• Une rumeur gronde depuis les tombes du cimetière de Spoon River. C'est la voix des morts. Depuis l'au-delà, les habitants ensevelis retracent dans des mots taillés à la serpe la cause de leur décès.Règlement de comptes et autres aveux dépeignent une véritable fresque sociale. De la femme trompée au juge déwchu, le ressentiment se répand comme une traînée de poudre. Entre ses allées, le calme n'est qu'apparent, la rancoeur n'aura de cesse de perturber un repos éternel. Chef d'orchestre de ces voix, Edgar Lee Masters signe là un roman extrêmement original au ton férocement satirique, qui repose sur une mise en perspective des monologues au moyen d'échos et d'allusions croisées. Mais ce n'est pas tout : il compose du même coup de véritables poèmes en vers libres, qui tiennent de l'épigramme et prennent le contre-pied de l'éloge funèbre. Passions et rancoeurs animent ce microcosme, allégorie de toute l'Amérique, loin de tout cliché bucolique. Foudroyant.

  • Stendhal biographe

    Antoine Guibal

    La contribution stendhalienne au genre biographique se produit à un moment charnière du XIXe siècle, marqué non seulement par le romantisme naissant, mais également par la formation des sciences historiques et l'émergence du métier d'historien. C'est aussi à cette époque que le genre doublement millénaire de la « vie », qui chantait les louanges de personnalités dont la gloire était consacrée par l'histoire et le temps, laisse progressivement place à la biographie, genre ancré dans l'actualité - parfois la plus immédiate - et qui jouit alors d'un grand engouement. D'où cette tension caractéristique des « vies » de Stendhal, écrites à divers moments de sa carrière littéraire, et ce choix éclectique d'hommes illustres : Haydn, qui lui permet d'affi ner sa théorie du Beau dans les arts ; Napoléon, dont la « vie » devient une réponse à un libelle anti-bonapartiste ; Rossini, dont le style vivace et le rejet des règles classiques sert la cause romantique de 1823 ; et Stendhal lui-même, alias Henry Brulard, cet individu « bien inconnu » qui souhaiterait se connaître. De par leurs spécifi cités et leur originalité, ces oeuvres mettent en lumière la plasticité d'un genre qui, en cette période mouvementée, s'avère propice à l'expérimentation et à l'innovation, tant dans le style que dans l'usage qui en est fait.

  • Fondé sur des monuments funéraires épigraphiques ou anépigraphes, cet ouvrage s'inscrit dans l'histoire sociale des trois premiers siècles de l'Empire romain. Le point de départ est un essai de définition de ce que représente l'épitaphe en tant que monument du souvenir, support d'informations entre les vivants et les morts et en conséquence véhicule de la mémoire. Pour y parvenir est étudié un corpus de plus de 700 attestations d'un vocabulaire spécifique de la parenté (ex. alumnus, genitor, nepta, etc.) et du vocabulaire de la famille nucléaire (pater, mater, frater, soror, etc.) selon trois axes : la construction du souvenir, la mémoire affichée, le miroir qu'elle offre pour soi-même et pour les autres. Au corpus d'épitaphes sont ajoutés également 51 arbres généalogiques (stemmata) reconstitués à partir des textes épigraphiques et une cinquantaine de photographies de monuments. Au fil des pages on observe la diversité dans l'expression écrite ou figurée de la parenté en tenant compte des différences locales, des degrés plus ou moins profonds d'accès à la romanité, des permanences culturelles antérieures à la conquête, le dialogue entre texte et image car lire, c'est voir. On comprend aussi les ressemblances ou les différences selon les couches sociales (citoyens, élites municipales, prêtres, affranchis, etc.) et, grâce à de nombreux exemples commentés, on décèle entre les lignes une nuance au conformisme ambiant ou comment l'expression de l'identité acquise n'est jamais figée. Dans les monuments funéraires, dire sa parenté témoigne de la volonté de manifester son identité romaine ou romanisée, non seulement lorsque l'on est déjà citoyen romain, mais aussi quand on a été pérégrin et que l'on est devenu citoyen romain.

  • Interroger la rencontre de la littérature et du texte musical avec la célébration des grands événements ou des hommes illustres, tel fut l'objet du colloque international organisé en 1989 à l'université de Rennes II par le centre d'Histoire et d'analyse des textes (C.H.A.T.). Les quinze communications qui composent ce recueil ouvrent, selon des perspectives multiples, une réflexion sur les hommages, éloges, épitaphes et autres "tombeaux", ces monuments de paroles ou de notes musicales, pièces dites "de circonstance", révélatrices de bien des ressorts cachés de l'imaginaire artistique et du jeu social dans lequel il s'inscrit.

  • M. Gautier ayant replacé J. Bereau dans son contexte historique (XVIe siècle) et culturel (poète du Bas Poitou) et analysé les Eglogues et autre poésies, donne l'intégralité des poésies de Bereau.

  • Au sortir de la seconde guerre mondiale, en 1945, Eugénie Droz fondait les Textes Littéraires Français, une collection dévolue à l'édition critique des textes significatifs du patrimoine littéraire de langue française du moyen âge au XXe siècle. Accessibles, dans un petit format maniable, chaque édition est accompagnée d'une introduction, de notes, d'un glossaire, si nécessaire, et d'index. Cet appareil critique exigeant accueille l'érudition des meilleurs spécialistes pour éclairer la genèse des oeuvres et, quelle que soit leur époque, livrer au lecteur contemporain les explications les plus minutieuses sur le contexte historique, culturel et linguistique qui les a vues naître. Depuis soixante-dix ans, la collection a accueilli, outre quelques édicules, plus de 600 monuments littéraires français.

  • Oeuvres

    Jean Robertet

    Au sortir de la seconde guerre mondiale, en 1945, Eugénie Droz fondait les Textes Littéraires Français, une collection dévolue à l'édition critique des textes significatifs du patrimoine littéraire de langue française du moyen âge au XXe siècle. Accessibles, dans un petit format maniable, chaque édition est accompagnée d'une introduction, de notes, d'un glossaire, si nécessaire, et d'index. Cet appareil critique exigeant accueille l'érudition des meilleurs spécialistes pour éclairer la genèse des oeuvres et, quelle que soit leur époque, livrer au lecteur contemporain les explications les plus minutieuses sur le contexte historique, culturel et linguistique qui les a vues naître. Depuis soixante-dix ans, la collection a accueilli, outre quelques édicules, plus de 600 monuments littéraires français.

  • Nées de l'étude des épitaphes des VIIIe-XIe siècles, ces Mémoires carolingiennes offrent un parcours original dans l'histoire du haut Moyen Âge. Analysant non seulement le contenu de leur texte mais également leur forme littéraire, matérielle et graphique, l'auteur y montre combien ces témoignages épigraphiques, souvent modestes et méconnus, sont indissociables de la grande histoire carolingienne, celle du nouvel empire chrétien, de ses rêves et de ses réalités politiques, sociales, culturelles et religieuses que tour à tour ils façonnent et révèlent.

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