génie : les fourmillements de la vie.

  • Pâris, le jeune prince troyen, a enlevé la belle Hélène et la retient derrière les remparts de sa cité. Pour la reprendre, les Grecs assiègent Troie et engagent dans la bataille leurs plus grands héros. Mais les dieux de l'Olympe s'en mêlent, et chacun choisit son camp. Quelle sera l'issue de ce terrible combat?

  • Edition enrichie (Introduction, notes et bibliographie)Un jeune aristocrate désargenté et désespéré, Raphaël de Valentin, reçoit d'un vieil antiquaire une peau d'onagre miraculeuse et maléfique : elle satisfait tous ses désirs, mais sa superficie, liée par un charme mystérieux à la durée de la vie de son possesseur, rétrécit à chaque souhait exaucé. Raphaël, qui rêvait de conquérir le monde, découvre ainsi, au prix de sa propre existence, que « Vouloir nous brûle et Pouvoir nous détruit ». Seul face à sa mort, dont il peut chaque jour calculer l'échéance, il délaisse la société des hommes, renonce à la jouissance du monde : en vain, même l'amour pur et partagé ne pourra le sauver.
    Dans le décor très réaliste des années 1830, La Peau de chagrin plonge le lecteur dans un univers proprement fantastique, un univers de l'étrange qui illustre l'une des théories philosophiques fondamentales de l'oeuvre balzacienne : l'énergie vitale.
    Introduction et notes de Jacques Martineau. 

  • Claire, fille de paysans du Cantal, est née dans un monde qui disparaît. Son père le dit et le répète depuis son enfance : ils sont les derniers. Très tôt, elle comprend que le salut viendra des études et des livres et s'engage dans ce travail avec énergie et acharnement. Elle doit être la meilleure. Grâce à la bourse obtenue, elle monte à Paris, étudie en Sorbonne et découvre un univers inconnu. Elle n'oubliera rien du pays premier, et apprendra la ville où elle fera sa vie. Les Pays raconte ces années de passage.

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Rainer Maria Rilke. Carnet de notes métaphysique et journal intime de Rilke lui-même, Les cahiers de Malte Laurids Brigge sont composées d'une mosaïque de fragments sur la solitude, l'enfance, la peur, la misère, l'écriture, la poésie et la mort. Malte, transfiguration du poète, est un jeune intellectuel descendant d'une noble famille danoise déchue. Solitaire, il vit dans une petite chambre au cinquième étage et erre dans Paris où il croise des êtres misérables, des fous, des malades. Il médite sur l'existence humaine, observe le monde étrange dans lequel il vit, se remémore ses souvenirs d'enfance, songe à Abelone, la jeune soeur de sa mère, évoque des oeuvres et des personnalités littéraires, note ses états d'âme, ses rêves, ses angoisses et ses joies. L'ouvrage se termine sur une sorte de parabole de l'enfant prodigue racontant l'histoire d'un enfant qui abandonne sa famille parce qu'il ne veut pas être aimé. Pour l'auteur des Lettres à un jeune poète, à l'époque secrétaire particulier d'Auguste Rodin, tout phénomène vécu par les hommes possède un secret aussi insaisissable qu'indicible. "J'apprends à voir...".


  • Édition enrichie (Introduction, notes, commentaires sur l'oeuvre, chronologie et bibliographie)C'est dans les Halles centrales de Paris récemment construites par Baltard que Zola situe le troisième épisode des Rougon-Macquart. Après « la course aux millions » décrite dans La curée, ce sera la fête breughelienne du Ventre de Paris, tourbillonnante et bigarrée, ses amoncellements de victuailles, ses flamboiements de couleurs, ses odeurs puissantes de fermes, de jardins et de marées.
    Florent, arrêté par erreur après le coup d'Etat du 2 décembre 1851, s'est évadé du bagne de Cayenne au bout de sept ans
    d'épreuves. Il retrouve à Paris son demi-frère qui, marié à la belle Lisa Macquart, fait prospérer l'opulente charcuterie Quenu Gradelle. Mais la place de Florent est-elle à leurs côtés ? A-t-il renoncé à ses rêves de justice ? Car si l'Empire a su procurer au
    « ventre boutiquier, au ventre de l'honnête moyenne... le consentement large et solide de la bête broyant le foin au râtelier », il n'a guère contenté les affamés. Et la grande kermesse flamande va réveiller bientôt l'éternel affrontement des Maigres et des Gras.
    Nulle part peut-être, mieux que dans Le Ventre de Paris, n'éclate ce don épique qui s'appuie sur le réel pour le déborder bientôt et le transfigurer dans une lumière nouvelle. [...] Pour la première fois ici, un écrivain a discerné et pris en charge la beauté du paysage urbain moderne. Balzac l'avait pressentie, Baudelaire l'avait exaltée, mais c'est Emile Zola qui en a compris la vraie force et qui, avant tout autre, l'a placée au coeur d'un univers romanesque, lui donnant enfin ses lettres de noblesse littéraire.
    Robert Abirached.
    Introduction de Robert Abirached.
    Commentaires et notes de Philippe Hamon et Marie-France Azéma. 

  • La curée

    Emile Zola

    La France de Napoléon III vue par Zola : 'À cette heure, Paris offrait, pour un homme comme Aristide Saccard, le plus intéressant des spectacles. L'Empire venait d'être proclamé... Le silence s'était fait à la tribune et dans les journaux. La société, sauvée encore une fois, se félicitait, se reposait, faisait la grasse matinée, maintenant qu'un gouvernement fort la protégeait et lui ôtait jusqu'au souci de penser et de régler ses affaires. La grande préoccupation de la société était de savoir à quels amusements elle allait tuer le temps. Selon l'heureuse expression d'Eugène Rougon, Paris se mettait à table et rêvait gaudriole au dessert... L'Empire allait faire de Paris le mauvais lieu de l'Europe.'

  • L'ingénu

    Voltaire

    L'édition de référence de L'Ingénu pour réussir l'ORAL du bac de français 2021 : explication des textes essentiels au fil de l'oeuvre, les points de grammaire entièrement traités, les mots importants du texte et les exercices d'appropriation pour préparer l'entretien avec l'examinateur.

    Ce personnage a la figure d'un étranger et la naïveté de l'étonné. Venu du Canada, un pays différent de la France, qu'il découvre, mais où on parle la même langue, le Huron se présente ainsi : «je dis toujours naïvement ce que je pense, comme je fais tout ce que je veux». Il lui faudra perdre ses habitudes pour s'acclimater aux moeurs hexagonales : grâce à Gordon, ce «vieillard frais et serein» qui l'éduque, et à Melle Saint-Yves qui l'aime, notre héros deviendra un autre homme.

    Au fil du recueil :
    o 2 analyses de textes

    Le dossier est composé de 8 chapitres :
    1 - Histoire littéraire : Les Lumières
    2 - Voltaire et son temps
    3 - Présentation de L'Ingénu
    4 - Les mots importants de L'Ingénu (naïveté / naïf ; vertu) 5 - Préparation à la contraction de texte et à l'essai
    6 - La grammaire
    7 - Groupement de textes : Voltaire, esprit des Lumières
    Un homme de science féministe : Épître à Madame la marquise du Châtelet sur la philosophie de Newton
    Un défenseur du progrès de la civilisation : Le Mondain(extrait)
    Un homme d'action : l'avocat de Jean Calas et de la tolérance religieuse : Traité sur la tolérance à l'occasion de la mort de Jean Calas (extrait)
    8 - Exercices d'appropriation.

  • Les Aventures de Pinocchio

    Carlo Collodi

    • Neobook
    • 18 Novembre 2013

    Qui ne connaît pas Pinocchio, ce pantin de bois têtu, désobéissant et menteur, dont le nez s'allonge dès qu'il ne dit pas la vérité ? Ses mille et une aventures merveilleuses le conduisent chez les Abeilles, au pays des Dindons ou au pays des jouets... Au terme de son voyage imaginaire et mouvementé, le pantin turbulent deviendra un véritable petit garçon. Il aura fait l'apprentissage de la vie et de la liberté !

  • Édition enrichie (Préface, notes, dossier sur l'oeuvre, chronologie et bibliographie)Zola est entré partout, chez les ouvriers et chez les bourgeois. Chez les premiers, selon lui, tout est visible. La misère, comme le plaisir, saute aux yeux. Chez les seconds, tout est caché. Ils clament : « Nous sommes l'honneur, la morale, la famille. » Faux, répond Zola, vous êtes le mensonge de tout cela. Votre pot-bouille est la marmite où mijotent toutes les pourritures de la famille.
    Octave Mouret, le futur patron qui révolutionnera le commerce en créant « Au Bonheur des Dames », arrive de province, et loue une chambre dans un immeuble de la rue de Choiseul. Beau et enjoué, il séduit une femme par étage, découvrant ainsi les secrets de chaque famille. Ce dixième volume des Rougon-Macquart, qui évoque la vie sous le Second Empire, montre ici la bourgeoisie côté rue et côté cour, avec ses soucis de filles à marier, de rang à tenir ou à gagner, coûte que coûte. Les caricatures de Zola sont cruelles mais elles sont vraies.
    Edition de Marie-Ange Voisin-Fougère. 

  • L'Enjomineur t.3 ; 1794

    Pierre Bordage

    Prisonnier dans la cage d'or de Mithra, égaré dans le labyrinthe de l'haoma, l'élixir de la mémoire et de l'immortalité, fasciné par les yeux jaunes du Père des Pères sous la cagoule, Émile ne sait plus : est-il bien l'enfant d'une fée ? Est-il l'Atar de la fin des temps, le roi des rois dont l'avènement approche, puisque Terreur et Révolution ne sont qu'une étape d'un projet séculaire ? Que reste-t-il alors des filles des eaux et de la mission à lui confiée par Mélusine ? « L'esprit du mal change en haine la souffrance des hommes, il les dresse les uns contre les autres. » Dans l'Ouest la guerre civile fait rage. Tantôt Bleu, tantôt combattant de l'armée catholique et royale, Cornuaud, lui, traverse à grands pas fougueux la Vendée en flammes, toujours possédé par la sorcière africaine, et regagne Nantes où Carrier fait de la Loire la « baignoire nationale » de la répression. Pierre Bordage clôt ici magistralement sa fantasy des années noires de la Révolution, dans le feu et le sang. Mais aussi « dans les chemins creux étroits veillés par les genêts touffus », dans « ce pays obscur et grave de son enfance ». En fin de compte, l'enjomineur est ce pays.

  • Paris, capitale du XIXe siècle: texte écrit directement en français par W. Benjamin - in Das Passagen-Werk (le livre des Passages), Frankfurt am Main, Suhrkamp Verlag, 1982, pages 60 à 77.
    "Notre enquête se propose de montrer comment les formes de vie nouvelle et les nouvelles créations à base économique et technique que nous devons au siècle dernier entrent dans l'univers d'une fantasmagorie. Ces créations subissent cette "illumination" non pas seulement de manière théorique, par une transposition idéologique, mais bien dans l'immédiateté de la présence sensible. Elles se manifestent en tant que fantasmagories. Quant à la fantasmagorie de la civilisation elle-même, elle a trouvé son champion dans Haussmann, et son expression manifeste dans ses transformations de Paris." WALTER BENJAMIN
    Contenu du livre:
    Introduction
    A. Fourier ou les passages
    B. Grandville ou les expositions universelles
    C. Louis-Philippe ou l'intérieur
    D. Baudelaire ou les rues de Paris
    E. Haussmann ou les barricades
    Conclusion

  • Le comte Jean du Barry est un gentilhomme de province, né sans le sou en 1723. Très tôt, il démontre qu'il est également sans morale ni scrupule. Après avoir abandonné femme, enfant et famille pour dilapider son modeste héritage à Paris, il se lance dans une carrière de proxénète. Sa réputation le mène à la cour de Louis XV où il se fait de puissants alliés et clients mais aussi de solides ennemis, dont M. de Choiseul ainsi que Mme de Pompadour.
    Pour se protéger de celle-ci, il songe alors à installer une rivale dans le lit du roi. Entre intrigues, complots et débauches, ce projet l'occupe de nombreuses années. Un jour, enfin, il découvre la candidate idéale : une jeune prostituée de vingt ans, Jeanne Bécu, dont il va faire sa maîtresse, puis une comtesse en la mariant à son frère. Mme du Barry est née : elle sera la dernière favorite du règne de Louis XV. Grâce à elle, Jean du Barry soutire des fortunes au roi, avant qu'elle ne parvienne enfin à s'émanciper de son influence.
    Mais à la mort de Louis XV, les deux tombent en disgrâce. Vingt ans plus tard, l'épilogue les réunira à nouveau car Jean et Jeanne périront sur l'échafaud, victimes de la Terreur et de leurs fautes passées.

  • L'Enjomineur t.2 ; 1793

    Pierre Bordage

    « L'esprit du mal s'est levé sur la terre. Je suis venue te confier la dague façonnée par les hommes des temps oubliés. Elle seule a le pouvoir de le tuer. » Ainsi lui disait la fée Mélusine, surgie des eaux dans un étier des marais de Vendée. Mais Émile a failli, il erre, misérable, dans le bocage. Et l'histoire avance à grands pas... Janvier 1793. La Convention s'apprête à condamner Louis Capet, ci-devant roi de France. À Paris, les passions se déchaînent; montagnards et girondins s'affrontent ; L'ennemi est aux frontières. En Vendée, dans l'Ouest, la révolte gronde. Toujours possédé par la sorcière africaine, Cornuaud, lui, croupit dans la prison de la Conciergerie. Jusqu'au jour où la libération lui est offerte en échange d'un emploi d'espion. Ainsi se mêlent, dans l'ècheveau des forces qui pétrissent la Révolution, l'histoire et la fantasy la plus noire. Car la terreur qui point n'est-elle pas le fruit d'une conspiration tramée dans le ventre ténébreux de la capitale par le Père des Pères, le mystérieux grand prêtre de Mithra... s'il est cet esprit du mal que le monde invisible a chargé Émile de combattre ?

  • L'Enjomineur t.1 ; 1792

    Pierre Bordage

    « Ta qu'as appris à lire, Milo, te pourrais trouver bérède meu qu'un failli travail de commis. » Emile ne l'entend pas ainsi ; lui qu'on dit l'enfant d'une fée, élevé par un prêtre ouvert aux idées nouvelles, s'engage comme saisonnier dans une ferme de la plaine de Luçon. Nous sommes en 1792. Dans le bocage vendéen ulcéré par la Constitution civile du clergé, agité par une aristocratie crispée sur ses privilèges, la révolte couve... Cornuaud, lui, rentre au pays. Deux ans qu'il s'est embarqué sur un négrier. La Guinée, le Bénin, puis Saint-Domingue. Retour à « la Fosse » auprès d'une pègre nantaise qui s'investit désormais dans le club révolutionnaire Saint-Vincent. Les temps ont changé. Lui aussi, d'ailleurs. Une sorcière vaudoun l'a enjominé pour avoir violé une captive africaine... À Paris, la rue est en ébullition. Mais derrière les affrontements oeuvre une société secrète, la secte de Mithra, dont les maîtres demeurent dans l'ombre. La trilogie de L'enjomineur s'inscrit entre Paris, Nantes et la Vendée, de 1792 à 1794. Au roman historique se mêle la fantasy, à l'engrenage des événements la quête et le combat contre les forces du mal.

  • Le livre
    Raymond Queneau regardait Rue des Maléfices comme le plus grand livre jamais écrit sur Paris ; un livre qui l'empêchait même de dormir tant les histoires «vraies» que Jacques Yonnet raconte ne sont pas de tout repos. Fin connaisseur des venelles sombres et des garnis de la rive gauche, ce dernier parle du quotidien des artisans, voyous et gouailleuses de cette vieille capitale qui est « comme une mare, avec ses couleurs, ses reflets, ses fraîcheurs et sa bourbe, ses bouillonnement, ses maléfices, sa vie latente ».
    À la manière d'un Cendrars, Jacques Yonnet évoque, par les faits divers et les drames, le quotidien de ce monde aujourd'hui disparu : Paris mystérieux où la Bièvre se jetait encore à ciel ouvert dans les marais de la Seine...
    L'auteur
    Né en juin 1915, Jacques Yonnet fut poète, parolier, dessinateur, peintre, sculpteur et auteur de Rue des Maléfices, chronique secrète d'une ville, initialement paru en 1954 aux Éditions Denoël sous le titre Enchantements sur Paris. Ces chroniques, considérées comme l'un des meilleurs livres écrits sur Paris et ses habitants sous l'Occupation, ont été saluées par Raymond Queneau, Jacques Audiberti, Jacques Prévert et Claude Seignolle. Très actif au sein de la Résistance parisienne, Jacques Yonnet fut également celui qui, par la publication en septembre 1944 d'un article intitulé « Petiot, soldat du Reich », provoqua l'arrestation du tristement célèbre docteur Petiot, auteur de plus de soixante meurtres et qui se cachait au sein même de la Résistance française sous le nom de « Valéry ». Jacques Yonnet, devenu par la suite chroniqueur gastronomique, est mort le 16 août 1974.

  • Dans les derniers jours de mai 1871, les troupes d'Adolphe Thiers écrasent la Commune.
    De Londres, où il est exilé, Karl Marx a suivi la période révolutionnaire qui, depuis le 26 mars 1871, a vu le prolétariat parisien prendre le pouvoir dans la capitale assiégée par les Prussiens : c'est que, pour la première fois, a été mise en place une forme autonome de gouvernement ouvrier. Il ne croyait pas à la possibilité de la révolution. Il a été impressionné par l'héroïsme du peuple parisien.
    Au lendemain de la « Semaine sanglante », il tire les leçons de la défaite : la guerre civile en France, en 1871, c'est le massacre de la population par le gouvernement français et son armée aux mains de la canaille bourgeoise de Versailles. Prendre le pouvoir ne suffit pas.

  • Belphégor

    Arthur Bernede

    Un fantôme tue dans Paris... Mais pas n'importe où : à l'intérieur même du Louvre ! C'est en effet dans le département des Antiquités orientales que l'on découvre le corps inanimé d'un gardien, tombé juste à côté de la statue renversée du dieu des Moabites nommé Belphégor. L'inspecteur Ménardier prend en charge cette enquête qui s'annonce peu banale mais s'agace de l'intrépidité d'un jeune journaliste fort ambitieux qui entend résoudre le mystère avant lui.
    Paru en feuilleton dans les colonnes du Petit Parisien du 28 janvier 1927 au 28 mars 1927, le roman obtient un immense succès critique et public. Il est simultanément adapté au cinéma par Henri Desfontaines sous la forme d'une série en quatre épisodes.
    En 1965, c'est Claude Barma et Jacques Armand qui reprennent l'intrigue d'Arthur Bernède pour en faire l'un des fleurons de la fiction télévisuelle française.
    Arthur Bernède (1871-1937) est un auteur de roman populaire. Très prolifique, il publiait ses livres en feuilleton alors même que leurs adaptations sortaient dans les salles de cinéma. La plus célèbre de ses séries reste Belphégor.

  • Quelle fresque... Dans le Paris le plus populaire des années 20, au long du canal Saint-Martin, avec ses suicidés, ses ivrognes, ses camionneurs, l'hôtel concentre dans ses étages toute la misère ouvrière.
    Chaque chapitre est comme une miniature où se détache en gros plan, à la Daumier, l'ombre inquiétante d'une humanité malade. Chacun a son parler, son histoire, ses objets, ses secrets. Accouchements, dénuement, syndicalisme et politique, tout vient s'agglutiner dans la gigantesque lampe.
    Une large claque dans cette alliance si mystérieuse de la littérature populaire et d'une vision aiguë du monde. L'histoire d'un bâtiment : les Lecouvreur quand ils reprennent le bail, trouvent en cela comme leur gloire et leur destin, jusqu'à démolition finale. En filigrane, la patronne de l'hôtel, Louise Recouvreur, comme rachetant cette loi terrible qui fait des victimes leurs propres bourreaux, et les femmes toujours perdantes à ce jeu.
    Il suffit d'ouvrir la porte de l'hôtel du Nord, se laisser prendre par les voix. On a respecté au plus près les graphies et l'étonnant système de ponctuation qu'Eugène Dabit met au point pour le concert des voix, la découpe des visages.
    Que l'immense succès de "L'hôtel du Nord" est dû à ce qu'un jeune artiste prenne régulièrement le rôle de portier de nuit dans le propre hôtel que tiennent ses parents rue Jemmapes ? De l'onde de choc de ce livre, Céline naîtra tout armé.
    FB

  • Quatre aristocrates s'engagent-ils à étudier trois ans sans voir femme qui vive? Le hasard voudra que leur serment à peine scellé, quatre beautés se présentent au palais. La galanterie commande qu'elles y soient reçues avec empressement mais le serment contraint à les 'loger aux champs'. Une quadruple intrigue amoureuse pourrait toutefois se nouer : au premier regard, les quatre aristocrates oublient études et serment pour ne plus penser qu'aux sonnets qui déclareront leur amour à ces dames. Les entrées et sorties entre 'cour' et 'jardin' au théâtre permettent à ces sonnets précieux, confiés à des rustres incapables de les lire mais empressés à les transmettre, de circuler entre diverses mains. Ces imbroglios de commedia dell'arte ne suffiraient pas à empêcher l'intrigue amoureuse
    d'aboutir si l'ironie vengeresse des quatre dames, éconduites avant que d'être aimées, ne veillait à ce que toute peine d'amour soit d'avance perdue.

  • Un livre de Proust avec des phrases courtes, et des histoires de quelques pages seulement ? Oui, ça existe, la preuve....
    Les plaisirs et les jours est un recueil de nouvelles qui vous fera découvrir l'écrivain le plus sombre du XXème siècle sous un autre visage : loin de la littérature « en forme de cadavre » qu'il a imprégné de tout son génie dans « A la recherche du temps perdu » ; ici, le style se veut plus vif, léger, bref et sans ambages. Comme un génie (ou récit?) de jeunesse. Auquel se rajoute le charme suranné d'une époque lointaine - et si belle.
    Edition complète
    (avec une préface d'Anatole France).
    Contenant 10 Nouvelles : LA MORT DE BALDASSARE SILVANDE VICOMTE de SYLVANIE ; VIOLANTE OU LA MONDANITÉ ; FRAGMENTS DE COMÉDIE ITALIENNE ; MONDANITÉ ET MÉLOMANIE DE BOUVARD ET PÉCUCHET ; MÉLANCOLIQUE VILLÉGIATURE DE MADAME DE BREYVES ; PORTRAITS DE PEINTRES ET DE MUSICIENS ; LA CONFESSION D'UNE JEUNE FILLE ; UN DÎNER EN VILLE ; LES REGRETS RÊVERIES COULEUR DU TEMPS ; LA FIN DE LA JALOUSIE.
    Format professionnel électronique © Ink Book édition.

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