• Le témoignage que nous livre, ici, Alfred Testard de Marans date de 1889, peu après son séjour entre 1887 et 1888 en qualité de vice-résident. Il est capital pour ceux qu´intéressent les îles Marquises, qu´ils y résident, y aient séjourné ou souhaitent tout simplement les connaître. C´est le récit d´un homme de qualité tel qu´on l´entendait dans la deuxième partie du xixe siècle. Il est curieux et intéressé par ce qu´il découvre. Il sert dans la Marine nationale et, à ce titre, a déjà connu des pays lointains et considérés comme exotiques, c´est-à-dire caractérisés par l´archaïsme du mode de vie. C´est en érudit et en homme instruit qu´il observe cette population marquisienne. Il livre à notre curiosité une époque postérieure à la deuxième conquête qui eut lieu en 1880, époque qui n´apparaît pas vieillie au regard des écrits rapportés un siècle plus tôt par Cook.

  • En 1891, à peine arrivé à Tahiti, Gauguin découvre l'art des îles Marquises : il s'enthousiasme et décide de gagner l'archipel pour y poursuivre son oeuvre. Il n'y parviendra que dix ans plus tard. Mais quand il s'installe à Hiva Oa, la société marquisienne est très durement éprouvée par un siècle d'une rude confrontation avec l'occident. La démographie s'effondre ; les traditions sont menacées ; pour beaucoup d'observateurs la fin est proche. Pourtant, contrairement à ce qu'a cru deviner Victor Segalen, les Marquises n'ont pas été qu'un « décor » aux yeux de Gauguin, et les Marquisiens, ont été pour lui bien plus et bien mieux que des « comparses ». Durant deux ans (1901-1903) s'est noué un intense dialogue créateur.

  • Le grand intérêt que présentent les îles Marquises dans le domaine de la préhistoire polynésienne tient à deux raisons essentielles. En premier lieu, les indices matériels témoignant de l´arrivée des premiers découvreurs de la Polynésie Orientale ont été

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