• "En mathématique, c'est comme dans un roman policier ou un épisode de Columbo : le raisonnement par lequel le détective confond l'assassin est au moins aussi important que la solution du mystère elle-même." - Cédric Villani, Théorème vivant.
    Le jeune Kropst est doué et raisonnablement bosseur mais quand il arrive en maths spé, à Louis-le-Grand, il perd vingt places au classement et doit subir les railleries des redoutables redoublants. Ses notes sont minables et il ne comprend plus rien.
    Désespéré, il se lance alors dans une exploration du fonctionnement de son cerveau et revit les étapes de sa formation scientifique, dans l'espoir de saisir le moment où il "voit' la solution, le moment où l'intuition lui permet d'aller jusqu'au bout du raisonnement.
    Il nous initie par la description de ses condisciples à la mécanique des cerveaux et à la maîtrise du style en mathématiques.
    Comme souvent, un peu d'air ne peut pas faire de mal et c'est peut-être dans l'amour, même à distance, qu'il trouvera la solution. Ou dans Les Chevaliers du Zodiaque.
    Emmanuel Arnaud nous donne avec ce livre intelligent et parfois potache une illustration brillante de la phrase de Cédric Villani. Et l'humour n'est pas la pire façon d'aborder les concours des grandes écoles.
    Ancien élève de l'École normale supérieure (maths/physique), docteur en sciences économiques, Emmanuel Arnaud est né en 1979 et a publié plusieurs romans aux Éditions Métailié (Arthur et moi, Le Théorème de Kropst, Topologie de l'amour).

  • La déscolarisation, tout comme les violences scolaires, touche de plus en plus de collègiens pour la majorité issus de milieux populaires. Dans ce livre, les auteurs reconstruisent ces parcours de ruptures scolaires et analysent les différentes causes. Ils insistent sur l'articulation et l'enchaînement des processus au sein de plusieurs parcours de collégiens. Ils mettent ainsi en évidence les failles du collège unique, la dégradation des conditions d'existence de nombreuses familles et les effets directs sur la scolarisation des jeunes enfants.

  • Les jeunes en bande ont tout pour déplaire. Décrits comme agressifs, hostiles, violents, ils incarnent une dangerosité de proximité. C'est à travers leurs « affrontements », leurs « agressions gratuites », leurs « trafics », leurs défoulements émeutiers, leurs penchants sexistes ou homophobes, que les bandes alimentent l'actualité journalistique. La place qu'elles occupent dans les médias est indissociable des prédations qu'elles commettent ou qui leur sont imputées. Au delà des faits-divers, cette réalité pose de nombreuses questions : qu'est-ce qu'une bande ? Comment se forment-elles ? Peut-on les mesurer ? Quelles évolutions ? Qui attirent-elles ? Pourquoi ? Comment fonctionnent-elles ? Quelles places y occupent les transgressions ou les comportements violents ? Que disent ces groupes des évolutions de notre société ? C'est à l'ensemble de ces questions qu'est dédié cet ouvrage qui est le fruit d'une longue recherche de terrain menée dans une « zone urbaine sensible » de la région parisienne. L'auteur s'est attaché à comprendre ce phénomène à la fois ancien et en constante mutation. La société change, les bandes aussi. Il y a un demi-siècle, leur ampleur et leur durée de vie étaient limitées par le service militaire et, surtout, par le plein emploi. L'école ne conditionnait pas autant les destins sociaux et les territoires ouvriers n'étaient pas imprégnés par le « bizness ». Aujourd'hui, le public des bandes, essentiellement masculin, se construit principalement dans trois scènes sociales : la famille, l'école et la rue. Trois univers liés entre eux, analysés de l'intérieur, afin d'appréhender la « pertinence » des bandes pour ceux qui les forment, la recomposition des liens sociaux qu'elles imposent et leur poids dans le quotidien de ceux qui les côtoient.

  • Mieux comprendre la crise de l'école en s'attachant à la question de la « passe » entre un apprenant et un pédagogue grâce à l'orthopédagogie, la psychanalyse et la philosophie.

    Partant du constat d'une école en souffrance qui affecte les élèves, les enseignants et les parents, ce livre analyse, à travers des situations concrètes, les effets pervers d'un système scolaire capable de provoquer le décrochage comme les difficultés d'apprentissage. L'orthopédagogie, la philosophie et la psychanalyse permettent alors de quitter les préjugés liés aux ratages, aux erreurs et aux incompétences de chacun pour repenser le courage de l'héroïsme, le sens de la responsabilité et le goût de l'inventivité indispensables pour apprendre et progresser. Car enseigner et apprendre relèvent d'un droit de grandir, de dire. Ils posent un acte civilisateur que l'on peut appeler un acte pédagogique.

  • Lire l'entretien avec l'auteur (propos recueillis par Audrey Minart)

    Frapper les enfants pour les éduquer est un fait social. Claques, fessées et autres coups : depuis des millénaires, les parents élèvent leurs enfants en leur infligeant douleurs et humiliations. La Suède a été le premier pays, suivi d'une cinquantaine à ce jour, à interdire les châtiments corporels envers les enfants. La France reste un des rares pays européens qui refusent d'abolir cette violence éducative, malgré les demandes des Nations unies et les condamnations du Conseil de l'Europe.

    Pourtant, depuis une vingtaine d'années, de nombreuses études ont établi que frapper un enfant n'a aucune efficacité éducative mais produit des effets négatifs à court et long terme. Mieux, elles montrent qu'arrêter de le corriger améliore son intégration scolaire, ses relations avec les autres et diminue les comportements violents, dès l'enfance et à l'âge adulte.

    À partir d'une recherche clinique et anthropologique, nourrie de nombreux témoignages, Daniel Delanoë livre un bilan des connaissances médicales, juridiques, historiques et ethnologiques sur la violence éducative, qui, dans le long processus démocratique de nos sociétés, demeure l'une des dernières à être interrogée, les droits de la personne humaine s'arrêtant encore à la porte des foyers.

  • La réussite et l'échec scolaires sont au coeur de la préoccupation des parents, des enseignants et des élèves. Comment favoriser la première et éviter le second? Quelles que soient les époques, cette question court les salles de professeurs, taraude les différents responsables de l'éducation nationale et in fine alimente de manière récurrente le débat public. Ce livre ne prétend évidemment pas y répondre. Il a néanmoins l'ambition de fournir quelques pistes pour l'action. Les sciences du comportement offrent en effet aujourd'hui un ensemble de résultats qui conduisent à mieux évaluer les conséquences possibles de certains actes pédagogiques parmi les plus ordinaires : présenter une tâche, évaluer une performance, donner une note, émettre publiquement une appréciation, faire réaliser un travail en groupe, etc. Apparemment simples, ces actes sont pourtant en mesure d'affecter considérablement la performance scolaire des élèves. Aussi trouvera-t-on dans ce livre quelques éléments issus de recherches scientifiques susceptibles de nourrir, même modestement, une réflexion qui associe les performances scolaires à la fois aux conditions de leur réalisation et à l'histoire de leurs auteurs.

  • Quatre ans plus tard

    Monica Murphy

    • Milady
    • 21 Mars 2018

    J´ai un coeur de pierre, mais je ne peux pas me passer des filles. Leurs sourires, la manière dont elles retiennent leur souffle lorsque je me penche sur elles pour les embrasser, leur peau douce et la facilité avec laquelle elles se débarrassent de leurs vêtements et s´offrent à moi.

    Owen est irrésistible et il le sait. Il accumule les conquêtes d´un soir et passe son temps à faire la fête. Avec la vie qu´il mène, ses résultats à l´université sont en chute libre, et sa place dans l´équipe de football est menacée s´il ne se reprend pas rapidement. On le confie donc aux bons soins de Chelsea, une jolie étudiante particulièrement brillante qui passe pour coincée aux yeux de toute sa promo. Les cours particuliers prennent un tour inattendu lorsque Chelsea comprend que son élève attend plus d´elle que du soutien scolaire...

    « Un incontournable. Le style de Monica Murphy est plus addictif que jamais. » City of Books « Un roman rythmé à souhait, aussi touchant que troublant. » New Adult Addiction

  • La psychologie scientifique peut-elle aider les enseignants et formateurs du XXIe siècle ? Les auteurs de cet ouvrage sont unanimes pour répondre que la science ne peut répondre à toutes les interrogations mais peut aider à identifier les conditions nécessaires pour « apprendre et faire apprendre ». On ne parle plus en effet d'apprentissage mais de « faire apprendre » ce qui sous-entend une implication de l'apprenant lui-même mais aussi de celui qui transmet les connaissances et les compétences. Cet ouvrage pluridisciplinaire est fondé sur les travaux les plus récents dans différents pays francophones.

  • Que signifie « échouer » ou « réussir » à l'école primaire ? Comment comprendre les difficultés éprouvées par des élèves d'origine populaire en lecture-écriture, grammaire, conjugaison, orthographe, vocabulaire, expression orale et expression écrite ? Comment se construisent, jour après jour, les processus d'« échec scolaire » dans les salles de classe ? Ce livre tente de répondre à ces questions, en procédant à l'étude détaillée des pratiques et des productions scolaires d'élèves du CP au CM2 en français. Soulignant le rôle central du rapport au langage dans la production des différences scolaires, l'auteur fonde son analyse sur une sociologie de l'éducation informée des travaux anthropologiques et historiques concernant la spécificité des cultures écrites. Il entend ainsi rendre raison de l'« échec scolaire » du double point de vue d'une anthropologie de la connaissance et d'une anthropologie du pouvoir.

  • L'école, une opportunité de « résilience » ? On peut difficilement en douter devant la réussite scolaire de sujets soumis à une haute probabilité d'échec, cumulant des risques initiaux et des difficultés objectives qui devraient les condamner à l'insuccès ! Le terme de résilience, qui fait partie aujourd'hui du vocabulaire collectif, nous a appris pourtant combien les effets pathogènes, systématiques, de certains traumatismes psychiques ne sont pas une fatalité, et nous invite à prendre en compte les forces et ressources d'une personne plutôt qu'à nous centrer sur ses troubles ou ses pathologies. Cet ouvrage offre une synthèse des recherches actuelles en la matière et analyse l'évolution de ces élèves et étudiants qui, contre toute attente, réussissent scolairement. Car l'adversité dans le cadre scolaire se rencontre dès le plus jeune âge, associée à des causes multiples : handicap physique ou intellectuel, maladie chronique, difficultés d'intégration d'origine affective, socio-économique ou culturelle, maltraitance, migration, illustrées ici par de nombreux exemples cliniques. Ils mettent en évidence le soutien particulier, souvent méconnu, apporté par ces « tuteurs de résilience » que l'élève peut rencontrer très tôt et qui marquent de leur empreinte bénéfique toutes ses études. Chacun de nous est concerné, ne serait-ce que par nos souvenirs d'une scolarité qui n'est jamais lisse de difficultés, voire d'humiliations. Face à la lutte actuelle contre les échecs de tous ordres, la notion de « résilience scolaire » apporte une contribution de poids à leur prévention. Elle est source d'espérance, tant au niveau des parents d'élèves que des enseignants, tuteurs de résilience et artisans d'une bien-traitance scolaire à laquelle ce livre rend hommage.

  • « Décidément, les questions récurrentes me revenaient en tête : pourquoi m'avoir envoyée faire "moderne" alors que mes aptitudes dictaient la démarche opposée, à savoir la filière "classique", c'est-à-dire littéraire, où j'aurais pu travailler mes dispositions et sans doute réveiller en moi le bonheur de m'épanouir ? Ma dysorthographie, d'où venait-elle ? De ma scolarité de gauchère contrariée et contrariante qui m'aura mal orientée ? Je reprendrai plus tard mes études. On peut comprendre la difficulté du collège quant à mon orientation. En effet, aptitudes littéraire et artistique, dysorthographique et bonne en algèbre. De quoi douter des tests, pourtant il s'avérera au fil du temps qu'ils étaient sensés, mais cette situation ambiguë aura sans doute pesé sur la décision. » Comment expliquer le décrochage scolaire ? Plus encore, comment prendre sa revanche et s'épanouir professionnellement ? C'est précisément ce que nous confie Sabine Turlan en partageant son parcours singulier. Le parcours, tel dans sa forêt de naissance, jonché de pierres, de roches, de sablières, de nids-de-poule, de dos-d'âne et de descentes qu'elle apiquait pour ne pas succomber, donne à celle qui trace son chemin des angoisses, des peurs, mais aussi des éclats de joie pour vaincre les difficultés. Plus tard, après avoir repris son souffle et en se remémorant tous ces instants si différents, elle se sent fortifiée par tant d'apprentissages qui ravivent son empathie et peaufinent sa personnalité. D'avoir franchi tant d'obstacles et vécu toutes ces expériences lui donne in fine l'élan utile pour continuer et même se donner davantage.

  • S'appuyant sur une importante base de données anonymisées livrée par le ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur du Québec concernant plus de 86 000 étudiants et sur près de deux millions de résultats scolaires au secondaire et au collégial, cette recherche jette un regard critique sur la réussite scolaire dans l'enseignement collégial québécois. Elle englobe 20 programmes d'études de la formation préuniversitaire et 84 programmes de la formation technique ainsi que tous les établissements publics et privés.
    Elle décrypte les facteurs clés menant à l'obtention d'un diplôme d'études collégiales (DEC) et propose une avenue à emprunter pour augmenter la réussite scolaire dans les cégeps et les collèges par la mise en place de tests de dépistage des étudiants à risque de ne pas obtenir le DEC selon la durée prévue ou deux ans après la fin de la durée prévue.
    La recherche remet également en question plusieurs idées reçues quant à la place du collégial dans la réussite scolaire, à la présence d'effets de composition et au caractère inégalitaire du système d'éducation québécois. Elle montre aussi que les établissements collégiaux exercent un effet non négligeable sur la réussite scolaire, indépendamment des caractéristiques des étudiants à leur arrivée au collégial.


    Préface de Pierre Fortin

  • Les politiques d´éducation prioritaire, ou les politiques publiques équivalentes centrées sur les problèmes d´inégalités scolaires, se sont beaucoup transformées depuis leurs premières formulations et mises en oeuvre dans les années soixante. Dans plusieurs pays, on observe le passage d´un modèle de la compensation, à celui de la lutte contre l´exclusion, jusqu´à l´émergence d´un modèle qui fait des thèmes de l´adaptation à la diversité, de la promotion de l´excellence et de la gestion des risques, son credo principal. Cette évolution témoigne des rapports équivoques que ces politiques entretiennent avec les visées sélectives des systèmes d´enseignement. Elle relève moins de choix publiquement débattus qu´elle n´est induite par les modes de définition et de construction sociale des problèmes auxquels ces politiques se proposent de répondre et des catégories de population qu´elles ciblent, ainsi que par la manière dont les sciences sociales pensent la réussite ou l´inégalité scolaire. Pourtant, cette évolution pose de nombreuses questions liées à la dynamique d´effacement de la problématique des inégalités, à la fragmentation des systèmes et des parcours éducatifs, et aux enjeux de savoir et d´émancipation intellectuelle. Ce second ouvrage consacré aux résultats de l´étude comparative EuroPEP vise à mieux comprendre ce qu´il advient de ces politiques dans huit pays européens. Il déploie l´analyse de thématiques transversales qui apparaissent comme autant d´éléments clefs de la constitution et de l´évolution des politiques observées : la construction des formes de ciblage et de désignation de leurs publics bénéficiaires ; leurs modalités d´action pédagogique et de transformations curriculaires ; la production, les usages et les mésusages de leurs évaluations. Il s´attache à contribuer au renouvellement de la réflexion sur les perspectives de justice et d´égalité en matière de scolarité.

  • Le quotidien des enseignants, c'est la diversité des élèves. Avec pour tous le même objectif : réussir à apprendre. Le paradoxe de l'enseignement est là. Les élèves sont différents et, pourtant, l'enseignant se doit d'avoir, pour tous, la même ambition : les accompagner au plus loin sur les chemins de l'apprentissage. Cette mission ne s'apparente-t-elle pas à une tâche insurmontable ? Sans naïveté sur les difficultés que cela représente, cet ouvrage offre par ses différentes contributions, appuyées sur la recherche scientifique internationale, une réflexion sur la meilleure manière de faire surmonter aux élèves les obstacles qui surviennent. La première partie interroge la manière de prévenir les difficultés d'apprentissage des élèves, en analysant ce qui emporte parfois l'élève dans une spirale de l'échec, et quelles pratiques d'enseignement pourraient l'éviter. En posant également le problème des publics défavorisés ou difficiles. La deuxième partie se penche sur les obstacles les plus fréquents, ceux propres à l'élève, sa motivation, sa gestion des relations sociales en classe, mais aussi les obstacles contenus dans les disciplines de base : lire, écrire, compter. Quant à la troisième partie, elle aborde la question des besoins spécifiques de certains élèves : élèves issus de familles migrantes, élèves à haut potentiel, mais aussi souffrant de handicap (autisme, surdité) ou de troubles d'apprentissage. Pour tous, il s'agit de mieux les connaître et d'envisager comment le système scolaire peut leur faire atteindre le même objectif qu'aux autres : réussir à apprendre.

  • Depuis un demi-siècle, les recherches scientifiques ont mis en évidence l'inégalité des performances scolaires en fonction de l'origine sociale des élèves. Ce fait (trop ?) bien connu semble avoir perdu de son intérêt depuis 1980, période à laquelle l'objet sociologique des classes populaires est tombé en désuétude, alors même que l'inégalité des chances d'accès au capital scolaire se reproduisait avec une inertie étonnante. La présente étude se met volontairement à contre courant et tente de retourner à des questions théoriques bien connues par des approches méthodologiques et empiriques renouvelées. S'appuyant sur une quarantaine d'entretiens réalisés avec des parents de milieux populaires ainsi que des observations en milieu scolaire, cet ouvrage entend mettre en lumière certains traits contemporains de la culture des classes populaires qui se trouve (mise) à distance de nombreux attendus de la culture scolaire légitime. Après avoir explicité les effets de classification et de normalisation qu'exerce l'institution scolaire à l'encontre des familles populaires, l'étude se penche sur des dimensions clefs de leur existence. Elle met en évidence les espérances sans grand espoir placées désormais par les parents en l'école ; leur suivi souvent modeste et « honteux » des devoirs ; le repli familial sur le foyer avec, en son centre, la télévision, objet d'usages hédonistes ; ou encore l'attitude ambivalente mêlée de confiance et de méfiance à l'égard des enseignantes qui appartiennent à un monde bien souvent encore perçu comme « étrange » et « étranger ». En montrant comment ces dernières décennies, conséquence de la massification scolaire, les catégories populaires se sont appropriées les enjeux scolaires mais de manière « partielle », ce livre contribue à rendre intelligible les forces d'inerties sociales en jeu dans un monde social qui demeure hiérarchisé, organisé et travaillé par des clivages de classes.

  • Depuis trente ans l'école ne remplit plus sa mission de formation et d'instruction des élèves. Les méfaits de cette situation inquiétante ne sont tempérés que par le travail de maîtres, plus nombreux qu'on ne le pense, qui poursuivent leur tâche malgré les difficultés : ils agissent en clandestins d'un système qu'ils désaprouvent et vivent difficilement cette situation. De par ses anciennes fonctions de directeur des services départementaux de l'Éducation nationale, l'auteur témoigne de ce désarroi et donne ainsi son analyse d'une profession dont la mission est à redéfinir profondément.

  • Laurent Kropst est élève en maths sup au Lycée Louis-le-Grand. Il doute qu'il existe un monde en dehors des colles de maths, des devoirs de physique et des blagues vaseuses de ses petits camarades. Au-delà de la dixième place au classement général, il ne connaît plus personne. C'est sa vie, son train-train, son sacerdoce. Jusqu'au jour où il prend une tôle monumentale en mathématiques. Pour lui, c'est la fin du monde : l'opprobre, la descente aux enfers au classement général, et surtout l'exclusion, la relégation dans un lycée de seconde zone à la fin de l'année. Il découvre alors qu'on peut changer son destin avec quelques mots et beaucoup de mauvaise foi.
    Dans la foulée, il rencontre des filles du lycée, des élèves d'hypokhâgne, elles lui font découvrir l'autre moitié du monde. Lui qui ne jurait que par les polynômes de Bernoulli se met à lire Proust et à causer Baudelaire à la cantine. Il se rend compte que s'échiner sur des théorèmes n'est pas la seule façon de parvenir à ses fins; l'ascenseur social emprunte d'autres voies, qui ne sont pas toutes très nettes peut-être, mais qui sont quelquefois bien plus rapides. Quand on n'est pas issu du sérail, on se doit d'être prêt à tout.
    Dans un style alerte et ironique, Emmanuel Arnaud nous livre ici un tableau générationnel, mais aussi une plongée singulière dans les méandres du raisonnement mathématique : son roman est une ode à l'intuition, qui réconcilie la science et la littérature.

  • L'École républicaine peut-elle résister aux attaques menées contre elle au nom de la promotion des cultures ? Ce livre pose la question en termes philosophiques en mettant en évidence le danger d'une exigence de la prise en compte, par l'institution scolaire, des particularités culturelles des élèves ou de leur milieu social. Cette exigence est l'idée force de ce que l'on nomme aujourd'hui l'éducation multiculturelle et s'appuie sur des arguments empruntés aux sciences de l'homme. Reprenant ces arguments, l'auteur en étudie l'origine théorique et montre les faiblesses, qu'ils soient empruntés à l'anthropologie culturaliste nord-américaine, aux thèses ethnolinguistiques de Benjamin Lee Whorf ou à l'anthropologie structuraliste de Claude Lévi-Strauss, à la psychologie interculturelle ou à la sociologie de l'éducation, en particulier à celle de Pierre Bourdieu.

  • Contrôleur d'aérodrome dans une base d'école militaire, l'auteur a participé à l'initiation de nombreux élèves au pilotage d'un avion. Le décès de plusieurs moniteurs et amis l'a orienté vers un enseignement moins risqué. Dans le cadre de l'Éducation nationale, il a mis à profit son expérience passée pour rendre vivantes et attractives les mathématiques. À la rigidité du système scolaire qui ne s'adapte pas à la mouvance de la jeunesse, il oppose l'échange, l'écoute et l'interdisciplinarité.
    Si un enfant est mauvais en mathématiques, ce n'est qu'un problème de pédagogie. Bernard Lahorgue-Poulot a fondé son enseignement sur ce présupposé, cherchant l'origine des difficultés pour mieux y remédier. Plus qu'une volonté, un manifeste.

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