• Souvenirs denfance et rages du moment ; visites dans des restaurants fameux ou oubliés ; odes à landouillette, la nèfle, le sablé à la confiture, la figue, les vins du Rhône, les Haribo ; tête de veau et Kinder ; déjeuners de conféries aussi secrètes que savoureuses ; critiques gastronomiques plus ou moins fréquentables, ogres, poètes et cannibales Il y a tout cela, et bien plus, dans larborescence mémorielle et gourmande de Nicolas dEstienne dOrves. Le tout saupoudré de colère, de coups de sang, dimages parfois lointaines, dune foi qui sait être mauvaise et dun amour sincère, réel, jamais repu, pour les joies de la gueule. Si la gourmandise est universelle, le goût est singulier. Aujourdhui, celui de « NEO » vous invite à sa table et vous souhaite bon appétit.

    Né en 1974, Nicolas dEstienne dOrves est écrivain et critique dopéra. En vingt ans, il a publié une trentaine de livres : romans (Les Fidélités successives), thrillers (Les Orphelins du mal), nouvelles (Narcisse et moi), récits (Je pars à lentracte), biographies (Jacques Offenbach, Marthe Richard) Passionné par Paris, il lui a consacré un guide de promenades et un Dictionnaire amoureux. Lorsquil nécrit pas, il mange. Sans doute trop.

  • Avec une véhémence impitoyable, Artaud impute à la société le mal dont a souffert Van Gogh et accuse son psychiatre, le Dr Gachet, de l'avoir poussé au suicide. La prétendue folie du peintre est une construction sociale. La "lucidité supérieure" propre à l'artiste, et partagée avec l'auteur, permet à Artaud d'honorer la fougue du génie, force contestataire en soi et facteur de marginalisation. Qu'il soit poète ou peintre, l'artiste se voit interné, comme Artaud le fut, ou incapable de s'intégrer dans une société qui confond génie et tare psychologique.

    Et quand Artaud aborde la peinture proprement dite, c'est comme si lui-même s'emparait du pinceau ou, au demeurant, du couteau. C'est tranchant, expressif, cinglant. Il sait trouver le mot frappant, convaincre, emporter avec lui le lecteur.

    Comédien (La Passion de Jeanne d'Arc de Dreyer ou Napoléon Bonaparte d'Abel Gance), Antonin Artaud (1896-1948) fera des forces incontrôlables dus aux troubles nerveux qui l'affectent le ferment de son oeuvre (L'Ombilic des limbes, Le Pèse-nerfs, L'Art et la mort). Il cultivera toute sa vie un sentiment de révolte, qui le conduit à adhérer brièvement au surréalisme vers 1925. Il a aussi imaginé de nouvelles formes de représentations théâtrales, exposées dans Le Théâtre et son double (1938).

  • Ce texte inclassable a d'abord été l'un des plus fulgurants manifestes dada, dont Tristan Tzara s'est inspiré pour son Manifeste Dada (1918). Or, quand il le republie en 1927, Serner le transforme en manuel de savoir-vivre... pour voyous de haute volée ! Ce guide burlesque regorge de conseils avisés en toutes circonstances, que ce soit en charmante compagnie, en voyage ou encore dans l'habillement. Face à une époque de paranoïa aiguë, il s'agit d'instruire l'homme de cour moderne, à savoir l'escroc. Et en somme, de faire l'éloge du cynisme. Serner inflige une thérapie par électrochocs à une humanité dont la folie ne trouve plus de contrepoint que dans la sagesse de l'aigrefin : « Le monde veut être trompé, c'est certain. D'ailleurs, il deviendra sérieusement méchant, si tu ne le fais pas. »

    Né en 1899 à Carlsbad et mort au camp de Theresienstadt en 1942, Walter Serner a d'abord été l'une des plus brillantes figures du mouvement Dada. L'originalité de ses romans, publiés au début des années vingt et devenus des classiques de la littérature moderne, lui a valu le surnom de "Maupassant du crime" et de "Choderlos de Laclos des bas-fonds".

  • Si vos tripes se nouent au seul mot d'araignée, si vous hésitez entre indifférence, répulsion et attirance, si vous êtes mortifié(e) d'avoir peur, alors acceptez de regarder en face un animal dérangeant, peu communicant, il est vrai, mais sujet exceptionnel pour la recherche scientifique et l'inspiration artistique. Comptines, fables, peintures, ballets, bijoux lui doivent nombre d'oeuvres. Essayez seulement de trouver une chanson enfantine sur le cloporte... Quand on enlève le grappin des pattes, il ne reste pas grand-chose, juste un corps pas plus gros que celui d'une grosse mouche, dodu, habillé de velours comme un ourson. Mais les pattes, qui lui permettent de foncer plus vite qu'un rat, donnent à la bestiole une dégaine aussi admirable que terrifiante. Donc, la phobie des araignées tiendrait à l'organisation de la bête plutôt qu'à la peur de la morsure : sa tournure elle-même trouble et fait peine à voir. Allons, du courage ! Elle ne tue que ce qu'elle peut manger, certainement pas vous, ce qui vous laisse le temps de lire l'hommage que j'ai voulu rendre à une bête singulière.

  • Il y a de la provocation bien sûr dans le titre de ce livre, comme Érasme en avait usé dans son Éloge de la Folie. Il s'agit de s'insurger contre cette doxa contemporaine qui voudrait que l'égalité soit la mesure de toute chose. Pire, seul prévaudrait désormais l'égalitarisme au point de ne plus vouloir considérer les personnes dans leur identité et leurs différences, mais dans leur conformité à un modèle commun, toutes semblables sans distinction de valeur. L'égalité est devenue l'obsession maladive de notre monde tandis que la jalousie ordinaire le taraude pour faire de l'inégalité son bouc émissaire préféré. L'égalité est la même promesse confiée à chacun de pouvoir trouver sa voie librement. Et cette liberté permet ainsi à chacun de bâtir son identité singulière et inégale. Mieux vaut une certaine inégalité qui ré-enchante l'humanité plutôt que la grisaille morne et volontiers violente de l'égalité imposée. Le combat éternel des hommes est de trouver un juste milieu, comme le remarquait déjà Montesquieu en soulignant que « le principe de la démocratie se corrompt, non seulement lorsqu'on perd l'esprit d'égalité, mais encore quand on prend l'esprit d'égalité extrême ».

  • Selon vous, qu'est-ce que la gentillesse ? Une faiblesse, un manque de caractère, l'antipode de la réussite sociale ou au contraire un choix, une philosophie, une forme d'intelligence ? Un service rendu sur demande ou une action spontanée ? Un synonyme de respect ou plutôt d'empathie ? Une chose est sûre, si vous tenez ce cahier entre les mains, c'est que la question vous taraude et que vous souhaitez y réfléchir sérieusement. Gentes Dames, Gentilshommes, vous ne serez pas déçus du voyage !
    Avec ce petit cahier, vous appréhenderez et expérimenterez la gentillesse comme vous ne l'avez sans doute jamais fait, de son histoire à son vocabulaire, en passant par son empreinte dans votre quotidien. Vous serez amenés à décortiquer votre vie de tous les jours, privée et professionnelle, pour briser la glace et dessiner un avenir altruiste, noble et fort.
    « Disons-le autrement : la gentillesse n'est ni faiblesse ni méprise. Elle est noblesse. »

    Agrégé de philosophie et ancien diplomate, Emmanuel Jaffelin enseigne au lycée Lakanal de Sceaux (92). Auteur du fameux Petit éloge de la gentillesse (Bourin, 2011) et de Éloge de la gentillesse en entreprise (First, 2015), il anime régulièrement conférences et ateliers dédiés au thème de la gentillesse.

  • Y a-t-il des plats plus ancrés dans nos souvenirs d'enfance que les patates pilées de notre grand- mère, le pâté chinois de notre mère, les casseaux de frites ensevelies de ketchup commandés dans une cantine de bord de route, arrêt obligé au retour des vacances ? Épatante patate est un bel ouvrage mettant en vedette la pomme de terre, son histoire et son apport au patrimoine culturel du Québec. C'est aussi une célébration des artisans et des gens d'ici. Par l'entremise de l'histoire de la pomme de terre et de sa culture, de ses producteurs, des restaurateurs et des cantines, c'est l'histoire du Québec qui nous est racontée.

  • Des contes qui parlent, des contes qui vous interpellent et qui sont comme un miroir qui vous rebalance votre propre image... Le roi Séa avait oublié que le sang a un prix. Celui qui fait couler fortuitement le sang d'innocentes personnes attire sur lui et sur toute sa descendance la malchance et la malédiction. Ses crimes le suivront comme sa propre ombre jusqu'à ce qu'il paye aussi de son sang, celui des autres qu'il a fait couler. « On ne plante pas de l'oignon pour récolter des mangues, tout comme on ne plante pas des pamplemousses pour récolter des oranges. On ne récolte que ce que l'on a semé », a dit le sage.

  • « Dans la nuit décousue clignotent les étoiles, Du silence éthéré j'entends pleurer un chien. Un clocher sonne au loin, des insectes dévoilent Leurs riches symphonies troublant les musiciens. Là, dans le lit froissé de ma douce insomnie Naviguent souvenirs et émois exaltés. L'heure n'est pas aux regrets dans sa mélancolie... Et puis, il y a Toi, blottie dans mes pensées. »

  • Interroger la rencontre de la littérature et du texte musical avec la célébration des grands événements ou des hommes illustres, tel fut l'objet du colloque international organisé en 1989 à l'université de Rennes II par le centre d'Histoire et d'analyse des textes (C.H.A.T.). Les quinze communications qui composent ce recueil ouvrent, selon des perspectives multiples, une réflexion sur les hommages, éloges, épitaphes et autres "tombeaux", ces monuments de paroles ou de notes musicales, pièces dites "de circonstance", révélatrices de bien des ressorts cachés de l'imaginaire artistique et du jeu social dans lequel il s'inscrit.

  • S'interrogeant sur une pratique à la fois littéraire et politique, les auteurs de cet ouvrage ont envisagé les différentes facettes de l'éloge adressé à un Prince, qu'il s'agisse d'un empereur romain ou d'un roi de France. Sont ainsi proposées, pour une période qui va de l'Antiquité au temps des Lumières, des réflexions sur les aspects théoriques du genre épidictique et ses textes fondateurs, ainsi que des synthèses sur le fonctionnement de l'éloge, sa pratique et son rôle dans la cité. Un fil directeur unit ces approches diverses : l'intérêt pour un fait politique et littéraire intemporel mais changeant, qui ouvre la voie à des interrogations sur la force de la rhétorique.

  • Au sortir de la seconde guerre mondiale, en 1945, Eugénie Droz fondait les Textes Littéraires Français, une collection dévolue à l'édition critique des textes significatifs du patrimoine littéraire de langue française du moyen âge au XXe siècle. Accessibles, dans un petit format maniable, chaque édition est accompagnée d'une introduction, de notes, d'un glossaire, si nécessaire, et d'index. Cet appareil critique exigeant accueille l'érudition des meilleurs spécialistes pour éclairer la genèse des oeuvres et, quelle que soit leur époque, livrer au lecteur contemporain les explications les plus minutieuses sur le contexte historique, culturel et linguistique qui les a vues naître. Depuis soixante-dix ans, la collection a accueilli, outre quelques édicules, plus de 600 monuments littéraires français.

  • Tant pour des questions d'équilibre social, de santé publique ou d'environnement, le bruit, le silence, le dialogue sont désormais des questions d'actualité. Surfant sur ces thèmes, Pierre Tabarin, par le biais d'un roman, à fois ludique et empli d'informations techniques et sociologiques, trace une philosophie de l'altérité. Dans la famille Cauvert, d'origine franco-américaine, mais vivant à Toulouse, où les parents et les deux enfants sont tous préoccupés par le bruit et le silence, les péripéties sont nombreuses. Dans le monde actuel nombreux sont ceux qui, trop souvent, entendent sans écouter, préfèrent le bourdonnement (buzz) ou le gazouillis (tweet), et en oublient l'importance de la conversation, de l'autre, de la démocratie.

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