• « Au début, vous vous figuriez que cet enfant, votre enfant, serait le plus beau du monde, le plus intelligent, le plus doué, le plus aimant, le plus tout ce que vous pouviez imaginer. Mais vous allez devoir déchanter parce qu'aucun enfant ne vient au monde pour satisfaire les rêves de ses parents, parce qu'aucune puériculture n'est simple, aucune éducation aisée, parce qu'être parent, parfois c'est galère, parfois c'est super, parce qu'accompagner un enfant sur les chemins de la vie, c'est un vrai engagement, quotidien, lourd, riche. Vous serez ravis, émerveillés par la petite, le petit, qui vous donnera du peps, du bonheur, qui vous fera sourire, pleurer, penser. Et à d'autres moments, vous serez éreintés, démoralisés, perdus, contrariés, déprimés, enfin bref si c'était à refaire, le referiez-vous ? Ben oui, vous le referiez. Parce que vous allez survivre à ces moments, trop bons ou trop pénibles. Vous allez trouver par vous-même les moyens de tenir, de durer, de bien vivre, de bien faire.

    Immanquablement sur votre route, vous allez croiser ces nouveaux papes de la parentalité, bienveillante la parentalité, non-violente, compréhensive. Ils vous ont dit de ne pas vous inquiéter, qu'ils allaient vous donner les moyens de bien faire, qu'on a enfin trouvé la méthode miracle pour élever les enfants dans la paix et l'harmonie. Imaginez, finis les conflits, les prises de tête, les pétages de plomb, le burn-out et la déprime ! Contre quelques euros, vous avez acquis la notice, et vous vous êtes persuadés qu'à la course à l'enfant parfait, vous alliez finir prem's. Alors, vous l'avez gagnée votre médaille de parents zéro déchet ? Vous avez pu vous connecter au flux de la bienveillance et de l'empathie et vibrer à hauteur de l'illumination parentale ? Vous l'avez retrouvée cette positive attitude qui, immanquablement, a fait de vous des parents merveilleux, de vos enfants des enfants merveilleux, de votre famille une famille merveilleuse ? Comment ? Non ! Ce n'est pas possible, je ne vous crois pas, vous avez vraiment bien appliqué les techniques, les recettes, les 10 commandements et les 14 outils de la parentalité positive ? Vous vous êtes bien servi des 5 clés pour tout comprendre de votre enfant ? Vous avez soigneusement lu et administré ces petits guides à l'usage des parents positifs, ces kits de démarrage, ces fiches outils du « Parent bienveillant » ? Vous êtes bien allés aux ateliers ? Quoi ? Vous avez fait tout cela ? Et vous n'avez pas su trouver votre bonheur et celui de votre enfant ? Malgré tout l'outillage contemporain du parent moderne qu'on vous a distribué ? Oh ! Là, il y a un `blème... Vous avez un problème. Bien sûr, à cet instant précis, vous lisez « vous êtes un problème » parce que si les promesses de la parentalité positive ne se sont pas réalisées, c'est de votre faute n'est-ce pas ? C'est vous qui ne savez pas faire. Ouh, les parents qui se ratent ! La honte ! Pas fichu de bien faire avec leur gosse, bouh ! Et voilà qu'au lieu de contribuer à révéler vos « compétences » parentales, la super méthode clés en main ne fait que vous culpabiliser davantage.

    Allez, ne vous inquiétez pas, prenez ses conseils comme ils sont, lénifiants parfois, de bon sens d'autres fois, cucul-la-praline aussi et carrément insupportables encore. Et continuez, tranquilles, votre petite traversée de la vie avec enfant, par grand beau temps et mer calme mais aussi tempête et houle. Cultiver le bonheur en famille, développer l'équilibre des enfants et rendre leur vie future harmonieuse et sereine n'est pas une mince affaire. Parfois vous serez des parents 100% positifs, parfois juste 100% nuls. Et ce n'est pas grave. Pis, c'est normal. Parce que vivre, du mieux que l'on peut, cette incroyable et folle aventure de la parentalité, c'est pas évident. Mais vous y arriverez. »

  • Lire l'entretien avec Patrick Ben Soussan (propos recueillis par Audrey Minart)

    Tous les enfants sont des promesses. Ils nous prédisent des jours meilleurs et nous apporteront la félicité... Vraiment ? Les enfants d'aujourd'hui sont désirés comme le salaire mirobolant des footballeurs professionnels, la beauté précieuse des mannequins sur papier glacé, des vacances de rêve aux iles du Levant.

    Tout enfant ne serait-il en fait qu'une imposture ? Et toute enfance, une fable ? Quand donc finirons-nous d'attendre de nos enfants... le bonheur ? Quand donc cesserons-nous de les habiller de rêves et de les vouloir parfaits ? Quand et comment vivre la vie présente, l'instant présent, tel qu'il est, avec son tout-petit ?

    Cet antimanuel de parentalité appliquée se demande s'il est vraiment raisonnable aujourd'hui de fabriquer du bébé pour le bonheur de ses parents. A l'intention de ceux-ci, il énonce quelques simples conseils pour rater leur job de super parents pour le plus grand profit de leur super bébé.

  • L'art prolonge l'enfance et l'adolescence, période où la culture est particulièrement investie. Le goût pour les jeux vidéo et les références pop, notamment numériques, se sont imposés et laissent supposer que les héros de séries ou les super-héros sont entrés dans notre vie, comme de nouveaux amis ou des membres substitutifs de notre famille interne. Séries, cinéma, peinture, jeu vidéo, bande dessinée, livre ou autre flash mob, la pop culture ne se décline pas seulement en fonction de son média, elle a modifié notre façon de vivre.

    L'auteur explore la possibilité d'un voyage associatif à partir de son expérience clinique et d'artistes qui ont laissé une empreinte souvent essentielle. Des peintres modernes au Street Art, d'Arcimboldo, Iron Man aux transhumanistes en passant par Michaël Jackson et certains de ses patients, il s'attache à créer un décalage en subvertissant le réel.

    Cet entrelacs entre la culture et la clinique pose sans cesse de nouvelles questions voire de nouveaux défis quant à la compréhension de l'humain au contact de la modernité.

  • Nicole Malinconi échange avec Jean-Pierre Lebrun autour des questions de l'écriture, de la langue et de l'altérité.

    Dans un dialogue vivant et accessible, les auteurs ouvrent un champ de questions qui intéressent autant les professionnels de la santé mentale que tout citoyen s'interrogeant sur ce que parler veut dire. Utilisant des références littéraires, cinématographiques, psychanalytiques, linguistiques, sociologiques, philosophiques, ils se demandent comment une société traite la langue et comment la langue transforme la société.

  • Lire l'entretien de l'auteur (propos recueillis par Audrey Minart)

    Prix Oedipe des Libraires 2017

    Nombre d'adolescents nous tiennent à distance : « Ne me demande rien » semblent-ils signifier lorsqu'ils ne l'énoncent pas clairement comme tel. Cet énoncé ne peut être entendu comme une demande même s'il en revêt les contours, mais plutôt comme l'impossibilité d'un point d'accroche à la demande. Pourquoi les adolescents se comportent-ils comme s'il ne pouvait ne (plus) rien leur arriver ? « Il ne peut (plus) rien m'arriver » n'installe pas le sujet dans la vie mais dans une forme d'errance. Peut-on parler d'un défaut de structuration subjective ? Les empêche-t-il de trouver un point ou un lieu originaire ? Pourquoi nombre des actions adolescentes (délinquantes par exemple)  ne parviennent-elles jamais à se hisser au rang d'actes mais demeurent, au contraire, des ritournelles répétitives ?

    Les situations qui servent de point d'appui à l'auteur évoquent des adolescents visant une sorte de renoncement à soi, d'effacement de soi comme ultime recours à l'apaisement. Se perdre pour être... Dans une tension interne qui n'est pas sans évoquer un étrange lien avec la mort, le vide n'angoisse pas, il soulage. Faire le vide en passe également par se taire. Se taire pour oublier ? Oublier une douleur jamais mise en mots. Ce vide du sujet, ce vide de sujet, cet effacement temporaire semble être ce qui est visé, notamment au travers du détour toxicomaniaque, rapport « passionné » à l'objet qui pourrait faire oublier.

  • Ce livre aborde, en relation avec le terrorisme et à partir de la psychanalyse, la psychologie collective et individuelle contemporaine, telle qu'elle se révèle notamment dans les cures. Il ne se présente pas comme un ouvrage de géopolitique et ne vise pas à expliquer les causes de la guerre très particulière qui est menée sur notre sol. Ses auteurs, psychanalystes, sont partis de l'effet traumatique de ces événements sur certaines victimes et sur leurs analysants, et cela les a conduit à réinterroger, à partir d'une révision de la notion de traumatisme, les éléments qui peuvent s'y rattacher, à commencer par les formes inquiétantes que prend la pulsion de mort dans notre monde ultra-libéral.

    La réflexion psychanalytique croise, sur ce sujet, celle  des philosophes qui éclairent aujourd'hui la diffusion de guerres très diverses, à commencer par la « guerres des identités » où chacun cherche la reconnaissance de son particularisme sans se soucier d'une hégémonie démocratique qui permettrait d'aller au-delà des différences identitaires. 

    On aura compris qu'il s'agit ici de rendre compte de ce qui apparaît comme un véritable trauma dans la civilisation.

  • Après les interrogations produites par les mouvements LGBTI, les personnes qui se pensaient « normales » se sont découvertes « hétérosexuelles » dans les années 1990. Aujourd'hui, de nombreux et nombreuses hétéros interrogent tout à la fois les identités sexuelles (les bisexualités, l'asexualité, le libertinage, le triolisme, le candaulisme, le bdsm...), les identités de genre (cisgenre, bigenre, non-genre, genre fluide, travesti, hétéroqueer...) et les dispositions sexuelles comme le polyamour qui tendent à dépasser la prison du couple homme/femme traditionnel.       
    Ce livre fait le point sur ces termes qui sont tout à la fois des notions, des concepts et/ou des identités socio-sexuelles. Qu'elles concernent le genre et/ou les sexualités, elles ont en commun d'essayer de se distinguer de l'hétéronorme qui devient aujourd'hui un corset trop étroit pour de nombreuses personnes.

  • BIEN VIEILLIR : Vous en connaissez, vous, qui ont envie de vieillir mal, de finir mal ? Quelle tyrannie  ce « Bienvieillir ! » ou « Étonnant, nous avons échappé à une « oldpride ».

    COUCHE : Âgekini.

    LIBIDO : Ce n'est pas elle qui disparaît avec l'âge, c'est le reste !

    MALADE ALZHEIMER : Étranger sans papier, à la fois immigré du temps et émigré de la mémoire.

    SOUTIEN-GORGE : Objet non identifié en EHPAD !

    VIEILLISSEMENT, réussi : Avoir une Rolex avant 50 ans, s'en souvenir après 80 ans !

    Un dictionnaire impertinent de la vieillesse, certes, mais aussi amoureux de la vie. Les uns pourraient voir dans l'impertinence un relatif manque de respect... D'autres pourraient y saisir une manière de se rassurer par l'humour devant le caractère inéluctable d'une vieillesse redoutée. D'autres encore (et c'est le défi que relèvent les auteurs) veulent y trouver une manière de ne pas se soumettre... Ne pas se soumettre à l'arbitraire technique, administratif, économique et gestionnaire quand il vient limiter l'exercice de la liberté des plus âgés de nos contemporains.  C'est aussi, avec les mots, l'occasion de tenir une posture politique affirmée.

    Nourri par une vingtaine d'auteurs, porté par l'association « EHPAD'côté - Les pas de côté », ce dictionnaire iconoclaste mène combat sur les mots pour dire le réel de la vieillesse, pour soutenir toutes les pratiques inventives, formuler des alternatives aux modèles de « prise en charge » des vieux qui espèrent être regardés plutôt comme une chance, au moment où, plus que jamais, ils demandent à être accompagnés, soignés, envisagés... comme égaux à tout autre.

  • De nombreuses modifications sociales et sociétales dans le domaine de la sexualité, de la conjugalité et de la parentalité se sont produites au cours de ces dernières années. Cet ouvrage explore ces changements et leurs conséquences en termes de santé en proposant quelques réponses à la question : que peut la prévention ?

    Les missions de PMI et de planification familiale concernent la promotion et la protection de la santé de la mère et de l'enfance. En quelques décennies, le rapport à la sexualité s'est métamorphosé, la conjugalité et le désir d'enfant connaissent des mutations anthropologiques fondamentales, les relations femmes-hommes, la/les familles et la fonction parentale ont connu des transformations majeures. La technologie bouleverse les conditions de la procréation. Ces nouveaux ordres et désordres interrogent les dimensions de permanence et d'évolution des enjeux professionnels et sociétaux pour répondre aux exigences de la prévention.

  • Comment les auteurs, psychanalystes, soutiennent-ils leur pratique concrète avec ces patients - enfants aussi bien qu'adultes - pour lesquels Melman avait introduit le terme de nouvelle économie psychique ? Sans doute la clinique contemporaine impose à l'analyste de « savoir y faire ». Non pas de « savoir faire », au sens où elle demanderait un savoir technique descriptible. Mais de se mettre dans la position éthique d'accepter que les réalités cliniques nouvelles puissent le déranger, d'accepter d'inventer sans trop bien savoir ce qu'il invente. À cette seule condition, il pourra « faire avec » : faire avec ce qui, quotidiennement, vient interroger son désir, et sa responsabilité. À partir de leurs assises théoriques et de leur pratique clinique, les auteurs contribuent, chacun, à élaborer l'éthique qui leur permet de se constituer un lieu d'adresse pour ces sujets en mal de parole.

  • Comment l'enfant (et l'adolescent) devient-il un sujet, acteur de sa vie, pour habiter le lien social avec ses contemporains ? Comment le néolibéralisme, de mutation en mutation, affecte-t-il les conditions requises pour ce processus anthropologique ?

    À partir de l'évolution des symptômes de l'enfant, de sa place dans la société, de l'accueil qui lui est réservé, l'auteur, en tant que praticien de la psychanalyse, chercheur, enseignant et militant (politique, syndical, associatif), s'interroge sur la logique qui préside à ces mutations et qui produit des mauvais traitements à l'égard de l'enfance. Il explore les solutions que les sujets formatés par l'idéologie de l'époque trouvent pour se loger dans le monde. Il en vient ainsi à dessiner quelques perspectives cliniques nouvelles.

    Dans cette réflexion, la psychanalyse constitue à la fois un appareil de lecture et un « poumon artificiel », et le désir de l'analyste, une chance pour la singularité de chaque analysant. L'éthique de la psychanalyse, parce qu'elle est au service de cette singularité, appelle à livrer la bataille politique pour l'enfant.

  • Jacques Ellul, penseur indépendant, à l'écart des modes et des fausses querelles, internationalement connu, poursuit avec cet ouvrage paru à la fin de sa vie sa réflexion et son analyse de notre société technicienne foncièrement intolérante. Au-delà du juriste, du philosophe, du sociologue, du théologien, c'est plutôt l'homme qui bouscule ici les idées reçues concernant tous ceux qui dérangent l'ordre établi (délinquants, malades mentaux mais aussi chômeurs, personnes âgées et tous ceux qui ne veulent ou ne peuvent produire) et nous engage à changer le cours de choses et à réagir contre l'exclusion, la ségrégation de membres du corps social qui, de plus en plus nombreux, pourraient devenir majoritaires.  

  • « La question du genre et de la parentalité a bouleversé notre société en profondeur. Le carcan de plusieurs millénaires de patriarcat monothéiste a cédé - non seulement dans les lois, mais dans les manières de vivre et de respirer enfin. Les positions de `père' et de `mère' ne sont pas liées au sexe anatomique, mais à des fonctions. Une mère console de son propre ravage. Un père est ce personnage douteux qui punit, que l'on voue aux gémonies, mais que l'on en aime pas moins à mort. Le seul critère de ces fonctions est l'amour, qu'un homme ou une femme veulent donner, et les familles patriarcales normopathes en sont souvent bien dépourvues, ultra pathogènes qu'elles sont.

    Quant à la question du genre, elle aurait dû être limpide depuis longtemps, au moins depuis les thèses de Freud sur la bisexualité, dont il ne s'est jamais départi. Nous sommes divisés par plusieurs genres, et nous en choisissons un, selon notre histoire, non sans une certaine variabilité selon les âges de la vie, ou même les heures de la journée.

    Sur ces questions essentielles, une majorité de psychanalystes a fermé les yeux : il est temps de les ouvrir. Le désir inconscient poursuit sa route. Les psychanalystes qui ne porteraient pas `un regard neuf' sur ces réalités feraient de leur pratique la norme d'un temps révolu. » Gérard Pommier

  • Qu'est-ce que rêver ? Plus d'un siècle après la publication de L'interprétation des rêves, Pierre Bruno mène une enquête sur la culture du rêve, comme un préalable à la question au coeur de la découverte freudienne soit « Quelle est la Deutung (interprétation ou signifiance) du rêve ? »

    Jusqu'à Freud, le rêve n'est pas appréhendé en propre. Il est régulièrement imbriqué dans une fonction politique, religieuse ou artistique qui n'est pas sans biaiser son interprétation.

    Freud pose que la fonction du rêve est d'accomplir un souhait inconscient. Lacan, de façon explicite, tient le rêve comme étant le résultat du travail qui fait passer la jouissance (en elle-même non symbolisable) à l'inconscient, dont la nature est langagière.

    /> En s'appuyant sur de nombreux récits de rêves issus de la littérature et de sa pratique, Pierre Bruno considère de façon nouvelle ces deux positions, sans les contredire, et en tire des conséquences concrètes  dans la pratique de l'interprétation et dans la direction de la cure. Il soutient d'une part que la déformation du rêve n'est pas seulement l'effet du refoulement et, d'autre part, que le rêve est le contraire du fantasme. Le rêve a pour fonction de séparer le rêveur du savoir de l'Autre, en le décalant de l'emprise que le langage exerce sur tout sujet. Autrement dit, le rêve introduit le rêveur au consentement d'une inaccessibilité ultime de l'inconscient - seule voie pour ne pas s'effrayer du réel.

  • L'auteur dénonce la rigidité, l'autoritarisme et la standardisation des approches dictées par le 3e Plan et leurs conséquences néfastes pour les personnes autistes et leurs familles. Elle développe des propositions d'observation, d'évaluation et de suivis pluridisciplinaires et transdisciplinaires - incluant la psychanalyse.


    Dans un souci de réflexion et d'engagement, Marie-Dominique Amy revient sur la plupart des mauvais procès intentés en sorcellerie contre la psychopathologie d'inspiration psychanalytique. Elle dénonce les aspects idéologiques qui empêchent un vrai débat, tout en défendant les recherches cognitives et des neurosciences et les pratiques intégratives entreprises avec les enfants TED/TSA dans une logique d'ouverture.

     

  • Comment grandir au coeur des paradoxes et des discours contradictoires qui mettent les parents et les professionnels en tension ? D'un côté, des attentes normatives de plus en plus précoces, de l'autre, séparation et autonomie toujours plus différées. D'un côté l'enfant au centre de l'attention des adultes, de l'autre l'enfant réduit à être objet de consolation ou de consommation. Le petit enfant n'est pas un grand : la construction de son identité s'inscrit dans une dynamique relationnelle, intergénérationnelle autant qu'institutionnelle et sociale. Mais voilà qu'on attend de lui, aujourd'hui, tant il est rêvé, désiré, parlé, toujours plus de performances et un comportement impeccablement socialisé : voilà qu'on veut lui offrir une socialisation précoce, une éducation précoce, des temps qui ne soient pas gratuits et des jeux qui lui soient utiles ! A-t-on oublié que l'enfant se construit dans la rêverie, la création ludique, étayé par la culture, l'art, les liens ?  

  • Le renouvellement et le progrès des conceptions, des pratiques et des résultats en psychanalyse freudo-lacanienne. Le psychanalyste se doit d'être un homme ou une femme de son temps. Le psychanalyste n'est pas enfermé dans sa tour viennoise effectuant répétitivement son acte fossilisé quels que soient les événements, les idées qui émergent à l'extérieur dans le social, dans le politique, dans le religieux, dans les avancées de la science. En quoi ces idées accrochent-elles la psychanalyse en l'obligeant à reconsidérer son écoute, sa pratique ? De quelle manière aussi la psychanalyse influe-t-elle sur les autres disciplines ?

  • En s'appuyant sur l'aphorisme de Lacan : « L'insconscient, c'est le social », Marisa Fiumanò explore les difficultés et le dérives de la jouissance dans nos sociétés démocratiques et libérales, égalitaires et individualistes, sexuellement désinhibées mais apathiques, et interroge la place de la psychanalyse. A travers son enquête sur le mal-être d'une époque, elle montre que le gouvernail social est pointé vers une direction - jouir à tout prix - insoutenable  pour l'économie psychique.

    Le psychanalyste ne peut qu'être engagé tant dans le déchiffrage de la contemporanéité que dans le soutien du désir de ses patients. Cette tâche délicate doit tenir compte de la jouissance du corps, de ses demandes pulsionnelles, sans pour autant annuler la subjectivité, boussole psychique qui gouverne nos existences et en empêche la dérive.

    Le psychanalyste, dans l'application de son savoir à la lecture du social, sollicite la collaboration du politicien auquel sont confiées la distribution et la gestion des jouissances. La psychanalyse et la politique, toutes deux aux prises avec un « impossible » comme le soutenait Freud, devraient pouvoir collaborer l'une avec l'autre. Toutes deux ont à faire avec l'insatisfaction structurale qui habite le coeur des hommes et anime le lien social.

  • Préface de Pierre Delion Alors que les films de la saga Twilight pulvérisent le box-office et que le surnaturel continue d'envahir le petit écran, cet ouvrage tente de comprendre de manière ludique les raisons d'une telle appétence pour l'horreur fantastique chez les adolescents et d'en proposer des pistes thérapeutiques. L'objectif de cet ouvrage est de permettre aux adultes (soignants ou non) de comprendre pourquoi les adolescents sont si attirés par l'horreur fantastique, pourquoi ce n'est pas une si mauvaise chose et enfin comment cela peut-être utilisé dans la pratique clinique. S'appuyant sur l'actualité culturelle de l'horreur fantastique (sortie au cinéma en 2011 et 2012 de blockbuster comme Twilight ou Harry Potter), elle analyse les cinq grandes figures mythiques horrifiques : le vampire, la maison hantée, le loup-garou, la jeune fille et la créature de Frankenstein. Elle propose d'en tirer un outil de travail avec les adolescents, proche de l'utilisation en vogue actuellement des contes chez les enfants. Marion Hendrickx, psychiatre, praticien hospitalier en novembre 2011 au groupe hospitalier de l'Institut catholique de Lille. chef de clinique, ancien interne du CHR de Lille, thèse de médecine dirigée par le Professeur Pierre Delion formée à la thérapie familiale d'inspiration analytique à Temps Forum, organisme affilié à la Société française de thérapie familiale psychanalytique.

  • En juin 2003, 2000 professionnels de la psychiatrie, tous représentants syndicaux et associatifs, se sont regroupés lors des états généraux de la psychiatrie. L'objectif : réaliser le front uni des soignants face au démantèlement de la psychiatrie, témoigner de la gravité de la situation.Trois ans après, la menace d'une catastrophe sanitaire majeure s'approche : un sursaut éthique est indispensable. La psychiatrie, discipline intrinsèquement reliée au contexte sociopolitique, convoque ses acteurs à un engagement militant plus que jamais nécessaire pour continuer à faire oeuvre collective d'humanité.
    Hervé Bokobza, psychiatre privé (Montpellier), président des états généraux de la psychiatrie.

  • Du fait des transformations du travail (intensification, individualisation, précarisation...), nombreux sont ceux qui utilisent des substances psychoactives pour être en forme au bureau, traiter des symptômes gênants ou encore pour se détendre après une journée difficile. Devant ces nouveaux usages et la multiplication des produits utilisés (alcool, tabac, amphétamines, cannabis, cocaïne, héroïne, caféine, psychostimulants, analgésiques, médicaments psychotropes), les auteurs, universitaires, chercheurs, syndicaliste et acteurs du soin et de la  prévention s'attachent à comprendre les fonctions de ces consommations en milieu de travail.

    Pour eux, il est aujourd'hui important de se déprendre des représentations sociales qui externalisent les sources du problème, comme les jugements moraux, et d'engager un travail réflexif sur les actions et les pratiques concrètes.

    Alors que les politiques publiques tendent à prescrire ou interdire, cet ouvrage ancre la prévention des addictions dans l'analyse du travail réel et des usages tels qu'ils existent et non tels qu'ils sont fantasmés. Il met à l'épreuve de la recherche et de l'action les liens multiples entre travail, santé et usages de substances psychoactives qui peuvent être, dans certaines conditions, des instruments de la production et prévenir d'autres risques au travail.

  • La constance d'objets culturels dans l'organisation des phobies d'animau ouvre d'emblée la problématique a la fois du côté des contes, des représentations plastiques et graphiques populaires et du côté de la ressource "animalière de l'interprétation analytique. L'auteur, à partir de sa double expérience de psychothérapeute et d'enseignante, rend compte des potentialités organisatrices des conflits que contient la figure animale dans le psychisme de l'enfant.

    Elle accorde une importance toute particulière aux relations mythe-fantasmes originaires ainsi qu'a la transmission du conte. L'ouvrage se concentre sur les modalités de l'aire maternelle et les fonctions de l'angoisse orale. S'ancrent alors de nouvelles perspectives sur les angoisses phobiques et sur le recours aux formes animales à la fois comme contenus des phobies mais aussi comme offrant une extraordinaire lisibilité imaginaire au fonctionnement de l'angoisse. Les avancées qui sont ici produites sur les défaillances narcissiques sont étayées sur la théorie psychanalytique et sur la clinique psychologique et psychothérapique.

  • Traduit du catalan par Antoine Viader
    Tosquelles a toujours affirmé que la folie était un phénomène lié à la condition humaine elle-même. Dans cet ouvrage, il met l'accent sur la fonction de la parole et du langage en tant qu'elle est constitutive du sujet. Il insiste surtout sur la fonction poétique du langage, présente dans tout discours humain, même le plus rationnel ou le plus scientifique. Il développe l'hypothèse selon laquelle le discours d'un patient en psychothérapie ou en psychanalyse suit le même cours que celui d'un poète s'efforçant d'exprimer la réalité du monde ou sa propre vérité dans une oeuvre accomplie. Dans les deux cas, même si la valeur esthétique n'est pas la même, il s'agit pour le sujet de travailler à la recherche de son identité et de sa singularité.

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